UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS 1

HEURTEVENT

Canton de Livarot

Les habitants de la commune de Heurtevent sont des ...

Mai 1866   -   Un drame.   -   Lundi de la semaine dernière, la femme Jardin Louis, journalière Heurtevent, ayant été obligée de s'absenter pour aller ramasser de la bruyère à balais, laissa à la garde de sa fille aînée, âgée de cinq ans, deux autres jeunes enfants, avec recommandation expresse de bien les surveiller.

Malheureusement la jeune gardienne ne tint pas compte de cette recommandation, et pendant qu'elle était au jardin, une de ses sœurs cherchant à la rejoindre est tombée dans une mare où elle s'est noyée avant qu'on ait pu lui porter secours.  

Cette mort a beaucoup affligé les pauvres parents qui, forcés de travailler pour souvenir aux besoins de leur petite famille, n'ont pu la surveiller de manière à éviter ce malheur.

 

Mars 1872   -  Le gel.   -  Les désastres occasionnés par les gelées des nuits dernières sont plus graves qu'on ne je suppose généralement. Les lettres que nous recevons de divers points de la Normandie sont unanimes pour le reconnaître.

 

Mars 1872   -  Suicide.   -  Le 16 de ce mois, le nommé Louis-Victor Allaire, âgé de 50 ans, maire de la commune d'Heurtevent, canton de Livarot, a été trouvé noyé dans une mare, auprès de son domicile. La constatation du cadavre a démontré que cette mort est le résultat d'un suicide, que l'on attribue au mauvais état des affaires du nommé Allaire.

 

Mars 1873   -  Vandalisme.   -   Les biens d'un sieur Dutrait, situés à Heurtevent et à Montviette, ont été adjugés aux sieurs Louis Aube et Jean-Baptiste Laville. Quelques jours après la vente, plus de 2,000 pieds d'arbres, essences de chêne, sapin et autres, ont été coupés sur ces propriétés et occasionnent aux acquéreurs une perte de plus de 1.500 fr. La justice informe.

 

Février 1886  -  Vieillard brûlé.  -  Un vieillard de 83 ans, le sieur Jacques Leroy, habitait chez sa fille et sen gendre, les époux Quettier, cultivateurs à Heurtevent, canton de Livarot. A midi, ceux-ci quittaient leur domicile pour aller à leur champ, lorsqu'ils revinrent quatre heures plus tard, ils trouvèrent le vieillard mort dans la laverie, les vêtements de la partie supérieure du corps étaient brûlés et la peau de la poitrine, du dos et des épaules était carbonisée. Le malheureux s'était probablement endormi près du feu, réveillé par la douleur, il avait voulu aller éteindre les flammes dans la laverie et c'est là qu'il était tombé.  

 

Février 1887  -  Est-ce un crime ?  -  Il y a environ quinze jours, la servante d'un cultivateur de la Chapelle-Haute-Grue accoucha d'un petit garçon qu'elle envoya en nourrice chez une femme Malfilâtre, à Heurtevent. L'enfant mourait quelques jours après, mais le maire, avant de donner la permission d'inhumation, exigea la visite d'un médecin qui a reconnu des traces de pressions sur le nez et la bouche, pressions qui ont pu occasionner la mort de l'enfant. La parquet de Lisieux a été immédiatement informé. Le corps de l'enfant sera soumis à un nouvel examen, 1a mère et la nourrice ont été mises à la disposition de la justice.  

 

Décembre 1888  -  Incendie.  -  Un incendie a éclaté chez le sieur Loiseau, marchand de fromages à Heurtevent. Perte, 3 000 francs. Non assuré. 

Le feu a pris naissance dans un grenier rempli de foin, par suite de la mauvaise disposition de la cheminée d'un fourneau de laiterie, adossée au bâtiment.   

 

Mai 1892  -  Vols de bestiaux.  -  Des malfaiteurs se sont introduits dans l'herbage du sieur Louis Guérard, cultivateur à Saint-Pierre-du-Jonquet, et ont volé à son préjudice : une génisse de 2 mois 1|2, une autre génisse de 2 mois et un petit taureau. 

— Une vache appartenant au sieur François Postel a été volée dans un herbage de Heurtevent. 

— Un veau, estimé 130 fr., a disparu d'un herbage appartenant au sieur Pichard, propriétaire à Vieux-Pont. Cette disparition est attribuée à un vol.  (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Janvier 1894  -  Voleurs de vaches.  -  Dans la nuit du 1er janvier, une vache, estimée 400 fr., a été volée dans la cour de la maison d'habitation du sieur Ridel, 74 ans, cultivateur à Cheffreville, canton de Livarot. 

— Autre vol d'une vache, dans le même canton, estimée aussi 400 fr., appartenant au sieur Désiré Quittier, demeurant à Heurtevent

— Le nommé Dormay, 37 ans, journalier à Ecrammeville, qui avait volé une vache au sieur Yver, meunier à Trévières, et l'avait amenée au marché de Saint-Lô, dans l'espoir de la vendre, a été arrêté. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Février 1894  -  Requête mal reçue.  -  Le nommé Lebrasseur, journalier à Heurtevent, et sa femme, n'ayant pas d'argent, demandaient au sieur Lebrun, épicier, de leur donner deux ou trois allumettes seulement. Il refusa, c'était son droit, mais il accompagna ce refus d'un violent coup de trique sur la tête de la femme Lebrun. Procès-verbal a été dressé contre lui. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1895  -  Médecine gratuite.  -  Les préfets sont en train de mettre à exécution une loi votée depuis longtemps déjà par les Chambres : L'assistance médicale dans les campagnes. 

Ça ne va pas tout seul, car les conditions sont dérisoires pour les médecins : 1 fr. par visite jusqu'à quatre kilomètres ; 50 centimes par kilomètre en plus. Passe encore pour les médecins qui ont cheval et voiture, mais, pour les autres, quatre kilomètres aller et retour à pied, ajoutés au temps de visite et du repos, donnent bien trois heures, quelque chose comme sept sous de l'heure. C'est-à-dire que le dernier des maçons gagnera davantage que ne recevra un médecin. 

Comment veut-on que ce service soit bien fait ? C'est impossible. Il sera fait comme celui du dispensaire, à Caen, où il faut la croix et la bannière pour avoir la visite des médecins titulaires. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1895  -  Époux enterrés le même jour.  -  Ces jours-ci, le sieur Loiseau, 67 ans, tombait subitement frappé de mort à 500 mètres environ de la maison de son fils, cafetier à Heurtevent, près Livarot. A ce moment, la femme du défunt, 64 ans, souffrant depuis longtemps d'une paralysie, était à l'agonie. Elle expira le lendemain sans avoir eu connaissance de la mort de son mari. L'inhumation des deux époux a eu lieu le même jour. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1895  -  L’art de mangée et boire sans payer.  -  Joseph Bonneau, 19 ans, demeurant à Jort, se présentait dernièrement chez le sieur Loiseau, débitant à Heurtevent, et chez le sieur Lecointre, tonnelier à St-Julien-le-Faucon, où il se faisait passer pour M. Gaston Seré, propriétaire à Ste-Marie-aux-Anglais. Grâce à ce nom fortuné, il se fit héberger tant chez les époux Loiseau que par M. Lecointre auquel il fit même payer les consommations prises à l'hôtel Bourdon. Il était assez difficile de faire autrement, car le faux Seré ne parlait rien moins que d'une commande d'une trentaine de barils. Poursuivi pour cette escroquerie, Joseph Bonneau a été condamné, par le tribunal de Lisieux, à un mois de prison. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1896  -  Caché retrouvé.  -  Le cachet de la mairie, que le maire d'Heurtevent s'était laissé voler avec sa voiture pendant un incendie, vient d'être retrouvé à Trouville, dans la Touques. Il reste encore à découvrir le registre des délibérations et... le voleur. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1897  -  Un débiteur pas commode.  -  Ces jours-ci, Me Jouanne, huissier à Livarot, se présentait au domicile du sieur Alexandre Lozey, journalier à Heurtevent, pour procéder à une saisie-exécution. Lozey se fâcha et menaça de fendre l'huissier en quatre avec un croissant. Saisi de peur; Me Jouanne requit la gendarmerie et le juge de paix que Lozey voulut frapper avec un bâton, et ce n'est pas sans mal que les gendarmes s'emparèrent de lui pour le conduire à Lisieux, où il a été condamné à deux mois d'emprisonnement. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1898  -  Assassin de sa femme.  -  Le sieur Moulin, 28 ans, domestique chez le maire de Heurtevent (Calvados), se rendit dimanche, vers 7 h. 1/2 du soir, chez sa femme, souffrante, à Crouttes, pour lui demander de l'argent. Celle-ci ayant refusé de lui en donner. Moulin sortit, prit son fusil qu'il avait laissé dehors et fit feu sur sa femme qui tomba inanimée. Le meurtrier est arrêté et avoue le crime. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1900 - Incendies. - A Heurtevent, d'un bâtiment à usage de boulllerie et buanderie, au sieur Mulois ; pertes, 500 fr. Non assuré.

— Au Mesnil-Simon, de deux maisons inhabitées, appartenant au sieur Serrurier, cultivateur à Orbec. Pertes, 5 000fr.

— Dans une vitrine à l'étalage du sieur Julienne, parfumeur à Caen. Pertes, 650 fr. Assuré.

— D'une maison habitée par le sieur Boissée, journalier à St-Germain-Langot. Pertes, 1 100 fr. Assuré.

— D'un bâtiment au sieur Quentin, à Orbec. Pertes, 2 000 fr. Assuré. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1900  -  Les Saints de glace.  -  Les saints de glace, tant redoutés par les jardiniers, tombaient les 11, 12 et 13 mai. Ils se sont faits sentir par une recrudescence de froid, accompagné de tempête. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1900  -  En famille.  -  Les habitants de Heurtevent, près Livarot, ont un conseil municipal peu banal. Voici sa composition :

le beau-père et le gendre, les deux beaux-frères, 1 oncle et le neveu, et deux cousins en font partie. Il est même probable que si les femmes avaient été éligibles, on eût élu les cousines et les petites-cousines, afin de faire de cette municipalité un vrai conseil de famille. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1900  -  Le sieur Alcide Lebrun, épicier à Heurtevent, n'aime pas à être dérangé pour rien. L'autre soir, le sieur Lebrasseur, journalier, entrait dans sa boutique et lui  demandait quelques allumettes.

-  J'en vends, mais je n'en donne pas, répondit d'épicier. 

Lebrun refusa encore cette charité et invita Lebrasseur à sortir au plus tôt. Sur l'entrefaite, la femme Lebrasseur entra et insista probablement elle aussi un peu trop auprès de l'épicier.  Celui -ci, pris de colère, arracha le bâton que Lebrasseur avait à sa main et en appliqua un violent coup sur la tête de sa femme. Celui -ci a porté plainte et procès-verbal a été dressé au sieur Lebrun.  

 

Septembre 1901   -   Imprudence mortelle.  -  Le sieur Jules Guy, 20 ans, domestique chez le sieur Laine, à Heurtevent, près Livarot, revenait de Meulles avec un chargement de foin, il était assis imprudemment sur une planchette installée devant la voiture.

A la côte de Bellou, s'étant penché pour fouetter le cheval, le pauvre garçon est tombé si malheureusement qu'il s'est cassé le cou. La mort a été instantanée.. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1901    -   Un lapin qui en pose un.  -   Deux journaliers de Heurtevent, près Livarot, travaillaient dans un lorsqu’un lapin de garenne leur passa entre les jambes. Ils se mirent à sa poursuite. Le lapin se coula dans un cellier appartenant au sieur Serais, dont la porte était fermée à clef. Les deux chasseurs firent sauter la serrure de la porte et cherchèrent partout le lapin.

Il avait repris la clef des champs par un trou. Mais si nos deux journaliers ont manqué le lapin, ils n'ont pas raté, en échange, un procès-verbal pour bris de clôture. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1903    -   Accident de voiture.  -   Le sieur Ferdinand Guerre, 48 ans, domestique à Heurtevent, conduisait une voiture chargée de bois, attelée de deux chevaux. Ayant voulu fouetter le cheval de devant, celui-ci, pris de peur se cabra et renversa le conducteur qui eut une jambe broyée par une roue de la voiture.

Il a été transporté, le lendemain, à l'hospice de Livarot. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1903   -   A propos d’une mor subite.  -  Nous avons relaté dans notre dernier numéro la mort subite du sieur Fernand Angot, 63 ans, fabricant de cercles à Heurtevent. Il s'était rendu à Saint-Pierre-sur-Dives pour se faire retirer un bandage que lui avait mis un rebouteur. Au moment où celui-ci enlevait le bandage, le sieur Angot fut pris d'une syncope et mourut subitement.

L'autopsie a établi que le sieur Angot avait succombé par suite d'une embolie du cœur. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1903   -   Les voleurs de vaches.  -   On a volé, dans un herbage, une vache de 380 fr. au sieur Ambroise Mullois, propriétaire à Heurtevent, près Livarot.

— On a volé, la nuit, dans un herbage, une vache valant 400 francs et appartenant au sieur Mignot, cultivateur à Ecajeul, près Mézidon. ( Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1913  -  Le feu  -  Un incendie c'est déclaré à Heurtevent, dans un bâtiment à usage de bouillerie, appartenant à M. Paul Mesley, cultivateur. Le feu se déclara au grenier rempli de copeaux et l'on pense que le feu aura été allumé accidentellement  par une bougie. En un clin d'œil, la toiture fut en feu, mais, avec l'aide des habitants, l'appareil à bouillir,  un tonneau contenant 500 litres de petite-eau et plusieurs futailles purent être préservés. À l'arrivée des pompiers de Livarot, tout danger était conjuré.

 

Octobre 1916  -  Visite intéressée.  -  Pendant que M. Eugène Decaux, maire d'Heurtevent, près Livarot, assistait aux vêpres, un voleur a pénétré dans sa maison et lui a volé 2 700 fr. On  croit connaîtra le coupable.

 

Juin 1924  -  Un jeune homme tire un coup de fusil sur sa mère.  -  Re Lecourt, 28 ans, fils d'un propriétaire de Heurtevent, au cours d'une discussion, frappé sa mère, âgée 56 ans. M. Lecourt père voulut intervenir et arrêter son fils, mais ce dernier lui donna également des coups de poing.
Furieux de voir alors sa mère sortir pour appeler un voisin, le jeune homme décrocha un fusil pendu dans la cuisine et tira, sur la malheureuse qui fut atteinte à la tète et à la jambe gauche. Déjà ce mauvais fils avait menacé sa mère, il y a quelque temps en lui tirant une balle de revolver. Il a été arrêté.
 

 

Novembre 1937  -   Un garçonnet gravement blessé par une auto.     Une auto conduite par M. Daniel, boucher à Livarot, a renversé, près de la mairie d'Heurtevent, le jeune Sellier, âgé de 9 ans, qui traversait la route, malgré les avertissements de sa sœur qui voyait venir la voiture.

L’enfant fut relevé sans connaissance, avec des contusions multiples. Ses jours, néanmoins, ne paraissent pas en danser. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1944  -  Une double attaque à main armée.  -  Samedi soir, après son repas, vers 22 heures, Mme veuve Marie Margeot, née Fourré, cultivatrice, ouvrit la porte à son domestique qui devait aller se coucher dans un bâtiment voisin, lorsqu'elle entendit des pas dans l'herbe devant son habitation et deux individus masqués et armés se présentèrent à elle en lui criant haut les mains et exigeant de l'argent. Elle leur donna 22.000 fr.

Il n'en visitèrent pas moins toutes les pièces et demandèrent du beurre et de l'eau-de-vie. Ils n'emportèrent qu'une livre de beurre.

Leur coup fait, les malfaiteurs voulurent renouveler leur forfait chez un voisin, M. Henri Lerbourg. Celui-ci, déjà couché, entendant les aboiements de son chien, se leva et aperçut les deux agresseurs. Ils exigèrent qu'on leur ouvrit la porte, il refusa et, comme ils persistaient, le cultivateur appela au secours et alerta ainsi un voisin, M. Gallois, qui, par téléphone prévint immédiatement les gendarmes de Livarot. Ceux-ci se rendirent sur les lieux, mais les deux malfaiteur s'étaient enfuis.

 

Avril 1944    -   Fait divers.  -   Samedi soir, 2 individus masqués et armé pénétraient chez Mme Veuve Marie Margeot, cultivatrice à Heurtevent, et exigeaient de l'argent. Elle leur donna 22.000 fr., ils n'en visitèrent pas moins toutes les pièces, réclamant du beurre et de l'eau-de-vie.

Leur coup fait, les malfaiteurs voulurent renouveler leur forfait chez un voisin, M. Lerbourg. Mais celui-ci refusa de leur ouvrir et comme ils insistaient, il appela au secours, ce qui permit à un voisin de prévenir par téléphone la gendarmerie de Lisieux. Quand ces derniers arrivèrent, les agresseurs avaient disparu.  

 

Novembre 1947  -    La brouille dans le ménage.  -   Sous prétexte que sa femme, Mme Françoise Guérard, 30 ans, gardienne d’herbages à Heurtevent, qui revenait du marché de Livarot, s’était attardée en route, son mari lui a jeté au visage de la vaisselle et divers ustensiles ménagers. Mme Guérard battit en retraite mais fut rejointe dans la cour par son époux qui lui asséna deux gifles. M. Guérard a reconnu les faits mais prétend que sa femme néglige son intérieur. (Source  : Le Bonhomme Libre)

HEURTEVENT   -   Manoir Normand  -  La Cour Thomas

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