Édition de Langrune-sur-Mer                                                                                                                                                                                       Édition du 21 août au 04 septembre 2016
LANGRUNE s/ MER

Canton de Douvres-La Délivrande

Les habitants de la commune sont des Langrunais, Langrunaises

Janvier 1875   -   Le froid.  -  L'année débute mal, le verglas du premier janvier 1875 restera légendaire.  A Paris, le nombre des individus entrés dans les hôpitaux pour blessures à la suite de chutes sur le verglas est de 2 000 au moins. Quant aux chevaux tués et aux voitures versées, le chiffre en est inconnu.

Dans notre région, les conséquences n'ont pas été aussi graves, mais les accidents ont été assez nombreux pour que deux jours durant, nos médecins n'aient été occupés qu'à remettre des jambes brisées et des poignets foulés.

En Normandie, dans la nuit du 29 au 30 décembre le thermomètre est descendu à - 12 degrés. A Orléans, le thermomètre est descendu à - 15 degrés. A Pontarlier, - 20 degrés.

En France, à St-Goussaud (Creuse), le sieur Bergeron, âgé de 32 ans, facteur rural, s'est perdu dans les neiges et a péri de froid.

La ville de Paris vient d'acheter un fond-neige d'un modèle assez curieux. C'est un cylindre roulant, ayant un foyer central qui dégage assez de calorique pour fondre la neige qu'il écrase et pour sécher le sol.

 

Janvier 1875   -   Éclipses.  -  Si, en 1875, il n'y a pas d'éclipse de lune, le soleil, en revanche, sera éclipsé deux fois : le 6 avril et le 29 septembre. La deuxième seule sera visible, en partie, à Paris.

 

Janvier 1875   -   Condamnation.  -  Les nommés Eugène Buhour, 18 ans, et Etienne Buhour, 43 ans, journaliers à Langrune, 25 fr. d'amende, pour bris de clôture, tapage et outrage à la gendarmerie.  

 

Février 1875   -   Condamnation.  -  Le tribunal a prononcé une amende de 50 francs contre les sieurs Mériel, de Saint-Aubin-sur-Mer ; Coutances, d'Hérouville ; Alcide Caron, de Lantheuil ; et une amende de 60 fr. contre le sieur Lissot, de Langrune, pour infractions à la loi sur le classement des chevaux.

 

Février 1875   -   Conseil municipal.  -  Le 21 février 1875, le conseil municipal s'est réuni et, est unanimement d'avis, de prier M. le Préfet de faire auprès de l'administration des Postes, les demandes nécessaires pour qu'il soit fait droit aux vœux exprimés par le conseil, d'une demande de transfert du bureau de Poste de Luc à Langrune qui avait reçu de M. le Directeur des Postes une réponse favorable en date du 22 octobre 1862. 

 

Février 1875   -   Chemin de fer.  -  Une enquête aura lieu dans les communes de Langrune, St-Aubin-sur-Mer, Bernières-sur-Mer et Courseulles, sur le projet présenté pour l'établissement des stations et arrêts de ce chemin projetés sur le territoire des communes sus-indiquées. Cette enquête a commencé le 11 février et sera close le 21 du même mois.

 

Février 1875   -   Grave question.  -  La Cour de Cassation a décidé : 1° que, seuls les propriétaires ou les fermiers avaient le droit exceptionnel de tirer sur les poules des voisins ; 2° qu'ils ne pouvaient les tuer qu'au moment où elles commettaient un dégât actuel et effectif ; 3° et sur les lieux mêmes où le dommage était causé. Ceci s'applique aussi aux pigeons.  

 

Mars 1875   -   Le printemps.  -  Si cela continue, le printemps sera inauguré par la gelée ou la neige. En Angleterre, des vents violents ont causé beaucoup de malheurs. Des maisons en construction ont été renversées et des ouvriers ont péri.

 

Mars 1875   -   Condamnation.  -  Pour avoir enlevé du sable et des pierres hors les limites prescrites : Alfred-Joseph Hodierne, 37 ans, de la Délivrande ; Victor-Prosper, 24 ans, et Alfred-Exupère Hodierne, 17 ans, de Langrune ; Jean-Pierre François, de Luc, et Jean-Baptiste Lissot, 48 ans, de Langrune, chacun 25 francs d'amende.  

 

Mai 1875   -   Saison des bains.  -  Notre littoral a été déjà visité par quelques baigneurs. Les locations ne se font que difficilement, car à Lion, à Luc, Langrune et Saint-Aubin, les propriétaires demandent des prix trop élevés. 

De l'autre côté de l'Orne, les locations se font plus facilement, les propriétaires craignant de rester sans louer, comme l'année dernière, préfèrent faire des concessions. A Trouville seulement, la semaine dernière, il a été fait pour près de 30 000 fr. de locations. 

 

Mai 1875   -   Naufrage.  -  Le « Schiller », steamer de la Compagnie Hambourgeoise, a sombré dans la nuit du 7 mai dans la Manche, sur les rochers des Sorlingles. Le « Schiller » avait à son bord un équipage de 100 hommes et 250 passagers, 28 matelots et 15 passagers ont pu être sauvée. 

Plusieurs cadavres ont été recueillis sur le rivage, entre autres celui d'une femme serrant un enfant dans ses bras. 

Les passagers à destination de Cherbourg et de Hambourg ont continué leur voyage. Le nombre des victimes est de 312.

 

Mai 1875   -   Saison des bains.  -  Notre littoral a été déjà visité par quelques baigneurs. Les locations ne se font que difficilement, car à Lion, à Luc, Langrune et Saint-Aubin, les propriétaires demandent des prix trop élevés. 

De l'autre côté de l'Orne, les locations se font plus facilement, les propriétaires craignant de rester sans louer, comme l'année dernière, préfèrent faire des concessions. A Trouville seulement, la semaine dernière, il a été fait pour près de 30 000 fr. de locations.  

 

Juin 1875   -   Acte de malveillance.  -  Un fait inqualifiable a été commis à Langrune dans la nuit de vendredi à samedi. On s'est introduit dans les cabines de la dame Laroute, directrice des bains, puis on a volé et lacéré un grand nombre de costumes et de linge de bain.

Une singulière méprise a mis sur les traces du coupable. Un habitant aperçut une fille de mauvaise réputation, la nommée B…....,  qui enfouissait dans son jardin un paquet volumineux. Croyant à un infanticide, il fit sa déclaration à la justice. Une perquisition eut lieu, elle amena à la découverte, dans la terre, des débris des vêtements volés. La fille B……. a été mise en état d'arrestation.  

 

Juillet 1875   -   Fait divers.  -  Pour pêche de moules n'ayant pas la dimension exigée par la loi, et en employant des engins prohibés, ont été condamnés à 250 fr. d'amende chacun, les nommés : 1° Eugène Lemazurier, dit Preudhomme, faisant défaut, demeurant à Saint-Aubin-sur-Mer ; 2° Pierre-Louis Planchon, 43 ans, demeurant à Langrune.

 

Août 1875   -   Les bains de mer.  -  Lion, Luc, Langrune, Saint-Aubin d'autrefois, plages modestes, de famille et d'enfants, qu'êtes-vous devenues ?....

La mode, de son pied coquet, vous a envahies : les hommes ont jeté à la mer la veste de toile pour endosser la vareuse, les femmes changent trois fois de toilette par jour, et vont au bain avec des costumes faits sur mesure et garnis de fournitures en caoutchouc destinées à indiquer la place des absents.

Que de mécontents ! à Langrune ? Mais les réclamants n'ont pas toujours tort, ce qui vient de se passer à propos de la vente à la criée du poisson le prouve.

La commune avait, fait placer une pierre à poisson et acheté une cloche pour y appeler les acheteurs. On n'a pas trouvé d'adjudicataire, ce qui n'est pas la faute des pêcheurs assurément, aussi avait-on tort de leur empêcher d'y vendre.

Cette interdiction, qui a été levée mercredi (mieux vaut tard que jamais), avait un double inconvénient: elle lésait les intérêts des pêcheurs et forçait les baigneurs à aller faire leur provision à Luc et à Saint-Aubin, et parfois ils y restaient.  

 

Août 1875   -   Mendicité.  -  Les baigneurs de notre littoral se plaignent d'être, comme les années précédentes, assaillis par des mendiants de tout âge et des acrobates de tout genre. Il est au moins étrange que dans un département où il existe un arrêté préfectoral prohibant les saltimbanques et des arrêtés municipaux interdisant la mendicité, on donne asile à ces vagabonds, que l'on chasse des autres départements.

 

Août 1875   -   Comète et prédictions.  -  S'il faut en croire les astrologues de l'Observatoire de Paris, nous avons été, cette semaine, visités par une comète. Autrefois, l'apparition d'une comète était considérée comme un présage de malheur, aujourd'hui, ces astres passent presqu'inaperçus.

 

Août 1875   -   Glanage.  -  Il peut être utile, à l'époque des moissons, de rappeler un arrêt de la Cour de cassation présentant un grand intérêt : 1° Que le propriétaire n'a puissance d'introduire ses moutons que deux jours après l'enlèvement des récoltes, afin de donner aux glaneurs le temps d'user de leur droit. 2° Que si le propriétaire ou le fermier a le droit, tant que son champ n'est pas entièrement moissonné, de ramasser à son profit les épis échappés au moissonneur, il ne lui appartient pas de concéder ce droit à un tiers, même à titre généreux.

Tout règlement municipal qui viendrait à l'encontre de ce droit « ne serait pas légal ».

 

Août 1875   -   La moisson.  -  La moisson se poursuit, le rendement dans nos contrées, sera celui d'une année ordinaire. Dans l'ouest de l'Amérique, un tiers de la récolte en blé est perdu par suite des pluies et des inondations.

— En France, la seconde coupe des fourrages compensera les perles de la première.

— Les arbres fruitiers sont toujours dans un état prospère, les fruits grossissent et se découvrent de plus en plus. Dans beaucoup de plants de pommes de terre, les feuilles se lâchent, on craint que la maladie ne les attaque, comme il y a quelques années, les tubercules ne sont pas encore atteints.

 

Août 1875   -   Caen à la mer.  -  Le chemin de fer de Caen à Courseulles sera-t-il une bonne affaire ?

Oui, si tous les étés l'affluence des voyageurs est égale à celle de cette année, comme tout le fait présager. L'hiver, l'entrepreneur compte beaucoup sur les marchandises qu'il transportera de Courseulles à la gare de l'Ouest, lorsque le raccordement sera fait. Dans ces conditions, il se pourrait que M. Mauger, qui a eu un instant l'intention de mettre l'entreprise en actions, renonce à cette idée. Les dépenses du concessionnaire dépassent, à ce jour, deux millions, non compris les frais de personnel.

Le rapport au Conseil général dit que le délai, pour l'exécution de la section de Luc à Courseulles, expire le 1er  janvier 1876, c'est une erreur, car, à l'heure qu'il est, l'expropriation des terrains n'est pas commencée. Si rien ne vient déranger les plans du concessionnaire, la section de Luc à Courseulles sera inaugurée en juin prochain.

 

Août 1875   -   La chaleur.  -  Il a fait un temps splendide, une chaleur tropicale : aujourd'hui il pleut, nous avons eu 30 degrés jusqu'à dimanche dernier, à Paris, on a constaté dix-sept cas d'insolation, quatre individus subitement frappé d'aliénation mentale sur  la voie publique ont été ramassés, trente-neuf chevaux, affolés par la chaleur, se sont emportés. Enfin, Paris était tellement altéré, que plus de six cent individus ont été conduits au violon pour avoir trop bu.

 

Août 1875   -   L’orage de samedi.  -  Samedi soir, vers 2 heures, un violent orage, dont nous n'avons eu à Caen qu'un écho affaibli, s'est abattu sur tout le littoral. Des torrents de pluie n'ont pas tardé à faire monter l'inondation dans la plupart des maisons et dans les bas-fonds des vallées. Des grêlons, d'une grosseur énorme, sont tombés en plusieurs endroits et ont tué une si grande quantité de gibier qu'on le vendait à bas prix sur la côte.

— De Douvres, les eaux se sont précipitées dans la tranchée du chemin de fer et ont couvert la voie de détritus. La circulation n'a pas d'ailleurs été interrompue. Les dégâts ont été promptement réparés.

— A Condé, une pluie diluvienne a transformé en quelques instants les rues de la ville en de véritables torrents.

—Vers quatre heures du soir, à Tracy-Bocage, la foudre est tombée sur une maison, non habitée, appartenant à M. Jules Greley, la couverture seule a été la proie des flammes, les pompes de Villers-Bocage sont immédiatement arrivées et les travailleurs ont pu rapidement concentrer le feu dans son foyer. M. Édouard Marie, garde particulier à Villers-Bocage, que son dévouement avait conduit sur les murs de la maison incendiée pour y travailler, est tombé d'une hauteur d'environ six mètres. Dans sa chute, il s'est cassé l'épaule et fait des blessures intérieures. Marie est âgé de 44 ans et père de cinq enfants en bas âge, et sans fortune, La perte s'élève à 875 fr.

— A la même heure, le même jour, un incendie occasionné par la foudre a éclaté en la commune de Secqueville-en-Bessin et a brûlé complètement la toiture en chaume d'une maison d'habitation faisant partie d'une ferme appartenant à M. Jules Lecomte, maire, qui est exploitée par M. Léon Leboulanger. La perte approximative de M. Lecomte est de 3 000 fr, assurée, celle de M. Leboulanger est évaluée à 700 fr., également assurée. Il y avait quatre personnes dans la maison au moment où la foudre est tombée, aucun accident à déplorer.

—La foudre est tombée aussi à Langrune et à Douvres, où elle a déraciné un arbre. A Caen elle a laissé des traces de son passage sur un mur dans la cour de M. Bourrienne, médecin.

— Cet orage a également éclaté sur le Havre à 4 heures de l'après-midi, il a duré une heurs et demie. Les coups de tonnerre se succédaient avec une terrifiante rapidité, en même temps qu'une pluie des plus abondantes transformait les ruisseaux de la ville en vraies rivières, et les rues descendant la côte en petits torrents. La foudre est tombée en divers endroits, deux fois, notamment, dans le bassin de la citadelle sur le trois-mâts français « Sainte-Adresse » et à l'angle nord-ouest du bassin.  

 

Août 1875   -   Population du Calvados.  -  M. Charles Girault, professeur à la faculté des sciences, vient de publier une notice fort intéressante sur le mouvement de la population dans le Calvados. Pour aujourd'hui, nous ne voulons relever de ce travail que les chiffres suivants : de 1853 à 1863, il y a eu dans le Calvados 97 269 naissances et 109 184 décès ; de 1863 à 1873, on compte 94 745 naissances et 12 1548 décès.

—C'est-à-dire que pendant ces 20 années, le chiffre des décès a dépassé celui des naissances de près de 40 000, ce n'est pas rassurant. La guerre et l'épidémie de 1871 figurent dans ce nombre pour 8 000 environ.  

 

Novembre 1875   -  Conseil municipal.  -  L’an 1875, le 7 novembre, le conseil municipal s’est réuni dans le lieu ordinaire de ses séances, sous la présidence de Monsieur Leroux, Maire, en vertu de l’arrêté préfectoral en date du 14 octobre 1875.

Sur la proposition d’un membre, le conseil à l’unanimité, considérant que les communes voisines et riveraines de la mer sont autorisées à enlever du galet sur le rivage pour l’entretien de leurs chemins.

Considérant que la commune de Langrune n’est pas pourvue d’une autorisation semblable, et qu’il en résulte un préjudice grave pour la commune.

Pour ces motifs : Décide que Monsieur le Maire devra adresser immédiatement une demande à Monsieur le Préfet à l’effet que la commune de Langrune soit autorisée à enlever sur le rivage de la mer, la quantité de galet nécessaire pour la réparation et l’entretien de ses chemins.

 

Novembre 1875   -  Tempête.  -  Depuis quelques jours, le vent souffle en tempête dans nos contrées, il en est de même sur toutes les côtes de la Manche et du golfe de Gascogne. Les steamers transatlantiques du Havre n'ont pu sortir. La mer est énorme, nous aurons sans doute d'autres sinistres à ajouter à la longue liste.

La pluie ne cesse de tomber, les cultivateurs sont dans la consternation, car tout de blés restent encore à faire.

Les cours d'eau du Pays-d'Auge sont débordés, à Paris, la Seine est très forte, la Garonne et la Loire ont débordé. Dans le Midi, de nouveaux malheurs sont signalés : dans l'Ariège, le village de Biert a été submergé, dans l'église il y avait 1 mètre 50 d'eau, l'office n'a pu avoir lieu. Quelques ponts ont été enlevés, plusieurs routes sont coupées. 

 

Novembre 1875   -  Suites de l’ouragan.  -   Horrible temps que celui de novembre. Que de tempêtes ! que de désastres ! que de sinistres. De mémoire d'homme, on n'avait vu plus long et plus effroyable ouragan. Tels étaient la force du vent et la fureur des vagues que sur le littoral les maisons tremblaient sur leur base et faisaient redouter des éboulements.

Les différents cours d'eau de notre région sont rentrés dans leurs lits, de leur côté, la Seine, la Loire, le Rhône et la Garonne ne donnent plus d'inquiétudes.

Sur nos côtes, la mer rejette des débris de toute nature, des agrès, des marchandises, des vêtements, sur les côtes de Bretagne, on a recueilli plusieurs cadavres.

A Villerville, dans les roches moulières, on a retrouvé le cadavre du nommé Arsène-Désîré Duchemin, perdu en mer alors qu'il rentrait à Trouville de la pêche à la crevette, la mer n'a pas encore rendu le corps du jeune Lezin, qui montait, avec Duchemin, l'  « Oiseau bleu ».

Dans les villes et dans les campagnes, des toitures ont été enlevées, des cheminées ont été renversées, des arbres déracinés. Le parapet de la jetée de Trouville a été brisé, à Deauville, la digue a été endommagée. A Lisieux, le vent a renversé un échafaudage établi pour les travaux du séminaire, et deux ouvriers ont été jetés sur le sol, l'un d'eux a eu deux côtes enfoncées. Une ouvrière qui traversait le petit pont provisoire du Moulin-Biot, à Condé, est tombée à l'eau, poussée par le vent, et se serait noyée sans l'aide de plusieurs hommes qui accoururent à ses cris.

Dimanche dernier, le Havre a été inondé. Plusieurs familles ont cru devoir abandonner leurs demeures, qu'elles avaient peur de voir détruites a chaque instant. Rouen, Etretat et Fécamp ont beaucoup souffert.

Voici le relevé aussi exact que possible des dégâts causés, à Paris, par l'ouragan : 10 000 cheminées ont été abattues, 160 toitures ont été endommagées, 30 000 carreaux ont été brisés, 1 000 palissades renversées, 200 arbres cassés ou déracinés.

 

Décembre 1875   -  L’hiver.  -  Depuis une semaine, du Nord au Midi, il gèle où il neige en France, en Angleterre aussi. Le Calvados, l'Orne et la Manche n'ont pas été épargnés, à Nancy, à Toulouse, à Lyon, il a beaucoup neigé, les trains de Suisse arrivent à Dijon avec des retards importants, la neige couvrant la voie. Il y â eu tempête sur la Méditerranée, de Clermont-Ferrand, on signale ouragan et tonnerre.

Les oiseaux émigrent, cherchant un refuge moins glacé, les marsouins et les dauphins, tâchant de trouver des eaux moins froides que celles de l'Océan, remontent le cours des fleuves : on en a vu jusqu'au pont de Londres. Ces signes indiquent un hiver déjà rigoureux dans notre région, mais ils ne présagent pas que l'hiver sera long et dur comme l'insinuent certains faiseurs de canards.

 

Décembre 1875   -  La neige.  -  Le froid est rigoureux partout, en France c'est la région du Midi qui est la plus éprouvée. Marseille, Agen, Nimes, Montpellier, Limoges sont sous la neige.

Dans le Calvados, du côté de Bayeux, la neige a atteint dimanche, une épaisseur de 55 centimètres, région de Caen, 20 centimètres ; de Lisieux, 8 centimètres. Plus on avance vers Paris, plus la couche  diminue, à partir de Serquigny, elle couvre à peine le sol.  

Mars 1876   -  Tempêtes sur mer et naufrages.  -  Nous avons depuis quelques semaines, sur les côtes de la Manche, un temps abominable. Il vente presque continuellement en tempête.

La mer est affreuse. La navigation n'est pas plus praticable qu'en plein mois de décembre. Les pécheurs sont a l'ancre depuis douze jours.

  Un picoteux de Luc ayant cassé ses amarres, a été poussé vers Trouville, il est inscrit au port de Courseulles sous le n° 179.

  Une goélette ou bisquine se serait naufragée sur le ratier de Villerville. Le bateau est perdu, on dit que l'équipage aurait péri. Nous n'avons pu avoir de renseignements à cet égard.

  Dimanche, à la suite de la tempête, les communications avec l'Angleterre, la Belgique, Lille, le Havre, Rouen, Amiens, Arras, Beauvais , etc……., ont été momentanément interrompues.

  Des pêcheurs assurent avoir vu engloutir, par la mer démontée, le vapeur anglais « Thittle ». Ce navire, qui était attendu à Dieppe avec un chargement de charbon  devait être monté par onze hommes d'équipage.

  Mardi, vers sept heures du matins le brick-goélette anglais « Juliette », capitaine Roberts, venant de Llanelly avec un chargement de 250 tonneaux de charbon à destination de Caen, est tombé sur les rochers situés vis-à-vis de Bernières, à trois milles environ du rivage. A 8 heures l'équipage, composé de sept hommes, embarquait dans le canot du bord et atteignait la côte de Langrune. A 9 h., après deux heures de mer démontée, la « Juliette »  était entre deux eaux, ballottée par la houle qui était très forte, elle perdait ses mâts de perroquet et de flèche. On n'aperçoit actuellement que les bas mâts de ce navire. Les matelots sont arrivés à Caen par le chemin de fer de Luc.  

 

Avril 1876   -  Chemin de fer de la mer.  -  Les travaux du chemin de fer de Caen à la mer vient être poussés avec une très grande activité. La section entre Luc et Courseulles sera certainement livrée au public pour la fin juin au plus tard. 

La ligne de raccordement entre l’Ouest et la gare Saint-Martin ne pourra pas être terminée pour la saison des bains, en raison des nombreux travaux d'art qu'il y a à exécuter, dans le parcours de trois kilomètres, on compte cinq ponts et voûtes. En attendant, la compagnie vient de réduire le prix des places dans les omnibus qui font le service entre Luc, Langrune, Saint-Aubin, Bernières et Courseulles.

 

Avril 1876   -  Température.  -  Les fêtes de Pâques se préparent mal : il grêle, il neige et il gèle, les colzas pendent le nez, les fleurs des arbres paraissent  brûlées. Nick avait raison, en indiquant de la neige et de la gelée du 12 au 16.

— A partir du 19, il nous prédit un temps doux, mais orageux.

 

Avril 1876   -  Le mauvais temps.  -  Les gelées de la semaine dernière ont causé des dégâts considérables dans les jardins et dans les potagers. Les abricotiers, les cerisiers, les pêchers, les pruniers qui sont en fleurs ont beaucoup souffert, les salades ont été maltraitées, quant aux asperges, aux pommes de terre, aux petits pois hâtifs, leur récolte sera retardée au moins de quinze jours. Dans les pays vignobles, la gelée et la neige ont fait beaucoup de mal, dans certains parages du Midi, les vignerons sont dans la consternation. Le temps est plus rigoureux encore en Angleterre : à Londres, il y a eu 11 degrés au-dessous de zéro.

— Cette température hivernale influe sur les locations du littoral, à Trouville, on compte moitié moins de maisons louées que l'année dernière à pareille époque. On espère que le temps va se mettre enfin au beau, cependant, on nous fait craindre des gelées blanches pour la première quinzaine de mai. 

 

Mai 1876   -  Armée.  -  Le fusil Gras ou chassepot modifié vient d'être distribué à toutes les troupes du 3e corps. Contrairement à l'ancien fusil, celui-ci a le canon et les capucines bleu foncé. La batterie est en métal poli. Quant au fonctionnement, il est, à peu de chose près, le même que pour le chassepot, mais le fusil Gras est bien moins sujet à s'encrasser, et on sait que c'était là le défaut principal de l'arme dont se servaient depuis quelques années les troupes français.

 

Mai 1876   -  Nos récoltes.  -  La longue période de sécheresse que nous avons subie pendant près d'un mois avec grands vents d'amont continuels et très-froids, inspirait des craintes sérieuses à l'agriculture : plantes légumineuses et fourragères, prairies naturelles et artificielles, tout semblait dépérir sur pied faute d'humidité. Le temps vient heureusement de changer, il est à l'eau. Dans le Midi, il pleut beaucoup, les orages sont à redouter.

 

Mai 1876   -  De Caen à la Mer.  -  Se rendant au désir si souvent exprimé, la compagnie du chemin de fer de Caen à la mer va recevoir des voitures de deuxième classe pourvues d'impériales, auxquelles auront droit les voyageurs de 1e et 2e classe, dans chaque train, il y aura deux de ces voitures. 

— La compagnie vient également de traiter avec M. Amédée Louard, pour faire le service entre la gare de Luc et Lion-sur-Mer, M. Amédée Louard a cessé, depuis lundi son service journalier de Caen à Lion-sur-Mer et de La Délivrande à Lion. Prix du trajet (aller et retour) : 2 fr. 25 cent. 

— La section de Luc à St- Aubin sera terminée vers le 1er juillet. Les travaux de Saint-Aubin à Courseulles marchent lentement, cependant on espère pouvoir livrer cette dernière section au public pour le mois d'août. Vendredi, la commission s'est réunie à la préfecture pour délibérer au sujet de certaines concessions de terrain dépendant de la commune de Courseulles.  

 

Août 1876   -  Les bains de mer.  -  Beaucoup de monde sur notre littoral, en ces derniers jours, les trains de Paris à Trouville ont dû être doublés.

De l'autre cote de l'Orne, quelques célébrités : A Saint-Aubin, un sénateur inamovible, M. Béranger, beau-frère de M, DeTourbet, substitut du procureur général de Caen, un député de la Loire, M. Raymond, la veuve de Michalet, l'auteur de la Mer, la charmante madame Prelly, ex-pensionnaire de l'Opéra-Comique, le futur Méphisto du Petit Faust, dans lequel elle débute le 1er septembre au Théatre-Historique, Madame Donvé, des Variétés, et une autre célébrité parisienne qu'on peut, à l'heure du bain, contempler, sans jumelles, sans fard et sans maillot.  Autour de ces étoiles de première grandeur, gravitent quelques satellites du monde des lettres, des journalistes, des compositeurs et des faiseurs de rondeaux.

Partout, les baigneurs paraissent enchantés de leur séjour sur nos côtes. A Langrune, cependant, il y a encore des mécontents, cette malheureuse commune est toujours affectée de la maladie de la pierre (de la pierre à poisson, bien entendu). L'autorité a acheté une cloche, mais elle ne veut la livrer que contre versement de dix francs par tête de pêcheur. Pourquoi n'imite-t-elle pas St-Aubin ?…. Saint-Aubin n'a pas trouvé d'adjudicataire pour sa pierre à poisson, elle la fait exploiter par le crieur Jamet, et il en résultera pour la commune un boni de 300 francs au moins. 

Je sais bien que Langrune n'a pas de Jamet,  car après une année d'absence, le célèbre crieur nous ait revenu, à la grande joie des baigneurs et des pécheurs. Seulement il a contracté une déplorable habitude, il pérore et prononce des discours et des sermons, tout comme un Victor Hugo ou un Dupanloup. Du reste: ses harangues sont fort goûtées des cuisinières, et je ne serais pas étonné qu'un jour on lui érigeât, sur la plage, une statue avec cette inscription : « A Jamet le Désiré, les cuisinières reconnaissantes ! »

 

Août 1876   -  Chemin de fer de la mer.  -  La section de Courseulles ne sera pas livrée au public avant la fin du mois, M. le préfet du Calvados et l'ingénieur en chef doivent visiter la voie vers la fin de la semaine prochaine, les recettes journalières ont sensiblement augmenté depuis l'ouverture de la section de Saint Aubin, le dimanche, les recettes atteignent 4 000 fr., et il n'y a pas de jour au-dessous de 600 francs.

 

Août 1876   -  La sécheresse.  -  Les herbagers sont dans la désolation, l'herbe brûle sur pied, ils sont obligés de vendre leurs bestiaux. Chose qui ne s'était jamais vue, huit bouchers parisiens étaient à Caen, sur le marché, pour profiler de l'occasion.

 

Août 1876   -  Un accouchement en plein champ.  -   Une femme Bacon, originaire de Luc, demeurant à Etreham, près Bayeux, parcourant depuis plusieurs jours les communes du littoral, suivie de ses quatre enfants, qui allaient mendier de porte en porte, ou marauder par les champs, est accouchée de deux garçons, à la sortie de Langrune, sur le territoire de la commune de Saint-Aubin-sur-Mer. La femme Bacon était ivre. On suppose que l'état dans lequel elle se trouvait, et la crainte de se voir inquiétée à propos des faits de rapines reprochés a ses enfants, n'ont pas été étrangers à son accouchement précipité, qui a eu lieu avec l'aide de la sage-femme de Langrune, et en présence de plusieurs enfants.

Singuliers spectateurs ! ... On a demandé des secours à  la mairie de Langrune, qui en a refusé, prétextant que la femme Bacon n'était pas accouchée sur son territoire, considération qui n'a pas empêché Mme Deshoulières de donner asile à l'accouchée et a ses deux nouveaux-nés, et de leur faire prodiguer les soins dont ils avaient besoin.

 

Août 1876   -  Bains de mer.  -  Rarement, on a vu une telle affluence de voyageurs pour les bains de mer. Tous les jours, on délivre à la gare St-Lazare, des milliers de billets pour la Normandie seulement.

Samedi dernier, le train des maris, qui part de Paris vers 6 heures du soir, a dû être quadruplé, il en est résulté une confusion et un désarroi qui a occasionné un retard de deux heures. Aussi le train de correspondance avec Luc, Lion, Langrune, etc…., était parti depuis une heure un quart lorsque les omnibus ont amené trente à quarante voyageurs. A Caen, le livre des réclamations est surchargé de plaintes, nous en avons remarqué une, signée de M Béranger, sénateur. L'honorable inamovible, qui est appelé à faire les lois, devrait savoir que la compagnie coupable n'est pas celle de la mer. qui a attendu une heure, mais bien la Compagnie de l'Ouest, qui est arrivée en retard de deux heures.  

 

Août 1876   -  Piqûre de poisson.  -  Une dame da Paris, en ce moment descendue à l'hôtel Desaunay, à Langrune, ayant eu l'imprudence de ramasser, sur le rivage de Saint-Aubin, une vive (petit poisson assez commun du côté de Courseulles et de Port), s'est piquée le petit doigt avec les trois dards que cet animal porte comme défense un peu en arrière de la tête. Cette dame en éprouve une douleur si vive qu'elle ne put regagner Langrune. En quelques instants, son bras atteignit le double de sa grosseur naturelle, et aujourd'hui encore il est très enflé. Les marins disent que la douleur dure de trois à quatre mois, et que la partie piquée enfle à la marée montante pour diminuer lorsque le flot se retire. Ceci n'est peut-être qu'une légende, mais ce qui est certain, c'est que les piqûres de la vive sont très douloureuses.

 

Octobre 1876   -  Élections des Maires.  -  Les renseignements sur les élections des maires et adjoints qui ont eu lieu dimanche dernier ne nous arrivent que lentement. D'après les données que nous avons, on peut cependant conclure qu'une centaine tout au plus de maires seront remplacés dans le Calvados, et, encore, ces changements ne doivent pas tous être attribués à la politique, les questions locales, ou les rancunes personnelles ont fortement pesé dans certaines balances.  

Sur notre littoral, quelques changements : à Langrune, M. Leroux, maire, a été remplacé par l'adjoint ; à Saint-Aubin-sur-Mer, c'est M. Daligault qui a été nommé maire.  

 

Novembre 1876  -  La neige.  -  La neige a fait son apparition dans notre ville, il en est tombé mercredi soir et jeudi dans la nuit. Hier, les toits étaient entièrement couverts, et le froid persistant l'a maintenue sur la terre. Aujourd'hui, le thermomètre est descendu à 6 degrés au-dessous de zéro.

 

Novembre 1876   -  Les Pommes.  -  On calcule qu'il se fabrique annuellement 12 millions d'hectolitres de cidre en Normandie, représentant une valeur de plus de 100 millions de francs. Il n'en sera pas brassé autant cette année, car presque partout la récolte est mauvaise.

Dans les parties du Pays d'Auge et de la Manche, où la pomme a un peu donné, le prix varie entre 4fr. 50 et 5 fr. l'hectolitre.  

 

Novembre 1876  -  Conseil municipale.  -  Sur proposition du Maire, le Conseil demande à M. le Préfet l’autorisation de démolir un vieux bâtiment appelé Corps de garde situé sur la place communale, et ou ce trouve actuellement le groupe à incendie, pour les motifs quie cette vieille masure gene la vue des habitation d’en face sur la mer, à quelle est un embarras de la place communale, seul lieu de réunion agréable pour les étrangers et que les alentours sont un réceptacle d’ordures et d’immondices.

Les démolissions de ce bâtiment serviraient à endiguer la place communale, et la pompe serait remisée dans un appartement appartenant à M. Seigneurie, qui s’y oblige, jusqu'au moment ou la construction de la nouvelle et qui permettra de la placer dans la cour actuelle de cette habitation à cet effet.

Le conseil donne au Maire l’autorisation d’employer pendant le nombre d’années voulu du revenu de la plage pour couvrir les frais d’engagement projeté. Délibéré en séance et signé après lecture.

 

Novembre 1876   -  Condamnation.  - Stanislas-Jean Jeannou, 46 ans, cordonnier à Langrune, ivresse, vol de bois au sieur Paysant, outrages au garde champêtre, coups et blessures envers les sieurs Flambard et Moulin, 3 mois, 5 fr. d'amende.  

 

Février 1877   -  Grande marée.  -  Le 27 février, nous aurons une grande marée. Les personnes qui habitent le bord de la mer et à l'embouchure des rivières feront bien de prendre les précautions  nécessaires pour que cette marée ne leur cause pas de dommages.

On annonce aussi, pour le 27 de ce mois, une éclipse totale de lune.

 

Février 1877   -  La tempête.  -  Des observations atmosphériques, faites ces jours derniers à New-York, annonçaient qu'une violente tempête, régnant aux États-Unis, se dirigeait vers l'Europe et qu'elle se ferait probablement sentir du 19 au 20 février sur les côtes de France et d'Angleterre.

Cette prédiction s'est accomplie. Le vent a fait rage sur nos côtes, il a éclairé et tonné. Nos populations côtières sont dans l'inquiétude, l'état de la mer justifie leurs craintes. L'ouragan n'a fort heureusement occasionné, jusqu'ici, aucun dégât important dans la campagne, mais il n'en a pas été de même en mer.

— De tous les points de la France, des crues sont signalées. Presque partout les cours d'eau débordent, sur plusieurs lignes, et notamment vers l'Est, les voies ferrées ont été submergées et la circulation arrêtée.

 

Mars 1877   -  Trop de Zéle.  -  Dans la commune de Langrune, un électeur avait été rayé illégalement de la liste électorale par le  secrétaire de la mairie. Afin d'obtenir une réinscription qu'il était en droit d'exiger, l'électeur a été obligé de s'adresser au juge de paix. 

Sept ou huit électeurs de la même commune sont, nous assure-t-on, dans un cas identique, ils ont été rayés sans avis préalable.

Le secrétaire de la mairie agit-il de son initiative privée, ou est-il poussé par le maire ou par toute autre personne influente à transgresser ainsi les règlements administratifs. Nous serions aise de le savoir.  

 

Mars 1877   -  Révision.  -  Les opérations du conseil de révision pour la formation des contingents de la classe de 1876 auront lieu prochainement. L'administration rappelle que c'est aux familles et aux jeunes gens à se procurer les pièces qui doivent justifier devant le conseil de leurs droits à la dispense. Il peut être accordé des sursis d'appel aux jeunes gens qui, avant le tirage au sort, en auront fait la demande. Les jeunes gens doivent, à cet effet, établir que, soit pour les besoins de l'exploitation agricole, industrielle ou commerciale à laquelle ils se livrent pour leur compte ou pour celui de leurs parents, il est indispensable qu'ils ne soient pas enlevés immédiatement à leurs travaux.

 

Mai 1877   -  La fin du monde.  -  Nous venons de passer un hiver affreusement remarquable par son humidité, et nous aspirons tous au beau temps pour nous sécher. C'est sans doute à tort, car une nouvelle prédiction vient de paraître et  elle n'a rien de rassurant pour ceux qui sont crédules. Un membre de l'Académie des sciences annonce que notre planète va probablement être mise en poudre à la suite de tremblements de terre qui auront lieu au cours du mois de juin. Comme vous le voyez, la fin du monde est proche. C'est la millième fois au moins qu'elle est annoncée. En attendant ne vous faites pas de mauvais sang, il est bien probable qu'il en sera de même cette fois comme des autres.  

 

Juin 1877   -  Bains de mer.  -  Les plages du littoral font leur toilette, elles se préparent à dignement recevoir les étrangers qui viennent leur demander asile pendant la belle saison. Dans l'intérêt des voyageurs, la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest a modifié son service. Les locations se font à des prix encore supérieurs à ceux de l'an dernier.

Le maréchal Canrobert a loué à Villerville ; M. le Préfet du Calvados doit louer, à Langrune, la propriété Hallais. A Trouville, Pasdeloup et son orchestre sont annoncés.

Partout on a construit : auprès du casino de St-Aubin, un hôtel avec bains chauds a été établi par M. Niard, l'ouverture est annoncée pour le 1er  juillet, à Saint-Aubin, sur la plage, M. Vermont a placé une tente café ; à Langrune, la masure qui se trouvait devant l'hôtel Delaunay a été démolie ; à Luc, on parle d'éclairer la grande rue de la mer avec des candélabres.

Alors qu'il était communal, le chemin qui conduit de la gare de Luc, à la propriété Larivière, était quasi praticable, aujourd'hui qu'il est classé départemental il n'est pas sans danger de s'y aventurer les jours de pluie. Ce n'était pas la peine assurément... d'en changer le classement (air connu).

Ouistreham, presque désert depuis l'installation du chemin de fer de la mer, reprend vie, grâce à la gondole le « Chevreuil » et au steamer « l'Utile » qui font, chaque dimanche, le trajet de Caen par le canal. Départs de Caen à 9 heures du matin, de Ouistreham à 6 heures 30 du soir. Parcours en 1 heure et demie. Prix : 1 fr. 50 aller et retour, et moitié place pour les enfants.

 

Juin 1877   -  Récoltes.  -  Nos récoltes ont les plus belles apparences, la vigne promet, tout annonce une année d'abondance.  Dans la nuit de dimanche à lundi, il a cependant gelé blanc sur divers points du département du Calvados. 

 

Juin 1877   -  Machine à faucher.  -  On fauche les herbes excrues sur l'hippodrome de Caen. Ce fauchage et le fanage se font avec la faucheuse et la faneuse mécanique la Française, dont le dépôt est chez M. Le Blanc, place d'Armes.

 

Juillet 1877   -  Vacances.  -  Les vacances des lycées sont fixées au 6 août ; celles des écoles primaires commenceront le mardi 31 juillet et se termineront le dimanche 2 septembre.

 

Août 1877   -  Sauvetage.  -  Jeudi, vers 9 heures du matin, Jules Le Marchand, marin à Luc. était occupé à baigner deux personnes entre Luc et Langrune, lorsqu'une jeune fille, accourant de son côté, réclama son secours pour sauver sa compagne que le courant entraînait et qui était sur  le point de disparaître. La mer était assez forte, et sans l'assistance de Le Marchand elle allait infailliblement périr. Il fut assez heureux pour arriver à temps et rapporta au rivage la jeune imprudente, qui avait perdu connaissance et la transporta dans la maison que sa famille occupe à Langrune pendant la saison des bains.  

 

Août 1877   -  Ouragan.  -  Avant de nous visiter, l'ouragan qui s'est abattu sur notre contrée samedi et dimanche, avait fait de grands ravages à Bordeaux et aux environs, partout la désolation est grande, ce ne sont qu'arbres fruitiers déracinés, haies enlevées, fruits détachés par millions, maisons démolies, étables mises à nu, bestiaux dispersés, bas-fonds inondés, embarcations chavirées, démolies et mises hors de service. Cinq jeunes gens montaient une embarcation qui a chaviré, leur matelot a disparu avec eux, deux petites filles ont également disparu. Des détails navrants nous arrivent d'Arcachon où plusieurs cadavres sont venus à la côte. Deux fils de famille ont péri.

Dans le Calvados, les dégâts paraissent se réduire à des arbres déracinés et a des toitures enlevées. Une croyance enracinée chez les marins, c'est que toute éclipse de lune est suivie d'ouragan, comme ceux de ces derniers jours. En 1870, le 23 juillet, une éclipse de lune a été suivie de trois journées terriblement venteuses pendant lesquelles une vingtaine de navires ont péri. C'est donc sur le compte de l'éclipse de jeudi que doivent être mis les derniers ouragans.  

 

Septembre 1877   -  Fait divers.  -  Peuples du Calvados et de Saint-Aubin-sur-Mer aussi, écoutez l'histoire ci-après qui s'est passée sur la ligne ferrée de Caen à la mer.

M. et Mme Croquignole habitent les environs de Mathieu. Jamais ils n'étaient allés en chemin de fer, dimanche matin, ils se dirent :

 - « Si j'alliommes à Langrune mangi eune goulée cheux not' tante Astasie ? »

Les époux se dirigent vers la gare de Mathieu, prennent des billets pour Langrune, en ayant bien soin de demander si « no les arrêtera quand y s'ront arrivés... »

 - « Soyez sans crainte, leur fut-il répondu, on vous avertira ».

Les époux Croquignole montent en wagon, on s'arrête à Douvres et à Luc, à Langrune, le conducteur crie : « Langrune » ! les Croquignole ne bougent point, attendant toujours qu'on vienne les inviter à descendre. C'est ainsi qu'ils arrivent, à Saint-Aubin, où ils mettent pied à terre, furieux.

Le chef de gare leur réclame un supplément de place, nouveau courroux suivi d'explications inaboutissables.

Croquignole n'en pouvant mais, finit par s'écrier en s'adressant au chef de gare :

 - « Attendez un brin, j'vas vo coller.... M. Demolombe est à Saint-Aubin, j'connais sa cuisinière, j'vas l'consutler ».

 - « Payez le supplément d'abord ».

 - « Non! t'nez, gardez ma femme en gage ».

Une heure et demie après la pauvre femme était encore en dépôt dans le bureau du chef de gare, lorsque Croquignole, adouci, reparut et solda le supplément réclamé.

Mais pourquoi avait-il donc été une heure et demie parti ?

C'est qu'au lieu d'aller demander une consultation à M. Demolombe. le scélérat était allé prendre une consolation au cabaret.

 

Octobre 1877   -  -  Abjuration.  -  Lundi, un jeune protestant, âgé de 25 ans, domestique chez une propriétaire de Langrune, a fait dans l'église de cette paroisse son abjuration d'hérésie. Les premières années de son enfance s'étant écoulées loin de toute étude profane et religieuse, il n'avait pas l'idée de ce que peut être la religion. Il était jeune encore quand il devint orphelin.

Apres quelques années passées au service de sa patrie, il s'est placé chez un propriétaire de Langrune, et c'est là que, pendant trois mois seulement, il a reçu les leçons du curé de la paroisse. Après le baptême, il a communié.  

 

Décembre 1877   -  L’hiver.  -  Nous sommes dans l'hiver depuis le 21, aujourd’hui 28, les jours sont dans leur plus grande décroissance, c'est le moment de rappeler sommairement quelques-uns des grands hivers restés fameux dans la mémoire des peuples : En 822 les plus lourdes charrettes ont traversé les fleuves et les rivières pendant un mois.

1408, des ponts sont emportés par les glaces. Plusieurs greffiers de justice déclarent qu'ils ne peuvent tenir leur plume, pour enregistrer les arrêts, l'encre gelant dans l'encrier.

— 1484, trois mois de gelée continue.

— 1544, on coupe le vin et le cidre avec des haches.

— 1709, le terrible grand hiver. Le froid dépasse 20 degrés, le vin gèle dans les tonneaux. Les cloches cassent en sonnant.

— 1783, le froid atteint 19 degré. Soixante neuf jours consécutifs de gelée.

— 1786, 22 degrés de froid, la Manche est couverte de glaces.

— 1795, quarante-deux jours de gelée continue. C'est l'année où Pichegru prit la flotte hollandaise avec de la cavalerie, au Texel.

— 1840, froid mémorable du 15 décembre, jour de la rentrée des cendres de Napoléon 1er   à Paris, 17 degrés de froid.

— 1870 - 1871, l'année terrible, clôt cette série dont la nomenclature donne froid dans le dos.

Espérons que l'hiver qui commence sera plus clément.

 

Janvier 1878   -  Morts de froid et de misère.  -  Le 1er janvier, on a trouve, sur le territoire de la commune de Langrune, le cadavre de la dame veuve Aubrée, âgée de 77 ans, domiciliée à Luc-sur-Mer. On a reconnu qu'elle avait succombé a une congestion cérébrale, déterminée par le froid et la misère.  

 

Janvier 1878   -  Est-ce la fin du monde ?  -  Il vente, il tonne, il grêle, la prairie est submergée, la vallée d'Auge est inondée, certains quartiers de Pont–l’Evêque sont de nouveau transformés en une nouvelle Venise ... moins les monuments, la foudre est tombée aux environs de Vire. Mardi, vers midi, un tremblement de terre a été ressenti à Caen et sur plusieurs points du département, il n'a duré que quelques secondes, pendant lesquelles les vitres, fenêtres, murs et maisons semblaient trembler. Cette secousse s'est également fait sentir au Havre et à Rouen.

 

Mars 1878   -  Naufrage dans la Manche.  -  La tempête de neige qui a sévi dimanche sur la Manche, a occasionné un sinistre épouvantable sur la côte de l'île de Wight, située à une vingtaine de lieues de la cote.

L’ « Eurydice », vaisseau-école de deuxième classe pour les matelots anglais, a sombré au milieu d'une bourrasque de neige, il y avait environ trois cents hommes à bord, on n'en connaît encore que deux qui aient été sauvés, et il est bien à craindre qu'ils soient les deux seuls. Ils ont été recueillis par le schooner anglais l'  « Emma », qui naviguait à ce moment dans les mêmes eaux. Cinq naufragés avaient pu être hissés à son bord, mais trois sont morts peu après. De ce nombre est le second.

Les deux marins sauvés sont deux mousses de deuxième classe, âgés tous deux de dix-neuf ans. Ils ont dû nager pendant plus d'une heure avant d'atteindre l'« Emma », qu'ils avaient aperçu au moment de la catastrophe. Le récit d'un des mousses, nommé Cuddifort a été des plus émouvants. Ce garçon est un fort nageur : de tous côtés on l'appelait au secours, il essaya d'aider deux ou trois personnes qui se noyaient, mais, à un moment donné, il en avait quatre accrochées après lui, ses mouvements étaient paralysés, il allait périr…... Il dut se débarrasser de ces malheureux, en les repoussant avec vigueur, et ce fut en maudissant celui qui avait essayé de les sauver qu'ils disparurent sous les flots. Peu après, Cuddifort était recueilli par l'équipage du schooner.

La catastrophe est due à la rapidité avec laquelle la bourrasque de neige a atteint le vaisseau, d'autant qu'en ce moment, il avait toutes voiles dehors. L’« Eurydice » se trouvant tout près de la côte, le capitaine n'a pu prévoir ce coup de vent assez à temps pour carguer les voiles ou même pour changer la direction du  bâtiment. Il est probable que les canons ou que le lest n'étaient pas suffisamment arrimés, et le poids tout à coup déplacé aura fait immédiatement sombrer le bâtiment.

L'« Eurydice » était un navire à voiles de sixième rang. 921 tonneaux 4 canons. Le navire venait de faire une croisière d'hiver sur les côtes orientales. Son équipage était expérimenté et capable de manœuvrer avec habileté. Le capitaine a dit à celui du « Lizard », qu'il avait rencontré en mer, qu'il comptait jeter l'ancre à Spithead, le soir même de la catastrophe.

Des cadavres et des épaves sont signalés en vue de la cote.

 

Avril 1878   -  Les suites de la tempête.  -  Vendredi, une tempête s'est déchaînée sur nos côtes. Le vent soufflait avec une violence extrême et les petites barques et les canots assez nombreux qui étaient à la pèche de la crevette et du petit poisson, se sont empressés, aussitôt qu'ils ont eu assez d'eau, de rentrer dans leurs port, non toutefois sans avoir couru de grands dangers, car plusieurs ont été près de chavirer, d'autres sont entrés démâtés, avec un lambeau de toile pour se diriger.

Le sloop français « Dieu-nous-Protége », parti du Havre vendredi, à destination de Caen avec un chargement d'orge, de maïs et de diverses marchandises, s'est échoué vers cinq heures de l'après-midi, sur la côte du Calvados, près de Lion-sur-Mer. L'équipage a été sauvé et une partie de la marchandise a été mise à terre. La barque de pèche aux huîtres, « Glory », de Caen, appartenant à M. Marc, de Ouistreham, étant en pèche vendredi matin, a été surprise par la bourrasque, au Havre, en essayant d'entrer dans le port, son étai de grand mât a cassé et a occasionné la chute du mât, avec tout son gréement. Par un heureux hasard, aucun des six hommes n'a été atteint.

La « Cécile-Adèle », n° 397, de Caen, montée par six hommes d'équipage, ayant eu son mât cassé et ne pouvant plus tenir sa voile, est partie en dérive et a mouillé son ancre entre Trouville-sur-Mer et Honfleur.

Samedi matin, la goélette française « Nouvelle Société », capitaine Jacques, venant Swansea, avec un chargement de charbon, s'est mise à la cote, sous Trouville. L’équipage a été sauvé.

Un bateau, honfleurais monté par le patron Abrard, a été jeté à la côte près Criquebeuf. L'équipage a pu se sauver.

Une autre embarcation, « l'Amélie », n° 80, patron Adolphe Baudry, a éprouvé des avaries et a perdu son appareil de pèche.

On écrit de Calais que rarement on avait vu un temps aussi épouvantable. La côte est parsemée de débris provenant de la rupture de la jetée. Un navire, la « Sirène », est échouée au ruisseau des Anguilles, et le remorqueur n'a pu sortir pour aller à son secours. Un vapeur anglais, venant de Calais a sombré en face de Douvres. L'équipage a été sauvé. 

 

Avril 1878   -  Les drame de la mer.  -  La semaine dernière, un ouragan épouvantable s'est déchaîné sur les cotes et a fait chavirer un grand nombre de barques : le chiffre des victimes connu dépasse déjà 300.

 

Juillet 1878   -  Écoles Primaires.  -  Les vacances ouvriront le jeudi 1er août, les classes rentreront le lundi 2 septembre.

 

Août 1878   -  Les bains de mer.  -  C'était fête à Courseulles dimanche. Jamais il n'y avait eu foule pareille. Dans le train de 9 heures 20, qui n'est parti qu'à 10 heures, plus de 1 000 promeneurs ont pris place. Dans la gare et aux abords, c'était un tohu-bohu indescriptible, il y a même eu des vitres de brisées. Pendant que les uns maugréaient et se lamentaient, les autres chantaient et criaient, au grand mécontentement des gendarmes, qui nous ont paru, dans la circonstance, un peu trop irascibles et enclins à verbaliser.

— On se plaint toujours et partout de la malpropreté des dunes. A Luc, la descente à la mer n'est plus seulement un cloaque, c'est aussi un casse-cou.

  A Villerville, c'est au nez et à la barbe du garde champêtre qu'on dépose, en face de l'hôtel, les détritus des cuisines.

  A Lion, c'est avec les saletés de la commune qu'on élargit les dunes.

— A Langrune, on a dernièrement planté un calvaire. Par suite d'autorisations un peuu trop légèrement données, le lieu où s'est tenue la cérémonie religieuse extérieure était entouré de femmes colosses et de veaux à deux tètes. Au banquet, des invités se sont plaint de n'avoir qu'un verre et une tasse à café pour deux. Passe, pour le verre, mais pour le café, impossible d'accorder celui qui ne met dedans qu'un larmo d'eau-de-vie et celui qui s'en fourre douze demoiselles comme, un chantre que nous connaissons.

— Que les temps sont changés !.. Aujourd'hui, à Saint-Aubin, on se plaint de trop entendre retentir la cloche de la vente au poisson. Jadis, c'était différent. Au premier coup, tout le pays était sous cloche. C'est là qu'on apprenait les nouvelles du jour et de la nuit, c'est là qu'un petit groupe, aujourd'hui en partie disparu, passait en revue le bataillon féminin, c'est là qu'on recherchait, pourquoi Mme X……. avait les yeux gros de larmes et sa voisine les traits un peu fatigué, et toujours on en trouvait la cause dans le départ subit d'un ami intime, ou l'arrivée d'un mari anxieusement attendu. C'est là aussi que Jamet annonçait qu'à la grand'messe maître Rossignol chanterait en musique, et qu'à vêpres son curé prêcherait, en faux-bourdon.  

 

Janvier 1879   -  Neige et tempête.  -  La neige et l'ouragan que nous subissons depuis mardi nous étaient annoncés par le bureau météorologique du New-York-Hérald. Sur certains points de notre département il y a tant de neige que la circulation en a été interrompue, sur la ligne de Courseulles, les trains ont été arrêtes par les neiges, ceux de la ligne de l'Ouest ont éprouvé de long retards. Avec la fonte des neiges, les inondations sont à redouter.

 

Janvier 1879   -  La neige et les inondations.  -  Une partie de la France a été pendant plusieurs jours enfouie sous les neiges. Sur beaucoup de points, la circulation a été interrompue.

Dans le Calvados, la ligne de la mer a dû suspendre son service. La neige a atteint dans certains endroits plus de trois mètres de hauteur. Dans un grand nombre de localités, on se plaint que les cantonniers n'aient pas été, dès les premiers jours, envoyés sur les routes pour déblayer. Sur la route de Pont-l'Évêque à Bonnebosq, on nous signale des excavations produites par les eaux, ayant pour cause des puits creusés il y a longtemps pour extraire de la marne ou des moellons, à l'administration des ponts et chaussées de veiller.

Au dire des anciens, il faudrait remonter à cinquante ans pour trouver l'exemple d'une semblable avalanche de neige. Pendant l'hiver 1829-1830, on avait été obligé d'employer des soldats de la garnison de Caen pour tracer des voies sur les routes aboutissant à Caen, les neiges relevées sur les côtés du chemin formaient un talus de 4 à 5 mètres de hauteur. De distance en distance on avait réservé des espaces pour le croisement de deux voitures. C'est le mardi 7 janvier que la neige a commencé à tomber, il y a cent soixante-dix ans, jour pour jour (le 7 janvier 1709), entre 8 et 9 heures du soir, le vent qui était au midi et à la pluie, tourna subitement au nord et à la neige. Le froid fut tellement intense que le pain et l'eau gelaient auprès du feu, les prêtres à l'autel étaient obligés de faire mettre un réchaud plein de feu à côté du calice qui gelait encore, malgré cette précaution.

Le dégel qui s'est produit va amener des inondations, tous nos cours d'eau débordent. Sur les rives de la Loire, la consternation est grande, des villages entiers sont sous l'eau, à Nantes, plusieurs quartiers sont submergés. Les dégâts sont incalculables. L'évêque de Nantes fait un appel à la charité des fidèles en faveur des victimes des inondations. L'une des plus grandes inondations occasionnées en Normandie par les neiges est celle du 2 février 1508. Tous les cours d'eau débordèrent, la Seine s'éleva à trois pieds au-dessus des rives.

 

Janvier 1879   -  Récompenses.  -  A M. Jules Malon, témoignage de satisfaction : sauvetage de deux personnes à Bernières-sur-Mer, le 3 août 1878. 

A M. Jean-Jacques Lamy, matelot, médaille de deuxième classe argent : sauvetage d'une jeune fille à Arromanches, le 12 août 1878 

A M. Gustave Niard, maître d'hôtel à Saint-Aubin, témoignage officiel de satisfaction : sauvetage d'un homme à Langrune, le 28 septembre 1878.  

 

Avril 1879   -  Pêche des moules.  -  L'exploitation des moulières ci-après désignées est autorisée, savoir : Quartier de Caen : Moulières de Gonneville, d'Auberville, de Villers, d'Hermanville, de Lion, de l'Aiguillon, de Tracy, de Port, de Longues, de Huppain, de Ste-Honorine. Sous-quartier de Courseulles : Moulières de Figar, de Lombay, de Creuhot, de Lihan, de la Folie, de la Home, de l'Escorbat, de l'Anguille, de Langrune, de Saint-Martin, de Valet, de Haut-Rocher, des Grouins, de la Vieille-Pouque, de la Roquette, des Essarts, de Bernières, de Maragnan, de Germain, de la Roquette, de la Tunelle: de Saint-Gerbaut, de l'Epecque. 

Les moules pêchées en contravention seront reportées par les délinquants sur les bancs d'où elles proviendront. Il est défendu d'arracher les moules à poignée et de les cueillir avec d'autres instruments qu'un couteau, et de circuler sur les moulières avec des voitures ou des bêtes de somme. Il est défendu de pêcher et d'employer à un usage quelconque, notamment à l'engrais, les moules n'ayant pas la dimension minimum de trois centimètres.  

 

Avril 1879  -  Maison d’école et mobiliers scolaires.  -  Est approuvé l'état de répartition du crédit de 25 000 fr. inscrit au budget pour secours aux communes en vue des dépenses d'acquisition, de construction, de réparation des maisons d'école et d'achat ou renouvellement des mobiliers scolaires, conformément aux propositions contenues dans le rapport de M. le Préfet.  Secours sur les fonds départementaux à la commune de Langrune, pour Construction d'école.  800 fr.  Avril 1879  -  Répartition de secours pour les bâtiments communaux.  -  Le Conseil répartit entre les communes inscrites ci-après une somme de 13 130 fr. à prélever sur le crédit de- 15 000 fr. porté au budget de 1879 sous le titre : Subvention pour acquisitions, travaux et réparations d'églises, mairies et autres édifices communaux. Langrune, construction d'un local pour la pompe à incendie 250 fr.

 

Avril 1879  -  Répartition de secours pour les bâtiments communaux.  -  Le Conseil répartit entre les communes inscrites ci-après une somme de 13 130 fr. à prélever sur le crédit de- 15 000 fr. porté au budget de 1879 sous le titre : Subvention pour acquisitions, travaux et réparations d'églises, mairies et autres édifices communaux. Langrune, construction d'un local pour la pompe à incendie 250 fr.  

 

Juillet 1879   -  La saison.  -  Quel temps épouvantable ! L'utile et l'agréable en souffrent. Impossible de botteler et de rentrer les foins. 

Sur le littoral, les baigneurs, assez nombreux, maugréent en grelottant sous leurs pardessus d'hiver. Nous voici en plein juillet, les jours décroissent de 31 minutes le matin et de 26 minutes le soir, et nous n'avons pas eu un beau jour. Les uns espèrent un changement avec le dernier quartier, les autres prétendent que nous en avons jusqu'au 18, veille de la nouvelle lune. Quoi qu'il en soit, sauf les grandes maisons, tout est loué pour le mois d'août, mais, sur nos côtes, un bon mois sur trois, ce n'est pas assez.

 

Juillet 1879   -  Les pluies d’aujourd’hui et les pluies d’autrefois.  -  Dimanche dernier, on a lu dans toutes les églises une circulaire de Mgr  l'évêque de Bayeux ordonnant des prières publiques pour la cessation de la pluie. Il faut remonter à plus d'un siècle et demi, à 1725, pour trouver une année aussi pluvieuse que 1879. 

En 1725, la pluie ne cessa de tomber trois mois durant, on fit également des prières publiques et on promena dans Paris la châsse de sainte Geneviève. La pluie cessa deux jours après. Nous, sommes moins heureux en 1879, car depuis que les prières publiques sont commencées, la pluie tombe de plus belle, sans aucun égard pour les circulaires et les prières épiscopales.

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Le département du Calvados, d'une population de 450 220 habitants, compte 764 communes possédant 1 019 écoles primaires, publiques ou libres, et 25 salles d'asile. 5 écoles enfantine sont été créées en 1878. La rentrée prochaine en verra sans doute ouvrir de nouvelles.

Écoles primaires : 598 communes possèdent au moins une école publique ; 152, sont réunies légalement pour l'entretien d'une école publique ; 6 ont une école libre tenant lieu d'école publique ; 6 ont une école spéciale libre tenant lieu d'école spéciale publique ; 2 sont dépourvues d'écoles.

Ces 2 communes sont : Le Manoir (205 hab.), et Vienne (214 hab.).

Des projets de construction sont à l'étude. Si l'on jette un coup d’œil à ce rapport, on voit que 15 communes réunies présentent un effectif de 5 à 700 habitants et que leurs classes reçoivent de 50 à 80 élèves des deux sexes. Le dédoublement de l'école mixte serait nécessaire.

88 communes du département, tout en ayant une population quelquefois inférieure à 500 habitants, ont été soucieuses des intérêts de leurs enfants pour établir 2 écoles spéciales, dans 66 chefs lieux scolaires.

Sur 1 019 écoles primaires, 901 sont publiques et 118 sont libres.

Si on les considère au point de vue de leur nature on a : Écoles publiques. 314 spéciales aux garçons ; 287 spéciales aux filles ; 300 mixtes Écoles libres ; 12 spéciales aux garçons ; 96 spéciales aux filles ; 10 mixtes.

130 écoles mixtes sont confiées à des instituteurs et 180 à des institutrices.

On peut encore classer ces écoles en : 697 écoles laïques publiques ; 40 écoles laïques libres ; 204 écoles congréganistes publiques ; 78 écoles congréganistes libres.

 

Août 1879  -  Année scolaire 1878-1879.  -  Cours d’adultes  - 431 cours d'adultes, 332 pour les hommes et 99 pour les femmes, ont reçu 4 576 élèves, ou 3 635 jeunes gens et 941 Jeunes filles. Les résultats obtenus ont été assez bons.

Certificats d’études primaires.  -  390 écoles ont présenté 1 049 élèves ; 801 certificats ont été délivrés.

MM. les Inspecteurs primaires classent ainsi les 1 019, écoles publiques et libres du département : 595 bonnes ; 280 assez bonnes ; 114 passables ; 30 médiocres.

Sur 6 132 élèves qui ont quitté l'école, 2 p. 100 ne savaient ni lire ni écrire ; 3,14 p. 100 savaient lire seulement ;

8,20 p. 100 savaient lire et écrire ; 30,67 p. 100 savaient lire, écrire et compter ; 57,15 p. 100 connaissaient l'orthographe et des matières facultatives.  

 

Août 1879  -  Le matériel ferroviaire.  -  Le matériel du chemin de fer de Caen à la mer n'a subi, depuis l'année précédente, aucune modification dans son effectif.

Il se compose de : 4 Machines-tender de 25 tonnes environ à 6 roues accouplées, fournies par la Compagnie de Fives-Lille.

7 fourgons à bagages, avec vigie et frein à vis. 2 voitures de 1er  classe à 24 places ; 2 voitures mixtes, 1er et classe, à 31 places ; 3 wagons couverts ; 5 wagons hauts bords ; 2 plate-formes.

Les wagons des deux Compagnies sont convenablement aménagés et suffisent aux besoins du service.

La charge parfois considérable des trains sur la ligne de Courseulles a nécessité l'emploi de machines notablement plus puissantes que les précédentes. Grâce au diamètre des roues (1m 40), ces machines peuvent très bien marcher à des vitesses normales de 35 à 40 kilomètres et même à des vitesses plus considérables en cas de retard. L'écartement des essieux extrêmes atteint 3m 50, aussi a-t-on été obligé pour pouvoir passer facilement dans des courbes de 350 mètres, de donner à l'essieu d'avant un jeu latéral au moyen de l'appareil à ressort, dit de Caillet.

 

Août 1879  -  Chemin n° 55 de Courseulles à Ouistreham (Longueur, 12 k. 152 m).  -  La chaussée, améliorée entre Luc et le Haut-Lion, est aujourd'hui partout dans un état assez satisfaisant.

Trottoirs et caniveaux pavés.  -  Les parties de trottoirs construites par les propriétaires dans les traverses de Langrune et du Petit-Enfer, à Luc, sont convenablement entretenues.

Accotements, fossés, etc.  -  En assez bon état. Des trottoirs non bordés existent entre Langrune et la gare de Luc.

Ouvrages d'art.  -  En bon état. La digue de Langrune, fortement battue par les lames qui l'ont déchaussée tout en emportant une partie du chemin lors des tempêtes du mois d'octobre dernier, a bien résisté aux coups de mer.

Plantations.  -  Les jeunes ormes plantés entre la gare et le carrefour du moulin de Luc viennent bien.

Travaux neufs et de restauration.  -  Les travaux de prolongement de la digue de Langrune et de réparation du chemin, en partie détruit par la mer à la suite de cette digue, sont poussés activement.

Projets.  -  Rectification de tracé sur Saint-Aubin.  -  Grosses réparations à la chaussée et gazonnement des talus entre Saint-Aubin et Langrune.

Élargissements à Langrune, Luc et Lion-sur-Mer.

Construction de trottoirs et de caniveaux pavés dans les traverses de Langrune, Luc et Lion-sur-Mer.

Construction d'un mur de soutènement le long de la mare du Point-du-Jour, à la sortie du village du Vieux-Luc.

Une subvention départementale de 1 095 fr., applicable aux travaux de construction d'une digue de défense contre la mer, à la limite du territoire des communes de Langrune et de Luc, est demandée sur l'exercice 1880.

 

Janvier 1880  -  Du danger d’aller à la pêche.  -  Il y a deux mois environ, le sieur Jules-Clément Lanne, âgé de 38 ans, père de famille à Langrune, s'en fut vers la fin de i'après midi pour pêcher des coquillages, surpris par la mer, il disparut dans un trou sans que personne pût, par suite de la nuit, aller lui porter secours. Son cadavre n'a été retrouvé que cette  semaine.

 

Janvier 1880  -  Échenillage.  -  C'est dans 18 courant de février, que tout propriétaire, fermier ou locataire est tenu d'écheniller les arbres, haies ou buissons, sur les propriétés qu'il exploite où qu'il occupe.

 

Mai 1880  -  La grande marée de la semaine dernière.  -  La grande marée du 26 avril a pris des proportions effrayantes : le vent du nord soufflait sur elle avec une violence peu  ordinaire. Sur certains points du littoral, les digues ont été endommagées. Le vent était si violent, qu'il fallait des efforts inouïs pour se maintenir debout sur la plage. Un bateau de pêche a été brisé à Port-en-Bessin, un autre l'a été à Arromanches, mais il n'y a que des pertes matérielles à déplorer, et nos braves marins ont pu rentrer sains et saufs au port.

 

Juillet 1880  -  Bains de mer.  -  L'affluence des baigneurs est grande sur nos côtes. A Saint-Aubin, presque tout est loué pour juillet.

Dans cette localité, les baigneurs et leurs cuisinières sont dans la jubilation, car c'est toujours Jamet qui tient la pierre à poisson.

Entre Langrune et Saint-Aubin, M. Niard a établi un grand parc pour conserver les huîtres et le poisson.

 

Août 1880  -  Les bains de mer.  -  Le soir, lorsque la mer est calme, on voit, à peu de distance de la grève, jouer de jeunes marsouins. Lundi, à mer basse un petit phoque a été pris par un baigneur, il est mort dans la nuit.  

 

Novembre 1880  -  Vols odieux.  -  Un genre de vol des plus odieux se pratique dans le Calvados, notamment à cette époque de l'année, c'est la dévastation des cimetières, où se conservent les souvenirs

Les vols ont lieu continuellement, il n'y a pas de semaine où une famille n'ait à déplorer l'enlèvement de quelque objet précieux, de quelque souvenir doublement cher confié à la tombe, à la foi publique ! Récemment encore, c'était une balustrade en zinc repoussé qui a été arrachée d'une fosse et emportée.

 

Novembre 1880  -  La tempête.  -  La tempête qui a régné plusieurs jours ici, s'est étendue sur la Manche et sur l'Océan. On craint qu'il n'y ait de nombreux sinistres maritimes. 

 

Décembre 1880  -  Tirage au sort.  -  Les opérations du tirage au sort des conscrits de la classe 1880 commenceront le 24 janvier.

 

Décembre 1880  -  Recensement de la population.  -  Le recensement quinquennal de la population commencera le 15 janvier prochain.

 

Janvier 1881  -  Les prières publiques.  -  Dimanche les prières publiques ordonnées par la constitution à l'occasion de la rentrée des chambres ont eu lieu dans toutes les communes du Calvados, sauf dans deux ou trois que nous pourrions citer, où les curés, par pure insouciance, et non par esprit politique, ont oublié de les annoncer.

 

Février 1881  -  Les archives dans une marmite.  -  Dans une petite commune du littoral, un délégué de l'autorité supérieure se présente chez le maire et lui demande communication de certains papiers administratifs. Le maire se rend au fond de sa cuisine, découvre une énorme marmite, en retire les documents demandés et les offre magistralement à l'agent ébahi, en lui disant : « N'vo z'épatez pas ! chest por que les souris n’les mangent point, que j’les mets dans c'te marmite qu'est en potin... »  

 

Avril 1881  -  Attention.  -  La population de notre département continue à décroître. D'après le tableau du mouvement de la population en 1879, qui vient d’être publié, il y a eu, dans le Calvados, 8 987 naissances et 10 234 décès. L'excédant des décès sur les naissances a donc été de 1 247. C'est le contraire qui  devrait se produire.  

 

 Juin 1881  -  Sinistres maritimes.  -  Plusieurs sinistres sont signalés sur nos côtes de Normandie. Pendant deux jours, les vents ont soufflé de l'ouest avec une grande violence, beaucoup de pêcheurs, surpris au large par des grains d'orage, ont fait des avaries, quelques-uns n'ont pu regagner leur port et se sont trouvés en perdition.

 

 Juin 1881  -  Travailleurs militaires.  -  Les travailleurs militaires seront mis cette année à la disposition des cultivateurs à l'époque des récoltes. Comme les années précédentes, ces travailleurs, appartenant à toutes les armes, seront détachés, pendant quinze jours de leur corps où ils devront être rentrés pour le temps des grandes manœuvres. Des permissions de quinze à trente jours seront accordées par les commandants de corps d'armée à un certain nombre de militaires sous leurs ordres, pour prendre part aux travaux agricoles dans leurs familles, lorsque celles-ci rempliront les conditions. Les cultivateurs qui ont été déjà signalés ou qui le seront cette année, comme ayant traité peu convenablement les militaires travaillant chez eux, seront à l'avenir privés de ce concours.

 

Juin 1881  -  Instruction et service militaire.  -  La Chambre des députés vient de repousser le projet de loi qui avait pour but de réduire à 3 ans la durée du service militaire. La loi établissant l'enseignement primaire gratuit dans toutes les écoles publiques vient d'être promulguée et sera mise en vigueur à la rentrée prochaine. 

 

Juin 1881  -  Comptez avant de crier.  -  En ce moment, trente ou quarante communes du département ont à reconstruire leurs maisons d'école. Dans quelques unes, les contribuables murmurent fort contre les conseils municipaux qui ont voté cette reconstruction. Ils oublient que c'est là, une dépense obligatoire. Si le conseil la refuse, le préfet passe outre, impose la commune d'office et celle-ci a à payer la totalité des vingt ou vingt-cinq mille francs que coûte la construction. Si au contraire le conseil vote la dépense, l'Etat donne un secours, et au lieu de payer vingt mille francs, les contribuables en sont quittes pour sept ou huit mille. Murmurer quand on ne paie que le tiers de la dépense au lieu de tout payer, ce n'est pas faire preuve d'esprit d'à-propos.

 

Juin 1881  -  La comète.  -  Une comète est en ce moment visible. Les superstitieux voient à tort dans l'apparition de cet astre un présage de calamité publique. Les comètes sont un monde en feu, comme l'a été autrefois la terre. La queue de la comète actuelle est de plusieurs millions de lieus. Elle est très éloignée de la terre, et sa marche est vertigineuse.

 

Juillet 1881  -  Bonne mesure.  -   Le ministre de l'instruction publique vient de prendre une mesure depuis longtemps attendue. Par une circulaire, du 30 juillet, il édicte la peine de révocation contre tout professeur ou instituteur qui frapperait un enfant. 

 

Août 1881  -  Petit calcul.  -  Le nombre des étrangers qui viennent passer la belle saison sur nos côtes, a quintuplé depuis l'installation du chemin de fer de Caen à la mer. 

De Courseulles à Lion, la statistique évalue le nombre des baigneurs à 8 000 pendant le mois d'août seulement. A 10 fr. par jour et par personne, savez-vous que ça produit une somme  de deux millions et demi dépensée sur la côte ?... 

Aussi, toutes les communes balnéaires demandent, elle à être dotées de voies ferrées. Patience, cela viendra, et si la chose, n'est pas encore faite, il faut s'en prendre à des lenteurs administratives auxquelles les entrepreneurs sont complètement étrangers.  

 

Août 1881  -  Question.  - Dans la commune de Langrune, rue de l'Église à la Mer, il y a plusieurs maisons frappées d'alignement. Le conseil municipal a acheté au propriétaire de l'une d'elles, la portion de son terrain faisant saillie sur la voie publique, à condition que la maison serait reconstruite à l'alignement. Est-il vrai que d'après les conventions, et en vue de la saison des bains de mer, les travaux devaient être finis pour le 1er juillet ? Et si cela est vrai, pourquoi la municipalité de Langrune a-t-elle, si bien oublié cette affaire que les travaux de démolition ne sont même pas encore commencés ?  

 

Novembre 1881  -  L’hiver.  -  D'après de récents avis des diverses, agences météorologique les plus dignes de foi, l'hiver de cette année sera l'un des plus rigoureux du siècle, du commencement de décembre à la mi-février, le froid serait très vif, la neige est déjà apparue dans l’Est de la France. Elle est tombée dimanche à Lisieux.

 

Novembre 1881  -  Instruction primaire.  -   Un décret porte que chaque commune va recevoir une subvention extraordinaire destinée à lui rembourser la somme qu'elle doit prélever sur ses revenus ordinaires pour la gratitude de l'instruction.

 

Octobre 1881  -  Les victimes de la mer.  -  Le 14 octobre, une épouvantable tempête engloutissait, en vue de Boulogne, plusieurs bateaux de pêche dont les équipages avaient été en partie recrutés sur nos côtes. Voici les noms des victimes connus jusqu'à ce jour, appartenant au Calvados : Jean Jaillard, 40 ans, laisse sa veuve chargée de quatre petites filles, dont l'aînée n'a que 12 ans, il soutenait également sa mère qui, bien que travaillant encore, ne pourrait cependant gagner assez pour vivre. Gustave Aubey, 30 ans, soutien de sa mère.  Alphonse Levillain, 55 ans, laisse un fils de 18 ans qui gagner sa vie, mais il était le soutien de trois sœurs infirmes qui vont, par cette perte, se trouver réduites à la plus complète indigence. Paul Patey, célibataire, 39 ans, l’appui d’une vieille tante qui l’avait élevé comme un fils. Tous les quatre sont de Saint-Aubin-sur-Mer, où un service mortuaire, à été célébré.

Pierre Aubert, 55 ans, une veuve, huit enfants. Stanislas Marie, 55 ans, veuf, deux enfants.  Eugène Desaunais, 52 ans, une veuve, un enfant. Jules Tessel, 40 ans, une veuve, quatre enfants. Pierre-Louis Marie, 54 ans, une veuve, un enfant. Tous sont de Langrune. Luc compte également des victimes. 

En présence de ces malheurs et des misères qui vont s'ensuivre, nous espérons que M. Mauger, député ; M. le sénateur Bertauld, un habitué de nos côtes ; M. Hettier, conseiller  général ; M. Vérel, conseiller d'arrondissement, vont s'entendre pour obtenir un secours de l'État, et provoquer une souscription que nous eussions ouverte dans nos colonnes, si notre publicité l'eût permis. 

 

Novembre 1881  -  Les victimes de la mer.  -  Nous avons fait connaître les noms des malheureux marins de Saint-Aubin et de Langrune, qui ont péri dans le terrible naufrage de Boulogne. A cette triste liste, il faut ajouter, Jean Leboucher, 42 ans, une veuve, trois enfants ; Ernest Hamelin, 35 ans, une veuve, un enfant, tous les deux de Luc, et Jacques Michel, de Ver, une veuve. 

Au total, onze victimes laissant, trente-neuf orphelins, veuves ou parents sans ressources. Nous n'avons pas encore appris que nos sénateurs, députés, conseillers généraux et d'arrondissement, se soient mis à la tête d'une souscription publique. Les seuls secours reçus à ce jour, sont 25 fr. par orphelin, envoyés du ministère de la marine. On a fait le calcul que depuis vingt ans, la mer avait englouti 240 marins, appartenant aux communes de Courseulles, Bernières, Saint-Aubin, Langrune, Luc et Lion. Dans un seul naufrage, 27 ont disparu sans que la mer ait rendu un cadavre, ni rejeté une épave.

 

Décembre 1881  -  Les naufragés du 14 octobre.  -  Le préfet vient d'instituer une commission chargée de centraliser et répartir les souscriptions pour les familles des naufragés du 14 octobre. Elle est présidée par M. Mauger, député, et se compose des maires de Langrune, Luc, Ver, St-Aubin, du sous-commissaire de l’inscription maritime à Courseulles, du chef du cabinet du préfet et des représentants des trois journaux quotidiens de Caen.  

 

Mai 1882  -  Un sacristain qui pleure, un qui rit .  -  L'autre jour, un nouveau-né était pour être baptisé dans une église du bord de la mer. On demande au curé l'heure à laquelle il faut présenter l'enfant : l'heure est indiquée, mais les parents sont prévenus que le baptême se fera à la sourdine, et que, contrairement aux usages, les cloches seront muettes, l'enfant étant venu trop tôt. 

Que fait le père ? Il s'adresse au curé de Langrune, plus tolérant, qui administre le sacrement à l'enfant, et les cloches sonnent à toute volée. Ce petit être légitime a donc été salué, comme les autres, à son entrée dans le monde. Et voilà pourquoi le sacristain de Langrune riait, en empochant les pièces provenant de la générosité des parents, pendant que son collègue pleurait.

 

Mai 1882  -  La poste.  -  Une recette postale de 4e classe est créée à Langrune (Calvados).  

 

Juillet 1882  -  Les vendeurs du temple.  -  Certaines églises du littoral ont une très mauvaise habitude, c'est de porter quelquefois jusqu'à vingt centimes le prix de leurs chaises pendant la saison des bains. 

Dernièrement, une jeune servante assistait à la messe d'une de ces paroisses, lorsque le custos vint lui réclamer le prix de sa place, elle lui remit un sou. « C est dix centimes! » dit-il, et comme la fillette n'avait pas d'autre monnaie, il s'empara de son parapluie et le porta à la sacristie au vu et au su du curé.

Mais ce n'est pas un prêtre selon l'Évangile que ce curé, c'est un marchand de parapluies, semblable à ces vendeurs que Jésus-Christ a chassé du Temple.  

 

Octobre 1882  -  Apprentis et petits domestiques.  -  Dans notre dernier numéro, nous avons annoncé qu'un certain nombre d'enfants assistés, filles et garçons, ayant, atteint l'âge de treize ans, et sachant lire et écrire, sont à la disposition des personnes qui voudraient les prendre, comme petits domestiques ou apprentis. Il faut s'adresser à la préfecture, service des enfants assistés. Ajoutons que durant l'année dernière, aucune poursuite judiciaire n'a été dirigée contre les 443 enfants assistés, âgés de 14 à 20 ans, placés dans le Calvados. Au 18juillet, 333 de ces enfants avaient déposé 20 040 fr. à la caisse d'épargne.

 

Octobre 1882  -  Statistique.  -  La statistique vient de découvrir que la Calvados est un des départements dans lesquels il y a le plus de vieilles filles, et où les vieillards se trouvent en plus grand nombre.

 

Décembre 1882  -  Les suites de la tempête. -  Les ruines faites sur notre littoral par les dernières tempêtes sont incalculables, les communes et les particuliers auront de grands travaux de réparation et d'endiguement à faire. Parmi nos marins la consternation est grande, plusieurs bateaux ont sombré, d'autres ont été drossés à la côte et brisés en menus morceaux.  

 

Janvier 1883  -  Le temps. -  Il est tombé beaucoup de neige dans le Midi. A Paris, un matin, il y en avait de 5 à 7 centimètres de haut, le soir, elle était fondue. Sur nos côtes, le vent a soufflé en tempête avec accompagnement de pluie. Un bateau de pêche de Boulogne, monté par 15 hommes, a échoué sur les rochers. L'équipage a été sauvé.

 

Mars 1883  -  Grands marée. –  L'une des grandes marées aura lieu le 15 mars  —  A marée basse, on pourra voir les ruines des villages engloutis vers l'an 709, devant Granville et Saint-Malo.  

 

Mars 1883  -  Mauvais temps, grande marée. –  La grande marée de cette semaine a occasionné des dégâts matériels sur nos côtes : entre Lion et Courseulles, des parties de dunes ont été enlevées et les chemins du littoral rendus impraticables.

De l'autre côté de Courseulles, les dégâts sont plus considérables encore : à Asnelles, une maison a été détruite par les vagues, une autre a été endommagée.

Pendant la dernière tempête, le navire allemand le « Hambourg », à destination de Zanzibar, s'est perdu corps et biens sur les bancs pendant la nuit, il y avait 30 hommes abord.

Le navire français « Fernande », allant de Marseille à Cuba, s'est perdu à la hauteur du cap Maysi, huit marins seulement sont sauvés.

La chaloupe de pêche la « Couronne », de Bordeaux, a sombré sur les brisants. L'équipage a péri.

 

Avril 1883  -  Proclamation. –   Cette semaine, le manifeste du prince Napoléon à été placardé sur affiches rouges, dans plusieurs communes du canton de Douvres.  

 

Septembre 1884  -  Ouragans et sinistres.    Mercredi et jeudi. un violent ouragan a causé de grands ravages sur plusieurs points de notre région. A Bayeux, une trombe a abattu des peupliers et enlevé des toitures. Dans les campagnes environnantes, beaucoup de pommiers ont été dépouillés, ce qui est un véritable désastre à cette époque de l'année.

Sur nos côtes, on a eu à signaler plusieurs sinistres. Une barque montée par le patron Veziel, de Ver, et trois hommes d'équipage, a chaviré. Les trois marins ont pu se sauver, mais Veziel a péri.

A Saint-Aubin, deux bateaux de pêche ont échoué. Les services de bateaux à vapeur entre le Havre et Trouville, le Havre et Caen ont dû interrompre leur service. A Trouville, plusieurs barques de pêche ont été jetées à la côte.

Le yacht français « l'Iris », mouillé en rade de Cherbourg, a fait côte et un sloop du Havre a sombré en mer.

 

Septembre 1884  -  Une famille de bourreaux.    La semaine dernière, on pouvait voir, entre Luc et Langrune, une famille composée du papa, de la maman, de cinq ou six mioches et d'une bonne, former le carré sur le sable, à mer basse, et repousser du pied, pour l'empêcher de passer, un pauvre oiseau appelé petite de mer, auquel on avait, par précaution. brisé  une aile.

Vous dire si les enfants riaient, si le papa avait l'air content et la mère heureuse da ce jeu aussi niais que barbare, non, on n'a pas idée de cela.

 

Novembre 1884  -  Sauvetage.  -  Jeudi, les petites filles de l'école de Langrune jouaient au bord de la mer. Une d'elles, âgée de 10 ans, prise d'un étourdissement, fut emportée par une vague !... 

Elle se débattait depuis cinq minutes et allait infailliblement périr, quand un brave marin, la sieur Émile Cauvin, qui sortait de table, est entré dans la mer jusqu'aux épaules et a retiré l'enfant à demi asphyxiée. Des soins énergiques ont ranimé la pauvre petite, qui est en ce moment hors de danger. Le sieur Émile Cauvin est digne de tous éloges, car il est vieux, infirme, et très souffrant depuis un mois.

82   LANGRUNE                                   Le Calvaire   
87   LANGRUNE                                           L'intérieur de l'Église

41     LANGRUNE  -  Jeux sur la Plage.  -  LL.

                      46     LANGRUNE-sur-MER  -  Rue de Luc.  -  LL.                                                                 LANGRUNE                                                              Rue de la Mer

140     LANGRUNE                                                                          Hôtel du Petit Paradis

   78    LANGRUNE  -  L'Église.  -  LL. 
79        LANGRUNE                                                                                                Un Coin du Vieux Langrune
38    LANGRUNE  -  Le Monument aux Morts, par Jacquard.  -  LL.     

LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  Pension de famille "BEAU RIVAGE"

58    LANGRUNE                                                                                         Arrivée à La Mer

95   LANGRUNE                                                                          Préventorium Pasteur

24   LANGRUNE  -  Le Préventorium Pasteur

131   LANGRUNE                                                                          Avenue de l'Est

LANGRUNE  -  La Rue de la Mer

LANGRUNE-sur-MER (Calvados)  -  La Mairie

Langrune  -  L'Hôtel Normandy

LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  La Digue

LANGRUNE-sur-MER (Calvados)  -  La Digue et la Gui-Gui

LANGRUNE-sur-MER  -  La Digue

LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  La Plage et la Digue

LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  Ramassage du Varech

LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  La Rue de la Mer

610   LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  La Rue de la Mer

LANGRUNE-sur-MER (Calvados)   -   La Cale
509   LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  Un jour de Grande Marée

LANGRUNE-SUR-MER (Calvados)  -  La Digue

3     LANGRUNE-SUR-MER   -   Les Hôtels.   -   LL.

Haut de page

Commentaires et informations  : Facebook  -  E-mail