ABLON

 Canton de Honfleur

Les habitants de la commune sont des Ablonnais, Ablonnaises


1809  -  Réunion.  -  Ablon s'est agrandie par la réunion avec deux autres communes : Crémanville et Ableville.

 

Août 1854  -  Délimitation du Calvados et de l'Eure.  -  L'enquête ouverte sur le projet de limitation des départements du Calvados et de l'Eure, le rapport de M. le Préfet, considère que des terrains nouveaux se sont formés dans la baie de la Seine, à l'embouchure de la Morelles sur la limite extrême du département du Calvados vers l'est, et le département de l'Eure, des particuliers s'étant disputé la propriété de ces terrains, la première question qui s'est présentée a été de savoir sur quel département sont situés les terrains en litige, qui n'existaient pas lors de la confection du cadastre, puisque la solution de cette question, dans un sens ou dans l'autre, entraîne un changement de juridiction. 

Une enquête ouverte dans les communes limitrophes des départements du Calvados et l'Eure, il résulte que l'on devrait adopter pour ligne séparative l'axe du lit de la rivière la Morelle. 

Mais considérant que le Juge de Paix, le Conseil municipal de Saint-Sauveur, le Conseil d'arrondissement, se fondant sur les perpétuelles variations du lit de la Morelle, proposent de substituer a l'axe de cette rivière une ligne partant de l'angle sud du pont de Fiquefleur et passant sur le phare du Hode.

Considérant que, bien que M. l'Ingénieur ait proposé d'y substituer la méridienne passant par le milieu de la tête d'aval du pont de Fiquefleur, cependant il est évident que la ligne qui passe par le phare du Hode est plus facile à déterminer, plus à la portée du public, qu'elle est invariable, et remplacerait avantageusement une limitation basée sur le cours variable de la Morelle. 

Par ces motifs, est d'avis que la limite entre les départements du Calvados et de l'Eure, entre les communes de Fiquefleur et d'Ablon , soit fixée par une ligne partant de l'angle sud du pont de Fiquefleur et passant par le phare du Hode,

 

Septembre 1866   -   Les loups.   -   Plusieurs dégâts ont été occasionnés, la semaine dernière, par un ou plusieurs loups.

Trente-six moutons, appartenant à trois personnes d'Ablon, canton de Honfleur, ont été tués ou blessés.

Un de ces hôtes malfaisants a été assez hardi pour traverser, vers six heures du matin, une cour entourée de tous les bâtiments nécessaires à l'exploitation, et contenant, à cette heure, une assez grande quantité de bestiaux.

On espère qu'une battue aura lieu la semaine prochaine.  

Juillet 1871   -  Fait divers.   -   Le 5 de ce mois, vers 4 heures du matin, un incendie accidentel a consumé un bâtiment à usage de grange, écurie, etc…., appartenant au sieur Pierre Lebidois, propriétaire en la commune d' Ablon. La perte est de 2,200 fr.  

 

Avril 1877   -  Sucre et foin.  -  Le prix élevé du sucre fait qu'on essaie d'en extraire un peu de tout. Un chimiste vient de découvrir un procédé pour faire du sucre avec du foin, cela n'a rien d'impossible, car chacun sait que le sucre existe en quantité plus ou moins grande dans tous les végétaux.

 

Avril 1877   -  Un éboulement.  -  Le nommé Viel, domicilié à Saint-Sauveur, était occupé mercredi à extraire de la pierre dans une carrière, située commune d'Ablon. Dans le cours de son travail un bloc assez considérable s'est détaché et est venu lui broyer une des jambes. Ce malheureux, bientôt retiré de sa fâcheuse position, a été transporté à l’hospice d’Honfleur, où il a subi dans la journée du lendemain l'amputation de la jambe. Ce malheur est d'autant plus regrettable que Viel est marié et père de 4 enfants.

 

Avril 1877   -  Un bras mutilé.  -  Un garde de moulin de M. Boissière, meunier à Ablon, le sieur Alfred Carré, âgé de 22 ans, a été victime, d'un terrible décident. Afin de placer une cuirasse sur une des roues du moulin, il était monté imprudemment sur une échelle à la gauche de cette roue, lorsque, par suite d'un faux mouvement, la manche de sa blouse s'est engagée sous la courroie. Le bras gauche a été bientôt entraîné et horriblement broyé et mutilé jusqu'au coude. Les médecins, mandés près du blessé ont jugé l'amputation nécessaire. Elle a été opérée. L'état du malheureux est assez satisfaisant.

 

Août 1877   -  Fabrique de dynamite.  -  M. Hos, de Paris, autorise par décret, fait établir au plateau d'Ablon (canton de Honfleur), une fabrique de dynamite et une fabrique d'acide nitrique pour la fabrication de la nitro-glycérine.  

 

Février 1879   -  Bien exigeant, M. le curé.  -  La semaine dernière, on a célébré à Ablon, canton d'Honfleur, le mariage de Mlle de Brèvedent avec M. de Blavous. Comme témoignage d'estime et de reconnaissance, les habitants avaient orné le chemin de la mairie à l'église d'arbres verts. Cette plantation porta ombrage au pasteur, qui exigea que les arbres placés le long des murs du cimetière fussent enlevés, sous peine de refus de consacrer l’union.

 

Mars 1879   -  Un homme à la mer.  -  Vendredi, les marins pécheurs ont retiré de la Basse-Seine, en face d'Ablon, le cadavre du sieur Pierre-Eugène Topsent, âgé de 27 ans, marin à bord de la goélette la « Risle », capitaine Leroy fils. Ce marin était tombé à la Seine le 18 courant en voulant descendre de la goélette dans une embarcation de ce navire. Cette goélette était chargée de planches et se rendait de Honfleur à Pont-Audemer.  

 

Décembre 1879  -  La catastrophe.  -  Lundi, vers deux heures après-midi, la ville d'Honfleur a été mise en émoi par un bruit pareil à la décharge d'une batterie d'artillerie. Tout le monde se demandait d'où pouvait provenir cette explosion, quand une heure plus tard plusieurs personnes vinrent vite chercher tous les médecins disponible. Voici ce qui s'était passé. La commune d'Ablon, près de Honfleur, possède depuis plusieurs années déjà, une fabriqué de dynamite. Lundi, vers deux heures du soir, deux ouvriers se trouvaient dans le bâtiment servant d'atelier de nitrification, où ils étaient occupés à décanter la nitroglycérine. En se livrant à leur travail, ils s'aperçurent que les acides se décomposaient et qu'une explosion pouvait se produire, ils avertirent M. Maury, directeur, qui revint avec eux dans le bâtiment en question pour essayer d'arrêter la décomposition, mais ils durent se retirer sans avoir réussi, et essayer d'échapper à l'accident qu'ils ne pouvaient empêcher. A peine étaient-ils à quelques mètres du bâtiment qu'une détonation terrible s'est fait entendre, le bâtiment a volée en éclats, une poutre est tombée sur la tête du directeur, qui a été tué sur le coup. Il y a eu deux morts et cinq blessés. Trois bâtiments séparés de celui dans lequel l'explosion a eu lieu ont été en partis détruits. Les tuiles de la couverture de divers autres bâtiments ont été en partie brisées, ainsi que les vitres.

Les pertes matérielles peuvent être évaluées à environ 40 000 fr. Un grand nombre de maisons des communes d’Ablon et de la Rivière-Saint-Sauveur, qui sont situées à deux kilomètres de l'endroit, ont eu, par suite de la commotion, les carreaux de leurs fenêtres brisés. M. l'Ingénieur des mines en résidence à Caen, s'est transporté à Ablon pour faire une enquête, et l’administration a prescrit les mesures nécessaires pour venir en aide aux ouvriers blessés.

 

Octobre 1883  -  Découverte de vases sacrés.    En labourant dans un champ sur le bord du chemin d'intérêt commun d'Ablon à Genneville, on a découvert au pied d'un pommier les débris des objets volés à l'église de Genneville dans la nuit du 16 mai dernier.  

Mai 1884  -  Explosion.    Mardi matin, vers six heures, et demie, une explosion de dynamite a eu lieu, à la poudrerie d'Ablon, près Honfleur, dans une casemate de cet établissement affectée à la confection des cartouches. Le bâtiment a été pulvérisé. Cinq personnes, trois hommes et deux femmes, qui étaient à ce moment occupées dans la casemate, ont été littéralement mises en pièces, et leurs cadavres, hachés et horriblement mutilés, ont été projetés dans toutes les directions autour du lieu de la catastrophe. L'un de ces malheureux a été littéralement décapité, sa tête a été jetée à une grande distance. 

Voici les noms des personnes tuées : Mme Legay, âgée de 43 ans, mariée, à St-Sauveur ; Mme Garroche, âgée de, 23 ans, mariée, à Saint-Sauveur ; Narcisse Lavenel, 40 ans, à Ablon ; Emile Héroult, 20 ans, à Ablon ; et Louis Brionne, âgé de 19 ans, à Honfleur, tous les trois célibataires. La fabrique de dynamite d'Ablon occupe en moyenne quarante à cinquante ouvriers, femmes et hommes. La détonation a été effrayante et la commotion telle que les vitres des maisons avoisinant le lieu de l'accident ont volé en éclats. Le bruit de l'explosion a été entendu jusque dans Honfleur. La confusion était tellement grande à cause de l'émotion causée par la mort des malheureux ouvriers et. ouvrières, que tout d'abord on n'a pas pu connaître au juste la cause de l'accident. On l'attribue toutefois à l'état orageux de la température.  

 

Novembre 1884  -  Suicide.  -  La semaine dernière, à Ablon, le nomme Delaverge, ouvrier de la fabrique de dynamite, s'est donné la mort en se tirant deux coups de pistolet dans la bouche. Delaverge avait été accusé, au mois de mars dernier, d'avoir incendié sa propre maison. Arrêté, il fut mis en liberté aussitôt, mais depuis il avait des idées noires. Sa femme a été arrêtée comme complice de l'incendie !  

 

Novembre 1884  -  Écrasé par une pierre.  -  Mardi, un plancher du moulin exploité, à Ablon, par M. Legrand s'est effondré sous l'effort fait par celui-ci en soulevant une meule. Précipité dans la pièce au-dessous, le malheureux meunier s'est trouvé pris sous l'écrasant disque de pierre. M. Legrand est mort le lendemain.  

 

Février 1887  -  Victime du travail.  -  A la fabrique de dynamite de Paulliles, une explosion s'est produits dans le petit bâtiment servant à la purification des résidus acides dans lequel était occupé un nommé Alexandre Briscard, 31 ans, né à Honfleur, qui a été tué sur le coup. Il laisse une veuve et deux enfants qui habitent Ablon. On ignore, d'une façon exacte, la cause de ce  malheureux accident. Briscard était seul dans le bâtiment au moment de l'explosion, et il sera bien difficile d'établir les responsabilités. 

Briscard a été longtemps employé à la fabrique de dynamite d'Ablon. Précédemment, il travaillait à Honfleur, chez M. Lemelle-Housset. Il y a cinq mois seulement qu'il fut envoyé à l'usine de Paulliles, et, il y a quelques jours, il annonçait son prochain retour à sa famille, il devait partir le lendemain du jour où il a été tué.  

 

Mars 1888  -  Coup mal placés.  -  Dimanche, le sieur Yves Ollivier, journalier à Ablon,: revenait sur la route de Honfleur, lorsqu'il fut attaqué, par la femme Lefrançois et un nommé Viel, son amant. Ollivier a été laissé sur place, les coups qu'il a reçus étaient destinés au mari de la femme Lefrançois, qui, l'année dernière, a fait condamner les deux complices pour adultère.  

 

Décembre 1888  -  Bonne nouvelle.  -  Un arrêté ministériel vient de réduire de 28 à 25 jours, pour l'année 1889, la durée de la période d'instruction « pour toutes les catégories de réservistes appelés, y compris les ajournés des années précédentes. »

 

Décembre 1888  -  Mauvaise nouvelle.  -  La poudrerie d'Ablon, près Honfleur, va fermer. De nombreux ouvriers se trouveront ainsi sans travail.  

 

Mars 1891  -  Vol et aplomb.  -  Un vol audacieux a été commis au préjudice du sieur Charles Houssaye, cultivateur à Ablon. Les malfaiteurs se sont introduits dans une cave et ont rempli deux petits fûts d'eau-de-vie de cidre, enlevé 30 kilos de lard et chargé le tout sur une petite voiture qui était sous un hangar près de la cave. Cette voiture a été retrouvée abandonnée à la Rivière-St-Sauveur, sur le bord du quai, mais un équipage pour âne qu'elle contenait avait suivi le chemin des fûts et du lard. Le voleur est un nommé Désir Bouchard, 30 ans, journalier à La Rivière-St-Sauveur, chez lequel on a retrouvé les objets volés. Bouchard a été arrêté, bien qu'il prétende que les objets volés lui aient été confiés par un de ses amis qui se trouve en mauvaises affaires.  

 

Mai 1891  -  La dynamite.  -  La fabrication de la dynamite, à l'usine d'Ablon, près de Honfleur, qui avait eu un certain ralentissement pendant ces derniers mois, va reprendre avec un nouvel essor, par suite d'importantes commandes qui sont parvenues à la Société.  

 

Février 1893  -  Un incendiaire de 12 ans.  -  Mercredi, un commencement d'incendie se déclarait à Ablon, dans l’étable exploitée par le sieur Jules Boutigny, manœuvre, et située près de sa maison d'habitation. Le feu, qui avait été mis à de la paille qui se trouvait dans ce bâtiment, a été promptement éteint. 

L'enquête a fait découvrir que plusieurs enfants étaient entrés dans l'étable. L'un d'eux, Émile Lebas, gamin de 12 ans, avait allumé une allumette et mis le feu à la paille. 

Interrogé, il a avoué, disant qu'il ne saurait indiquer dans quel but il voulait mettre le feu et ajoutant qu'il avait, mais en vain, cherché ensuite à l'éteindre lui-même. (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Récoltes dans le Calvados.  -  Blé d'hiver, bon ; seigle, bon ; avoine de printemps, assez bonne ; orge de printemps, passable ; foin, peu abondant par suite de la sécheresse, pommes, récolte moyenne sur certains points, presque nulle sur d'autre.  (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Accidents de vélocipèdes.  -  Dernièrement, M. Benoist, ingénieur à l'Usine de dynamite d'Ablon, descendait la côte de Genneville, monté sur une bicyclette, lorsqu'un choc le culbuta sur la route. On a dû reporter chez lui l'infortuné bicycliste, blessé assez sérieusement à la jambe. 

Un accident semblable est arrivé, dimanche soir, à M. Pegoix fils comme il rentrait à Caen. Son vélocipède ayant buté contre des cailloux, notre compatriote a été brusquement précipité à terre. Il s'est fracturé une jambe, et, par malheur, était seul, il a dû attendre pendant près de deux heures un passant charitable qui est enfin venu à son secours. 

Mme Paysant, 69 ans, rentière à St-Désir de Lisieux, a été renversée et assez sérieusement contusionnée par un vélocipède, monté par un sieur Henri Bled, ajusteur à Lisieux. (Source B.N.)

 

Août 1893  -  La catastrophe d’Ablon.  -  Les obsèques des victimes de la catastrophe d'Ablon ont eu lieu jeudi. Le deuil était conduit par les administrateurs de la société générale de dynamite. Dans le cortège, on remarquait les autorités civiles de l'arrondissement, les maires de Honfleur, Ablon, la Rivière-St-Sauveur et de plusieurs autres communes. Sept des victimes ont été inhumées à Ablon, la huitième, Verbeck, a été enterrée à la Rivière-St-Sauveur. Les blessés, soignés à l'hospice de Honfleur, sont en bonne voie de guérison. 

La plupart des cadavres ont été reconnus aux vêtements, car les membres étaient en lambeaux. On ignore la cause de l'explosion. On cite un fait curieux qui montre à quel point la panique des habitants d'Ablon et de Saint-Sauveur (commune voisine d'Ablon) fut énorme. La population presque tout entière s'était réfugiée sur la digue qui borde l'estuaire de la Seine et, pendant que se produisaient les explosions, à des intervalles, assez éloignés, quelques personnes affolées voulaient se jeter à l'eau ! Pertes : 200 000 fr. environ. 

Des souscriptions sont ouvertes pour les familles des victimes et le gouvernement a promis des secours. Par suite de l'explosion, les abords de l'usine d'Ablon et les bruyères, sur une certaine étendue, sont jonchés de débris de bois et de plomb que, malgré la surveillance la plus active, des enfants et des femmes viennent ramasser. Ces débris sont plus ou moins imprégnés de nitroglycérine, il serait très dangereux de les approcher du feu. Toute personne en possession de quelques-unes de ces matières devra donc les enfouir immédiatement si elle ne veut pas causer, par son imprudence, des accidents très graves.  (Source B.N.)  

 

Octobre 1893  -  Récompenses honorifiques.  -  Médailles à MM. Jules Herson, Pascal Madeline, Arsène Delomosne, employés à l'usine d'Ablon, Louis Lintz, Henri Boussard, Hyacinthe Canu et Jules Leclerc, de la compagnie de pompiers de Honfleur, pour avoir fait preuve du plus courageux dévouement en portant secours aux victimes de l'explosion de dynamite à Ablon, près Honfleur. 

— Mention honorable à M. Mariette, caporal des pompiers de Pont-l’Evêque, pour belle conduite dans un incendie. 

 — Médaille de bronze à M. Lecouturier, percepteur à St-Laurent-de-Condel, pour s'être distingué par sa propagande en faveur de la caisse nationale de retraite pour la vieillesse.

 — Médaille d'or à l'exposition d'Auxerre (Économie sociale, hygiène et assistance publiques), décernée au docteur E.  Barthés, inspecteur départemental du Service des enfants assistés du Calvados. (Source B.N.)  

 

Novembre 1893  -  Récompenses.  -  Médailles à M Huguet, commis principal des contributions indirectes à Ablon, pour avoir exposé sa vie lors de l'explosion de la fabrique de dynamite, et à M. Pierre Moisy, maçon, pour sauvetage d'un enfant à Trouville.

— Mention honorable à M. Alexandre Borichez, brigadier de gendarmerie à Evrecy, pour avoir exposé ses jours en tentant le sauvetage d'une femme dans un incendie. 

— Témoignages officiels de satisfaction, à MM. François Mouillard, préposé des douanes, et Georges Kohn, banquier, pour sauvetage d'un homme a Beuzeval. (Source B.N.)

 

Novembre 1899  - Terrible explosion de dynamite. -  Lundi, vers 2 heures de l'après-midi, une terrible explosion s'est produite à la fabrique de dynamite, située à Ablon, près Honfleur, dans la cartoucherie n° 2.On a malheureusement a déplorer la mort de 5 ouvriers, 1 homme et 4 femmes. La cause de l'explosion est encore inconnue, 12 kilos de dynamite ont sauté, 12 autres  sont restés intacts.  

 

Novembre 1899  - Terrible explosion de dynamite. -  Lundi, vers 2 heures de l'après-midi, une terrible explosion s'est produite à la fabrique de dynamite, située à Ablon, près Honfleur, dans la cartoucherie n° 2.

On a malheureusement a déplorer la mort de 5 ouvriers, 1 homme et 4 femmes. La cause de l'explosion est encore inconnue, 12 kilos de dynamite ont sauté, 12 autres sont restés intacts.  

 

Mai 1912  -  Incendiaire arrêté  -  L'incendie de jeudi soir a détruit une maison habitée par les époux Goujon. Les dégâts sont estimés à 1000 francs pour le locataire et 2000 francs pour le propriétaire, M. Paul Brieux. La malveillance parait être la cause de l'incendie, et le locataire Eléonore Goujon ayant disparu, a été recherché. Il a été arrêté samedi matin à Beuzeville. Il a  avoué être l'auteur du sinistre.

 

Janvier 1914  -  Le feu.  -  Par suite d'une combustion au moment d'un mélange d'acides, un incendie s'est déclaré dans un atelier de fabrication brute occupant un des bâtiments de l'usine de dynamite d'Ablon. Ce bâtiment, qui avait déjà été incendié par la foudre, venait à peine d'être reconstruit et son personnel de huit femmes, qui chômait depuis novembre, allait reprendre le travail.

 

Mai 1916  -  Le coup du chiffonnier.  -  Les époux Delamare, cultivateurs à Ablon, partis au marché de Honfleur, avaient laissé saule à la maison leur fille Henriette, une pauvre idiote. En leur absence, un nommé Charles Guérin, 23 ans, de la Rivière St-Sauveur, exerçant actuellement, après beaucoup d'autres, la profession de chiffonnier, entra dans la maison et tenta de violer la pauvre fille. Guérin nie énergiquement. L'enquête continue.  

 

Juin 1917  -  Le temps qu’il fait.  -  Pendant deux nuits consécutives, les éclairs, le tonnerre et la pluie ont fait rage. Ces grands bals d'eau ne valent pas une bonne petite pluie régulière, mais la végétation s'en trouve bien quand même. Souhaitons, cependant, que leur violence n'ait pas causé la chute prématurée des fleurs dont les arbres à fruits sont couverts. 

 

Juin 1917  -  Un désespéré.  -  Un journalier d'Ablon, près Honfleur, Elle Ameline, 55 ans, s'est pendu dans son grenier. On attribue se suicide à l'abus de l'alcool.

 

Mai 1919  -  Le feu.  -  Un violent incendie a détruit dans la nuit de samedi à dimanche, quatre immeubles dans le bourg d'Ablon, près de Honneur, malgré les secours apportés par les pompiers de la Rivière-Saint-Sauveur et de l'usine de dynamite. Les  dégâts sont très importants.

 

Février 1920  -  Collision.  -  La voiture de M. Wolf C, directeur de l'usine de dynamite d'Ablon, descendait la route d'Ablon à Honfleur, lorsqu'au carrefour de la route de Honfleur à Pont-Andennes, elle entra en collision avec l'auto de M. Victor Bricout, commerçant à Pantin. Il n'y eut pas, heureusement d'accident de personnes. Le cheval a été blessé et les voitures ont été sérieusement endommagées.

Mai 1923  -  Démission et élection.  -  M. Paul Drieu a donné sa démission d'adjoint et de conseiller municipal d'Ablon. Les électeurs de cette commune sont convoqués pour le dimanche 3 juin à l'effet de compléter le Conseil municipal.

 

Septembre 1923  -  Un triste personnage.  -  La petite Marie Lemaitre, demeurant à Ablon, quartier du Noyer, allait faire une commission, chez Mme Baslay, lorsque chemin de la Batterie, elle fut accostée par un ouvrier d'usine de la Rivière Saint-Sauveur, Jules Quétier, 36 ans, à Ablon, demeurant à Manneville-la-Raoult, qui, sous le prétexte de lui montrer sa route, l'entraîna, dans le « Bois Bayeux ». Là, cet individu se jeta sur elle, la renversa, la serra à la gorge et essaya d'abuser d'elle. Aux cris de l'enfant, Mme Porée, garde-barrière, et une autre personne accoururent. L'agresseur prit la fuite. Les gendarmes sont allés le cueillir à son domicile, il dormait profondément, et l'ont écroué, dimanche, à la prison de Pont-1'Evéque. 

 

Février 1926  -  Quatre bâtiments sont détruits par une explosion de dynamite.  -  Le chef de la fabrication de l'usine de dynamite d'Ablon ouvrait une caisse avec un de ses ouvriers, dans un petit bâtiment se trouvent les matières explosives destinées à la fabrication des cartouches, lorsque, soudain, des flammes en jaillirent.

M. Gardiez posa la caisse à terre et fit sortir à la hâte les hommes et les femmes qui travaillaient dans ce bâtiment. Quelques instants plus tard, celui-ci  flambait en entier. Trois casemates isolées, situées à 15, 30 et 45 mètres sautèrent en une seule explosion. projetant des débris de tous côtés. Grâce à la présence d'esprit de M. Gardiez, personne ne fut atteint, à part quelques éclats de verre.

Quatre bâtiments sont complètement en ruine. Des tuiles et des carreaux ont été arrachés et brisés. Sur certains autres bâtiments, les dégâts matériels sont importants.

 

Septembre 1926  -  L’explosion d’Ablon.  -  Nous annoncions hier la terrible explosion qui s'est produite samedi après-midi à l'usine de dynamite d'Ablon. Ainsi que nous l'avons dit, trois femmes ont été tuées.

Ce sont Mmes Fauveau Emma, née le 6 septembre 1874. Prendont Angèle, née le 22 février 1890, toutes les deux habitant Ablon, et Audou Françoise, née le 29 juin 1897, de la Rivière-Saint-Sauveur.

Il n'y a que quelques blessés atteints très légèrement. La cartoucherie est complètement détruite. Le parquet, prévenu, s'est rendu sur les lieux.

Octobre 1926  -  Y a-t-il sabotage ?  -  Plusieurs ouvrières employées l'usine de dynamite d'Ablon ont trouvé des clous en cuivre et en fer dans la pâte de dynamite quelles manipulaient. Elles firent prévenir leur directeur, car la présence de ces clous dans la dynamite était de nature à provoquer des catastrophes.

Au cours de l'enquête, on a trouvé des clous dans les poches de quelques ouvriers. On se demande si l'on est en présence d'actes de sabotage ou de faits de négligence.

 

Janvier 1927  -  Affaires de famille.  -  Ayant bu plus que de raison, un journalier d'Ablon, canton de Honfleur, nommé Jean Moulin, a maltraité, en rentrant chez lui, sa femme, sa fille aînée et légèrement blessé un petit bébé de 20 mois. Effrayées de voir l'ivrogne saisir son fusil, les deux femmes sautèrent par une fenêtre. À leur retour, le lendemain matin, la brute était en train de frapper un enfant né du premier mariage de sa femme. Après quoi, il recommenca à maltraiter son épouse. Plainte a été portée contre Moulin déjà condamné, pour faits analogues, à 1 mois de prison.

 

Octobre 1927  -  Deux terribles explosions, un mort, six blessés.  -  A Ablon, canton de Honfleur, une explosion s'est produite samedi après-midi dans le laboratoire de l'usine de la Société  générale pour la fabrication de la dynamite, dont le siège social est à Paris, boulevard Haussmann. Après diverses expériences, M. Eusch, directeur, venait de quitter le laboratoire, y laissant  M. Quesnay, 60 ans, contremaître, M. Deshouille, aide-chimiste, et la femme de ce dernier, lorsqu'une violente détonation a eu lieu.

M. Quesnay a été tué sur le coup et les époux Deshouille grièvement blessés. Bien que les causes de la catastrophe ne soient pas exactement déterminées, toute idée de malveillance doit être écartée. On se souvient qu'il y a juste un an, une semblable explosion pulvérisait un bâtiment de cette même fabrique, tuant trois ouvrières.  

 

Septembre 1928   -   Terrible explosion à Ablon, 8 morts.   -   Chaque année, à pareille époque, la dynamiterie d'Ablon, près de Honfleur, qui occupe 200 ouvriers, est le théâtre de tragiques explosions. Le 25 septembre 1926, un bâtiment été pulvérisé et trois ouvrières déchiquetées ; le 1er octobre 1927, au cours d'expérience sur la dynamite gélatinée, un laboratoire sautait, un contremaître était tué et deux ouvriers grièvement blessés. Cette année, le malheur est plus affreux encore !

Vendredi dernier, vers 11 h. 25, comme les employés allaient quitter l'usine, un atelier de filtrage et de pétrissage de poudre sautait, provoquant aussitôt plusieurs autres explosions dont l'effroyable bruit était perçu au loin, et jusqu'à Caen. Des murs s'effondraient, des vitres volaient en éclats, cinq ouvriers étaient projetés en l'air avec des débris de toutes sortes, tandis que  d'autres étaient pris sous les décombres.

La panique calmée, des secours s'organisaient sans tarder sous les ordres du docteur Debevre, maire d'Ablon, de l'abbé Hardy, de M. Ench, directeur de la poudrerie. Bientôt l'arrivaient les  pompiers de la Rivière-Saint-Sauveur, qui, après avoir noyé le  foyer d'incendie allumé par la catastrophe, commençaient le déblaiement des décombres, tandis que les médecins de la région s'empressaient auprès des quatorze blessés qui étaient ensuite évacués sur l'hôpital de Honfleur. L'un d'eux M. Armand Bourgeau, devait Gaquerel et deux maçons, Ernest Leroux et Albert Vailly, qui, au moment de l'explosion travaillaient dans un couloir voisin.

Après de longues heures de recherche, un premier cadavre affreusement mutilé était dégagé, celui du contremaître, M. Théophile Demailly, 38 ans, marié et père d'un enfant.

Toute la nuit on travailla pour retirer des dès décombres les  corps des autres ouvriers disparus : MM. Jules Quettier, 43 ans, père de  huit enfants ; Alphonse Graindorge, pere de six enfants ; Jean Grantin, 37 ans ; Robert Boissonnet, 23 ans ; Adolphe Haye  et Désiré Haudelin, 23 ans.

Dés la nouvelle de la catastrophe, M. Bussière, sous-préfet de Lisieux, venait apporter aux familles si douloureusement éprouvées, les condoléances du gouvernement, tandis que le Parquet  continuait l'enquête commencée par  la gendarmerie. Si les circonstances de la catastrophe ne sont pas exactement déterminée et ne le seront peut-être jamais, il est à présent établi que toute idée de malveillance doit être écartée. De son côté M. Ench, directeur de l'usine, a confirmé les méticuleuses précautions prises dans les ateliers et sa confiance dans le personnel d'élite qu’il emploie : « mais, a-t-il ajouté, nous sommes à la merci d'un rien ».

Les obsèques  solennelles des malheureuses victimes ont été célébrées mardi matin au milieu de l'émotion générale. La poudrière d'Ablon, tout près de laquelle,  vendredi s'était déroulée l'atroce scène, avait été transformée en chapelle ardente où reposaient les huit cercueils recouverts d'une profusion de couronnes et de fleurs.  

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

Octobre 1940   -   Au feu !   -   Vers 17 heures, le 16 octobre une auto militaire venait informer les pompiers de Honfleur que le feu avait pris dans un bâtiment agricole de 45 m. de long, de la ferme de M. Lazard, faisant partie du domaine Saint-Nicol, à Ablon.

Le bâtiment en flammes, rempli de fourrages et de graines de trèfle, présentait un élément facilement combustible. Le lendemain soir, les restes des fourrages brûlaient encore au milieu des ferrailles tordues. Les dégâts atteindraient plusieurs centaines de mille francs. Les causes du sinistre sont inconnues.  

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandànthï du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.  

 

Juin 1945  -  Un suicide à Ablon.  -  Malade depuis longtemps, Mme Léon Sénécal, d’Ablon, avait à plusieurs reprises, tenté de mettre fin à ses jours. Dernièrement, trompant la surveillance dont elle était l’objet, elle s’est enfermée dans sa chambre et s’est pendue au verrou de la porte de celle-ci à l’aide de l’élastique de son corset.  (Source B.L.)

 

Mars 1988  -  Terrible explosion.  -  Ablon fut le siège de la dynamiterie Nobel de 1879 à 1989. Elle cessa son activité après une forte explosion qui tua cinq personnes, dont le directeur de l'usine, et en blessa huit autres le 3 mars 1988. Des vitrines furent brisées jusqu'à Honfleur, située pourtant à plus d'un kilomètre de là.

SCENES DE LA VIE NORMANDE

Tondeurs de moutons

Commentaires et informations :  Facebook  -  E-mail