AIGNERVILLE

Canton de Trevières

Les habitants de la commune sont des Aignervillais, Aignervillaises


Mars 1867   -   Le printemps en avance.   -   La végétation est tellement avancé dans notre contrée que les abricotiers sont en fleurs. D'ici huit jours au plus, les poiriers et les guiguiers vont épanouir leurs boutons nombreux cette année. Si la fin de l'hiver et le commencement du printemps sont favorables, il y aura une récolte abondante.

L'herbe pousse...... Les gros bœufs reparaissent...... Les dindes s'en vont avec les gras jours.

 

Mars 1867   -   Un délit de chasse.    -   M. Mouillard, Geus dit Adolphe, âgé de 26 ans, journalier, né et demeurant à Aignerville, à 15 jours d'emprisonnement et 100 francs d'amende, pour délit de chasse en temps prohibé.  

 

Juin 1868   -   La sécheresse.    -   Depuis plus de 15 jours, nos cultivateurs demandaient de l'eau, leurs voeux sont exaucés, il a plu. La terre est tellement sèche que cette pluie n'est peut-être pas encore suffisante, mais elle aura toujours rendu de grands services.

L'orage de vendredi et dimanche a été peu violent à Caen, et les nouvelles que nous recevons de divers points du département nous disent qu'il n'y a occasionné que d'insignifiants dégâts. Il n'en a pas été de même dans l'Eure où, outre la pluie, il est tombé de la grêle.

Dans les environs de Bourg-Achard, dit l'arrondissement du Havre, les colzas ont légèrement souffert, ainsi que les blés qui se sont couchés en quelques endroits. Somme toute, la grêle n'a pas occasionné trop de graves avaries. La récolte des pommes de terre continue de donner des plus belles espérances.

La moisson est déjà commencée dans le Midi, et partout elle se présente sous le plus belle aspect.  

 

Avril 1869   -   Le froid.    -   Un habitant d'Aignerville, sieur Jean Baptiste Gouet, âgé de 63 ans, a été trouvé sans vie sur la route qui traverse Surrain.

On attribue cette mort à une congestion pulmonaire causée par le froid.  

 

Décembre 1874   -   Recensement.  -  Les maires vont commencer dans toutes les communes le recensement des chevaux, juments et mulets susceptibles d'être utilisés pour les besoins de l'armée. Cette réquisition n'aura jamais lieu que moyennant le paiement d'une indemnité de 900 à 1 600 fr.

 

Décembre 1874   -   La neige.  -  La neige continue à tomber en grande abondance dans différentes régions de la France. Depuis vingt ans, dit le Courrier des Alpes, il n'était pas tombé autant de neige, il y en a deux mètres de haut sur la route de Bourg-Saint-Maurice. Dans la Lozère, la neige encombre les routes. A Angers, la halle s'est écroulée sous le poids de la neige, huit victimes.

Au delà de Mézidon et vers Rouen, la neige est tombée la semaine dernière avec abondance.

 

Janvier 1875   -   Le froid.  -  L'année débute mal, le verglas du premier janvier 1875 restera légendaire.  A Paris, le nombre des individus entrés dans les hôpitaux pour blessures à la suite de chutes sur le verglas est de 2 000 au moins. Quant aux chevaux tués et aux voitures versées, le chiffre en est inconnu. 

Dans notre région, les conséquences n'ont pas été aussi graves, mais les accidents ont été assez nombreux pour que deux jours durant, nos médecins n'aient été occupés qu'à remettre des jambes brisées et des poignets foulés.

En Normandie, dans la nuit du 29 au 30 décembre le thermomètre est descendu à - 12 degrés. A Orléans, le thermomètre est descendu à - 15 degrés. A Pontarlier, - 20 degrés. 

En France, à St-Goussaud (Creuse), le sieur Bergeron, âgé de 32 ans, facteur rural, s'est perdu dans les neiges et a péri de froid. 

La ville de Paris vient d'acheter un fond-neige d'un modèle assez curieux. C'est un cylindre roulant, ayant un foyer central qui dégage assez de calorique pour fondre la neige qu'il écrase et pour sécher le sol.

 

Janvier 1875   -   Une femme brûlée.  -  Vendredi, vers 6 heures et demie du soir, la nommée Marie Disselle, âgée de 86 ans, sans profession, à Aignerville, canton de Trévières, a été trouvée inanimée dans sa maison. Cette malheureuse était tombée par terre, sur le côté gauche, ayant un pot à feu sous elle, plein de braise allumée. Tout ce coté du corps était complètement carbonisé, une grande partie des vêtements qui la couvraient étaient brûlés.

Il résulte des renseignements obtenus prés des voisins que cette femme a été vue dans la journée bien portante, ayant son pot à feu sur les genoux, ce qui fait croire que se feu a pris à ses vêtements, soit en déposant son pot par terre, soit en soufflant son feu, pour l'animer. Étant seule chez elle, la malheureuse femme Disselle n'aurait pu éteindre le feu ni  appeler à son secours.

 

Décembre 1890  -  Mauvaise mère.  -  Procès-verbal a été dressé, contre une journalière d'Aignerville pour mauvais traitements sur sa fille âgée de cinq ans.  

 

Avril 1891  -  Un voleur de vaches pincé.  -  Mardi matin, au marché d'animaux gras de Bayeux, un individu offrait en vente une vache. Sa contenance embarrassée éveilla la défiance et bientôt le bruit circula sur le marché que l'animal avait été volé. Il parvint aux oreilles de l'agent Marie, qui, s'approchant de l'inconnu, lui demanda le lieu de sa résidence. Celui-ci dit habiter Aignerville, mais il ne put dire le nom du maire de cette localité. Pressé de questions, il finit par déclarer qu'il avait été chargé par M. Cordier, d'Aignerville, de vendre la vache qu'il présentait. 

Or, à l'instant même, l'agent Marie apercevait M. Cordier sur le marché, et celui-ci, mis en présence de l'individu, déclara ne l'avoir jamais vu. La vache fut mise en fourrière. Au même instant, la gendarmerie de Bayeux recevait de Grandcamp un télégramme l'informant que, la nuit précédente, une vache appartenant à M. Jouanne avait été volée dans un herbage. Le voleur, au nom de M. Jouanne, se troubla et avoua être l'auteur du vol. C'est un nommé Benoît Saigne, 63 ans. Il était resté pendant 18 mois au service de M. Jouanne et ne l'avait quitté que le 27 février dernier. Son maître n'avait pas eu à lui reprocher d'indélicatesse pendant la durée de son service. Il s'en est fallu bien peu que Saigne n'échappât à la police. Il demandait 350 fr. de l'animal volé, et, pendant une demi-heure, il en a débattu la vente avec un acheteur qui après lui en avoir donné 310 fr. est allé jusqu'à 340. Saigne n'a pas voulu céder.  

 

Octobre 1891  -  Les voleurs de vaches.  -  La semaine dernière, on a volé dans un herbage de Rubercy une vache, de 500 francs, appartenant à la veuve Louis Fauvel, de Saonnet. 

— Le tribunal de Bayeux vient de condamner à un an de prison le nommé Jules Marie, journalier à Aignerville, pour vol d'une vache et d'un veau au préjudice de la dame Anaïs Marie, cultivatrice en cette commune. Interpellé par le président qui lui dit : « Vous avez non seulement volé la vache, mais encore le veau. » Jules Marie a répondu : « J'ai tout fait pour l'empêcher de venir avec moi. C'est la faute du veau, qui n'a pas voulu s'en aller. » (Source B-N)  

 

Mai 1893  -  La sécheresse.  -  Dimanche, dans toutes les églises du diocèse, on a donné lecture d’une lettre de l’évêque de Bayeux, prescrivant des prière pour obtenir la Cessation de la sécheresse. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  Mandats-Poste.  -  Sous peu, le paiement des mandats-poste pourra être fait à domicile par les facteurs. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  Le déchet.  -  minimum 100 grammes de plus que son poids réel, autrement le commissaire du poids public fait diminuer 1/3 kilog., il est donc urgent que les expéditeurs de beurre mettent à chaque motte 150 grammes en plus, car, par les tempes de chaleur, il est certain que le déchet de route est bien plus fort que lorsqu'il fait froid. (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Incendiaire  -  Le parquet de Bayeux s'est transporté à Aignerville avec un nommé Huet, accusé d'avoir mis le feu plusieurs fois dans cette commune. Huet a avoué une partie des faits. (Source B.N.)

 

Août 1893  -  Incendie.  -  Alphonse Huet, 25 ans, journalier à Aignerville, a mis le feu, la nuit, à des meules de grain appartenant à M. Quintaine, chez lequel il travaillait, quelques mois plus tard, il brûlait une voiture appartenant également à M. Quintaine. Ces crimes n'auraient pas été découverts si Huet n'était venu jeter des pierres contre un des bâtiments appartenant à son maître. 

Arrêté, Huet a reconnu tous les faits qui lui étaient reprochés, disant qu’il les avait commis « parce que son maître ne le payait pas assez cher. » 

Cette bizarre explication, son attitude singulière à l'audience permettent de mettre en doute la responsabilité de Huet, aussi, sur les conclusions de Me  Dubourg, la cour a ordonné le renvoi de l'affaire à la prochaine session pour permettre d'examiner l'état mental de l'accusé. (Source B.N.)

 

Novembre 1893  -  Incendiaire.  -  Depuis six ans, le sieur Quintaine, cultivateur à Aignerville, était victime de nombreux actes de malveillance exercés contre ses propriétés, incendies où tentatives d'incendie de ses bâtiments, mutilation d'arbres fruitiers, etc…… L'auteur, demeuré longtemps inconnu, n'était autre que le nommé Alphonse Huet, 25 ans, qui travaillait chez le sieur Quintaine. Le défenseur, Me Dubourg, a soutenu que son client n'avait pas sa raison, trois médecins l'ont déclaré responsable. 

Le jury l'a cependant acquitté. Il est vrai que, depuis que Huet est sous les verrous, d'autres incendies ont été allumés dans le pays. (Source B.N.)  

 

Décembre 1893  -  Chronique judiciaire.  -  Alphonse Huet, 25 ans, le même qui a été acquitté par la cour d'assises pour incendies chez le sieur Quintaine, son maître, cultivateur à Aiguerville, 2 mois de prison pour avoir mutilé huit pommiers chez ledit sieur Quintaine. 

— Pierre Tondit, 33 ans, journalier, 6 jours, coups à la fille Alexandrine Houel, domestique à Maisons. (Source B.N.)  

 

Février 1894  -  Haine de vieillard.  -  Le nommé Michel Prempain, 80 ans, propriétaire à Aignerville, en veut au sieur Pierre Quintaine de cette commune. Dans la nuit du 4 au 5 septembre dernier, il essayait de mettre le feu à la ferme de Quintaine en lançant une bombe contre une porte. Il y eut une forte explosion, mais rien de plus. Les soupçons se portèrent immédiatement sur Prempain. Il fallait une preuve, il la fournit lui-même en proposant, cinq francs au sieur Lemagnan, journalier, pour placer une nouvelle bombe destinée à incendier la ferme. Lemagnan avertit le garde champêtre, qui dressa procès-verbal et refusa les 50 francs que Prempain lui offrait pour mettre « l'affaire sous pied ». Le tribunal de Bayeux vient de condamner Prempain à 4 mois de prison. (Source B.N.)

 

Avril 1917  -  La chasse aux registres.  -   La mobilisation a désorganisé le personnel des mairies, dans nos campagnes, et il se trouve pas mal de communes où les registres de l'état-civil ne sont pas absolument à jour. Mais nous en connaissons une, celle d'Aignerville, qui, depuis six semaines, est privée de ses registres de 1916, de sorte qu'il est impossible d'y obtenir aucune copie des actes dressés au cours de cette année-là. C'est le juge de paix du canton de Trévières, qui, sous prétexte de vérification, impose ainsi cette gêne aux habitants de la commune. En vain le  brave homme de maire a réclamé, protesté, envoyé au greffe de Trévières et chez le juge de paix, qui habite le presbytère de Louvières, cela n'a servi à rien. Et tous les ans, c’est la même chose, les registres se baladent pendant des semaines! Quand une veuve de guerre ou des orphelins réclament un acte pour toucher une pension, une allocation, le maire d'Aignerville est obligé de le leur refuser et nous avons là, sous les yeux, une de ces lettres de refus forcé. Elle se termine par cette phrase : « J'ignore à quel moment notre mairie rentrera en possession de ses registres. » Est-ce qu'on ne pourrait pas faire avaler au juge de paix obstructionniste un petit moteur à essence, pour le faire aller plus vite.  

 

Avril 1917  -  Enfin !  -  Nous avons dit comment, par l'incurie d'un juge de paix, la mairie d'Aignerville s'était trouvée, pendant plusieurs semaines, privée de ses registres de l'état civil 1916. A la suite de notre article, des interventions se sont produites, sans doute, car les registres ont été rendus. Ils n'ont guère été que 48 jours absents ! Ils doivent être bien vérifiés ! Une note jointe prévient le maire que, conformément à l'article 43 du Code civil, il n'était tenu à fournir au greffe du tribunal, pour vérification, qu'un double des régistres, l'autre devant demeurer à la mairie. Pourquoi donc, depuis plusieurs années, le juge de paix en question réclamait-il du maire d'Aignerville les deux registres ensemble ? Pourquoi même, dans d'autres communes voisines, n'en réclamait-il pas du tout ? Il y a là des mystères presque aussi palpitants à éclaircir que ceux de New-York.

Châteaux du Calvados         1. Aignerville  -  Façade Nord

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