ANCTOVILLE 

Canton de Caumont-l'Éventé

Les habitants de la commune sont des Anctovillais, Anctovillaises


Juin 1868   -   La foudre.    -   Vendredi dernier, à Anctoville, un incendie occasionné par la foudre, a consumé un corps de bâtiment à usage d'habitation, couvert en chaume, une grange, une cave et divers objets mobiliers, le tout appartenant à la dame veuve Roger, née Gamard, plus trois tonneaux de cidre, du foin vieux et nouveau, du blé et de l'avoine, au préjudice du sieur Jean Mongonbert.

La compagnie de sapeurs-pompiers de Villers, qui s'était immédiatement rendue sur le lieu du sinistre, n'a pu arrêter l'incendie, l'eau manquant complètement.

 

Décembre 1868   -   Un accident.   -   Vendredi dernier, à Anctoville, vers sept heures du matin, la nommée Elizabeth Richet, femme Tirard, âgée de 81 ans, est tombée accidentellement dans une mare située à peu de distance de son domicile, et dans laquelle il y avait 1 mètre 50 cent. d'eau. Vendredi dernier, à Anctoville, vers sept heures du matin, la nommée Elizabeth Richet, femme Tirard, âgée de 81 ans, est tombée accidentellement dans une mare située à peu de distance de son domicile, et dans laquelle il y avait 1 mètre 50 cent. d'eau.

Retirée presque aussitôt et transportée à son domicile, elle est morte quelques instants après.  

 

Juin 1874   -   Nécrologie.  -  La comtesse d'Escario, fille de M. Reyer, médecin de l'ex-empereur, est décédée dernièrement à Anctoville. Les pauvres font une grande perte, car cette femme de bien distribuait autour d'elle pour plus de 100 fr. de pain chaque mois.

A Briquebec, à Livry et à Amayé-sur-Seulles où elle possédait des terres, les malheureux et les affligés la regrettent.  

 

Janvier 1875   -   Le froid.  -  L'année débute mal, le verglas du premier janvier 1875 restera légendaire.  A Paris, le nombre des individus entrés dans les hôpitaux pour blessures à la suite de chutes sur le verglas est de 2 000 au moins. Quant aux chevaux tués et aux voitures versées, le chiffre en est inconnu.

Dans notre région, les conséquences n'ont pas été aussi graves, mais les accidents ont été assez nombreux pour que deux jours durant, nos médecins n'aient été occupés qu'à remettre des jambes brisées et des poignets foulés.

En Normandie, dans la nuit du 29 au 30 décembre le thermomètre est descendu à - 12 degrés. A Orléans, le thermomètre est descendu à - 15 degrés. A Pontarlier, - 20 degrés.

En France, à St-Goussaud (Creuse), le sieur Bergeron, âgé de 32 ans, facteur rural, s'est perdu dans les neiges et a péri de froid.

La ville de Paris vient d'acheter un fond-neige d'un modèle assez curieux. C'est un cylindre roulant, ayant un foyer central qui dégage assez de calorique pour fondre la neige qu'il écrase et pour sécher le sol.

 

Janvier 1875   -   Éclipses.  -  Si, en 1875, il n'y a pas d'éclipse de lune, le soleil, en revanche, sera éclipsé deux fois : le 6 avril et le 29 septembre. La deuxième seule sera visible, en partie, à Paris.

 

Janvier 1875   -   Condamnation.  -  Marie Plaisance, 76 ans, propriétaire à Anctoville, 50 fr. d'amende, pour avoir négligé de présenter un cheval devant la commission chargée de l'examen et de classement de ces animaux.  

 

Octobre 1876   -  Nos maires.  -  L'élection du maire de la commune d'Anctoville a été annulée par le conseil de préfecture, attendu que le conseil municipal n'était pas au complet lors de l'élection, par suite du décès du sieur Madelaine, conseiller municipal. 

L'élu du 8 octobre sera assurément réélu, et par suite reprendra le titre de père et de maire de ses administrés, auquel il a droit. 

On nous signale dans le canton de Tilly-sur-Seulles un fonctionnaire municipal qui ferait « son beurre avec de la braise... ». Ce jeu de mots cache évidemment un mystère que nous allons essayer d'approfondir.  

 

Février 1876   -  La mort d’un fou.  -  Un nommé Toussaint Laval, âgé de 30 ans, domestique chez M. Cailly, cultivateur à Anctoville, a été trouvé noyé dans un puits en construction, situé dans un herbage, à deux kilomètres de l'habitation de son maître. Depuis quelques jours, cet homme ne jouissait pas de la plénitude de ses facultés et donnait des signes d'un dérangement de cerveau.  

 

Février 1877   -  La tempête.  -  Des observations atmosphériques, faites ces jours derniers à New-York, annonçaient qu'une violente tempête, régnant aux Etats-Unis, se dirigeait vers l'Europe et qu'elle se ferait probablement sentir du 19 au 20 février sur les côtes de France et d'Angleterre. 

Cette prédiction s'est accomplie. Le vent a fait rage sur nos côtes, il a éclairé et tonné. Nos populations côtières sont dans l'inquiétude, l'état de la mer justifie leurs craintes. L'ouragan n'a fort heureusement occasionné, jusqu'ici, aucun dégât important dans la campagne, mais il n'en a pas été de même en mer. 

— De tous les points de la France, des crues sont signalées. Presque partout les cours d'eau débordent, sur plusieurs lignes, et notamment vers l'Est, les voies ferrées ont été submergées et la circulation arrêtée.  

 

Juin 1878   -  Contestation de testament.  -  La marquise d'Escayrac de Lauture, fille du célèbre docteur Rayer, qui habitait le château d'Anctoville (Calvados), avait fait, à la date de l867, un testament par lequel elle léguait à la ville de Caen, 200 000 fr. et la bibliothèque du docteur Rayer, et les fonds nécessaires pour fonder à Anctoville un orphelinat pour les jeunes filles indigentes des cinq départements de la Normandie, afin d'honorer et de perpétuer dans la Normandie, d'où il était originaire, la mémoire du docteur Rayer. Mais la cour de Paris vient de déclarer les héritiers mal fondés, en conséquence, la ville de Caen aura la bibliothèque du docteur Rayer, et la Normandie un orphelinat de plus fondé avec les millions de M. Rayer.  

 

Septembre 1878   -  Les odeurs d’Anctoville.  -  A Anctoville, pour se conformer à l'arrêté du Préfet du Calvados, on tue les chiens errants, l'administration municipale fournit le fusil, et la charge aussi. Très-bien !... Mais la bête tuée, en la jette à l'eau, elle empoisonne la rivière et l'air qui l'environne. C'est mal !... Et voici pourquoi, dans cette commune, canton de Villers-Bocage, l’administration n'est pas en bonne odeur.  

 

Décembre 1879  -  C’est trop traîner.  -  En 1874, Mme la marquise d'Escayrac de Lauture légua toute sa fortune, 80 000 fr. de rente, pour la construction d'un orphelinat dans la commune d'Anctoville, près Villers-Bocage. Nous sommes bientôt en 1880, et il n'est pas encore question d'établir cet orphelinat qui rendrait de si grands services dans les circonstances actuelles. Quelles sont donc les causes de ce retard ? Est-ce qu'au bout de six ans les difficultés, s'il y en a, ne devraient pas être levées ?  

 

Janvier 1880  -  Incendie d’une machine à battre.  -  Mardi de la semaine derrière, vers deux heures du matin, un incendie a éclaté à Anctoville et a détruit complètement une machine à battre avec sa locomobile à vapeur et un hangar sous lequel elle se trouvait. Tout porte à croire que cet incendie est dû à la malveillance. Le sieur Almeric Martin, auquel appartiennent les objets brûlés, a été grièvement blessé en voulant sauver quelques outils qui se trouvaient sur la batteuse. La perte peut être évaluée à 8 000 fr. 

 

Janvier 1880  -  L’hiver et la récolte.  -  On parle d'une reprise sérieuse du froid. Puissent les météorologistes se tromper, car cette reprise ferait grand mal aux récoltes. Les blés ont supporté assez bien le temps rigoureux que nous avons eu pendant six semaines, mais il est impossible, jusqu'à présent de prévoir ce qu'ils deviendront s'il survient encore des froids tardifs comme nous en avons depuis plusieurs années et qui sont l'obstacle, le plus sérieux à la bonne réussite de la culture. On assure que, dans beaucoup d'endroits, la plupart des provisions de tubercules et de racines conservées pour semences sont perdues, les pommes de terre sont presque partout gelées. Dans les bois, les dégâts sont immenses, les essences que l’on considère comme les plus robustes ont fortement souffert, beaucoup de vieux arbres ont leurs troncs fendus et sont parterre. 

Dans les environs de Paris, où il existe un grand nombre de pépinières d'arbustes à feuilles persistantes, tout est perdu, et les malheureux pépiniéristes auront absolument rien à vendre pendant deux ans.

 

Décembre 1880  -  Anctoville place de guerre.  -  On se rappelle que Mme la marquise d'Escayrac de Lauture avait légué tous ses biens à la commune d'Anctoville. Ce testament avait été attaqué par les héritiers. La Cour de cassation, jugeant en dernier ressort, vient de rejeter leur demande. 

Voilà donc la commune d'Anctoville en possession, d'un legs qui s'élève à plus de 2 millions. Qu'en fera-t-elle ? On assure que n'ayant, heureusement pour ses finances, ni Facultés à agrandir, ni théâtre à restaurer, elle va faire bâtir une caserne pour recueillir la garnison que Caen est sur le point de perdre.  

Avril 1881  -  Tolérance et intolérance.  -  La semaine dernière, le nommé Magloire dit La Grève, âgé de 59 ans, demeurant depuis longtemps à Anctoville, s'est pendu dans le grenier d'une maison inhabitée. Ce suicide est attribué à un affaiblissement des facultés mentales. Mais il paraît que le curé d'Anctoville l'a attribué à une autre cause, car il a refusé d'enterrer le sieur Magloire, qui a dû être inhumé civilement par les soins du maire. Beaucoup de prêtres, dans des circonstances récentes, se sont montrés plus tolérant. 

 

Février 1882  -  Un peu de compassion.  -  Mme d'Escayrac de Lauture, née Rayer, a laissé des sommes considérables pour construire, à Anctoville, canton de Villers-Bocage, un asile pour les malheureux. Tout est en règle, 200 000 fr. sont là qui attendent qu'on veuille bien commencer la construction, et l'on ne fait rien. Pourquoi ? 

D'un autre côté, il y a au château, vingt-deux chambres préparées afin d'y recevoir des orphelines. Il y a 300 000 fr, disponibles pour faire face aux dépenses, et les chambres sont vides. On attend, dit-on, une sanction ministérielle demandée depuis près de six mois.  Pourquoi ce retard ? 

Il nous semble que l'autorité supérieure ferait bien de jeter un regard de ce côté, presser la construction, presser le ministère, en un mot arriver à ce que des malheureux ne souffrent pas de froid et de faim à côté de milliers de francs légués pour leur venir en aide.  

 

Mars 1882  -  Six mois pour signer.  -  L'orphelinat fondé par Mme d'Escayrac de Lauture, à Anctoville, est prêt à ouvrir ses portes aux orphelines des cinq départements de la Normandie. Mais il lui faut les tenir fermées en attendant que le ministre de l'intérieur mette son visa au bas d'un règlement. Cette formalité n'est pas bien longue à remplir, dira-t on. Erreur, il y a six mois qu'on attend la signature ministérielle.  

 

Mai 1882  -  Les âmes en peine.  -  La fabrique d'Anctoville est-elle têtue ?... On dit qu'elle ne veut rendre compte qu'à Dieu des 140 fr. de rente qu'elle reçoit chaque année pour faire dire des messes pour le repos de M. Rayer, ainsi que des rentes constituées dans le même but pour M. Roque, Mmes Chedrue, Hébert et Roger.

Hélas ! si ces saintes âmes sont, en attendant, à se morfondre à la porte du paradis, comme elles doivent maudire les fabriciens d'Anctoville et les formalités de la terre.  

Juin 1882  -  Comptes et apparences.  -  Le Conseil de fabrique de l'église d'Anctoville, dont nous avons parlé dans notre dernier numéro, s'obstinant à ne pas vouloir rendre de comptes, le ministre des cultes vient, avec l'adhésion de l'évêque de Bayeux, d'en prononcer la dissolution. Les conseillers, ainsi révoqués et le trésorier, sont déclarés responsables de leur gestion dont ils auront à rendre compte au nouveau conseil. Tout cela est bien sévère en apparence, mais dans ce nouveau conseil, il y aura trois membres nommés par l'évêque sur la proposition du curé, et deux par le préfet sur celle du maire. C'est donc le curé qui choisira, la majorité des conseillers chargés d'examiner la gestion de la fabrique, c'est-à-dire la sienne. En somme, le voilà mis en demeure de présenter ses comptes. Et dire qu'il a fallu que le préfet, l'évêque et le ministre s'en mêlent pour en arriver là.

 

Mars 1883  -  Enfin !  Le conseil d'État vient enfin d'approuver, en la modifiant sur quelques points, le règlement de l'orphelinat déjeunes filles, établi à Anctoville, en vertu du testament de Mme d'Escayrac de Lauture. Cet établissement va donc pouvoir être ouvert aux orphelines de Normandie, que les formalités administratives et la paperasserie des bureaux ont fait attendre trop longtemps.  

 

Novembre 1883  -  L’orphelinat d’Anctoville.    Les travaux d'installation de l'orphelinat  Rayer, établi à Anctoville, pour les orphelines des cinq départements de Normandie, en vertu du testament de Mme  d'Escayrac de Lauture, vont être mis très prochainement en adjudication. La commission administrative de cet établissement à décidé que l'orphelinat aurait le caractère d’une ferme modèle, dans laquelle les orphelines serait principalement occupées aux travaux de l'industrie laitière. Pourvues d'une instruction, suffisante, exercées aux travaux de la culture herbagère, elles concourront, soit comme, servantes, soit comme épouses à la prospérité de cette industriel si importante dans notre région.

 

Juillet 1885  -  Échos du 14 juillet.  -  Quelques incidents ont signalé la fête du 14 Juillet dans plusieurs localités de notre département.

Le curé d'une commune du canton de Ryes, peu respectueux du règlement fait par l’évêque et le préfet, a refusé de laisser sonner les cloches.

A Littry, on n'a vu le maire nulle part, et, sans le concours spontané de la musique, la fête eût été des plus tristes. Il y avait bien un mât de cocagne pour l'égayer, mais, quand il a été dressé, on s'est aperçu qu'on avait oublié d'y mettre les prix. Aucune des autorités n'a poussé le patriotisme jusqu'à grimper les y pendre.

Dans une commune de l'arrondissement de Caen, on a beaucoup remarqué que le maire, décoré il y a quelques mois, a oublié de mettre un drapeau pour remercier la République d'avoir pavoisé sa boutonnière.

Une compagnie de pompiers du pays d’Auge a montré plus de zèle. Le 14 Juillet, elle a fait des exercices de tir. La cible était large, mais personne n'a mis dedans, et pourtant aucun des tireurs n'y était encore.

Lors du défilé des écoles, à la fête enfantine, le maire de Caen, qui, comme on le sait, est passionné pour l'économie sociale, a fait remarquer à ses voisins qu'il y avait beaucoup de filles et bien moins de garçons. « Il y a là, a t-il ajouté, un danger contre lequel les bons citoyens doivent garantir la République. » Eh bien M. le maire, garantissez, vous et vos amis, garantissez...

A Anctoville, le drapeau a été placé au cimetière. Quel nez ont dû faire les trépassés réacs !  

 

Février 1887  -  Vengeance.  -  A Anctoville, il y a deux ans, on avait mutilé vingt jeunes pommiers sur la propriété du sieur Xavier Mongoubert, dans la nuit du 4 au 5 février, cinq pommiers de dix ans ont été de nouveau abîmés. On est, dit-on, sur la trace du coupable qui aurait agi par vengeance.  

 

Mai 1887  -  Un maire à décoré.  -  A Anctoville, lors de la procession des Rogations, on a beaucoup remarqué que le sonneur de clochettes qui marchait en tète, en faisant beau tapage, était le maire d'une commune voisine. Sachant que cette procession est faite pour les biens de la terre, il avait, assuré-t-on, voulu, y jouer un rôle, dans l'espoir que ce dévouement sacré lui rapportera la décoration du Mérite agricole. 

 

Juin 1890  -  Fraude sur le beurre.  -  Adrien Vitard, 40 ans, né à Anctoville, et Eugène Hommet, 30 ans, né à Balleroy, tous, les deux marchands de beurres à Croisilles, près Harcourt, avaient été signalés comme préparant du beurre mélangé d'une forte partie de margarine qu'ils expédiaient au dehors. 70 paniers ont été saisis, tous contenaient du beurre mélangé. Vitard a été condamné à 1 mois de prison et 1 000 fr. d'amende et Hommet, son complice, à 200 fr. d'amende, de plus, le jugement sera affiché et publié dans plusieurs journaux. (Source B.N.)

 

Mai 1892  -  Mort accidentelle. -  Le sieur Charles Cairon, 20 ans, cultivateur à Anctoville, a été écrasé par les roues d'une voiture de cailloux qu'il conduisait. En descendant une cote très rapide, il a laissé gagner son attelage par la voiture et son fouet s'est enroulé autour du moyeu de la roue. Ce malheureux jeune homme est tombé sur un tas de cailloux, en voulant dégager son fouet, les roues lui ont écrasé la poitrine. La mort a été instantanée. (Source B.N.)  

 

Juin 1892  -  Fête.  -  Anctoville. — Fête St-Jean, le 26 juin. Louerie. Jeux et divertissements, grand feu d'artifice fourni par la maison du « Bonhomme normand ». Le public sera admis à visiter l'orphelinat Rayer.   (Source B.N.)   

 

Août 1892  -  Une mégère.  -  Une femme Brion, journalière à Anctoville, terrorisait depuis longtemps le quartier qu'elle habite. Un individu qui vivait avec elle l'ayant mise à la porte, elle voulait retourner chez lui chaque nuit, de là des scènes qui empêchaient les voisins de dormir. Elle est toujours ivre, elle s'implante chez ses voisins, les force à trinquer et à boire, puis se couche dans leur lit pour cuver son vin. Ils ont fini par perdre patience et, sur leur plainte, procès-verbal a été dressé contre cette mégère. (Source B.N.)  

 

Novembre 1892  -  Récompense.  -  A l'Exposition internationale des industries de fermentation, à Paris, palais des Machines, M. Roger, Médecin à Anctoville, vient d'obtenir une médaillé en argent pour le cidre qu'il à exposé. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Les maraudeurs de grandes routes.  -  Le sieur Joseph Huard, 28 ans, fabricant de pompes à Anctoville, revenait d'Orbois, où il était allé travailler, quand, sur la route, il fut accosté par un individu étranger au pays qui l'insulta grossièrement et le menaça de le tuer. Huard continua son chemin sans répondre, ce que voyant, l'individu s'arma d'un couteau et poursuivit Huard jusqu'à Anctoville, heureusement sans pourvoir le rattraper. C'est un nommé Louis Bilieu, 42 ans, terrassier, sans domicile fixe, né à Latz (Finistère). II a été arrêté. (Source B.N.)  

Juin 1893  -  Est-ce prudent ?  - Nos lecteurs ne se rappellent sans doute plus qu'un orphelinat agricole de jeunes filles existe à Anctoville, près Villers-Bocage. Cet orphelinat, qui a coûté plus d'un million, est dû à la générosité de la marquise d'Escayrac de Lauture, fille du docteur Rayer, ses revenus sont de 60 000 fr. Depuis son fonctionnement, il était dirigé, d'une façon irréprochable, par une demoiselle Angot, mais, malheureusement, elle était mal avec M. X….... Or, il y a quinze jours, sans lui dire pourquoi, ordre lui a été donné, par l'administration supérieure, de remettre ses pouvoirs à l'économe. 

Jusqu'à l'arrivée de la remplaçante de Mlle Angot, cet économe, qui est âgé d'une trentaine d'années et qui est professeur d'agriculture à l'école normale de Caen, a surveillé non seulement en classe et au réfectoire, mais encore au dortoir, les orphelines, dont plus de la moitié sont âgées de 15 à 20 ans. N'est-ce pas dangereux ? (Source B.N.)  

 

Avril 1894  -  Chronique judiciaire.  -  Femme Harster, 29 ans, ménagère à Maisoncelles-Pelvey, bris de clôture, 20 f. 

— Pierre Lerebourg, 35 ans, journalier à Mesnil-au-Grain, 80 fr. d’amende ; Théodore Hybert, 35 ans, journalier à Beauquay, 60 fr, chasse. 

— Alphonse Lefortier, 46 ans, journalier à Anctoville. coups et blessures au sieur Martin et à la femme Lamay, demeurant à St-Louet-sur-Seulles, 4 mois. (Source B.N.)

 

Décembre 1902  -  Incendie.  -  Le 1er décembre, M. Francois Ruel, propriétaire a Anctoville, prenait son repas du soir en compagnie de ses serviteurs, lorsque l'un de ces derniers aperçu une lueur dans la cour de la ferme. Le feu était à une écurie, et les flammes gagnaient le toit de paille.

Immédiatement on essaya de faire sortir de l'écurie trois juments qui s'y trouvaient ; une seule put être sauvée, mais elle a reçu des brûlures très graves et elle n'en réchappera pas. Les deux autres juments ne voulurent pas sortir et furent retrouvées complètement carbonisées. Tout le bâtiment a été la proie des flammes ainsi qu'une maison inhabitée et une grange qui se trouvaient à côté.

Ont été complètement détruits : 1400 bottes de foin placés dans le grenier de l'écurie, deux tonneaux vides, une barrique de cidre, un établi et divers outils, neuf colliers, deux harnais, trois paires de traits, une commode, un coffre à avoine, un lit complet, sans parler des deux jugements. On suppose que le feu s'est communiqué à des toiles d'araignée ou à des brins  de paille lorsqu'un domestique est allé dans  avec une lumière. Il faisait un vent très violent soufflant par la porte ouverte qui a dû aider à la propager.

 

Août 1908  -  Agression.  -  M. Désiré Oufroy, âgé de 23 ans, domestique à Anctoville, devant se marier, avait acheté son mobilier à Saint-Lo.

Porteur d'une somme de 460 francs, il se rendit dans cette ville pour payer son meuble. Il quitta sa maison vers minuit. En chemin, il fut attaqué par deux hommes qui le dévalisèrent. La victime n'a pu fournir aucun renseignement sur ses agresseurs.

 

Mars 1913  -  Une qui porte les culottes.  -  A Anctoville, près Caumont, un infortuné propriétaire, Louis Marie, 68 ans, en voit de dures. Ce pauvre diable, qui a été victimes d’un  accident et ne marche que difficilement, est séquestré et battu par sa femme qui, s’adonnant à l’alcool, l’enferme à clef dans sa chambre et le frappe quand il veut sortir. Trouvant, l’autre jour, la porte ouverte, par hasard, M. Marie voulu  filer ; il reçut une volée de coups de bâton.  Comme ces scènes se  renouvellent souvent, le mari-esclave a porté plainte. Mais la femme-tyran a fort mal reçu les gendarmes. Elle leur a refusé l’entrée de sa maison et les a même menacés de son bâton. On lui a dressé procès-verbal et elle sera poursuivie pour  coups et blessures à son mari et outrages aux gendarmes.

 

Mars 1917  -  Un désespéré.  -  En allant chercher du foin pour ses bestiaux, Mme Leroux, cultivatrice à Anctoville, canton de Caumont-l’Eventé, a trouvé son domestique, Léon Adislas, 70 ans, pendu dans son grenier, Le pauvre vieux avait déjà tenté, il y a deux mois, de sa donner la mort.  

 

Août 1917  -  Malgré le moratorium.  -  L'autre jour, venant en permission, M. Perrine, cultivateur à Anctoville, canton de Caumont, actuellement mobilisé au 5e, à Falaise, resta ahuri en constatant que sa récolte de foin de deux pièces qu'il tient d'une dame Lair, avait disparu. C'était sa propriétaire qui, pour se payer du terme de la Saint-Jean, que son locataire n'avait pas encore acquitté, avait tout bonnement fait enlever la récolte. M. Perrine n'a pas jugé le procédé de son goût et il a porté plainte.

 

Juin 1923  -  Service postal.  -  Un établissement de facteur receveur sera ouvert Anctoville (Calvados), à partir du 16 juin 1923.
La circonscription postale de ce bureau comprendra les communes d'Anctoville, de Feuguerolle-sur-Seulles et de Saint-Germain-d'Ectot. L’adresse des correspondances aura à comporter au libellé conforme aux indications ci-après : Monsieur X. à Anctoville (Calvados), ou Monsieur X. à Feuguerolles-sur-Seulles, Saint-Germain-d'Ectot, par Anctoville
(Calvados).

 

Mars 1928  -  Au calvaire d'Anctoville.  -  Un cycliste, Gustave Mouillard, 24 ans, domestique chez M. Lefrançois, s'est jeté sur le capot de l'auto du docteur Picot, de Caumont-l'Eventé.

La tête a traversé le pare-brise et, par la violence du choc, la direction a été brisée. Rejeté sur le sol, le jeune homme a été relevé avec une profonde blessure au cou. Après le premier  soins du médecin, il a été transporté a Caen.

 

Janvier 1931  -  les aides aux jeunes filles.  -  Dots attribuées en 1930 aux jeunes filles de familles nombreuses. La Commission départementale, chargée de l’attribution des dots y a  donc eu à se prononcer pour cinquante attributions sur soixante et onze dossiers constitués.

Anctoville. — Mlle Grenet Leone, âgée de 21 ans, d'une famille de 12 enfants vivants, Le père de la candidate, infirme, appartenait lui-même à une famille de 6 enfants. Les époux Grenet, économes, sont très bien considérés. L'intéressée a toujours été placée comme domestique de ferme, elle a fait l'objet de très bons renseignements. Mlle Grenet a contracté mariage, le 20 février 1930, avec M. Trolong, employé des Ponts et Chaussées à Caen.

 

Février 1940  -  Une voleuse pincée.  -   Mme Lefol, cultivatrice à Anctoville, avait à son service une nommée Sauvey Henriette âgée de 19 ans. Les services rendus par cette dernière ne durèrent pas longtemps, car Mme Lefol se vit dans l'obligation de la congédier peu de temps après son arrivée dans la maison.
Mais avant de quitter les lieux, la jeune bonne avait pris soin de remarquer que sa patronne avait rangé dans un portefeuille deux billets de cent francs, et l'avait déposé dans un placard. Profitant de l'absence momentanée de Mme Lefol, la jeune Sauvey s'empressa de faire main basse sur les billets.
Les gendarmes de Caumont, saisis de l'affaire, se rendirent à St-Louat où était partie la délinquante. Ils ne tardèrent pas à la trouver et à lui faire avouer son larcin.  

 

Août 1944  -  Bataille de normandie.  -  Anctoville est libéré le 1er août 1944 par le 61e bataillon de reconnaissance britannique.

 

Février 1945  -  Une démission.  -  M. Léon Legardinier, maire d’Anctoville, a démissionné de ses fonctions.

 

1973  -  communes associées.  -  Anctoville (394 habitants) fusionne avec Feuguerolles-sur-Seulles (70 habitants), Orbois (120 habitants) et Sermentot (182 habitants). Les communes gardent le statut de communes associées.

Anctoville  -  Le Bourg

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