ANGERVILLE

Canton de Dozulé

Les habitants de la commune de Angerville sont des Angervillais, Angervillaises.


Novembre 1866   -   La migration.   -   On ne se rappelle pas avoir vu passer dans notre pays, comme depuis ces jours derniers, autant d'oiseaux venant des contrées septentrionales, surtout des cigognes, des grues et des hérons.

On doit voir là l'indice précurseur d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Novembre 1866   -   Les étoiles filantes.   -   Les astronomes comptent sur de magnifiques pluies d'étoiles dans les nuits des 12 et 13 de ce mois.

A cette époque de l'année, on voit généralement un grand nombre d'étoiles filantes. Mais on ne verra pas, dit-on, avant la fin du siècle, un spectacle céleste aussi brillant que celui de cette année.

 

Décembre 1866   -   Une noyade.  -   Le 17 courant, le nommé Blondin Jean-Gabriel, âgé de 60 ans, journalier à Angerville, s'est noyé sur le territoire de cette commune, à l'endroit dit le Gué, en traversant, en voiture, la rivière d'Ancre, grossie par les pluies tombées en si grande quantité à la fin de la semaine dernière.

Le cheval a pu être sauvé, quant à la voiture, elle a été complètement brisée.

Le cadavre du sieur Blondin n'a été retrouvé que le lendemain, à 500 mètres environ du lieu de l'accident. Cet homme était marié et père de quatre enfants.  

 

Septembre 1878   -  Ou est l’accord parfait ?  -  Il y a eu, dimanche dernier, concours d'orphéons à Deauville. Les Sociétés chorales du Calvados qui ont été couronnées appartiennent à Bonnebosq, La Boissière et Villers-sur-Mer.

Les fanfares d'Angerville, Villers-sur-mer, Argences, Courtonne-la-Ville, Bonnebosq, la Boissière, Orival et Aunay-sur-Odon (Enfants du Bocage), ont également obtenu des récompenses. Dans la 1er division des fanfares, Pont-l'Evêque a enlevé le 1er  prix à la Philharmonique d'Honfleur, qui a dû se contenter du second. Les philharmoniques honfleurais sont furieux, leur président veut porter un défi de 10 000 fr. aux vainqueurs. A la suite de cet échec, un journal honfleurais a écrit qu'il y avait trop de pianistes dans le jury.  

 

Juin 1880  -  Deux centenaires.  -  On vient de fêter, à Angerville, le centenaire d’une dame Roque, parvenue à cet âge en pleine possession de ses facultés intellectuelles. Un banquet de soixante couverts a été organisé par la famille, à cette occasion. Mme Roque n'est pas la seule centenaire de notre département qui passe l'âge séculaire. 

A Caen est un brave et aimable centenaire, que nos concitoyens peuvent coudoyer chaque jour dans la rue, nous voulons parler de M. Bouilly, ancien associé de la Banque Guilbert, et ex-régent de la succursale de la Banque de France.  

 

Juillet 1886  -  Morts accidentelles.  -  Jeudi, à Angerville, le nommé Actus Opoix, domestique, 36 ans conduisait un cheval très vif, attelé à une grosse charrette, soudain, le cheval, piqué par les taons, s'emballa. Opoix, en voulant sauter à la bride du cheval pour l'arrêter, fut pris violemment entre un des timons de la voiture et un pommier. La mort a été instantanée. 

 

Septembre 1886  -  Les orages.  -  Les orages de ces derniers jours ont causé plusieurs sinistres. A Saint-Mards-du-Fresne, la foudre a atteint trois ouvriers qui travaillaient dans les champs, deux ont été tués, le troisième a été gravement blessé, les récoltes qu'ils ramassaient ont été brûlées. Deux incendies dus à la même cause ont détruit à Angerville et à Orbec deux fermes et tout ce qu'elles contenaient. 

Vendredi, au Cours de l'orage, le sieur Tirard, 56 ans, cultivateur à Proussy, rentrait son attelage. Tout à coup, son cheval, effrayé par les éclairs, fit un mouvement brusque. Tirard, pris entre la voiture et le bâtiment, eut la poitrine écrasée et rendit le dernier soupir quelques minutes après.

 

Septembre 1890  -  Suicide.  -  Le sieur Olivier Retout, 50 ans, journalier à Angerville, s'est pendu à une branche de pommier dans la cour du sieur Vouillot. On ignore la cause de ce suicide.   (Source B.N.)

 

Mai 1892  -  Incendies et vols.  -  Encore une bande de malfaiteurs qui exploitait et terrorisait une partie de l'arrondissement de Pont-l'Evêque. Leur lieu de réunion était chez une femme Lechêne, journalière à Surville. Cette dernière est poursuivie avec ses trois complices : Félix Colas, Auguste Perreaux et Auguste Follière, tous habitant Angerville. De nombreux vols leur sont reprochés. Les accusés, tous repris de justice du reste. Ont été condamnés : Colas, à 8 ans de travaux forcés ; Perreaux, à 5 ans ; la femme Lechêne, à 3 ans de prison, et Follière, à 2 ans.  (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Les suites de l’alcoolisme.  -  Un dresseur de chevaux d'Angerville, Émile Perrault, 26 ans, après avoir passé une partie de la nuit à boire, est allé se coucher dans un herbage où il a été trouvé, le matin, inanimé. Il avait succombé à une congestion cérébrale occasionnée par l'alcool. (Source B.N.)  

 

Juin 1894  -  Sacrilège.   -  Au lendemain de la première communion d'Angerville, canton de Dozulé, le tabernacle a été ouvert la nuit. Le ciboire a été retrouvé sur l'autel, mais toutes les hosties consacrées avaient disparu. On se perd en  conjectures sur cet acte inqualifiable. Il y a quelques mois on avait remarqué dans le cimetière, prenant des notes sur un carnet, un individu à allures suspectes et assez singulièrement vêtu. Est-ce le coupable ?  Dans quel but aurait-il commis ce sacrilège ? Nul ne peut l'expliquer. (Source B.N.)

 

Mars 1906  -  Découverte d'un cadavre.  -  On vient de découvrir dans un fossé longeant la route de Dozulé, à Dives, territoire d'Angerville, le cadavre du nommé Octave Pierre Badier, 56 ans, journalier en cette dernière commune.

Le docteur Pesquerel, de Dozulé, a procédé aux constatations légales. L'enquête a établi que Badier, étant ivre, sera tombé dans le fossé dans lequel coulait un léger filet d'eau ; mais saisi par le froid et n'ayant pu se relever, il a dû succomber des suites une congestion.

Mars 1924  -  Un mendigot.  -  Un mendigot, arrêté pour mendicité à Angerville, Pierre Legouic, 31 ans, est condamné à 48 heures de prison.

 

Janvier 1936  -  La tragique vengeance d’un journalier.  -  Réquier (Marcel-Georges), 33 ans, né à Thiéville (Calvados), le 4 février 1902 journalier à Angerville, comparait devant le jury sous l'accusation de coups mortels.

En mars 1934, la veuve Dibel et son fils, qui habitaient Angerville, avaient porté plainte contre le nommé Réquier, journalier dans cette commune, pour les avoir menacés et avoir tiré, le 28 mars, un coup de fusil dans leur direction. L'enquête ne permit pas d'établir ces faits, mais Réquier reconnut avoir été à la chasse ce jour-là. N'ayant pas de permis et ayant chassé en temps prohibé, il fut condamné le 11 juin 1934 par le Tribunal correctionnel de Pont-l'Evèque pour ces délits.

Depuis cette condamnation, Réquier conçut une haine plus grande contre la veuve Dibel, à l'égard de laquelle il proféra fréquemment des menaces. Cette dernière, mise au courant et ne se sentant plus en sécurité, décida de changer d'habitation et alla résider au lieu dit « La Forge-Moisy », même commune.

Le 26 août, Réquier, qui avait fait une demande de permis de chasse, fut avisé par le maire qu'il ne pouvait lui en être délivré avant qu'il n'ait payé le montant des amendes et des frais résultant de la condamnation du 11 juin.

L'accusé, mécontent de cette nouvelle, se rendit l'après-midi chez le percepteur de Dozulé qui lui confirma ce que le maire lui avait dit, mais sa femme, qui avait remarqué l'état de surexcitation de son mari, voulut raccompagner.

Réquier retourna ensuite à son travail, chez M. Vannier, mais vers 18 heures, il décida de partir avec sa petite fille, âgée de 10 ans, avec l'idée bien arrêtée d'administrer une sévère correction à la veuve Dibel qu'il rendait responsable de tout ce qui était arrivé.

Il se rendit d'abord avec sa fille au débit Lolivier, à La Forge-Moisy, situé à proximité de l'habitation de la femme Dibel. Il but, en compagnie de M. Bessin, un café additionné d'eau-de-vie de cidre. Ce dernier partit et l'accusé demanda alors à la dame Lolivier une enveloppe sur laquelle il fit écrire par sa fillette les mots : « Madame Dibel ». Il se rendit ensuite chez cette femme qui était seule, et qui tricotait dans la cuisine, dont la porte était ouverte. Il se présenta poliment et demanda l'autorisation d'entrer pour lui remettre une enveloppe à son nom. La veuve Dibel, pensant que Réquier était chargé de lui remette une lettre, le laissé entrer sans aucune méfiance. L'accusé déposa l'enveloppe sur la table et dit aussitôt : « Vous n'ignorez pas que, dénoncé par vous, je ne peux pas obtenir de permis de chasse ». La dame Dibel répondit : « Je l'ignore, ne me cherchez pas d'ennuis ».

Au même moment, Réquier entra dans une violente colère et se jeta sur la pauvre femme à laquelle il porta plusieurs coups de poing au visage et la fit tomber à terre. Il la saisit par derrière, sous les aisselles, alors qu'elle était assise par terre, les jambes allongées, il la souleva et la laissa retomber violemment sur le sol à deux reprises. Il la traîna ensuite par les cheveux jusqu'en dehors du son habitation, il sortit alors son couteau de sa poche, il en ouvrit la lame et en porta deux coups à la base postérieure du cou à la veuve Dibel, qui appela « Au secours ». Des personnes étant accourues Réquier s'enfuit en criant : « Dieu merci, tu en as pour ton compte ». Il prit avec sa fillette la direction de son domicile et, en arrivant chez lui, il dit à un de ses voisins : « J'ai fait l'affaire de la mère Dibel, je vais maintenant faire la mienne ».

Les voisins, qui étaient accourus, transportèrent la dame Dibel à son domicile et appelèrent le docteur Bougault, de Dozulé, qui constata qu'elle portait plusieurs érosions au front et deux plaies dans la région dorsale, blessures qui pouvaient entraîner une incapacité de travail de 20 jours, sauf complications. Il fit, en outre, des réserves sur l'existence possible d'autres lésions. Le lendemain, l'état de la victime s'étant aggravé, elle fut transportée à l'hôpital de Pont-1'Evêque, où elle décéda 16 jours plus tard.

Les gendarmes, qui avaient été prévenus en même temps que le docteur, se mirent à la recherche de Réquier qu'ils trouvèrent à son domicile.

Il leur opposa une certaine résistance et leur déclara que, s'ils n'étaient pas venus, il se serait suicidé. Avant leur arrivée, il s'était emparé de son fusil, mais sa femme l'avait désarmé.

L'autopsie a révélé l'existence d'une fracture de la colonne vertébrale, fracture qui s'était produite au moment où Réquier avait soulevé sa victime de terre et l'avait laissée retomber brutalement sur le sol.

Réquier a reconnu les faits et la préméditation, mais a prétendu avoir agi sous l'empire de l'ivresse, ce qui est inexact. Il a déclaré qu'il avait voulu infliger une bonne correction à la veuve Dibel, sans avoir nullement l'intention de lui donner la mort.

L'accusé est marié et père de deux enfants. Il fut abandonné très jeune par ses parents et livré à lui-même. De très mauvais renseignements ont été recueillis sur son compte. Il est réputé violent, sournois et vindicatif.

Après une demi-heure de délibération, le jury est revenu avec un verdict affirmatif, mitigé par les circonstances atténuantes. En conséquence, la Cours condamné Réquier à 10 ans de travaux forcés. (Source M. du C.)

Angerville.  -  Laiterie

Environ de Dozulé  -   ANGERVILLE  -  Cottage de Mesnil-Da

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