ARGANCHY

Canton de Bayeux

Les habitants de la commune de Arganchy sont nommés les Arganchois et les Arganchoises.


Juin 1868   -   La sécheresse.    -   Depuis plus de 15 jours, nos cultivateurs demandaient de l'eau, leurs voeux sont exaucés, il a plu. La terre est tellement sèche que cette pluie n'est peut-être pas encore suffisante, mais elle aura toujours rendu de grands services.

L'orage de vendredi et dimanche a été peu violent à Caen, et les nouvelles que nous recevons de divers points du département nous disent qu'il n'y a occasionné que d'insignifiants dégâts. Il n'en a pas été de même dans l'Eure où, outre la pluie, il est tombé de la grêle.

Dans les environs de Bourg-Achard, dit l'arrondissement du Havre, les colzas ont légèrement souffert, ainsi que les blés qui se sont couchés en quelques endroits. Somme toute, la grêle n'a pas occasionné trop de graves avaries. La récolte des pommes de terre continue de donner des plus belles espérances.

La moisson est déjà commencée dans le Midi, et partout elle se présente sous le plus belle aspect.  

 

Août 1869   -   Fait divers.   -  Un violent incendie a éclaté samedi, vers deux heures de l'après-midi, dans les bâtiments de ferme occupés à Arganchy, canton de Bayeux, par M. Villedieu, cultivateur.

Le feu a été mis par une allumette enflammée qu'un ouvrier de la ferme, fumeur imprudent, comme il y en a tant, avait jetée sur de la paille, après s'en être servi. Une grande partie des récoltes et du mobilier du fermier a été détruite, et comme ce mobilier, suivant un usage malheureusement trop répandu, n'était pas assuré, la perte de M..Villedieu est évaluée à plus de 20,000 fr.

Des secours avaient été demandés à Bayeux, mais on avait négligé d'envoyer un cheval d'attelage, et les pompes n'ont pu être expédiées sur le champ. L'eau manquait d'ailleurs sur ce point de la commune, et la chaîne des travailleurs a été difficile à organiser. Il y a eu pour beaucoup de monde dans ce sinistre des leçons dont on fera bien de profiter.  

 

Juillet 1875   -   L’eau, la foudre.  -  Lundi de la semaine dernière, vers onze heures du soir, la foudre est tombée sur un bâtiment à usage de maison d'habitation, sis en la commune d'Arganchy, appartenant à M. Charles Deschamps, propriétaire, et habité par un sieur Baron. La foudre a occasionné un commencement d'incendie qui a consumé 2 m. 50 de la toiture en chaume. Le pignon de cette maison a aussi été très endommagé.  

 

Avril 1876   -  Les bons maîtres font les bon domestiques…..  -  Ceci écrit, disons que la semaine dernière, est décédée, à Arganchy, une vieille domestique qui était depuis 45 ans au service d'une dame très riche de la localité.

— L'inhumation de la pauvre servante a eu lieu sans éclat et sans luminaire, c'est le pasteur de la commune qui a fait prendre quelques cierges au maître-autel et les a fait placer auprès du cercueil.  

 

Décembre 1879  -  Mort accidentelle.  -  Vendredi, à Arganchy, on a retiré d'un fossé ayant 2 mètres de largeur et 1 mètre de profondeur la nommée Hue, femme Aveline, âgée de 70 ans, propriétaire. On suppose que cette pauvre femme a glissé sur le bord de ce fossé, où elle s'est noyée.

 

Mai 1881  -  Disparition.  -  Deux jeunes enfants, répondant au nom de Mazeline, une petite fille de 9 ans et un petit garçon de 5 ans et demi, se sont enfuis de chez leurs parents, à Arganchy. Les personnes qui en auraient connaissance sont priées d'en aviser soit la gendarmerie de Bayeux, soit le maire d'Arganchy.

 

Octobre 1888  -  Grave accident.  -  Le sieur Decaen, boucher, rue de la Juridiction, à Bayeux, se rendait en voiture à Arganchy. Chemin faisant, il fit la rencontre d'une autre voiture qui venait en sens inverse. A cet endroit, la route est assez resserrée, le sieur Decaen fit tous ses efforts pour se garer ; mais sou cheval, qui est jeune et peu fait encore à la voiture, prit peur et se jeta brusquement contre l'autre voiture. Les deux véhicules se heurtèrent avec tant de force que le sieur Decaen, qui était enveloppé dans sa couverture et n'avait pas ses mouvements libres, fut précipité par dessus bord et vint tomber sous les pieds de son cheval, la roue lui a passé sur le corps et lui a brisé une cuisse.

 

Juin 1913  -  Funèbre découverte.  -  Sur le rivage de la mer, à Commes, près Port-en-Bessin, on avait vu errer, l'air sombre, une femme d'une trentaine d'années. Le lendemain, on a retrouvé son cadavre sur la grève.

La malheureuse avait dû se jeter à la mer vers minuit, à l'heure de la marée. On croyait que c’était la dame Moussard, demeurant à Caen, dont nous avions signalé la disparition. Mais elle a été reconnue pour une dame Longuet, 42 ans, femme d'un cultivateur d'Arganchy, qui avait quitté sa maison peu avant. Cette dame avait subi, il y a deux ans, une opération.

 

Mars 1916  -  Le temps qu’il fait.  -  Depuis trois jours, on est entré dans le printemps et on attend toujours que l'hiver commence. De l'eau ! toujours de l'eau ! (Que d'eau ! Que d'eau !) Un peu de neige, mais plus de gelées, nous n'avons plus que des hivers pourris. Il doit y avoir quelque chose de détraqué autour de nous. Enfin, malgré les jours mauvais, les arbres bourgeonnent, les oiseaux fredonnent, et notre confrère, M. Lebbyteux, fleuronne, car il a un marronnier déjà épanoui dans sa cour. Celui légendaire des Tuileries va en dessécher de jalousie.

 

Avril 1916  -  Prisonniers de guerre pour les travaux agricoles.  -  Le Ministre de l'Agriculture vient d'accorder au département du Calvados un contingent de 140 prisonniers choisis parmi les hommes exercés aux travaux agricoles.  Ces prisonniers pourront être attribués par équipes de 20, non compris la garde. Ils doivent être logés ensemble, mais peuvent être divisés pour le travail en groupe de 5, au minimum. Les Comités agricoles, les Syndicats et les particuliers qui désirent utiliser leur travail, sont priés de faire parvenir une demande à la Préfecture le plus tôt possible, en donnant les détails nécessaires sur l'étendue et la nature du travail à effectuer et sur l'époque où devra commencer le travail.

 

Mai 1916  -  Pauvres toutous !  -  On commence à avoir la preuve que les précautions prises contre la rage ne servent à rien, car jamais celte terrible maladie n'a sévi avec tant d'intensité sur la gent canine (ne pas confondre l'agent canine avec l'happeux d't'chiens). Près de Bayeux, Maisons, Arganchy, Asnelles, des cas de rage ont été signalés et quelques chiens ont dû être abattus. Cette, épidémie continue ne serait elle pas due à ceci que beaucoup de toutous ont été abandonnés par leurs maître parti au front, et que les femmes de mobilisés, trop occupées à raccourcir leur robes, oublient, de nourrir les chiens de leurs maris. Heureusement que, pour les chasses prochaines, il y aura tant de gibier, qu'on marchera dessus et que les chiens seront devenus inutiles aux chasseurs.

 

Septembre 1917  -  Accident de chasse.  -  En tirant un lièvre, un cultivateur d'Arganchy, près Bayeux, M. Émile Couespel, a blessé légèrement à la jambe gauche et au menton le jeune Gustave Guibé, 12 ans. Le père de l'enfant a porté plainte.

 

Octobre 1923  -  Élection d’un adjoint  -  M. Marguerie Ernest a été élu adjoint au maire d'Arganchy par 5 voix sur 7 votante, en remplacement de M. Bence Lucien, démissionnaire.

 

Juin 1940   -   Un bavard.  -   Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, et qui ne fait plus actuellement partie du gouvernement, n'avait aucune mission pour faire des communications en public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l'ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme nulles et non avenues.

Ce trop grave général et « jusqu'au-boutiste » et il engageait les spécialistes et les soldats qui le pouvaient à gagner l'Angleterre pour continuer la lutte. On assure même que malgré l'ordre de rentrer au quartier que lui avait donné le maréchal Pétain, le général de Gaulle est resté en Angleterre. Tout cela est vraiment bien regrettable.

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Août 1940   -    Déclaration des récoltes.  -   Tout détenteur, à quelque titre que ce soit, d'une quantité supérieure à cinq quintaux d'avoine, de maïs, d'orge ou de seigle, est tenu d'en faire la déclaration à la mairie de sa résidence, avant le 1er septembre 1940.

La libre circulation des céréales : avoine, maïs, orge et seigle, est interdite. Elle ne pourra être autorisée que dans les conditions qui seront fixées dans un arrêté ultérieur.  

 

Juillet 1943   -   Fait divers.   -   Dernièrement on découvrait, dans un ruisseau dit Gourguichon, à Arganchy, le cadavre de la jeune Marguerite Fouetter, 15 ans et demi, servante chez Mme Couet, cultivatrice au bourg. La fillette avait disparu depuis la veille. L'hypothèse d'un accident fut aussitôt écartée, vu le peu de profondeur du ruisseau (1 m. 20).

Mais, pendant plusieurs jours, l'enquête hésita entre l'assassinat et le suicide : En définitive, le médecin légiste a conclu à un suicide : Marguerite Poucher était courtisée depuis plusieurs mois par un bagnard, Eugène Gérode, détenu à la Maison Centrale, condamné aux travaux forcés pour coups et blessures suivis de mort, actuellement, employé aux fours à chaux d'Arganchy.

A plusieurs reprises, Gérode avait dit son désir matrimonial, auquel désir la mère de la fillette consentait, alors que cette dernière refusait obstinément. Ces temps derniers, le bagnard s'était montré si pressant que Marguerite, excédée et malheureuse, avait manifesté maintes fois l'intention de se noyer. Mais au moment d'accomplir le geste fatal, elle a été prise d'une syncope et n'a pas absorbé d'eau, ce qui a paru justifier, un moment, l'hypothèse de l'accident.

EN NORMANDIE   -   Distillerie de cidre

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