ARGENCES

Canton de Troarn

Les habitants de la commune sont des Argencais, Argencaises


Août 1858  -  La Poste -  Le Conseil général, renouvelle le vœu qu'il a émis dans sa session de 1857, touchant l'établissement d'un bureau de poste à Argences, le maintien de celui qui existe à Vimont n'ayant plus aucune raison d'être. Le Conseil général renouvelle, le vœu qu'il a déjà émis dans sa précédente session , pour demander la création, aussi prompte qu'il sera possible à l'Administration, d'un bureau de poste à Saint-Sylvain.

 

Septembre 1866   -   Un bruit qui court.   -   Il n'est que bruit, depuis quelque temps, dans les bourgs d'Argences et de Troarn et les communes des environs, d'une audacieuse mystification commise, au préjudice d'une vieille dévote du bourg d'Argences, par une intrigante de bas étage, sans moralité et presque son feu ni lieu, qui ne tire ses moyens d'existence que du vice et de la débauche la plus crapuleuse, malgré sa difformité et ses traits repoussants.

Cette fille perdue, qui n'a d'autre occupation que de faire des dupes et qui a été condamnée, il y a quelques jours par le tribunal de simple police de Troarn, à 10 jours de prison et à l'amende, pour injures et sévices envers ses voisins, ayant appris qu'une dame X..... Possédait des sommes assez importantes, résolut, par des moyens de captation de tromper la confiance aveugle de cette dame.

Elle se fit, auprès d'elle, l'intermédiaire d'une prétendue marquise de Boisverd qui, disait-elle, était très riche, mais qui se trouvait momentanément dans la gêne, elle l'avait chargée de lui trouver des fonds dont elle paierait largement l'intéret à un taux de 30 à 40 pour cent, et, pour donner plus de poids à ses paroles, l'intrigante dont il s'agit lui montrait de prétendues lettres de la marquise de Boisverd, qu'elle s'adressait à elle-même par la poste.

Pour mettre le comble à ce tissu d'impudence et de fourberie, cette fille se faisait passer comme étant la nièce d'une personne notable du canton de Dozulé (M. Foucher de Careil), et proche parente de la baronne de Trois-Etoiles.à force de faire valoir, aux yeux de la dame X...., les avantages d'un placement aussi lucratif, notre audacieuse intrigante finit par obtenir de celle -ci une somme que l'on élève de 4 à 5000 francs, lequel argent lui fut versé sans exiger, paraît-il, ni obligation notariée, ni garantie quelconque...

De sorte que Mme X.... est exposée à perdre son argent, par l'excès de confiance qu'elle a eue dans l'intrigante dont il s'agit, laquelle mène une vie aisée et facile depuis qu'elle a su trouver les moyens de se procurer des fonds pour satisfaire à tous ses désirs.

 

0ctobre 1867   -   Un bureau télégraphique.   -   Un bureau télégraphique est ouvert à Argences. Le public y est admis à présenter ses dépêches tous les jours, même les dimanches et jours fériés.  

 

Janvier 1868   -   Un acte de humanité.   -   On nous signale d'Argences un acte d'humanité qui vient d'être accompli par le curé de cette localité, et quelques habitants qui lui sont venus en aide.

Une vieille femme, âgée de plus de 80 ans, gisait, par ces derniers temps rigoureux, seule et sans ressources dans son galetas, lorsque prévenu à temps, l'un de ses voisins a fait toutes les démarches pour obtenir des secours.  

Aujourd'hui, rien ne manque plus à la pauvre vieille, auprès de laquelle on a mis, par surcroît de charité, une garde qu'il ne la quittera pas avant son complet rétablissement.

Soulager de telles misères, c'est faire le bien dans la plus louable acception du mot.

 

Février 1869   -   Un accident.   -    Le vendredi 19 de ce mois, vers 4 heures d'après-midi, la dame Thérèse Jehanne, veuve Cantepie, âgé de 66 ans environ, journalière à Argences, se dirigea vers le moulin du Verrignier, pour chercher du bois sec dans les arbres qui bordent la rivière. On trouva peu d'instants après, son cadavre dans la rivière dont il s'agit.

On présume que cette femme, en voulant casser des branches aux arbres, aura perdu l'équilibre et sera tombée dans la rivière n'ayant à cet endroit que 75 centimètres de profondeur.  

 

Mai 1871   -  Fait divers.   -  Dimanche dernier, dans la commune d'Argences, une vache furieuse a quitté sa nature et est venue défoncer la porte d'une écurie dans laquelle étaient renfermés deux chevaux, appartenant au sieur Fleury. L'un des chevaux a été éventré, l'autre légèrement blessé.  

 

Janvier 1873   -   Échenillage.   -  M. le préfet rappelle aux intéressés que la loi prescrit l'échenillage des arbres, haies ou buissons, sous peine d'amende. La douceur exceptionnelle de la température depuis le commencement de l'hiver, qui aura pour effet de hâter réclusion, rend encore plus nécessaire cette année l'exacte application de la loi. 

 

Janvier 1873   -   Éboulement.   -  Le 29 janvier, vers dix heures du matin, un éboulement de terre s'est produit à la Tuilerie d’Argences. Le nommé Édouard Marie, âgé de 32 ans, a été surpris en travaillant. Dans sa chute, il a eu les os du bassin fracturés et les viscères abdominaux écrasés, transporté dans un appartement de la tuilerie, où il a reçu les soins de M. le docteur Lecharpentier, il a succombé à ses blessures vers une heure du soir, au milieu d'atroces souffrances.

 

Septembre 1873   -   Avis aux parents.   -   Le 2 de ce mois, vers midi et demi, dans la rue de Caen, à Argences, un petit enfant, Désiré Lasserie, âgé de 23 mois, laissé imprudemment à lui-même, était en train de traverser la voie publique, quand il a été renversé par l'omnibus faisant le service de la gare à Argences, la roue de devant lui a brisé le vertèbre et le crâne, la mort a été instantanée. Cet accident a eu lieu devant le domicile des parents de l'enfant. Les témoignages sont unanimes pour dire qu'il n'y a nullement de la faute du sieur Eugène Lemonnier, qui conduisait l'omnibus, il n'avait pu voir l'enfant assez à temps et ne s'est arrêté qu'aux cris poussés par lui. L'omnibus marchait au petit trot.  

 

Février 1874   -   Vols de poules.  -  Nous continuons à enregistrer les vols de poules et de lapins qui se multiplient d'une façon inquiétante. Les autorités locales doivent plus que jamais surveiller les étrangers qui traversent leurs communes. On nous informe que la veille des vols commis à Bénouville, un individu, petit de taille, assez proprement vêtu, a parcouru ce pays  sous prétexte de demander l'aumône pour se guérir d'un mal de saint. C'est aux gardes champêtres a surveiller tout spécialement les rôdeurs qui sont assurément les éclaireurs de la  bande de voleurs qui dévastent nos poulaillers. Ainsi qu'on le verra par la liste suivante, toutes les parties du département sont explorées :

— A Beaumont-en-Auge, on a dérobé sept poules au sieur La Haye, cafetier. — A Argences, une poule a été volée au sieur Morel. — A Blainville, vingt-deux poules, deux dindes et un canard, ont été enlevés avec effraction, au sieur Brée, propriétaire. — A Airan, on a soustrait, dans des circonstances, analogues, huit poules et un lapin au sieur Giot. La même nuit, dans la même commune, on a dérobé quatre volailles au sieur Boulin. — A Orbec, on a volé six poules et un coq au sieur Aube. — A Bonneville-la-Louvet, quatre poules appartenant à la dame Deprez. — Un vol de onze poules a été commis, au préjudice de la dame Hamon, propriétaire à Hamars. — Dans la nuit du 20, neuf poules ont été dérobées dans l'étable du sieur Beuron, cultivateur, à Bénouville. Dans la journée du 21, un vol de neuf poules a été également commis au préjudice de la dame veuve Olivier, propriétaire, même commune.  

 

Juillet 1875   -   Récoltes.  -  Le temps s'est enfin mis au beau. Les travaux des champs sont poussés avec une très grande activité. Sur la place de Caen, les hommes se cotaient à un prix élevé. Le colza rend bien, le seigle est bon. Le blé chicot rendra au moins autant que l'année dernière.

Il en est de même dans les environs de Paris. Les pommiers ont toujours très belle apparence, la plaine de Caen est, sous ce rapport, bien partagée. On est inquiet au sujet de la récolte  des blés dans certaines régions du nord et du centre de la France. Les mauvaises nouvelles de Russie, d'Angleterre, de Belgique et de Hollande font augmenter les blés et les farines, et par suite, le prix du pain.

 

Juillet 1875   -   Fait divers.  -  Dans la nuit de vendredi à samedi, un cheval entier, appartenant à M. Duval, propriétaire à Argences, s'est échappé d'un herbage dans lequel il était parqué, s'est rué sur deux autres chevaux attachés au piquet dans un champ voisin, et les a tellement frappés et mordus qu'ils sont morts.  

 

Février 1876   -  Sauvetage.  -  Un pompier et un meunier de la commune d'Argences étaient en bonne fortune, lorsqu'ils durent prendre la fuite pour se soustraire à une bastonnade des mieux appliquées. En fuyant, les deux amoureux sont tombés à l'eau, tout près du moulin de M. Bourguais, où ils se seraient infailliblement noyés sans le secours du farinier. Le meunier  en a été quitte pour ses galoches et une foulure au pied, le pompier, pour la perte de son képi.

 

Septembre 1878   -  Ou est l’accord parfait ?  -  Il y a eu, dimanche dernier, concours d'orphéons à Deauville. Les Sociétés chorales du Calvados qui ont été couronnées appartiennent à Bonnebosq, La Boissière et Villers-sur-Mer.

Les fanfares d'Angerville,  Villers-sur-mer, Argences, Courtonne-la-Ville, Bonnebosq, la Boissière, Orival et Aunay-sur-Odon (Enfants du Bocage), ont également obtenu des récompenses. Dans la 1er division des fanfares, Pont-l'Evêque a enlevé le 1er  prix à la Philharmonique d'Honfleur, qui a dû se contenter du second. Les philharmoniques honfleurais sont furieux, leur président veut porter un défi de 10 000 fr. aux vainqueurs. A la suite de cet échec, un journal honfleurais a écrit qu'il y avait trop de pianistes dans le jury.  

 

Août 1879  -  La Poste.  -  Les bureaux de poste et les bureaux télégraphiques ont été fusionnés à Vire, Condé, Orbec, Dives, Livarot, Argences, Dozulé et Évrecy. La fusion sera bientôt à Honfleur un fait accompli.

Deux bureaux télégraphiques ont été ouverts à Ryes et à Crèvecœur. Un bureau permanent a été substitué au bureau temporaire de Cabourg. Le bureau de Deauville va être incessamment réouvert et transféré au bureau de poste.

Enfin, des études se poursuivent pour doter d'un bureau télégraphique les communes de Saint-Aubin, Morteaux-Coulibœuf, Clécy, Bonnebosq, Lison et Bonneville-la-Louvet.

 

Octobre 1879   -  On demande un médecin.  -  La commune d'Argences est depuis quelque temps sans médecin, c'est peut-être ce qui explique pourquoi le nombre des décès y a diminué. Pourtant les habitants en réclament un à cor et à cris. Avis aux jeunes docteurs.  

Juin 1880  -  Les orages.  -  Nous traversons en ce moment une déplorable période de mauvais temps. Jeudi et vendredi derniers, des orages d'une extrême violence ont éclaté sur plusieurs points du département et y ont causé des accidents. Vendredi, la foudre est tombée dans la plaine de Moult-Argences sur une maison non habitée, dans laquelle s'étaient réfugiés six ouvriers et un berger. Les nommés Henri-Félix, dit Caudelair, berger à Moult ; Amand Bornier, carrier à Bellengreville, et Hippolyte Houel, carrier à Benouville, ont eu des contusions et des brûlures graves et sont restés longtemps sans connaissance : les autres en ont été quittes pour la peur. La toiture de la maison a été défoncée et les vitres ont été brisées. Il avait été déposé en ce lieu trois kilogrammes de poudre de mine dans un baril. Par un hasard providentiel, la foudre ne les a pas atteints.

A Ranville, la foudre a traversé la toiture d'une maison et, arrivée au rez-de-chaussée, est sortie par la fenêtre en passant devant une jeune fille en train de travailler et qui n'a eu que la peur. Les carreaux ont été tous cassés, à l'exception d'un seul que la foudre a percé d'un trou parfaitement rond. A Caen, le tonnerre s'est abattu sur la barque du batelier qui habite à l'extrémité du cours Cafarelli. L'embarcation a été séparée en deux parties par le choc et a coulé.

A Caumont, l'orage s'est déchaîné avec une violence extrême. Les chemins charriaient des masses d'eau, les ruisseaux ordinaires sont bientôt devenus des torrents. Dans les jardins, les dégâts ont été grands, les herbes sont roulées, sur certains points, les récoltes ont été hachées.

Dans l'arrondissement de Lisieux, sur divers points de la contrée, et notamment sur les communes de Manerbe, de Coquainvilliers et du Torquesne, la grêle est tombée avec une violence  inouïe et a haché les blés. Les grêlons avaient l'épaisseur d'une grosse noisette. Les dégâts sont considérables et montent à plus de 60,000 francs.  

 

Juillet 1880  -  Les orages.  -  Samedi soir, un orage 1épouvantable à éclaté sur Caen et une partie du Calvados. A Caen, les rues de la ville ont été transformées en torrents et l'eau a envahi beaucoup de maisons. Des arbres ont été renversés par l'ouragan, notamment près de l'école de natation, ainsi qu'à Louvigny

Dans les communes d'Hérouvillette et Ranville, les colzas, blés, sarrasins, ont été broyés par la grêle.

Le canton d'Évrecy a beaucoup souffert. Les blés, les orges sont roulés et hachés, les seigles, plus avancés, ont la paille moins altérée, mais les sarrasins sont endettés et absolument perdus. Les avoines n'ont plus d'épis, les colzas sur pied sont émondés, ceux qui étaient coupés sont aux trois quarts battus. L'écorce des jeunes pommiers est même détachée du tronc  dans les endroits où les grêlons ont frappé. C'est un désastre complet. Les communes les plus frappées sont : Sainte-Honorine-du-Fay , Maizet, Avenay, Esquay, Vieux, Maltot  et Feuguerolles. A Hamars, les récoltes des quatre principales fermes sont complètement détruites et non couvertes par assurances.

Dans le canton de Ryes, on évalue à plus de trente mille  francs les dégâts causés par la grêle.

A Fontaine-Etoupefour, les dégâts s'élèvent à 30 000 fr.

A Argences, la foudre a tué une jument appartenant au sieur Deschamps, maître d'hôtel.  A Billy. elle est tombée sur la maison du sieur Bisson, a dérangé un lit dans lequel étaient couchées deux personnes,  mais n'a fait que de légers dégâts. A Livarot, elle a brûlé une meule de foin. A Trouville, il y a eu un véritable déluge.

A Goustranville, la foudre a tué une jument appartenant à M. Gosselin. A Dozulé, les marronniers placés de chaque côté de l'église ont été rompus.

Cet orage a aussi occasionné de grands dégâts dans le canton de Balleroy : la foudre est tombée plusieurs fois, et a renversé, à Balleroy, deux personnes qui se trouvaient dans un champ, sans leur faire néanmoins de graves blessures. A Castillon, par suite de la foudre, le feu a pris à une boulangerie dépendant de la ferme de M. Pelcerf. Perte 600 fr. Assurée.

A Honfleur et les environs, notamment du côté de Gonneville, l'orage a fait des dégâts considérables. Rue Boudin, à Honfleur, une petite fille a été renversée par la masse d'eau qui, de la côte, se précipitait par cette rue en pente. Sans le prompt secours d'un habitant du quartier qui fut assez heureux pour ressaisir l'enfant qui disparaissait entraînée par le courant, il est  certain qu'elle n'eût pu d'elle même échapper au danger qui la menaçait.

Le préfet rappelle aux maires dont les communes ont subi des pertes, qu'ils doivent adresser à la préfecture une demande de secours, indiquant nominativement les cultivateurs sinistrés et la perte de Chacun. Dans la même pétition, ils feront connaître les noms de deux cultivateurs d'une commune voisine les plus aptes à assister les contrôleurs dans l’estimation des pertes.

 

Décembre 1880  -  L’amnistié urbain.  -  Le Navarin ramène en France les derniers condamnés de la Commune, libérés par l'amnistie totale. Parmi eux se trouve le nommé Urbain, originaire du Calvados, fils d'un ancien instituteur de Condé-sur-Noireau, et ex-instituteur lui-même à Argences et à Ver (Calvados) . Urbain était membre de la Commune et maire du 7e  arrondissement. C'est lui qui, dans la séance du 17 mai, proposa d'appliquer la loi sur les otages. Au mois de septembre. 1871, Urbain avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par le conseil de guerre de Versailles.  

 

Février 1881  -  Empoisonnement.  -  On signale d'Argences, un cas  d'empoisonnement inexpliqué. Le nommé Hamon, âgé de 50 ans, gardien d'herbages au Ham, est mort après avoir mangé de la soupe. Sa femme et son enfant, qui en avaient mangé également, sont très malades. Un chien qui avait goûté à cette soupe a succombé.  

 

Mars 1881  -  L’omnibus d’Argences.  -  Jeudi, vers 3 heures 1/2 d'après-midi, l'omnibus partant d'Argences et conduisant les voyageurs à la gare de Moult, s'est affaissé subitement. L'essieu venait de se briser, et par une chance providentielle les voyageurs en ont été quittes pour de légères égratignures. On ne saurait imputer cet accident qu'au mauvais état de la voiture, qui est trop souvent surchargée.

 

Septembre 1881  -  Concours.  -  La fanfare d'Argences a obtenu quatre récompenses au concours de Trouville : deux médailles de vermeil et deux médailles d'argent.  

 

Octobre 1881  -  Un enfant écrasé.  -  Mercredi, à Argences, un enfant de deux ans et demi, Gustave Verneck, dont les parents sont musiciens ambulants, a eu la tête écrasée par la roue d'un banneau de betteraves que conduisait M. Hervieu, cultivateur. Ce pauvre petit est le plus jeune de onze enfants, M. Hervieu a donné à la mère 1 500 fr. Les obsèques de la petite victime n'ont eu lieu, parait-il, qu'après de longs pourparlers entre les parents et M. le curé d'Argences, qui exigeait des pièces que les parents n'avaient pas le temps matériel de faire venir.  

 

Mai 1883  -  Plus de cachot. –  Le ministre de l'instruction publique vient d'adresser aux recteurs d'académie une circulaire, dans laquelle il les informe que l'usage du séquestre dans les lycées et collèges doit être abandonné partout.

 

Juin 1883  -  Incendie. –  A Argences, 1 hectare 20 ares de bois taillis, appartenant aux sieurs Joseph Dupéreaux et Liotard Levare, propriétaire, ont été brûlés. Pertes 200 fr.  

 

Août 1884  -  Insolation.    Samedi, à Argences, le nommé Alfred Panthou, 11 ans, est mort subitement, sur la route, en conduisant des bestiaux à l'herbage, d'une congestion causée par la grande chaleur du soleil.  

 

Septembre 1884  -  La fête d’Argences.    Dimanche, grande fête à Argences. On y inaugurait un nouveau boulevard et l'éclairage au gaz. Il y a eu concours de musique, séance de la société de gymnastique de Caen, jeux, illuminations, feu d'artifice, etc….. M. Monot, qui n'est arrivé qu'à cinq heures du soir, a été reçu par la municipalité d'Argences, qu'il a félicitée  d’avoir su réaliser de si utiles améliorations. Ces félicitations ont d'autant plus de prix que, si M. la maire d'Argences et M. Deléan ont réussi à installer le gaz dans cette ville, les bureaux de la préfecture ne les  y ont guère aidés, bien au contraire.

 

Février 1885  -  Singulier dépôt.  -  Dernièrement, une jeune femme de Thury-Harcourt a déposé, à Argences, devant la porte de l'habitation d'un propriétaire de cette commune, une corbeille dans laquelle se trouvait un gros bébé. La gendarmerie l'a arrêtée à Moult. Quant au bébé, le propriétaire en question refuse énergiquement de l'adopter.  

 

Février 1888  -  Les suites de l’ivresse.  -  Le cadavre du sieur Adolphe Déterville, 72 ans, propriétaire, à Argences, a été découvert dans un fossé dans lequel il y a une hauteur d'eau d'environ 10 centimètres. Cet homme avait été vu ivre, la veille, à Argences.

 

Octobre 1888  -  Crime mystérieux.  -  La veuve Mélanie Martine, âgés de 77 ans, habite avec son fils Jean-Baptiste, âgé de 49 ans, un petit attenant situé au hameau de Crosnières, commune de Billy, près Argences. Un jeune domestique de 16 ans, nommé Jules Larue, les aide dans leur exploitation. La pauvre vieille a été tuée jeudi soir, à coups de revolver, son fils a  été gravement blessé. On a aussi tiré sur le jeune domestique. 

Voici, d'après l'enquête, ce qui se serait passé : Jeudi soir, vers sept heures, deux individus se présentèrent chez la dame Martine et demandèrent à parler à son fils, pour lui remettre une lettre pressée. Elle les conduisit à l'écurie où était déjà couché son fils. L'un des individus pénétra dans l'écurie, l'autre resta dans la cour pour faire le guet. En entendant du bruit,  Martine se mit sur son séant et demanda : « Qui est là ? ». La mère répondit : « Ce sont des hommes qui veulent te causer. » L'inconnu, qui était resté dans l'ombre, dit à la femme Martine : « Allez-vous-en, ce que j'ai à dire ne vous regarde pas... » Comme elle hésitait, l'inconnu tira de dessous son gilet un revolver et en déchargea plusieurs coups sur la dame Martine et sur son fils. Pendant ce temps l’autre homme, resté dans la cour, tirait sur le petit domestique et sur une voisine, sans les atteindre... Puis les deux assassins prirent la fuite. 

D'un autre côté, on dit que c'est l'individu resté dans la cour qui aurait tiré sur la veuve Martine. La dame Martine était tombée foudroyée, son fils avait la figure traversée par une balle qui était entrée par une joue et était ressortie par l'autre, son état est grave. Quant au mobile du crime, on croit que c'est la vengeance. Il y a-t-il la-dessous une affaire de femme ? Tout semble l'indiquer, car l'assassin, en disant à la femme Martine de se retirer, n'avait pas l'intention de tirer sur elle. S'il l'a fait, c'est qu'elle ne s'est pas éloignée ou qu'il a craint qu'elle ne donnât son signalement. Ajoutons que Martine était très mal avec sa femme, que celle-ci voulait divorcer, mais que le mari s'y opposait. Avec ces renseignements et d'autres obtenus par le parquet, tout porte à croire que les assassins vont être arrêtés s'il ne le sont déjà. 

Martine faisait un commerce important de légumes. Aussi est-il connu non seulement dans les marchés de son rayon, mais encore dans les villes de Caen et de Lisieux, où il a de la famille.  

 

Décembre 1888  -  Les voleurs de vaches.  -  Dans son audience de jeudi, le tribunal correctionnel de Caen a condamné à trois ans de prison chacun deux voleurs de vaches, les nommés Léon Delille, 41 ans, cultivateur à Caumont, et Henri Benoît, 27 ans, ferblantier, sans domicile. 

Le premier avait volé deux vaches au sieur Sauvage, à Carpiquet, et deux génisses à la veuve Hèlie, de Vaux-sur-Seulles. 

Le second avait volé, à Argences, trois vaches au sieur Huel, un cheval et un harnais au sieur Hamel, et une carriole au sieur Roland.  

 

Novembre 1890  -  Les receveuses peuvent aimer.  -  Par arrêté ministériel, les receveuses sont autorisées à contracter mariage avec le fiancé de leur choix. Une seule exception subsiste : elle concerne les personnes du sexe masculin, remplissant une fonction de police, comme les gendarmes, commissaires et les gardes champêtres.  (Source B.N.)

 

Novembre 1890  -  Les écoles sans feu.  -  L'an dernier, à pareille date, on nous signalait que, malgré le froid rigoureux, l'école de filles d'Argences n'était pas chauffée. Cette année, il gèle beaucoup plus fort que l'an passé et on nous écrit que ladite école est sans feu. Si le fait est exact, nous espérons qu'il aura suffi de le signalés pour que l'administration académique le fasse cesser.   (Source B.N.)

 

Mai 1891  -  Fraude sur la qualité.  -  Jeudi, au marché d'Argences, un cultivateur venait d'acheter trois sacs d'avoine à un individu de Saint-Aignan-de-Cramesnil, lorsqu'en se livrant l'acheteur constata qu'au milieu des sacs se trouvait de la criblure. Des amis ont arrangé l'affaire et l'indélicat vendeur en a été quitte pour terser une somme de 20 francs.   (Source B.N.)

 

Juin 1892  -  Fête.  -  Argences. — Fête St-Jean, dimanche 26 juin, sous le patronage du Velo-Sport-Caennais. Nombreux et important prix.  Course d'honneur : objet d'art, offert par la municipalité. Musique pendant les courses. (Source B.N.)     

 

Juillet 1892  -  Affaire étouffée.  -  Un cultivateur du canton de Bourguébus était pincé, à l'une des dernières halles d'Argences, pour n'avoir pas mis, à beaucoup près, la mesure dans les sacs de blé qu'il exposait en vente. Sur la plainte de l'acheteur, les sacs furent saisis. L'affaire fit du bruit, car il paraît que c'est la troisième fois que pareille chose arrive au même cultivateur. Depuis, on n'a plus entendu parler de l'affaire. Elle a été, dit-on, étouffée. Par qui ?  Nous serions heureux de le savoir. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Récoltes dans le Calvados.  -  Blé d'hiver, bon ; seigle, bon ; avoine de printemps, assez bonne ; orge de printemps, passable ; foin, peu abondant par suite de la sécheresse, pommes, récolte moyenne sur certains points, presque nulle sur d'autre.  (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Accidents graves.  -  Jeudi 1er  juin, dans la matinée, le sieur Achille Lavinay, 60 ans environ, propriétaire à Chicheboville, venait d'arriver au marché d'Argences, lorsque, voulant dételer sa jument, celle-ci lui lança une ruade en pleine figure. Il a eu la mâchoire brisée et le nez emporté. Son état est grave. 

Vendredi l'après-midi, le sieur Lecanu, propriétaire à Bazenville, dirigeait une faucheuse dans un de ses herbages, lorsqu'ayant laissé tomber les guides, au moment où il se penchait pour les rattraper, il fut atteint à la tête par les ruades des chevaux de l'attelage. Il a eu une fracture de la mâchoire et le larynx gravement endommagé. (Source B.N.)  

 

Août 1893  -  Mort accidentelle.  -   Le sieur Georges Beaunieux, 18 ans, fils unique de parents cultivateurs à Argences, a été trouvé étendu sans vie sur le territoire de Saint-Pierre-du-Jonquet, section de Rupierre. 

Le jeune Beaunieux était parti chercher une voiture de foin. On présume que son cheval s'est emporté, et que le malheureux a voulu descendre pour l'arrêter. Il serait alors tombé sous la roue qui lui a broyé la tète. Ce jeune homme faisait partie de la fanfare d'Argences. Cette société a Voulu s'associer à ce deuil cruel en s'abstenant de prendre part au concours musical de Caen.  (Source B.N.)  

 

Décembre 1893  -  Un coq à 200 francs.  -  Le sieur Bunel, ancien maire de Bellengreville, s'apercevait depuis longtemps que des volailles disparaissaient de sa basse-cour. Il s'en prenait aux renards. Mais dernièrement ce fut un superbe coq qui disparut. 

Le sieur Bunel songea qu'on pouvait bien l'avoir volé. Il se rendit au marché d'Argences et y retrouva son coq, que la dame Lucas, femme du maire actuel de Bellengreville, mettait en vente. Il fit dresser procès-verbal et la dame Lucas vient d'être condamnée par le tribunal de Caen à 200 fr. d'amende. M. Lucas avait été dernièrement poursuivi et condamné en police correctionnelle pour tromperie sur la chose vendue, puis acquitté sur appel. (Source B.N.)  

 

Mai 1894  -  Incendiaire.  -  Dans la nuit de dimanche, les voisins constatent que le feu était dans la chambre à coucher d'un nommé Alexandre Binet, 29 ans, journalier à Argences, ils réussirent à l'éteindre assez promptement. Binet aurait lui-même allumé cet incendie. Il a été arrêté. (Source B.N.)  

 

Juin 1894  -  Récompenses.   -  Témoignage officiel de satisfaction accordé par le ministre de la marine au sieur François Marie, de Port-en-Bessin, patron de la barque « Georges-Henriette », pour le courage et le dévouement dont il a fait preuve, le 18 février 1894, en dirigeant, par gros temps et malgré une grave blessure à la tête, le sauvetage de l'équipage du sloop « François », en détresse. 

— Médaille a 2e cl. au sieur Pierre Lechartier, sous-officier de pompiers à Argences, 45 ans de services : belle conduite au cours de nombreux incendies, et au sieur Victor Houlbec, propriétaire à Caen, blessé le 24 mars 1894, en arrêtant un cheval emporté attelé à une voiture. (Source B.N.)

 

Octobre 1907 - Inauguration de l'hospice. - Le dimanche le  20 octobre aura lieu l'inauguration de l'hospice, sous la présidence de M. Henry Chéron, député du Calvados, Sous-secrétaire d'État à la guerre ; de M. le Préfet du  Calvados ; de M. Boivin-Champeaux, Sénateur ; de MM. Dalarbre, Conseiller général et Fontaine Conseiller d'arrondissement avec le concours de la musique du 36e d'infanterie. - Le dimanche le  20 octobre aura lieu l'inauguration de l'hospice, sous la présidence de M. Henry Chéron, député du Calvados, Sous-secrétaire d'État à la guerre ; de M. le Préfet du  Calvados ; de M. Boivin-Champeaux, Sénateur ; de MM. Dalarbre, Conseiller général et Fontaine Conseiller d'arrondissement avec le concours de la musique du 36e d'infanterie.

Samedi 19, à 8 heures et demie grande retraite aux flambeaux, avec le concours de la Musique municipale et la Compagnie des sapeurs-pompiers ; salves d'artillerie.

Dimanche 20, à 9 heures, distribution de pain et de viande aux pauvres.

À 10 heures et demie, réception des personnages officiels ; défilé et inauguration des plaques indicatrices des principales rues ; remise des médailles aux anciens ouvriers et serviteurs ;  inauguration de plaques commémoratives dans les écoles de filles et de garçons.

À 11 heures et demie, grand banquet par souscription.

À 1 heure et demie, départ du cortège pour la cérémonie ayant lieu à l'hospice.

À 2 heures, inauguration de l'hospice ; vin d'honneur.

À 4 heures, concert par la musique sur la place du marché ; jeux divers dans différents quartiers.

À 8 heures et demie, feux d'artifice.

À 9 heures, grand bal gratuit sous la halle aux grains.

 

Février 1913  -  Explosion à l'usine à gaz  -  Une très violente explosion, dont la cause est encore inconnue, s'est produite à l'usine à gaz d'Argences. De nombreux carreaux ont été brisés et une partie de la couverture de l'usine a été fortement endommagée. Il y a heureusement pas eu d'accident de personne.  

 

Mars 1915  -  Les désespérés.  -  Échappant à la surveillance dont elle était l'objet, une pensionnaire de l'hospice de vieillards d'Argences, la demoiselle Clémentine Lenormand, 67 ans, est allée se noyer dans la « Muance ». Cette malheureuse, qui était neurasthénique, avait manifesté plusieurs fois l'intention de se suicider.  

 

Mars 1916  -  Macabre découverte.  -  On a découvert, dans un fossé, au lieu dit « la fosse Bernay », à Argences, le cadavre du sieur Émile Devicq à Magny-le-Freule. Il avait succombé à une congestion. Quelques jours avant, Devicq avait été pris de congestion, alors qu'il travaillait chez M. Harel, à Magny. Il avait été alité pendant cinq jours, puis, dans un accès de fièvre, était parti subitement et on ne l'avait plus revu.  

 

Juin 1916  -  Nos gas !  -  Dans un numéro de septembre dernier, nous avions présenté à nos lecteurs quelques-uns de nos gas normands et particulièrement Albert Levillain, d'Argences, qui, ayant d'abord servi dans les sous-marins et devenu capitaine de port à Saigon, venait de se faire renvoyer en France et incorporer dans l'aviation maritime. Levillain a maintenant la Croix de guerre avec palme, gagnée à quelques 3 000 métres au-dessus d'Ostende, et il a été nommé commandant d'escadrille en raison des services nombreux qu'il rend journellement dans son poste périlleux.

 

Juin 1916  -  Le temps qu’il fait.  -  Il a plu le jour de Saint-Médard, grand pleurard, mais, Il n'est rien tombé le jour de Saint-Barnabé, pour la bonne raison que ce saint a été, cette année, rayé de la plupart des calendriers, on ne sait trop pourquoi. Les savants expliquent que les périodes de mauvais temps actuelles sont dues aux immenses champs et montagnes de glaces détachés, brusquement du pôle  par les chaleurs anormales d'il y a quelques semaines. Le Gulf Stream a entraîné ces glaces jusque dans les mers tempérées. L'activité calorique du soleil, particulièrement intense cette année, a causé ces ruptures, et les glaces, au lieu de fondre la-haut, ont fondu sur nous. Cela revient à dire que, s'il fait si froid, c'est parce que le soleil chauffe trop. Qu'il se calme donc un peu pour qu'où sue !

 

Janvier 1917  -  Tué par une vache.  -  En allant conduire ses vaches au pré, M. Auguste Godefroy, 70 ans, cultivateur à Argences, fut assailli par l'une d'elles qui le renversa et le piétina avec une telle fureur que le malheureux eut le nez écrasé, la mâchoire fracassée et un oeil sorti de l'orbite. Malgré les soins qui lui furent prodigués, il succomba peu après.  

 

Juillet 1917 -  Pincée quand même.  -  Deux laitières, la dame Wattelet, d'Argences, et la dame Retout, de St Pierre-du-Jonquet, se trouvèrent, l'autre jour, en présence de l'agent de répression des fraudes, qui émit la prétention d'effectuer un prélèvement dans les channes de ces dames.

Croyant sans doute se soustraire à une sanction possible, ces dernières retournèrent leurs récipients sens dessus dessous. C'était clairement avouer que leur lait était baptisé. Bien entendu, l'agent put vérifier ce lait ; mais les deux femmes furent condamnées, quelques jours plus tard, à 50 fr. d amende chacune par le Tribunal correctionnel de Caen.

 

Juin 1918  -  Vol et port illégal de décorations.  -  Le soldat Léon Besognet, 42 ans, à Caen, du 18e régiment d'infanterie, à Evresey, actuellement en congé de convalescence, arriva chez lui un certain dimanche et donna à sa femme une somme de 60 francs.

Il lui dit que c'était le prix de sa croix de guerre. Depuis quelques mois, en effet, et déjà lors de son mariage en janvier 1918, Besognet portait la croix de guerre et la daille militaire. La jeune femme ne fut donc pas étonnée. Mais ayant trouvé, dans un tiroir, un sac à main, elle en demanda la provenance à son mari. Celui-ci répondit d'abord qu'il l'avait trouvé, sur la route, et finit par avouer qu'il l'avait trouvé dans le train avec la somme de 60 francs. Mme Besognet avertit alors sa mère, qui a immédiatement prévenu la police. Besognet n'avait aucun droit à porter ses insignes et sera poursuivi pour vol et port illégal de décorations. Il a été arrêté à Caen au moment il s'apprêtait à prendre le train et a été mis à la disposition de l'autorité militaire.

Septembre 1918  -  Les frasques d’une garde-barrière.  -   La femme Allin, garde-barrière la gare de Moult, a beaucoup fait parler d'elle depuis la mobilisation. Ces jours-ci, elle s'est exhibée, dans une tenue militaire prêtée par un ami, sur la voie ferrée et sur le quai de la gare. Les gendarmes lui ont dressé procès-verbal pour port illégal d'uniforme.

 

Décembre 1924  -  Un réveillon sanglant.  -  Située à quelques Kilomètres de Caen, la jolie commune d'Argences bien connue des touristes qui visitent notre région a toujours séduit, les promeneurs par le charme de ses paysages pittoresques, la teinture verdoyante de ses grands bois, ses coteaux en amphithéâtre dont, les flancs étaient couverts jadis de vignes florissantes qui fournissaient encore au siècle dernier un vin exquis fort apprécié des gourmets. Les vignes ont disparu, des pommiers robustes leur ont succédé mais ce pays est resté l'un des plus̃ fertiles de la Normandie, et sa population y trouve des ressources de toute nature. Tout le monde enviait le sort de cette sympathique population rurale, lorsqu'il y a quelques années une sombre histoire vint, obscurcir le ciel de ce paradis terrestre. Argences devint célèbre par l’abominable mystère de !a femme sans tète. Deux nouveaux crimes sur lesquels la justice fut impuissante à faire la lumière devaient donner à la petite bourgade une réputation sinistre.
 Mercredi dans la soirée, un jeune domestique de ferme, Lucien Chantreuil, 17 ans, dont la mère réside à Argences, se présentait avec quelques camarades de son âge à l'hôtel Chanteloup. Les jeunes gens prirent ensemble plusieurs consommations. Lorsque sonna la messe de minuit, le groupe se dirigea vers l’église et Lucien Chantreuil et ses amis voulurent troubler par une attitude indécente le recueillement des fidèles qui assistaient à la cérémonie.

Le domestique ayant allumé une cigarette fut expulsé. Un peu honteux du scandale, ses acolytes sortirent et rentrèrent tranquillement à leur foyer, il savaient que leur camarade était redouté dans la commune des bruits fâcheux couraient sur son compte et on évitait de se rencontrer avec lui.
Errant seul dans les rues désertes Lucien Chantreuil se trouva tout-à-coup devant la demeure d’une sexagénaire Mlle Marie Leclerc, âgée de 76 ans. Un abominable dessein surgit dans  son cerveau surexcité  par  la boisson. Il frappa à la porte de la vieille fille. N'obtenant pas de réponse, Lucien Chantreuil démolie à coups de pied le panneau de cette porte. Il n’osa pas pousser plus loin sa tentative et s'éloigna. Mais, sous l'impulsion de ses instincts de brute, le déséquilibré gagnait quelques instants après une autre maison isolée 500 mètres de
l'agglomération, celle de la Veuve Marcotte âgée de 65 ans. Deux heures sonnaient au clocher de la petite église.

Le drame
Pour ne pas éveiller l'attention Lucien Chantreuil avait, traversé des vergers pour arriver à l'immeuble solitaire. Mme Marcotte, qui a deux enfants établis à Caen et à Deauville, vit simplement d’une pension de 800 francs qui lui a été attribuée à la mort d'un troisième enfant tué pendant la guerre. La pauvre femme vit dans le plus complet dénuement. Etant sur le point de quitter le pays pour se rendre chez l'un de ses fils, dans l'immeuble composé du rez-de-chaussée ou elle occupe ne restaient plus qu'un lit de fer, un buffet vermoulu, une table et une chaise.

Surprise par les appels du garnement, la veuve Marcotte se leva et ouvrit. A peu près aveugle depuis quelque temps, elle avait reconnu à la voix, le domestique de M. Andrieux qui était, plusieurs fois entré dans son pauvre logis.
Une scène indescriptible se déroula quelques minutes, après. La sexagénaire venait de remonter sur son grabat lorsque le misérable, après avoir allumé une bougie, s'approcha du lit.
Comprenant le but odieux de son agresseur, Mme Marcotte appela au secours son voisin M. Bertin dont l’habitation est située à 200 mètres. Ses appels ne furent pas entendues. L'ignoble personnage, craignant d'être surpris, s'empara de sa victime et l’étendit sur le sol pour assouvir sa passion. Devant la résistance qui lui était opposée il proféra des menaces.

Son attentat accompli, Lucien Chantreuil pour étouffer les cris de celle qu'il terrassa, s’arma d'un solide gourdin et lui assena deux coups terribles sur la tète. Il lui donna ensuite avec son sabot, un coup de talon dans la jambe gauche. La violence du coup fut telle que le tibia fut brisé net et sortit des chaires.
Sous la vivacité de la douleur, la blessée eut la force d'appeler de nouveau au secours. C'est alors que le meurtrier, saisissant un fer à repasser qu'il avait trouvé à  l'angle de la pièce, broya la tempe de victime à l'aide de cet instrument. La mort avait été foudroyante.

Une mare de sang maculait les carreaux, Lucien Chantreuil fouilla le tiroir du vieux buffet et s'empara d'une quinzaine de francs. Muni de cette somme modique, il regagna le bourg et une demi-heure après il entrait au café Chanteloup resté ouvert. Aucune émotion ne paraissait sur les traits de l'assassin, qui joua tranquillement aux dominos une partie de la nuit avec des consommateur.

 Vers 4 heures du matin le bandit avait rejoint la ferme de M. Andrieux. Il cacha derrière un coffre à avoine le bâton dont il s'était servi pour assommer la veuve Marcotte.

Lorsque le jour parut, Lucien Chantreuil aperçut des taches de sang sur son pantalon et sur sa veste. Il se rendit chez sa mère et prit d'autres vêtements.

C'est au cour de la matinée qu'un voisin M. Bertin, découvrit le cadavre de Mme Mareotte et informa M. Donné adjoint au maire. On ne tarda pas à soupçonner l’auteur de cette sanglante tragédie.
Le chef de brigade de gendarmerie Serre qui avait appris le bris de clôture commis la veille chez Mlle Leclerc, interrogea le domestique. Les taches de sangs restés sur les effets du coupable ne laissaient aucun doute sur sa responsabilité. Lucien Chantreuil ne tarda pas a passer des aveux complets. Il avoua cyniquement, qu'après son crime il avait passé « une bonne nuit, sans aucun cauchemar ».
  Le misérable a des antécédents déplorables au point de vue moralité et dans une affaire récente, son jeune age seul lui épargna la correctionnelle. Détail singulier : il s’était livré à
diverses reprises à d'odieuses tentatives sur la personne de femmes ayant passé la soixantaine.

Juin 1925  -  Le verdict de la Cour d'Assise.  -  Le jury revient avec un verdict affirmatif avec circonstances aggravantes. En conséquence la Cour condamne Chantreuil à la peine de mort.

 

Janvier 1925  -  On découvre un cadavre.  -  Avant-hier, vers 9 heures, M. Désiré Dallet, cultivateur, se rendait dans un herbage route de Dozulé, lorsqu'il découvrit, dans un hangar, le cadavre d'une femme de forte corpulence, simplement vêtue et paraissant âgée d'une cinquantaine d'années.

Cette femme inconnue dans la région, n'avait sur elle aucune pièce qui pût faire connaître son identité. On a seulement retrouvé dans ses vêtements, un journal dont la date remonte à quelques semaines.

M. le docteur Derrien, nouvellement installé à Argences, a fait les constatations d'usage. Il a conclu à une mort naturelle, due probablement à une congestion causée par le froid.

 

Octobre 1925  -  Chantreuil est gracié.  -  L'assassin d'Argences, dont Me Sillard avait sollicité la grâce auprès du président de la République, ne subira pas le châtiment suprême : sa peine a été commuée en celle des travaux forcés à perpétuité.

Le jeune meurtrier n'avait jamais désespéré de la clémence présidentielle et passait des nuits sans cauchemar au momentse décidait son sort.
Récemment, écrivant à sa mère, il la priait de le renseigner sur le cours des pommes d'Argences. Chantreuil n'a pas perdu le souvenir du « gros bère ».

C'est dans la cour de la prison qu'il fut rejoint par son avocat auquel il exprima ses vifs remerciements en apprenant la nouvelle de la mesure dont il bénéficiait. Chantreuil promit parait-il de racheter son crime par une conduite exemplaire.

 

Août 1926  -  Incendie.  -  Un violent incendie a éclaté hier soir à 22 heures dans un hangar de la tuilerie d'Argences. Les pompiers de la commune, alertés, se transportèrent vivement sur les lieux du sinistre. Ils préservèrent les bâtiments voisins. On avait dès le début fait sortir du dépôt tout proche, deux locomotives et du matériel de chemin de fer d'Argences. Les hangars en feu contenaient 150 bottes de foin, de 5 à 600 fagots et grand nombre de traverses pour la réparation des lignes, des barils d'huile, des voitures, toutes matières qui alimentèrent les flammes en constituant un immense brasier. Les pompiers restèrent toute la nuit sur les lieux du sinistre et purent empêcher l'extension.

Les dégâts sont uniquement matériels, mais d'un chiffre élevé. On ignore actuellement les causes de cet incendie. La gendarmerie de Moult procède à une enquête.

 

Août 1926  -  L’incendie de la Tuilerie.  -  Nous avons relaté hier, le grave incendie qui éclata ces jours derniers dans les dépendances de l'usine du Fresne d'Argences. Un immense hangar de 30 mètres de longueur sur 25 de largeur, servant au dépôt du matériel de la tuilerie, avait été tout entier la proie des flammes, avec les objets entassés à l'intérieur.

Le sinistre fit des progrès si rapides que les pompiers en arrivant sur les lieux, ne réussirent qu'à préserver les bâtiments voisins. Toute idée de malveillance parut d'abord devoir être écartée. Le hangar consumé était en effet, avant l'incendie, entouré par un robuste treillage de deux mètres de hauteur, et son accès rendu difficile par cette protection métallique.

Au cours de leur enquête, les gendarmes de Moult-Argences, pensèrent d'abord que le feu avait pu être communiqué par les deux locomotives remisées sous le hangar, mais le directeur de la tuilerie objecta contre cette hypothèse que les foyers et les cheminées des machines étaient toujours fermés avec le plus grand soin, avant de rentrer sous le hangar.

M. Serres, chef de brigade, apprit en procédant aux constatations, qu'un ouvrier récemment congédié, nourrissait une haine féroce contre les auteurs de son renvoi, et avait manifesté plusieurs fois des idées de vengeance.

Ils voulurent interroger cet homme irascible, Victor Gallon, 50 ans, qui demeurait dans une des cités construites à proximité de la tuilerie. En l'absence de son mari, la femme Gallon répondit sans aucun trouble aux questions des gendarmes, mais l'un des enfants, âgé de 13 ans, présent à l'interrogatoire, parut vivement émotionné. L'indice révélateur n'échappa pas à la sagacité de l'habile chef de brigade. Il demanda au jeune Gallon de l'accompagner un moment sur la route et en chemin, il le questionna avec un tel à-propos, que le gamin finit par dévoiler la cause de son embarras.

Au cours de la soirée, ou se clara l'incendie, il avait été chercher du cidre dans, un café du voisinage. Avant de rentrer à la maison, ajoute l'enfant, je m'étais arrêté un moment à hauteur du hangar. J'aperçus mon père qui se glissait à plat ventre sous la barrière établie devant le bâtiment. Je m'empressai de regagner notre habitation, que mon père rejoignit lui-même quelques instants après mon retour. Bientôt des cris « au feu » retentirent dans la rue. Nous sommes tous sortis pour aller combattre le sinistre.
Cette déclaration ne laissait plus de place au doute. Victor Gallon entendu le même jour, donna des explications assez contradictoires sur l'emploi de son temps. Il avait été des premiers à organiser des secours et s'était joint aux personnes accourue dès que fut donnée l'alarme.
Les gendarmes n'ignoraient pas ce détail dont il reconnurent l'exactitude, mais la déposition accusatrice du fils Gallon mit dans une grande perplexité le père, qui finit par passer des aveux.

Vous êtes terrible brigadier, dit-il à M. Serres, je n'essaierai plus de me défendre. Eh bien, oui, c est moi qui ai mis le feu au hangar en jetant sur un tas de fagots une gerbe enflammée. Je voulais me venger du patron !

Lorsqu'on voulut lui faire signer ces déclaration, Gallon tenta de se rétracter, mais sa culpabilité était si évidente qu'il ne persista pas longtemps dans cette attitude.

L'enquête a établi du reste qu'au mois de juin, Gallon avec son fils, avait par malveillance provoqué un déraillement sur la voie de l'usine en lançant une rame de wagons contre une autre. C'est cet acte de sabotage qui avait motivé son renvoi.

 

Mai 1927  -  Les méfaits de l'orage.  -  Avec les premières chaleurs sont arrivés les premiers orages. D'une façon générale, ces pluies violentes ont fait le plus grand bien aux cultures  mais certains accidents, causés par la foudre sont à déplorer :

À Fierville-les-Parcs, canton de Blangy-le-Château, un bœuf et une vache prête à vêler, appartenant M. Goulley, ont été tués.

De même à Fontenay-le-Pesnel ou une vache, à M. Pieplu, a été foudroyée.

Tout près de là, à Tilly-sur-seulles, le fluide est tombé sur le bureau de poste, interrompant les communications téléphoniques.

A Argences, il est tombé en 20 minutes 41 millimètres d'eau ce qui, de mémoire d'homme, ne s'était jamais vu. Aussi, par suite de l'insuffisance des égouts, les rues ont-elles été un moment transformées en  torrents et de nombreux rez-de-chaussée inondés.

Enfin, à Pont-l'évêque, un poteau télégraphique, route de Lisieux, a été sectionné par la foudre qui est également tombée sur le garage Even, rue d'Alençon, où les dégâts ont été  purement matériels.

 

Octobre 1927  -  Il y a juste un siècle avait lieu pour la première fois au bourg d'Argences, un concours de juments poulinières. Depuis, cette coutume plus durable que les  régimes et les institutions, s'est conservée. Tous les ans, pour la Saint-Luc, se déroulent les épreuves d'un concours qui à la a le double mérite d'être tout à la fois le plus ancien et le plus  important de France, peut-être même du monde.

Aussi, un tel événement ne manque-t-il pas, chaque automne de réunir sur la coquette place d' Argences l'élite du monde hippique et les principales personnalités du département. Il y avait là, lundi dernier, nos trois sénateurs, le préfet, M. Blaisot député, MM. Delarbre, Laurent, Terrée, Le Tourneur d'Ison, conseillers généraux, l'aimable M. Callouet, conseiller  d'arrondissement, M. Viel et tous les hommes de Ch'vas de  Normandie et d'ailleurs. Juges et concurrents ont eu du fil à retordre tellement les compétitions étaient nombreuses et les diverses catégories bien fournies.

On a pu s'y rendre compte  que jamais peut-être l'élevage n'avait atteint chez nous un tel degré de perfection. Entre-temps, le traditionnel déjeuner réunissait à la mairie les officiels, le jury et la presse. M. Chanteloup, maître d'hôtel et maître queux, y a largement confirmé une réputation déjà solidement établie. Par une heureuse coutume, qu'on s'est juré de conserver,  il n'y a pas eu de discours, à peine, M.  Michel, maire et amphitryon, a-t-il brièvement remercié et annoncé qu'on fêterait officiellement l'an prochain le centenaire du Concours d'Argences. M'sieu Henry a aussitôt promis un ministre, si possible. Puis, les coudes sur la table, on a devisé cordialement, entendez par-là, qu'on a profité pour parler de mille importantes questions dans la rue en suspens, particulièrement du « train Chéron » qui, d'hebdomadaire ne  tarderait pas à devenir quotidien, à la  grande satisfaction des populations  ouvrières de Frénouville et des environs de Caen. Tant il est vrai que si la parole et d'argent, le silence, propice aux actes et aux réalisations, est véritablement d'or.  

 

Août 1928  -  Par imprudence, un gamin incendie des bourrées.  -  Après avoir allumé une cigarette, le jeune Louis M...., 10 ans, demeurant chez sa mère à Argences, a jeté son allumette enflammée dans des herbes sèches auxquelles il a mie le feu. L'incendie s'est propagé à un tas de bourrées appartenant à M. Gaston Lequier, 24 ans, boulanger, demeurant à Argences. Toutes les bourrées ont été consumées. Le préjudice est estimé à environ 1.100 francs. 

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant  une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et  l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Juillet 1929  -  Une trombe d'eau.  -  L'autre jeudi, de minuit à une heure, un orage a éclaté sur Argences et quelques communes voisines. Le tonnerre et les éclairs ont été d'une intensité moyenne, mais la chute de la pluie considérable. M. Castel correspondant de la Commission météorologique, a recueilli une hauteur de 38 millimètres.

Pareil chiffre n'avait été constaté, au cours d'un orage, qu'une fois à Argences depuis 30 ans.  

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée.  A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur propriété, ou de puits, sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très  grandes, d'où une gêne sensible et des  dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à  plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le budget.

 

Octobre 1929  -  L'heure d'hiver.  -  Conformément à la loi du 24 mai 1923, c'est dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 octobre que l'heure d'été fera place à l'heure d'hiver, c'est à dire que les pendules devront être retardées de 60 minutes.

 

Novembre 1929  -  Une dramatique scène de ménage.  -  Le nommé Marius Lemarchand, blessé de guerre, trépané, journalier à Argences, abuse souvent des boissons alcooliques. Déjà  à diverses reprises de violentes querelles s'étaient élevées entre lui et sa femme, née Hélène Étienne, qui se réfugia alors avec ses six enfants chez son père.

L'autre jour, dans l'après-midi, une scène plus violente que d'ordinaire éclata entre lait époux. Mme Lemarchand voulut fuir chez son père. Son mari l'en empêcha. Il se jeta sur la pauvre  femme et la frappa avec une telle brutalité qui lui brisa la jambe.

Les voisins allèrent chercher les gendarmes qui se mirent à la recherche de Lemarchand. Il le trouvèrent pendu dans son grenier. L'asphyxie n'avait pas encore fait son oeuvre et au bout  de quelques instants, il revint à lui. On le conduisit à la chambre de sûreté.

Mme Lemarchand a été transporté à l'hôpital de Caen.Argences.

 

Août 1930   -   Noces de diamant.   -   Les époux Augustin Chrétien ont célébré, le 16 août, le 60e anniversaire de leur mariage, qui a eu lieu à Agences, le 15 juillet 1870. Le mari est né à Cresserons le 20 mars 1846, la femme, Adeline Thouroude, est née à Argences le 7 juin 1848. Ils ont eu deux enfants et leur descendance comprend actuellement douze petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Ils ont dirigé pendant de longues années une fabrique de perles artificielles à Argences, où ils jouissent de la meilleure considération.

Le matin du 16, ils se sont rendus à l'église que entourés de leurs enfants et  de nombreux amis. Avant la messe, M. le curé d'Argences leur a adressé une charmante allocution et, à l'issue de l'office, un long défilé a eu lieu à la sacristie.

Après la cérémonie religieuse, ils sont rentrés à la mairie où le maire, M. Hamel, en termes choisis, leur a présenté ses félicitations et remis une gerbe de fleurs.

Les époux Chrétien n'ont aucune infirmité et espèrent encore vivre de nombreuses années, ce que nous leur souhaitons de tout coeur.  

Juillet 1931   -   Une mort étrange.   -   Un charretier de la Tuilerie d'Argences, M. Emmanuel Kerfon, 32 ans, a trouvé la mort dans des circonstances qui paraissent quelque peu étranges et laissent supposer, étant donné le caractère renfermé de la victime, que l'on se trouve en présence d'un suicide d'un genre tout à fait spécial.
M. Kerfon était occupé a conduire des chevaux dont le principal travail consistait à traîner, de la carrière appartenant à la Tuilerie d'Argences et située au hameau de Fresnes, des wagonnets chargés de terre et de sable à destination des fours de la tuilerie, à Argences même. Il venait de partir avec un train de six wagonnets et marchait à gauche de son convoi, lorsque le comptable-surveillant, M. Olivier Longeard, vit le convoi s'arrêter alors qu'il avait accompli environ 200 mètres.
Il pensa tout d'abord à un arrêt momentané mais, au bout d'un petit instant, ne voyant pas le convoi repartir et n'apercevant plus le charretier aux côtés de ses chevaux, il se rendit sur les lieux. A son arrivée, il trouva le corps du malheureux charretier couché le long de la voie et calant une des roues du wagonnet de tête. Il fit aussitôt appeler un docteur d'Argences qui, devant la gravité des blessures du charretier, le fit transporter à l'hôpital de Caen. M. Kerfon y est décédé peu de temps après son arrivée.
De l'enquête ouverte aussitôt, il semble que l'on doit écarter la version d'un accident qui ne peut s'expliquer d'aucune manière. Etant donné certaines réflexions faites par Kerfon avant
son départ de la carrière, il parait probable que l'on se trouve en présence d'un suicide.

 

Juillet 1931   -   Un champ d’avoine incendié.   -   La locomotive du train du Fresne d'Argences à la gare de Moult a mis le feu à un champ d'avoine appartenant à M. Fresnel, cultivateur à Argences. Toute la récolte a été détruite.

 

Janvier 1940  -  Un violent incendie ravage un groupe d'immeubles.   -  Mercredi soir, un violent incendie éclatait à Argences, sur la place de la République, dans un groupe de maisons appartenant à Mme Deschamps. Le feu s'était déclaré dans la plus petite des maisons, sans que l'on ait pu établir s'il avait eu pour cause un feu de cheminée. Un soldat donna l'alarme. Les sapeurs-pompiers de Argences arrivèrent avec des pompes à bras et la chaîne s'organisa pour amener l'eau avec des seaux. En même temps, les pompiers de Caen étaient mandés.

Ceux-ci arrivèrent a 20 heures 15, sous les ordres du capitaine Bonza, avec la moto-pompe. Ils  attaquèrent le sinistre après avoir établi un branchement sur la rivière. Il fallut néanmoins  se contenter de noyer  les  décombres de la première maison où avait débuté l'incendie. Mais, par contre, on put combattre efficacement l'extension dans la seconde des maisons, dont  la  toiture était déjà détruite, et protéger la troisième, dont les combles flambaient. Le sauvetage dura plusieurs heures. L'incendie fut éteint, mais toute la nuit, il fallut surveiller les décombres.

Les dégâts sont très élevés, car deux des maisons sont irréparables et la troisième a souffert du feu et de l'eau.

 

Février 1940  -  Les polonais n’était pas règle.  -  Venu de May-sur-Orne pour travailler à Argences, un ouvrier polonais, Dawid Tadenoz, a rencontré les gendarmes de Moult qui, s'étant aperçus qu'il n'avait pas de sauf-conduit, l'ont gratifié d'une contravention.

 

Mars 1940  -  La voleuse avait de l’imagination.  -  Lundi dernier dans la matinée, Mme Barbey, cultivatrice au hameau de la Jaunière, à Argences. passait avec sa bonne Émilienne Léonard 21 ans, sur la route à proximité de la ferme, lorsque la jeune fille se précipita sur la chaussée pour ramasser une pièce de 10 francs qu'elle venait d'apercevoir. Elle remit immédiatement sa trouvaille à sa patronne qui ne manqua pas de la féliciter de son honnêteté. Un peu plus tard au repas du midi,  Mme Barbey devait rendre publique la probité de la bonne. Seul parmi les domestiques attablés, M. Arthur Marie, 58 ans, ne parut pas convaincu.
C'est que le matin, en arrivant à son travail, il avait laissé sur un lit dans l'écurie sa veste propre dans la poche de laquelle se trouvait une boite en fer blanc renfermant une somme de 59 fr.35 composée de quatre pièces de 10 francs, d'un billet de la même valeur, d'un billet de 5 fr. de trois pièces de 1 franc et de menue monnaie.
Il se leva de table et se rendit à l'écurie. ses doutes se confirmèrent. En effet, la poche de sa veste avait été déchiquette avec un morceau de verre, la boite ouverte et l’argent s'y trouvant enlevé. Seul le billet avait, été laissé.
M. Marie, convaincu que la bonne était l'auteur de ce vol, porta plainte à la gendarmerie. Les gendarmes Eliard et Leménager, de la brigade de Moult, ouvrirent une enquête et, en possession de plusieurs renseignements, interrogèrent
Émilienne Léonard.
Celle-ci opposa tout d'abord des dénégations d'autant plus fortes que la mise en scène montée par elle était sans fissure. Malheureusement, elle ne put tenir le choc et, finalement en larmes, avoua et sa supercherie et ses vols, car pendant qu'elle y était elle reconnut être l'auteur d'un précédent larcin commis au mois d'octobre, toujours au préjudice de M Marie.
 
Quoi qu'il en soit, c'était bien elle qui avait lacéré la poche du journalier et c'était emparé des quatre pièces de 10 francs et de la menue monnaie.

 

Avril 1940  -  Une jeune bonne tente de mettre le feu.  -  Pour se venger de sa patronne, Mme Barbey, cultivatrice à Argences, qui venait de lui donner ses huit jours, une jeune bonne,  Émilienne Léonard, 21 ans, employée comme vachère, a tenté de mettre le feu dans une remise sise à côté de la ferme. Fort heureusement, Mme Barbey sentant une odeur de brûlé, parvint à éteindre le feu, évitant ainsi un véritable désastre. Les gendarmes de Moult procédèrent à l'interrogatoire d'Émilienne Léonard qui avoua avoir mis le feu pour se venger de sa patronne. Elle a été laissée en liberté provisoire.  

 

Juin 1940  -  Écrasé par son tombereau.  -   Jeudi dernier, un accident mortel, dont a été victime un évacué de la Somme, s'est produit sur la route d'Argences à Troarn, au hameau du Fresnes d'Argences. M. Watbot, ouvrier agricole, qui avait fui les envahisseurs, conduisait un tombereau, occupant la troisième position dans un convoi de quatre véhicules agricoles. Les  réfugiés se réjouissaient de toucher au but de leur voyage, le bourg de Bénouville, distant d'une vingtaine de kilomètres, quand soudain, un grand cri retentit. Le conducteur de la  dernière  voiture venait d'apercevoir, gisant sur la route, le crâne défoncé par la  roue droite son tombereau, le corps de M. Watbot. La mort avait fait son oeuvre.

Le cadavre de l'infortuné réfugié a été transporté à la morgue d'Argences.  

 

Décembre 1941   -   Délimitation de la région « Pays d'Auge ».  -  Elle comprend pour le Calvados : a) Arrondissement de Lisieux (en entier, sauf Thiéville) : b) Arrondissement de Pont-l'Evêque (en entier) ; c) Les communes suivantes du canton de Troarn : Amfréville, Argences, Bavent, Bréville, Bures, Cabourg. Canteloup, Cléville, Janville, Merville, Petiville, Robehomme, St-Ouen-du-Mesnil-Oger, Sallenelles, St-Pierre-de-Jonquet, St-Pair, Troarn, Varaville ; d) Les communes suivantes du canton de Bourguébus : Airan, Cesny-aux-Vignes, Moult : e) Les communes du canton de Morteaux-Coulibœuf : Baron, Courcy, Louvagny, Moutiers-en-Auge, Norrey-en-Auge. 

 

Mai 1944   -   Mitraillage.  -  L’aviation anglo-américaine a fait lundi de nouvelles victimes parmi les cheminots.

Une locomotive montant vers Lisieux a été attaquée aux environs de Moult-Argences. Le mécanicien, M. Maxime Coulibeuf, du dépôt de Caen, a été tué.

 

Novembre 1944   -   Le nouveau maire.   -   M. Cuiller Abel a été réélu maire par 5 voix sur 6 votants. Le Conseil étant actuellement composé de 7 conseillers.  

 

Février 1945  -  Un crime allemand.    On annonce la mort de Roger Scutenaire, 29 ans, tué le 9 septembre dernier à Rehaupal (Vosges) où il s’était réfugié pour éviter le départ pour l’Allemagne.

Il a été abattu sauvagement et sans motif par des soldats boches alors qu’il essayait de quitter la ferme où il avait reçu asile. Il était le fils de M. Scutenaire, comptable à la tuilerie de Beauvais, à Argences, à qui nous adressons l’expression de nos sincères condoléances.   (source B-N) 

 

Février 1945  -  Gare aux sanctions !    Après avis de la commission spéciale, le préfet du Calvados a prononcé la réquisition de 2 automobiles et d’une motocyclette dont les conducteurs avaient fait l’objet de contraventions pour défaut d’autorisations de circuler ou « marché noir ».  (source B-N) 

 

Mai 1945  -  Des patriotes.  -   Le Comité Départemental de Libération a  l’ordre du jour de sa séance plénière, avec inscription au procès-verbal : 

Daniel Marchand, à Argences « Jeune héros de 18 ans, a fait preuve d’un grand patriotisme durant les évènements de juin dernier. A eu durant cette période, une conduite au-dessus de toute éloge. A été grièvement blessé au cours d’une mission de reconnaissance, comme il en effectuait quotidiennement ».

Ces vaillants avaient bien mérités l’hommage dont ils ont été l’objet.  (source B-N)

ARGENCES  (Calvados)  -  Place du Manoir

ARGENCES  -  Route de Troarn

104  -  ARGENCES  (Calvados)  -  Rue des Bouchers

317  -  ARGENCES  (Calvados)  -  Rue Letavernier-Pitrou

392.  -  ARGENCES  (Calvados).  -  Rue Leconte

680  -  ARGENCES  (Calvados)  -  Route de Troarn et coteau des Vignes

709.    ARGENCES  (Calvados)  -  Villa des Trois-Platanes

 ARGENCES  (Calvados)  -  Le monument aux Morts

265  -  Pedouzes-de-Moult, par Argences (Calvados) 

 31    ARGENCES  -  Rue de Caen

 154    ARGENCES (Calvados)  -  Place Rabasse et Rue de Caen

 588    ARGENCES (Calvados)  -  Rue du Manoir

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 Alain Mest