AUDRIEU 

Canton de Tilly-sur-Seulles

Les habitants de la commune d'Audrieu sont nommés les


Juin 1867   -   Un incident.   -   On nous signale de d'Audrieu un fait d'autant plus regrettable qu'il paraît tendre depuis quelque temps à se reproduire plus souvent dans nos campagnes.

Lors d'un récent enterrement, les porteurs de la bière étaient dans un tel état d'ébriété, qu'au moment de descendre le cercueil dans la fosse, ce dernier leur a échappé des mains, et est allé tomber debout et tout disjoint au fond du trou.

Ce sont là, nous le répétons de ces scandales contre lesquels ne saurait trop protester tout honnête homme qui a conscience du respect dû aux morts.

 

Août 1869   -   Fait divers.   -  Le 20 août, vers neuf heures du soir, un incendie, dont la cause est inconnue, a éclaté à Andrieu. Il a consumé plusieurs corps de bâtiments et divers objets mobiliers, appartenant au sieur Boulogne, propriétaire. 

La perte totale est approximativement fixée à 2,500 fr., soit 1.500 fr. pour les immeubles et 1,000 fr. pour le mobilier, qui, ainsi qu'une partie des immeubles, n'était pas assuré.

 

Octobre 1873   -   Un fait blâmable.   -   Il s'est passé à Audrieu, près de la gare, un fait des plus blâmables. Un employé de la gare, qui était depuis 25 ans à cette station, fut victime d'un terrible accident. Une personne lui avait offert une place dans sa charrette pour retourner à Audrieu. Un mouvement brusque de la voiture le fit tomber si malheureusement qu'il eut la poitrine écrasée entre la roue et la charrette. La pression exercée sur un des poumons fut telle qu'il mourut presque aussitôt. De l'avis des personnes qui ont connu le jeune homme, il était d'une honnêteté parfaite et d'un excellent caractère. Très laborieux, il soutenait sa mère sur ses appointements. Il logeait dans une des auberges qui sont près de la gare d'Audrieu, et avait sa pension depuis deux ans chez le sieur L..... Lorsqu'on rapporta le corps de cet infortuné, les propriétaires de l'auberge s'opposèrent formellement à ce qu'on le déposât dans sa chambre et voulurent le faire placer dans l'écurie. Le chef de gare d'Audrieu, en présence de cette inconcevable prétention et de cet oubli de respect qu'on doit à un mort, s'empressa de faire préparer un endroit convenable dans la gare même pour recevoir le décédé.

 

Avril 1876   -  Arrestation.  -  La brigade de Tilly a écroué, la semaine dernière, un nommé Gustave Benoit, cordonnier à Audrieu. II aura à répondre devant la justice de coups et blessures à ses voisins. A son premier délit, l'inculpé a ajouté la circonstance aggravante d'outrage envers la gendarmerie.  

 

Novembre 1876   -  Les Pommes.  -  On calcule qu'il se fabrique annuellement 12 millions d'hectolitres de cidre en Normandie, représentant une valeur de plus de 100 millions de francs. Il n'en sera pas brassé autant cette année, car presque partout la récolte est mauvaise. 

Dans les parties du Pays d'Auge et de la Manche, où la pomme a un peu donné, le prix varie entre 4fr. 50 et 5 fr. l'hectolitre. 

 

Novembre 1876   -  Poulains écrasés.  -  Un regrettable accident est arrivé, à la gare d'Audrieu, à des poulains appartenant à M. Alexandre Viel, de Rucqueville. Plusieurs poulains effrayés, faisant partie d'une bande, s'étaient précipités sur la voie. 0n ne put télégraphier à temps, pour prévenir un train qui était en marche. De plus, à l'endroit où les poulains ont été atteins par la locomotive, une courbe a empêché le mécanicien de les apercevoir et de ralentir à temps. Deux de ces animaux ont été écrasés.  

 

Novembre 1880  -  Un écrasé.  -  Lundi, sur le chemin vicinal de la gare d'Audrieu à Tilly-sur-Seulles, territoire d'Audrieu, le nommé Léon Duval, âgé de 66 ans, charretier à Tilly, a été écrasé entre le moyeu de la voiture qu'il conduisait et celui d'une autre voiture qui venait à sa rencontre. Il est mort 3 heures après.  

 

Décembre 1886  -  Télégraphes.  -  A partir du 1er janvier, les gares suivantes seront ouvertes au service de la, télégraphie privée : Audrieu, Bretteville-Norrey, Feuguerolles-Saint-André, Fresné-la-Mère, Martigny, Mesnil-Clinchamps, Mesnil-Hubert, Pont-d'Ouilly, Mesnil-Mauger, Mesnil-Villement, Molay-Littry, Moult-Argences, Mutrécy-Clinchamps, Neuilly, Quetteville, Saint-Martin-de-Bienfaite, Saint-Martin-de-Mailloc, Saint-Rémy, Vendeuvre-Jort et Viessoix.  

 

Mars 1888  -  Vol à Andrieu.  -  Pendant la grand'messe, des malfaiteurs se sont introduits par escalade et à l'aide d'une échelle dans le presbytère d'Audrieu, où ils eut dévasté la chambre de M. Savary, curé de la paroisse. Ils en voulaient seulement à la monnaie sur laquelle ils ont fait main basse, car, après avoir tout fouillé, ils ont évité de prendre un ostensoir et un ciboire qu'ils ont même dérangé de place. On a lieu de supposer que les voleurs ne sont pas des gens étrangers au pays.  

 

Avril 1888  -  Épizootie.  -  En présence des cas de fièvre aphteuse, dite cocotte, qui se sont produits sur divers points du département, le préfet rappelle aux Maires, propriétaires, éleveurs et cultivateurs, les dispositions de la loi du 21 juillet 1881, qui oblige de faire au maire la déclaration de tout animal malade afin qu'il le fasse visiter, interdit la vente et le transport des animaux atteints le tout sous peine d'amende et de prison.

 

Juin 1888  -  Assassinat.  -  Le nommé Joseph Lecerf, 17 ans, domestique, a été trouvé pendu, à l'aide d'une longe à cheval, à un arbre, dans un herbage, situé à 300 mètres de la gare d'Audrieu. Des contusions ayant été constatées sur le corps, notamment au visage, font supposer que Lecerf a dû être pendu à la suite d'une dispute et d'une lutte avec des individus qui avaient bu avec lui. La gendarmerie s'est immédiatement livrée à une enquête, à la suite de laquelle on a arrêté trois jeunes gens du pays soupçonnés d'avoir pendu Lecerf après l'avoir étranglé. Ce sont les nommés Alexandre Marie, 20 ans, domestique à Audrieu ; Auguste Lebastard, 23 ans, domestique à Cristot, et Proper Marie dit Tignette, 20 ans, domestique à Brouay.

 

Septembre 1888  -  Monstrueux attentat.  -  Une jeune fille de 17 à 18 ans a été arrêtée pour un attentat à la pudeur commis sur un petit garçon de 6 à7 ans, habitant Audrieu. Cette fille se nomme Trolong. Elle est laide et sale, elle louche, sa réputation est déplorable. Sa victime est le deuxième des quatre enfants d'une fille-mère dans le plus grand besoin, n'ayant qu'un lit où couchent pêle-mêle filles et garçons. On dit l'enfant dans un état pitoyable. 

 

Septembre 1888  -  L’immoralité à la campagne.  -  Nous avons dit qu'une fille Albertine Troplong, âgée de 17 ans, sale dégoûtante au physique comme au moral, avait été arrêtée à Audrieu pour attentat à la pudeur sur des petits enfants, notamment sur un petit garçon de 7 ans. Cette fille a comparu en police correctionnelle. Nous ne pouvons rendre compte de cette hideuse affaire et de vous nous contenter de dire que cette misérable s'en est tirée avec deux mois de prison.  

 

Novembre 1890  - Saut périlleux.  -  Lundi, au moment où le train express de Cherbourg à Paris s'approchait de la gare d'Audrieu, un voyageur s'élança d'un des wagons du train sur le talus de la voie. Malgré les recherches, on n'a pu découvrir l'identité de cet individu qui doit s'estimer fort heureux, de ne pas s'être rompu le cou.   (Source B.N.)

 

Janvier 1891  -  Incendie.  -  Mardi de la semaine dernière, à Audrieu, un incendie a détruit en partie une ferme occupée par le sieur Enguerrand et appartenant à M. des Bouillons. 

Auteur soupçonné, un vagabond qui était entré dans la journée à la ferme pour demander l'aumône et s'était retiré en proférant des menaces après avoir été éconduit. Les pertes sont évaluées à 12 000 fr. Elles auraient été moins grandes si la commune d'Audrieu, qu'est cependant importante, avait une pompe à incendie.   (Source B.N.)

Septembre 1891  -  Abandon d’enfants.  -  Aimée Ygouf, veuve Catherine, servante à Audrieu, chez le sieur Jules Mouillard, a quitté sa place il y a un mois, laissant ses trois enfants, deux filles de 7 et 10 ans, et un petit garçon de 16 mois, à la garde de la femme Marie, demeurant à Condé-sur-Seulles. Depuis, la veuve Catherine n'a pas paru ni à Condé, ni à Audrieu, et, malgré les recherches faites, il a été impossible de savoir ce qu'elle était devenue.   (Source B.N.)

 

Avril 1892  -  Femme noyée.  -  On a découvert dans la Seulles, à Audrieu, le cadavre de la veuve Laurent, 74 ans, La mort est accidentelle.   (Source B.N.)

 

Juin 1905  -  Brûlée vive.  -  Dans la nuit de dimanche à lundi, une vieille femme âgée de 73 ans, Victoire Julia Dupont, connue sous le nom de la mère Victoire, habitant seule dans une maison située au bourg de Audrieu, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques.

Le soir elle avait allumé du feu pour cuire sa soupe et se trouvant fatiguée avait approché, son lit près de la cheminée ou brûlaient des branches de bois mort. La malheureuse femme  s'endormit, mais le feu gagnant les couvertures du lit, atteignit le corps de la mere Victoire qui se mit à crier au secours. Des voisins accourent, tous les efforts furent inutiles, l'infortunée succombait bientôt aux horribles brûlures qu'elle avait reçues en diverses partie du corps.

 

Juin 1913  -  Nouveau maire.  -  M. de Saint-Valfran vient d'être élu maire d'Audrieu : en remplacement du baron Saillard de Boistertre, décédé.

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados. -   Voici, d'après l'officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados : 

 Allemagne-la-Basse (Fleury-sur-Orne) : Clocher de l'église ; Amblie : Portail occidental de l'église ;  Anguerny : Clocher de l'église ; Asnières : Église ; Audrieu : Église ; Authie : Clocher et portail méridional de l'église ; Baron : Clocher de l'église ; Bayeux : Cathédrale Notre-Dame, chapelle du Séminaire, cheminée dite "  Lanterne des Morts ", attenante à une maison place de la Cathédrale ; Bény-sur-mer : Clocher de l'église ; Bernières-sur-mer : Église ; Biéville-sur-Orne : Église ; Bougy : Église ; Boulon : Portail de l'église ; Brécy : Château ; parties classées :  le portail formant entrée de la cour, les façades du corps de logis à l'exclusion des intérieurs, les dispositions architectoniques et décoratives du jardin ; Bricqueville : Église, etc...

 

Septembre 1923  -  A coups de barre de fer.  -  Employé à la Laiterie du Font-Roc, sur le territoire de la commune d'Audrieu, Louis Vingert, journalier, âgé de 36 ans, avait des discussions fréquentes avec le personnel de l'établissement. Samedi soir, il reprocha à ses camarades Picot et Dupont de troubler son sommeil par leurs rires bruyants.

Comme ce dernier s'amusait de sa mauvaise humeur, Vingert s'arma d une barre de fer et blessa grièvement le jeune Dupont qui a être transporté à l'Hôpital.
Le prévenu, titulaire de onze condamnations pour coups et blessures, a été arrêté par les gendarmes de Tilly-sur-Seulles.

 

Août 1924  -  Blessé dans un train par une pierre.  -  M. Poulain, demeurant Lisieux, rue Tesson, se rendait à Cherbourg, quand en arrivant peu avant la gare d'Audrieu, il a reçu au visage une pierre lancée dans la vitre de son compartiment au passage du train. Une enquête est ouverte.  

 

Février 1926  -  L’institutrice volait son épicier.  -  Une affaire regrettable vient de mettre en émoi les habitants de la petite commune d'Andrieu. L'institutrice qui dirige l'école publique de cette localité, Mlle Lesaulnier, âgée de 33 ans, a été surprise au moment elle venait de soustraire quelques coupures dans la caisse d'un épicier, M. Panien.

Le commerçant, presque octogénaire, s'étant rendu compte que, depuis quelque temps des sommes plus ou moins importantes lui avaient été dérobées. Un jour, un billet de 100 francs disparut. Le montant total des vols s'élevait à près de 800 francs. Ne pouvant porter ses soupçons sur personne, le vieillard surveilla certains clients, mais l'enquête à laquelle il se livra personnellement ne devait donner aucun résultat. Un soir, croyant réussir à prendre au piège l'insaisissable voleur, il avait placé, bien en évidence, un billet dont il avait, au préalable, relevé le numéro. Le billet disparut comme les autres mais, cette fois encore, l'auteur du vol devait échapper.

Les gendarmes, mis au courant, décidèrent d'organiser une souricière. Ils s'étaient dissimulés dans la boutique et M. Panien se retira. Peu d'instants après, une femme entrant dans le magasin et constatant que l'épicier était absent, se dirigea tout droit vers le tiroir-caisse sa main plongea. Les gendarmes surgirent de leur cachette, ils eurent la surprise de reconnaître Mlle Lesaulnier, directrice de l'école communale. La stupéfaction de M. Panien ne fut pas moindre.

Depuis son arrivée à Andrieu, Mlle Lesaulnier était sa cliente, mais jamais ses soupçons ne s'étaient portés sur elle. Sur la demande du défenseur dont elle a fait choix, la voleuse, qui prétend être cleptomane, sera soumise à un examen mental.

 

Avril 1926  -  Gendre et belle-mère.  -  II y a quelques jours, Léon Dubost, journalier à Andrieu, se rendait chez sa belle-mère, Mme Poisson, débitante à Bucelles. Une discussion éclata entre eux. Le gendre, après avoir frappé Mme Poisson, s'arma d'une fourche et voulut de nouveau se précipiter sur la pauvre femme qui fut secourue par des voisins.

 

Avril 1927  -  Un drame du paludisme.  -  Sa tournée finie, M. Auguste Marie, 36 ans, facteur à Audrieu, montait dans son grenier après avoir gaiement joué avec sa fillette, âgée de cinq ans. Peu après, Mme Marie, montant à son tour, découvrait, avec terreur, son mari pendu ! Le malheureux, qui avait combattu en Orient, était sujet à des crises de paludisme.

 

Juin 1929  -  Pollution de la Seulles.  -  Une enquête est ouverte au sujet de déversements de résidus provenant d'usines d'Audrieu et empoisonnant la rivière. De nombreux habitants ont déclaré que ces déversements étaient grandement nuisibles au poisson.

 

Janvier 1940  -  Gravement blessé par arbre qu'il abattait.  -  Étant occupé à l'abatage d'un arbre, M. Paul Guillot, 46 ans, cultivateur à Andrieu, se trouva surpris par la chute prématurée de celui-ci et fut pris sous la masse de bois et de branchages.

Il a été transporté aussitôt à Caen il a reçu des soins empressés à la clinique de la Miséricorde. L'état de M. Guillot, qui a une rupture de la colonne vertébrale, est considéré comme sespéré.  

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandànthï du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.

 

Août 1941   -  Noyade.  -  Le jeune Léon Collet, 17 ans, domestique chez M. Denis, à Audrieu, s'était rendu au « Pont-Roch » pour se baigner dans la Seulles. Le lendemain, surpris de ne pas voir son commis, M. Denis se rendit chez M. Collet père.

Tous deux entreprirent des recherches, mais ce ne fut que plusieurs jours après que le corps de l'infortuné jeune homme put être découvert et retiré de la rivière. On présume que Léon Collet aura glissé dans la rivière, car il n'était pas complètement déshabillé.  

 

Janvier 1943   -   Faits divers.   -   Dimanche soir, le feu, qui couvait depuis plusieurs jours, a éclaté dans une aile du château d'Audrieu, à M. Level. Malgré de longs efforts des pompiers de Caen, qui ont lutté toute la nuit, les dégâts mobiliers et immobiliers atteindraient 1 million.  

 

Mars 1945  -  Une distinction méritée.  -  A Audrieu, dont il est maire, et entouré de son Conseil municipal et de ses administré, M. Level a reçu dimanche dernier la cravate de commandeur de la Légion d’honneur, en présence de M. Léonard Gille, président du Comité départemental de Libération, du lieutenant-colonel Bonner, de plusieurs officiers britanniques et français et de M. l’abbé Richard, curé de la paroisse.

Commandant dans la R.A.F. et brillant pilote de chasse, M. Level, dont la tunique s’orne d’une imposante brochette de décorations, est l’un de ces courageux Français qui, après le honteux armistice de juin 1940, continuèrent la lutte contre le boche avec nos Alliés et montrèrent au monde que la France ne renonçait pas.

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