BANNEVILLE - la - CAMPAGNE 

Canton de Troarn

Les habitants de la commune de Banneville-la-Campagne sont des Bannevillais, Bannevillaises.


Mai 1868   -   Le climat.   -   L'élévation de la température qui n'a cessé de régner pendant la majeure partie du mois qui se termine, est un événement assez rare dans nos climats, où la chaleur n'atteint son maximum que vers le mois de juillet.

Voici à cette occasion la nomenclature des plus fortes chaleurs observées depuis un siècle et demi :

En 1702, le thermomètre monta à 39 degrés centigrades au dessus de zéro.

En 1753 et 1793, à 38 degrés.

En 1825, à 37 degrés.

En 1800 et en 1830, à 36 degrés.

La moyenne de la chaleur des étés et de 30 degrés. Cette moyenne à presque été atteinte dans la dernière quinzaine de mai 1868.  

 

Octobre 1868   -   Découverte d'un cadavre.    -   Mercredi, vers huit heures du matin, le sieur Langrais, cantonnier à Démouville, a trouvé sur la route qui traverse la commune de Banneville, le cadavre du nommé Honoré Quesnel, âgé de 50 ans, cultivateur à Luc-sur-Mer.

La mort de cet homme est attribuée à une asphyxie déterminée par l'ivresse.  

 

Août 1871   -  Les maladies.   -   Les communes de Banneville-la-Campagne et de Sannerville sont, depuis quelque temps, affligées par des maladies dangereuses telles que fièvres typhoïdes, millières, accompagnées de pourpre, etc…., qui ont déjà fait quelques victimes. Les personnes qui en sont atteintes, succombent au bout de deux ou trois jours de souffrances. On en attribue principalement la cause à la malpropreté des cours intérieures renfermant plusieurs habitations, et sous les fenêtres desquelles sont déposés des fumiers qui, par leur fermentation sous l'action de la chaleur tropicale que nous subissons, exhalent des odeurs putrides qui nuisent considérablement à la santé publique. 

A Troarn aussi, la salubrité laisse beaucoup à désirer, la santé publique y est gravement compromise par les fumiers et détritus provenant de l'abattoir situé dans le marché, au centre du bourg. D'un autre côté, la rue des Murs, très fréquentée, est dans un affreux état de malpropreté.

 

Septembre 1872   -  Fait divers.  -  Le dimanche 22 septembre, à Banneville, Il y avait fête et banquet de cent quatre-vingts couverts... rien que cela !... offert par M. le marquis de Banneville à ses concitoyens.

Chose extraordinaire, à l'heure de se mettre à table, on ne comptait que vingt-cinq à trente convives,

N'allez pas accuser les absents d'indifférence ou de cérémonie non….. Tout bonnement, la personne chargée, des invitations avait oublié de le faire.

Immédiatement, on courut à droite et à gauche pour réparer cette faute. Mais partout on trouva chacun en train de dîner ou venant de le faire.

Il y eut donc un grand vide aux tables du banquet.

En revanche, les présents se soignèrent si bien, qu'ils absorbèrent presque complètement, à eux trente, les cent quatre-vingts parts !

Et comme la joie vient du ventre, je vous laisse à penser si nos gaillards étaient... gais !  

 

Mai 1873   -  Les Événements.   -   Samedi soir, M. THIERS a donné sa démission, de Président de la République française. Il a été remplacé par le maréchal DE Mac-Mahon, duc De Magenta. Le maréchal-Président est âgé de 65 ans.

 

Juin 1873   -  Le Maréchal Mac-Mahon en Normandie.   -   On s'attend sur la côte normande, pour la fin du mois, à la visite du maréchal président de la République. Les préfets du Calvados et de la Seine-Inférieure ont été prévenus.

 

Juin 1873   -  Scandale.   -   Le dimanche de la Fête-Dieu, la commune de Sannerville a été témoin d’un scandale qui a péniblement impressionné les personnes qui y ont assisté. 

Les habitants de Sannerville avaient établi trois reposoirs, sur le bord de la route de Caen à Rouen, qui sert de limite aux communes de Sannerville et de Banneville. Lorsque la procession de Banneville se présenta pour faire une station au reposoir central, l’édificateur s'y opposa formellement et par des propos inconvenants, prétextant qu'il l'avait établi pour Sannerville et non pour Banneville, et afin d'en interdire l’approche, il se coucha de travers sur les marches du reposoir. En présence de cet acte d'hostilité, qui scandalisa extrêmement les personnes présentes, la procession de Banneville dut rentrer à l'église, sans avoir fait aucune station aux reposoirs de Sannerville.  

 

Mai 1874   -   Vol.  -  Depuis quelque temps déjà, M. Dubos, fermier à Banneville-la-Campagne, s'apercevait que son tonneau de cidre baissait considérablement, sans pouvoir se rendre compte de cette baisse, il soupçonna qu'on lui dérobait du cidre à l'aide de moyens qui lui étaient inconnus, puisque la porte de la cave était toujours fermée à clef. Il résolut d'éclaircir ce mystère. Ayant fait part de cette soustraction aux gendarmes de Troarn, ceux-ci se mirent en embuscade, et, vers minuit, dans la nuit du 26 au 27 avril, ils prirent en flagrant délit plusieurs individus, au service de M. Dubos, qui s'introduisaient dans la cave en passant par une charnière de la couverture qu'ils avaient descellée.

Avril 1876   -  Les Pommiers.  -  Malgré les gelées, les intempéries et les perturbations atmosphériques de ce printemps, les pommiers, dans notre région, ont jusqu'à présent une superbe apparence et promettent une récolte exceptionnelle telle, au dire des cultivateurs de certains pays, et notamment de la Manche, qu'on n'en a pas va depuis trente ans. 

 

Mai 1876   -  Armée.  -  Le fusil Gras ou chassepot modifié vient d'être distribué à toutes les troupes du 3e corps. Contrairement à l'ancien fusil, celui-ci a le canon et les capucines bleu foncé. La batterie est en métal poli. Quant au fonctionnement, il est, à peu de chose près, le même que pour le chassepot, mais le fusil Gras est bien moins sujet à s'encrasser, et on sait que c'était là le défaut principal de l'arme dont se servaient depuis quelques années les troupes français.

 

Mai 1876   -  Nos récoltes.  -  La longue période de sécheresse que nous avons subie pendant près d'un mois avec grands vents d'amont continuels et très-froids, inspirait des craintes sérieuses à l'agriculture : plantes légumineuses et fourragères, prairies naturelles et artificielles, tout semblait dépérir sur pied faute d'humidité. Le temps vient heureusement de changer, il est à l'eau. Dans le Midi, il pleut beaucoup, les orages sont à redouter.

 

Mai 1876   -  Mutilation.  -  Jeudi la nuit, un malfaiteur, resté inconnu, s'est introduit dans une pièce en herbe, située près de la ferme de M. Jules Desloges, propriétaire à Banneville, et, à l'aide d'un instrument tranchant, il a brisé la jambe d'un cheval, estimé 800 fr. On attribue cette coupable action à un acte de basse vengeance. La justice informe.  

 

Août 1876   -  Les suites de l’ivresse.  -  Le nommé Eugène Langin, 48 ans, garde champêtre de Banneville, a été trouvé mort dimanche matin, la tête dans un fossé et les pieds sur le sentier longeant ce fossé. Le sieur Langin, qui passait pour s'adonner à la boisson, avait été vu la veille, à neuf heures du soir, en état d'ivresse, il portait des bulletins de la mairie aux habitants de la commune. Le médecin, après l’examen du cadavre, sur lequel il n'a remarqué aucune trace de violence, a constaté que la mort avait été déterminée par une congestion cérébrale résultant de la chute et de la position du corps de la victime, aggravée par l'état d'ébriété où elle était.

 

Mars 1882  -  Ivresse furieuse.  -  Mardi, le nommé C..., fermier à Banneville-la-Campagne, revenait de Caen, après de trop copieuses libations. En arrivant à Banneville, il aperçut devant lui un conseiller municipal de la commune.  Sans provocation aucune, il se jeta sur lui, le renversa dans une ornière et le frappa violemment avec le manche de son fouet. Sans l'arrivée d'un voisin qui maîtrisa ce forcené, un meurtre aurait peut-être été commis. Le parquet est saisi de l'affaire.

 

Mai 1885  -  Découverte de cadavre. - Mardi, le cadavre du sieur Albert Leboucher, 21 ans, conscrit de la classe 1884, berger à Cagny, chez M. Morin, a été trouvé dans une carrière pleine d'eau, située à Banneville-la-Campagne. L'enquête n'a pas conclu à un suicide. Les parents de la victime déclarent que les effets dont était vêtu le cadavre n'étaient pas ceux de leur fils.

 

Mai 1888  -  Élections.  -  A Dozulé et Banneville, dans nos campagnes, nous écrit-on, on se plaint se plaint de la mauvaise gestion de nos conseils municipaux et des dépenses exagérées ou inutiles. On ne devrait pourtant pas se récrier, car c'est souvent de notre fautes. Le jour du vote, donnons nos voix aux plus capables, et non ceux qui paient le plus fort «g|oria ». Tout n'en ira que mieux.  

 

Décembre 1888  -  Une affaire de famille.  -  Fernand de Sainte-Marie est cultivateur à Banneville-la-Campagne. Une nuit d'août, des chevaux appartenant à son frère Charles de Sainte-Marie, cultivateur à Évrecy, furent volés dans un herbage où ils étaient au piquet. Charles les reprit chez son frère. Celui-ci l'attaqua et les chevaux furent mis en fourrière. Un individu, le sieur Moisson, qui aurait tout vu, prétend qu'il a positivement aperçu Fernand de Sainte Marie, avec un homme qu'il ne connaissait pas, prendre les chevaux et les emmener. Le prévenu soutient énergiquement que les deux animaux qu'on a retrouvés chez lui lui appartiennent fort bien, et, à l'appui de sa prétention, il a produit des cartes d'origine de chevaux dont le signalement a des rapports frappants avec ceux qu'il a chez lui, on prétend que ces titres ont été aussi volés. 

On a entendu 50 témoins tant à charge qu'à décharge, trois avocats ont pris la parole. Finalement, Fernand de Sainte-Marie a été condamné à six mois de prison. Il doit porter appel.  

 

Mai 1891  -  Animaux volés.  -  Un cheval et une voiture ont été volés la nuit chez le sieur Dionis dit Larivière, propriétaire à Livarot, dans une écurie et remise se trouvant à environ 50 mètres de l'habitation. 

— Une vache, estimée 480 fr., a disparu, la nuit, d'un herbage appartenant au sieur Lucien Berthe, propriétaire à Courtonne-la-Ville. La porte d'entrée n'avait pas été ouverte, mais une brèche avait été faite tout auprès. 

— Dans la nuit, des malfaiteurs se sont introduits dans un herbage appartenant au sieur Lautier, cultivateur à Banneville-la-Campagne, et ont emmené une génisse estimée 400 fr.

 

Novembre 1891  -  Les voleurs de chevaux.  -  Dans la nuit de lundi à mardi, on a volé, dans un herbage de Banneville-la-Campagne, un poulain de 6 mois, appartenant au sieur de Ste-Marie, cultivateur. En voici le signalement : bai-brun, balzane postérieure gauche, tête étoile. Il a au poitrail une cicatrice apparente plus prononcée, à gauche.  Valeur, 600 francs.

Décembre 1903  -  Mort de M. Noury, maire.  -  On annonce la mort, à la suite d'une douloureuse maladie, de M. Noury, maire de Banneville.

Mai 1906  -  Découverte d'un cadavre.  -  On a trouvé mardi l'après-midi sur la route qui traverse le bourg de Banneville, le cadavre d'un jeune domestique Charles Lebourgeois, âgé de 25 ans, domicilié à Airan.  

 

Août 1915  -  Un drame familial.  -  Parmi les réfugiés belges, employés dans une ferme de M. Bouchon, à Banneville-la-Campagne, près Troarn, se trouvent un sieur Henri Margodt, 53 ans, et sa fille Alida, 24 ans. Margodt  était mécontent de l'intimité existant entre sa fille et un autre réfugié, Eugène Leroy, 19 ans, et il avait signifié à chacun d'eux sa volonté de rompre toutes relations. Les deux jeunes gens obéirent-ils à l'injonction ? Toujours est-il qu'une nuit, Margodt entra dans la chambre qu'il occupait en commun avec deux jeunes filles belges, les demoiselles Huyggélaert, et sa fille, et, s'approchant de cette dernière, lui porta deux coups de couteau à la main. Un sieur Léon Galant, 22 ans, autre réfugié belge, accourut aux cris de la jeune fille et l'emporta dans une autre chambre où on lui donna aussitôt des soins. Les deux compagnes de la jeune fille, terrorisées, s'étaient enfuies. Margodt a nié avoir frappé sa fille, puis a refusé d'en dire davantage. On l'a arrêté. La victime a été transportée à l'hôpital de Caen.  

 

Avril 1931  -  Subvention.  -  Le Conseil général adopte les conclusions d'un rapport portant répartition des subventions du département aux communes pour les bâtiments communaux. Un crédit de 15.000 francs est affecté au budget de 1931 pour venir en aide aux communes, dans les dépenses de construction ou de réparation aux bâtiments communaux autres que les écoles primaires. 

Un certain nombre de demandes ont été présentées.  A la Commission des Travaux publics et propose de donner satisfaction à ces demandes à concurrence d'une somme totale de 10 550 francs, conformément aux propositions suivantes : Banneville-la-Campagne.     Réparations à la couverture de l'église 500 fr.

 

Août 1942   -   Pour Les prisonniers.   -   A Sannerville, une journée pour les prisonniers de guerre de Sannerville, Banneville-la-Campagne et Touffréville. D'abord à 11 h., Grand-messe en musique. Sermon par M. l'abbé Dorenlot, retour de captivité. A 15 h., Salle des fêtes de Sannerville, avec le concours du Groupe Amical d'Artistes Lyriques sous la direction de M. Gautier, séance récréative, comédies, chants, danses, intermèdes variés. Vente aux enchères au bénéfice des caisses des comités d'entraide aux prisonniers.

Entrée : 20 francs et 10 francs, location au secrétariat de la mairie.

 

Décembre 1943    -   Au haras de Manneville.   -   De nombreux enfants de Banneville-la-Campagne, Sannerville, Touffreville et Emiéville ont été réunis au Haras de Manneville par M. et Mme Henri Couon, le 27 décembre, pour une petite fêle à l'occasion de Noël. Il y a eu un goûter et une amusante loterie dont, les lots ont été très appréciés.   

 

Mars 1945  -  Deux hommes sautent sur une mine.  -  M. Waeyaert, régisseur chez M. Bollard, à Banneville-la-Campagne, et un domestique nommé Fondeau procédaient à la clôture d’un champ lorsqu’une mine explosa sous leurs pas. M. Fondeau a été tué, grièvement blessé à la tête et aux jambes, le régisseur a été transporté à l’hôpital de Caen.

BANNEVILLE-LA-CAMPAGNE, prés Troarn  (Calvados)  -  Château de Manneville  -  L. D.

Environs de Troarn  -  Château de Banneville  (Calvados) 

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