BANNEVILLE  s/AJON 

Canton de Villers-Bocage

Les habitants de la commune de Banneville-sur-Ajon sont les Bannevillais et Bannevillaises


Mai 1868   -   Le climat.   -   L'élévation de la température qui n'a cessé de régner pendant la majeure partie du mois qui se termine, est un événement assez rare dans nos climats, où la chaleur n'atteint son maximum que vers le mois de juillet.

Voici à cette occasion la nomenclature des plus fortes chaleurs observées depuis un siècle et demi :

En 1702, le thermomètre monta à 39 degrés centigrades au dessus de zéro.

En 1753 et 1793, à 38 degrés.

En 1825, à 37 degrés.

En 1800 et en 1830, à 36 degrés.

La moyenne de la chaleur des étés et de 30 degrés. Cette moyenne à presque été atteinte dans la dernière quinzaine de mai 1868.

 

 Juin 1868   -   Une décision.   -   M. le ministre de la guerre a décidé qu'à défaut d'un nombre suffisant d'ouvriers civils, des militaires pourraient être mis, cette année, comme cela a eu lieu les années précédentes, à la disposition des cultivateurs qui en auraient besoin pour leurs travaux.

Les cultivateurs qui désireraient recevoir des travailleurs auxiliaires, auraient à adresser à l'Administration des demandes écrites par lesquelles ils s'engageraient à se charger des frais de transport, aller et retour, à loger et à nourrir convenablement les travailleurs, à leur fournir des effets de travail et à payer, pour chaque journée d'homme, une rémunération pécuniaire fixée à deux francs.  

 

Juin 1868   -   La sécheresse.    -   Depuis plus de 15 jours, nos cultivateurs demandaient de l'eau, leurs voeux sont exaucés, il a plu. La terre est tellement sèche que cette pluie n'est peut-être pas encore suffisante, mais elle aura toujours rendu de grands services.

L'orage de vendredi et dimanche a été peu violent à Caen, et les nouvelles que nous recevons de divers points du département nous disent qu'il n'y a occasionné que d'insignifiants dégâts. Il n'en a pas été de même dans l'Eure où, outre la pluie, il est tombé de la grêle.

Dans les environs de Bourg-Achard, de l'arrondissement du Havre, les colzas ont légèrement souffert, ainsi que les blés qui se sont couchés en quelques endroits. Somme toute, la grêle n'a pas occasionné trop de graves avaries. La récolte des pommes de terre continue de donner des plus belles espérances.

La moisson est déjà commencée dans le Midi, et partout elle se présente sous le plus belle aspect.  

 

Avril 1871   -  Fait divers.   -  Par suite d'une erreur dans les renseignements fournis à l'administration la commune de Banneville-sur-Ajon a été classée au nombre des localités atteintes par le typhus des bêtes bovines. Il importe de rectifier cette indication erronée. La commune de Banneville-sur-Ajon a été épargnée jusqu'à présent par l'épizootie régnante, mais, il n'en a pas été de même de la commune de Maisoncelles-sur-Ajon, où deux cas de typhus se sont déclarés pendant le mois d'avril, et dont le nom a été omis dans la nomenclature des localités atteintes, jointe à l'arrêté préfectoral du 22 avril 1871.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Des phénomènes atmosphériques singuliers se sont produits dans le département de la Seine-Inférieure et du Calvados. A Elbeuf, une pluie de fourmis ailées avait couvert de cette manne d'un nouveau genre les toits des maisons et le pavé des rues à Caudebec, des hirondelles ont été ramassées surchargées de ces insectes qui s'étaient attachées à elles et avaient entravé leur vol. Une véritable pluie de papillons s'est abattue aux environs de Paris.

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule…...

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On nous signale le départ prématuré des hirondelles, malgré la température élevée à cette époque de la saison. Il en reste cependant encore, mais peu dans nos contrées. On peut voir dans ce phénomène un indice certain d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Septembre 1871   -  Incendie.   -  Le 8 septembre, un incendie a eu lieu à la ferme de Gournay, située à Banneville-sur-Ajon et appartenant à M. Lemercier. Le feu a été promptement éteint grâce au concours des habitants de Banneville et des communes voisines accourus sur le lieu du sinistre. Parmi les travailleurs on a remarqué MM. les curés de Banneville et de Maisoncelles-sur-Ajon, M. Guenoux, notaire à Banneville et H. Aristide Chrétien. La perte, relativement peu importante, est couverte par une assurance. La malveillance est étrangère à ce sinistre. Le feu a pris dans une boulangerie.

 

Février 1876   -  Un pendu.  -  Le 9 février, vers 2 heures du soir, le nommé Charles-Ludovic Dupont, 27 ans, célibataire, domicilié à Banneville-sur-Ajon, a été trouvé pendu dans son grenier. C'est le sieur Lefrançois, journalier, qui a fait cette découverte. Le malheureux avait dîné comme d'habitude chez sa tante, la veuve Vallée, dont l'habitation est assez proche de la sienne, Depuis quelque temps il manifestait l'intention de se détruire, d'après les constatations médico-légales, sa mort est volontaire. Il avait cessé de vivre lorsque le sieur Lefrançois l'a trouvé.

 

Février 1876   -  Grande marée.  -  Le 27 février, nous aurons une grande marée. Les personnes qui habitent le bord de la mer et à l'embouchure des rivières feront bien de prendre les précautions nécessaires pour que cette marée ne leur cause pas de dommages. 

On annonce aussi, pour le 27 de ce mois, une éclipse totale de lune.  

 

Mai 1882  -  Banneville en insurrection.  -  Grand tapage à Banneville. L'institutrice qui dirigeait l'école mixte étant partie, les grosses bonnettes de la commune, ont réclamé un instituteur solide et beau garçon, le côté masculin, le maire en tête, a demandé une institutrice jeune et accorte. Le préfet, fort embarrassé, a songé un instant à leur envoyer un maître d'école qui ne soit ni homme, ni femme, mais, n'en ayant pas sous la main, il a nommé un instituteur marié. Ça n'a satisfait personne. Il a fallu envoyer un délégué pour installer l'instituteur, le maire s'y étant refusé et ayant même menacé de donner sa démission, parce qu'il avait eu le dessous dans une question d'amour... propre.

 

Mai 1882  -  Un maire qui enlève les institutrices.  -  Nous avons parlé de l’insurrection qui menacé d'éclater à Banneville-sur-Ajon. Le préfet y ayant nommé, conformément au vœu d'un grand nombre d'habitants, un instituteur, le maire, qui tenait à avoir une institutrice, a dit au préfet  «  Envoyez votre maître d'école ailleurs et nommez une institutrice, ou bien je démissionne ». 

Le préfet, effrayé des conséquences de cette menace s'est empressé de renvoyer une institutrice.  Et voila comment M. le maire de Banneville enlève, haut la main, les institutrices au nez et à la barbe de ses administrés, qui s'engourdissaient les doigts à signer des pétitions pour le maintien d'un instituteur.

 

Juillet 1888  -  Promettre et tenir sont deux.  -  En 1881, un sieur Guenoux, ancien notaire à Banneville-sur-Ajon, habitait Vannes avec sa femme et ses enfants. La femme, atteinte d'un mal incurable passa de vie et trépas. Guenoux, âgé alors de 49 ans, songea à se remarier, et pensa à une institutrice que sa femme avait connue à Banneville. Une correspondance amoureuse fut échangée. Ces deux tourtereaux, légèrement déplumés, se virent à Paris et ailleurs, mais, malgré les conseils de son amoureux, l'institutrice eut la sagesse de ne pas quitter la proie pour l'ombre et, au lieu de donner sa démission d'institutrice, elle se contenta de prendre un congé. 

Bien lui en prit, car à la suite d'une chute de cheval, Guenoux changea d'avis, et au lieu d'épouser l'institutrice, il convola avec une de ses cousines. 

Fureur de l'abandonnée, réclamation prés des parents de la première femme de l'infidèle, menaces de procès, offre de dédommagement. Tous ces incidents se produisirent de juillet à septembre 1882. Depuis, Guenoux est décédé. Mais l'institutrice, demeurée célibataire, est venue réclamer à sa succession 10 000 francs à titre de dommages-intérêts. Le tribunal a trouvé ses prétentions un peu exagérées et 1 500 fr. lui ont été seulement alloués à titre d'indemnité.  

 

Août 1893  -  Cour d'assises du Calvados.   -  Vol qualifié.  -   — Henry Poll, 37 ans, ouvrier maréchal, vol de volailles chez la veuve Diligence, à Banneville-sur-Ajon, et chez la demoiselle Desligny, à Bretteville-sur-Odon, 8 ans de travaux forcés. (Source B.N.)

 

Août 1942   -    Pour les prisonniers.   -   A Banneville-sur-Ajon, une séance récréative, au profit des prisonniers sera donnée, dimanche prochain, 9 août. Tombola, vente aux enchères, ravitaillement en produire rares qui intéresseront les citadins et autres. Vous irez nombreux pour participer à cette oeuvre de bienfaisance.

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Un Rucher à BANNEVILLE-sur-AJON (Calvados)

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