UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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BARNEVILLE-la-BERTRAND

Canton de Honfleur

Les habitants de la commune sont des Barnevillais, Barnevillaises


Octobre 1878   -  Une femme tuée par son mari.  -  Lundi matin, les gendarmes de la brigade de Honfleur sont allés au domicile des époux Brunet, cultivateurs à Barneville-la-Bertrand, sur la réquisition du maire de cette commune. Là, ils ont trouvé, sur un lit placé dans une chambre située au premier étage de la maison habitée par elle et son mari, le corps inanimé de la femme Brunet, née Élise Marguerie, 36 ans. La tète, les épaules, les bras, les jambes et les pieds portaient de nombreux traces de coups, et le cadavre ne présentait, pour ainsi dire, qu'une seule plaie. Le plancher des deux chambres était maculé de sang qu'on avait vainement tenté de faire disparaître.

Dans un premier interrogatoire, le sieur Brunet a prétendu que sa femme était dans un état complet d'ivresse lorsqu'elle est rentrée, dimanche vers 2 heures après-midi, au domicile commun. Pris de colère à cette vue, il reconnaît l'avoir frappée, il est vrai, mais seulement avec une baguette grosse, au pins, comme le doigt, or, l'examen des blessures, celles de la tête surtout, rendent inadmissible cette explication, ces blessures semblent bien plutôt faites à l'aide d'un instrument tranchant. L'enquête continue. Brunet est âgé d'une quarantaine d'années, fortement constitué, et conserve un calme complet. Il a cinq enfants, dont l'aîné a dix-nuit, ans et dont le plus jeune, qu'allaitait sa mère, n'a que deux mois et demi.

 

Octobre 1878   -  Le crime de Barneville.  -  Voici de nouveaux détails sur le crime commis à Barneville, canton de Honfleur, sur la personne de la femme Brunet, âgée de 36 ans, trouvée dans son lit et portant sur le corps des blessures mortelles provenant d'un parement de fagot. 

Le coupable est son mari, homme d'une nature violente et indifférente. Au moment de l'autopsie du corps de la victime, et tout en répondant aux questions qui lui étaient posées, il a mangé et bu d'un très bon appétit. Dans le second interrogatoire auquel a été soumis Brunet, il persiste à nier que la mort de sa femme soit le résultat des coups qu'il reconnaît lui avoir portés avec une baguette, il prétend que, dans l'état d'ébriété où se trouvait la malheureuse, elle est tombée dans la mare qui se trouve dans la cour de la ferme, en voulant nettoyer un ustensile de ménage, et que, quoique immédiatement tirée de l'eau par lui, elle serait morte de froid quelques instants après, or, cette partie du système de défense imaginé par Brunet n'a guère plus de chance de trouver créance auprès de la justice que l'explication de la nature des coups donnés à la victime. Les effets de cette derniers, minutieusement examinés par les magistrats instructeurs, étaient mouilles, à là vérité, mais, ainsi que l'a prouvé une expérience faite sur l'heure dans la mare en question, l'eau dont ces vêtements étaient imprégnés ne pouvait venir de là, attendu qu'ils ne présentaient aucune trace de cette substance verdâtre qui recouvre la plupart des mares et qui adhère  inévitablement à tous les objets qu'on y plongé. Brunet, aptes avoir tué sa femme, est sorti vers 4 heures et demie du soir pour aller  ramasser des pois dans un champ situé près de sa cour, c'est à sa rentrée, deux heures plus tard, qu'il aurait enfin ramassé sa femme qui baignait inanimée dans son sang et l'aurait déposée sur son lit. 

 

Avril 1879  -  Demande de subvention.  -  Le Conseil général, considérant que les demandes de subvention sur les fonds de l'État, pour travaux aux églises et aux presbytères, a été établi conformément à l'article 2 de la loi du 10 août 1871, en tenant compte de l'urgence de ces travaux, ainsi que des charges et des ressources des communes. Prie M. le Ministre de vouloir bien accorder aux communes les subventions demandées pour travaux aux églises et aux presbytères, à Barneville, travaux à l'église. Montant de la dépense 15 945, 40 fr. déficit : 4 875 fr.  

 

Avril 1879  -  Répartition de secours pour les bâtiments communaux.  -  Le Conseil répartit entre les communes inscrites ci-après une somme de 13 130 fr. à prélever sur le crédit de- 15 000 fr. porté au budget de 1879 sous le titre : Subvention pour acquisitions, travaux et réparations d'églises, mairies et autres édifices communaux. Barneville, travaux à l'église 150 fr.

 

Mai 1885  -  Respect des morts.  -  Nous avons annoncé la semaine dernière que le sieur Auguste Chardey, 57 ans, journalier à Barneville, étant occupé à abattre des arbres à Ablon, a été tué par la chute d'une grosse branche. Un fait scandaleux a eu lieu à son inhumation. Le fossoyeur et les frères de charité se sont pris de querelle au bord de la fosse et se sont retirés en refusant formellement de recouvrir la tombe. Procès-verbal a été dressé contre ces individus qui ne savent même pas respecter la mort.

 

Septembre 1888  -  Incendie.  -    Barneville-la-Bertrand, incendie chez la dame Duhamel, propriétaire, et le sieur Moulin, cultivateur. 

 

Décembre 1888  -  Bonne nouvelle.  -  Un arrêté ministériel vient de réduire de 28 à 25 jours, pour l'année 1889, la durée de la période d'instruction « pour toutes les catégories de réservistes appelés, y compris les ajournés des années précédentes. »

 

Août 1889  -  L’école, situation comparative 1878 - 1888.  -  Dans la période qui s’étend de 1878 à 1888, trois lois scolaires ont été votées et promulguées : Le 16 juin1881 (gratuité)  -  Le 28 mars 1882 (obligation)  -  Le 30 octobre 1886 (laïcité). (Source  : Conseil Général du Calvados)

 

Juillet 1895  -  Les vacances.  -  Écoles primaires du Calvados. Sortie : le mercredi soir 31 juillet, rentrée : lundi 16 septembre. La distribution du lycée de Caen est fixée au 31 juillet, 9 heures du matin. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1895  -  Les orages.  -  Les orages se succèdent dans le Calvados. Le tonnerre est tombé, à plusieurs endroits, à Caen, sans, occasionner de dégâts. La semaine dernière, la foudre était tombée sur le clocher de Barneville-la-Bertrand et fait pour 2 000 fr. de dégâts. 

Les arrondissements de Lisieux et de Pont-l'Evêque ont été les plus atteints. Un bœuf, appartenant à M. David, cultivateur à Saint-Martin-de-Mieux, a été tué par la foudre. 

A St-Benoit-d'Hébertot, douze moutons, appartenant à M. Delarue, ont été tués dans leur parc par le fluide. La troupe se composait d'environ 150 moutons. 

A Rocques, le tonnerre a mis le feu à 2 500, bottes de paille et à un bâtiment renfermant des récoltes appartenant à M. Rebut, propriétaire. Pertes, 3 500 francs. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1898  -  Outrages à la pudeur.    Dans sa dernière audience, le tribunal correctionnel de Pont-l’Evêque en a entendu de drôles : la série a commencé par Marie Eveillard, femme Leclercq, 30 ans, demeurant à Honfleur, rue Bourdet. Cette gaillarde ne se gène pas, elle en prend à son aise et se pose n'importe où pour converser intimement avec les hommes qui veulent bien écouter ses propositions. Comme elle a été déjà plusieurs fois pincée pour le même fait, elle est condamnée à un an de prison et à 16 fr. d'amende. 

— Ensuite, est venu Othon Parfait, 66 ans, fermier à Barneville-la-Bertrand, il est prévenu d'être descendu dans sa cour et de s'être mis tout nu afin de faire voir aux hommes et aux femmes présents à cette exhibition qu'il était, pour son âge, aussi bien conformé qu'Adam au moment du péché. Comme excuse, Othon Parfait avoue qu'il était, ce jour-là, un peu parti pour la gloire. Le tribunal l'a condamné à un an de prison, mais avec la loi Bérenger. 

— C'est aussi pour un outrage public à la pudeur que Juste Fresnel, 65 ans, né à Touques, a été condamné à trois mois de prison, également avec la loi Bérenger. 

— La jeune Louise Lemasson, 15 ans, ayant voulu démontrer comment se produisait une éclipse de lune, a montré la sienne à certains citadins honfleurais qui n'ont pas pris cette leçon d'astronomie du bon coté et ont porté plainte. Mais l'affaire a été renvoyée devant, un autre tribunal, celui de Pont-l’Evêque ne pouvant la juger. 

— Le nommé Baron et la femme Richard s'étaient réfugiés dans un fossé de Beaumont-en-Auge d'ou ils ont été dénichés par le garde champêtre qui n'a voulu dire qu'à huis clos ce qu'il avait vu. Le jugement de cette affaire a été renvoyé à plus tard. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1899  -  Vol.   -  Louis Delamarre, 20 ans, originaire de la Seine-Inférieure, ayant déjà 10 condamnations, avait trouvé une place de domestique chez le sieur Bietto, cultivateur à Barneville-la-Bertrand. Le jour de Pâques 1898, ses maîtres étant à la messe, il dévalisa la maison, prit des effets, des bijoux et près de 800 fr. en argent, puis s'enfuit. Arrêté le 14 octobre, il avoua. Il a été condamné à 8 ans de réclusion et à la relégation. Défenseur, Me  Dodeman. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1899  -  Pendu.   -   On a découvert, pendu à un arbre, sur la limite des communes de Saint-Gatien-des-Bois et de Barneville-la-Bertrand, le cadavre du sieur Jean Taillois, 69 ans, casseur de cailloux. Taillois, qui était sombre depuis longtemps et manifestait des idées de suicide, était originaire de Pont-l'Evêque. C'est sa femme qui, en allant voir ce qu'il faisait, l'a trouvé pendu. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1900   -   Récompenses honorifiques.  -   Des diplômes d'honneur et des médailles ont été accordés pour belle conduite dans les incendies à un grand nombre de sapeurs-pompiers du département du Calvados.

— Des mentions honorables pour actes de courage et de dévouement ont été décernées à MM. Marquer, gendarme à la compagnie, du Calvados ; Palfresne, éclusier à  Bénouville et Godrel, menuisier à Barneville. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1906  -  Une grave affaire.  -  Dans l'après-midi de lundi, deux gendarmes de Honfleur en tournée à Barneville-la-Bertrand, étaient occupés à prendre copie d'une affiche manuscrite placardée devant la mairie, lorsque cinq coups de feu tirés du clocher de l'église et accompagnés de cris de : " Hou ! hou ! A bas les casseroles ! À bas les voleurs ! " se firent entendre.

Le brigadier gendarmerie demanda alors un entretien au curé. Celui -ci répondit que les coups de feu ne visaient pas les gendarmes, mais qu'ils signifiaient que la population armée s'opposerait par tous les moyens à l'inventaire de l'église.

 

Septembre 1927  -  En chassant.  -  M. André Sauvère, 29 ans, entrepreneur de maçonnerie, à Barneville-sur-Mer, canton de Honfleur, chassait près de Bray-en-Cinglais avec un  camarade, M. Pierre Bezuel, chauffeur d'auto, à Barneville, lorsque, pour tirer sur une compagnie de perdreaux, ce dernier se tourna légèrement. Quelques plombs atteignirent M. Sauvère au bras, à la poitrine et à la joue. Cet accident, d'ailleurs peu grave, n'aura aucune suite.  

 

Novembre 1937  -    Les pronostics de l'Abbé GABRIEL.      Baromètre : Le 26 novembre, à 7 h. du matin : 773.  Le 27 novembre, à 7 h. du matin : 762.

Thermomètre :  Maximum :  8° 2 .  -  Minimum : 0° 1.

Le temps du 27. —  Nuageux avec éclaircies.

Temps probable pour le 28. — Vents variables, dominant du secteur Est, faibles ; temps nuageux, brumeux avec éclaircies. Température sans grand changement, plutôt en baisse nocturne. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Janvier 1939   -   L’enfance malheureuse.   -   Les gendarmes de Honfleur ont ouvert une enquête sur les conditions d'existence des quatre enfants des époux A…….., demeurant à Barneville, au lieu dit «Le Pochard».

Ces bambins qui sont âgés respectivement de 5, 7, 11 et 13 ans, privés des soins les plus élémentaires, vivent dans des conditions inimaginables de malpropreté et de promiscuité. Toute la famille habite un taudis exigu et d'une saleté repoussante. Sans entrer dans les détails, bornons nous à indiquer que l'air et la lumière n'y pénètrent qu'avec parcimonie et que toute la famille couche sur le sol sur une maigre couche de foin.

Il ne s'agit pas d'un drame de la misère, loin de là, des personnes charitables se sont intéressées aux enfants et ont fourni du travail aux parents, mais ceux-ci sont des paresseux invétérés et des ivrognes incurables.

Lui, Albert A……... 40 ans, journalier, dépense tout ce qu'il gagne — quand il veut bien travailler — dans les cabarets. Elle, née Louise G…....., 39 ans, ne vaut pas mieux. Elle est au surplus de mœurs déplorables et a été compromise dans une affaire de vol. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche. 

 

Octobre 1941   -   Au feu !   -   Un bâtiment de 10 m. sur 4, dépendant, de la ferme exploitée à Barneville, carrefour David, par M. Cœuret, a été incendié. Il n'y a pas d'assurance et on ignore les causes du sinistre.  

 

Décembre 1947  -  Un acte de banditisme.  -  Au début de la soirée trois individus armés ont fait irruption au domicile de M. André Bardé, cultivateur à Barneville. Ils ont blessé ce dernier à coups de revolver. Les brigades de gendarmerie de la région recherchent les bandits. (Source  : Le Bonhomme Libre)

BARNEVILLE-la-BERTRAND (Calvados)  -  Château du Breuil
BARNEVILLE-la-BERTRAND (Calvados)  -  Entrée du Bourg

BARNEVILLE-la-BERTRAND 

L'Église

4  -  BARNEVILLE  -   En route pour le Moulin

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