BEAUFOUR - DRUVAL 

Canton de Cambremer

Les habitants de la commune de Beaufour-Druval sont des Beaufourquais-Druvalais, Beaufourquaises-Druvalaises.


Mai 1868   -   La lune.   -   La lune rousse qui finit aujourd'hui vendredi, à 6 heures 45 du matin, pour faire place à la lune de mai, n'aura pas été par trop méchante. Elle nous a donné de beaux jours. Les biens de la terre, au dire de nombreux cultivateurs, ont un aspect magnifique.

 

Mai 1868   -   Un incendie.   -   Le 24 de ce mois, à deux heures et demie du matin, à Beaufour, un incendie, attribué à la malveillance a consumé un corps de bâtiment à usage d'habitation et une grande partie du mobilier qu'il contenait, au préjudice de MM. David et Magny, banquiers à Pont-l'évêque, et du sieur Vauquelin, leur fermier.

Les pertes sont couvertes par une assurance. L'auteur présumé a été arrêté.

 

Mai 1868   -   Le climat.   -   L'élévation de la température qui n'a cessé de régner pendant la majeure partie du mois qui se termine, est un événement assez rare dans nos climats, où la chaleur n'atteint son maximum que vers le mois de juillet.

Voici à cette occasion la nomenclature des plus fortes chaleurs observées depuis un siècle et demi :

En 1702, le thermomètre monta à 39 degrés centigrades au dessus de zéro.

En 1753 et 1793, à 38 degrés.

En 1825, à 37 degrés.

En 1800 et en 1830, à 36 degrés.

La moyenne de la chaleur des étés et de 30 degrés. Cette moyenne à presque été atteinte dans la dernière quinzaine de mai 1868.  

 

Octobre 1869   -   La neige.   -  Mercredi matin, les côtes du Pays-d'Auge apparaissaient aux regards couverts de neige. On nous rapporte que la couche qui couvrait les territoires des communes de Saint-Jouin, Saint-Aubin-Lébisey, Beaufour et les environs, avait une épaisseur de cinq à six centimètres. Jeudi, la neige est tombée assez abondamment à Caen. Elle a également fait son apparition dans le département de l'Orne, du côté de Flers et de la Ferté-Macé.

 

Décembre 1869   -   Les nominations.   -  Par arrêté, M. le Préfet a nommé : M. Jean Daune, maire de Druval, en remplacement de M. Dauvergne, décédé. M. Philippe Montain, adjoint de Druval.  

 

Mars 1874   -   Infanticide.  -   Le 2 avril dernier, la gendarmerie a mis en état d'arrestation la veuve Folbarbe, demeurant à Beaufour, canton de Cambremer, coupable d'infanticide, et le sieur Martin, son complice. Les perquisitions ont amené la découverte d'un enfant nouveau-né enfoui dans le jardin de la femme Folbarbe. Mais la décomposition était trop avancée pour qu'on pût constater l'existence de traces de violence.  

 

Juillet 1893  -  Une bande de voleurs.  -  Une bande de voleurs exploite, depuis quelque temps, les cantons de Dozulé et de Mézidon. À Heuland, à Bourgeauville, à Branville, c'est du cidre, ce sont des volailles qui disparaissent, A Cricqueville, les mêmes malfaiteurs, sans doute, en l'absence d'une dame Vimont, propriétaire, et de sa servante, sont entrés avec effraction et sont partis en emportant cinq billets de 100 francs, deux montres en or, une chaîne et des bijoux, le tout évalué à 1 200 francs.

A Cléville, des malfaiteurs se sont introduits dans la maison de M. Pigache, maire, et ont fouillé les appartements, pendant que les maîtres et les domestiques étaient à la messe. Ils n'ont trouvé que le porte-monnaie de Mme Pigache, contenant 80 fr., et ont emporté les chaussures du fils Pigache, également absent.

Des malfaiteurs sont entrés dans la maison de M. Fontaine, demeurant à Beaufour, et ont volé un billet de banque de 100 francs et quelques bijoux d'une valeur d'environ 400 fr. Ils n'ont pu heureusement réussir à forcer la serrure du coffre-fort. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Les guêpes.  -  Il y a beaucoup de guêpes cette année par suite des chaleurs. Nos campagnes et nos plages en sont couvertes. Dans le Cher, ces insectes sont si nombreux qu'on ne peut pas cueillir les fruits. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Le jus de tabac.  -  En vue de permettre aux cultivateurs de défendre leurs récoltes contre les ravages des nombreux insectes que la sécheresse a fait éclore, l'administration des contributions indirectes rappelle que le commerce en détail des jus de tabac dénaturés est entièrement libre et toute personne peut, sans être astreinte à la moindre formalité, obtenir la livraison de ces produite et même en constituer un dépôt, où chacun à la faculté de venir s'approvisionner. 

Une notice indiquant le mode d'emploi, les conditions de vente et d'expédition des jus de tabac dénaturés, est tenue à la disposition des intéressés par les entreposeurs de tabacs de Caen: Bayeux, Lisieux, Honfleur, Vire et Falaise. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Mérite agricole.  -  Sont nommés, chevaliers : MM. Conard, agriculteur à Beaufour ; Londe, conseiller d’arrondissement à Curcy ; Rattier, vétérinaire à Bayeux ; Levavasseur, maire d'Ussy ; Voisin, maire de Saint-Rémy. (Source B.N.)

 

Juillet 1897  -  Victime du travail.  -  Un ouvrier couvreur qui réparait la toiture d'une maison à la veuve Duteille à Beaufour, est tombé d'une échelle de 7 mètres de hauteur et est mort quelques heures après. (source B. N.)

 

Janvier 1907  -  Infanticide.  -  Agissant à la suite d'une dénonciation anonyme adressée au parquet de Pont-l'Evêque, la gendarmerie de Dozulé s'était, ces derniers temps, transportée à Druval, pour faire une enquête au sujet d'un infanticide qui aurait été commis dans cette commune.

Au cours de son enquête, la justice ne put arriver a établir d'une façon absolument certaine la preuve des faits énoncés dans la lettre anonyme, néanmoins, elle recueillit d'intéressantes dépositions qui aujourd’hui, semblent se confirmer par de nouveaux témoignages.

Voici ce qu'on raconte à ce sujet : Mlle H…. M...., âgée de 19 ans, fille d'un cultivateur de Druval, avait pris un embonpoint anormal et vers la fin du mois de décembre, elle tomba malade. Les langues se délièrent aussitôt et on accusa formellement la jeune fille d'être enceinte, cependant, vers le 15 janvier courant, elle était a peu près rétablie et les habitants restèrent surpris de n'avoir pas entendu parler d’aucune déclaration de naissance.

Aujourd'hui, les faits seraient, paraît-il, confirmés et, mercredi M. Bouglier-Desfontaines, juge d instruction près le tribunal civil de Pont-1'Evêque, M. Leloutre, substitut de M. Mandrette, procureur de la République, M. le docteur Chevillot, médecin légiste et M.  Plouiz, commis-greffier, se sont transportés mercredi à Druval, pour continuer l'enquête.

Cette affaire cause une grosse émotion dans la commune. (source M. C.)

 

Mars 1907  -  Découverte d’un cadavre.  -   Lundi matin, Mme veuve Lemonnier, cultivatrice à Beaufour, a découvert dans un de ses bâtiments, le cadavre du  nommé Louis Gosselin, décédé presque subitement d'une congestion. (source M. du C.)

 

Juin 1912  - Porc phénomène.  -  Ces jours derniers M. Joubin, cultivateur à Druval, a eu la surprise de découvrir parmi une portée de huit porcelets un phénomène qui n'a d'ailleurs pas de resté longtemps vivant. Il avait une trompe d'éléphant, avec une trompe au milieu de la tête.  

 

Mai 1916  -  Une mort étrange.   -  Mme Joubin, cultivatrice à Druval, avait embauché un nommé Remondin, se disant originaire du Pré d'Auge. Le lendemain, en revenant du marché de Dozulé, Mme  Joubin trouva Remondin étendu inanimé dans le jardin. Il avait le torse entièrement nu, et ses vêtements étaient épars autour de lui. On croit qu'il a succombé à une congestion cérébrale.

 

Septembre 1922  -  Une invention intéressante pour nos herbagers.  -  M. Auguste Fontaine, propriétaire à Beaufour. vient d'obtenir un brevet pour un appareil de son invention destiné à embricoler les bestiaux. Cet appareil, extrêmement simple, a l'avantage de supprimer la bricole et la corde, et se compose uniquement d'une vis, d'un boulon et d'un anneau.

 

Novembre 1928   -   Brûlée avec sa maison !   -   Rentrant chez lui à Beaufour, canton de Cambremer, M. Jourdain apercevait de la fumée qui sortait de l'habitation de sa belle-mère, la veuve Lasne, 63 ans. L'immeuble était en effet en feu et la pauvre femme, restée dans sa chambre, n'avait pu s'enfuir, l'escalier ayant été détruit. Elle fut brûlée vive et on retrouva ses restes sous les décombres.

Certains pensent que le feu a été allumé par la malheureuse victime, qui ne jouissait pas de toutes ses facultés. Les dégâts, assez élevés, sont assurés.

 

Décembre 1937  -  Un drame à la ferme.  -  Un drame qui a mis en émoi la paisible population de Beaufour, petit village proche de Bonnebosc, s'est produit dans la soirée du 25 décembre.

Fermière à la tête d'une exploitation de quinze hectares, Mme veuve Vigan, âgée de 33 ans, habite dans une maison, au fond d'un herbage.

Depuis la mort de son mari survenue en 1935, elle n'a pas quitté la tâche pour subvenir aux besoins des cinq enfants en bas-âge issus du mariage.

Il y a quatre mois environ, elle résolut de se faire aider et embaucha M Leguerrier Henri, 26 ans, ouvrier agricole. L'employé eut vite fait de capter la confiance de la fermière.

S'enhardissant vite, il fut question bientôt d'intimité plus grande. D'ailleurs, pour accomplir le projet qu'il avait formé, il alla jusqu'à déclarer avoir 15 000 francs d'économies bien placées et souhaiter la régularisation de leurs rapports par le mariage.

La conclusion d'une demande de renseignements fut si désastreuse à l'égard de Leguerrier que Mme veuve Vigan, il y a trois semaines environ, éconduisit le soupirant.

Leguerrier Henri a en effet un casier judiciaire lourdement chargé. Il a dû répondre plusieurs fois de vols de vélos et d'assez mauvais renseignements sont fournis sur son compte.

Congédié par Mme veuve Vigan, il ne trouva point d'autre travail, et, depuis trois semaines, il continuait de coucher, grâce à une tolérance de son ancienne patronne, dans l'écurie voisine du bâtiment d'habitation.

Ne pouvant se resoudre de quitter la ferme, il tenta plusieurs fois d'obtenir l'abandon par Mme Vigan d’une décision si funeste à son égard.

Il en vint même ces temps derniers à la menacer d'empoisonner son bétail.

C'est dans ces conditions que, vers 16 heures, samedi, Leguerrier revint à la ferme pour tenter une ultime démarche, Mme Vigan, pour couper court à toute discussion, s'enferma chez elle.

L'homme devint furieux et voulut enfoncer la porte d'entrée. Ce que voyant, Mme Vigan, suivie de ses cinq enfants terrifiés, monta au premier, dans sa chambre.

Pendant ce temps, Leguerrier réussit à casser trois carreaux d'une fenêtre de la cuisine et s'introduisit dans la maison. Puis il monta au premier étage et tenta d'enfoncer la porte de la chambre qui d'ailleurs était fermée.

Mme Vigan prit alors un fusil et l'en menaça, mais Leguerrier revint dans la cour, plus décidé que jamais.

Mme Vigan s'estima en danger et, craignant également pour la vie de ses cinq enfants, ouvrir la fenêtre de la chambre et tira au jugé un coup de feu qui atteignit Leguerrier à la cuisse.

L'homme s'écroula tandis que, le coup de feu ayant été entendu par les voisins, ces derniers accouraient pour porter secours. Immédiatement alertée, la brigade de gendarmerie de Cambremer se rendit sur les lieux du drame et fit transporter d'urgence la victime à l'hôpital-hospice de Pont-l'Evêque où elle fut examinée par le docteur Maurin, médecin légiste. Ce dernier a précisé que la jambe avait été gravement atteinte et décida de pratiquer l'amputation. L'état du blessé est satisfaisant.

Le Parquet de Pont-l'Evêque a décidé de laisser Mme veuve Vigan en liberté provisoire, eu égard à ses cinq enfants en bas-âge d'une part et aux circonstances du drame puisqu'il semble établi qu'il s'agit d'un cas de légitime défense. (source M. du C.)

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Octobre 1940   -   Écrasé par son tombereau.   -   M. Henri Gauquelin, 49 ans, cultivateur à Beaufour, quittait sa propriété de Manerbe conduisant un tombereau plein de pommes, lorsque arrivée sur un chemin d'exploitation, au hameau de Duhannerie, il perdit l'équilibre pour une cause inconnue et tomba sur la chaussée. N'ayant pu se relever à temps, il eut la poitrine écrasée par une roue du lourd véhicule et la colonne vertébrale brisée, et fut tué sur le coup.

Le corps du malheureux devait être découvert par des passants, peu de temps après l'accident.

 

Mars 1946  -  Une victime de la Gestapo. -  Au cours de la bataille de juin 1944, deux jeunes gens du département du Nord, le frères Fontaine, domiciliés à Beaufour, décidèrent de rejoindre les armées alliées. Ils se rendirent en Normandie et tentèrent de passer les lignes à Dozulé, où l’un deux, André Fontaine, âgé de 20 ans, fut arrêté par les allemands et conduit dans un camp de prisonniers aménagé à la briqueterie d’Auvillars. Un soir, la Feldgendarmerie vint l’y chercher et le conduisit à son bureau divisionnaire installé chez M. Edmond Richard, à Beaufour.

Après un bref interrogatoire, le jeune homme subit le sort de deux autres prisonniers dont un prêtre, il fut abattu à coup de revolver. Les malheureux furent déshabillés et enterrés dans un champ voisin de la ferme de M. Richard.

Le crime ne fut connu de la police française qu’un certain temps après la libération. Des recherches ont permis de retrouver les vêtements des suppliciés et la gendarmerie a pu ainsi identifier cette victime de la barbarie nazie. . (Source B. L.)

 

1972  -  Commune constituée par la fusion de Beaufour, Druval, et de Saint-Aubin-Lebizay.

BEAUFOUR par Bonnebosq (Calvados)  -  Propriété Fontaine

BEAUFOUR par Bonnebosq (Calvados)  -  Le Bourg

Commentaires et informations : Facebook - @