BÉNERVILLE s/ MER 

Canton de Trouville-sur-mer

Les habitants de la commune sont des Bénervillais, Bénervillaises


Octobre 1868   -   La mer.   -   Dans la nuit de mardi à mercredi, la mer de la Manche avait une phosphorescence comme on ne lui en voit pas aux plus fortes chaleurs de l'été. Les bateaux en marche paraissaient naviguer au milieu d'une véritable mer de feu.

 

Octobre 1868   -   Un phénomène.   -   Un curieux phénomène s'est produit mercredi, vers minuit. Les quelques personnes qui, à cette heure avancée, se donnaient le plaisir de la promenade, ont aperçu dans l'espace un magnifique meteore qui apparaissant dans la direction de l'est est allé disparaître derrière les hauteurs du bois de Rocques.

Sa forme était celle d'un globe de transparence blanche, traînant à sa suite une longue bande d'un rouge étincelant, illuminant le paysage comme une vive lumière électrique.

La marche peu rapide de ce bolide a permis à ceux qui l'ont aperçu d'admirer son éclat.

Son passage est signalé dans plusieurs villes. À Caen son passage n'a été annoncé par aucun bruit, tandis qu'à Rouen, on a entendu une forte détonation.  

 

Mars 1869   -   Un accident.   -   Vendredi, à 11 heures du matin, M. le commissaire de police et la gendarmerie de Trouville, ont été avertis qu'une femme ayant la jambe démise, était abandonnée dans un champ, où elle avait passé la nuit.

Jeudi, cette femme, originaire de Caen, venait de Beaumont à Bénerville faire quelques commissions, connaissant le pays, elle prit à travers champs et herbages, et, en voulant sauter un fossé, elle se démit la jambe.

M. le maire de Bénerville, averti, se rendit auprès d'elle, accompagné de plusieurs personnes, mais aucune ne lui a tendu la main.

Ce n'est que le lendemain, après une nuit pluvieuse et froide, passée sur le bord d'un fossé, qu'une âme charitable lui apporta une botte de foin pour se couvrir, un morceau de pain sec et un bol de cidre.

Le commissaire de police et les gendarmes relevèrent la malheureuse femme et la portèrent dans une voiture requise par eux, et l'ont conduite à l'hospice de Pont-l'Evêque. Là encore, l'humanité des habitants de Bénerville s'est révélée, pas un ne s'est présenté pour aider dans cette circonstance.  

 

Mars 1869   -   La tempête du 20 mars.   -   Mercredi dernier, à la marée du soir, le remorqueur le « Neptune », du Havre, est venu pour renflouer le brick « Raoul et Aurélie », échoué sur la côte de Bénerville. Ce navire, après déchargement, s'est trouvé dans les meilleures conditions possibles, et il est parti à la remorque du « Neptune » comme s'il avait été en pleine eau. Il a été conduit au Havre.

 

Janvier 1870   -   Le Canton.   -  Voici les noms des communes qui doivent faire partie du nouveau canton de Trouville, si l’enquête n'y apporte aucun changement. Il se composerait des communes de Trouville, Deauville, Villerville, Touques, Saint-Arnoult, Bénerville, Tourgéville, prises aux dépens du canton de Pont-l’Evêque, et des communes de Blonville et Vauville, détachées du canton de Dozulé. Sa population serait de 10.115 habitants.

Pour compenser la perte que subirait, le canton de Pont-1'Evêque, on lui attribuerait trois communes du canton de Blangy, Saint-Julien-sur-Calonne, Pierrefitte et le Vieux-Bourg, plus la commune de Glanville qu'on détacherait du canton de Dozulé.

Les cantons de Honfleur et de Cambremer resteraient tels qu'ils sont actuellement.

 

Mars 1879   -    Échouage.  -  Dimanche, la goélette finlandaise « Sussio », capitaine R. Gromdsirom, venant de Swansea à Trouville, chargée de charbon, s'est mise à la côte au moment de la pleine mer, pendant le brouillard, sous Bénerville, où elle est restée échouée quatre jours sur le sable.  

 

Décembre 1882  -  Incurie.  -  Depuis plusieurs mois, la route de grande communication de Caen à Honfleur est entièrement négligée. De Varaville à Cabourg et de Bénerville à Villers, il ne sera bientôt plus possible d'y passer. Ce n'est pourtant pas le galet qui manque, il y en a plus qu'il n'en faut pour remplir les trous, voilà même quatre mois que des tas encombrent la circulation. 

Au mois d'avril, on faisait élaguer et même couper par le milieu des arbres inoffensifs. C'était, disait-on, pour assainir les routes, au mois de décembre, en n'a même pas le courage de faire enlever les boues qui les couvrent.

Mai 1884  -  Pêcheurs et baigneurs, gare à vos habits.    Un grand nombre de personnes ont la mauvaise habitude, lorsqu'elles vont pêcher ou se baigner à la mer, de laisser leurs vêtements sur le sable. C’est ce que faisait dimanche, à Bénerville, le sieur Lamoureux, entrepreneur de menuiserie à Trouville, pour se livrer à la pêche de la crevette. 

Quelques heures plus tard, lorsque notre pêcheur vint reprendre ses effets, son paletot, sa montre et 6 fr., qui se trouvaient dans une des poches de son gilet, avaient disparu.  

 

Mai 1891  -  Coups suivis de mort.  -  Le 4 janvier, on trouvait, sur le chemin de Blonville, le cadavre du sieur Folliet, 59 ans. Il avait les os de la tête en bouillie. On accusa de cette mort Louis Langeois, 28 ans, jardinier à Bénerville, qui avait bu et joué toute la soirée avec Folliet. En sortant du cabaret, Langeois était furieux d'avoir perdu, Folliet le narguait. 

Que s'est-il passé ?  L'instruction dit que Langeois a tué Folliet à coups de crosse fie fusil. Le défenseur, Me Fleury, soutient que rien n'est prouvé. C'est ce qu'a pensé le jury, car il a acquitté le prévenu. (Source B.N.)

 

Février 1894  -  Coup de fusil.  -  Mercredi, à la suite d'une discussion entre les nommés Marie Poterf, et Désiré Lecerf, terrassier à Bénerville, ce dernier a tiré un coup de feu sur Poterf, qui a été légèrement atteint au bras gauche. Lecerf a été arrêté. (Source B.N.)  

 

Février 1894  -  Pour le lait.  - Le nommé Lecerf, de Bénerville, 70 ans, voulait empêcher le nommé Marie Poterf de faire chauffer du lait. Poterf le bouscula, Lecerf prit un fusil et en tira un coup qui blessa Poterf au bras, mais légèrement. Ce vieillard irascible vient d'être condamné à 6 mois avec la loi Bérenger. (Source B.N.)

 

Février 1894  -  Mouvement de la population.  -  D'un rapport inséré au Journal officiel, il résulte qu'il y a eu dans le Calvados en 1892, 8 616 naissances ; 10 672 décès ; 3 054 mariages et 89 divorces, excédent des décès, 2 056. (Source B.N.)

Février 1894  -  Le froid.  -   L'hiver nous est revenu brusquement cette semaine. Mardi matin le thermomètre marquait 4 degrés au-dessous de zéro et mercredi 6 degrés.

(Source B.N.)

 

Avril 1904  -  Découverte d'un cadavre. -  M. Louis Lamée, jardinier à Tourgéville, a trouvé, dimanche le cadavre d'un homme rejeté par les flots que sur la grève de Bénerville.

Cet infortuné était vêtu d'un tricot bleu-marin, avec inscriptions « Newhaven and Caen service » d'un pantalon et d'un gilet en drap également bleu-marin.  

 

Juillet 1908  -  Morts suspectes.  -  Deux enfants de quatre mois et deux ans, appartenant à une famille en villégiature, sont décédés ces jours -ci, et des bruits d'empoisonnement ayant circulé dans le pays, le Parquet de Pont-l'Évêque s'y est rendu samedi et a fait faire l'autopsie des deux petits cadavres par le docteur Chevillot, médecin légiste.

L'enquête ouverte se poursuit activement et fera sans doute le jour sur cette affaire.

 

Septembre 1922  -  Inauguration du monument aux morts.  -  L'inauguration du monument éle à la mémoire des soldats de la commune de Bénerville morts pour la France, aura lieu le 24 septembre prochain. 

Voici le programme de cette journée à 10 h. 30, en l'église de Bénerville, service solennel pour les soldats.
A 11 h. 15, inauguration du monument sous la présidence de M. Flandin député du Calvados et de M. Bussière, sous-préfet de Pont-l'Évêque.
A 12 h. 30, hôtel de la Plage banquet offert par la commune aux démobilisés.

 

Novembre 1918  -  Une bonne capture.  -  Le vol d'un filet commis, il y a quelques jours sur la plage de Bénerville, au préjudice de MM. Bertrand et Hoinville, attira l'attention de la gendarmerie sur une cabane située à flanc de falaise, près du château de Bénerville, et un homme et une femme, étrangers au pays, avaient installé tout récemment leur domicile. Cette cabane était remplie de denrées et de légumes dont la provenance suspecte ne pouvait faire de doute.

L'individu n'avait pas de papiers en règle. Il déclara se nommer Gaston Nélaton, cuisinier à Paris, mais ne possédait aucune pièce militaire. Il offrit aux gendarmes de les suivre à Trouville chez un ami auquel il avait confié son portefeuille et son livret militaire.

Le groupe avait fait à peine quelques pas, que l'homme et la femme s'enfuirent à toute vitesse, dans des directions opposées, dans les buissons de la falaise. La nature du terrain rendait la poursuite difficile et, pour comble de malheur, l'un des gendarmes fit une chute qui permit au prétendu Nélaton de prendre une belle avance. Malgré les recherches les plus actives, il ne put être rejoint.

La femme avait été arrêtée. Après avoir fourni son état-civil Jeanne Marie, 29 ans, née à Mosles, arrondissement de Baveux, demeurant précédemment à Trévières, elle passa des aveux complets. Elle avait fait la connaissance de Nélaton alors qu'il gardait des prisonniers de guerre à Port-en-Bessin. Elle l'avait suivi à Elbeuf, et il avait déserté, il y a six mois. Depuis, ils couraient à l'aventure et vivaient de rapines. Ces jours-ci encore, ils avaient mis au pillage le jardin de M. Maison, propriétaire, villa des Fleurs.

La fille Marie a été mise en état d'arrestation sous l'inculpation de vagabondage, complicité de désertion et vols.Son ami Nélaton court encore, mais ne tardera, sans doute, pas à la rejoindre en prison.

 

Mars 1926  -  Un audacieux cambriolage à main armée.  -  Il y a quelques jours, le nommés Bayard Antoine, 18 ans, charretier à Villers-sur-Mer, se présentait brusquement, un couteau ouvert à la main, à la villa Belle-Brise habite seul un Américain, précédemment domicilié à Trouville, M. Bracker.
Effrayé par l'attitude menaçante de ce visiteur inattendu, M. Bracker, qui n'était pas encore couché, se réfugia dans une chambre il s'enferma à clef.

Le cambrioleur, qui n'en demandait pas davantage, en profita pour visiter quelques meubles et se retira tranquillement, emportant 7 à 800 fr. en espèces. Il ne devait pas, d'ailleurs, s'en tenir à ce premier exploit.

Deux jours plus tard, vers midi, après quelques copieuses libations, Bayard se présentait à nouveau à la villa Belle-Brise et usant du procédé qui lui avait si bien réussi l'avant-veille, mettait le couteau sous la gorge du propriétaire atterré. Puis il se livrait à un inventaire en règle de la villa.

Malheureusement, pour lui des voisins auxquels il s'était imprudemment vanté de son équipée, téléphonaient à la gendarmerie de Trouville et quelques instants plus tard deux gendarmes arrivaient sur les lieux.

Dérangé dans son travail, le cambrioleur saisit un pistolet automatique qu'il avait trouvé dans la maison et le tournant dans leur direction, pressa à deux reprises sur la gâchette.

Par bonheur pour les représentants de l'autorité, aucune balle ne se trouvait dans la barillet. Cela leur permit de sauter sur le dangereux individu, de lui passer les menottes et de l'amener à la gendarmerie ils purent faire à l'aise le compte de son butin. Bayard était, en effet, porteur d'une liasse de billets de banque et de pièces d'argent représentant au total 3.713 francs. Il avait volé, en outre, quantité d'autres objets dont il fut trouvé porteur, notamment un chronomètre en or, un rasoir, une lampe électrique, des boites de cigares, etc...

Bayard a été déféré au Parquet de Pont-1'Evèque, sous l'inculpation de vols qualifiés et de tentative d'homicide volontaire.

 

Septembre 1930   -   L'américaine était « humide »...   -   Mme Sauther, née Harrigton, dame occupant une place très en vue dans la colonie américaine, avait convié une dizaine d'amis à fêter son 30e anniversaire dans sa villa « le Bungalow » qu'elle occupait pour la saison à Bénerville. Cette villa, faite d'une ancienne baraque du camp des Anglais, artistement aménagée en chalet normand, est somptueusement meublée. La nuit se passa gaiement en copieuse libations. Tout le monde était en état d'ivresse. Vers 4 heures du matin, Mistress Sauther se coucha. M. Benson Rose, un des invités, voulut descendre l'escalier et fit une chute assez grave et une blessure au front. On appela le docteur Roques, de Deauville, qui fit au  blessé des points de suture. Celui -ci fut posé sur un lit. À 8 heures, le docteur vint faire une nouvelle visite au blessé. On lui dit alors que Mistress Sauther était très malade.  Il se rendit auprès d'elle et se trouva en présence d'un cadavre encore chaud dont la face était violacée.

Il attribua le décès à l'excès de boissons alcoolique. La défunte était atteinte d'affection cardiaque, et délivra le permis d'inhumer.

 

Février 1940  -  Épilogue d'accident.  -   Le 30 novembre dernier, Mme Moles, médecin inspecteur d'Hygiène, demeurant à Cabourg, avenue de la Mer, renversait dans la côte de Bénerville, M. Clavatta, qui arrivait en bicyclette en sens inverse, et se jetait ensuite sur le mur de la propriété « Pigeon vole » en bordure de la route nationale. Clavatta, fort heureusement, s'en tira sans blessure grave. L'inculpée est condamnée à 50 francs d'amende avec sursis et 5 francs pour la contravention.

 

Août 1941   -   Plus d'estivants sur la côte.  -  Conformément aux instructions du chef de l'Armée d'Occupation en France et des Feldkommandanten locaux, l'interdiction des séjours d'estivants dans les régions côtières vient d'entrer effectivement en vigueur dans toute la zone du littoral dans la France occupée.

Des dispositions locales prises, il convient de retenir qu'est interdite pour toutes les agglomérations situées sur la côte ou à proximité de la cote, l'installation : des estivants ou baigneurs ; des propriétaires de villas ou maisons qui n'ont pas leur domicile dans la commune où est située cette dite villa ou maison. En conséquence, les personnes qui se seraient déjà installées ont dû avoir quitté la zone côtière pour le 31 juillet 1941.

Dans chaque département, l'autorité fixe, par des dispositions précises, les cantons qui doivent être considérés comme zone côtière. Il est précisé que les contrevenants aux prescriptions édictées sont punissables en vertu de l'ordonnance allemande relative aux déclarations obligatoires et aux séjours interdits en date du 9 novembre 1940 (« Journal Officiel des Ordonnances », p. 143.)

En outre, sont interdits dans la zone côtière indiquée ci-dessus, les camps de tous genres, tels que camps de jeunesse, foyers pour enfants, colonies de vacances, etc., étrangers à la commune, ainsi que les camps de travailleurs agricoles. Tous les camps existants doivent être fermés poulie 20 août prochain.

 

Juin 1942   -   Un accident.    -   En traversant Bénerville, un camion de l'entreprise Leborgne, de Caen, a dévié de sa route, par suite de la rupture de la rotule du bras de direction, et s'est jeté dans un jardin, après avoir renversé et blessé grièvement sur le trottoir, Mlle Françoise Lemie, qui a été hospitalisée à Deauville.

 

Juin 1944   -   Sous la mitraille anglo-américaine.   -   Samedi soir, en trois vagues successives des avions anglo-américains ont arrosé de bombes de gros calibres, les agglomérations de Blonville-plage et de Bénerville. Une quarantaine de villes, plus l'école de Blonville ont été détruites et autant endommagées. La petite église de Bénerville a été sérieusement atteinte. Construite au début du XIe siècle, elle était l'une des plus anciennes églises du département. Elle s'élevait sur une falaise qui domine la mer et elle était, par son ancienneté une curiosité archéologique et, par le site environnant un centre touristique réputé. On ne déplore aucune victime.

La Côte de BÉNERVILLE  -  Vieille Église

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