BIÉVILLE - BEUVILLE

Canton de Ouistreham

Les habitants de la commune sont des Biévillais, Biévillaises


Juin 1866   -   Un accident.   -   Jeudi dernier, le sieur Firmin, domestique, à Caen, a été victime d'un bien funeste accident. Ce malheureux conduisait, sur la route de Caen à Lion-sur-Mer, une voiture de fumier. Il s'est endormi, accablé de chaleur, sur sa charrette, et a été précipité sous la roue par une secousse. Il a eu la poitrine écrasée et a rendu le dernier soupir au presbytère de Biéville, où tous les soins qui lui ont été prodigués ont été inutiles.

Cet homme, qui était d'une excellente conduite, laisse, dit-on, une veuve et deux enfants.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Un gros fermier des environs de Beuville possède un taureau et une servante, qui font son admiration.

Tout récemment, un cultivateur du pays, désirant avoir de l'espèce du taureau, y conduisit sa vache, mais après l'opération, il oublia de donner à la servante les 25 centimes de pourboire réglementaire.

Celle-ci se fâcha, s'empara de la vache et, armée d'un bâton, s'écria : « Viens la trachi ! et tu vas vais ! » Néanmoins, le cultivateur s'approcha, mais il lui en a cuit, car sur son dos plusieurs fois le bâton de la vachère s'abattit, laissant de profondes traces.

Il fallut s'exécuter, et au lieu des vingt-cinq centimes, le récalcitrant campagnard fut obligé d'en donner cinquante.

Heureux d'en être quitte à ce prix avec une gaillarde qui passe dans le pays pour ne pas avoir peur de recevoir, et surtout de donner un coup de poing.  

 

Mai 1872   -  Le temps qu’il fait.  -  Depuis quinze jours, il pleut, il vente, il grêle, il neige, il gèle.

Dans le Calvados, gelée et inondation. Dans l'Orne, neige et gelée. Aux environs de Paris, les légumes et les fruits sont en partie détruits. Dans les pays vignobles, tout semble anéanti.

Le blé augmente sur tous les marchés, cependant, il ne faut pas trop s'effrayer de cette hausse, car les récoltes ne sont pas en détresse, et ceux-là qui prétendent que le blé va pourrir en terre sont des imbéciles ou des spéculateurs.

 

Mai 1872   -  Pluie.  -  Les pluies abondantes qui sont tombées pendant ce mois, ont produit une crétine très préjudiciable dans la vallée de la Dives. En effet, l'eau couvre tout à fait un grand nombre d'herbages dans plusieurs communes, surtout dans les partis les plus basses, où elle atteint 50 à 60 centimètres.

 

Mai 1872   -  Le temps qu’il fait.  -  La température insolite qui règne depuis quelques semaines, est cause d'une aggravation de la mortalité dans certaines contrées.

A Paris le chiffre des décès a été de plus 1000 dans la dernière semaine, total considérable en raison du nombre actuel des habitants.

 

Mai 1872   -  Fait divers.   -  La récolte du blé sera abondante cette année et le pain bon marché. Qui dit cela ? La caille, d'après le dicton ancien : « Autant de fois chante la caille, autant de pistoles vaut le sac de blé. » Or, cette année, la caille fait entendre son chant criard quatre fois consécutives : signe d'abondance et le blé à 40 fr. le sac. L'année dernière, elle le répétait six et sept fois ; présage de cherté. En effet, le blé n'a-t-il pas, en ces derniers jours, monté à plus de 60 fr.

 

Juin 1872   -  Accident de voiture.   -  Le 4 du courant, vers 8 heures du soir, le nommé Léonidas-Georges Jardin, domestique à Biéville, a été écrasé par une voiture qu'il conduisait, sur la route de Lion-sur-Mer. La mort a été instantanée.  

 

Mai 1879   -  Fait divers.  -  Une scène pénible s'est produite vendredi midi, à Biéville, près Caen. La fille Deuzey, âgée de 20 ans, lavait au lavoir public, lorsqu'elle fut prise d'une attaque d'épilepsie et tomba dans l'eau. L'accident venait d'arriver et la pauvre fille respirait peut-être encore, lorsqu'un individu de la commune vint pour abreuver ses chevaux, mais au lieu de porter secours à la fille Deuzey, il fit tranquillement boire ses chevaux et regagna son logis en disant : « qu'il venait d'vais une femme qu'était z'en train de s'néyé... ». 

Plusieurs personnes se portèrent vers le lavoir pour retirer la fille Deuzey. Mais à son tour, le garde champêtre s'y opposa, prétextant que cette mission le regardait. Et pendant le débat, ce fut le père de la victime qui eut la triste corvée de retirer de l'eau le cadavre de sa fille.  

 

Décembre 1880  -  C’est pour pâques ou la trinité.  -  En ce moment le chemin de Blainville à Mathieu est éboulé, dans la traversée de Beuville, sur une longueur de 5 à 6 mètres, près la ferme de M. de Chaumontel. C'est à peine s'il reste le passage suffisant pour les voitures. M. le Maire de Beuville n'y peut rien, car ce chemin n'est pas communal. Ce serait au service vicinal d'y remédier. Il paraît qu'il y songera au printemps prochain. Mais, en attendant, s'il arrive des accidents, qui les réparera ?

Février 1881  -  Drôles d’affaires.  -  Le conseil de préfecture avait, mercredi dernier, a statué sur une dizaine d'affaires relatives aux élections municipalité. Un ex-conseiller, ex-capitaine de la garde nationale de Biéville, qu'on ne peut pas appeler l'ami du mouvement, attaquait l'élection parce qu'on avait tant ballotté l'urne que son nom en avait sauté, et que c'était à cette cause seule qu'il devait de ne pas être réélu.  

 

Mai 1883  -  Plus de cachot. –  Le ministre de l'instruction publique vient d'adresser aux recteurs d'académie une circulaire, dans laquelle il les informe que l'usage du séquestre dans les lycées et collèges doit être abandonné partout.

 

Juin 1883  -  Orage et foudre.    Vendredi, soir, un orage épouvantable s'est déchaîné, sur notre département. La foudre a éclaté sur plusieurs points est la pluie et tombée avec abondance.

Le tonnerre a fait une victime à Vaudry, près Vire, en tombant sur la maison de la famille Lecoq, blanchisseur.  La femme Lecoq, âgée de 32 ans, qui s'occupait des soins du ménage, a été tuée par la foudre. La mort a été instantanée.

A Biéville, canton de Douvres, la foudre est tombée sur la ferme du Londel, appartenant à M. le vicomte de Savignac, exploitée par M. Lelièvre. Elle a incendiée un bâtiment de 30 mètres de long, contenant 600 bottes; de foin, 270 hectolitres de blé et toute la provision de cidre du fermier. La cave a pu être protégée, grâce a l’arrivée de la pompe à incendie.

A la même heure la foudre est tombée à Basly, dans la ferme de M. de Colomby, exploitée par M. Maillard. Elle est passée par la cheminée a enlevée plusieurs pierres, puis est ressortie par la croisée, dont elle a brisée les carreaux et les châssis.

 

Septembre 1890  -  Un plomb égaré.  -  Les journaux ont raconté, d'une façon inexacte, un accident heureusement sans gravité arrivé entre Beuville et Biéville, au moment des manœuvres. Le sieur Docagne, restaurateur à Caen, rue Pémagnie, était en partie de chasse chez l'un de ses amis. Une perdrix se trouvant à portée, le sieur Docagne tire et tue la perdrix, mais un plomb égaré va frapper, dans les rangs, un soldat du 129e

L'affaire s'est arrangée devant le colonel, sans que les gendarmes, ni avant ni après, n'aient eu à intervenir, comme on l'a dit, en mettant en cause un sieur B…….. qui n'y est absolument pour rien.

 

Février 1907  -  Le téléphone.  -  La cabine téléphonique de Beuville est mise en service depuis le 1er février 1907. Cette cabine relie directement à Caen.  

 

Février 1915  -  La Jeunesse patriote.  -  Les fillettes de l'école de Beuville-Biéville ont confectionné vingt-cinq cache-nez pour les soldats blessés du Lycée Malherbe.  Une souscription ouverte entre les garçons et filles a produit 11 fr., cette souscription est échue au 13e chasseurs. 

Enfin le versement du premier trimestre scolaire pour le sou de l'écolier destiné aux enfants belges et français des régions envahies s'est élevé à 15 francs.

 

Octobre 1926  -  Un drame dans une ferme près de Caen.  -  Dimanche soir, le petit hameau de La Bijude, situé sur la route de la Délivrande, à 7 kilomètres de Caen, a été le théâtre d'un drame terrible et atroce. Un domestique de ferme a tué d'un coup de fusil, tiré presque à bout portant, un ouvrier de Biéville avec lequel il avait eu, quelques instants auparavant, une violente discussion suivie d'un pugilat.

Il plane un peu de mystère sur ce meurtre sauvage dont le mobile échappe et surprend par certains tails. Malgré les dénégations des principaux témoins, l'alcool parait avoir tenu l'un des premiers rôles dans cette après-midi tragique. Il serait difficile d'expliquer, en dehors de cette hypothèse, les coïncidences et les contradictions relevées dans les dépositions recueillies au cours de l'enquête.

Voici dans quelles circonstances le crime aurait été commis : Dimanche soir, vers 19 heures, M. Hue, cultivateur, dont l'importante exploitation est située en bordure de la route, revenait en carriole d'un herbage voisin il s'était rendu avec sa femme pour prendre plusieurs channes de lait. Thérèse Lemonnier, leur servante, qui venait de traire, rentrait avec eux à la ferme. En chemin, la jeune fille avait mis les époux Hue au courant d'un incident survenu, non loin de l'endroit elle était occupée, entre un domestique de l'exploitation, Henri Clerfond, 24 ans, et un individu de Biéville qui l'aurait assailli dans les champs.

Le fermier n'attacha aucune importance à cette querelle banale et il ne pensait plus à ce qui lui avait été relaté, lorsque, en franchissant le grand portail de la ferme, Il vit s'avancer vers lui, hagard, et très surexcité le domestique mis en cause par Thérèse Lemoine.
  -  Qu'y a t’il mon ami ? demanda le cultivateur. 

  -  Eh bien, voila, patron, répondit Henri Clerfond. Je viens de tuer un homme, là, dans la cour.
Vivement ému, car son subordonné avait encore en mains un fusil de chasse qu'il tenait abaissé, M. Hue reprit aussitôt.
  -  est-il ?
  -  Venez vous allez le voir, il est étendu à deux pas de la remise.
Henri Clerfond s'exprimait avec un sang-froid assez étrange et cependant aux dires des témoins de la scène, il ne paraissait nullement prie de boisson. Le fermier descendit vivement de voiture et, en compagnie de sa femme, suivit le domestique.
Un cadavre gisait entre la fumière et le hangar. L'inconnu qui avait été atteint à la tempe était méconnaissable :  le sang s'échappait abondamment de la blessure affreuse et la matière cérébrale était à nu. Le corps de la victime était étendu sur le coté droit, le bras droit sous le corps et le bras gauche replié sur la poitrine, la face avait été littéralement réduite en bouillie. A quelques pas se trouvaient trois cartouches chargées de fusil de chasse.
Les causes du drame : Avant même de s'être fait expliquer les circonstances du drame, M. Hue s'empressa de faire prévenir le maire de Biéville et les gendarmes, pendant que Mme Hue se rendait en toute hâte chez M. Lefeuvre, débitant, qui, prit avec elle le chemin de la ferme on enferma le meurtrier en attendant l'arrivée des gendarmes.

Peu de temps après, M. le chef de brigade Macaire et le capitaine Bercier, commandant l'arrondissement de Caen, se présentèrent à la ferme et interrogèrent les premiers témoins. Henri Clerfond relata sans le moindre trouble les faits qui avaient précédé la sanglante tragédie.

II avait passé deux heures au café Lefeuvre, situé presqu'en face de la demeure de son maître. En même temps que lui, divers consommateurs parmi lesquels M. Yves Kergal, 44 ans, employé d'octroi, M. Violette, journalier, et M. Deschamp, se trouvaient dans la salle du débit. Ce dernier qui avait apporté son accordéon, joua quelques airs connus pour amuser l'assistance. Le domestique, assez simple d'esprit, dansa au son de l'instrument et se livra à des excentricités telles que M. Lefeuvre finit par le prier de sortir.

  -  Tu nous fatigues avec tes singeries, lui dit-il, va-t-en piquer tes vaches.

Clerfond, qui était chargé de ce travail, se dirigea vers l'herbage turaient les animaux de la ferme. Une heure après il était de retour au café. J'ai été attaqué dans la plaine par un bandit, déclara-t-il. Voyez, je porte les marques du coup reçu à la tète.
On ne prit pas garde aux propos du déséquilibré. Par plaisanterie, M. Deschamp lui demanda de montrer ses blessures et les consommateurs présents feignirent de s'intéresser à cette histoire de brigand dont ils ne croyaient pas un mot, le héros de l'aventure n’étant pris au sérieux par personne.
Henri Clerfond quitta le débit et accompagna pendant quelque temps la servante de M. Hue qui allait faire la traite du soir, il accepta même de porter ses bidons, jusqu'à l'herbage en lui racontant l'agression dont il avait été victime.
Vers 17 heures, le domestique après avoir erré aux alentours, reprenait la direction de la ferme. Au même moment, son agresseur, car une rixe avait réellement eu lieu, se présentait au café Lefeuvre. Il était nu-tête et ses vêtements portaient des traces de coups. On reconnut aussitôt le nouvel arrivant, un ouvrier des Chantiers Navals, précédemment employé comme régisseur chez M. de Formigny, Yves Caro, â de 37 ans, qui, depuis plusieurs mois, habitait à Biéville avec sa femme et ses deux enfants.
Un peu pris de boisson, et en proie à une violente surexcitation, l'ouvrier déclara à son tour qu'il avait été assailli sur le chemin de Biéville par un individu inconnu de lui, qui avait s'emparer de son fusil, nouvellement réparé et de sa casquette.
  -  L'homme avec qui vous vous êtes battu, lui dit M. Lefeuvre est certainement un domestique de M. Hue. Vous le retrouverez à la ferme.
Yves Caro, au courant de ce détail, résolut d'aller aussitôt réclamer son rival, le fusil et la casquette. Dans le trajet à travers champs, il rejoignit Thérèse Lemoine, la domestique des époux Hue qui parut effrayée à son approche mais échangea quelques mots avec lui, après qu'elle eut été rassurée par l'ouvrier.

De loin, Henri Clerfond les perçut cheminant côte à côte et en conçut un vif ressentiment Rentré précipitamment à la ferme, le jeune homme qui semblait hors de lui courut au devant des deux fils de M. Hue siré, 16 ans, et Albert 11 ans, lesquels revenaient d'une promenade à Tours.
Clerfond leur fit un récit assez extravagant de l'affaire à laquelle il venait d'être mêlé ajoutant que son agresseur était allé rejoindre la servante dans l'herbage et que celle-ci pouvait se trouver en présence d’un grave danger. Très impressionnés,
Albert Hue et son frère proposèrent au domestique de se rendre avec lui en voiture dans l'herbage et d'emporter un fusil de chasse pour pouvoir se défendre s'ils étaient assaillis par
l'énergumène.

Se disant, Albert Hue courait chercher l'arme au crochet dans un vestibule. Au moment il rejoignait sous le hangar son frère et Clerfond, l'homme à la tête nue. Yves Caro, apparut tout à coup devant le portail. C'est lui, il vient ici pour nous attaquer, s'écria le domestique.

Dénouement tragique :  De la scène qui se déclara ensuite, les trois témoins ont donné des variations assez dissemblables. Hue a reconnu qu'il chargea précipitamment le fusil, en expliqua le maniement avec la même rapidité et le lui remit entre les mains.

  -  N'avance pas ou tu es mort ! prononça d'une voix forte Henri Clerfond. Cette sommation fut répétée trois fois. L'ouvrier, qui n'avait peut-être pas saisi le sens de la terrible menace, ni vu son adversaire le mettre en joue, s'approcha de la remise d'une allure assez dégagée. Une détonation retentit. Le malheureux Caro, atteint à la face, s'écroula sans pousser un cri, dans une mare de sang. La mort avait été instantanée.
Son crime accompli, le meurtrier ne manifesta pas la moindre émotion, persuadé qu'il était en état de légitime défense.
L’enquête de la gendarmerie :  Au cours de l'interrogatoire que lui fit subir M. le chef de brigade Macaire, Clerfond prétendit d'ailleurs que le coup avait été tiré par Albert Hue mais, pressé de questions, il abandonna bientôt ce système de fense et reconnut bientôt son entière responsabilité.

Un détail était resté obscur l'origine de la querelle qui éclata dans l'après-midi entre Clerfond et sa victime.
Un domestique a déclaré aux gendarmes que Caro lui avait demandé la route de Caen, fait invraisemblable car l'ouvrier venait précisément de cette ville il était allé chercher un fusil en réparation chez un armurier.
Comme il est dit plus haut, le possesseur de l'arme crut d'abord qu’elle lui avait été dérobée par son adversaire après la rixe.
On a retrouvé, hier matin, sur le lieu se déroula cette scène de violence, le fusil égaré et la casquette de l'ouvrier.
Clerfond a allégué également qu'il avait eu maille à partir avec Caro parce que celui-ci avait détaché un cheval au pacage appartenant à M. de Formigny. Il est certain que l'ouvrier qui fut longtemps le régisseur de ce dernier, avait plusieurs fois, depuis son retrait d'emploi, et pour se venger, dépiqué les animaux de son ancien maître. Il fut même l'objet d'une plainte à ce sujet.
Yves Caro s'adonnait à la boisson, passait pour un mari brutal et ne jouissait d'aucune considération dans le pays. Quant au meurtrier, il ne semblait pas jouir de toutes ses facultés. Par surcroît, peut-être, avait-il ce jour-là, comme sa victime, beaucoup trop absorbé de cafés calvados intempérance qui ne pouvait qu'aggraver sa débilité mentale et le conduire à une véritable démence.

On est surpris enfin de voir avec quelle facilité ce simple d'esprit suggestionna ses auxiliaires occasionnels dans l'exécution du crime et circonstance fatale, les fils Hue n'avaient pas reconnu Caro, leur ancien domestique, au moment celui-ci pénétra dans la cour éclairée par deux lampes puissantes.

M. le substitut Mangin s'est transporté sur les lieux hier matin, accompagné de MM. Le docteur Aumont, decin légiste, et les capitaines de gendarmerie Berrier et Campaux. Le magistrat enquêteur continue à interroger les témoins, secondé très heureusement par M. le chef de brigade Macaire, qui recueillit les premières dépositions.

 

Juillet  1928  -  La fête de la moisson.  -  Les agriculteurs et propriétaires des paroisses de Beuville et de Biéville-sur-Orne organisent pour le dimanche 22 juillet une grandiose Fête de la Moisson et du Blé Eucharistique que présidera Mgr le Boucher, prélat de Sa Sainteté Pie XI, pro-vicaire capitulaire.
Elle sera honorée de la présence de MM. Engerrand et Blaisot, députés de l'arrondissement de Caen. Cette fête du travail sera l'occasion d'une immense procession figureront les principaux instruments agricoles gracieusement prêtés et décorés par MM. les cultivateurs de ces paroisses.
L'impressionnant cortège, composé de chars à bœufs et à chevaux de tracteurs, de charrettes à gerbe, de râteleuse, de charrue, etc..., partira de l'église de Beuville a été fixé par le Comité le point de concentration.
Deux immenses reposoirs, édifiés devant chacune des églises, permettront de chanter les vêpres dehors à Beuville avant le départ de la procession et de donner, après le sermon et la bénédiction des blés, le salut du Très Saint-Sacrement sur la place de Biéville.
La cérémonie religieuse terminée, commencera une fête champêtre qui se tiendra à Biéville. Des comptoirs variés, loterie, confiserie, pâtisserie, buvette, comptoir, souvenir, un théâtre, un tir, offriront aux nombreux visiteurs une foule d'amusements originaux. La journée se terminera par l'illumination de deux communes. Un très brillant feu d'artifice sera tiré à Beuville.

Des garages sont prévus à Beuville et à Biéville pour les autos et voitures.  

 

Juillet  1928  -  Une étrange histoire.  -  Les gendarmes de Ouistreham, en tournée à Biéville, ont reçu la déclaration suivante de M. Henri Bource, cordonnier à Biéville.
Le 31 juillet dernier, vers 21 heures, me trouvant chez mes beaux-parents à Petiville, j'ai vu le taxi Citroën, portant le numéro 911-Z-27 s'arrêter à quelques mètres de moi. Un individu en est descendu et a demandé des renseignements à M. Lioult, maréchal-ferrant à Petiville. Une discussion s'est élevée entre les deux hommes et l'individu du taxi a frappé M. I,ioult
et est reparti.
Un peu plus tard, vers 22 heures, j'étais rentré chez moi, et me trouvais devant ma porte à Biéville lorsque le même taxi, que j'avais vu à Petiville, s'est arrêté à ma hauteur. Le même individu en est ressorti et m'a frappé de plusieurs coups de poing auxquels j'ai riposté.
Au moment où l'homme en question remontrait en voiture, j'ai aperçu dans le taxi un autre occupant qui s'y cachait. Il avait baissé les rideaux. J'ai appris le lendemain que ce devrait être un nommé Eugène Valette, habitant Caen. Après la bagarre, j'ai trouvé par terre une enveloppe au nom de Savary, électricité, 22, venelle Barbent à Caen, contenant des prospectus. J'ai également ramassé une paire de lunettes, une bague en or et 2 fr. 30 en petite monnaie.
  -  « J'ignore les motifs qui ont pu pousser cet individu, que je ne connais nullement, à venir jusque chez moi pour me porter des coups, et je porte plainte contre lui ».
Les gendarmeries de Troarn, dont dépend la commune de Petiville, et de Caen, ont ouvert une enquête pour découvrir les dessous de cette étrange affaire.  

 

Juillet  1928  -  La fête de la moisson.  -   Pour une fois toute la maisonnée est d'accord ! Dimanche prochain 22 juillet, grands et petits, jeunes et vieux veulent être à 3 heures à Biéville-Beuville pour la fête de la moisson et du B Eucharistique.

C'est du nouveaux, du jamais vu que cet immense défilé, ce grandiose cortège cette très solennelle procession ou des tracteurs des chars de tous genres, des machines agricoles artistiquement décorés prendront place. La travail des champs que l'on déserte si facilement, les beautés de la campagne que tant méconnaissent auront dimanche leur juste jour de gloire.

Un entrain superbe anime ces deux coquettes cités qui veulent aimablement recevoir leurs hôtes et travaillent à de magnifiques décorations.

La fête champêtre qui suivra la cérémonie religieuse et à laquelle on trouvera des attractions originales et variées terminera en gaieté cette très belle journée.
Le soleil invité depuis longtemps, a promis son plus chaud concours. Alors rien n'y manquera ? Rien, ni personne puisque… vous y serez.
Un service d'autobus fonctionnera à partir de 14 heures, de St-Pierre à Beuville.

 

Mars 1930  -  Brutalisée par son père, elle devient muette.  -  Outrés des mauvais traitements que Pierre Fertin, 48 ans, tourneur sur métaux à Biéville, canton de Douvres, faisait subir à sa fille Germaine, 20 ans, des voisins portrerent plainte. Mais, quand les gendarmes voulurent interroger la jeune fille, ils constatèrent que la pauvre enfant était muette ! Dans une déclaration écrite elle expliqua que, de menacée de mort par son père, elle avait été si effrayée qu'elle en avait perdu la parole. Son état, assez grave, a nécessité son transfert à l'hôpital de Caen. L'enquête a établi qu'auparavant, Fertin avait frappé sa fille si violemment qu'elle avait du s'aliter par deux fois. Interrogée, la brute à tout nié, c'est plus simple.

 

Juin 1940   -   Attention aux armes à feu.   -   Deux domestiques de M. Gautier, maire de Beuville, Leon Bisson, 18 ans, et Auguste Flambard, 17 ans, inscrits depuis peu à la Garde Civile, devaient faire des tournées la nuit. Avant de partir pour une de ces tournées, Léon Bisson vérifia son revolver. Malheureusement il fit partir l'arme en direction de son camarade Flambard qui reçut la balle dans le flanc. Le blessé a aussitôt été transporté à l'hôpital de Caen où son état est jugé aujourd'hui aussi satisfaisant que possible.  

 

Mars 1944    -   Fait divers.   -   Mardi, vers 12 h 45, M. Julien Vivien, buraliste à Mathieu, rentrait en vélo de l'Entrepôt des Tabacs de Caen, porteur des rations de la 2e décade de tabac de mars, lorsque, au lieudit la Bijude, à Biéville, il fut interpellé par de jeune gens qui lui demandèrent sa pompe, M Vivien exécuta. Mais l’un des individus saisissant la pompe, lui en assena un coup violent sur la tête.  Profitant de la surprise du buraliste, les agresseurs s’emparèrent de son sac contenant  13 kilos de tabac et de cigarettes, et disparurent.

BEUVILLE  -  L'Église

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