BONNEVILLE - la - LOUVET

Canton de Blangy-le-Château

Les habitants de la commune sont des Bonnevillais, Bonnevillaises


Août 1867   -   Un incendie.   Un incendie a eu lieu vendredi, à Bonneville-la-Louvet (Calvados), dans des circonstances assez singulières.

M. Desm....., cultivateur propriétaire, mit le feu à sa propre maison, vers une heure de l'après-midi, puis il fit le tour de l'immeuble comme pour s'assurer du succès de sa tentative.

Dans cette tournée il était simplement vêtu, d'un caleçon et une chemise flottante composaient seuls son habillement.

Convaincu que la maison, qui est isolée, brûlerait bien, le sieur Desm.... se coiffa d'un seau et alla se jeter dans une mare.

Les voisins les plus rapprochés, en voyant les flammes, organisèrent les premiers secours, firent sonner le tocsin, une chaîne se forma, et l'eau qui devait servir à éteindre le feu était épuisée dans la mare même où gisait le propriétaire, et à quelques pas de son corps.

Le bruit se répandit parmi les assistants que le sieur Desm.... était là, étendu dans l'eau, mais personne n'osait aller à son secours par suite de ce vieux préjugé qu'il faut attendre l'autorité légale pour toucher à un corps supposé mort.

M. N........, négociant à Paris, se trouvait là avec son fils, ils s'empressèrent de retirer le corps de l'eau en tâchant de persuader les personnes présentes que les autorités, loin de blâmer ceux qui portent de secours aux suicidés, noyés ou pendus, les invitaient au contraire à le faire.

On attribue la double action d'incendie et de suicide à l'état d'ivresse de Desm.... La maison a brûlé entièrement. Une pompe à incendie récemment arrivée dans le pays a été inaugurée à cette occasion.  

 

Mai 1868   -   La lune.   -   La lune rousse qui finit aujourd'hui vendredi, à 6 heures 45 du matin, pour faire place à la lune de mai, n'aura pas été par trop méchante. Elle nous a donné de beaux jours. Les biens de la terre, au dire de nombreux cultivateurs, ont un aspect magnifique.

 

Mai 1868   -   Une tentative d'assassinat.   -   Une tentative d'assassinat a eu lieu dans la nuit du 18 au 19 courant, vers deux heures du matin, sur la personne du sieur Jean Giffard, vieillard de 76 ans, qui habite seul sa maison située dans la commune de Bonneville-la-Louvet.

C'est à quatre heures du matin qu'on a découvert cet infortuné vieillard, le visage contusionné et couvert de sang ainsi que ses vêtements. Des soins empressés lui ont été prodigués par ses voisins. Le mobile de cette tentative d'assassinat est le vol.

Le crime aurait été commis par deux individus qui ont demandé à la victime de leur remette son argent. Le sieur Giffard n'avait que 45 fr. 50, qu'il leur a donnés, mécontent de si peu, les assassins se sont jetés sur lui et lui ont fait des blessures très graves.

Deux individus, accusés d'être les auteurs du crime, ont été arrêtés et conduits à la maison d'arrêt de Pont-l'évêque, ce sont les nommés Constant et Eugène Boudin.  

 

Novembre 1868   -   Un incendie.   -   Une maison appartenant à Mme Veuve Verger, cultivatrice à Bonneville-la-Louvet et occupée par la demoiselle Clémentine Roussel, marchande de ballais à Blangy, a été détruite par un incendie lundi matin, à 10 heures.

La perte subie par la propriétaire est estimée à 1000 francs environ. Le mobilier de la demoiselle Roussel, évalué à une vingtaine de francs, n'était pas assuré. On attribue cet incendie à une cause purement accidentelle. 

 

Février 1870   -   Fait divers.   -   Mardi, vers sept heures et demie du matin, à Bonneville-la-Louvet, sur le bord de la route départementale n° 17, a été trouvé le cadavre du nommé Jean Melthéreau, âgé de 58 ans. La mort paraît devoir être attribuée à une congestion cérébrale.  

 

Avril 1870   -   Fait divers.   -   Mercredi soir, un accident dont les suites ont occasionné la mort, est arrivé à St-Clair, près le pont du chemin de fer de Honfleur.

Le sieur Alphonse Auger, domestique d'un cultivateur de Bonneville-la-Louvet, était venu apporter une botte de cidre chez M. Désiré Biette. Dans l'après-midi, les enfants de ce dernier étaient allés faire la conduite au sieur Auger, et l'un d'eux, penché sur la voiture, allait tomber, quand Auger s'en aperçut et va pour le recevoir. A ce moment, le train du chemin de fer vint à passer sur le pont St-Clair, les chevaux, épouvantés par le bruit, prennent le galop, et le malheureux Auger se trouve renversé par la voiture, qui lui passe sur le côté du corps. On s'empressa de le transporter à l'auberge voisine.

M. le docteur Duval, appelé de suite pour constater la position du blessé, reconnut bientôt qu'un organe intérieur avait été déchiré, et que cette lésion déterminerait promptement la mort. En effet, le malheureux Auger a succombé cette nuit.

 

Février 1874   -   Vols de poules.  -  Nous continuons à enregistrer les vols de poules et de lapins qui se multiplient d'une façon inquiétante. Les autorités locales doivent plus que jamais surveiller les étrangers qui traversent leurs communes. On nous informe que la veille des vols commis à Bénouville, un individu, petit de taille, assez proprement vêtu, a parcouru ce pays sous prétexte de demander l'aumône pour se guérir d'un mal de saint. C'est aux gardes champêtres a surveiller tout spécialement les rôdeurs qui sont assurément les éclaireurs de la bande de voleurs qui dévastent nos poulaillers. Ainsi qu'on le verra par la liste suivante, toutes les parties du département sont explorées : 

— A Beaumont-en-Auge, on a dérobé sept poules au sieur La Haye, cafetier. — A Argences, une poule a été volée au sieur Morel. — A Blainville, vingt-deux poules, deux dindes et un canard, ont été enlevés avec effraction, au sieur Brée, propriétaire. —  A Airan, on a soustrait, dans des circonstances, analogues, huit poules et un lapin au sieur Giot. La même nuit, dans la même commune, on a dérobé quatre volailles au sieur Boulin. — A Orbec, on a volé six poules et un coq au sieur Aube. — A Bonneville-la-Louvet, quatre poules appartenant à la dame Deprez. — Un vol de onze poules a été commis, au préjudice de la dame Hamon, propriétaire à Hamars. — Dans la nuit du 20, neuf poules ont été dérobées dans l'étable du sieur Beuron, cultivateur, à Bénouville. Dans la journée du 21, un vol de neuf poules a été également commis au préjudice de la dame veuve Olivier, propriétaire, même commune.

 

Mai 1877   -  La pluie.  -  Il résulte d'observations faites que, dans l'espace de huit mois (du 28 septembre 1870 au 28 mai 1877), il y a eu dans nos contrées 131 jours de pluie.

 

Juin 1877   -  La chaleur.  -  Lundi matin, M. Grégoire Roger, conducteur de bestiaux, âgé de 25 ans, né à Avranches, demeurant à Bonneville-la-Louvet, passait rue des Carmélites, à Caen, lorsque, suffoqué par la chaleur, il s'est affaissé sur la voie publique en vomissant le sang. Cet homme a été conduit à l'Hôtel-Dieu, où il a été admis d'urgence.  

 

Août 1879  -  La Poste.  -  Les bureaux de poste et les bureaux télégraphiques ont été fusionnés à Vire, Condé, Orbec, Dives, Livarot, Argences, Dozulé et Évrecy. La fusion sera bientôt à Honfleur un fait accompli.

Deux bureaux télégraphiques ont été ouverts à Ryes et à Crèvecœur. Un bureau permanent a été substitué au bureau temporaire de Cabourg. Le bureau de Deauville va être incessamment réouvert et transféré au bureau de poste.

Enfin, des études se poursuivent pour doter d'un bureau télégraphique les communes de Saint-Aubin, Morteaux-Coulibœuf, Clécy, Bonnebosq, Lison et Bonneville-la-Louvet.

 

Décembre 1882  -  Maires. -  Ont été élus maire de Cambremer, M. G. Delettre, en remplacement de M. Pernelle, démissionnaire. 

Maire de Bonneville-la-Louvet, M. Vatel, en remplacement de M. Durand, démissionnaire. 

Maire de Lingèvres, M. Châtel, à la place de M. Bellissent. 

 

Décembre 1882  -  Passage de Vénus. - Le 6 décembre, dix commissions scientifiques françaises étaient éparpillées sur la surface du globe terrestre, pour lorgner Vénus passant devant le soleil. Nous ne savons si le travail de toutes ces lorgnettes vaudra la surcharge dont elles pèsent au budget, les nuages ayant contrarié les observateurs.  

 

Août 1883  -  Télégraphes.    La création de bureaux télégraphiques a été autorisée à Bonneville-la-Louvet et à Moyaux.  

 

Juin 1884  -  Incendiaire par vengeance.    Mercredi et jeudi, vers 8 heures 1/2 du soir, deux tentatives d'incendies ont eu lieu à Bonneville-la-Louvet, l'une dans le grenier, l'autre dans l'écurie du sieur Henri Bélanger, gérant de la papeterie. Les dégâts sont nuls. Sa servante, la nommée Danet, 15 ans, a avoué avoir mis le feu, elle a été arrêtés.

 

Juillet 1885  -  Le crime de Bonneville-la-Louvet.  -  L'homme tué par Jetton et Le Gall est un nommé Gabriel Caulonnier, 51 ans, originaire du Finistère. Il avait travaillé pendant une année chez un fermier de Piencourt et l'avait quitté le 13 juillet pour se rendre à Cormeilles ; il avait sur lui 180 francs ; les outils qu'il portait consistaient en une pioche et une pelle. Jetton avait fait route depuis Cormeilles avec Caulonnier.

A Bonneville, ils firent la rencontre de Le Gall, et les trois hommes burent ensemble. Dans la conversation, Caulonnier laissa voir qu'il était porteur d'une certaine somme d'argent. Les associés résolurent de s'en emparer. Le soir venu, Caulonnier quitta ses deux compagnons pour se rendre à Beuzeville ; mais ceux-ci le suivirent. A peu de distance du bourg, Caulonnier, qui était un peu ivre, se coucha le long de la route, et ses deux compagnons se cachèrent dans un fossé.

La nuit étant complètement venue, Caulonnier quitta la route et alla dans un pré, où il fit un trou pour y passer la nuit. Lorsque les assassins le crurent endormi, ils s'approchèrent sans bruit et, sans le réveiller, parvinrent à lui lier les mains. Puis, sans craindre aucune résistance, ils assommèrent leur victime avec sa propre pioche.

Arrêtés, ils n'ont pas pu donner l'emploi de leur temps. Le Gall a été trouvé porteur d'effets et d'une somme de dix francs de, et Jetton d'une somme de 4 fr. 95, d'un mouchoir tâché de sang et d'un vieux veston de toile bleue remplie également de sang. Interrogé sur ces tâches Jetton  a déclaré ne pas savoir d'où elles provenaient. Cette individu a, en outre, déclaré aux gendarmes qu'il avait subi plusieurs condamnations, mais que cela ne les regardait pas. Mis en présence l'un de l'autre, Le Gall a dit à Jetton ces paroles significatives : " Tu n'as pas peur ; moi je tremble. "

 

Août 1886  -  Incendie.  -  Un incendie, qui aurait pu avoir les plus graves conséquences, a éclaté dans une cave de Bonneville-la-Louvet, appartenant à madame Houiville. Cette dame avait chargé le sieur Pinel de mettre en perce un fut d'eau-de-vie. C'est en faisant cette opération que l'alcool s'est enflammé au contact d'une lumière nécessitée par l'obscurité de la cave. L'incendie a été immédiatement arrêté grâce au concours intelligent et dévoué des pompiers et des voisins et surtout à l'intrépidité du sieur Pinel, qui n'a pas craint de rester exposé aux plus graves dangers. Il s'est retiré couvert de brûlures aux jambes et aux bras.  

 

Juin 1888  -  Suicides.  -  Jean Hurel, 56 ans, couvreur à Cambremer, a été trouvé noyé dans une mare, territoire de St-Pair-du-Mont. Un billet trouvé sur le cadavre fait connaître que la mort était le résultat d'un suicide, dont la cause n'était pas indiquée dans l'écrit trouvé sur le suicidé. 

— Pierre Auzouf, 62 ans, journalier à Bouneville-la-Louvet, a été trouvé pendu dans le grenier de sa maison. On ignore pourquoi cet homme s'est suicidé.

 

Décembre 1888  -  Les voleurs de vaches.  -  Une génisse de dix mois, estimée 150 francs, a été dérobée au préjudice du sieur Boudin, propriétaire à Bonneville-la-Louvet.  

 

Octobre 1890  -  Mort accidentelle.  -  Un jeune homme de dix-neuf ans, Henri Léopold, domestique à Bonneville-la-Louvet, est tombé d'un tombereau qu'il conduisait et s'est tué net.

 

Juillet 1891  -  Écrasé.  -  Le jeune Édouard Martigny, 15 ans, domestique à Bonneville-la-Louvet, a passé sous les roues de la voiture qu'il conduisait, et est mort des suites de ses blessures.

 

Mars 1906  -  Le dimanche 11, un riche herbager et marchand de cidre , est tué d'une balle de revolver dans la tempe par sa cousine, sa maîtresse depuis 1890, mais qu'il refusait d'épouser.

 

Juin 1906  -  Tentative de meurtre.  -  L'émotion causée par le terrible drame qui s'est déroulé il y a quelque temps, dans la famille Adrien, à Bonneville-la-Louvet, est à peine calmée, qu'un nouveau meurtre a  tenté d'être commis dans cette même commune.

Un journalier qui, le plus souvent vagabonde dans la région de Beuzeville et de Bonneville, a tiré un coup de fusil sur un  ouvrier charpentier. Voici dans quelles circonstances :

M. Armand Coudray, ouvrier charpentier, se présentait un matin chez un de ses voisins, Jules Prévost, propriétaire, et lui demandait quelques pieds de salade. Prévost accepta la demande de Coudray et a cet effet les deux hommes se rendirent dans le jardin de Prévôst, où ils se mirent en devoir de cueillir la salade. Soudain, survint Jules Levon, journalier, qui voulut s'y opposer.

Une discussion s'éleva bientôt et, après un premier échange de coups, Levon saisit Coudray on règle pour moi je rentrerai directement se rendrait pas est souvent wider les hauts et bas chez eux furent  antipuces je je ne 1007 est ne pas faire ce même venu voir le jour avant de  rejoindre. Une sobre mais de bongrain sept au tc laisser les c'est une moyen âge avait lieu les les des 71à bras-le-corps et le renversa. Prévôst, aussitôt, sépara les combattants et mit Levon à la porte de son jardin ; mais ce dernier y rentra quelques minutes après, et une deuxième discussion s'éleva.

Devenu subitement furieux, Prévôst sortit encore Levon avec  brutalité et, cette fois, se mit devant la porte pour l'empêcher de rentrer. Levon s'éloigna alors et, se dirigeant vers la maison d'habitation de Prévôst, s'empara du fusil de ce dernier et alla se cacher derrière un mur, en attendant la sortie de Prévôst et de Coudray.  Ceux-ci ne tardèrent pas à arriver et, quand ils furent à une trentaine de mètres environ de l'endroit  où Levon était caché, ce dernier mit en joue Coudray et fit feu. La charge atteignit celui -ci dans le côté droit du coup, à la main ; en outre, on a retrouvé une certaine quantité de plombs dans ses vêtements.

Son crime accompli, Levon s'est enfui. Quant à la victime, elle a été transportée à son domicile et, grâce aux soins qui lui ont été prodigués par le docteur Delbos, son état un vrai on affirmait l'arméeest aussi satisfaisant que possible.  

 

Août 1912  -  Les derniers orages ont causé de grands dégâts dans la région de Bonneville-la-Louvet. Elle a incendié une grande partie de la maison de M. Thiron, notaire ; brûlé les fils du téléphone chez M. Dubois, pharmacien et tué deux vaches au Lieu-Moulin.

 

Février 1916  -  Accident de voiture.  -  Une journalière de Bonneville-la-Louvet, Mme Lenormand, a été renversée par une voiture que conduisait la domestique de Mme Maugard, cultivatrice, même commune, qui se rendait au marché de Cormeilles. Elle a été grièvement blessés. On l'a transportée à l'hôpital de Pont-l'Evêque.  

 

Mars 1916  -  Une mauvaise mère.  -  A Bonneville-la-Louvet, canton de Blangy-le-Château, une fille, Victorine Quemin, a abandonné son petit garçon Émile, 11 ans. On recherche cette mère dénaturée. En attendant qu'un la retrouve, l'enfant a été confié à M. Eugène Griot, qui a bien voulu s'en charger.

 

Janvier 1917  -  N’accueillez pas les déserteurs.  -  Nous rappelons de nouveau aux cultivateurs qu'ils ne sauraient être trop minutieux dans le choix des gens qu'ils emploient. Nous en avons encore un exemple, cette semaine. Un propriétaire de BonneviIle-la-Louvet, canton de Blangy-le-Château, avait, depuis quelque temps, à son service, un domestique dont les allures paraissaient suspectes. Les gendarmes, prévenus, vinrent l'interroger. Il déclara s'appeler Paul Véroult, 24 ans, originaire de Saint-Germain-Langot, iI avait abandonné ses vêtements militaires à Lisieux, puis, après être allé voir sa femme à Pont-l'Evêque, il était venu s'offrir chez M. Hervieu, qui, le sachant un camarade de son fils, tué à l'ennemi, l'avait engagé sans s'assurer qu'il était en règle avec l'autorité militaire. Véroult a été arrêté.

 

Septembre 1919  -  Suicide d'une fermière  -  Le cadavre de Mme Georges, née Pierre, 61 ans, cultivatrice à Bonneville-la-Louvet, a été trouvé par ses deux neveux, Fernand et Georges Pierre, dans un lavoir situé à 500 mètres de la maison.  Une lettre trouvée dans la poche de la défunte mentionnait ses dernières volontés et prouve que la mort a été volontaire. On ignore les raisons de ce suicide que rien ne faisait prévoir. 

 

Septembre 1919  -  Arrestation d’un prisonnier de guerre.  -   Le nommé Hugo Hilburg, âgé de 36 ans, sergent allemand, évadé du camp de Deauville, a été rencontré par M. Maurice Bieusy, scieur à l'usine Ladrière, et mené à la gendarmerie. Il a été reconduit à sa demeure.  

 

Août 1920  -  Clapier dévalisé.  —  Cinq lapins, dont un « géant des Flandres », ont été dérobés chez M. Paul Tahon, vétérinaire à Bonneville-le-Louvet Préjudice : 90 francs.

 

Août 1922  -  Grave affaire de Banqueroute.  -  Il y a six mois environ, un fromager qui venait de Méry-Corbon, Eugène Bérenger, s'installait à Bonneville-la-Louvet.

Est-ce désordre ou impéritie, ce qui est certain, c'est qu'il ne tarda pas à être gêné dans ses affaires. De fortes créances allaient devenir exigibles et une somme importante était  réclamée par le fisc. Notre homme fut mis en faillite par jugement du Tribunal de Commerce de Honfleur, en date du 19 juillet dernier. Le lendemain le syndic, M. Heullant, faisait l'inventaire. Sur ces entrefaites, Bérenger, soit qu'il ait  perdu la tête soit qu'il ait voulu sauver les meubles songea mettre de coté tout ce qui pouvait et il employa des moyens que la loi interdit.

Quarante-huit heures après, pendant la nuit il emmena onze vaches, deux voitures et deux chevaux chez Gaston Levannier, 37 ans, charron à Mèry-Corbon. Cet individu devait, à son tour,  conduire les bestiaux, et les chevaux chez un nommé Duval. à Airan.

Naturellement. dans l'intention de se couvrir, Levannier s'était fait remettre par le fils de  Bérenger deux fausses quittances d'une somme de 20 000 francs pour la vente simulée des vaches. Levannier, qui n'a pas été favorisé par la nature, mais qui a aussi,  hélas un casier judiciaire édifiant, a été, cueilli à son domicile par le commissaire Belhache et l'inspecteur Teissonnière, de la brigade mobile de Caen.

Il passa des aveux et reconnut que c'était dans la nuit du 20 au 21 juillet, c'est-à-dire après Jugement déclaratif de faillite et après l'inventaire, que Bérenger était venu le trouver pour lui demander de lui rendre le service de distraire de la faillite ses bestiaux, chevaux et voitures.

On apprit encore que le fils Bérenger avait fait une expédition intéressée à Fierville-la-Campagne et que du vin et de l'eau-de-vie avaient été également détournés. On connut aussi, sans doute, la retraite de Bérenger, qui avait disparu du pays depuis une semaine, car l'intéressé et son fils Maurice Bérenger, viennent d'être arrêtes en gare de Mantes et écroués à la prison de Pont-l'Évêque.

 

Avril  1923  -  Fête patronale et inauguration de l’électricité.  -  Bonneville-la-Louvet célèbrera le lundi de la Pentecôte, le 21 mai prochain, sa fête annuelle et inaugurera son électricité.

 

Juillet 1923  -  Mort d’insolation.  -  Abel Fabut, journalier, a été frappé d’insolation chez M. Hurel, cultivateur à Bonneville, et a succombé presque immédiatement.    

 

Novembre 1923  -  Élection du maire.  -  M. Nicolas Bréart, adjoint au maire, a été élu maire de Bonneville par 11 voix sur 12 votants.

 

Juin 1924  -  Il ne connait pas sa force.  -  A plusieurs reprises, Henri Poirier, 27 ans, cultivateur à Bonneville, a roué de coups sa femme qui, ces jours-ci, dut s'enfuir à Cormeilles, avec l'un de ses enfants. Il a également maltraité son cheval. Il aura à répondre de tous ces excès.

Septembre 1926  -  Vilains cabots.  -  Les chiens de M. Marcel Ladrière, 43 ans, fabricant de semelles de galoches à Bonneville-la-Louvet semaient la terreur dans la commune. Ils ont mordu quelques personnes et auraient ravagé des poulaillers. Pour blessures involontaires, le propriétaire de ces animaux est condamné à 100 fr. et 10 fr. d'amendes. L'une des victimes, M. Carré, obtient 200 fr. de dommages-intérêts.

 

Novembre 1926  -  Un sanglier client.  -  Ces jours-ci, un journalier agricole, Adolphe  Leseigneur, 53 ans, se présentait chez M. Léon Guérin, restaurateur, et demandait une portion.

Pendant qu'on le servait, il occupe ses loisirs à bourrer ses poches de paires de chaussons, mais il avait été vu par Mme Gauthier qui prévint M. Guérin.

Fouillé et confondu, Leseigneur a été remis entre les mains des gendarmes qui l'ont conduit à Lisieux.

Novembre 1928   -   Grave accident de chasse.   -   M. Albert Guérin chasser près de Bonneville-la-Louvet, canton de Blangy-le-Château, quand en redressant son arme pour tirer, il accrocha la gâchette à son vêtement, le coup est partit et l'atteignit gravement au pied droit.

Porté dans une clinique, le blessé a dû être amputé.

 

Janvier 1929  -  Un agriculteur récompensé.  -  M. Louis Fillatre, qui habite Bonneville-la-Louvet pendant de longues années et qui est maintenant cultivateur à la Noë-Polain (Eure), avait participé au concours de bonne tenue de corps de ferme organisé par l'Office agricole départemental dans l'arrondissement de Pont-Audemer et il a obtenu le 2ème prix de sa  section, soit 300 francs, et une médaille d'argent. Nous sommes heureux de l'en féliciter.  

 

Mars 1934  -  Distinction.  -  Par décret du 8 décembre 1933, la médaille militaire a été conférée à M. Nicolas Albert, cultivateur, avec la citation suivante : « 17 ans de services, 4 campagnes, a été blessé et cité ». Nous adressons au nouveau décoré nos bien sincères félicitations.

 

Janvier 1940  -  Des parents meurtriers devant les assises du Calvados.  -  Hier, les Jurés avaient à sanctionner des actes criminels commis sur un enfant par des parents dénuée de tout sens moral.
C'est le 15 avril dernier que M. le Docteur Corcket, de Breuzeville (Eure), était appelé au sujet d'un enfant malade à Bonneville-la-Louvet. Il s'agissait du petit Claude Dekein, dont les parents, domestiques agricoles, habitaient une maison sur le bord de la route de Pont-L'Êvêque à Cormeilles. Le docteur s'y rendit et diagnostiqua une broncho-pneumonie. Il prescrivit, pour essayer d'enrayer le mal un traitement énergique. Le lendemain, quand il revint, le pauvre petit venait de décéder. Après un rapide examen, le docteur refusa le permis d'inhumer, car l'enfant avait une fracture du crâne et il avertit la gendarmerie de Blangy-le-Château.

Dès le début de l'enquête, la culpabilité des parents ne fit aucun doute. L'autopsie pratiquée par M. le Docteur Maurin, médecin légiste, devait être concluante. Elle révéla que la mort était due à une fracture du crâne consécutive à des coups portée. Le docteur releva, en outre, sur diverses parties du corps l'existence de nombreuses plaies anciennes ou récentes et d'un volumineux hématome dans la région du dos, qui avait donné lieu à une broncho-pneumonie, dont l'évolution plus lente que celle de la fracture du crâne eut pu également donner la mort. L'âge de la petite victime ?  6 ans.

Immédiatement, une instruction fut ouverte grandement facilitée à son début par les aveux des parents qui se laissèrent arrêter sans résistance mais sans marquer la moindre émotion ni exprimer le moindre regret. Par la suite, les bourreaux du petit Claude ont reconnu qu'ils frappaient presque quotidiennement leur enfant pour lequel ils n'éprouvaient aucune affection, bien au contraire.
La lecture de l'acte d'accusation nous apprend que l'intention de donner la mort a été retenue contre les deux accusés qui, de ce fait, encourent la peine capitale. Elle nous apprend en outre que c'est le 12 février 1933 que naquit à Coseé-en-Champagne (Mayenne) le petit Claude, fils naturel de Denise Heurtebise, née également à Cossé-en-Champagne le 8 Janvier 1913. Un mois plus tard, il était reconnu par sa mère qui le mit d'abord en nourrice chez une cultivatrice de cette commune et, par la suite, le confia à son frère, ouvrier agricole à Auvers-le-Hamon.

Cinq années passèrent et en 1938, Denise Heurtebise faisait la connaissance d'un sujet belge, domestique agricole comme elle, de 7 ans son aîné, Oscar Dekein, qui lui proposa de l'épouser. Elle accepta mais mit comme condition à son mariage la reconnaissance de son enfant naturel. Oscar Dekein consentit et, le 16 décembre 1938, l'acte de reconnaissance était reçu en la Mairie de Saint-Pierre-de-Cormeilles. Le Jeune Claude se trouva légitimé le même jour par le mariage des accusés.

Aussitôt après, les nouveaux époux vinrent s'installer à Bonneville-la-Louvet dans une maison mise à leur disposition par leur patron, M. Lambert, boucher à Cormeilles. Quelques jours plus tard le 1er Janvier 1939, Oscar Dekein quittait Bonneville-la-Louvet pour se rendre à Auvers-le-Hamon, d'où il devait ramener l'enfant qu'il venait de reconnaître.

Commença alors pour le pauvre petit être un véritable calvaire qui devait se prolonger pendant plus de trois mois. Dès son arrivée à Bonneville, Claude, qui n'était âgé que de 6 ans, fut indignement maltraité par ses parents sous le fallacieux prétexte qu'il urinait au lit et parlait difficilement. Les époux le frappaient avec une extrême brutalité avec les mains, les pieds, un bâton et même des pincettes. Bien que ces sévices aient été exercés pour la plupart en l'absence de témoins. Il a été possible de rétablir les circonstances de quelques-unes de ces scènes par des dépositions confirmées par les aveux des misérables.
Dans le courant du mois de mars, l'enfant était allé rejoindre son père dans l'étable il soignait les veaux. Il lui fut ordonné de s'éloigner mais comme il n'obéissait pas assez vite, Dekein le poussa brutalement contre le rebord d'une auge, il tomba, se blessant grièvement au genou. Sans s'inquiéter de la blessure du petit Claude, son père l'obligea à rester ensuite à genoux dans l'auge, jusqu'à ce qu'il eut achevé son travail.

Quelques jours plus tard, le malheureux enfant était frappé à la figure avec une telle violence par ses parents, qu'il porta pendant un certain temps des traces de tuméfaction, notamment dans la région de l'œil.
Dans les premiers jours du mois d'avril, sa mère lui porta un coup de pied dans le dos avec une telle violence qu'il tomba la renverse sur le carrelage de la cuisine et se fit une blessure à la tête. Le 12, alors que le pauvre enfant n'était pas guéri de sa blessure son père le poussa violemment dans l'escalier jusqu'au bas duquel il tomba en roulant sur les marches. Le soir du même jour, alors que l'enfant se trouvait dans la cuisine avec ses parents, ce fut la mère qui lui donna un nouveau coup de pied dans les reins. Il tomba sur le pavé, aggravant encore l'état de sa blessure à la tête.

Le lendemain matin, le pauvre gamin ne pouvait plus se tenir debout. Sa mère se contenta de le recoucher sans lui prodiguer aucun soin. Ce ne fut que sur les instances de M. Lambert, qui

leur fit d’amères reproches, que le 15 avril, dans la journée, les époux Dekein appelèrent le docteur, qui rédigea une ordonnance et invita les parents à la faire exécuter immédiatement sans leur cacher les craintes que lui inspirait l'état de leur enfant. Les deux accusés ne tinrent aucun compte des prescriptions du decin, Dekein passa la matinée du lendemain à Pont-L'Évêque et ne se rendit que dans l'après-midi chez un pharmacien de Cormeilles auquel il remit l'ordonnance, puis il s'attarda à une vente mobilière. Quand enfin Il apporta les médicaments, l'enfant était à l'agonie et deux heures plus tard, il décédait.
Après un sévère réquisitoire de M. Delalande, avocat général, et les plaidoiries de Me Brédiger et Tréhet, la Cour a condamné la femme Dekein aux travaux forcés à perpétuité et son mari à vingt ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour. La Cour a en outre prononcé contre chacun des deux accusés, la peine complémentaire de la déchéance des droits de la puissance paternelle.

 

Novembre 1941   -   Un enfant ébouillanté.   -   Tandis que sa mère était allée chercher de l'eau, le petit Cassé, 2 ans 1/2, à Bonneville-la-Louvet, est tombé dans une bassine d'eau bouillante. Malgré tous les soins, le malheureux enfant a succombé peu après, dans d'atroces souffrances.  

 

Août 1942   -   Une arrestation.   -   Le nommé Léon Morat, 31 ans, sans profession, à Bonneville-la-Louvet, vient d'être arrêté pour offenses au chef de l'État, manifestations anti-gouvernementales et activité communiste.  

 

Août 1945  -  Vente des gares de Bonneville-la-Louvet et des Authieux-sur-Calonne.  -   Projet de délibération sur la vente des gares de Bonneville-la-Louvet et des Authieux-sur-Calonne.

Le Conseil Général, vu le rapport de M. le Préfet et les propositions de M. l'Ingénieur en chef pour la vente des anciennes gares de Bonneville-la-Louvet et des Authieux-surCalonne, Vu la situation de ces deux communes sinistrées, leur demande d'acquisition et leur participation financière ancienne à l'édification de ces gares.   Décide :

1° ) de vendre à l'amiable à la commune de Bonneville-la-Louvet la gare et les dépendances de cette localité.

2° ) de réserver pour les besoins du service routier le bâtiment de la gare des Authieux-sur-Calonne.

3° ) de vendre à l'amiable le terrain contournant cette gare à la commune des Authieux-sur-Calonne.

Charge la commission départementale des ventes avec les communes demanderesses. Le projet de délibération est adopté.

12       BONNEVILLE-LA-LOUVET  -  Rue de la Gare.
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