BRETTEVILLE - NORREY

Canton de Tilly-sur-Seulles

Les habitants de la commune de Bretteville-Norrey sont nommé les


Décembre 1866   -   Un accident.   -   Vendredi dernier, deux vaches effrayées près de Bretteville-Norrey, par le train qui part de Caen à dix heures, se sont enfuies à travers champs, entraînant après elles l'homme qui les conduisait.

Ce malheureux avait eu, comme tous ses pareils, l'imprudence de se passer le lien autour du bras, et n'avait pu se dégager à temps.

Par un bonheur présidentiel, il en a été quitte pour quelques contusions de peu de gravité.  

 

Avril 1871   -  Fait divers.   -  Depuis de longues dans le sein d'un des Bretteville du Calvados, ont constatait que les marmots étaient méchants et turbulents comme de vrais petits diables.

Rien d'étonnant à cela disait le curé, nous n'avons pas de fonts baptismaux, et quand il s'agit de baptiser un nouveau-né, je suis obligé de le faire dans une vieille soupière….. Comment veut-on qu'un enfant imparfaitement baptisé devienne un parfait chrétien.

Le conseil municipal, prenant en considération les justes récriminations de son pasteur, fit l'acquisition, moyennant 250 fr., de fonts baptismaux. Mais, pour un motif ignoré de tous, le curé ne les trouva pas à sa convenance, et les fit placer près de la porte de l'église en guise de bénitier.

Depuis, quand un nouveau né met le nez au jour, c'est dans une assiette en caillou qu'il est baptisé,  l'antique soupière ayant été brisée par le custos de la paroisse.  

 

Décembre 1886  -  Télégraphes.  -  A partir du 1er janvier, les gares suivantes seront ouvertes au service de la, télégraphie privée : Audrieu, Bretteville-Norrey, Feuguerolles-Saint-André, Fresné-la-Mère, Martigny, Mesnil-Clinchamps, Mesnil-Hubert, Pont-d'Ouilly, Mesnil-Mauger, Mesnil-Villement, Molay-Littry, Moult-Argences, Mutrécy-Clinchamps, Neuilly, Quetteville, Saint-Martin-de-Bienfaite, Saint-Martin-de-Mailloc, Saint-Rémy, Vendeuvre-Jort et Viessoix.  

 

Octobre 1891  -  Jambe broyée.  -  Lundi, le nommé Madeleine, journalier, étant à la gare de Bretteville-Norrey, pour aider à charger des betteraves dans un wagon pour le compte de M. Lechartier, cultivateur à Secqueville-en-Bessin, voulut, malgré la défense du sieur Bordeaux, homme d'équipe, aider à pousser un wagon qui se trouvait sur la bascule afin d'y mettre, pour le tarer, celui destiné à son maître. Il se plaça au milieu du wagon pour le pousser, son pied glissa sur l'aiguille, il tomba sur la voie et roula sous le wagon, en voulant se retirer, la roue de derrière lui passa sur le bas de la jambe droite et la broya.  (Source B-N)  

 

Janvier 1893  -  Récompenses.  -  daille d'argent à M. Pierre Wibaille, courrier convoyeur à Falaise.  

Médaille de vermeil à M. Victor Legras, ouvrier ébéniste, depuis quarante-neuf ans, dans la maison Sansrefus, rue Froide à Caen.

Médaille de bronze à MM. René Roudel, chef d'équipe à Bretteville-Norrey ; Charles Jacquemin, facteur-chef à Falaise ; Pierre David, garde-barrière à Mézidon ; Louis Le corps, sous-chef de gare à Mézidon, et Léonce Falue, facteur rural à la Délivrande. 

Des mentions honorables sont décernées à MM. Julien Dufay, sous-lieutenant, et Louis Tardif, sergent des sapeurs-pompiers de Touques : courage et dévouement dans de nombreuses circonstances, notamment en combattant un violent incendie le 15 octobre 1892. 

Un témoignage officiel de satisfaction a été décerné à M. Paul Herrier, ouvrier lithographe. C'est ce jeune homme qui a si courageusement sauvé, dans l'Orne, la dame Hippolite, coupeuse chez M. Benoist, le 20 novembre 1892. (Source B.N.)

 

Octobre 1906  -  Épouvantable accident.  -  Lundi matin à 10 heures, Mme Thébault, garde-barrière au niveau de Cardenneville, près de Bretteville-Norrey était à son poste, au passage du rapide 392 venant de Paris et allant à Cherbourg.

Son enfant, âgé de 22 mois, jouait à côté d'elle, lorsque, juste au passage du train, le malheureux bébé s'approcha de la voie. La mère poussa un cri, mais déjà la locomotive avait tamponné l'enfant et le traînait à 500 mètres de là.

Le train stoppa. Lorsque les employés de la Compagnie ramassèrent l'enfant il était mort ; le front était fendu et la cervelle mise à nu. On juge du terrible désespoir de la mère.   

 

Décembre 1906  -  Écrasé par un train. -   L'autre soir, au moment du passage du train de 8 heures et demie, un garçon boucher, Georges Logre, 46 ans, employé chez M. Cotentin, boucher, place Malherbe à Caen, s'est fait tamponner en gare Bretteville-Norrey.

Logre s'était rendu chez les parents de sa femme à Putot-en-Bessin ; en revenant il voulut  s'engager sur la voie, malgré les avertissements des employés ; le train qui arrivait à ce moment renversa le malheureux et les roues lui écrasèrent la tête ; la mort fut instantanée.

Logre était marié et père de deux enfants ; sa femme est cuisinière chez un négociant de Caen ; ses enfants habitent chez leur grand-mère à Crèvecoeur-en-Auge.  

 

Septembre 1918  -  Stupide attentat.  -  Au passage d'un train de troupes, des pierres ont été lancées, à trois cents mètres de la gare de Bretteville-Norrey, par des malfaiteurs que la police recherche. Un officier anglais a été blessé à la main par les éclats d'une glace brisée.

 

Août 1926  -  Le flair des gendarmes.  -  Comment fut arrêté le courtier en bestiaux. Le voleur le plus retors trouve parfois son maître. Le fait que nous allons relater prouve en effet que le flair des gendarmes n'est pas toujours un mot vide de sens. M. Mary, représentant à Maigret, vient de l'apprendre à ses dépens.

Personne n'aurait cru que cet honorable courtier en bestiaux, jouissant d'une certaine aisance et propriétaire d'une confortable camionnette automobile, eût été capable de commettre un vol. Une circonstance banale le démasqua.

Il y a quelques jour, les gendarmes de Bretteville étaient informées qu'une vache au piquet venait d'être trouvée sur un chemin communal.

Ils recherchèrent aussitôt le propriétaire de l’animal, passible d'une contravention. Un habitant du quartier, leur désigna le sieur Mary. Lorsque les représentant de l'autorité se présentèrent à son domicile, celui-ci était absent. La femmes, interrogée, déclara que la vache ne pouvait leur appartenir, son mari ne s'occupant pas de ce genre de commerce.

Le courtier, rejoint peu après, pondit sans hésitation qu'il avait trouvé l'animal dans sa propriété, sans juger nécessaire de déclarer sa découverte à la mairie.
 « Mais, j'ai fait mieux, dit-il, en signalant cette trouvaille dans un journal régional ».
En présence de ces explications suspectes, les gendarmes poursuivirent leur enquête. Mary, espérant dépister les recherches, se rendu chez le véritable auteur de l'annonce publiée, M. Delante, cultivateur à Garcelles. Il avait de bonnes raisons de supposer que ce dernier était le propriétaire de la bête soi-disant égarée.

J'ai trouvé sur mon terrain, lui dit-il, une vache répondant au signalement de celle que vous avez perdue. Venez la voir, je la tiens à votre disposition.

Cette démarche faite, le courtier, se croyant couvert, contre les investigations indiscrètes des gendarmes, leur fit adresser par un tiers, une lettre comminatoire dans laquelle il leur demandait en vertu de quel droit, Ils s'étaient cru autorisés A lut retirer l'animal.
Ces menaces restèrent sans effet. Les gendarmes, sur la piste, ne s'arrêtèrent pas en si bon chemin. M. Delante ayant reconnu son bien, constata que la vache portait une blessure apparente qui avait être occasionnée par un transport en auto. Justement par ses dimensions, la camionnette du courtier correspondait au volume de la vache. Des poils restés adhérents aux parois et à la bâche achevèrent l'identification.

Confondu cette fois, le courtier en bestiaux riposta « Vous aurez beau faire, vous ne me ferez pas cracher ce que je ne veux pas dire ». Il accompagna ces paroles imprudentes d'épithètes injurieuses. C'était plus qu'il n'en fallait pour motiver son arrestation. Au moment les gendarmes voulurent s'emparer de lui, Mary chercha à s'enfuir et se précipita dans un fourré, dont on réussit à le faire sortir.
Attendez, puisque vous voulez des marrons, bande de v…. en voici, s'écria-t-il en se précipitant sur le chef de brigade, qui fut atteint d'un violent coup de poing au visage.

Pendant qu'on l'emmenait, la femme du prévenu lui dit dans un bel élan de solidarité conjugale « Ne t'en fais pas, je ne dirai rien ». Inutile d'ajouter que malgré ses dénégations le courtier en bestiaux sera poursuivi pour vol, sans préjudice des autres inculpations encourues au cours de son arrestation.

A travers la Campagne Normande

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