BRETTEVILLE  s/ ODON

Canton de Caen 

Les habitants de la commune sont des Brettevillais, Brettevillaises


Juin 1866   -   Par décision.   -   Par décision du 15 juin 1866, M. le ministre de l'instruction publique a approuvé le projet d'acquisition et d'appropriation d'une maison d'école dans la commune de Bretteville-sur-Odon, et, en raison des sacrifices que ladite commune s'impose dans cette circonstance, Son Excellence a bien voulu lui accorder un secours de 3000 francs sur le montant duquel 60 francs seront affectés à l'achat d'une bibliothèque-armoire.  

 

Septembre 1866   -   Décret impérial.   -   Par decret impérial du 14 août 1866, la commune de Bretteville-sur-Odon est autorisée à acquérir du sieur julienne une maison pour l'établissement d'une maison d'école de filles, et à emprunter la somme de 5000 francs, remboursable en 10 ans.

 

Décembre 1866   -   Les cours pour adultes.   -   M. le préfet a autorisé les instituteurs et institutrices ci-aprés désignés à ouvrir des cours d'adultes, le soir, dans leurs communes respectives à savoir :

MM. Bunel à Sannerville ; Eudes, à Moult ; James, à Amfréville ; Béziers a Putot-en-Auge ; Bonvoisin, à Villy-Bocage ; Lebourgeois à Bénouville ; Léger, à Lantheuil ; Patry, à Bretteville-sur-Odon ; Potdevin, à Rots. Mme Langlois à Sannerville .  

 

Juin 1867   -   Le train.   -  Mardi, le train venant de Cherbourg, et qui aurait dû entrer en gare à 2 heures 15 minutes, a subi un retard considérable. Un éboulement sous la voie entre Bretteville-sur-Odon et Carpiquet, en a été la cause. On sait que les carrières de la Maladrerie s'étendent jusque de ce côté. Les voyageurs ont été obligés de quitter les wagons, de contourner l'éboulement et de prendre d'autres wagons amenés de Caen. Il y a pas eu d'accident.  

 

Octobre 1867   -   L'orage du 3 octobre.   -   A Bretteville-sur-Odon, sur la ligne de chemin de fer, la foudre a atteint un disque indicateur et détérioré quelques rails. La secousse a brisé plusieurs vitres chez le garde-barrière.  

 

Septembre 1868   -   Un incendie.   -   Mercredi, vers 8 heures du soir, un commencement d'incendie s'est manifesté dans la maison du sieur Leclerc, journalier à Bretteville-sur- Odon. La perte est peu considérable.

On attribue ce commencement d'incendie, qui aurait pu prendre de grandes proportions, à l'imprudence de la femme Leclerc. L'empressement des voisins à éteindre le feu mérite d'être signalé.  

 

Juillet 1869   -   Tentative de meurtre.   -  Lundi dernier, entre neuf et dix heures du soir, les nommés Baptiste Lethan, âgé de 20 ans, Exupère Frilley, âgé de 20 ans, et Gustave Frilley, âgé de 16 ans, journaliers, demeurant tous à Bretteville-sur-Odon, étaient à boire chez la dame Alfred Cœuret, aubergiste dans la même commune.

Au moment du départ, une discussion s'éleva entre les trois buveurs, à propos du paiement de la dépense, qui se montait à un franc dix centimes seulement. Après avoir déposé vingt centimes sur la table, le plus jeune des frères Frilley voulut les reprendre, et les laisser à la charge de Lethan. Celui-ci se plaignit du procédé, des injures furent échangées, et les deux buveurs se saisirent par leurs vêtements, mais Lethan, qui était le plus fort, étendit son antagoniste sur une chaise.

En voyant la tournure que prenait, la contestation l'aubergiste congédia ses clients. Sur la route, à vingt-cinq pas du cabaret, Gustave Frilley reprocha à son frère de ne pas lui avoir laissé reprendre ses vingt centimes, et il le provoqua.

Lethan, sans se mettre colère, traita les deux frères de « gamins », il se mit entre eux pour les séparer, et saisit les mains du plus âgé, pour arrêter les coups qu'il voulait porter à Gustave Frilley. Mais celui-ci profitant de la position, passa derrière son frère, et vint frapper Lethan d'un coup de couteau au-dessous de l'épaule gauche, qui lui fit une blessure profonde de six centimètres et large de cinq. En se sentant atteint, Lethan poussa un cri et dit : «: Ah ! malheureux, tu te sers d'un couteau !... attends... »

Il quitta alors les mains d'Exupère pour se mettre à la poursuite de son meurtrier, mais comme le sang s'échappait avec abondance de sa blessure, il dut s'arrêter au bout de quelques pas et appeler au secours.

Un médecin fut immédiatement prévenu, il constata que la blessure ne présentait aucune gravité et n'aurait pas de suites regrettables. Néanmoins, Lethan a été obligé de garder le lit.

La justice s'est transportée mardi à Bretteville-sur-Odon pour procéder à une information, et un mandat d'arrêt a été lancé contre Gustave Frilley, qui a été le jour même arrêté à Caen., place de l'Ancienne-Boucherie.  

 

Octobre 1869   -   Fait divers.   -   Un des abonnés de l'Ordre et la Liberté  l'entretient d'une scène scandaleuse qui, si ses renseignements sont exacts, aurait eu lieu vendredi dernier à Bretteville-sur-Odon.

Il s'agissait d'une inhumation, la cérémonie funèbre eut lieu à l'église avec tout le respect et le recueillement convenables, mais aussitôt que la bière fut arrivée à sa destination, au cimetière, une femme se serait présentée sur le bord de la fosse, et, se croisant les bras avec un cynisme révoltant, aurait proféré des outrages que la morale et les convenances ne  permettent pas de relever.

Si le fait est vrai, et l'on nous assure qu'il est non seulement vrai, mais qu'il s'est déjà produit d'autres fois à Bretteville-sur-Odon, des mesures devraient être prises pour en empêcher le  retour et sauvegarder le respect dû aux morts.  

 

Juillet 1870   -  Fait divers.   -   Un bien singulier événement est arrivé dans la commune de B... (Calvados).

Un conseiller municipal de la commune étant mort, le bedeau de la paroisse, qui cumule les fonctions de fossoyeur et de sonneur, se mit en devoir de préparer la fosse, mais un peu ami de la bouteille se mit en retard dans son travail, de sorte que le funèbre cortège arrivant à l’église, il fallut quitter le cimetière pour aller sonner. Le bedeau dit à sa femme de finir la besogne l'aida même à descendre dans la fosse.

Or, cette femme était enceinte. Au moment où le clergé et les assistants viennent pour déposer la bière, on trouve la malheureuse, privée de sentiment et venant de donner le jour à une petite fille. On retira les deux vivants pour faire place au mort. Quelques soins ranimèrent l'accouchée, et nous sommes heureux d'ajouter que la mère et l'enfant se portent bien.  

 

Décembre 1871   -  Fait divers.   -  Un déplorable accident est arrivé la semaine dernière, à Bretteville-sur-Odon. L'un des domestiques de M. Tillard, adjoint de la commune, devait, dans la journée, aller reporter son fusil de garde national. Au moment de partir, il mit en joue l'une des servantes de la maison, en lui disant : « Avant de rendre les armes, faut que je te tue ! » L'imprudent lâcha la détente à bout portant, le fusil était chargé, et toute la charge atteignit à la cuisse l'infortunée servante, qui tomba sans connaissance.

Le docteur Le Prestre fut immédiatement appelé, mais en présence de la gravité de la blessure, il conseilla de faire transporter la pauvre servante à l'Hôtel-Dieu de Caen, où tous les soins nécessaires lui seraient prodigués. La blessée refusa, et un autre médecin fut appelé. L'amputation de la cuisse fut jugée nécessaire, mais l'opération était à peine terminée, que la malheureuse fille était morte, morte victime d'une de ces manies insensées, malheureusement trop communes, qui portent à jouer avec des armes à feu.  

 

Avril 1874   -   Les suites de l’ivresse.  -  Dimanche dernier, vers 5 heures du soir, le nommé Adjutor Duchesne, âgé de 50 ans, jardinier à Villers-Bocage, se trouvant en état d'ivresse, a voulu monter sur le marchepied de derrière de la voiture publique du sieur Gibert, à son passage à Bretteville-sur-Odon, mais après un parcours d'environ 100 mètres, il est tombé sur la route à la renverse, et s'est fait à la tête une blessure qui a déterminé la mort deux heures après. Cet individu était marié et père de deux enfants.

 

Novembre 1874   -   Fait divers.  -  Joseph-Ferdinand Leneveu, 61 ans, est un ivrogne de profession. Quand il est ivre, il se livre à des démonstrations que la justice ne peut tolérer. C'est ainsi qu’il y a quelque temps, il s'est permis de troubler l'office divin dans l'église de Bretteville-sur-Odon et d'injurier le curé de cette paroisse. Leneveu, qui paraît encore sous le coup de sa funeste habitude, a été condamné à 4 mois d'emprisonnement et 105 francs d'amende.  

 

Mars 1875   -   Mort asphyxiée.  -  La nommée Rose Barbey, veuve Leclerc, âgée de 72 ans, sans profession, demeurant à Bretteville-sur-Odon, ayant, placé, en se couchant, une chaufferette dans son lit, celle-ci a communiqué le feu au lit, et la malheureuse femme a été asphyxiée par la fumée. Le matin, elle a été trouvée morte dans sa chambre.  

 

Octobre 1875   -   La vie.  -  On a fait un curieux travail sur la longévité comparée de nos départements. Il en résulte que le nombre annuel de décès, à l'âge de 100 ans et au-dessus, est en France de 148. Les départements qui se distinguent par la durée de la vie, sont les suivants : Calvados, Orne, Eure, Eure-et-Loir, Sarthe, Lot-et-Garonne, Deux-Sèvres, lndre-et-Loire, Basses-Pyrénées, Maine-et-Loire, Ardennes, Gers, Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne.

 

Octobre 1875   -  Légion d’Honneur.  -  Nous avons, précédemment fait connaître, à cette place, la condamnation qui frappait le sieur Delaville, éleveur à Bretteville-sur-Odon, pour complicité d'abus de confiance envers l'État à l'occasion de fournitures faites pendant la guerre dernière. Delaville avait été nommé, sous l'empire, chevalier de la Légion d'honneur. Sur la proposition du général Vinoy, grand chancelier de la Légion d'honneur, et du ministre de la justice, le président de la République vient de rendre un décret qui enlève à Delaville son titre de chevalier. 

 

Octobre 1875   -  Honneur et Patrie.  -  Nous avons, avec nos confrères, annoncé que M. Delaville, éleveur à Bretteville-sur-Odon, avait été rayé du livre de la Légion d'honneur, sans indiquer la durée de cette radiation. On nous demande une rectification. Nous nous empressons d'y faire droit en publiant l'extrait suivant, copié dans le Bulletin des Lois :

N° 8307.    Décret du président de la République rendu sur la proposition du grand chancelier de l'ordre national de la Légion d'honneur, contre-signé par le ministre de la justice, qui suspend pendant cinq ans, à partir de la date du présent décret, de tous droits et prérogatives attachés à la croix de chevalier de la Légion d'honneur, Edmond-Victorin Delaville, agriculteur-éleveur, chevalier de la Légion d'honneur du 8 août 1870, condamné le 25 juin 1875 à un an de prison pour complicité d'abus de confiance. (Versailles, 6 mars 1875.)

Maintenant, en ce qui concerne la loi, il est regrettable que le texte n'en soit pas plus absolu, et qu'il n'interdise pas pour toujours, à ceux-là qui ont failli, quelle que soit la nature de leur faute, de placer sur leur poitrine un signe sur lequel sont gravés les mots : « Honneur et Patrie ! »

 

Octobre 1876   -  A propos d’un charivari.  -  L'enquête relative à un charivari, organisé à Bretteville-sur Odon, contre un couple qui se réparait et se raccommodait à chaque changement de lune, est terminée. Deux ou trois individus vont être, à l'occasion de cette affaire, traduits en police correctionnelle. On dit que le garde champêtre aurait donné sa démission, nous se savons si elle a été acceptée.  

 

Décembre 1880  -  Le gendarme désespéré.  -  Scène amusante samedi dernier à la police correctionnelle de Caen. La femme Letiec, âgée de 30 ans, servante à Bretteville-sur-Odon, comparaissait pour outrages à un gendarme. Interrogée par ce gendarme au cours d'une enquête, elle lui aurait fait des réponses peu respectueuses. Pour se justifier, elle a prétendu, devant le tribunal, que le gendarme avait naguère eu ses faveurs, ainsi que plusieurs autres de ses camarades. Le gendarme a protesté énergiquement contre un système de défense qui mettait en doute la pureté de ses mœurs en particulier et de celles de la gendarmerie en général. Il a fallu l'intervention du président pour l'empêcher de.... s'évanouir d'indignation. Quant à la femme Letiec, elle ne pourra pas se vanter d'avoir eu les faveurs du tribunal, car il lui a infligé dix jours de prison.  

 

Octobre 1887  -  L’ouragan.  -  Dans la nuit de samedi à dimanche, un ouragan furieux s'est déchaîné sur notre région. A Caen, des monuments funéraires ont été gravement endommagés dans les cimetières, dix des peupliers séculaires du cours Circulaire ont été fauchés à ras de terre par le cyclone. Deux arbres ont été abattus sur le cours la Reine et un boulevard du Théâtre. Le lierre qui recouvrait une grande partie de la maison de M. Lelort, avoué, rue Écuyère, a été détaché du mur et projeté dans la rue. Aux environs de Caen, les dégâts sont considérables. Une centaine d'arbres ont été abattus sur le canal de Caen à Ouistreham. De Caen à Colombelles, on en compte une quarantaine de brisés par la tempête. La campagne était pleine de pommiers arrachés et d'arbres brisés. A Bretteville-sur-Odon, un échafaudage considérable, qui servait aux réparations de l'église, a été complètement renversé par le vent, il va sans dire que toutes les pommes ont été gaulées, c'est besogne faite malheureusement trop tôt pour les espèces dites  « pommes dures », qui auraient encore demandé une quinzaine au moins pour arriver à leur complète maturité.

A Bayeux, route de Vaucelles, deux ormes magnifiques se sont abattus sur des jardins riverains. Route de Caen, un orme puissant a été enlevé avec une partie du talus en pierre qui bordait la route en cet endroit, et est allé s'étendre dans un champ voisin. Heureusement que les pertes sont purement matérielles. Boulevard de la Gare, les peupliers ont été élagués.  Pour éviter les accidents, il a fallu faire enlever les branches qui l'encombraient. On ne compte pas les toitures endommagées et les cheminées renversées. C'est un véritable désastre.

Sur le littoral, les ravages sont énormes. Au Havre, la tempête a été terrible, le chaland « Neptune » des docks de St-Ouen a été coulé. A la gare, un garde-barrière, un moment aveuglé par la pluie, pendant son service, et poussé par le vent, a été atteint et renversé par un train de manœuvre qui lui est passé sur le corps, la jambe et le bras droit du malheureux étaient littéralement arrachée du corps, il a succombe immédiatement.

Plusieurs navires ont fait naufrage en Manche. A Dunkerque, un sloop hollandais a été jeté à la côte, le capitaine, sa sœur, un matelot et un novice ont péri. Une dame de Tourcoing a été atteinte à la tête par une tuile en traversant la rue et tuée sur le coup.

— Le fil téléphonique de Paris à Bruxelles a été brisé en plusieurs endroits.

— A Jersey, une jeune fille a été tuée dans son lit par la chute d'une cheminée.  

 

Octobre 1888  -  Victime du travail.  -  Mercredi dernier, le sieur Malcouronne, tailleur de pierre, travaillant à la construction de la nouvelle église de Bretteville-sur-Odon, est tombé de l'échafaudage du clocher. On l'a transporté à son domicile à St-Manvieu où il est mort. 

 

Octobre 1888  -  Orages et neige.  -  Les orages et les inondations ont causé de grands dégâts dans le Midi. La circulation des trains a été interrompue sur certains points. En Normandie, il fait froid et il tombe beaucoup d'eau. Dans le Doubs et le Gard, il est tombé de la neige, en Écosse aussi.

 

Novembre 1890  -  Les receveuses peuvent aimer.  -  Par arrêté ministériel, les receveuses sont autorisées à contracter mariage avec le fiancé de leur choix. Une seule exception subsiste : elle concerne les personnes du sexe masculin, remplissant une fonction de police, comme les gendarmes, commissaires et les gardes champêtres. 

 

Décembre 1890  -  Victime du travail.  -  Le sieur Arnaud Laigle, 58 ans, carrier à la Maladrerie, travaillant dans une carrière sur la commune de Bretteville-sur-Odon, a eu le bras droit broyé par une pierre détachée du haut du chantier.  

 

Mars 1891  -  Une agression et ses suites.  -  Dimanche soir, à Bretteville-sur-Odon, le domestique de Mme Mériel a été attaqué sur la route par cinq ou six individus et a reçu plusieurs blessures assez graves à la tète et aux membres. Une enquête est ouverte et a déjà fait découvrir quelques-uns des coupables. 

Les sapeurs-pompiers de Bretteville ont intenté un procès à Mme Mériel, ils lui demandent une indemnité pour avoir porté secours dans un incendie. Ce procès est une douce plaisanterie des susdits pompiers et n'a assurément, quoi qu'on en dise, aucun rapport avec l'agression que nous signalons.

 

 Août 1893  -  Cour d'assises du Calvados.   -  Vol qualifié.  -   — Henry Poll, 37 ans, ouvrier maréchal, vol de volailles chez la veuve Diligence, à Banneville-sur-Ajon, et chez la demoiselle Desligny, à Bretteville-sur-Odon, 8 ans de travaux forcés. (Source B.N.)  

Octobre 1893  -  Chronique judiciaire.  -   Jean Letellier, 57 ans, journalier à Bretteville-sur-Odon, outrages aux agents, ivresse, 10 jours et 5 fr. 

 -  Honoré Lemarchand, 57 ans, gardien d'herbages à Vaux-sur-Seulles, chasse, 60 francs d'amende. 

 -  Louis Tillard, 18 ans, domestique à Lantheuil, chasse, 20 francs.

 -  Eugène Thomasse, 55 ans, Emile Thomasse, 21 ans, Léon Sénecal, 23 ans, et Jules Marie, 20 ans, carriers à Allemagne, chasse, chacun 15 jours et 50 fr. (Source B.N.)

 

Août 1905  -  Suicide par amour.  -  De la semaine dernière, Camille Quesnel, 22 ans, couvreur à Bretteville-sur-Odon, s'est donné la mort dans des circonstances suivantes :

Ce jeune homme devait épouser Mlle Marie Poret, belle-fille de M. Loison, blanchisseur, même commune. Les parents de Quesnel s'opposant au mariage des deux jeunes gens, le fils Quesnel se rendit mercredi, vers 2 heures l'après-midi, à Caen, où il acheta un revolver de petit calibre.

Vers 5 heures du soir, étant de retour, Quesnel vint retrouver sa future chez M. Loison. Il lui fit voir le revolver qu'il venait d'acheter. Sur une observation de la jeune fille lui reprochant d'avoir bu de l'absinthe, il répondit : " c'est pour ne pas me manquer ", en même temps il se plaçait le canon du revolver près de la tempe droite mais Mlle Poret lui saisissait le bras, faisant dévier l'arme et lorsque le coup partit, la balle  se perdit sous la table ; toutefois, Quesnel se tirait aussitôt un deuxième coup et, cette fois, atteint à la tempe droite, il tombait sur les dalles de la cuisine, perdant en abondance du sang par la blessure.

Mlle Poret, affolée, appela au secours et son voisin M. Joseph Dominique, jardinier, arriva aussitôt ; mais il n'y avait rien à faire.

 

Août 1907  -  Mort mystérieuse.  -  Mardi matin 6 août, on a trouvé à Bretteville-sur-Odon le corps baignant dans son sang du nommé Eugène Taillebosq, âgé d'environ 27 ans, couvreur.

Eugène Taillebosq était parti dans la journée à bicyclette et à quelques mètres de la on  retrouvait sa bicyclette dont la chaîne était cassée. Le malheureux qui respirait encore à été transporté à l'Hôtel-Dieu ou il expirait en arrivant. On se perd en conjoncture sur les causes de ce décès.

 

Février 1914  -  Élections. -  A l'effet de nommer un nouveau maire, en remplacement de M. Vendrin, décédé, il y a lieu de procéder à des élections afin de compléter le conseil municipal. C'est à cette occasion que les électeurs sont convoqués et que fonctionnera pour la première fois dans cette commune le fameux isoloirs.  

 

Février 1914  -  Élections municipales  -   Des élections municipales ayant eu lieu à Bretteville-sur-Odon, on y a vu pour la première fois, le fameux isoloir, sorte de petite tente-abri canée en toile jaune, munie à l'intérieur d'une planchette en guise de table et d'un encrier. L'isoloir a été accueilli par les lazzis et les réflexions ironiques de tous les électeurs.  

 

Août 1915  -  Équipes agricoles.  -  Le Préfet du Calvados croit utile de rappeler aux maires qui ont dans leur commune des équipes de travailleurs militaires qu'ils n'ont nullement le droit d'accorder à ces soldats des permissions pour se rendre soit chez eux, soit ailleurs. En le faisant ils engageraient gravement leur responsabilité. Les militaires, de leur coté, s'exposent à de très sévères punitions s'ils s'absentent de la commune, où ils ont été envoyés, sans une permission régulièrement délivrée par leurs chefs de corps.

Il importe que de part et d'autre, la période de séjour des équipes soit considérée comme une période de travail intensif et non comme une période de repos à la campagne. Les soldats qui travaillent en ce moment à la récolte des moissons remplissent, comme ceux qui se battent sur le front, un devoir national.

 

Août 1915  -  Attention aux chiens !  -  L'épidémie de rage, déchaînée cet été, n'est pas encore terminés. Ces jours ci un chien, qu'on croit enragé a parcouru la banlieue de Caen. il a dû passer à Louvigny et, à Bretteville-sur-Odon, il a mordu une fillette de 14 ans qui a été envoyée à l'Institut Pasteur. Cette bête dangereuse a été abattue ainsi que plusieurs chiens mordus par elle. A Venoix, le chien de M. Tostain, propriétaire, a dû être tué aussi. A Bricqueville, près de Trévières, on a abattu le chien de Mme Basley, épicière. Cet animal a été autopsié. Il était bien hydrophobe et il a mordu d'autres animaux, chiens et chats qu'il a fallu occire de même.

 

Janvier 1917  -  Les bêtes nuisibles.   -  Ce sont les Boches, à l'extérieur, et les sangliers, renards, taupes, mulots, etc..., à l'intérieur. Pour détruire les premiers, nos poilus suffiront, pour les seconds, qui commencent à exercer de sérieux ravages, on a eu l'idée de promettre des primes. La petite commune de Saint-Marc-d'Ouilly, particulièrement éprouvée, a décidé d'accorder 10 fr. pour la destruction d'un sanglier adulte et 5 fr. pour un marcassin. Elle paiera aussi, un renard, 4 fr., un putois ou une martre, 2 fr. Cet exemple pourrait être suivi avec profit. D'un autre côté, un syndicat de défense contre les campagnols et mulots s'est fondé, il y a peu de temps, à Bretteville-sur-Odon, Venoix, Carpiquet et Eterville. Les municipalités ont promis de le subventionner. M. Hédiard, professeur d'agriculture, a fait des conférences sur ce sujet et des traitements d'ensemble vont être commencés sur les terres infestées. Les cultivateurs qui n'y participeront pas ne pourront plus obtenir de réductions sur les quantités de foin exigibles par le service de ravitaillement. A l'instar des Boches, toutes les bêtes  puantes de la région peuvent donc s'attendre à passer plusieurs sales quarts d'heure.

 

Janvier 1925  -  Une agression.  -  Un chef de train des chemins de fer du Calvados, M. Gaston Foulon, demeurant à Bretteville.sur-Odon, rentrait de son travail vers 17 h. 30. Il descendait la route à bicyclette lorsqu'il heurta l'arrière d'une voiture qui n'était pas éclairée. M. Foulon descendit de machine et reprocha aux deux conducteurs de n'avoir pas de lanterne  «Vous mériteriez, leur dit-il d'avoir une contravention pour faut d'éclairage.»

Rendus furieux par ce propos, les deux hommes descendirent et terrassèrent le malheureux cycliste. L'un des voituriers avait mis un genou sur la poitrine de Foulon et l'autre le frappait à coups de pied.

Un passant étant survenu, les deux agresseurs remontèrent en voiture et prirent la fuite. M. Foulon, grièvement blessé, reçut les soins d'un docteur de la localité et dût être transporté à l'hôpital de Caen. La gendarmerie a procédé à une enquête.

 

Juillet 1926  -  Un drame pour une pâquerette.  -  Les frères Marcel et René Leroulley, dont les parents exploitent un bit de boissons à Bretteville-sur-Odon, près de Caen, avaient l'un pour l'autre une aversion irréductible qui se manifestait sous les prétextes les plus futiles. Maintes fois, le père dut intervenir pour apaiser leurs différents, qui se terminaient toujours par des rixes sans merci.

Dimanche soir, vers 9 heures, au cours du repas familial dans la cuisine Marcel Leroulley, qui est âge de 19 ans, détacha d'un bouquet sur la table une pâquerette et pour s'amuser, jeta la corolle dans le verre d'une jeune servante, Mme Savary, qui était assise à côté de son frère René. Le geste suffit pour provoquer une violente querelle.

Marcel Leroulley fut abordé par son aîné prêt à l'atteindre d'un coup de poing. Au moment il se leva, l'autre pressentant la menace, s'était armé d'une bouteille et attendit son rival. Le débitant se plaça entre les deux enfants et réussit à les séparer. L'incident paraissait terminé.

Resté un moment silencieux, Marcel Leroulley, en proie à une vive surexcitation, se leva brusquement de table et monta dans sa chambre au premier étage. La servante, Mme Savary, l'aperçut assis au fond de la pièce, s'appuyant le front des deux mains en sanglotant. Quelques minuits s'écoulèrent.

A la surprise de tous, Marcel Leroulley reparut bientôt au rez-de-chaussée. Il allait et venait en regardant fixement son frère. Quel sentiments l'agitait, dans cette crise de véritable fureur concentrée ?  On devait l'apprendre plus tard par ses propre aveux.
Comme il se tenait au pied de l'escalier, il se trouva tout à coup en présence de sa mère, gravement malade, qu'on aidait à gagner sa chambre. A sa vue, Marcel Leroulley parut troublé et il remonta sans dire un mot. Il avait referme la porte lorsqu'on entendit à brefs intervalles deux détonations.
Lorsqu'on se précipita dans la pièce, le jeune homme gisait sur le parquet, ses vêlements étaient imprégnés de sang. Le malheureux s’était d'abord tiré une balle dans la région du cœur, mais son état de nervosité était tel qu'il ne fut pas atteint au premier coup tiré. Un second projectile le blessa grièvement au-dessus du sein gauche.

M. le docteur Aumont, appelé en toute hâte, ordonna le transfert du blessé à l'hôpital.

Aux gendarmes venus pour l'interroger, Marcel Leroulley raconta toutes les circonstances de ce drame rapide. J'étais décidé à tuer mon frère, déclara-t-il, mais le regard de ma mère m'a désarmé. Je n'ai plus osé tirer sur lui. « C'est alors que dans un moment de désespoir, j'ai résolu d'en finir et mettant fin mes jours ».
Marcel Leroulley ne se croyait que légèrement blessé. En réalité la blessure était mortelle et il a succombé hier matin.
Devant les conséquences de l'incident tragique qu'il avait fait naître. René a manifesté le plus vif repentir de sa vivacité.

 

Décembre 1926  -  Renversé par un cycliste. -   M. Lefrançois Frédéric, regagnait son domicile à Bretteville-sur-Odon, et descendait la côte de Venoix, en compagnie de sa femme, et tenant par la main l'un de ses enfants, lorsqu'il fut renversé par un cycliste, M. Pierre Lebreton. Dans sa chute, M. Lefrançois eut le bras droit fracturé. Le Tribunal condamne Lebreton à 16 francs d'amende.  

 

Août 1928  -  Noces d’argent sacerdotales.  -  La paroisse de Bretteville-sur-Odon célébrera dimanche prochain 12 août, le 25e anniversaire de l'ordination sacerdotale de son voué curé.
Les cérémonies de la journée seront célébrée par M. le chanoine Bacon, supérieur du Petit Séminaire de Caen et sont fixées comme suit : A 10 heures, grand'messe solennelle au cours de laquelle le sermon sera donné par M. le chanoine Bisson, supérieur du petit séminaire de
Séez.
A 15 h. 30, vêpres suivies d'un salut.
 
Pendant les offices, les chants seront exécutés par les jeunes gens et jeunes filles de la paroisse.
A l'issue des vêpres, réunion à la salle paroissiale, discours et remise de la salle à M. le curé.
Le soir, à 20 h. 30, dans la dite salle paroissiale, séance cinématographique au profit des oeuvres paroissiales. Au programme, La Rose effeuillée.

 

Avril 1930  -  Le premier autobus caennais.  -  Le fabuliste a prouvé qu'on a souvent besoin d'un plus petit que soi. À son tour, la charmante localité de Bretteville-sur-Odon vient d'en faire la démonstration à notre bonne ville de Caen. Bretteville-sur-Odon, en effet, possède, depuis dimanche, un vaste et confortable autobus, assurant, de Caen au bourg, des relations qui faisaient défaut jusqu'ici. Prenant voyageurs et bagages, cette autobus quitte en semaine, la place Fontette et la gare de Caen-Etat. La durée du trajet de 20 minutes. Mais où ce  nouveau service présente un intérêt particulier pour les caennais, c'est que  différents arrêts obligatoires sont prévus en ville, aux Abattoirs, Gare St-Pierre, Halles, Théâtre, Palais de Justice, place des Petites-Boucheries, École Normale etc... On peut dire que Caen doit à Bretteville-sur-Odon son premier autobus.  

 

Juillet 1930   -   Une brute.   -   Mme Paul Auvray, blanchisseuse à Bretteville-sur-Odon, a porté plainte contre son mari qui depuis plusieurs années, ne cesse de la brutaliser, lui rendant la vie impossible. Dernièrement, rentrant ivre, selon son habitude, ce triste individu, sans égard pour la situation de sa femme qui venait d'être mère, la frappa avec la dernière brutalité et menaça de la tuer.

À la suite d'une dernière scène de violences où elle fut brutalisée jusqu'au sang, Mme Auvray s'est décidée à se mettre sous la protection de la justice.  

 

Mai 1941   -   Curage du Grand Odon.   -   Pendant, neuf jours, du lundi 26 mai au mardi 3 juin inclus, il sera procédé sur le territoire des communes de Verson, Bretteville-sur-Odon, Venoix et Caen, au curage de la rivière le « Grand-Odon » pour rétablir le cours d'eau dans sa largeur et sa profondeur naturelles. A cet effet, le dimanche 25 mai, au coucher du soleil, toutes les eaux seront détournées dans le « Petit-Odon ». Le dimanche 8 juin, les dispositions seront prises pour faire rentrer les eaux dans le « Grand-Odon ». A partir du 3 juin, un représentant des Ponts et chaussées vérifiera l'exécution des curages. Les maires des communes désignées ci-dessus dresseront un état des travaux restant à faire et les feront immédiatement exécuter aux frais des retardataires, de manière à ce que les travaux soient terminés, au plus tard, dans la journée du 7 juin.

Le recouvrement des dépenses faites sera opéré suivant les règles admises, comme en matière de contributions directes.  

 

Septembre 1942   -   Pour les prisonniers.   -   A Bretteville-sur-Odon, dimanche 6 septembre, journée récréative au profit des prisonniers de la commune.

A 10 h. 30, messe en musique ; à 14 h., Grande kermesse où on retrouvera a acheté de superbes lots parmi lesquelles une bicyclette Helyett. On pourra également s'y restaurer, il y aura une rôtisserie en pleine air et des buvettes bien garnies avec de tout c'qu'est bon, comme on nous l'a écrit.

Tout en accomplissant une bonne oeuvre vous passerez agréablement votre journée.  

 

Avril 1945  -  La mort tragique d’un enfant.  -  A la sortie de Bretteville-sur-Odon, un garçonnet de 6 ans, Roger Conflant, a été mortellement blessé par un camion conduit par M. André Mathann, chauffeur au service d’un minotier de Villers-Bocage. (source B-N)

BRETTEVILLE-SUR-ODON (Calvados)

Souvenir de Mission  -  28 mars 1921

 BRETTEVILLE-SUR-ODON (Calvados)  - L'Avenue de Louvigny
 964.     BRETTEVILLE-SUR-ODON   -  Le Grand Pont
 BRETTEVILLE-SUR-ODON   -  Le Bourg

 Bretteville-sur-Odon

Le Château

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Ruines du Vieux St-Pierre

 Bretteville-sur-Odon   -  Route Nationale

 Bretteville-sur-Odon   -   L'Église

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