UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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BROUAY

Canton de Balleroy

Les habitants de la commune de Brouay sont des Brouaysiens, Brouaysiennes


Mars 1842  -   Cour d’Assises du Calvados.   -  Dans le mois de septembre 1841, la nommée Mélanie Cœuret, âgée de 16 ans et quelques mois, dentellière, née à Vierville, demeurant à Tilly-sur-Seulles, entra au service d'un sieur Grouet, marchand mercier à Brouay.

Cette jeune fille restait souvent seule pour garder la boutique. L'accusation lui reproche d'avoir profité des fréquentes absences de son maître pour lui voler un mouchoir en crêpe de soie, un foulard en soie, deux coupons d'indienne, un morceau de tulle brodé, une pièce de dentelle de fil, un mouchoir de stoff. Elle avait dû prendre aussi dans l'armoire de la mère du sieur Grouet, une chemise et une pièce de 3 fr. ancienne, que son propre frère s'était chargé de changer à Caen.

Les objets volés furent retrouvés au domicile de sa mère dont la complicité par recèle, ne peut être un instant douteux, d'ailleurs, après de nombreux mensonges, la fille Cœuret avait fini par confesser sa culpabilité.

Quoiqu'il en ait été de ces preuves évidentes, la fille Cœuret et sa mère ont été acquittées.  (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Mai 1890  -  Mort accidentelle.  -  Le sieur Julien Martin, 43 ans, journalier, né à St-Germain-d'Ectot, abattait des arbres dans la propriété de M. d'Abboville, à Brouay. Une branche l'a atteint sur la tête, il est tombé la face contre terre, baignant dans son sang. Il est décédé deux heures après sans avoir prononcé une seule parole. Il laisse une veuve et deux enfants en bas âge.  

 

Avril 1898  -  Coup de pied mortel.  -  Dimanche, le nommé Auguste Madelaine, d'Audrieu, 17 ans, domestique chez M. Henry, maire de Brouay, était, en compagnie d'un autre domestique, occupé à soigner les chevaux de son maître. En donnant une botte de foin à un cheval, ce dernier lui décocha un coup de pied, qui l'atteignit au bas-ventre Madelaine, qui souffrait beaucoup, fut conduit par son camarade sur un lit, qui se trouvait dans l'écurie. Mais une péritonite s'étant déclarée la nuit, Madelaine expira lundi matin, dans d'atroces souffrances. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1901   -   Les voleurs d’animaux.  -   Deux vaches, valant 500 fr., ont été volées, la nuit, dans un champ, au sieur Sosthène Debon, cultivateur à Landelles, canton, de Saint-Sever.

 On a arrêté, sur le marché de Caen, un individu soupçonné d'avoir volé une vache amouillante qu'il avait vendue pour 100 fr. de moins qu'elle ne valait. Cet individu est le nommé Louis Marie, 28 ans, domestique, sans domicile fixe.

Il avait volé la vache, estimée 400 fr., à Ste-Marie-aux-Anglais, près Mézidon, dans un herbage appartenant au sieur Louis Pichard, propriétaire à Vieux-Pont.

  Une vache de 425 fr. a été volée au sieur Albert Lefranc, cultivateur à Brouay, près Tilly-sur-Seulles.

 On a aussi, volé une vache de 180 fr. au sieur Édouard Jenvrin, boucher à Etouvy, près Bèny-Bocage.

 Une jument de 500 fr. a disparu, la nuit, d'un herbage appartenant au sieur Feuillet, à Glos, près Lisieux. Les recherches faites pour retrouver la jument sont demeurées infructueuses. Il est certain qu'elle à été volée. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1903    -   Arrestations.  -   Zéphyr Dérobert, 33 ans, sans profession ni domicile, a été arrêté sur le champ de foire, à Caen. Il est l'auteur de deux vols qualifiés dans le canton de Tilly-sur-Seulles ; à Cristot, il a volé 1 000 fr. au sieur Dupont ; au curé de Brouay, il a dérobé 1 500 fr.

Dérobert avait encore 1 326 fr. 45, provenant de ces vols.

— La police de Caen a arrêté Lemarcband, 19 ans, domestique, pour vol de 207 fr. à son ancien patron, le sieur Victor Chamberland, cultivateur à la Villette, près Harcourt.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1903    -   Paroles ministérielles.  -    M. Chaumié, ministre de l'instruction publique, vient de rappeler aux chefs d'institutions que : « dans les internats, les pères de famille seront toujours consultés sur la participation de leurs enfants aux exercices du culte, toutes facilités seront données aux élèves pour se conformer, sur ce point, aux volontés de leurs familles sans que les études puissent en souffrir quelque détriment ». (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1903  -  Affaire d’Assises.   -   Le nommé Alphonse Derobert, 33 ans, né à Cristot, canton de Tilly-sur-Seulles, a été déjà condamné quatre fois pour vol.

Il connaissait le presbytère et les habitudes du curé de Cristot pour être venu souvent solliciter, alors enfant, des secours pour ses parents. Il savait que la servante était malade.

Pendant la messe de Pâques, il s'introduisit dans le presbytère et déroba à la servante toutes ses économies, 1 000 fr., et divers bijoux, plus 15 fr, appartenant à la fabrique, plus la montre et les rasoirs du curé.

Derobert, avec le produit de son vol, partit pour Saint-Malo où, en dix jours, il dépensa tout. C'est alors qu'il revint à Brouay et s'introduisit dans le presbytère, toujours pendant la messe, et enleva 2 000 fr. environ et divers objets. Le lendemain, Derobert était arrêté à Caen. Il était porteur d'un revolver et de 1 327 fr.

Il a été condamné à sept ans de réclusion. — Défenseur : Me  Cautru.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1904  -  Découverte d'un cadavre.  -  On a trouvé un mort dans un champ sur le territoire de la commune de Brouay, un individu inconnu paraissant âgé de 65 a 70 ans. Sa mort est due à une congestion.  

 

Juillet 1907  -  Piétiné par une vache.  -  Un cultivateur, Jules Jeanne, âgé de 33 ans, était occupé vendredi l'après-midi à faucher une pièce de foin à Brouay, lorsqu'une vache qui était au  piquet dans un herbage voisin se détacha tout à coup et fonça sur lui. M. Jeanne fut renversé et piétiné par l'animal, devenu soudainement furieux. À ses cris, des personnes qui travaillaient non loin de là accoururent et parvint à saisir la bête par les naseaux. M. Jeanne fut relevé assez sérieusement blessé, mais ses blessures ne mettent pas sa vie en danger.

 

Juillet 1918 -  A la Cour d’Assises  -  Vol qualifié.  -   A la première audience des assises, comparaissent Georges Cangiolli, 29 ans, et Louis Frilley, 19 ans. Voici les faits qui leur sont reprochés.
Le 13 août 1916, à la fin de l'après-midi, la dame Quesnelle, rentrant chez elle à Brouay, après une absence d'une heure et demie constata qu'un carreau était brisé à une fenêtre de sa maison, donnant sur la cour, et que, dans une armoire, après avoir ouvert la porte fermée à clef, on avait soustrait un porte-feuille contenant 280 francs en billets de banque.

Les soupçons se portèrent sur deux individus aperçus dans la commune, dont le plus jeune, Frilley, avait été remarqué à l'entrée de la cour de la dame Quesnelle, toussant fortement comme pour faire un signal, et qui avaient ensuite, dans un café, payé des consommations avec une coupure de 5 francs.

Le signalement de l'autre individu correspondait exactement à celui de Cangiolli. Tous deux, Frilley et Cangiolli, furent arrêtés sous une autre inculpation, Lisieux.

Frilley reconnut immédiatement le vol commis à Brouay. Cangiolli, détenu à Rouen pour vol et désertion, nia d'abord y avoir pris part, puis, transféré à Caen, avoua en avoir eu l'idée et même l'avoir exécuté pour ainsi dire seul, ayant seulement chargé Frilley de faire le guet. Frilley, lui, nie avoir fait le guet, mais la déposition du jeune Lemarchand le contredit formellement.

Cangiolli et Frilley dépensèrent ensemble le produit du vol, du 13 au 23 août, avant leur arrestation à Lisieux.

Postérieurement à cette date, tous deux ont été condamnés à Lisieux pour vol, Cangiolli à deux ans de prison et à la relégation. Frilley un an de prison. De plus, ce dernier a été condamné par la Cour d'assises du Calvados, le 26 avril 1917, à 13 mois pour vol qualifié. Cangiolli a été, en outre, condamné le 29 décembre 1917, par le conseil de guerre de Rouen, pour désertion et vol, 20 ans de travaux forcés et à l'interdiction de séjour.

Ces peines ont été maintenues par arrêt du Conseil de révision de Paris. Cet accusé a encouru, depuis 1900, 11 condamnations, la plupart pour vols et désertions, il est déjà frappé de relégation et de l'interdiction de séjour. Il n'a plus rien à perdre.

Frilley, qui n'a que 19 ans, a été, depuis près de deux ans, presque constamment en prison. Les plus mauvais renseignements sont fournis sur lui.

M. Lecouffe, avocat général, prononce un sévère réquisitoire.

Me André Gost, pour Cangiolli, Me Lehanneur, pour Frilley, présentent la défense.

Cangiolli est condamné 12 ans de travaux forcés, peine qui se confondra avec celle de 20 ans prononcée par le Conseil de guerre. Frilley est condamné à 5 ans de travaux forcés et 10 ans d'interdiction de séjour.

 

Juin 1927  -  Un baptiseur.  -  Poursuivie pour mouillage du lait qu'elle livrait à la fromagerie Ricard, à Audrieu, Augustine Jouvet, femme lebouteiller, 52 ans, journalière à Brouay, a été condamné par le tribunal de Caen à 3 mois de prison et 1.000 francs d'amende.

De plus le tribunal a ordonné l'insertion de ce jugements.

 

Août 1928  -  Arrestation.  -  Les gendarmes de Bretteville-l'Orgueilleuse ont arrê en vertu d'un mandat d'arrêt décerné contre lui pour purger une peine de un mois de prison pour coups et blessures le nommé Charles Anne, 54 ans, domestique à Brouay.

 

Juillet 1938   -      Aménagement d’un tournant dangereux.   -   Une enquête est ouverte, dans la commune de Brouay, sur le projet d'aménagement d'un tournant entre les points 11 k 998 et 12 k m. sur le C.G.C. n° 94.

A cet effet, le projet sera déposé à la Mairie, du 6 au 16 août 1938 inclusivement, pour que chaque habitant puisse en prendre connaissance, de 9 à 12 h. et de 14 à 18 heures dimanches et jours fériés exceptés.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938   -   Les pronostiques de l’abbé Gabriel.   -  Baromètre :  Le 18 août, à 7 h. du soir : 765. Le 19 août, à 7 h. du matin : 759.

Thermomètre : Maximum : 27°   -  Minimum : 9° .

Temps probable pour le 20. — Vent des régions Sud-Ouest et Ouest modéré. Temps nuageux avec éclaircies ; quelques pluies suivies d'amélioration. Température stationnaire.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1940  -  Une noyade accidentelle.  -   Vers 19 h. 15, le soldat Saligot, en permission chez ses parents, revenait d'Audrieu en compagnie de son père, lorsque, arrivant aux abords du château, trompé par l'obscurité, il est tombé accidentellement dans la douve profonde de 4 mètres, et pleine d'eau.
Retiré quelques instants après malgré les soins prodigués par le docteur Laurent, de Bretteville-1’Orgueilleuse, le malheureux ne put être ranimé.
 

 

Février 1946  -  Un décès suspect.  -  Il y a quelques jours, Mme Adrienne Lebourgeois, 28 ans, demeurant à Brouay, décédait dans des circonstance qui ne permirent pas au médecin de délivrer le permis d’inhumer.

L’enquête semblerait établir que la mort serait survenue à la suite de manœuvres antinataliste. Le Parquet de Caen s’est rendu sur les lieux et a ordonné l’autopsie. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  Toutes les terres exploitables doivent être utilisées.     Toutes terres incultes ou abandonnées peuvent faire l’objet d’une demande de concession pour être remises en exploitation. Bien qu’en dehors des terrains pas encore déminés ou non remis en état, les terres incultes soient rares dans le Calvados, il est possible que certaines parcelles ne soient pas utilisées. Les demandes de concessions doivent être adressées à la Préfecture du Calvados, 4e division. (Source : Le Bonhomme Libre) 

 

Janvier 1947  -  L’entretien des tombes des militaires alliés.     La commission Impériale des sépultures militaires britanniques procède à l’aménagement définitif des nécropoles ci-après : Cimetières militaires britanniques de Fontenay-le-Pesnel, Secqueville-en-Bessin, Ryes, Cambes, Douvres-La-Délivrande, Tilly-sur-Seulles, Hottot-les-Bagues, Hermanville, Brouay, Saint-Manvieu, Ranville-Jeruzalem, tombes britanniques du cimetière communal de Ranville, cimetières militaires canadiens de Brettevile-sur-Laize et Bény-sur-Mer, Cimetière militaire polonais de Langannerie.

Des arbustes et des fleurs vont y être plantés. Les personnes ayant adopté des tombes de soldats sont priées de n’y déposer que des fleurs coupées et de s’abstenir de déposer des couronnes artificielles ou des récipients quelconques (vases, douilles d’obus, etc…).  (Source : Le Bonhomme Libre)

BROUAY  -  Le Château

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