CAGNY

Canton de Troarn

Les habitants de la commune sont des Cagnais, Cagnaises


2 mars 1826  -  Cagny absorbe la commune du Mesnil-Frémentel, alors peuplée d'environ 80 habitants contre moins de 400 à Cagny.

 

Juillet 1868   -   Un accident.    -   Samedi, vers 4 heures du matin, le sieur Cassard François, cultivateur à Cagny, au lieu-dit le Prieuré était occupé à faire de l'eau-de-vie, lorsque le liquide contenu dans la chaudière étant en ébullition, il s'aperçut que le récipient était trop plein et que le feu prenait à alcool qui s'en échappait. Il voulut tout d'abord l'éteindre en y jetant un seau d'eau, mais voyant qu'il ne pouvait y parvenir, il eut la malheureuse idée d'enlever le chapiteau pour survider la chaudière.

Aussitôt les flammes jaillirent avec violence et mirent le feu à la toiture du hangar près duquel il était placé. Puis l'incendie se communiqua à l'écurie voisine.

Malgré les prompts secours apportés par les habitants, le corps de bâtiment a été en partie détruit ainsi que plusieurs objets mobiliers.

M. Cassard, fermier exploitant a vu presque tout son mobilier agricole détruit par le feu. Le corps de ferme appartient à Mme de Crévecœur, demeurant à Cagny. Tout a été presque détruit.

Une autre ferme contiguë à celles -ci, exploitée par M. Malapert, fermier, et dont plusieurs bâtiments sont couverts en paille, a beaucoup souffert aussi du feu.

Les détails nous manquent sur l'étendue du sinistre et le chiffre des pertes, mais nous pouvons affirmer que tout était assuré.  

 

Décembre 1869   -   Fait divers.   -  Un jour de la semaine dernière, à la tombée de la nuit, M. Morel, facteur en dentelles, demeurant à Caen, passait, en cabriolet, par Cagny, se dirigeant vers Vimont, il était accompagné d'une femme de cette localité. Étant parvenu à quelque distance de Cagny, il fut abordé par un individu qui lui demanda l'aumône, tout en arrêtant le cheval par la bride.

Cet individu, grand et robuste, avait la mise des déchargeurs de charbon du quai de Caen, et avait, comme eux, la figure noircie. M. Morel ne se laissa pas intimider par cette façon singulière de demander l'aumône, il fit remarquer à l'inconnu qu'étant fort et vigoureux, il devrait plutôt se livrer au travail, qui ne manquait pas, que d'arrêter les passants sur la route d'une manière aussi peu convenable. L'inconnu, qui avait lâché un instant la bride du cheval, le retint de nouveau en persistant dans sa demande, ce ne fut que sur la menace que lui fit M. Morel de l’éclairer d'un coup de pistolet, que le prétendu mendiant se décida à lâcher prise.  

 

Mars 1870   -   Nécrologie.   -   On annonce la mort de plusieurs prêtres du diocèse de Bayeux : M. le curé Le Doyer, curé de Cagny depuis 1832, âgé de 71 ans ; M. l'abbé Deschamps, vicaire de Champ-du-Boult, à peine âgé de 31 ans, décédés l'un et l'autre le 20 de ce mois, et M. l'abbé Durand, curé d'Hérouvilletle depuis 1829, décédé presque subitement lundi dernier, à l'âge de 74 ans, après 41 ans d'exercice dans celte paroisse. Ce vénérable prêtre était le premier curé qui ait rouvert l'église d'Hérouvillette après la Révolution.  

 

Juin 1880  -  Un homme broyé.  -  Vendredi, sur la ligne du chemin de fer de Paris à Caen, à hauteur de la halte de Cagny, un des ouvriers qui travaillent en ce moment aux terrassements de la voie, le nommé Jean-Baptiste Lefèvre, âgé de 27 ans, a glissé d'un tas de ballast, au moment où l'express passait. Entraîné dans sa descente jusque sur les rails, il a été atteint par la locomotive, qui l'a renversé sur la voie et lui a broyé la tête. La mort a été instantanée.

 

Novembre 1885  -  Encore les rebouteux !  -  Il y a quinze jours, un ouvrier, père de famille, des environs de Cagny, tombait d'un échafaudage et se déboîtait la hanche. On court chez le rebouteux du voisinage qui n'y peut rien faire. Mais, plutôt que de reconnaître son impuissance, le charlatan s'acharne après sa victime et revient jusqu'à trois reprises différentes faire tirer par sept hommes sur la jambe du blessé. Celui-ci, n'en pouvant plus, mais, s'est enfin décidé à entrer à l'Hôtel-Dieu de Caen dans un état pitoyable. Nous apprenons que, cependant les os ont pu être remis en place et que, malgré les graves désordres déterminées par les violences du rebouteux, ce malheureux ouvrier pourra sous quelques semaines reprendre son travail. Quand donc le bon sens public, à défaut de la police correctionnelle, fera-t-il justice de ces dangereux et osés imposteurs ?

 

Mars 1890  -  Brûlé vif.  -  Jeudi, vers deux heures du matin, le sieur Louis Marie, 71 ans, propriétaire à Cagny, a été trouvé mort près de la cheminée de sa chambre, ayant les membres inférieurs carbonisés, ainsi qu'une partie du ventre et de la poitrine. Depuis trois semaines, il était atteint d'un asthme et passait ses nuits dans un fauteuil placé près d'une cheminée, où il entretenait toujours un grand feu. On suppose que, dans le courant de la nuit, il aura voulu prendre un bol de lait sur la cheminée et que le feu aura pris à une grande blouse dont il était vêtu.  

 

Avril 1891  -  Tentative d’assassinat.  -  Dimanche, le nommé Albert Paul, 59 ans, demeurant à Cagny, eut une discussion avec la femme Boquet, âgée de 35 ans, au sujet d'un enfant qu'il lui avait donné à garder. Lundi soir, la femme Boquet sortait de chez elle pour se rendre à son jardin, lorsqu'un coup de fusil, chargé à plomb, tiré par le sieur Paul, l'atteignit à la tète. Paul a été arrêté. On a extrait plusieurs plombs à la femme Boquet, son état est grave. Le sieur Paul, marié, père de cinq enfants est estimé de tous, on ne s'explique pas ce qu'il a fait. Quant à la femme Boquet, s'il faut en croire le public, sa conduite laisserait à désirer. (Source B.N.)

 

Mai 1894  -  Un homme écrasé.   -  Jeudi l'après-midi, le sieur Elisée Auvry, 50 ans, marié, père de plusieurs enfants, demeurant à Caen, rue de Vaucelles, domestique chez M. Guesdon, marchand de tuiles, quai de Juillet, passait à Cagny, revenant d'Argences. Il conduisait une voiture à deux chevaux chargée de 3 000 kilos de tuiles. Auvry, ayant eu l’imprudence de monter sur sa voiture, vint à tomber et une roue lui passa sur le cou. La mort a été-instantanée. (Source B.N.)

 

Octobre 1912  -  Le crime de Cagny  -  Le forfait que la cour d'Assises aura à juger est tellement monstrueux et répugnant que le huis-clos absolu sera prononcé. Voici brièvement les faits : le 15 janvier 1912 le nommé Camille Jorente Lemonnier, 20 ans, né à Caen, domestique de ferme, sans domicile fixe, profitant de ce que le jeune berger André Lefèvre,14 ans et demi, était ivre, l'entraîna près de Cagny et se livra sur lui à des attentats ignobles.

Comme la victime résistait, il lui fracassa le crâne à coups de talon et à coups de barre de fer, puis, après s'être livré à de nouveaux attentats, il mutila abominablement à coups de couteau le cadavre, lui passa une corde autour du cou pour être plus sûre de sa mort, et finalement le jeta dans une mare où on le retrouva 15 jours après. Lemonnier fut arrêté le jour même par la police mobile. On le trouva vêtu des effets de sa victime. Le crime est si épouvantable qu'on se demande si l'accusé a toute sa responsabilité. Ce sera tout le pivot des débats de la Cour d'Assises.

 

Décembre 1913  -  Classement de monuments historiques. -  Sur la proposition de M. Le préfet du Calvados, et après avis favorable des municipalités intéressées, M. Le Sous-secrétaire d'état des Beaux-arts a inscrit sur la liste des monuments classés  :   Le chœur de l'église de Cagny, le clocher de l'église d'Allemagne-la-Basse, le clocher de l'église de Goustranville, le clocher et le Chœur de l'église de Villiers-le-Sec, le clocher de l'église de Lion-sur-mer, le portail nord de l'église de Mutrécy, le clocher de l'église d'Ernes, le clocher et la façade occidentale de l'église de Thiéville, le clocher de l'église d'Ellon, l'église d'Huppain.  

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados. -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados : Bricqueville :  Église ; Cagny : Chœur de l'église ; Campigny : Tour de l'église ; Cheux : Église ; Cintheaux : Église ; Colleville-sur-mer : Église ; Colombiers-sur-Seulles : Clocher de l'église, Menhir ; Condé-sur-Ifs : Église, Menhir  dit " Pierre Cornue " ; Courseulles-sur-mer : Château, parties classées, le corps de logis principal, y compris la cheminée située au premier étage du pavillon de droite ; Creully : Église ;  Cricqueville-en-Bessin : Église ; Dives : Église ; Douvres : Clocher de l'église ; Ducy-Sainte-Marguerite : Clocher de l'église ; Ellon : Clocher de l'église ; Ernes : Clocher de l'église ; Etreham : Église ; Falaise : Église Saint-Gervais, Église de la Trinité, Château, etc ...

Décembre 1916  -  Mort de froid.   -  Ces jours-ci, dans un chemin conduisant de Cagny aux carrières de Manneville, on a découvert, le cadavre de M. Ladislas Calbotte, 57 ans. débitant et cordonnier à Caen, rue Saint Jean. La mort remontait à plusieurs jours. On croit que ce malheureux a succombé à une congestion due au froid. Il était marié et père d'un enfant.

Août 1924  -  Les débuts malheureux d’un policier amateur .  - Le jeune Fernand Bauny, demeurant à Cagny, se rendait ces jours derniers à bicyclette à Moult-Argences. Sur la route il aperçut deux cyclistes qui venaient à sa rencontre. De naturel enjoué, Fernand Bauny voulut, par plaisanterie arrêter les deux cyclistes en excipant de la qualité d'inspecteur de police. Arrivé à leur hauteur il descendit de sa machine et leur commanda de descendre au nom de la loi. Les deux hommes obéirent, mais, ils administrèrent une volée de coups de poing au prétendu inspecteur qu'ils dévalisèrent ensuite de sa montre et de divers objets. Quelques instants après un camarade de la victime vient passer. On résolut de rejoindre les cyclistes qui furent effectivement rejoints au sémaphore de la gare de Moult. Une seconde bataille s'engagea, mais l'un des étrangers ayant sorti un revolver, Fernand Bauny et son camarade jugèrent prudent de s'éclipser. Les gendarmes prévenus ouvrirent aussitôt une enquête. Ils ont appris que les deux étrangers étaient partis dans la direction de Lisieux. L'identité de l'un d'eux a pu être établie et leur arrestation serait imminente.  

Novembre 1924  -  Un voyageur écrasé par l'express de Paris à Frénouville-Cagny  -  Un accident mortel s'est produit mercredi soir à la gare de Frénouville-Cagny, vers 19 heures, un voyageur paraissant âgé d'une soixantaine d'années, se présentait au guichet de cette gare. Il demanda un billet pour Caen.

L'employé de service remarqua l'allure bizarre de l'inconnu qui semblait presque aveugle et le pria de prendre sa monnaie dans son portefeuille.

Quelques instants après, l'homme qui avait gagné le quai, s'adressa à un employé chargé du service postal pour solliciter un renseignement.

Au même moment, arrivait en gare l'express de Paris. L'employé venait de remettre à un convoyeur, dans le dernier wagon, le courrier de la station, lorsqu'il entendit un cri déchirant. Après le passage du convoi, on découvrit, étendu sur la première voie, le voyageur qui avait la jambe gauche et un bras sectionné.

On transporta le malheureux dans la salle d'attente il ne tarda pas à expirer. Sur lui on trouva des papiers au nom de Marie Louis, 55 ans, domicilié à Ifs. On suppose que victime, trompée par l'obscurité, était tombée sous les roues d'un wagon en voulant ouvrir une portière.

 

Février 1925  -  Un Régisseur tue sa femme d’un coup de fusil. -  Un drame sanglant s'est déroulé hier après-midi sur le territoire de la petite commune de Cagny, située à quelques kilomètres de Caen. Vers 2 heures, la gendarmerie de Moult-Argences était informée qu'un meurtre venait d'être commis dans une ferme appartenant à Mme la Marquise de Triquerville. Le chef de brigade Serres se transporta aussitôt sur les lieux et les premiers témoins de l'horrible tragédie lui relatèrent les circonstances du crime.

Un régisseur de la marquise, M. Lemarinier, âgé de 36 ans, avait au cours d'une discussion tué sa femme avec laquelle il avait de fréquentes querelles. Le régisseur qui, dans la matinée, avait vendu un cheval à M. Vouvier, propriétaire d'une boucherie hippophagique, rue Montoire-Poissonnerie à Caen, accompagna ce dernier dans divers cafés de la localité. Il rentra très éméché à la ferme. Sa compagne lui reprocha en termes très vifs et en présence des domestiques d'avoir abandonné son travail pour se livrer à la boisson.

Au cours d'un repas pris en commun, dans un pavillon attenant à la ferme, la discussion reprit avec violence. Dans un accès de colère furieuse le régisseur Lemarinier, complètement ivre, sortit précipitamment de la pièce. Il revint quelques instants après dans la salle à manger avec un fusil de chasse qu'il avait préalablement chargé. Le régisseur tira à bout portant sur sa femme qui fut atteinte à l'arcade sourcilière droite et s'écroula mortellement blessée. Elle succombait quelque instants après à sa blessure. Son mari, après le meurtre, épouvanté de son acte, jeta son arme, s'enfuit et voulut se précipiter dans un puits voisin de la ferme. Les domestiques accourus au bruit de la détonation essayèrent d'empêcher le criminel de donner suite à ses intentions de suicide. Ils réussirent à le retirer de la citerne et le remirent au chef de brigade Serres.

Interrogé, le misérable, encore sous l'empire de la boisson, ne put expliquer les motifs de son crime. Un de ses amis qui avait assisté à toute la scène était dans un tel état d'ébriété qu'il ne put être interrogé. Les deux hommes, ont été écroués dans l'après-midi.

Une reconstitution du drame a eu lieu vers 4 heures en présence du Parquet.

 

Avril 1926  -  Le crime du régisseur.  -  Nos lecteurs n'ont pas oublié l'horrible tragédie qui se déroula dans l'après-midi du 10 février 1925 au château de Cagny.

Valentin Lemarinier, régisseur du domaine, avait reçu ce jour-là un baril de Calvados, sa liqueur préférée.

Au repas de midi, il voulut faire gter à ses domestiques l'eau-de-vie qu'il venait de mettre en cave, et en absorba lui-même plusieurs verres. Le repas avait lieu en commun, dans la cuisine de la ferme. Valentin Lemarinier était assis à cote de sa femme et de ses deux enfants. Mari affectueux, lorsqu'il n'était pas sous l'emprise de la boisson, legisseur avait de fâcheuses sautes d'humeur provoquées par ses habitudes d'intempérance.

A l’afin du déjeuner, son visage s'assombri tout coup. Il reprocha à sa femme, d'envoyer leur fillette à l'école avec un chapeau défraîchi.

Connaissant l'antipathie de son mari pour l'enfant, Mme Lemarinier, lui reprocha les remarques désobligeantes qu'il faisait à tout propos, au sujet de la petite. Cette observation rendit furieux l'alcoolique.

Encore à table, et à califourchon sur le banc même, se trouvait assise sa femme, il lui porta un violent coup de pied dans les reins. La malheureuse se leva en pleurant, et courut se réfugier dans un bureau contigu à la cuisine.
De plus en plus surexcité, Lemarinier, injuria et menaça son épouse, qui aurait fermé la porte du local, Lemarinier avala d'un trait une nouvelle tasse d’eau-de-vie, et se dirigea vers le bureau.
Le drame  -  une scène répugnante, dont nous ne pouvons relater les détails, se déroula. L'ignoble brute, après de nouvelles violences, voulut avoir des relations intimes avec sa victime, qui le repoussa.

Dans un accès de frénésie, Lemarinier saisit alors sa femme, et la transporta sur une table au centre de la pièce, mais il ne parvint pas à vaincre sa résistance.

Alors, un projet sinistre fut conçu par le misérable. Lemarinier sortit du bureau, décrocha un fusil de chasse dans une pièce voisine, et après l'avoir chargé à chevrotines, rentra dans le bureau.

Les domestiques venaient de sortir dans la cour de la ferme, pour reprendre leur travail. Une détonation retentit. Mme Lemarinier atteinte à la tête, par le coup de feu tiré à bout portant, tomba foudroyée dans une mare de sang.

Le meurtrier, malgré son état d'ivresse, prit aussitôt conscience de l’énormité de son crime. Avec une présence d'esprit singulière, il crut atténuer sa culpabilité, en se livrant à un simulacre grossier de suicide.
Il tira un coup de feu dans le plafond du bureau. Quelques minutes après, l'alcoolique joua une comédie encore plus grotesque.

S'étant rendu près d'un puits dans le jardin de la ferme, il s'y laissa glisser en s'appuyant aux pierres des parois pour ne pas tomber au fond trop brusquement. L'eau ne dépassait pas sa ceinture. Lemarinier estima qu'il en avait fait assez pour apitoyer son personnel qu'il appela au secours :  « Allez-vous me laisser crever dans cette citerne, bande de v…. criait l'ivrogne. »

Mis en état d'arrestation, le jour même, Lemarinier, au cours des premières constatations sur les lieux du crime, fit des aveux à peu près-complets, prétendant cependant qu'en tirant sur sa femme, il avait agi dans un moment d'aberration, et qu'aussitôt après, pris de désespoir, il avait par deux fois tenté de se suicider, d'abord en se tirant un coup de feu, ensuite en se jetant dans le puits.

Plus tard, au cours de l'information, se rendant compte que sa double simulation ne résisterait pas à l'examen, il déclara que le coup de feu qui avait atteint sa femme, était parti contre sa volonté au moment ou il venait de saisir son arme, pour aller chasser le renard, dans un champ voisin.
Les constatations matérielles aux-quelles il a été procédé par le magistrat instructeur, et les témoignages recueillis ont démontré de façon irrécusable, l'inanité de ce système de défense.

Lemarinier est condamné aux travaux forcés à perpétuité.

 

Novembre 1926  -  Un grave accident d'auto près de Cagny.  -  Le Tribunal de Caen se montre impitoyable pour les chauffards. L'accident terrible qui s'est produit hier sur la route de Cagny, incitera certainement les magistrats à persévérer dans leur attitude en infligeant le maximum des peines aux écraseurs qui se jouent de la vie de leurs semblables.

Accident ?
Ce fut plutôt un véritable meurtre, cette fois encore l'auteur responsable pour éviter les ennuis judiciaires, abandonna lâchement sa victime et redoubla de vitesse dans l'espoir de dépister les recherches.

Vendredi soir, Mme Augustine Marteau, femme Drouault, âgée de 75 ans, qui habite une maison isolée sur la route de Paris, à proximité de la voie du chemin de fer minier, se rendait à 500 mètres de son domicile pour remettre à M. Travers deux bidons de lait que celui-ci avait l'habitude de porter en ville.
Vingt minutes après, un entrepreneur de travaux publics, M. Jean Polyxène, demeurant, 60, route de Rouen, à Caen, apercevait sur le coté droit de la chaussée le cadavre de la malheureuse baignant dans une mare de sang. Le contenu de l'un des bidons était répandu sur la berge, a quelques pas.

Aucun doute sur la cause de cette mort atroce. Les traces laissées par le passage récent d'une auto étaient encore toutes fraîches. Les débris d'une lanterne brisée par le choc attestaient du reste de la violence de la collision. M. Polyxène prévint les enfants de la septuagénaire et le corps fut transporté à son domicile.

M. Lemée, chef de la brigade de Colombelles, procéda aussitôt à une enquête. Il apprit par un témoin que deux camionnettes s'étaient arrêtées à 500 mètres au delà du lieu de l'accident pour permettre à leurs conducteurs de faire une légère réparation à l'un des véhicules.

M. Polyxène a lui-même déclaré que quelques instants avant d'apercevoir le cadavre, il avait été dépassé par une camionnette automobile qui marchait à vive allure. Les recherches sont poursuivies activement par les gendarmes.

 

Août 1927  -  Après le drame de Cagny.  -  On se souvient de la scène tragique qui se déroula en pleine nuit, devant l'hôtel de la Gare, à Cagny, attaqué par deux individus Leroy et Calmin, venus de Caen en auto, l'hôtelier, a que M. Schlumberger, appelait « au secours ». À ses cris, sa femme accourait et tuait Leroy d'un coup de revolver.

L'enquête du juge d'instruction a nettement démontré l'état de légitime défense des époux Schlumberger qui ont aussitôt bénéficié d'un non-lieu et été remis en liberté. Par contre,  Calmin sera poursuivi devant le tribunal correctionnel pour coups et blessures.

 

Août 1928  -  Une auto volée à Langrune est retrouvée à Cagny.   -  Dimanche matin, un automobiliste, M. Robillard, remisait sa voiture au garage de l'hôtel Cauvin à Langrune-sur-Mer. Dans l'après-midi, il s'aperçut qu'elle avait disparu. Il prévint le directeur de l'hôtel qui constata, qu'en même temps que la voiture, son garçon de courses était introuvable.
Les gendarmes de la Délivrande, prévenus, envoyaient dans toutes les directions les signalements de l'auto volée et du garçon de courses.
Dans la soirée, les gendarmes de Moult, de service à la fête foraine de Cagny étaient avertis que l'auto qu'ils recherchaient se trouvait dans les parages. Ils l'aperçurent bientôt garée dans un coin. Cependant qu'un des gendarmes restait pour en assurer la garde, le chef de brigade Lebrigand et un de ses hommes se mettaient à la recherche du garçon de courses et l'arrêtèrent alors, qu'en famille, il se livrait aux joies des chevaux de bois.
C'est un nommé Bernard Poussat.
Il ne fit aucune difficulté pour reconnaître qu'il était bien l'auteur du vol et pour fournir l'emploi de son temps.
En quittant Langrune avec la voiture, il s'était rendu à Bénouville, chez une tante pour l'inviter à passer la journée au bord de la mer. La tante, heureuse, accepta et invita me deux voisins à partager son aubaine. Tout le monde s'en fut a Franceville, mais le temps, qui s'était gâté, obligea les voyageurs à rentrer à Bénouville. Comme ils étaient de retour vers 16 heures 30, ils se mirent à faire une collation.
Vers 9 heures, le chauffeur, infatigable, leur proposa de les conduire à la fête de Cagny. Cette proposition fut encore une fois acceptée et c'est fort gaiement que se fit le trajet de Bénouville à Cagny.

 

Juillet 1930   -   Un bolcheviste.   -   Jules Lequesne, 33 ans, journalier n'aime pas les patrons. Il est tombé à bras raccourcis sur le sien. 100 francs d'amende à cet apôtre de l'action directe.  

 

Juillet 1931   -   Une automobile dérape et se jette dans le fossé.   -   Vers 7 heures, hier matin, une auto pilotée par M. Maisonneuve, 18 ans, employé de banque, demeurant à Paris
53, rue Nollet, et dans laquelle avaient pris place le propriétaire du véhicule, M. Delmas, frère de l'adjoint au maire de Bayeux, demeurant également à Paris, 26, rue de Varenne, ainsi que deux jeunes Bayeusais, MM. Vendens, suivait la route nationale 13.

Entre Cagny et Bellengreville, alors que la voiture roulait à une allure d'environ 60 kilomètres à l'heure, le conducteur voulut doubler une auto précédant la sienne. Vraisemblablement, par suite de la présence d'une saignée sur la berge de la chaussée.
M. Maisonneuve perdit la direction de son véhicule, qui fit plusieurs tours sur lui-même pour, finalement, se jeter dans le fossé.
Trois des occupants se tirèrent indemnes de dessous la voiture. Mais M. Bertrand Issa Verdens, 17 ans, resta inanimé avec une grave blessure à la tête. Il a été transporté à la clinique des Oblates, à Caen, il a reçu les soins du docteur Monie. Il présente une fracture du crâne. Son état est très grave.  

 

Février 1936  -  Un incendie détruit un bâtiment agricole.  -   Hier, vers 22 h., un incendie s'est déclaré dans un bâtiment dépendant de la ferme de M. Victor Willaërt à Cagny. Réveillé par les aboiements d'un chien, le fermier alertait les pompiers de Caen qui se rendirent immédiatement sur les lieux sous les ordres du Chef de Bataillon Binet, mais durent se borner à préserver les constructions voisines. 

Le bâtiment qui abritait une importante quantité d'engrais, du bois et une automobile a été détruit. Auto, bois et engrais ont été également la proie des flammes. On ignore les causes exactes, du sinistre.  Les dégâts, assez élevés, sont couverts, par une assurance.. (source M.-C.)

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété  privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.    -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche.    -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche. 

 

Octobre 1941   -   Élus révoqués.   -   Par arrêté préfectoral, deux conseillers municipaux du Calvados, MM. Henry Follin, de Cagny, et Robert Dumont, de Touques, ont été déclarés démissionnaires d'office de leurs fonctions, comme tombant sous le coup de la loi du 11 août 1941 sur les sociétés secrètes. 

 

Juin 1942   -   Un vol.    -   Une nuit, des inconnus ont pénétré, par effraction, dans la mairie de Cagny et se sont emparés de 57 feuilles de rations de pain, de viande et de matières diverses. On croit que ces voleurs recherchaient surtout les denrées qui devaient être vendues aux enchères, le lendemain, au profit des prisonniers.

Par un heureux hasard, ces denrées avaient été changées de local, la veille au soir.

Avril 1943   -   Un incendie  -  Dimanche dernier, vers 22 h., le feu s'est déclaré à une meule de lin appartenant à M. Julien Beckaert, cultivateur à Cagny. 24 tonnes de lin de bonne  qualité ont été ainsi détruites. Le propriétaire estime son préjudice à 100 000 fr. Les causes du sinistre sont inconnues.  

 

Décembre 1943    -   Fait divers.   -   Devant le café Cloche, à Cagny, M. Michel Blandamour, boucher à Carantan, mais résidant à Argences, avait laissé sa carriole en attachant son cheval à un poteau. Mais la bêle prit subitement peur et partit à toute allure sur la route. A 1 km de là, elle entra en collision avec une camionnette. Le chauffeur en fut blessé légèrement à la bouche, mais le passager, M. Charles Martin, grièvement atteint à la tète dût être hospitalisé à Caen. De son côté, le cheval dût être abattu sur place.

 

Mars 1944  -  Les cambrioleurs opèrent.  -  Dans la nuit du 23 au 24 février, des cambrioleurs se sont introduits, par effraction, dans les appartements de plusieurs personnes habitant la commune.
Chez M. Guérin André, entrepreneur de battage, ils ont dérobé un pardessus d'homme, une montre, une somme de 350 fr. et divers vêtements, chez M. Marette du jambon, beurre, eau-de-vie, stylo, 200 fr., etc...; chez M. Martin, débitant des bottes de cuir, 45 paquets de cigarettes, 40 paquets de tabac, 15 bouteilles d'apéritifs divers, etc... ; chez M. Willaert, Hôtel de la Gare, œufs, sucre, beurre, eau-de-vie et divers vêtements. Ils sont également entrés chez M. Fournet, mais n'ont rien emporté.

Chaque fois les cambrioleurs ont opéré de la même façon, brisant un carreau et faisant jouer ensuite l'espagnolette d'une fenêtre. La gendarmerie est sur une piste sérieuse.

 

Mars 1944  -  Jouant avec une grenade deux enfants sont gravement blessés.  -  Ayant trouvé une grenade, deux des enfants de M. Triholet, les jeunes André, 11 ans, et Jacques, 8 ans et demi, commirent l'imprudence de la manipuler et de jouer avec. L'engin explosa et le petit Jacques fut gravement blessé à la face, aux jambes et au bras gauche.

Il porte en outre, sur tout le corps, de nombreuses plaies. Quant à son frère, il fut lui aussi atteint, mais moins sérieusement.

Tous les deux ont été transportés à l'hôpital du Bon-Sauveur, à Caen. Les gendarmes de Moult enquêtent.

 

Juin 1944  -  Une série de mitraillages.  -  Vendredi, vers 17 h. 10, deux personnes qui circulaient en voiture hippomobile sur la route de Paris, ont été mitraillées à proximité de Cagny. Elles ont été gravement blessées. 

A Bellengreville, un enfant de 6 ans a été sérieusement touché par une balle, lors de l'attaque d'un train de marchandises qui passait à quelque distance et dont le mécanicien a été tué.
Cesny-aux-Vignes, le mécanicien et le chauffeur d'un train de marchandises ont été gravement blessées. Un peu plus loin, le mécanicien et le chauffeur d'un deuxième train ont été blessées plus légèrement un autre employé de la S.N.C.F. a été gravement atteint.
A Moult, un camion et une voiture de tourisme conduits par des civils ont été mitraillés, les occupantes n'ont pas été atteints.
Entre Moult et Mézidon, un train a été attaqué. Le chauffeur, M. Valogne, demeurant à Lisieux, rue Jeanne-Deslandes, a été tué, et neuf personnes blessées.
  A Lécaude, un train de marchandises a été mitraillé, samedi, vers 14 h. 15. Le chauffeur, Paul Jules, 33 ans, demeurant à Lisieux, a été atteint d'une balle à la cuisse et d'une autre dans les reins. Il a été transporté à l'hôpital de Lisieux.
Une auto dans laquelle avait pris place M. Béchetoille, ancien directeur de l'usine à gaz de Lisieux et directeur actuel de l'usine à gaz de Trouville-Deauville, a été mitraillée, sur la route de Troarn. M. Béchetoille, atteint de trois balles à la cuisse, a été transporté dans une clinique.
Vendredi soir, une localité de la côte a été bombardée par les avions anglo-américains. Mme
Mezel, 54 ans, ouvrière agricole, a été tuée, et une jeune fille de 13 ans, la jeune Thonnard, grièvement blessée. est décédée à l'hôpital de Bayeux.
 

 

Juillet 1944 -  Front de Normandie. -  Le territoire libéré a été élargi, hier, grâce à une série d'attaques menées par les anglais et les canadiens.

Après s'être emparés dans les journées de mercredi et de jeudi, des localités de Touffreville, Démouville, Giberville, Colombelles, Sannerville, Cagny, Grentheville, Louvigny, Fleury, Cormelles et Ifs les alliés ont formé un arc de cercle de Troarn à Bourguébus. On annonce la libération de Bourguébus et Frénouville. La menace pesant sur Troarn s'est accentuée, des combats de rue ont même commencé dans cette localité, 12 ponts ont été détruits sur l'Orne.

Carte transmis par Jean-Paul Hauguel

541.   CAGNY   -   Façade du Château  
Entrée de CAGNY   -   Maison du Maire

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