UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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CAMPANDRÉ - VALCONGRAIN

Canton d'Aunay-sur-Odon 

Les habitants de la commune sont des Campandréens, Campandréennes


Octobre 1843   -  Nouvelles locales.   -   Les loups désolent de plus en plus les cantons d'Harcourt, de Villers-Bocage et d'Évrecy. On en compte, dit-on, jusqu'à trente dans le seul bois de Montpinçon. Samedi dernier encore une génisse appartenant à M. d Vaucasselle, de Campandré, a été dévorée par ces dangereux animaux !

Quand donc viendra le jour des battues ?   (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1849  -  Cour d’assises du Calvados.   -  Présidence de M. Le Menuet de la Jugannière,  Audience du 3.

Le nommé Jean-Éloi Catel est accusé d'avoir, à Campandré, le 12 juillet 1848, commis volontairement, sur la personne du sieur Jean-François Accard, une tentative d'homicide manifestée par un commencement d'exécution et qui n'a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.

Catel est le meilleur ami d'Accard. Dans un moment de colère causé par l’ivresse il lui a tiré, sans le blesser gravement, un coup de fusil à plomb.

M. le président a posé d'office, comme résultant du débat, la question de savoir si l'accusé n'est point au moins coupable de coups et blessures volontaires. Le jury répond affirmativement à cette question et négativement sur celle de tentative d'homicide. Catel est condamné à 6 mois de prison.

  Les nommés Joseph Provost, âgé de 48 ans, porteur de bois, né à Honfleur, demeurant à Tourville, Auguste-Armand Provost, âgé de 24 ans, saunier, né et demeurant à Touques : Auguste-Tranquille Péthion, âgé de 21 ans, charpentier, demeurant à Tourville, étaient accusés d'avoir, le 2 octobre dernier, volontairement et avec préméditation, porté au sieur Noël, aubergiste à Tourville, des coups qui lui ont occasionné une incapacité de travail personnel de plus de 20 jours.

Joseph Provost a été condamné à 2 ans de prison ; Péthion à 6 mois de la même peine ; Armand Provost a été acquitté. (source Journal de Honfleur)

 

Mai 1871   -  Fait divers.   -  Le 29 avril dernier, vers 9 heures du soir, le nommé Jacques Lepetit, âgé de 40 ans, domestique à Hamars, a été écrasé sous sa voiture, sur le territoire de Campandré. Ce malheureux laisse une veuve et huit enfants.

 

Octobre 1872   -  Avis aux cultivateurs.  -  Prière présente est faite aux cultivateurs qui auraient à se plaindre des ravages des campagnols, de ne pas employer l'acide arsénieux pour détruire ces rongeurs. Quelques cultivateurs s'étant servis de cette matière vénéneuse pour chauler du grain qu'ils introduisaient ensuite dans des trous à souris, il en est advenu ceci : des perdrix ont becqueté ce grain et sont mortes empoisonnées. En une seule journée, plus de trente perdrix ont ainsi succombé, et l'autopsie n'a laissé aucun doute sur les causes de l'empoisonnement.

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de veiller avec un redoublement de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Pluies et récoltes.  -  Les pluies torrentielles tombées presque sans interruption depuis plus d'un mois ont produit dans notre pays de déplorables effets. Beaucoup de cultivateurs n'ont pu encore terminer leurs semailles de blé, ailleurs le blé n'a point levé, et on n'a plus d'espoir que dans les blés d'avril, qui sont loin de présenter les mêmes avantages. Les colzas, en général, ne paraissent pas trop se ressentir de cette submersion temporaire.

La plupart des pommes à cidre sont recueillies. On parle de prix assez élevés, se balançant généralement de 3 fr. 50 à 4 fr. le demi-hectolitre. On nous fait espérer des arrivages prochains des îles anglaises, qui, sans doute, feront tomber les prix ci-dessus mentionné.

Les pommes de terre sont loin de répondre pour la qualité, aux espérances qu'elles avaient fait concevoir, mais on nous assure que plusieurs départements voisins sont sous ce rapport beaucoup plus favorisés que le nôtre. Enfin, espérons n'est-il pas un pronostic campagnard qui dit : hiver pluvieux, été abondant ».

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circulerons en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un  côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service.

 

Décembre 1872   -  Récompenses.  -  La Société pour l'instruction élémentaire (siège à Paris), dans sa séance annuelle, a récompensé les instituteurs du Calvados dont les noms suivent : Rappels de médailles de bronze : MM. Gaugain, instituteur à Louvigny, et Marie, instituteur à Campandré-Valcongrain.    Médaille de bronze : M. Lavolley, instituteur à Ranville.      Mentions honorables : MM. Leboucher, instituteur à Jort, et Marie, instituteur à Lisores. 

 

Août 1880  -  Suspension.  -  M. Victor Chatel vient d'être suspendu pour deux mois de ses fonctions de maire de Campandré-Valcongrain, pour avoir, dans une lettre adressée au Moniteur, « qualifié de fête politique, la fête nationale du 14 juillet et déclaré ne pas pouvoir s'y associer ». M. Victor Chatel doit être dans la jubilation, car c'est assurément, la première fois qu'il voit sa prose prise au sérieux.  

 

Mai 1888  -  Les crimes de l’ivresse.  -  Le nommé Chanu, 46 ans, cultivateur à Campandré-Valcongrain, donnait depuis quelque temps des signes d'aliénation. Chanu buvait beaucoup, d'un autre côté, il était jaloux d'un de ses voisins qui lui avait pris sa position comme homme d'affaires auprès d'une vieille dame, la veuve Harel. 

Chanu avait pour voisin un sieur Jean Legré, âgé de 37 ans, qu'il employait souvent. Ils étaient au mieux et avaient bu ensemble. Dimanche soir, Chanu était ivre, il s'était mis à parcourir le village, armé d'un fusil, et à appeler au secours, se prétendant poursuivi par des gens qui voulaient le tuer. A deux heures du matin, il se précipitait, chez un voisin, en criant très fort. Legré, croyant à une dispute, sortit aussitôt, à peine sur le seuil de sa porte, il reçut un coup de fusil qui le tua raide.  

 

Mai 1888  -  Quel jarrets !  -  M.Bertaux, instituteur à Campandré, a parcouru, avec un tricycle, 374 kilomètres en 24 heures 50 minutes. Cette course terminée on a constaté que M. Bertaux était en excellent état et qu'il ne souffrait nullement de fatigua le sommeil seulement l'emportait.  

 

Juillet 1888  -  Les pluies.  -   La persistance des pluies sur notre région porte un préjudice considérable à l'agriculture. Les foins sont perdus, les blés ne mûrissent pas ou sont roulés.

 

Juillet 1888  -   Deux poids et deux balances.  -   Les sieurs Lefrançois, Marie, Anne, Lepailleur, Cauvin, Lepelley et Lefèvre, demeurant tous à Campandré-Valcongrain, avaient organisé une battue pour tuer un sanglier. C'était, il est vrai, en temps de neige et sur le terrain d'autrui qu'il s'agissait de tuer l'animal. Mais le but poursuivi était louable et le tribunal de Caen, saisi de  l'affaire sur la poursuite du parquet, acquitta, les prévenus du délit de chassa qui leur était reproché. On dit même que le président leur adressa des éloges. Devant la cour, tout a changé. De blancs qu'ils étaient, les malheureux chasseurs sont devenus noirs, et, sur l'appel porté par le ministère public, ils ont tous été condamnés à 50 francs d'amende chacun.

 

Août 1891  -  Deux beaux coups de fusil.  -  Samedi dernier, M. Morin, propriétaire du château de Valcongrain, a tué et mis bas, à une demi-heure d'intervalle, deux vieux solitaires : l'un pesait 110 et l'autre 125 kilos. Pour deux beaux coups de fusil... c'en sont deux...

 

Avril 1895  -  Mieux vaut tard que jamais.  -  La semaine dernière, un incendie éclatait dans les bois de M. Morin, à Campandré-Valcongrain. Le maire était absent. On alla trouver le curé pour lui demander les clefs de l'église afin de faire sonner le tocsin. Il les a refusées, parce qu'il les avait déjà données une fois et le sonneur qui avait sonné n'avait pas été payé. Ceci ne regarde cependant pas le curé. C'est le maire qui paie le sonneur pour les sonneries civiles. Malheureusement , à Campandré-Valcongrain, le maire n'a pas une double clef du clocher. Il va se conformer à la loi et en faire faire une. Mieux vaut tard que jamais. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1896  -  Morts accidentelles.  -  L'autre jour, le sieur Pierre Lepailleur, 60 ans, propriétaire à Campandré - Valcongrain, travaillait avec plusieurs ouvriers à abattre un gros sapin. L'arbre, en tombant, dévia de telle sorte que Lepailleur fut atteint à la poitrine et à la tête. La cervelle du malheureux jaillit sur ses compagnons terrifiés. La mort a été instantanée. 

 — La nommée Busnel, femme Fromage, 73 ans, journalière à St-Martin-du-Mesnil-Oury, s'est noyée dans sa mare en tombant. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1896  -  Attention.  -  Le ministre vient d'ordonner que les auteurs d'acte de cruauté ou de mauvais traitements excessifs envers les animaux, soient rigoureusement poursuivis,  ainsi que les personnes qui se servant de chien pour faire traîner leurs camions. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1896  -  La chasse au lapins.  -  La chasse au lapin qui était permise en temps prohibé vient d'être singulièrement restreinte. Elle ne sera plus permise que pour huit jours seulement aux propriétaires et fermiers, qui auront donné des preuves de l'abondance du lapin sur leurs terres et des ravages causés par lui. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1896  -  Congés des jours gras.  -  Les congés des jours gras dans les lycées et collèges ont été fixés aux lundi 17 et mardi 18 février. Les cours reprendront le mercredi 19. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1896  -  Mouvement de la population dans le Calvados.  -  Voici le relevé de la population dans notre département en 1895. Population : 429 417 habitants ; mariages, 2 895 ; divorcés, 100 ; naissances, 8 453, dont 7 436 légitimes et 1 017 illégitimes ; décès, 10 709. Excédent des décès sur les naissances. 2 256. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1907  -  Battue aux sangliers.   -    Au cours d'une battue aux sangliers, organisée dimanche dans les communes de Culey-le-Patry et de Campandré, les chasseurs ont abattu une laie, ses neuf marcassins et un énorme solitaire pesant 111 kilos. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1923  -  Un délit peu banal.  -  Le 22 courant, à 13 h. 45, un garde particulier, M. Farcy Victor, au service de la Société Centrale des Banques de Provinces, ayant surpris M. Harel Léon, âgé de 47 ans, cultivateur à la Cour de Valcongrain, au moment il traversait la cour du château de Valcongrain, dans laquelle il n'a pas droit de passage, lui a dressé procès-verbal pour délit de pied.
Le fait eut été sans gravité si M. Harel n'avait eu la mauvaise idée d'injurier le garde et sa femme.  

 

Juin 1925  -  Vol d’une poule.  -  Mme Dufay, cultivatrice à Campandré-Valcongrain, ayant reçu la visite du journalier Léon Marie, constata après son départ la disparition d'une poule. Une perquisition opérée le lendemain au domicile du journalier permit de découvrir des plumes dont la couleur correspondait à celle du volatile dérobé. Léon Marie est condamné à 2 mois de prison.  

 

Juin 1937  -    Le feu dans les bois.    Le feu s'est déclaré dans les bois de Campandré-Valcongrain et Bonnemaison, aux lieux dits :  « Capet cornu » et « La Suardière » et il était maîtrisé après quelques heures d'efforts par les gardes particuliers et les gendarmes d'Aunay. M. Victor Farcy, garde particulier des bois, qui appartiennent à une société belge, estimant que l'incendie est dû à la malveillance, a porté plainte. La gendarmerie enquête. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1938   -   Un château détruit par un incendie.    -   Au cours de la nuit dernière, un habitant de Campandré-Valcongrain, rentrant à son domicile apercevait des flammes se dégager du château de la localité situé sur la route dite du « Pont des Mousses », à proximité de l'église du village. Il donna aussitôt l'alarme.

Le château, occupé par le fils de la propriétaire, M. Hue de Carpiquet de Bougy, était composé d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un étage. Il mesurait 20 mètres de long sur 15 de large. L'incendie s'était déclaré dans une pièce de l'étage située exactement au-dessus de l'entrée du bâtiment. Mais lorsque les gendarmes et les pompiers d'Aunay-sur-Odon arrivèrent sur les lieux, ils constatèrent l'existence d'un second foyer au rez-de-chaussée où le feu avait pris naissance dans un classeur.

Attaqué vigoureusement, le sinistre paraissait sur le point d'être maîtrisé lorsque l'eau vint brusquement à manquer, une citerne de mille litres et tous les puits des environs ayant été épuisés. Impuissants, les sauveteurs assistèrent à la destruction complète du château dont, seul, le mobilier du rez-de-chaussée put être sauvé.

L'incendie a eu lieu en l'absencee de M. de Bougy dont le retour est attendu pour ce soir. M. de Bougy n'habitait pas le château lui-même, mais un pavillon voisin.

Le château détruit avait été mis en vente, le mois dernier, pour le prix de 550 000 francs sans retrait. Il était assuré pour 450 000 francs.

Le Parquet de Caen s'est rendu à Campandré-Valcongrain, à 17 heures. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1938   -   L’incendie suspect du château.   Nous avons relaté, avant-hier, la destruction par le feu, à Campandré-Valcongrain, du château de Mme de Bougy. Les circonstances suspectes de cet incendie ont provoqué la descente, sur les lieux du sinistre, du Parquet de Caen, représenté par MM. Lyon, Substitut du Procureur de la République, et Guimbellot, juge d'Instruction.

Les magistrats ont procédé à de nombreuses constatations et auditions. Ils ont notamment entendu, à son retour de Paris où il s'était rendu pour affaires avant l'incendie, M. de Bougy, fils de la propriétaire du château, ainsi que les hôtes habituels, sinon de l'immeuble détruit, du moins du pavillon voisin et des dépendances.

Une instruction est ouverte contre X... pour incendie volontaire et complicité. Il est possible que cette instruction soit close par un non-lieu. En effet, l'hypothèse d'un sinistre déterminé par un court-circuit n'est pas écartée. Dans l'éventualité de celui-ci, la présence de deux foyers d'incendie s'expliquerait de la façon suivante : Le feu ayant pris dans une pièce de l’étage aurait entraîné la destruction du plancher. Ce plancher, en s'effondrant, aurait crevé une cheminée descendant jusqu'au rez-de-chaussée et dont l'issue était masquée par un meuble classeur de combustion facile. Un brandon aurait mis le feu à ce meuble.

L'enquête continue.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1938   -   Après l’incendie du château de Campandré-Valcongrain.   -  Nous avons relaté les circonstances dans lesquelles un incendie avait détruit, dans la nuit du 11 au 12 avril, le château de Campandré-Valcongrain, appartenant à Mme la Comtesse de Bougy, et habité par M. le Marquis de Bougy et Mme la Comtesse de Giron, belle-fille de la locataire.

Le feu avait pris en l'absence de M. de Bougy et de Mme de Giron, qui avaient quitté Campandré pour Paris, le 9 au matin.

Le château n'était pas occupé, la bonne, Mme Eugène Marie, et le domestique, M. Mourocq, logeant dans un pavillon sis à une quarantaine de mètres.

L'enquête établit qu'on se trouvait probablement en présence d'un attentat criminel. En effet, on constata que l'installation électrique ne pouvait être mise en cause, les plombs n'ayant pas sauté.

Le Parquet de Caen, saisi de l'affaire, chargea la brigade mobile de Rouen d'effectuer des recherches, et M. l'inspecteur Anquetil se mit aussitôt en campagne.

Au cours de leurs premières recherches, les gendarmes d'Aunay-sur-Odon et l'inspecteur Anquetil avaient été amenés à entendre la bonne de M. le marquis de Bougy qui, après leur avoir caché qu'elle était mariée, leur indiqua l'adresse de son mari, Eugène Marie. Celui-ci fut entendu et leur donna des précisions sur sa situation et son emploi du temps dans la nuit de l'incendie. L'ensemble apparut satisfaisant et Marie fut laissé tranquille, mais jeudi, M. Anquetil, au cours de nouvelles recherches, devait apprendre de la bouche même des intéressés que Marie était revenu à Campandré lundi dernier pour y voir sa femme et lui demander de reprendre la vie commune. D'après Mme Marie, il y avait six mois qu'elle n'avait pas vu son mari. L'entrevue des deux époux eut lieu dans la soirée et ne fut pas des plus calmes, si bien que M. le marquis de Bougy dût intervenir pour mettre à la porte ce mari dont jusqu'à présent il ignorait l'existence.

Mme Marie suivit son époux et avec lui passa la nuit dans la grange, mais tandis qu'elle reprenait, le lendemain, son service auprès du marquis de Bougy et de Mme de Giron, son mari disparaissait sans qu'il soit possible de le retrouver.

Cette disparition est d'autant plus regrettable qu'elle se produit juste au moment où gendarmes et police mobile avaient besoin d'obtenir quelques précisions.

Le journalier agricole avait prétendu avoir passé la nuit du 11 au 12 avril chez un ami qui oppose un démenti formel à cette affirmation. En outre, contrairement à ce qu'il a déclaré lors de sa première audition, Eugène Marie le soir de l'incendie, est sorti à bicyclette entre 21 et 23 ou 24 heures et de son propre aveu à un ami serait, allé du côté de Campandré-Valcongrain.

Convoqué à la gendarmerie d'Aunay-sur-Odon, Marie ne se présenta pas et M. Anquetil dut se livrer à des recherches tant au Plessis-Grimoult qu'à Roucamps où le journalier agricole était employé ces derniers temps. Chez M. Lefèvre, à Roucamps, M. Anquetil devait faire une trouvaille assez singulière. Dans un tonneau à avoine, il mit la main sur divers objets appartenant à Eugène Marie. Une blague à tabac pleine, un briquet, un porte-monnaie vide, un portefeuille, un permis de chasse et les morceaux d'une lettre. Près de ces objets se trouvait une corde terminée par un nœud coulant. Enfin, dans une des dépendances de la ferme, fut retrouvée la bicyclette de Marie.

Convoqués au palais de justice de Caen, M. le marquis de Bougy, Mme de Giron et leur bonne n'ont pu fournir sur la disparition du journalier aucun renseignement susceptible d'orienter les recherches. Dans ces conditions, M. Guimbellot a lancé contre Eugène Marie un mandat d'arrêt.

Le château devait être couvert par une assurance de l'ordre de 450 000 francs et le mobilier pour 200 000 francs environ.

Voici le signalement que l'on possède de Marie qui, détail particulier, boîte de la jambe gauche : taille, 1 m. 60 environ, vêtu d'une veste de chasse imperméable, chaussé de sabots et coiffé d'une casquette grise.  

(Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Juillet 1939  -  Tribunal correctionnel.  -  Le 15 juin 1939, Robaszinski Jean, 29 ans, gardien d'herbages à Campandré-Valcongrain, ayant eu une discussion avec ses voisins, qui le tort, à bout d'arguments, de faire un acte obscène. Poursuivi pour outrage public à la pudeur, il a été condamné à 25 frs d'amende avec sursis. Défenseur : Me  Tréhet. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1946  -  Des chasseurs pas faciles.  -  Surprenant sur une propriété de Campandré-Valcongrain, dont il a la surveillance, trois chasseurs, Marcel Jouenne, 48 ans, manœuvre à St-Lambert : René Danet, 25 ans, mineur, et Alfred Comigny, maçon à St-Rémy. Le garde Pierre Barette se vit menacer d’un revolver par ce dernier, tandis que Danet dirigeait sur lui le canon de son fusil. Le garde dut battre en retraite sans avoir pu relever l’identité des délinquants. Ceux-ci ont été néanmoins identifiés par les gendarmes. Pour éviter d’être reconnu, Jouenne avait coupé ses moustaches. Une partie de chasse qui pourrait coûter cher.  (Source  : Le Bonhomme Libre)

CAMPANDRÉ-VALCONGRAIN (Calvados)  -  Le Lavoir

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