CAMPIGNY

Canton de Balleroy

Les habitants de la commune de Campigny sont des Campignais, Campignaises


Janvier 18..  -   Un drame mystérieux. A Campigny, canton de Balleroy, Mme Croquevieille, 80 ans, habite avec son neveu, M. Marie, instituteur. Souvent, la vieille femme s'était plainte d'émanations qui troublaient ses nuits, mais, vu son âge, on avait cru à des hallucinations. 

Pourtant, un matin, des voisins, accourus aux cris de Mme Croquevieille, constataient, sur ses draps et son bonnet de coton, des traces d'un liquide corrosif. Bien plus, le mur contre lequel était appuyé le lit, était percé d'un trou portant encore les marques du même liquide, ne permettant aucun doute sur la façon dont ce lâche attentat avait été commis.

 La vieille dame n'a dû de ne pas être rendue aveugle qu'au fait qu'elle rabattait chaque soir sont bonnet sur les yeux. Le Parquet de Caen, avisé, fit analyser le liquide qui fut reconnu pour être de l'acide sulfurique.

Le choix de cet acide ne semble pas indiquer que le coupable ait voulu asphyxier sa victime, mais dans quel but aurait-il voulu l'aveugler ? C'est ce qu'essaye d'éclaircir le juge d'instruction. Entendue la victime accuse son neveu, M. Marie, qui jure d'être pour rien dans cet attentat qu'il qualifie de "stupide". D'aprés lui sa vieille tante, atteinte de la manie de la persécution, accusait tout le monde des pires méfaits. Il faut dire qu'entre Mme Croquevieille et M. Marie, un contrat était intervenu il y a quelque temps selon lequel la maison était vendue en viager à l'instituteur sous condition d'héberger l'octogénaire. Mais celle -ci méfiante, avait introduit cette réserve que, si l'accord cessait d'exister entr'eux, ses parents devraient lui servir une pension dont le montant était fixé. Or, la mésintelligence régnait entre M. Marie et sa tante, qui avait décidé de quitter le logement de son neveu.

 

Novembre 1866   -   La migration.   -   On ne se rappelle pas avoir vu passer dans notre pays, comme depuis ces jours derniers, autant d'oiseaux venant des contrées septentrionales, surtout des cigognes, des grues et des hérons.

On doit voir là l'indice précurseur d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Novembre 1866   -   Les étoiles filantes.   -   Les astronomes comptent sur de magnifiques pluies d'étoiles dans les nuits des 12 et 13 de ce mois.

A cette époque de l'année, on voit généralement un grand nombre d'étoiles filantes. Mais on ne verra pas, dit-on, avant la fin du siècle, un spectacle céleste aussi brillant que celui de cette année.

 

Décembre 1866   -   Un incendie.   -   Un incendie a éclaté, pendant la nuit du 29 au 30 novembre, vers trois heures et demie du matin, dans un bâtiment à usage de buanderie et de boulangerie, loué au sieur Jean Leheup, journalier à Campigny.

Comme il avait chauffé la lessive le mercredi 28, on présume que quelques flammèches auront passé au travers du mur de la cheminée, qui, d'ailleurs, était en très mauvais état, et auront mis le feu au bois dont le grenier était rempli. La buanderie elle-même contenait une grande quantité de bois à brûler, qui a été consumé.

Tous les outils de cet ouvrier ont été la proie des flammes, ainsi qu'une infinité d'autres objets. On a pu cependant sauver une grande partie du linge. Lorsqu'on a pénétré dans l'appartement le plancher était déjà effondré en plusieurs endroits.

Heureusement que le temps était calme, car le feu aurait pu se communiquer à plusieurs autres maisons habitées, placées à très peu de distance.  

 

Octobre 1870   -  Fait divers.   -    L'instituteur de la commune de Campigny, M. Delaunay, et le garde champêtre, M Lebouvier, ont fait une quête à domicile, laquelle a produit une somme de 22 fr. 70. Cette somme a servi à l'achat de couvertures qui ont été immédiatement envoyés à deux mobiles du Calvados, enfants de Campigny.  

 

Décembre 1885  -  Respect aux morts !  -  Une femme, une Madeleine ! jeune encore, se mourait à Campigny, près Bayeux. Ne voulant pas recevoir les secours de la religion des mains du curé de sa paroisse, elle avait fait demander un prêtre de Bayeux. Celui-ci donna les derniers sacrements à la mourante et se chargea de dire la messe mortuaire.

Mardi matin, jour de l'inhumation, le corps a été porté à l'église de Campigny, où le prêtre de Bayeux a dit la messe et donné l'absoute, en présence du curé et du custos de la paroisse. Mais, au moment de porter le corps au cimetière, le curé dit qu'il n'y avait pas de fosse de faite et que l'on allait sortir la bière de l'église pour la déposer dans le cimetière en attendant qu'on en fasse une.

Le prêtre de Bayeux, voulant éviter un scandale, déclara que le cercueil resterait exposé dans une chapelle, en attendant que la fosse soit creusée. Le curé de Campigny essaya de résister, mais en présence de la fermeté de son confrère, il finit par se retirer en se faisant suivre de son custos.

M. le curé de Campigny n’avait peut-être pas déjeuné, et, on le sait, ventre affamé n’a ni cœur ni oreilles.

L'émotion n'en a pas été moins grande dans le pays, car, en voulant faire ainsi jeter à la porte de son église le corps d'une pauvre pécheresse, le curé de Campigny a froissé l'un des sentiments les plus sacrés et les plus honorables du peuple : le respect des morts ! 

 

Décembre 1885  -  Scandale sur scandale.  -  L'émotion causée par le scandale qui s'est produit à Campigny à l'inhumation d'une femme du pays, est loin d'être calmée. Ordre n'ayant pas été donné par celui qui s'occupe ordinairement de ce soin de creuser la fosse, la bière est restée plus de quatre heures dans l'église. C'est donc pendant ce long espace de temps que le corps de la pauvre morte est resté dans le cimetière, si le prêtre de Bayeux, qui assistait à l'inhumation, ne se fut énergiquement opposé à l'ordre donné par le curé de la paroisse. Ce fait est d'autant plus regrettable que la défunte était comme fille, épouse et mère, digne de l'estime de tous.

Autre scandale : Il y avait enterrement à St-Germain-de-Livet. La fosse s'est trouvée trop petite de quinze centimètres, il a fallu piétiner sur le cercueil, puis le mettre debout, pour  agrandir le trou. Ce travail a duré quarante minutes, sous les yeux des parents et des amis du malheureux mort, justement indignés.

 

Mai 1887  -  Les monuments historiques de l'arrondissement de Bayeux. -  Jeudi dernier, a paru au Journal Officiel, la loi nouvelle sur la conservation des monuments et objets d'art ayant un intérêt historique et artistique.

A la suite, figurait le tableau de ces monuments et objets. Nous en extrayons le relevé en ce qui concerne l'arrondissement de Bayeux :

Monuments du Moyen-age, de la Renaissance et des temps modernes :

Asnières. — Église. Bayeux. — Cathédrale Notre-Dame ; Chapelle du séminaire ; Tapisserie de la reine Mathilde dans la bibliothèque ; Maison dite du Gouverneur, rue Bourbesneur ; Maison rue Saint-Malo, n° 4 ; Maison rue des Cuisiniers, n° 1 ; Maison place de la cathédrale. -  Saint-Loup de Bayeux. — Église. -  Bricqueville. — Église. -  

Campigny. — Tour de l'Église et tombeaux dans la chapelle sud.

Colleville-sur-Mer. —  Église. -  Colombiers-sur-Seulles. — Tour de l'église. -  Etréham. —  Église. -  Formigny. —  Église. -  Louvières. —  Église. Marigny. —  Église.Ryes. —  Église. -  Tour. —  Église. -  Ver-sur-Mer. — Tour de l'église.

Dans la partie de la loi concernant les monuments mégalithiques de la Basse-Normandie, on cite le Menhir de Colombiers-sur-Seulles.

 

Mai 1888  -  Élections.  -  A Campigny, l'ex-adjoint s'étant, dit-on, endormi à l'heure, de la réunion, ses collègues l'ont remplacé par un plus éveillé.  

 

Janvier 1891  -  Abandon d’enfant.  -  Procès-verbal a été dressé contre une servante de 18 ans, habitant Campigny, arrondissement de Bayeux, accusée d'avoir voulu abandonner son enfant.  

 

Avril 1891  -  Vol d’une vache.  -  Une vache amouillante, de 4 ans, poil blond, cornes petites et fermées, tache blanche à la tête, cicatrice au côté gauche de la mamelle, d'une valeur de 400 francs, a été dérobée dans la nuit, au préjudice de M. Legrand, à Campigny, canton de Balleroy. 

 

Avril 1891  -  Brûlé par un four à chaux.  -  Ces jours derniers, Pierre Barrey, de Crouay, ouvrier chaufournier, employé chez le sieur Lenourrichel, marchand de chaux à Campigny, après avoir allumé les fourneaux, s'était couché près du four en attendant l'arrivée de ses camarades, ceux-ci le trouvèrent à demi asphyxié. En outre, la chaleur intense du fourneau l'avait grièvement brûlé. Il a la jambe et la cuisse gauche à vif, son état est grave.

 

Juillet 1892  -  Viol d’une petite fille.  -  La petite Maria Ledanois, âgée de 3 ans et demi, qui habite chez sa tante, la dame Giard, à Campigny, canton de Balleroy, sortait souvent en compagnie d'un cantonnier, le sieur Paul Lahaye, 32 ans. Le 30 juin, Lahaye emmena, comme de coutume, la petite Ledanois. Ils allèrent jusqu'au Tronquay et entrèrent dans une auberge d'où Lahaye sortit un peu pris de boisson. Que se passa-t-il ensuite ? 

La dame Giard s'aperçut, en examinant le linge de l'enfant, d'un fait anormal, elle fit voir sa petite nièce à M. Godefroy, pharmacien à Littry, qui, après examen, déclara que l'enfant avait été violée. Interrogée, celle-ci fit comprendre que Lahaye l'avait renversée et avait commis sur elle un acte odieux. Ce misérable a été écroué à la prison de Bayeux. L'état de l'enfant est grave. (Source B.N.)

 

Octobre 1892  -  Fausse de accusation.  -  La veuve Derobert, domestique à Campigny, a dénoncé, par écrit, au parquet de Bayeux, le sieur Jules Elie, domestique à Campigny, comme coupable de vol et autres délits. Elle l'a également dénoncé à son maître. Depuis, elle a reconnu que ses accusations étaient calomnieuses et dictées. Seulement par la malveillance. Elle fait défaut et cependant le tribunal ne la condamne qu'à 1 mois de prison. C'est presque un encouragement donné aux dénonciateurs. (Source B.N.)  

 

Décembre 1892  -  Attentat à la pudeur et viol. -  Paul Lahaye, 32 ans, cantonnier à Campigny, canton de Balleroy, était poursuivi pour un attentat à la pudeur qu'il aurait commis sur une petite fille de 3 ans et quelques mois, Maria Ledanois. Il a été acquitté. (Source B.N.)  

Janvier 1893  -  Correction bien méritées.  -  Le nommé Jules Guesdon, 24 ans, domestique, a été surpris volant du cidre dans une cave du sieur Delaunay, cultivateur à Campigny. Poursuivi, et se voyant sur le point d'être pris, Guesdon fit le geste de sortir un revolver de sa poche et menaça de faire feu, ce qui lui valut une tripotée de première classe de la part des personnes qui le poursuivaient. Guesdon a été remis à la gendarmerie de Bayeux. (Source B.N.)  

 

Décembre 1893  -  Vol de bestiaux.  -  Une génisse de 300 fr., appartenant à M. Félix Lefèvre, demeurant à Campigny, a été volée par un individu de la commune de Cartigny-l'Epinay. (Source B.N.)

 

Mars 1903  -  Séquestré.  -  Bien amusante cette mésaventure arrivée à caennais, printanière promenade, mais plutôt désagréable pour lui.

Ce monsieur, car c' est un monsieur, se trouvait dans une petite commune des environs de Bayeux, Campigny, pour l'appeler par son nom. Il eut l'idée de visiter les statues tombales  très curieuses qui se trouvent dans l'église de l'endroit, mais il comptait sans l'omniprésence et la méfiance aussi du sacristain, lequel l'aborda et lui demanda qui il était. Il partait que, dans ce pays la, on redoute beaucoup les cambrioleurs et que le sacristain  en question s'attendait à voir son visiteur un inconnu s'en aller avec, au moins, un sarcophage sous chaque bras.

Notre monsieur déclina donc ces noms et qualités, mais le custos n'en devint que plus agressif ; il éleva le ton, continua ses diatribes véhémentes, se fâcha de plus en plus et  finalement sortit, en enfermant dans l'église le promeneur ahuri. La captivité de l'archéologue amateur ne fut pas longue heureusement. Le curé arriva bientôt pour dire les vêpres ; la porte l'église s'ouvrit ; on s'expliqua et notre infortuné compatriote fut enfin rendu au grand air de la liberté !

 

Mai 1912  -  En tombant d'un grenier, M. Alphonse Germaine, 42 ans, charpentier, s'est blessé grièvement à la tête. Il est mort peu de temps après.

 

Juin 1912  -  Terrible accident de chasse. Lundi après-midi, M. de Lanney, ancien inspecteur des haras, reconduisait à la gare de Campigny M. Le Huard, un de ses amis. Comme ils avaient l'intention de chasser le renard aux environs, ils avaient emporté leurs fusils. M. de lanney déposa le sien contre un arbre. En le reprenant, M. de Lanney toucha la gâchette avec sa canne. Le coup partit soudain et l'atteignit au ventre, lui causant une affreuse blessure. Bientôt, il succombait après d'horribles souffrances. Il était âgé de 64 ans. La nouvelle de cet accident a causé une grande émotion dans la Basse Normandie, ou M. de Lanney qui fut longtemps au haras du pin, était connu de tous les éleveurs.

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados. -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados :

Bricqueville : Église ; Cagny : Chœur de l'église ; Campigny : Tour de l'église ; Cheux : Église ; Cintheaux : Église ; Colleville-sur-mer : Église ; Colombiers-sur-Seulles : Clocher de l'église, Menhir ; Condé-sur-Ifs : Église, Menhir dit " Pierre Cornue " ; Courseulles-sur-mer : Château, parties classées, le corps de logis principal, y compris la cheminée située au  premier étage du pavillon de droite ; Creully : Église ; Cricqueville-en-Bessin : Église ; Dives : Église ; Douvres : Clocher de l'église ; Ducy-Sainte-Marguerite : Clocher de l'église ; Ellon : Clocher de l'église ; Ernes : Clocher de l'église ; Etreham : Église ; Falaise : Église Saint-Gervais, Église de la Trinité, Château ; Fontaine-Etoupefour : restes du Château ; Fontaine-Henri : Église (sauf la nef) ; Fontenay-le-Marmion : Clocher et Chœur de l'église ; Formigny : Église ; Fresnes-Camilly (le) : Église, etc...

 

Octobre 1943    -   Fait divers.   -   Un autre attentat de la R. A. P. a été commis sur la ligne de Paris-Cherbourg, à Campigny. Le chauffeur d'un train, M. Raymond Faure, 33 ans, demeurant à Caen, a été tué sur le coup. Quant à son compagnon, M. Albert Poisson, 45 ans, mécanicien, également de Caen, il a été grièvement blessé et transporté à l'hôpital de Bayeux Son état s'est depuis sensiblement amélioré.  

 

Janvier 1945  -  Un nouveau groupement de sinistrés.  -  Les sinistrés agricoles de Campigny réunis à la mairie ont élu un Comité syndical des sinistrés agricoles, dont le président est M. Paul Lebreton.  (source B-N)

 

Janvier 1945  -  Automobiliste et motocyclistes, attention !  -  Sur proposition de la commission spéciale, le préfet du Calvados a prononcé la réquisition de 2 motocyclettes et de 5 voitures dont les conducteurs ont fait l’objet de procès-verbaux pour infractions à la circulation.  (source B-N)

 

Mars 1945  -  Dramatiques imprudences.  - Maurice Hélène, 19 ans, de Vierville, qui, enfreignant les recommandations de son père, traversait un champ de mines, a sauté sur l’une d’elles et a été grièvement atteint à la cuisse gauche.

A la Vacquerie, une grenade a explosé au milieu d’un groupe d’enfants du fait de l’imprudence de l’un de ceux-ci qui s’amusait avec l’engin. Une fillette, Françoise Breuille, 6 ans, a été tuée par un éclat, a sérieusement blessés, Albert et Aline Nicolle, 13 et 8 ans ; Fernand Soucy, 13 ans et René Poisson, 8 ans, ont été transportés à l’hôpital de Caen.

A Campigny, deux jeunes gens, Joseph Marie, 19 ans, et René Godefroy, 16 ans, ont été blessés, l’un à la main droite l’autre à la main gauche, en manipulant une grenade. (source B-N)

Environs de Bayeux   -   CAMPIGNY   -   Intérieur de l'Église

Commentaires et informations : Facebook - @