CARDONVILLE 

Canton d'Isigny-sur-Mer

Les habitants de la commune sont des Cardonvillais et les Cardonvillaises.

Juillet 1869   -   Les travailleurs auxiliaires.   -  Son Excellence M. le ministre de la guerre a décidé qu'à défaut d'un nombre suffisant d'ouvriers civils, des militaires pourraient être mis, cette année, comme cela a eu lieu les années précédentes, à la disposition des cultivateurs qui en auraient besoin pour les travaux des champs.

Les cultivateurs qui désireraient recevoir des travailleurs auxiliaires, auraient à adresser à l'administration des demandes écrites, par lesquelles ils s’engageraient à se charger des frais de transport, aller et retour, à loger et à nourrir convenablement les travailleurs, à leur fournir des effets de travail et à payer, pour chaque journée d'homme, une rémunération pécuniaire fixée à deux francs.

 

Août 1869   -   Meurtre à Cardonville (arrondissement de Bayeux).  -   Louis-Victor Lecarpentier, âgé de 59 ans, journalier, né le 25 avril 1810, à Sainte-Marie-du-Mont, arrondissement de Valogues, demeurant à Cardonville, est accusé d'un meurtre que l'acte d'accusation raconte en ces termes :

Le dimanche 6 juin dernier, Michel Margueritte, dit Piquot, âgé de 27 ans, journalier à Cardonville, passait, vers sept heures du soir, devant la barrière de la cour où demeure Lecarpentier, dans la même commune. Il était ivre Lecarpentier le fit entrer dans la cour et lui offrit de boire encore avec lui du cidre, ce qu'il accepta. Pendant qu'ils buvaient, survint un sieur Villaud, qui venait pour régler avec Lecarpentier une affaire de peu d'importance. Lecarpentier le traita de voleur, de fripon.

Margueritte eut le malheur de faire observer que Villaud ne méritait pas de pareilles épithètes,  qu'il le connaissait depuis longtemps et qu'il savait qu'il n'était pas un voleur. Lecarpentier, furieux de ce que, selon son expression, Margueritte se mettait contre lui, lui lança à la tête le verre qu'il avait à la main. Margueritte tomba sans mouvement Lecarpentier courut alors à un tas de bois voisin, s'y empara d'une bûche et l'en frappa à deux mains avec tant de violence que, dès ce moment, Villaud, spectateur de la scène, crut qu'il l'avait tué. Pendant que Villaud, effrayé allait chercher du secours, Lecarpentier saisissait sa victime par l'un des bras et la traînait jusqu'à la barrière. Là, il s'écriait : « il faut que je te tue ! » et aussitôt il recommençait à frapper de toutes ses forces à coups de pied, tantôt sur les reins, tantôt sur le ventre. Il suspendit un instant ses violences, puis, voyant que Margueritte respirait encore, il le saisit de nouveau par les cheveux et le traîna jusqu'au milieu du chemin. Dans le trajet, de temps en temps, il lui soulevait la tète à près d'un mètre de hauteur et la lui précipitait sur le sol en répétant qu'il fallait qu'il l'achevât de tuer. Enfin des personnes arrivèrent et firent cesser ces attaques véritablement sauvages. Elles essayèrent de relever Margueritte. II ne pouvait plus se soutenir. On l'assit contre la barrière d'un sieur Voisin. Il s'y affaissa complètement. Cependant, il poussait encore quelques légers cris. Lecarpentier s'était éloigné. En entendant ces cris, sa fureur redouble. Il revient vers Margueritte en s'écriant «  Elle n'est donc pas encore morte, cette rosse-là ? je vais l'achever »  . Ce ne fut qu'à l'aide de menaces énergiques qu'on parvint à l'empêcher de se ruer une quatrième fois sur Margueritte, presque inanimé. Ce malheureux fut transporté à son domicile, où il expira le 9 au matin. Les coups qu'il avait reçus de Lecarpentier avaient, notamment, perforé l'un des intestins et déterminé une péritonite aiguë. Lecarpentier prétend avoir agi sous l'influence de l'ivresse. Il ne croyait pas, dit-il, faire tant de mal à Margueritte. La volonté de tuer Margueritte qu'il n'a cessé d'exprimer pendant toute la scène, la persistance qu'il a mise à s'élancer de nouveau sur lui chaque fois qu'il s'est aperçu qu'il respirait encore, enfin, la gravité des violence auxquelles il a eu recours, prouvent, au contraire, son intention de donner la mort. Lecarpentier est signalé comme violent, vindicatif et redouté dans son pays

L'accusé a été condamné à quinze ans de travaux forcés.

 

Mai 1877   -  Travaux.  -  La commune de Cardonville a reçu un secours de 600 fr., pour l'aider à payer les réparations de son église et de son presbytère.  

 

Juin 1879   -  Le dénichage des oiseaux.  -  A cette époque de l'année, nous ne saurions trop engager MM. les instituteurs à rappeler aux enfants qu'il y a une loi qui interdit le dénichage des oiseaux. Ils éviteront ainsi à leurs élèves les pénalités qui pourraient les atteindre et rendront un véritable service à l'agriculture. 

 

Juillet 1879   -  Écoles primaires.  -  Les vacances des écoles primaires commenceront le 1er  août pour finir le 1er  septembre.

 

Août 1879   -  Secours aux communes.  -  Les secours suivants viennent d'être accordés sur les fonds de l'État aux communes ci-après : Agy, agrandissement de l'église 3 000 fr. ; Mosles, travaux à l'école mixte, 580 fr. ; St-Laurent-sur-Mer, achat de mobilier de l'église, 300 fr ; Cardonville, achat de mobilier de l'église, 250 fr. ; St-André-de-Fontenay, travaux de restauration de l'église, 2 000 fr. ; Fresne-Camilly, restauration de l'église, 800 fr.  ; Maizières travaux au presbytère, 1 500 fr. ; Honfleur, travaux à l'église Ste-Catherine, 10 000 fr. ; Annebesq, réparations au presbytère, 1 000 fr.

 

Avril 1892  -  Dépôt d’enfant.  -  Procès-verbal a été dressé contre la veuve Trioreau, domiciliée à Cardonville, pour avoir déposé l'enfant de sa fille, âgée de quelques semaines, à la porte du sieur Marie dit Collette, charpentier, qu'elle dit être le père de l'enfant.  (Source B.N.)  

 

Février 1896  -  Congés des jours gras.  -  Les congés des jours gras dans les lycées et collèges ont été fixés aux lundi 17 et mardi 18 février. Les cours reprendront le mercredi 19. (source B. N.)  

 

Janvier 1897  -  Bon débarras.  -  Édouard Lepelletier, 31 ans, né à Cardonville, près Isigny, est cet individu qui avait enlevé une somme assez ronde à une servante en lui promettant le mariage. Cet individu, depuis l'âge de 21 ans, a bien passé huit années en prison. Depuis quelques mois seulement rendu à la liberté, il comparait encore une fois sous neuf chefs d'accusation : abus de confiance, filouterie d'aliments, vols de bestiaux, et encore n'est-il poursuivi que pour les délits parfaitement prouvés et caractérisés, car il est fortement soupçonné d'une foule d'autres. Très intelligent, passablement vêtu, s'affublant toujours d'un faux nom et voyageant sans cesse, Lepelletier inspirait généralement confiance. Se faire servir un bon repas copieusement arrosé et puis disparaître n'était pour lui qu'un jeu, et encore avait-il l'audace de revenir plusieurs fois et à peu d'intervalle dans le même établissement, ayant l'adresse de ne pas se faire reconnaître Le tribunal de St-Lo vient de débarrasser enfin le pays de ce filou en le condamnant à la relégation. (source B. N.)

 

Mars 1946  -  L’explosion d’une grenade tue ou blesse cinq enfants.  -  A Cardonville, une grenade trouvée par des enfants qui revenaient de la messe et ramassée par l’un d’eux, est tombée des mains de celui-ci et à explosé : Georges Mouillard, 13 ans, a été tué : Quatre de ses camarades, âgés de 9 à 14 ans, Charles Lagueste, Julien Marie, André Gouinard et Albert Honney, plus ou moins grièvement blessés, sont soignés à l’hôpital de Bayeux. (Source B.N.)  

 

Juillet 1946  -  Une affaire de trafic d’essence.  -  Les gendarmes d’Isigny ont surpris, à Cardonville, en flagrant délit de trafic d’essence, Auguste Lagarde, 50 ans, journalier à Grandcamp et la femme Martin, divorcée Macé, de Cardonville, récemment condamnée pour s’être livrée à la prostitution avec des prisonniers boches. Le carburant était acheté à des noirs américains à raison de 200 francs le jerrican et revendu 400. 150 litres d’essence ont été découverts chez la femme Martin. (Source B. L.)  

 

Novembre 1946  -  Au feu !  -   A Cardonville, un incendie a détruit un bâtiment de la ferme de M. Yver. Les pompiers mandés, ne purent qu’arracher ce qui subsistait des sablières embrasées, ce qui n’alla pas sans risques de nombreux éclatements de balles, de petits obus et de poudre ne cessant de se produire. (Source B.-L.)

LA NORMANDIE

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