CHAPELLE - HAUTE - GRUE 

Canton de Livarot

Les citoyens de La Chapelle Haute Grue sont nommés les Capelhastegruins et les Capelhastegruines.

Février 1875   -   La Cour.  -  La Cour de Cassation a décidé : 1° que, seuls les propriétaires ou les fermiers avaient le droit exceptionnel de tirer sur les poules des voisins ; 2° qu'ils ne pouvaient les tuer qu'au moment où elles commettaient un dégât actuel et effectif ; 3° et sur les lieux mêmes où le dommage était causé. Ceci s'applique aussi aux pigeons.

 

Février 1875   -   Mort enragé.  -  Le nommé Bourgot, gardien d'herbages à la Chapelle-Haute-Grue, canton de Livarot, est mort de la rage. Bourgeot avait été mordu, il y a six mois environ, par un petit chien. Cette morsure légère s'était cicatrisée sans que ni lui, ni sa famille supposassent aucun danger, lorsqu'il fut pris d'un premier accès et il succomba bientôt dans d'horribles souffrances.

 

Mai 1881  -  Les Kroumirs.  -  Vers 1835, on décida de vendre l'église de la Chapelle-Haute-Grue, la commune n'ayant plus de curé depuis longtemps, cinq personnes de l'endroit l'achetèrent dans l'intérêt de la localité. Elle est consacrée à saint Laurent, et il y vient des pèlerins assez nombreux. Il fut convenu que les clefs seraient déposées entre les mains d'un des propriétaires, voisin de l'église, à charge par lui de la remettre à toute réquisition, soit aux pèlerins, soit à M. le curé de Tortisambert, qui vient quelquefois dire la messe à la Chapelle-Haute-Grue.

Tout marchait bien depuis des années, quand, au mois d'avril dernier, le curé de Tortisambert vint demander les clefs de l'église. La femme du dépositaire les lui confia sans méfiance. M. le curé mit les clefs dans sa poche et s'en fut. Il emporta aussi un calice, dont un prêtre avait fait cadeau à l'église de la Chapelle-Haute-Grue. Le dépositaire réclama les clefs et le calice, le curé refusa de les rendre, de la procès. Cité devant le juge de paix de Livarot, le curé de Tortisambert n'est pas venu, quoiqu'il fût à Livarot le jour de l'audience. L'affaire a été portée alors devant le tribunal de Lisieux, qui l'a jugée la semaine dernière. Le curé a gagné son procès, et Saint-Laurent ne fera plus de miracles. Quant aux propriétaires de l'église, ils ont écrit au prêtre qui avait fait cadeau du calice, pour avoir son témoignage, celui-ci leur a répondu par une lettre, dans laquelle il traite les habitants de la Chapelle-Haute-Grue de superstitieux et de...Kroumirs.  

 

Février 1887  -  Est-ce un crime ?  -  Il y a environ quinze jours, la servante d'un cultivateur de la Chapelle-Haute-Grue accoucha d'un petit garçon qu'elle envoya en nourrice chez une µfemme Malfilâtre, à Heurtevent. L'enfant mourait quelques jours après, mais le maire, avant de donner la permission d'inhumation, exigea la visite d'un médecin qui a reconnu des traces de pressions sur le nez et la bouche, pressions qui ont pu occasionner la mort de l'enfant. La parquet de Lisieux a été immédiatement informé. Le corps de l'enfant sera soumis à un nouvel examen, 1a mère et la nourrice ont été mises à la disposition de la justice.  

 

Mars 1893  -  Célibataire flâneur et fille impatiente.  -  Vendredi, un vieux garçon de la Chapelle avait fait venir chez lui une jeune fille des environs de Beuvron, avec laquelle il a des relations. Un visiteur survenant, il enferma la jeune fille dans sa chambre et se mit à boire avec le visiteur. La jeune fille qu'il avait oubliée perdit patience et voulut sortir par la fenêtre. Malheureusement, elle tomba et se fit de si graves contusions qu'on ne put la transporter et qu'elle est restée malade chez son amant. (Source B.N.)

 

Juillet 1902  -  Morts de faim.  -  Un journalier sans domicile fixe, Julien Marie, âgé de 47 ans, est mort de faim sur le bord du chemin de grande communication n° 110 du Billot à Moutiers-Hubert, territoire de la Chapelle-Haute-Grue. À une personne de la commune qui lui avait offert à manger et à boire, le malheureux lui a déclaré n'avoir pas de goûté depuis cinq jours.

 

Mars 1915  -  Lugubre repêchage.  -  On a repêché, ces jours-ci, dans le lavoir communal de la Chapelle Haute-Grue, près Livarot, le cadavre de la veuve Doucet, 78 ans. Cette pauvre vieille avait été frappée de congestion en lavant du linge et était tombée à l'eau.  

 

Mai 1916  -  Une marâtre.  -  L'autre jour, on trouvait, sur le bord d'une mare, à La Chapelle Haute Grue, près Livarot, le cadavre du petit René Dubu, 4 ans. La mère, la femme Dubu, 28 ans, interrogée par le maire, déclara, avec force réticences et hésitations, que, ayant trouvé son petit garçon noyé dans la mare, elle l'avait déposé là où on l'avait trouvé, mais qu'elle ignorait comment l'accident s'était produit. Ne pouvant en tirer davantage, le maire fit prévenir la gendarmerie. Mais, quand celle-ci arriva, la femme Dubu avait disparu et on n'a pu encore la retrouver. La femme Dubu, qui jouit d'une réputation détestable, soignait mal son enfant et on croit, dans le pays, qu'elle a voulu s’en débarrasser.

 

Septembre 1916  -  La langue trop longue.  -  M. Jules Lecomte, 36 ans, cultivateur à La Chapelle-Haute-Grue, près Livarot, déteste cordialement le maire intérimaire de la commune, M. Laurent, et il ne laisse échapper aucune occasion de le lui manifester. En octobre 1914, M. Laurent, qui quêtait pour une oeuvre de guerre, fut reçu d'assez verte façon par Lecomte, qui ne lui envoya pas dire ce qu'il pensait de lui. En juin dernier, la scène se renouvela à propos de réquisitions militaires. M. Laurent porta plainte. Ses écarts de langage ont rapporté à Lecomte mille francs d amende. C'est plutôt cher.

 

Avril 1927  -  Incident de route.  -  Apercevant une charrette abandonnée sur la route, entre Livarot et Vimoutiers, M. Caron, mécanicien à Isigny, descendit de son auto et trouva à quelque distance, le cadavre conducteur, M. Henri Sauvalle, 67 ans, propriétaire et conseiller municipal à La Brévière. Le malheureux avait été terrassé par une embolie.

 

Décembre 1941   -   Avis à la population.   -   Le chef des Services régionaux de transmission des troupes d'occupation a pris l'arrêté suivant : « Des aviateurs anglais lancent depuis quelque temps au-dessus des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche des pigeons-voyageurs et invitent la population française à renvoyer ces pigeons avec des nouvelles.

Nous espérons que la population française, songeant aux graves conséquences de son geste, ne se prêtera pas à cette manœuvre, mais livrera ces pigeons et tous leurs accessoires au bureau militaire allemand le plus proche ou à la mairie.

A l'avenir, toute personne qui livrera des pigeons-voyageurs ou le matériel servant à la transmission des nouvelles ou au lancement à terre du pigeon recevra une récompense par l'intermédiaire des Feldkommandanturs des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche.

Je compte sur la loyauté de la population et j'attends de toute personne qui découvrira des pigeons-voyageurs, etc., qu'elle les remette sans délai aux autorités allemandes ».

 

Janvier 1942   -   Tickets de sucre.   -   Les tickets spéciaux de sucre de 50 gr. du 4e trimestre 1941 (titre C. 185) ont leur validité prorogée jusqu'à nouvel ordre, et seront employés pour les régimes concurremment avec les nouveaux tickets de 500 gr. du Premier trimestre 1942 (titre C. 205)

 

Janvier 1942   -   Les tickets de charcuterie.   -   Le Préfet a arrêté que les tickets BA et BB de la feuille de viande du mois de janvier 1942 auront chacune une valeur de 90 gr. Ils seront utilisés en principe pour la charcuterie.

Les tickets-lettres, BC, BD et BE de cette même feuille sont provisoirement sans valeur.

 

Mai 1942   -   Un maire suspendu !   -   Par arrêté préfectoral, M. Robert Dudouit, a été suspendu pour une durée d'un mois de ses fonctions de maire et de conseiller municipal de la Chapelle-Haute-Grue, (89 habitants).

M. Dudouit avait formulé des critiques injustifiées à l'égard de l'Administration supérieure.

CHAPELLE-HAUTE-GRUE (Calvados)  -  Manoir Normand Caudemonne

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