CHEUX

Canton de Tilly-sur-Seulles

Les habitants de la commune sont des Celtiens, Celtiennes


Juin 1866   -   La foudre.   -   Jeudi soir, vers six heures et demie, la foudre est tombée à Cheux sur une meule de foin, qui a été réduite en cendres.

Le sieur Lebourgeois, cantonnier, qui travaillait à environ 150 mètres, a été renversé et a eu la tête couverte de sable. Heureusement cet homme en a été quitte pour la peur.  

 

Mars 1867   -   Le printemps en avance.   -   La végétation est tellement avancé dans notre contrée que les abricotiers sont en fleurs. D'ici huit jours au plus, les poiriers et les guiguiers vont épanouir leurs boutons nombreux cette année. Si la fin de l'hiver et le commencement du printemps sont favorables, il y aura une récolte abondante.

L'herbe pousse...... Les gros bœufs reparaissent...... Les dindes s'en vont avec les gras jours.

 

Mars 1867   -   Un outrage.   -   Marie-Anne Laurence, femme Quédrue, âgée de 70 ans, demeurant à Cheux, est poursuivie pour avoir outragé par paroles le garde champêtre de la commune de Cheux, pendant qu'il distribuait les avertissements de l'impôt des contributions directes. Condamnation : 15 jours d'emprisonnement.  

 

Juillet 1867   -   Un louerie.   -   L'assemblée fondée à Cheux (10e année), pour la louerie des domestiques, fixée au dimanche le plus près du 4 juillet, se tiendra en conséquence de cette année dimanche prochain.

 

Novembre 1867   -   Un incendie.   -   Un incendie accidentel a éclaté mardi dernier, à sept heures et demie du soir, dans le bourg de Cheux, et a consumé 10 corps de bâtiment, appartenant à Marie Chrétien, femme Petit, fabricante de dentelles ; Jean Prosper Lerebourg, journalier ; Émilienne Benard, femme Bénard, dentellière ; Rose Lecornu, femme Collard, cultivatrice ; Rose Levannier, veuve Briard, cultivatrice, et Prosper Renaut, propriétaire.  

 

Septembre 1868   -   Un incendie.   -   Le 2 de ce mois, à dix heures du soir, un incendie dont les causes sont inconnues a consumé un corps de bâtiment et des récoltes appartenant au sieur Baptiste Butelle, cultivateur à Cheux.  

Juin 1872   -  Recensement.   -  D'après les documents relatifs au recensement recueillis jusqu a ce jour, on, estime et que la population du Calvados a diminué de 25.000 habitants, depuis le recensement de 1866.

 

Juillet 1872   -  Chasse et récolte.   -  L’ouverture de la chasse aura lieu, dans notre département, vers les premiers jours de septembre, car la rentrée des récoltes ne pourra être terminée que tardivement cette année, en raison des nombreux blés couchés par les orages.

 

Août 1872   -  Loi sur les boissons.   -  Tout détenteur d'appareils propres à la distillation d'eaux-de-vie ou d'esprits est ténu d'en faire, au bureau de la régie, une déclaration énonçant le nombre et la capacité de ses appareils.

 

Août 1872   -  La fin du monde.   -  On sait que la fin du monde avait été prévue pour le 5 de ce mois, elle n'a pas eu lieu, parce qu'elle a été, paraît-il, remise au 12 août, selon les uns, et selon les autres, au 15 août, fête de l'ex-empereur.

 

Août 1872   -  Fait divers.   -  Singulier pays que celui de Cheux…...

Une fille jeune ou vieille ne peut se rencontrer avec un homme sans qu’aussitôt tout le monde cancanne.

La semaine dernière encore, grand bruit, parce qu'au coin de la fontaine de la commune, on a rencontré nuitamment en grand conciliabule une vieille fille de 47 ans avec un papa de 40. L'infortunée a eu beau jurer qu’elle venait chercher de l'eau à la fontaine.

Les jaloux et jalouses ont crié au scandale.

Seule, une vieille commère qui a dit-on, beaucoup péché dans son jeune temps, a pris la défense de la vieille fille en disant à ses accusatrices :

   Que celle d'entre vous qui se croit assez forte pour dire : « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau... » lui jette la première pierre !

 

Janvier 1873   -   Échenillage.   -  M. le préfet rappelle aux intéressés que la loi prescrit l'échenillage des arbres, haies ou buissons, sous peine d'amende. La douceur exceptionnelle de la température depuis le commencement de l'hiver, qui aura pour effet de hâter réclusion, rend encore plus nécessaire cette année l'exacte application de la loi. 

 

Février 1873   -   Fait divers.   -  Encore une affaire qu'on met sur le compte du diable.

Entre Cheux et Saint-Manvieu, Satan s'était emparé de l’âme et du1 corps de madame Fortendiable, et celle-ci,; sous prétexte qu'elle était ensorcelée, faisait endurer à son époux toutes les tortures possibles.

A bout de patience, le pauvre homme a envoyé sa moitié à tous les diables.

   Eh ben ! puisque c'hest cha, s'est écriée la commère, j'vas m’péri.

   Péris té, a répondu son homme, au moins j'serai débarrassé de ta personne.

Oui, mais avant de se livrer à cette extrémité, madame Fortendiable est allée, consulter l'une de ses voisines, qui lui a conseillé de se mettre sous la protection de Saint-Michel de Vaucelles, un bienheureux qui autrefois a si bien terrassé messire Satanas.

L'ensorcelée a suivi ce conseil, et après huit jours d'absence, elle est rentrée au domicile conjugal, douce comme un agneau, soumise comme un caniche.

Voilà un miracle qui me rend aussi incrédule que Saint-Thomas, et pour le croire je voudrais le voir. 

 

Mars 1873   -   Tirage au sort.   -  On procède en ce moment au Tirage au sort. Malgré l’établissement du, service militaire obligatoire, ce tirage à été maintenu. Il a, du reste, une certaine importance, les jeunes gens qui tireront les numéros les plus élevés ne feront qu'une année de service, où même six mois, s'ils passent avec succès, au corps leurs examens. Les jeunes gens qui tireront les numéros les plus bas, 1, 2, 3, etc……, jusqu'à un chiffre que le ministre à la guerre fixera suivant le nombre de soldats dont il aura besoin chaque année, feront cinq ans de service.

 

Mars 1873   -   Prenez garde à vous !   -  Nous rappelons à nos lecteurs qu'il est interdit d'introduire dans les colis expédiés par voiture ou chemin de fer, des lettres ou circulaires assujetties à des droits de poste. Et si nous faisons cette remarque, c'est qu'en ce moment l'administration des postes fait fouiller tous les colis à leur arrivée dans les gares de chemins de fer et dans les bureaux de voitures publiques. De nombreuses contraventions ont été constatées en ces derniers jours.

 

Avril 1873   -   Marchés.   -  L'administration municipale de Cheux, secondée activement par le conseil Communal, s'est proposée de donner au marché et à la halle aux grains de sa localité son ancienne importance. La tâche est très réalisable, quand on sait que le bourg de Cheux se trouve au milieu d'une riche plaine surnommée le Grenier de Caen. Nous faisons des vœux pour que les efforts de l'administration de Cheux soient couronnés de succès.

 

Mars 1874   -   Giboulées de mars.  -  Les prédictions de M. Sainte-Claire Deville se sont réalisées. Du 9 au 13, avait dit le directeur des stations météorologiques, nous aurons un grand abaissement de température, avec neige et grésil, et le 9, la neige commençait à tomber. Dans la campagne, elle a atteint une épaisseur de plusieurs centimètres, mais elle a fondu rapidement.

 

Mars 1874   -   Vol.  -  Dans la nuit du 20 au 21 courant, les nommés Aimé Lemarié et Octave Guillot, domestiques chez le sieur Louis-Auguste Lesieur, cultivateur à Cheux, ayant été éveillés par le bruit que faisaient plusieurs chevaux détachés, voulurent se lever pour les rattacher, mais ils ne trouvèrent plus la majeure partie de leurs effets d'habillement qu'ils avaient placés en se couchant près de leur lit. S'étant néanmoins levés et ayant fait des recherchas dans l'intérieur de la ferme, Lemarié aperçut dans un herbage y attenant, un individu blotti contre le mur et qui à son approche s'enfuit en sautant par dessus ce mur, abandonnant les effets volés, mais emportant la montre de Lemarié, et le porte-monnaie de Guillot, renfermant 11 f.50. Ce malfaiteur est resté inconnu.

 

Octobre 1874   -   Mort accidentelle.   -  Le 30 septembre, le nommé Delaunay, âgé de 63 ans, journalier à Fontenay-le-Pesnel, circulait avec une voiture sur la route départementale n° 9, territoire de la commune de Cheux. Il tomba si malheureusement qu'une roue lui passa sur le corps et l'écrasa. Mort instantanée.

 

Octobre 1874   -   Éclipse.   -  Le 10, il y aura une éclipse partielle de soleil, visible dans le Calvados.  

 

Novembre 1874   -   Incendie.  -  Un incendie dont la cause est inconnue, a éclaté à Cheux, et a brûlé deux petites maisons, la première appartient à M. Viray, architecte à Caen, la deuxième appartient à la demoiselle Coutance, dentellière, toutes les deux couvertes en chaume.

 

Novembre 1874   -   L’hiver.  -  Les astrologues annoncent, comme chaque année du reste, que l'hiver sera des plus rigoureux.

— La semaine dernière, il est tombé un peu de neige à Paris et dans, quelques-uns des départements voisins. Les oies sauvages et autres passent par bandes se rendant à leurs quartiers d'hiver.

 

Février 1875   -   Condamnation.  -  Un individu contre lequel le garde champêtre de Cheux avait plusieurs fois dressé procès-verbal, s'est précipité sur lui et l'a frappé de trois coups de bâton à la tête, au moment où le garde allait, vers 9 heures du soir, faire sa visite dans les cabarets de la commune. Cet homme, du nom de Pierre-Magloire Lecerf, âgé de 46 ans, était accompagné du nommé François-Victor-Désiré Leval, âgé de 28 ans, cultivateur à Grainville, accusé aussi de vol de foin et de poules, Lecerf a été condamné à quatre mois d'emprisonnement, et Leval, à deux mois de la même peine.  

 

Août 1879  -  Chemin n° 57 d’Aunay à la Délivrande (Longueur, 37 k. 224 m).  -  L'empierrement, qui a souffert par suite des pluies continuelles de l'année, est généralement assez sauf dans les parties très fréquentées comprises entre Noyers et Cheux et entre les carrières de Rocreuil et la mer il laisse encore à désirer.

-  Trottoirs et caniveaux pavés.  -  Les trottoirs et les caniveaux pavés de Bretteville-l’Orgueilleuse et de Luc sont en passable état.

-  Accotements, fossés, etc.  -  Bien entretenus, sauf dans les cotes de Ragny et dans le village du Bosq-de-Cheuxils sont d'un entretien difficile.

-  Ouvrages d'art.  -  En bon état.

-  Plantations. -  La plantation d'ormes qui existe entre le Vieux-Luc et le village du Petit-Enfer est bien venante quoiqu'elle souffre un peu des vents de la mer.

-  Projets.  Rectification des côtes de Ragny.

-  Grosses réparations sur Noyers, Cheux, Thaon, Basly, Douvres et Luc.

-  Établissement de trottoirs avec caniveaux pavés dans les bourgs de Noyers, Cheux, Bretteville-rOrgueilleuse et Douvres.

-  Élargissements à Douvres et à Luc.

-  Prolongement et régularisation des trottoirs et des caniveaux pavés du Petit-Enfer.

Une subvention départementale de 2 300, fr. applicable aux grosses réparations et à l'élargissement de Luc, est demandée sur l'exercice 1880. (Troisième annuité d'une subvention de 7 375 fr. allouée le 24 décembre 1877).

 

Octobre 1879   -  Secours aux communes.  -  Les secours ci-après ont été accordés à diverses communes du département : Bonnebosq, reconstruction de l'église, 30 000 fr. -  Montchamp, achat de mobilier d'église, 300 fr.  -  Beaumesnil, travaux à l'église, 450 fr.  -  Saint-Vigor-des-Mézeréts, travaux au pont, 4 500 fr.  -  Le Désert, travaux au pont, 1 000 fr.  -  Ouilly-du-Houley, travaux à l'église, 500 fr.  -  Saint-Martin-de-Sallen, construction d'une école de filles, 3 000 fr.  -  Cheux, construction d'une école de garçons, 750fr.  -  May, construction d'une école de filles, 2 000 fr.  -  Victot-Pontfol, construction d'une école mixte, 4 000 fr.  

 

Janvier 1886  -  Récompense méritée.  -  Le sieur Louis-François Hue, caporal retraité, résidant à Cheux, vient d'être décoré de la médaille militaire. Blessé grièvement à la bataille de Gravelotte, le 16 août 1870, par deux éclats d'obus et deux coups de feu, il resta tout un jour sur le champ de bataille. Ramassé par les Prussiens, il fut envoyé en Allemagne, où il est resté prisonnier pendant 7 mois. Il fut réformé aussitôt rentré en France.  

 

Mars 1892  -  Une sage femme à main crochue.  -  La nommée Marie-Armandine-Eugénie Fautrel, femme Catherine, 25 ans, sage-femme, demeurant à Cheux, est inculpée de vols de différents objets, sur le marché Saint-Sauveur, à Caen, au préjudice de divers marchands. (Source B.N.)

 

Juin 1892  -  Inhumanité.  -  La dame Valette, propriétaire à Cheux, près Caen, avait à son service une fille Bouillon. Cette dernière, se trouvant enceinte, en avait prévenu sa maîtresse. La fille Bouillon devait aller faire ses couches chez ses parents, mais elle avait mal calculé l'époque de sa délivrance, car elle accoucha la nuit du 17 avril chez sa maîtresse. Mme Vallette fit aussitôt atteler un cheval par sont domestique et, sans pitié pour l'accouchée et sou enfant, les fit conduire, dans une voiture découverte chez les parents de la fille Bouillon qui habitent à Mouen. Il gelait très fort et la neige tombait.

Pendant le trajet, l'enfant mourut de froid, la mère, elle-même n'a échappé à la mort qu'après six semaines de maladie. La dame Valette vient d'être condamnée à 300 fr. d'amende par le tribunal correctionnel de Caen.  (Source B.N.)   

 

Février 1893  -  Distinctions honorifiques.  -  Des médailles d'argent ont été décernées pour actes de dévouement aux sieurs Cons tant Lemazurier, sous-lieutenant de la subdivision des sapeurs-pompiers de Cheux ; Pierre Lebourlier, sergent au même corps, et Alexandre Durel, gendarme à Caen. 

Une mention honorable est décernée au sieur Hippolyte Dufour, agent de police à Caen. (Source B.N.)  

 

Mai 1893  -  Médailles d’honneur.  -  Le ministre de l'intérieur a accordé des médailles d'honneur à M. Constant Lemazurier, sous-lieutenant des pompiers de Cheux, et à M. Pierre Le Bourlier, sergent, en récompense de 32 années de bons services. Ces médailles ont été remises solennellement aux titulaires. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  La sécheresse.  -  Dimanche, dans toutes les églises du diocèse, on a donné lecture d’une lettre de l’évêque de Bayeux, prescrivant des prière pour obtenir la Cessation de la sécheresse. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  Mandats-Poste.  -  Sous peu, le paiement des mandats-poste pourra être fait à domicile par les facteurs. (Source B.N.)

 

Juin 1913  -  L'orage du lundi.  -  L'orage de lundi 16 a particulièrement éprouvé les cantons de la plaine bordant la mer et aussi une partie de la vallée de l'Odon. La partie située entre Cheux et la vallée, dans un espace de 5 kilomètres de long sur 3 de large, a reçu le fort de l'orage.  Les grêlons énormes ont tué des quantités d'oiseaux, de poules, haché les jardins, brisé de nombreuse vitres à Tourville-sur-Odon et à Mouen, où la foudre s'est abattue sur la cote de la vallée Vicquet.

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados. -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados : 

Bricqueville : Église ; Cagny : Choeur de l'église ; Campigny : Tour de l'église ; Cheux : Église ; Cintheaux : Église ; Colleville-sur-mer : Église ; Colombiers-sur-Seulles : Clocher de l'église, Menhir ;  Condé-sur-Ifs : Église, Menhir dit " Pierre Cornue " ; Courseulles-sur-mer : Château, parties classées, le corps de logis principal, y compris la cheminée située au premier étage du pavillon de droite ; Creully : Église ; Cricqueville-en-Bessin : Église ; Dives : Église ; Douvres : Clocher de l'église ; Ducy-Sainte-Marguerite : Clocher de l'église ; Ellon : Clocher de l'église ; Ernes : Clocher de l'église, etc ....

 

Novembre 1915  -  La Cueillette des pommes.  -  Le ministre le l'instruction publique avait décidé, le mois dernier, que les enfants des écoles, dans nos vingt trois départements cidricoles, pourraient être mis, un jour par semaine, à la disposition des maires, pour participer à la cueillette des pommes. Afin de hâter cette récolte, particulièrement abondante cette année, et afin d'éviter la perte d'une véritable richesse nationale, le ministre de l'instruction publique vient l'envoyer des Instructions aux inspecteurs d'académie pour que, partout où le besoin s'en fera sentir, nos écoliers consacrent tous leurs après-midi à ce travail.

 

Décembre 1915  -  Une histoire de réquisitions.  -  La tâche des maires est parfois délicate, en ce moment. Il leur faut faire preuve de tact et de discernement, payer de leur personne et montrer plus de sollicitude que jamais pour leurs administrés. Malheureusement, tous ne comprennent pas ainsi leur mission, et, soit en plaisantant, soit sérieusement, nous avons déjà fait  nous avons déjà fait part, à nos lecteurs des défaillances de plusieurs magistrats municipaux de la région. Voici encore une histoire où un maire ne semble pas s'être montré sans reproche : Une fermière de Cheux, Mme Renouf, dont le mari est mobilisé, était restée seule à s'occuper de son exploitation. En juin dernier, alors qu'elle venait d'accoucher, quelques semaines avant, et se trouvait dans toutes sortes d'embarras, le maire lui fit demander de fournir du foin à la réquisition. Mme Renouf accepta, tout en faisant observer qu'il lui était impossible, faute absolue de personnel, de transporter ce fourrage. Le maire ne voulut rien entendre et dénonça la fermière, à l'administration militaire, pour refus de fourniture. La pauvre femme a été traduite devant le Conseil de guerre de Rouen, qui, heureusement, reconnaissant sa bonne foi, l'a acquitté. Elle n'en a pas moins dû faire quatre voyages à Rouen et elle est passée par des émotions plutôt désagréables. Est-ce qu'une enquête impartiale, faite à temps, n'aurait pas pu éviter cette ridicule et fâcheuse affaire ?  

 

Mai 1916  -  Une femme brûlée dans sa maison.  -  Un incendie s'est déclaré, ces jours derniers, dans la maison habitée par la veuve Jourdain, 86 ans, à Cheux. Le feu s'étendit rapidement et, bientôt, l'immeuble ne forma qu'un brasier. On ne put que noyer les décombres. On chercha en vain la veuve Jourdain qui était disparue. En déblayant les décombres, on retrouva, dans la cuisine, son cadavre carbonisé. On croit que la veuve Jourdain à mis le feu à ses vêtements avec sa chaufferette dont elle faisait un constant usage. Les pertes, pour l'immeuble.

 

Mai 1917  -   Une bonne capture.  -  Nous apprenons que M. de Brunville, de Tournay-sur-Odon, a pris ces jours derniers, sur la ferme de Mme Sénécal, à Cheux, une première fois, 4 renards, et jeudi dernier, le père, la mere et 7 petits ; 3 semaines auparavant, il avait pris à Cheux également, chez M. Dosseville, une renarde qui allaitait 5 petits, 1 vieux renard pesant  16 livres et 1 autre renarde allaitant 7 petits. Cet excellent chasseur en est à son 876e renards ou blaireaux.

A notre avis, nous pensons qu'il a rendu service à notre agriculture. Nos félicitations.

 

Juin 1917  -  Une vieille femme a été assassinée.  -  Mme Vve Marie, 85 ans, était partie seule pour se rendre à Tessel, chez sa fille et, depuis lors, on ne l'avait pas revue. Un habitant de Cheux qui cherchait, samedi, dans la campagne, un veau égaré, se trouvait dans un petit chemin, lorsqu'il aperçut, à moitié caché dans les buissons, un cadavre qu'il reconnut pour  être celui de la veuve Marie, la tête portait une terrible blessure faite semble-t-il, avec un instrument contondant, et qui, d'après l'autopsie, avait déterminé une fracture du crâne et entraîné la mort. La malheureuse femme avait dû être attaquée  dans le chemin creux et le meurtrier, son coup fait, avait jeté le cadavre dans le taillis où il a été retrouvé.

La gendarmerie et la police mobile procèdent à une enquête. On croit qu'il s'agirait d'une vengeance.

 

Juin 1917  -  Louerie de domestiques.  -  Cheux. — La louerie habituelle des domestiques des deux sexes aura lieu, le dimanche 1er juillet prochain.

 

Septembre 1926  -  Un grave accident.   -  Le nommé Lacour, employé chez M. Denis, entrepreneur de battages, se rendait à bicyclette à Cheux. Une automobile apparut tout à coup au tournant de la route. Le cycliste, qui occupait le milieu de la chaussée voulut se garer, mais n'en eut pas le temps. Renversé par le véhicule, une camionnette normands appartenant a un marchand de grains de la Manche, le malheureux eut un poignet brisé, et de graves contusions la tête et sur tout le corps.

Après avoir reçu les soins du docteur Laurent, de Bretteville-l'Orgueilleuse, le blessé fut transporté à l'hôpital de Caen.

Décembre 1926  -  Un grave accident sur la route de Caumont.  -  Vendredi soir, vers 18 heures, sur la route de Caen à Caumont, un accident qui a causé la mort d'un charretier, s'est produit dans des circonstances sur lesquelles l'enquête n'a pas pu faire toute la lumière.

Revenant du marché de Caen avec sa femme et quelques amis qu'il s'était offert de reconduire dans sa camionnette automobile, Gustave Duchemin, 41 ans, boucher, à Parfouru-l'Eclin, avait dépassé Saint-Manvieu, et allait atteindre le bourg de Cheux. La voiture marchait à une vitesse d'environ 40 kilomètres à l'heure.

Mme Duchemin, assise au côté de M. Pican, cultivateur, à Livry, se leva tout à coup et dit son mari vers lequel elle s'était penchée « Arrête, voilà un tombereau au milieu de la route !»

La camionnette était arrivée à quelques mètres du véhicule dont on n'apercevait que faiblement l'éclairage. Un choc secoua l'automobile, M. Duchemin freina violemment, si violemment, que la camionnette fit une embardée et envahit un champ voisin, elle resta en panne.

Les voyageurs descendirent aussitôt et revinrent sur la route. A quelques pas en avant du tombereau, dont le cheval s'était arrêté après avoir fait un écart sur la gauche, un homme gisait inanimé, son fouet a côté de lui. C'était le conducteur du tombereau. M. Duchemin le questionna, mais il avait perdu connaissance.

Il portait à la hauteur de l’œil gauche une plaie peu étendue d'où s'échappait un mince filet de sang.

On crut d’abord que cette blessure, qui paraissait insignifiante, ne présentait aucun caractère de gravité. On venait de déposer le charretier sur la berge lorsqu'une auto, conduite par le chauffeur de Mme de Blangy arriva sur les lieux. La propriétaire accepta de transporter la victime à l'hôpital de Caen. MM. Duchemin et Pican l'accompagnèrent. Pendant le trajet, le malheureux charretier, qui n'était pas revenu de son évanouissement, succombait à une fracture du crâne. Le corps fut transporté à la Morgue.

C'était un cultivateur demeurant aux Ifs, nommé Fernand Lahaye, âgé de 52 ans, qui transportait des pommes.

Les gendarmes de Caen et de Bretteville ont procédé à une enquête pour établir les responsabilités. D'après les premières constatations, le conducteur du tombereau, qui devançait son attelage, masquait à peu près complètement l'éclairage. D’autres tombereaux suivaient le premier et ils étaient également éclairés. On s'explique mal, la route étant très droite sur ce point, que le conducteur de la camionnette n'ait aperçu aucun d'entre eux.  

Avril 1931  -  Subvention.  -  Un crédit de 15.000 francs est affecté au budget de. 1931, à titre de subventions aux communes, pour les travaux à exécuter aux maisons d'école et pour le renouvellement des mobiliers scolaires. Un certain nombre de demandes ont été présentées. La Commission des Travaux publics propose de donner satisfaction à ces demandes à concurrence d'une somme totale de 9.700 fr., conformément aux propositions suivantes faites par M. le Préfet :   Cheux. — Assainissement de la cour de l'école de garçons 350 fr.

 

Avril 1931  -  Subvention.  -  Le Conseil général, et la commission des travaux publics, donne acte à M. le Préfet de la répartition de la subvention de 60.000 fr. accordée par le département aux communes s'imposant des sacrifices pour l'entretien des édifices classés. Il estime que ce crédit de 60.000 fr. est notoirement insuffisant pour un département qui contient tant de richesses artistiques et invite la commission des Finances à prévoir une augmentation de crédit dans l'établissement du prochain budget. 

Subventions pour la ville  de Cheux. — Restauration des fenêtres de la chapelle sud de l'église : 2.750 fr.

 

Janvier 1941   -   Mort de froid.   -   M. Julien Scelles, 20 ans, journalier à Cheux, surpris de ne pas trouver chez lui M. Auguste Horvial, 65 ans, du bourg, se mit à sa recherche et finit par le trouver étendu, mort, dans un sentier à 50 mètres, de sa maison. L'examen médical a conclu à une congestion.

 

Juin 1944  -  La Libération.  -  Cheux fut libérée le 26 juin 1944, après des combats acharnés entre le 2e bataillon des Glasgow Highlanders et des grenadiers SS.

 

Août 1945  -  Des patriotes à l’honneur.  -  Le Comité départemental de Libération a cité à l’ordre du jour de sa séance plénière avec inscription au procès-verbal :  Gendarme Grossin de Bretteville-l’Orgueilleuse. « A porté secours à un parachutiste blessé, en 1941 ».

M. Antoine, Maire de Cheux, « A ravitaillé de nombreux requis. Réfractaire aux réquisitions allemandes. Résistant de la première heure ».

MM. Pinel Henri, Jourdan Jacques, de Vire. « Ont facilité l’évasion d’un parachutiste allié ». Honneur à eux. (Source B.L.) 

CHEUX     -  La Fontaine   (Calvados)

CHEUX   -   Le Calvaire  -  L'École des Filles

CHEUX   -  Le Calvaire  (Calvados)

CHEUX  (Calvados)   -  Juin-Juillet 1944  -  La Mairie et l'École de Garçons

CHEUX  (Calvados)   -  Juin-Juillet 1944  -  Un Îlot d'habitations dans le centre du Bourg

CHEUX  (Calvados)   -  Juin-Juillet 1944  -  Église paroissiale (XIIe et XIIIe siècles). Façade.

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