CHOUAIN 

Canton de Balleroy

Les habitants de la commune sont des Chouanais et les Chouanaises.

Août 1917  -  Le torchon brûle.  -  Mme Livet que son mari, jardinier à Chouain, rendait très malheureuse, l'avait quitté et s'était réfugiée chez M. Lequesne, 73 ans, propriétaire à Juaye-Mondaye, qui l'avait élevée. L'autre jour, ayant vu passer la voiture de M. Lequesne, Livet se figura que sa femme s'y trouvait, et, enfourchant sa bicyclette, il poursuivit l'attelage. En arrivant, il trouva M. Lequesne qui attendait les voyageuses, ses parentes. Livet, armé d'un revolver, se précipita sur M. Lequesne, qui leva sa canne pour se détendre. Un coup partit et une balle siffla à l'oreille du vieillard.

A présent, Livet, tout penaud, prétend que, croyant sa femme dans la voiture, Il avait déchargé son arme pour l'intimider, Il eût mieux fait de rester chez lui.  

 

Août 1917  -  Le dénouement.  -  Nous avons dit, dans un précédent numéro, qu'un sieur Livet, jardinier à Chouain, avait tiré un coup de revolver, sans l'atteindre heureusement, sur M. Lequesne, propriétaire à Juaye-Mondaye, chez lequel sa femme, qu'il rendait malheureuse, s'était réfugiée. Ces jours derniers, Livet a été trouvé pendu dons sa cuisine.

 

Août 1917  -  La récolte compromise.  -  La persistante du mauvais temps devient vraiment inquiétante. Tous les jours et même plusieurs fois par jour, des orages se montent qui n'éclatent qu'imparfaitement et se résolvent en pluies interminables. Pourtant la récolte devrait se faire et c'est notre existence de toute l'année qui est en jeu. Si au moins nos cultivateurs pouvaient profiter des embellies pour faucher et lier leur blé ! Mais les bras manquent et parfois le zèle. Le grain est pourtant déjà assez clair et maigre, s'il est mal récolté, ce sera la disette certaine et la perspective d'un terrible hiver. Aussi personne (pas même l'administration militaire) n’a-t-il le droit de s'engourdir dans l’inaction. Qu'on envoie à la terre les hommes qui ne sont pas absolument indispensables à la défense. Pour vaincre et résister, il faut vivre, pour vivre il faut manger, pour manger, il faut récolter.

 

Octobre 1923  -  Démission  -  M. Martin, adjoint au mairie, a donné sa démission d'adjoint. Il reste conseiller municipal.  

 

Octobre 1923  -  Élection d’un adjoint.  -  M. André Françoise. conseiller municipal, a été élu adjoint au maire de Chouain, en remplacement de M. Joseph Martin, démissionnaire.  

 

Février 1927  -  Mauvais oncle.  -  Rentrant de son travail, Mme Berthe Françoise, 41 ans, employée à la laiterie Brochant, d'Audrieu, et demeure à Chouain, canton de Balleroy, constatait que sa maison avait été visitée par un malfaiteur entré par une fenêtre.

Sur le plancher de sa cuisine traînaient 5 billets de 50 francs, mais, d'une cachette, près de la cheminée, ou elle serrait ses économies, 2.300 francs avaient disparu. Les soupçons de Mme Françoise se portèrent aussitôt sur l'oncle de son mari, Charles Marie, dit Rouffion, 61 ans, habitant à Bayeux, dont la présence lui avait été signalée à Chouain.

Appréhendé, celui -ci, après avoir protesté, déclara que son neveu, en traitement à l'hôpital de Bayeux, lui ayant revelé incidemment l'existence du magot au cours d'une conversation, il avait profité du  renseignement. Une perquisition chez le voleur a permis de retrouver 1.650 fr. cachés dans un pantalon.

 

Janvier 1940  -  Une affaire de vols en fait découvrir une autre.  -  Depuis plus d'un an, de nombreux vols de volailles et de produite légumiers étaient commis dans la région, au préjudice de cultivateurs et de ménagères.

Il vient d'y être mis fin, après une enquête menée adroitement par les gendarmes de Tilly-sur-Seulles, dans les circonstances suivantes.

Le 8 Janvier dernier, dans la soirée, Mme Lemoussu demeurant à Chouain alerta téléphoniquement la gendarmerie de Tilly, les portes de la maison de sa mère, Mme Hervieu, absente, avaient été ouvertes, un carreau avait été cassé. Quelqu'un qui n'était autre que le Jeune Henri G…, treize ans, domicilié chez ses parents à Chouain avait pénétré a l'intérieur de la maison. Celui-ci fut gardé jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Interrogé, il avoua aussitôt avoir commis quelques larcins.

Les gendarmes en visitant la maison de Mme Hervieu constatèrent que dans le grenier existait une porte communiquant avec l'habitation des époux Gaston, ouvriers agricoles porte qui, d'habitudes, était fermée à l'aide d’une corde,  mais la corde était coupée. Le Jeune G…, avoua que c'était lui qui l'avait coupée pour se nager une retraite facile, en cas d'alerte le jour il viendrait commettre des vols chez Mme Hervieu pendant son absence.

Soupçonnant que le gamin pouvait être l'auteur d'autres méfaits, les enquêteurs le pressèrent de questions, ce qui le décida à avouer les nombreux vols de volail1es effectué, soit seul, soit en compagnie de ses frères ou sœurs. Il précisa encore que ses parents volaient également et que sa mère allait traire des vaches la nuit. C'est ainsi qu'il a pu être établi que le jeune voleur a dérobé : Un pantalon à Mme Ferry, à Chouain ;  un stylo à Mme Lemoussu et de nombreuses volailles, des légumes, du lait, de l'avoine, auxpens de personnes de Chouain.

Mme Salmon, Journalière, qui a subi un préjudice de deux cents francs ; Mme Lemonnier, dont le préjudice ne peut être fixé ; Mme Hélié, qui estime son préjudice à deux cents francs ;  Mme Loiret, ménagère ; Mme Vigot, propriétaire ; Mme Lair ; Mme Lecoq-Beaupré, cultivatrice ; M. Émile Fierville, cultivateur, victime d'un vol de poires, estime son préjudice à 150 francs ; M. Martel, anciens épicier ; Mme Moulin, cultivatrice, etc... etc... sont également au nom des victimes.

La plupart des volailles dérobées ont été mangées en famille ou vendues au marché de Bayeux par les parents du jeune G….

Au cours de leur enquête, les gendarmes devaient également recevoir la plainte de Mme Hervieu, 72 ans, demeurant actuellement chez Mme Avonde, pour vol, bris de barrière et détérioration de serrures.

Sur la dénonciation du jeune H…, les gendarmes se rendirent chez Mme Moulin, chez laquelle travaille la sœur du jeune G…, Henriette, âgée de 15 ans et posèrent à celles-ci des questions au sujet des vols commis par son frère. Après bien des difficultés, elle reconnut avoir donné du lait à son père et avoir volé une paire de bas, le tout au préjudice de sa patronne.

La femme Gaston, née Marie Tambourg, 38 ans, mère de deux enfants, également pressée de questions, avoua avec une certaine résistance, la plupart des vols commis par son mari au préjudice des personnes ci-dessus nommées.

Interrogé à son tour, Achille Gaston, ouvrier agricole à Chouain, a reconnut avoir dérobé plusieurs volailles chez M. Lair, cultivateur à Audrieu.

Une fois sur la voie des aveux, la femme Gaston a précisé aux enquêteurs qu'étant au service de Mme Lecoq-Beaupré, elle était chargée de la traite des vaches. A la traite du soir, elle avait soin de ne point traire entièrement les bêtes et revenait à la nuit tombée recueillir le reste du lait qu'elle emportait chez elle. Là, elle le laissait reposer le temps voulu, l'écrémait, puis faisait du beurre pour la maisonnée. C'était simple, évidemment, mais encore, fallait-il y songer.

En présence de ces nombreux vols et des nombreux aveux passés par la famille Gaston, les gendarmes furent amenés à entendre de nombreux habitants de Chouain et c'est alors que des accusations beaucoup plus graves leur furent rapportées.

Ils apprirent d'abord que les époux Gaston se livraient, en présence de leurs enfants, à des actes que la morale réprouve et que de plus, Achille Gaston s'était livré à des actes odieux sur ses deux filles, l'une âgée de quinze ans, l'autre Madeleine, mariée, actuellement à Neuilly-Malherbe.
Interrogé sur ces faits précis, le triste père ne put qu'en confesser la véracité, en ajoutant que pour l'aînée de ses filles, les faits duraient depuis deux ans et seulement depuis le début du mois de Janvier pour la plus Jeune.

Arrêté immédiatement, Achille Gaston a été déféré, hier après-midi. au Parquet de Bayeux et écroué.

 

Janvier 1940  -  Une triste famille.   -  Le 8 janvier, Mme Lemoussu, demeurant à Chouain alerta la gendarmerie de Tilly, parce que les portes de la maison de sa mère, Mme Hervieu, avaient été ouvertes. Les gendarmes découvrirent à l'intérieur de la maison le jeune Henri Gaston, 13 ans. Le jeune Gaston avoua être l'auteur des nombreux vols de volailles et de légumes commis depuis un an dans la région, soit seul, soit en compagnie de ses frères et sœurs. Il précisa que ses parents volaient également et que sa mère allait traite des vaches la nuit. La liste des vols effectués par cette famille est impressionnantes.

Au cours de l'enquête, les gendarmes entendirent porter contre les époux Gaston des accusations beaucoup plus graves. Interrogé, le père Achille Gaston, dut reconnaître les actes immoraux qui lui sont reprochés, et il a été déféré au parquet de Bayeux.

 

Janvier 1940  -  Suicide.  -  Mme Françoise, née Eugénie Guillot, 40 ans, cultivatrice à Chouain, avait envoyé sa bonne conduire sa fille Andrée, âgée de 9 ans, au catéchisme. En rentrant à la ferme, l'employée constata que toutes les portes de l'habitation étaient fermées à clé.

Elle se rendit dans les dépendances à la recherche de Mme Françoise et, malgré divers appels, n'obtint aucune réponse. Elle prévint alors un voisin, M. Louet.

Celui-ci, qui depuis quelques jours avait reçu de Mme Françoise l'assurance répétée qu'elle mettrait fin à ses jours, pressentit tout de suite un malheur. Les gendarmes de Tilly-sur-Seules, ainsi que M. le Maire de Chouain, devaient découvrir Mme Françoise pendue à l'aide d'une corde à une poutre du grenier.  

 

Janvier 1945  -  Une belle famille.  -  Un prix Cognacq-Jay a été décerné à la famille Lemonnier, de Chouain qui compte huit enfants vivants.

Scène de la Vie Normande

La Dentelière

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