CINTHEAUX

Canton de Bretteville-sur-Laize

Les habitants de la commune sont des Cintheauxiens, Cintheauxiennes


Août 1854  -  Projet de Réunion de Quilly à Bretteville-sur-Laize.  -  La Commission des affaires diverses propose encore la réunion de la commune de Quilly à Bretteville-sur-Laize. Un Membre soutient que cette réunion ne doit pas être ordonnée. Il fait observer que, non seulement la commune de Quilly s'y oppose formellement, mais que, de plus, cette opposition est appuyée par le Conseil d'arrondissement de Falaise et par l'avis de Mgr l'Évêque. Il demande l'ajournement de ce projet, en faisant observer qu'un travail général aura prochainement lieu pour le remaniement et la composition des communes.

Aux observations qui précèdent, un autre Membre ajoute qu'en consultant la carte qu'il a sous les yeux, il lui paraîtrait possible de réunir Quilly à Cintheaux, et il demande par quel motif on accorde la préférence à Bretteville-sur-Laize, dans le cas où une réunion pourrait avoir lieu.

Considérant que le projet de réunion de la commune de Quilly à celle de Bretteville-sur-Laize remonte à l'année 1846, que l'initiative en a été prise par une lettre de M. le Préfet, en date du 29 décembre de ladite année, et fut interrompue par les préoccupations survenues au commencement de 1848, cette question, reprise en 1853, sur l'invitation de M. le Sous-Préfet de Falaise, fut l'objet d'une délibération de la commune de Brelteville, prise à la date du 22 septembre.

Considérant que la commune de Quilly ne compte que cent soixante-trois habitants, les maisons de la commune de Quilly sont contiguës aux maisons de Bretteville-sur-Laize, à tel point que l’œil ne saurait distinguer les habitations de l'une et l'autre commune, et que la commune de Quilly paraît être et est en fait le faubourg de la commune de Bretteville, elle n'a pas de presbytère, elle ne peut subvenir aux frais de son culte et qu'on a été obligé de la réunir pour le culte à la commune de Cintheaux, distante d'environ 4 kilomètres, quel que soit le zèle et le dévouement du curé de cette commune, le service religieux ne peut qu'en souffrir, soit pour les nécessités quotidiennes du culte, soit pour l'instruction religieuse des enfants, aussi les habitants de Quilly suivent les offices habituellement à l'église de Bretteville-sur-Laize, qui est à côté d'eux, et louent même des bancs dans cette dernière église.

La commune de Quilly ne peut pas davantage faire les frais d'un instituteur primaire, et que, comme il eût été matériellement impossible d'envoyer les enfants à l'école de Cintheaux, séparée par une longue distance et de mauvais chemins, il a bien fallu la réunir, pour l'instruction primaire, à la commune de Bretteville, ce qui a lieu au grand avantage des enfants.

Pour résumer, la commune de Quilly n'a que cent soixante-trois habitants, que ses maisons sont contiguës à celles de Bretteville, qu'elle ne peut subvenir aux frais du culte pour lequel elle est réunie à Cintheaux, ni aux frais de l'instruction primaire pour laquelle elle est réunie à Brettevillle-sur-Laize, qu'elle n'a ni mairie, ni presbytère, ni maison d'école, ni aucun des édifices nécessaires à l'établissement des services municipaux, que ses revenus ordinaires s'élèvent à 124 fr., réduits à 74 fr. 20 c., par suite de l'indemnité de logement que la commune est obligée de fournir au desservant de Cintheaux, somme évidemment insuffisante pour subvenir aux divers services municipaux, que, dans l'enquête et dans l'instruction, on s'est demandé s'il ne conviendrait pas de réunir une section de la commune de Quilly à Bretteville-sur-Laize, et une autre section à Cintheaux.

Mais que ce projet intermédiaire aurait d'abord l'inconvénient de fractionner en deux cette commune, et ne présenterait au point de vue administratif qu'une satisfaction insuffisante.

D'ailleurs, la commune de Bretteville-sur-Laize, qui a une population de 955 habitants, n'a qu'un territoire de 698 hectares, que la commune de Quilly lui apportera 163 habitants et 469 hectares qui donnera un total de 4 167 hectares, pour 1 110 habitants, c'est-à-dire 1 hectare par chaque habitant.

Sans s'arrêter à ce projet intermédiaire, le Conseil émet l'avis que la commune de Quilly soit réunie à celle de Brelleville-sur-Laize.

 

Décembre 1866   -   Un empoisonnement.  -   La servante de M. Jules Sénécal, cultivateur à Cintheaux, elle vient de s'empoisonner, en tentant d'échapper, à l'aide d'une potion, aux conséquences de son inconduite. La drogue prise à trop forte dose, a occasionné la mort.

Les intestins de cette fille ont dû être envoyés à Paris, pour y subir une analyse chimique propre à fixer la justice sur la nature de la substance absorbée, et par suite, l'aider à découvrir, s'il y a lieu, le complice de la victime.

Voilà encore une leçon que devraient bien méditer bon nombre de pauvres filles, trop portées à oublier combien peuvent devenir terribles pour elle, les conséquences d'un moment d'erreur et d'oubli.

 

Août 1868   -   Un accident.   -   Le 15 août, un jeune domestique de la commune de Cintheaux a été victime d'un bien triste accident. Il rentrait à la ferme avec un rouleau, lorsque l'animal effrayé a pris le galop. Le conducteur est tombé si malheureusement, que le rouleau lui a passé sur le corps. Relevé immédiatement, il est mort quelques instants après.  

 

Septembre 1868   -   Les braconniers.   -   Pareille saisie d'un filet tendu fixe, d'une longueur de 150 mètres, a été opérée par la gendarmerie dans la nuit du 1er au 2 de ce mois, sur le  territoire de Cintheaux, village de Renémesnil.

Les détenteurs ont pris la fuite à l'approche des représentants de l'autorité.  

 

Janvier 1870   -   Fait divers.   -  Un incendie a éclaté le 28 décembre, vers 4 heures du soir, en la commune de Cintheaux et a consumé une buanderie et du fourrage au domicile et préjudice des sieurs Laniepce, cultivateur, et Duperche, propriétaire. La cause de ce sinistre est due à un tuyau en grès traversant le grenier. La perte est évaluée à 350 fr. Rien n'était assuré.  

 

Octobre 1874   -   Une histoire.  -   Pas contents, quatre batteurs de la commune de Cintheaux.

Engagés chez le père Piédechou, pour battre une pièce de sarrazin moyennant deux bons repas et abondant breuvage.

—on leur a servi à déjeuner et à dîner du mou, et du cidre si clair, si clair, que les quatre journaliers pouvaient voir au fond des verres, le nez que leur faisait faire semblable menu.

Ils s'en sont vengés, car l'après-midi, à eux quatre, ils n'ont pas fait la besogne de deux.

Et le père Piédechou de faire le nez à son tour, et de murmurer tout bas :

   Crénom, qu'ces gars-là sont….. mous.

Eh mais ! dites-donc, père Piédechou, c'est t'y pas un brinet de votre faute ? fallait pas tant leur en donner à manger. 

 

Octobre 1885  -  Crime du braconnage.  -  Il y a six mois, Thomasse, braconnier de la pire espèce, sortait de prison, où il avait passé deux années pour coups et blessures au garde de M. d'Ursus. Aussitôt sorti, Thomasse a recommencé ses exploits de braconnier assisté de ses enfants et d'un nommé Achille Quinot. Tilly, Garcelles, Saint-Aignan et Cintheaux ont été pillés par ces misérables, qui ont été heureusement arrêtés, samedi la nuit, par les gendarmes de Bretteville-sur-Laize et deux des gardes de M. Bunouf. Ils ont été trouvés porteurs de plus de « huit cents pieds de filets. »  

 

Avril 1890  -  Bestiaux foudroyés.  -  L'orage qui a éclaté sur le Calvados, la semaine dernière, a particulièrement atteint l'arrondissement de Bayeux. A Saint-Vigor-le-Grand, quatre  vaches, appartenant au sieur Élie, ont été foudroyées et trois hommes ont été renversés, mais n'ont pas eu de mal. Une chaîne en fer a été coupée en deux par le fluide. Il y a quelques semaines, M. Élie avait perdu deux autres vaches qui lui furent volées et n'ont pu être retrouvées. 

Dans la nuit, l'orage ayant repris avec une nouvelle violence, la foudre est encore tombée dans un herbage situé sous Marigny, où se trouvaient plusieurs bœufs appartenant à M. Olive, boucher à Bayeux. L'un d'eux a été trouvé mort le matin dans un fossé. Les autres, dispersés, étaient affolés. 

A Cintheaux, la foudre est tombée et a consumé 500 gerbes de blé et orge, appartenant au sieur Victor Gervais. Un proverbe dit que quand il tonne et pleut en avril les greniers et les tonneaux sont pleins. Si le proverbe n'est pas menteur, quelle noce !  

 

Août 1891  - Dévouement récompensé.  -  L'Académie française vient de décerner un prix Montyon de 1 500 fr. à Bernard Buisson, de Cintheaux. Ayant à sa charge un père aveugle en enfance et plus qu'octogénaire, une sœur abandonnée, il y a dix-huit ans, par son mari, avec trois filles en bas âge, une autre sœur, pauvre et chargée d'enfants. Buisson a renoncé au mariage et s'est consacré à sa famille. (Source B-N)

 

Décembre 1891  -  Prix de vertu.  -  Dans sa séance publique, l'Académie française a accordé un prix de vertu de 1 500 fr. à, Bernard Bisson de Cintheaux, qui, pauvre cultivateur, sans autre ressource que son gain journalier, entretient son vieux père aveugle et infirme, une sœur abandonnée par son mari, trois nièces épileptiques, dont l'une a un enfant naturel. 

— Le sieur Pierre Launay, de St-Germain-du-Crioult, a obtenu une médaille de 500 fr. dans cette séance. (Source B-N)  

 

Octobre 1893  -  Parents, veillez.  -   La semaine dernière, à Cintheaux, la petite Adrienne Paris, 2 ans, est tombée dans un baquet plein d'eau qui était déposé dans la cour de sa grand'mère et s'y est noyée.

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados. -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados : Bricqueville : Église ; Cagny : Chœur de l'église ; Campigny : Tour de l'église ; Cheux : Église ; Cintheaux : Église ; Colleville-sur-mer : Église ; Colombiers-sur-Seulles : Clocher de l'église, Menhir ; Condé-sur-Ifs : Église, Menhir dit " Pierre Cornue " ; Courseulles-sur-mer : Château, parties classées, le corps de logis principal, y compris la cheminée située au premier étage du pavillon de droite ; Creully : Église ; Cricqueville-en-Bessin : Église ; Dives : Église ; Douvres  : Clocher de l'église ; Ducy-Sainte-Marguerite : Clocher de l'église ; Ellon : Clocher de l'église ; Ernes : Clocher de l'église, etc ....

 

Mai 1916  -  Voie de faits réciproques.  -  Vers huit heures et demie du soir, le 24 avril, Georges M…, 37 ans, demeurant à Cintheaux, revenait  d’Urville et, passant à Gourif devant la maison de B…, fut invectivé par ce dernier ; divers gros mots furent échangés. La dispute s’envenima bientôt, les têtes étant échauffées par l’alcool et les antagonistes se traitèrent de Boches, de fainéants, etc… M…, tout à coup, rentra chez lui et en revint avec un grand sabre, M…en reçut quelques coups qui lui coupèrent ses vêtements et ne lui firent aucun mal. Il put s’emparer du sabre et le porta à la gendarmerie qui a dressé aux deux antagonistes un procès-verbal pour violences réciproques.

 

Décembre 1926  -  Destruction de volailles.  -  M. Marc Bellanger, cultivateur à Cintheaux, accompagnait son beau-père, M. Georges Masset, propriétaire à Saint-Aignan-de-Cramesnil, qui chassait dans un de ses herbages, au lieu dit Domernil. Ils virent dans cet herbage, le jeune Duval Jean, écolier, habitant chez ses parents à Cintheaux. L'enfant était accompagné d'un chien qui courait après les volailles. L'animal saisit un coq, que le jeune Duval tua d'un coup de ton. M. Bellanger courut après le gamin, qui s'enfuit en passant à travers une haie. Le chien pendant ce temps poursuivait toujours les volailles et en avait saisi une autre, lorsque M. Masset le tua d'un coup de fusil. Le jeune Duval assure qu'il cueillait de l'herbe pour les lapins de son frère dans l'herbage et que c'est en voulant faire lâcher le chien qu'il tapa par maladresse sur le coq et le tua.

 

Juillet  1928  -  Un grave accident.  -  Un grave accident s'est, produit au croisement de la route de Caen à Falaise et de celle de Bretteville à Saint-Sylvain. Une camionnette venant de Bretteville et conduite par M. Francis Haran, employé quincaillier chez M. Drouhin, à Caen, a renversé un motocycliste venant de Caen, M. Alphonse Dumas, 17 ans, de Potigny. M. Haran, qui se dirigeait vers Saint-Sylvain, aborda le passage en regardant sur sa droite, il vit le motocycliste alors qu'il était trop tard et l'auto heurta la, machine par le travers. M. Dumas, qui allait à vive allure, croyait pouvoir passer devant l'auto qui le renversa.
M. Dumas, resté inanimé, fut transporté sur la berne et des automobilistes de passage, M. Marcel James, d'Ussy et le docteur Maljean, de Châtillon-sur-Loire, qui passaient, donnèrent les premiers soins pendant qu'on prévenait le docteur Sondag, qui constat de multiples blessures sur le corps et les deux jambes étaient fracturées. Vu l'état du blessé, il a été
transporté à l'hôpital de Caen. La motocyclette a été brisée.

 

Août 1928   -   Violences.   -   Pendant le déjeuner chez M. Péronne, cultivateur, un domestique, Albert André, 27 ans, sortit dans la cour puis revint, ayant aux pieds les sabots de la bonne, Mme veuve Lefèvre. Le domestique lança les sabots en l'air, et l'un d'eux tomba dans l'assiette de la bonne.
André qui était surexcité par la boisson échangea des paroles vives avec la veuve Lefèvre, et se jetant sur elle lui cogna la tête contre la table, la gifla et lui porta trois coups de poing. André reconnaît les faits.

 

Septembre 1930   -   Un domestique de ferme fait une chute grave.   -   M. Eugène Lévêque, 58 ans, domestique chez M. Charles Pierre, cultivateur à Cintheaux, lieu de Renemesnil, est tombé d'un grenier à foin. Dans sa chute le domestique s'est fracturé plusieurs côtes et a été atteint de diverses contusions. Le blessé a été transporté à l'hôpital de Falaise.

 

Avril 1944  -  Interdiction de la circulation sur certaines parties de routes.  -  Par ordre de la Feldkommandantur 723, les parties de routes ci-après désignées seront barrées et fermées à tout trafic civil.

1° -  Route Nationale 158, entre Cintheaux et Langannerie sur 2 km. 350.
 - Chemin départemental 132, entre le pont sur le chemin de fer minier, le hameau de Haumesnil et le village de Cauvicourt, sur 4 km. 750.

Les déviations s'exerceront : 

  -  Dans le sans Falaise-Caen, depuis Langannerie par Bretteville-le-Rabet et, Cauvicourt et Cintheaux en empruntant le C. D. 43, le V. O. 1,de Cauvicourt, le C. D. 132 et le V.O. 3 de Cauvicourt.
 - Dans le sens Caen-Falaise. depuis Cintheaux, par Urville, Langannerie, en empruntant les C. D. 83, 167, 131.

Des pancartes de direction seront placées sur les itinéraires de déviation précités.

 

Août 1944  -  Bataille de Normandie.  -  Cintheaux fut dévasté par les canons américains qui cherchaient à anéantir le nouveau PC de la 12e Panzerdivision en 1944, lors de l'opération Totalize.

Environs de Languannerie   -  Le Château de Cintheaux

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