CLÉCY

Canton de Thury-Harcourt

Les habitants de la commune sont des Clécyens, Clécyennes

Août 1854  -  Le marché de Clécy.  -  La demande formée par la commune de Clécy, pour le rétablissement de son marché. L'enquête et le rapport de M. le Préfet, Considérant que, sur les vingt-huit communes consultées, sept seulement ont émis un avis favorable. Le marché de Clécy a déjà existé et sa suppression indique parfaitement qu'il ne répondait à aucun des besoins du pays. Par ces motifs, le Conseil général rejette la demande de la commune de Clécy tendant au rétablissement de son marché.

 

Août 1860  -  Kilométrage des lignes, poteaux indicateurs.  -  Les opérations ayant pour but le kilométrage complet des lignes et la pose des poteaux indicateurs au croisement en rase campagne des lignes vicinales, ainsi que des tableaux indicateurs dans les traverses bâties, sont à l'étude, inséparables les unes des autres, elles ne pourront être terminées que simultanément. 

Les plans généraux de chaque ligne demandés aux agents-voyers me sont indispensables pour contrôler ce travail d'une manière efficace, ces plans vont être livrés dans un très-bref délai, ce travail si important, si utile en même temps, recevra avant la fin de l'année une exécution presque complète.

 

Août 1867   -   Un suicide.   -   Le 26 de ce mois, vers six heures du soir, le nommé Bellec Yves, âgé de 20 ans, né à Lormargot (Côtes-du-Nord), demeurant à Clécy, s'est précipité volontairement dans l'Orne. Malgré les recherches les plus empressées, son corps n'a pu être trouvé que le lendemain à neuf heures du matin. Il a été transporté au domicile de sa sœur demeurant à Clécy.

La cause de ce suicide est attribuée à l'état d'aliénation mentale dont cet homme était atteint depuis trois semaines.

 

Février 1869   -   Un accident.   -   Le 4 de ce mois, vers 7 heures du soir, au puits n° 1 servant à la construction du tunnel des gouttes, territoire de la commune de Clécy, le nommé Arsène Lesage, âgé de 28 ans, manœuvre, employé au chemin de fer en construction, demeurant à Clécy est tombé accidentellement dans ce puits d'une profondeur de 66 mètres. La mort a été instantanée.  

 

Avril 1871   -  Fait divers.   -  Les listes communistes élaborées à Paris par le Père Duchesne gagnent en province.

Clécy, arrondissement de Falaise, Clécy, entendez-vous, veut prendre ses libres allures comme la grande capitale. C'est la 17 avril que les droits de l'homme et de la femme ont été proclamés dans cette cité communarde.

Cette journée, commencée par un grand combat entre le citoyen Tirepied, et maître Réséda, chantre le dimanche et jardinier le reste de la semaine….

S'est terminée par le divorce, selon les lois de la commune, de M. X... et de son épouse, à la grande satisfaction du citoyen Sapin, menuisier de la commune et partisan du libre échange.

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Malgré les bruits contraires qu'on a répandus dans la contrée, le tunnel des Gouttes, ligne du chemin de fer de Caen à Condé, ne tardera pas à être bientôt percé entièrement. En effet, une large pancarte clouée a chacune de ses embouchures promet aux ouvriers une somme de 2.000 fr., destinée à un banquet général, si les deux galeries se rencontrent le 4 septembre prochain à midi.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Des phénomènes atmosphériques singuliers se sont produits dans le département de la Seine-Inférieure et du Calvados. A Elbeuf, une pluie de fourmis ailées avait couvert de cette manne d'un nouveau genre les toits des maisons et le pavé des rues à Caudebec, des hirondelles ont été ramassées surchargées de ces insectes qui s'étaient attachées à elles et avaient entravé leur vol. Une véritable pluie de papillons s'est abattue aux environs de Paris.

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On nous signale le départ prématuré des hirondelles, malgré la température élevée à cette époque de la saison. Il en reste cependant encore, mais peu dans nos contrées. On peut voir dans ce phénomène un indice certain d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  Il paraît que nous sommes menacés pour le printemps prochain d'une invasion de chenilles plus redoutable encore que celle si dévastatrice de cette année, si l'autorité ne met sérieusement en vigueur les règlements relatifs à l'échenillage.

D'un autre côté, les cultivateurs en procédant au labourage des terres, découvrant des quantités considérables de mans.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  Samedi a eu lieu l'ouverture du tunnel des Gouttes. Les wagons traversent la voie. Tout fait donc espérer que la ligne de Flers à Caen sera terminée d'ici 15 à 18 mois.

 

Mars 1872   -  Le gel.   -  Les désastres occasionnés par les gelées des nuits dernières sont plus graves qu'on ne je suppose généralement. Les lettres que nous recevons de divers points de la Normandie sont unanimes pour le reconnaître.

 

Avril 1872   -  Incendie.   -  Un incendie présumé accidentel a éclaté le 1er de ce mois vers huit heures du soir, à Clécy, canton d'Harcourt, et a consumé deux corps de bâtiment appartenant aux sieurs Victor, Alexandre Lehéricy et Francois Suriray, propriétaires, ainsi que du mobilier leur appartenant, et aux nommés François Gencey et Victorine Morel.

 

Mars 1873   -   Incendie.   -  Un incendie a éclaté le 11 courant, vers sept heures du soir, à Clécy, et a consumé un corps de bâtiment et divers objets mobiliers, appartenant aux nommés Dudesert, propriétaire, et Eugène Suriray, fermier. La perte s'élève à 1.800 fr. On a tout lieu de croire que la malveillance n'est point étrangère à ce sinistre. La justice informe.

 

Novembre 1874   -   Incendies et incendiaires.  -  Depuis quelques numéros, nous enregistrons les nombreux incendies qui se succèdent sans interruption dans un périmètre assez restreint comprenant les communes de Clécy, la Villette et Saint-Pierre-la-Vieille.  

Dans notre dernier numéro, nous parlions d'un incendie à Clécy, qui a coûté la vie à une malheureuse femme de 80 ans. D'un incendie à Saint-Pierre-la-Vieille, dans la toiture de la forge d'un sieur Allix.  D'un autre à la Villette, dans la ferme de M. Cantelou, détruisant pour 41 000 fr. de meubles et d'immeubles.

  Le 3 novembre, à 5 heures et demie, le feu a été mis dans la commune de la Vieille à un petit bâtiment couvert en chaume, attenant à l'ancienne maison d'école, L'élément destructeur a consumé la chambre et le grenier de la maison. Les secours ont été portés à temps. Enfin jeudi dernier, vers 6 heures du soir, le feu éclatait de nuit dans le comble d'une maison inhabitée, appartenant au sieur Launay, aubergiste, et détruisait la toiture et les gluis renfermés dans le grenier. La perte évaluée, à 1 500 fr., est couverte par ure assurance.

C'est donc le cinquième incendie qui éclate dans ces communes depuis le 30 octobre.

Ces incendies si rapprochés, quelques agressions nocturnes qui ont eu lieu en même temps, l'une auprès d'Orbigny, l'autre à la Croix-des-Saulces, auprès de la Vieille, d'autres ailleurs, des vols faits à la Vieille et à la Chapelle-Engerbold ont effrayé les populations, qui, toutes les nuits, montent la garde, fusil chargé, comme en 1830. Le dernier incendie, dénote une rare audace de la part du criminel, car il était presque jour lorsque le sinistre s'est manifesté. On présume qu'il a commencé par l'intérieur du petit bâtiment. Les brigades de gendarmerie d'Harcourt et de Condé font de nombreuses excursions dans les campagnes, et la justice poursuit activement ses enquêtes.

 

Novembre 1874   -   Les incendiaires.  -  Nous avons parlé des incendies qui désolent les communes de la Villette, Saint-Pierre-la-Vieille et Clécy. Ce n'est pas la première fois que le canton d'Harcourt est le théâtre de semblables crimes. Vers 1854, de nombreux sinistres ont également effrayé cette contrée. L'auteur de ces crimes, un habitant de Saint-Pierre-la-Vieille fut découvert, condamné à mort par les assises et exécuté sur les promenades Saint-Julien, à Caen.

 

Novembre 1874   -   L’hiver.  -  Les astrologues annoncent, comme chaque année du reste, que l'hiver sera des plus rigoureux. 

— La semaine dernière, il est tombé un peu de neige à Paris et dans, quelques-uns des départements voisins. Les oies sauvages et autres passent par bandes se rendant à leurs quartiers d'hiver.

 

Décembre 1875   -  La neige.  -  Le froid est rigoureux partout, en France c'est la région du Midi qui est la plus éprouvée. Marseille, Agen, Nimes, Montpellier, Limoges sont sous la neige. 

Dans le Calvados, du côté de Bayeux, la neige a atteint dimanche, une épaisseur de 55 centimètres, région de Caen, 20 centimètres ; de Lisieux, 8 centimètres. Plus on avance vers Paris, plus la couche diminue, à partir de Serquigny, elle couvre à peine le sol. 

 

Décembre 1875   -  Un homme tué.  -  Le 8 courant, à 5 heures du soir, dans l'auberge tenue, à Clécy, par le sieur Marie, le fusil double du nommé Albert Louvel, boulanger à Clécy, étant déposé debout contre le mur de cette auberge, est tombé accidentellement. Le choc a fait partir les deux coups, qui ayant fait balle, ont atteint mortellement au côté le nommé Pierre-Henri Brisset, âgé de 19 ans. Ce malheureux est mort quelques heures après.  

 

Juillet 1876   -  Accident de voiture.  -  M. Desplanches, boulanger à Condé, revenait d'Harcourt dans sa voiture à quatre roues, en compagnie de trois personnes. Au bas de la côte de la Bruyère de Clécy, la voiture a versé. Des trois personnes qu'elle contenait, M. Desplanches, le conducteur, fut seul blessé. On le releva ayant une côte enfoncée et la figure fortement contusionnée. Grâce aux bons soins qu'il a reçus tout d'abord, l'état de M. Desplanches est assez satisfaisant.  

 

Mai 1878   -  Un veau phénoménal.  -  Un phénomène est né chez M Courvalet, cultivateur à Clécy. Cette animal a cinq pattes : deux devant et trois à l'arriére-train, celle qui se trouve placée au milieu est plus courte que les deux autres, mais elle remue fort bien. Le jeune phénomène est très bien portant.  

 

Août 1879  -  La Poste.  - Les bureaux de poste et les bureaux télégraphiques ont été fusionnés à Vire, Condé, Orbec, Dives, Livarot, Argences, Dozulé et Évrecy. La fusion sera bientôt à Honfleur un fait accompli.

Deux bureaux télégraphiques ont été ouverts à Ryes et à Crèvecœur. Un bureau permanent a été substitué au bureau temporaire de Cabourg. Le bureau de Deauville va être incessamment réouvert et transféré au bureau de poste.

Enfin, des études se poursuivent pour doter d'un bureau télégraphique les communes de Saint-Aubin, Morteaux-Coulibœuf, Clécy, Bonnebosq, Lison et Bonneville-la-Louvet. 

 

Mai 1880  -  Incendie.  -  Samedi dernier, dans l'après-midi, sur l'une des côtes de Clécy, des joncs marins et des bruyères ont été incendiés sur une étendue de trois hectares. On suppose que le feu s'est communiqué par des fourneaux qui se trouvaient allumés aux environs.  

 

Juillet 1880  -  Infanticide.  -  Le bruit d'un infanticide a couru à Clécy ces jours derniers. Les époux X... étaient accusés par la rumeur publique d'avoir laissé périr, faute de soins et de nourriture, leur jeune enfant âgé de neuf mois.

L'autopsie a eu lieu, et l'enquête qui se poursuit ne tardera pas à faire connaître ce qu'il y a de fondé dans l'accusation portée contre les époux X...  

 

Novembre 1880  -  Les victimes du travail.  -  Vendredi, à Clécy, un affreux malheur est arrivé dans la filature de la Bataille, appartenant à M. Jules Lecouturier, de Condé. Une pauvre femme, employée dans cette filature, s'est trouvée prise dans la cuirasse de la commande, qui tourne avec une vitesse vertigineuse, et, entraînée dans son mouvement de rotation, elle a été tuée sur le coup. Cette femme ne laisse pas d'enfant, et son mari est ouvrier de filature. 

— Le même jour, dans une filature voisine, située commune du Bô, et appartenant à M. Veniard, de Condé, un ouvrier a eu un doigt coupé.  

 

Mars 1882  -  Le télégraphe.  -   On va ouvrir un bureau télégraphique municipal à Clécy. Celui de Croissanville va être bientôt ouvert.  

 

Juillet 1882  -  Une fête interrompue.  -  Dimanche, c'était la fête de Clécy. Au moment où le public était le plus nombreux, survint un orage épouvantable. En un clin d’œil, tout est inondé. Les promeneurs se réfugient dans les auberges ou les maisons. Bientôt tout est plein, et ceux qui n'ont pu trouver d’asile songent à chercher un abri dans l'église. Mais sur le seuil, ils trouvent le custos, qui leur dit : « On n'entre pas ! » Ils veulent parlementer et supplient le custos inexorable de leur ouvrir la porte. Pour toute réponse, il va la leur fermer au  nez, quand le curé arrive et lui ordonne de laisser entrer tout le monde. Il obéit, mais en rechignant et en murmurant : Y’seraient pourtant mieux au café à bère, qu’ichin à dire « Notre Père. » 

Voilà un custos qui assurément préfère un bon Gloria, à tous les Pater du monde.

 

Mai 1883  -  La foudre. –  L'autre dimanche, la foudre est tombée à Clécy, sur la maison de Mme veuve Hubert. Le fluide a pénétré par la cheminée qu'il a détériorée, a fait le tour de la salle ,et est ressorti par un cabinet en brisant deux vitres. Les six personnes qui se trouvait à ce moment dans la maison de Mme veuve Hubert en ont été quittes pour la peur. Pendant le même orage, la foudre est tombée à St-Rémy, sur la maison de M. Bertaux.  

 

Septembre 1885  -  Encore un crime.  -  Une tentative criminelle a été commise à Clécy, canton de Thury-Harcourt, sur la personne d'une fille Madeleine. Cette fille, âgée de 81 ans, ancienne servante de curé, est domiciliée à Clécy depuis une dizaine d'années environ. Elle habite une petite maison située sur le bord du chemin vicinal au village du Poirier. Cette pauvre vieille, devenue sourde avec l'âge, vivait seule, avec la plus stricte économie, tout en disant, qu'elle possédait cinq ou six mille francs. Dans la nuit de mardi à mercredi, des malfaiteurs se sont introduits chez elle au moyen d'une échelle placée sous une petite fenêtre derrière la maison et dont ils ont brisé deux carreaux, se sont jetés sur la vieille fille et l'ont laissée pour morte. Le lendemain, vers 5 heures, les voisins et le cantonnier qui travaillait tout près n’apercevant pas la fille Madeleine, qu'ils avaient l'habitude de voir, tous les jours, demandèrent ce qu'elle était devenue. Inquiets, ils firent le tour de la maison, et aperçurent l'échelle dont nous avons parlé. Le cantonnier y monta aussitôt, et, arrivé à la fenêtre, vit la pauvre femme étendue sur le ventre, couverte de sang et ne donnant plus signe de vie. Elle avait le nez écrasé et le haut du corps meurtri à coups de talon. Cette malheureuse, à force de soins, est revenue à la vie, mais le médecin, parait-il, a peu d'espoir de la lui conserver. Elle a fait, à la justice, vendredi, des révélations qui, jusqu'ici, sont restées secrètes. On attribue ce crime à la vengeance, car rien n'a été fracturé ni dérangé dans l'appartement. On est sur la trace des coupables.

 

Février 1888  -  Enfant brûlé.  -   Le jeune garçon du sieur Paul Robert, demeurant à Clécy, entrant chez le sieur Lenormand, boulanger, s'approcha du fourneau pour se réchauffer. Le feu prit à ses vêtements, et, malgré la promptitude des secours, il reçut de graves blessures au bras et au côté gauche. On redoute les suites de cet accident. Robert a 13 ans.  -   Le jeune garçon du sieur Paul Robert, demeurant à Clécy, entrant chez le sieur Lenormand, boulanger, s'approcha du fourneau pour se réchauffer. Le feu prit à ses vêtements, et, malgré la promptitude des secours, il reçut de graves blessures au bras et au côté gauche. On redoute les suites de cet accident. Robert a 13 ans.

 

Avril 1888  -  Accident de voiture.  -  Mercredi à Honfleur, le sieur Martin, 23 ans, charretier à la ferme des Marronniers, descendait la route Neuve, conduisant une voiture contenant deux fûts de cidre. Il avait commis l'imprudence de s'asseoir sur l'avant de sa voiture. Au bas de la route, il perdit l'équilibre et tomba. La roue lui passa sur la jambe gauche qui fut fracturée. 

— Samedi dernier, à Clècy, le sieur Constant Rogue, du Bosq, s'est brisé une cuisse en revenant de conduire un tonneau de cidre avec sa voiture.

 

Septembre 1888  -  Coup de feu.  -  Le sieur Roulier, employé au service d'omnibus à Condé, revenait samedi, vers une heure du matin, de Thury-Harcourt. En montant la bruyère de Clécy, il fut attaqué par un individu qui lui tira un coup de fusil. Roulier fouetta son cheval et asséna un vigoureux coup de manche de fouet à l'agresseur, qui se cramponnait à l'arrière de la voiture, et fut obligé de lâcher prise. Le fusil était chargé à plomb, quelques grains ont atteint le conducteur d'omnibus au sommet du crâne, en lui faisant de légères blessures.  

 

Décembre 1888  -  Le froid et l’ivresse.  -  La veuve Maurier, 43 ans, ouvrière de filature à Clécy, a été trouvée morte sur la route du Bô. Cette mort est due à une ingestion cérébrale occasionnée par le froid et l’ivresse. Cette femme avait l’attitude de s'enivrer.  

 

Juillet 1890  -  Mort accidentelle.  -  Le cadavre du sieur Jean Jouin dit Camboin, 64 ans, gardien de bestiaux, à été trouvé dans l'Orne, à Clécy, lieu du Ham. Il résulte de l'information que cette mort est le résultat d'un accident. Jouin sera tombé à l'eau en voulant couper une branche à un arbre bordant la rivière. Cet homme n'avait pas d'ennemis et jouissait d'une bonne considération.  (Source B.N.)

 

Octobre 1890  -  Ne touchez pas aux sonnettes d’alarme.  -  L'autre jour, un militaire en goguette se trouvait dans le train de Caen, il lui prit la fantaisie, entre Berjou et Clécy, de tirer sur la sonnette d'alarme, pour voir comme ça faisait. Le train s'arrêta aussitôt et le conducteur vint voir ce qu'il y avait. Tète du soldat quand il se vit dresser procès-verbal pour sa mauvaise plaisanterie.  (Source B.N.) 

 

Octobre 1890  -  Vol important.  -  Dans la nuit de dimanche, des malfaiteurs se sont introduits dans une maison appartenant au sieur Victor Surirey, demeurant à Clécy. Après avoir forcé une armoire, ils se sont emparés de 50 chemises d'homme, 50 chemises de femme, 20 draps de fil, une certaine quantité de chanvre et 25 kilos de lard environ. Les voleurs ont été dérangés sans doute, car ils ont laissé sur place un paquet de linge prêt à être emporté. La gendarmerie fait, en ce moment, une enquête.  (Source B.N.)

 

Décembre 1890  -  Noces d’or.  -  Les époux Frédéric Ragot, demeurant à Clécy, ont célébré leurs noces d'or. Les époux Ragot ont eu dix-huit enfants, dont beaucoup sont mariés et ont eux-mêmes plusieurs enfants.  (Source B.N.)

 

Avril 1891  -  Incendie.  -  Un incendie de cause inconnue a éclaté jeudi soir, à Clécy, et a consumé un corps de bâtiments, ainsi que des objets mobiliers, un tonneau de cidre et divers outils, appartenant aux enfants Victor Roger, de la Fresnée, et aux sieurs Victor Heuzé, cultivateur à la Fontaine, et Lonel, cultivateur à Canteloup. 

— Jeudi soir, un incendie s'est déclaré à Maizet. Trois maisons ont été détruites. 

— Lundi, à Bretteville-l'Orgueilleuse, un incendie, attribué à la malveillance, a détruit une meule blé de 12 000 gerbes, au sieur Ernest Guilbert, on a pu heureusement préserver d'autres meules voisines et les bâtiments de la ferme peu éloignés.  (Source B.N.)

 

Juin 1892  -  Fête.  -  Clécy.— Fête St-Pierre, le 3 juillet. Louerie de domestiques. Jeux divers, illutations, retraite aux flambeaux et feu d'artifice fourni par la maison du « Bonhomme Normand ».   (Source B.N.)   

 

Juillet 1892  -  Écrasé par un éboulement.  -  Le nommé Georges Mary, 25 ans, journalier à Putanges, qui travaillait au four à chaux de M. Pagny, à Clécy, était chargé d'abattre un talus mesurant environ trois mètres de large et deux mètres de haut. Au lieu de se tenir sur le côté, il se plaça au milieu. Un éboulement se produisit, Mary fut pris dessous et complètement écrasé. Les intestins et le cœur étaient sortis du corps, les bras et les jambes étaient brisés. (Source B.N.)  

 

Février 1893  -  Une mère comme on n’en voit peu.  -  Lors du tirage du canton de Harcourt, le jeune Jean Bourrey, de Clécy, avait accompagné son frère qui était conscrit et dépensé un peu d'argent à cette occasion. Sa mère, la femme Isidore Bourrey, en fut fort irritée et lui a témoigné sa colère en tirant un coup de pistolet sur lui, heureusement sans l'atteindre. Elle va dit-on, être poursuivie. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  A propos de sécheresse.  -  La plus grande que nous avions eue en Normandie est celle de 1559. De Pâques à la Toussaint la chaleur fut fort grande, dit M. de Bras. Le temps était toujours à l'orage et, pendant plus de six mois, il ne tomba pas, ou très peu d'eau. L'hiver qui suivit fut très doux et les violettes de mars parurent en janvier. Les arbres, trop avancés, donnèrent peu de fruits. (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Incendie.  -   Un incendie s'est déclaré la nuit, à Clécy, dans des bâtiments appartenant au sieur Démorieux, aux dames Théodore Pierre, François Foucault et veuve Guérin, exploités en partie par les sieurs Michel et Séguin L'eau manquant, tout a été brûlé. Pertes, 35 000 fr. (Source B.N.)

Mars 1901  -  Le 12 mars courant, vers 8 heures et demie du matin, M. Raoul Hamont, cultivateur à Clécy, aperçut dans l'Orne, au lieu-dit La Lande un paquet flottant dans l'eau qu'il reconnut bientôt pour un cadavre.

À l'aide d'une barque, il ramena le corps au bord de la rivière il reconnut la dame Lehéricy, veuve Hue, âgé de 56 ans, propriétaire à Cossesseville, tombée accidentellement dans l'eau le 13 février en  traversant l'Orne dans une barque. Après les constatations d'usage le corps de la veuve Hue a été transporté à son domicile à Cossesseville.

 

Janvier 1907  -  Drôle de découverte.  -  En chassant, le 31 décembre sur les bords de l'Orne,  M. Adolphe Martin, l'huissier à Clécy, aperçu, sur la rive entre deux souches un objet insolite. S'étant approché il constata qu'il s'agissait d'un crâne humain, et, à l'aide d'un croc et d'une corde, avec le secours d'un passant, il retira de l'eau le cadavre d'une femme qui  fut reconnue pour une veuve Ollivier, ménagère à Clécy, disparue de son domicile depuis le 1er décembre.

 

Avril 1912  -  Partie de pêche tragique.  -   Un terrible accident a jeté la consternation dans la région  de Clécy, Mlles Alice et Lucie Anjoran, filles de l'honorable notaire de Clécy, faisaient mercredi une partie de canot sur l'Orne en compagnie de M. Verjat, jeune étudiant à Caen, petit-fils de l'ancien conseiller général, lorsque la barque heurta l'écluse de la Landelle chavira. M. Verjat se cramponna au canot et put être sauvé. Un jeune homme du pays M. Hamon, se jeta à la nage et pu ramener à la rive une des jeunes filles,  Mlle Lucie, en  la prenant par la chevelure, mais Mlle Alice. avait coulé à pic et quand on  la retira elle était morte. Elle avait 26 ans. Détail navrant, Mme Anjoran a de la rive assisté au drame et à  la mort d'une de ses filles.

 

Juin 1912  -  Découverte d'un cadavre.  -  M. Auvray, cultivateur, à Clécy, a averti, M. le Maire qu'il venait de trouver dans un vieux puit de son habitation le cadavre d'une femme. Avec l'aide de plusieurs voisins,  le cultivateur descendit dans le puit : il remonta le corps en complet état de décomposition d'une dame Beusset, née Florentine Mullois, 38 ans. Cette  personne était disparue depuis le 5 mai dernier.

 

Juillet 1914  -  Il n'aimait pas l'eau et il se noie ! -  Le 6 juillet, vers 4 heures du matin, M. Jules Dequaindry, 46 ans, journalier à Clécy, partit pour aller soi-disant travailler chez M. Leforestier. A midi, Mme Dequaindry fut prévenue que son mari n'avait pas été vu son travail et elle se mit à sa recherche. A cinq heures du soir, on vint la prévenir qu'il venait d'être découvert noyé dans l'étang de M. Fulgence Retout, 58 ans, cultivateur à Clécy. Dequaindry qui aimait beaucoup à boire, avait été obligé par suite de maladie de consulter un médecin qui lui avait ordonné de boire de l'eau. Mécontent, il avait dit :  « Puisqu'il faut boire de l'eau, autant boire celle de la rivière ». Il avait également prévenu sa femme qu'elle serait bientôt veuve. Celle-ci n'avait pas fait attention à ces propos.  

Novembre 1915  -  Mort du docteur Lefranc.  -  M. le docteur Lefranc, maire de Clécy, président du conseil d’arrondissement, chevalier de la Légion d’honneur, est décédé à Clécy le 10 courant, après une longue et cruelle maladie.  

 

Novembre 1915  -  Mort au champ d’honneur.  -   Ludovic Laville, cultivateur, soldat au 3e génie, a été tué à l’ennemi le 3 octobre dernier. Il laisse une veuve et deux enfants.  

 

Septembre 1916  -  Acharné à mourir.  -  Un journalier de Clécy, le sieur Jules Poulain, 73 ans, s'est pendu dans son poulailler. Depuis quelque temps, ce vieillard manifestait des idées de suicide, et son neveu, M. Edouard Berger, l'avait déjà empêché, une fois, de mettre son sinistre projet à exécution.

 

 Janvier 1917  -  Important incendie.  -   Jeudi dernier à 8h du soir, Alexandre Brunet, 34 ans, domestique chez M. Coquil à la Basse-Loterie, monta dans la grange lier du fourrage sur le tas de foin, s'éclairant d'une lanterne qu'il déposa sûr une poubelle au-dessus du foin. En jetant la première botte liée, Brunet fit tomber sa lampe et le feu se communiqua au foin, il  Jeta aussitôt la lampe dans l'aire, mais en tombant elle communiqua aussi le feu à la paille qui s'y trouvait. Après avoir vainement essayé d'éteindre le feu en piétinant le foin, Brunet  dut sortir de la grange et donna l'alarme, mais le feu se  propagea rapidement ;  malgré les secours des habitants de la ferme, des Voisins et des pompiers accourus au premier appel,  le bâtiment entier fut bientôt en flammes. Les bestiaux, seuls se trouvant dans l'étable purent être sortis à temps; du grain se trouvant dans le grenier fut aussi enlevé,  il fallut  plusieurs heures de travail pour circonscrire l'incendie.

Le bâtiment brûlé mesurait 20 mètres de long sur 8 de large et comprenait la grange, des caves et les greniers à grains, 5000 bottes de foins, 700 gerbes de pailles de blé et d'avoine ont été détruits.

 

Août 1917  -  Le temps qu’il fait.  -  Après quelques journées d'une chaleur excessive, des orages ont éclaté un peu partout, dans notre région, retardant la récolte du foin qui, jusqu'ici, s'opérait sans encombre. Pour quelques jours le temps est redevenu maussade, pluvieux et froid. Espérons que ça n'est qu'une mauvaise passe.

Août 1917  -  Les méfaits de la foudre. -  Ces jours derniers, un  violent orage a éclaté dans la région de Vire y a causé plusieurs accidents. A Vire, un commencement d'incendie, provoqué par un court-circuit, dû à la chute de la foudre, s’est déclaré chez M. Gouye, receveur de l’enregistrement. Grâce à la promptitude des secours, les dégâts furent presque nuls.

A Clinchamps, six bestiaux, au fermier de Mme Brillet, de Vire, furent foudroyés. A Neuville, la foudre a tué cheval à M. Laumonnier. Des bestiaux auraient été tués près de Clécy.

 

Mars 1918  -  Nécrologie.  -  M. Verjat est mort il y a une dizaine de jours. Il convient de rappeler que ce fut M. Verjat qui exécuta les travaux de la belle ligne du chemin de fer de Caen à Flers. Cette ligne traverse la belle et pittoresque vallée de l’Orne, dont les sites enchanteurs attirent tant de touristes, qui semblent aussi étonnés qu'émerveillés de trouver en ce coin de Basse-Normandie une véritable petite Suisse. 

Un des plus beaux travaux du vénéré défunt est le magnifique viaduc de la Lande, dont chaque pierre méticuleusement choisie a été soigneusement lavée et brossée. C'est à ce viaduc que la ligne quitte l'Orne, que depuis Caen elle avait côtoyé et traversé, pour entrer sous le long tunnel des Gouttes et retrouver à sa sortie la fraîche et jolie vallée du Noireau jusqu'à quelques kilomètres de Flers.
Nous prions MM. Henri et Émile Verjat, ses fils, et M. André Verjat, son petit-fils, d'agréer nos respectueuses condoléances.

 

Mai  1923  -  Un infanticide à Clécy.  -  Prévenu par la rumeur publique qu'un infanticide avait été commis à Clécy, les gendarmes de Thury-Harcourt se sont transportés au domicile de la fille Juliette Audée, 24 ans, employée à la filature de St-Rémy, elle était soupçonnée d'accouchement clandestin. Les gendarmes découvrirent dans le bas d'une armoire le cadavre d'un nouveau- enveloppé dans des linges. La fille Audée n'a fait aucune difficulté pour reconnaître qu'elle était la mère de cet enfant mis au monde dans la journée du 22 mars et suivant sa déclaration, mort accidentellement pendant qu'elle s'était évanouie. Le Parquet de Falaise s'est rendu sur les lieux et une autopsie a été faite.

 

Janvier 1926  -  La mort de la mère « Gendarme ».  -  Une vieille mendiante, la veuve Née, bien connue dans la commune de Clécy sous le nom de la « Mère Gendarme », avait élu domicile depuis une dizaine d'années dans une masure abandonnée servant de hangar.

La malheureuse, qui n'était pas sortie depuis quelques jours a été trouvée étendue sans vie sur du foin. La mort, qui remontait à 48 heures, avait été provoquée par une congestion occasionnée par le froid.

 

Mars 1926  -  Vol d’objets en cuivre.  -  On a dérobé la nuit, d'une machine à vapeur appartenant à M. Olivier Morand, entrepreneur à Clécy, qui était garée sur le bord de la route de Cintheaux, plusieurs pièces en cuivre dont la valeur dépasse 400 francs. Une enquête est ouverte.  

 

Avril 1926  -  Chiens empoisonnés.  -  M. Eugène Adam, équarrisseur au hameau de Bellevue, avait coutume de poser dans sa propriété des cadavres de pies empoisonnés pour les
renards qui pullulent dans la région, malheureusement, sa propriété n'est pas close et il y a quelque temps, un chien, appartenant à M. Marcel Brunet, cultivateur au hameau de la Rue, qui chassait dans le bois, mangea un des oiseaux et fut empoisonné. La semaine dernière, une chienne de chasse, appartenant au même propriétaire fut empoisonnée de la même manière. M. Brunet a porté plainte. Un vétérinaire, M. Briens, a reconnu des traces de strychnine.   M. Eugène Adam, équarrisseur au hameau de Bellevue, avait coutume de poser dans sa propriété des cadavres de pies empoisonnés pour les
renards qui pullulent dans la région, malheureusement, sa propriété n'est pas close et il y a quelque temps, un chien, appartenant à M. Marcel Brunet, cultivateur au hameau de la Rue, qui chassait dans le bois, mangea un des oiseaux et fut empoisonné. La semaine dernière, une chienne de chasse, appartenant au même propriétaire fut empoisonnée de la même manière. M. Brunet a porté plainte. Un vétérinaire, M. Briens, a reconnu des traces de strychnine.

De son coté, M. Adam affirme que sur 8 des pies empoisonnées, 7 furent mangées par des renards et la huitième, il la brûla. Il ne s'explique pas comment, dans ces conditions, les chiens ont pu être empoisonnés.

 

Août 1926  -  Un désespéré, en tentant de se suicider, meurt d'émotion.  -  M. Pierre Thomas, 62 ans, journalier à Clécy, était souffrant depuis quelques mois. Il passait la plus grande partie de la journée dans un fauteuil placé dans la cuisine. Ces jours dentiers, Mme Thomas s'absenta un instant. Lorsqu'elle revint elle trouva son mari étendu sur le pavé. Il avait un couteau sur la poitrine et le sang s'échappait d'une petite blessure à la gorge.

M. Thomas avait cessé de vivre. Le docteur Mayaud qui examina le cadavre déclara que la blessure, très superficielle, n'avait déterminer la mort, l'arme n'ayant pénétré que de deux centimètres. Atteint d'une affection cardiaque, le désespé était mort de l'émotion qu'il avait eue au moment il se porta le coup de couteau.   

 

Août 1926  -  Tragique baignade.  -  Le lundi 16 août (férié), M. Arthur Lebouteiller, percepteur à Clécy, avait invité son secrétaire, M. Raymond Marie, 19 ans, à venir déjeuner chez lui vers 5 heures de l'après-midi, il fut décidé de faire une partie de barque, les deux hommes partirent sur l'Orne, jusqu'au barrage de la Cambronnerie, le jeune homme proposa à son patron de prendre un bain, ce qui fut décidé, l'eau est assez profonde à cet endroit et le jeune Marie se mit à l'eau, mais au bout d'un moment, M. Lebouteiller aperçut son employé qui ne savait guère nager disparaître dans l'eau puis se relevant et une deuxième fois disparaître, M. Lebouteiller se précipita à son secours ainsi que deux témoins de la scène en villégiature à Clécy, MM. Geneslay et Marcel Legoux, étudiant, qui aidèrent à retirer de l'eau le pauvre jeune homme qui avait perdu connaissance.

Les soins les plus empressés lui furent prodigués, la mort avait fait son oeuvre. Le docteur appelé ne put que constater le décès à une congestion.

Le jeune Marie était très connu et estimé dans toute la contrée cette mort tragique a produit une profonde émotion.

 

Août 1926  -  Coups réciproques.  -  Deux domestiques de ferme, Edmond Salmon et Léon Michel travaillaient ensemble dans les champs lorsqu'une dispute éclata entre eux et des coups furent échangés, ils ont porté plainte et procès-verbal leur a été dressé pour coups réciproques.

 

Décembre 1926  -  Un 1er Mai orageux à la gare de Clécy.  -  Nos lecteurs n'ont pas oublié les incidents regrettables, qui se déroulèrent à la gare de Clécy, le 1" mai dernier.

Cette affaire est venue hier devant le Tribunal correctionnel de Caen. Rappelons brièvement les faits.
Un voyageur, M. Hervieux, adjoint au maire de Cossésseville, descendit d'un train qui arrive à Clécy, à 18 h. 18, et se dirigeait vers le contrôle de la sortie, lorsqu'il croisa un employé, M. Frilay, qui parcourait le quai en criant « Vive la Révolution », M. Hervieux sourit en voyant l'exaltation de ce manifestant, célébrant la fête du prolétariat. L'employé de plus en plus emballé, gesticulait en exprimant ses vœux pour le chambardement universel. On l'entendit de nouveau crier à tous les échos « Vive la Révolution ».

  -  « La barbe avec ta révolution », pliqua un autre voyageur, M. Hergot, chauffeur à Clécy, « Prenez plutôt nos billets, que nous fichions le camp ». 

Un troisième personnage vint corser la scène, M. le chef de gare de Clécy se montra, et bien que personne ne l'eût pris à partie, crut devoir intervenir, on ne sait dans quel but, « Vous dites la barbe » ? répliqua-t-il en toisant M. Hergot, « Pas la peine, je me suis rasé ce matin ».

Des provocations furent échangées, et la dispute se termina à quarante mètres de la station par un pugilat soigné sur la voie publique.

Témoin de ces violences, M. Hervieux reprocha son attitude au chef de gare, M. Leplay. L'homme, qui un instant auparavant appelait le grand soir, la mort des bourgeois et la victoire du prolétariat, M. Frilay, survint à cette minute propice, se précipita sur M. Hervieux, qui roula dans le fossé, sous les coups de son agresseur. Ayant voulu défendre son mari, Mme Hervieux, reçut elle-même quelques horions.

Aux cris poussés dans la bagarre, les habitants d'un village voisin accoururent, et leur intervention mit fin à la bataille.

Au cours de l'interrogatoire que lui fait subir M. le président Bacheley, le chef de gare de Clécy donne une version un peu différente de l'incident. Suivant ses déclarations, il aurait simplement demandé au voyageur, M. Hergot, son titre de circulation. Celui-ci aurait proféré des menaces et dit notamment « Si nous étions dans la rue, nous réglerions cela ».

M. Frilay nie avoir crié « vive la Révolution ». Et M. l'abbé Gérard, curé du Plessis-Grimoult, qui dépose comme témoin, déclare que ce farouche révolutionnaire fut la plus douce de ses brebis et le plus paisible de ses paroissiens.

M. Morand., conseiller d'arrondissement, n'a qu'à se louer des relatons qu'il entretient avec le personnel de la gare de Clécy.
Un témoignage entendu à cette audience jetterait peut-être un peu de lumière sur la cause déterminante de cette tragique échauffourée entre deux express. Interrogé le lendemain sur l'incident par M. Daragon, négociant caennais, M. Frilay déclara qu'il ne se souvenait plus de rien.

Le Tribunal, après plaidoirie de Me Boitel, met l'affaire en délibéré. Le jugement sera rendu à l'audience du 17 décembre.

 

 Décembre 1926  -  Délit de pêche. — Les gendarmes de Clécy, apprenant que deux jeunes gens se livraient au braconnage de la pèche à la dynamite dans la rivière l’Orne entre les hameaux les Paris et  la Bataille, s'y rendirent, au bout d'un moment, ils entendirent une forte détonation, puis sur une rive, aperçurent deux jeunes gens qui péchaient à l'aide d'un  filet, les poissons étourdis par l'explosion.

C'étaient les nommés Hersaint, Albert Joseph, 24 ans, ouvrier mineur à Clécy, et Duvieu André-Robert, 26 ans, ouvrier de filature. Ils avaient pris ainsi plus de quatre kilos de poisson. C'était la première fois  dirent-ils qu'ils se livraient au braconnage. Un autre procès-verbal a été dressé contre Hersaint. pour transport de dynamite sans autorisation. Il avait acheté des cartouches pour son travail, et en avait emporté une chez lui.

 

Décembre 1926  -  Après les incidents orageux de la gare de Clécy. — Nous avons relaté les incidents orageux qui se déroulèrent à la gare de Clécy le 1er mai dernier. L'homme d'équipe Frilla (Frelley) qui s'était livré à une manifestation intempestive en criant : « Vive la Révolution » et le sous-chef de gare Leplay qui provoqua de façon agressive deux voyageurs, avaient comparu à l'une des dernières audiences.

Les débats établirent qu'il s'agissait d'une rixe banale ne présentant pas le caractère qu'on lui attribuait tout d'abord. M. Leplay, sous-chef de gare, et l'employé Frillay (Frelley) ont été condamnés chacun à 25 fr. d'amende. 

 

Février 1940  -  Respect au jour maigre.  -  Mme veuve Fortin, qui est bouchère à Clècy, effectuait des livraisons de viande à domicile le vendredi comme les autres jours. Le 2 février, elle fit l'objet d'un procès-verbal pour infraction à la loi sur la fermeture des boucheries.

 

Février 1940  -  Vieilles querelles.  -   Depuis fort longtemps, deux familles du hameau Grand-Bèron, les Heuzé et les Lerichomme, vivent sur le pied de guerre.

L'an dernier Mme Lerichomme porta plainte pour violences contre Heuzé. Cette fois c'est l'ouvrier d'usine Emile Lerichomme, 34 ans, qui déclare avoir été appelé, frappé, envoyé au sol et blessé par son ennemi qui l'aurait frappé du poing et lui aurait tordu le nez.
Jules Heuzé, 52 ans, cultivateur, proteste partiellement contre les allégations du plaignant. Il avoue seulement avoir envoyé à Lerichomme une gifle si vigoureuse qu'elle le fit tomber.

Ce qui est certain c'est que les deux hommes se roulaient sur le sol quand ils furent séparés par des voisins, attirés par le bruit.  

 

 Mars 1940  -  Qui aime bien.  -  M. Edouard Langevin, 33 ans, ouvrier d'usine au hameau de la Vallée, est jaloux et, pour ce motif que rien ne justifie, disent les autorités locales. Il bat sa femme.
Un soir récent, il voulait accaparer le fourneau de la cuisine pour se mijoter une infusion, alors que Mme Langevin en avait besoin pour repasser. Une discussion suivit au cours de laquelle la femme fut giflée, frappée et griffée. En outre Langevin cassa un carreau chez la voisine son épouse avait cherché asile, Mme Mercier. Il avoue avec quelques réserves. 

 

Octobre 1942   -   Destruction des pigeons.   -   Conformément à l'ordre donné par les autorités allemandes, il est rappelé aux propriétaires de pigeons que tous les pigeons de toutes espèces (pigeons domestiques, pigeons d'agrément et pigeons voyageurs) doivent être sacrifiés. Faute de déférer à cet ordre les possesseurs de pigeons s'exposeraient à des sanctions très sévères.

 

Novembre 1942   -   L'heure du couvre-feu.   -   A partir du 1er novembre et jusqu'au 31 mars prochain, l'heure de fermeture des débits et l'heure du couvre-feu sont fixées pour la Normandie comme suit, par les autorités d'occupation : Heure de fermeture des débits, 22 h. 30 ; heures du couvre-feu, 23 h. 00 à 5 h. 00.

 

Novembre 1942   -   Fait divers.   -   Une lettre anonyme informait la gendarmerie qu'un ouvrier agricole de Clécy détenait un fusil de chasse.    -   Une lettre anonyme informait la gendarmerie qu'un ouvrier agricole de Clécy détenait un fusil de chasse.

A l'issue d'une enquête et d'une perquisition chez le dénoncé, les gendarmes conclurent à la fausseté de l'accusation. Mais ils découvrirent l'auteur de la lettre anonyme, Émile B......, ouvrier maçon, qui mérite d'être puni avec la dernière rigueur.  

 

Mars 1944    -   Fait divers.   -   Alors qu'elle franchissait le passage à niveau de Clécy-Bourg, une sourde-muette. Mlle Hélène Blais, 26 ans, demeurant à St-Rémy-sur-Orne, a été happée par un tram de marchandise et traînée sur une quinzaine de mètres. Le cadavre de la malheureuse a été retiré horriblement déchiqueté, la tète et le bras droit étaient détachés du corps. Alors qu'elle franchissait le passage à niveau de Clécy-Bourg, une sourde-muette. Mlle Hélène Blais, 26 ans, demeurant à St-Rémy-sur-Orne, a été happée par un tram de marchandise et traînée sur une quinzaine de mètres. Le cadavre de la malheureuse a été retiré horriblement déchiqueté, la tète et le bras droit étaient détachés du corps.  

 

Janvier 1945  -  Des saboteur opèrent.  -  Des inconnus ont coupé le câble téléphonique Caen-Condé-sur-Noireau-Thury-Harcourt, sur le territoire de la commune de Clécy. 

On recherche les auteurs de ce sabotage.  (Source B-N)

 

Juin 1945  -  Une tragique baignade.  -  Alors qu’il se promenait en barque sur l’Orne, en compagnie de son frère Charles, récemment rapatrié d’Allemagne, et trois de ces camarades, Marcel Profit, 15 ans, de Clécy, décida de se baigner. En vain, les autres jeunes gens lui firent-ils observer qu’il venait de manger. A peine se fut-il mis à l’eau qu’il coula à pic sans qu’on put lui porter secours. Lorsqu’on le retrouva un quart d’heure plus tard, il avait cessé de vivre. (Source B-N) 

 

Septembre 1945  -  Le feu dans l’usine.  -  Cinquante balles de coton ont pris feu dans l’usine d’effilochage de Clécy. Après une heure et demie d’efforts les pompiers, aidés du personnel et des habitants, sont parvenus à se rendre maîtres du sinistre que l’on attribue à des étincelles tombées d’une machine. Les dégâts sont évalués à 300 000 fr. (Source B-N)

CLECY.  -  Ferme du Manoir.  -  Le  Vey.

CLÉCY  -  Le Chalet des Roches-Grises

89 L'ORNE PITTORESQUE.  -  CLÉCY.  -  Cantepie et le Pain de Sucre.  -  LL.

56  -  CLÉCY (Calvados)  -  L'Orne 

et le Pont de la Landelle

13  -  CLÉCY (Calvados)  -  L'Orne et les Rochers

LA SUISSE NORMANDE  -  4  -  CLÉCY (Calvados)  -  L'abreuvoir

202                   L'ORNE PITTORESQUE   -   CLÉCY (Calvados)  -  Vieilles Maisons à Cautepie

CLÉCY   -   Laboureur à la Croix de la Faverie.
54  CLÉCY (Calvados)   -   Le manoir des Jardins

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