UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

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CLÉCY

Canton de Thury-Harcourt

Les habitants de la commune sont des Clécyens, Clécyennes

Février 1846   -   Cour d'Assises du Calvados.  -  La fille Robeux, servante à Clécy, est accusée d'avoir, dans cette commune, vers le mois de mai dernier, volé, à l'aide de la circonstance aggravante de domesticité.

  1° une certaine somme d'argent au préjudice du sieur Hébert.

— 2° une certaine quantité d'effets d'habillement et de l'eau-de-vie au préjudice d'un sieur Élie.

Reconnue coupable de ces divers crimes, la fille Robeux est condamnée à cinq ans de réclusion. (Source  : Journal de Honfleur)

 

Août 1854  -  Le marché de Clécy.  -  La demande formée par la commune de Clécy, pour le rétablissement de son marché. L'enquête et le rapport de M. le Préfet, Considérant que, sur les vingt-huit communes consultées, sept seulement ont émis un avis favorable. Le marché de Clécy a déjà existé et sa suppression indique parfaitement qu'il ne répondait à aucun des besoins du pays. Par ces motifs, le Conseil général rejette la demande de la commune de Clécy tendant au rétablissement de son marché.

 

Août 1860  -  Kilométrage des lignes, poteaux indicateurs.  -  Les opérations ayant pour but le kilométrage complet des lignes et la pose des poteaux indicateurs au croisement en rase campagne des lignes vicinales, ainsi que des tableaux indicateurs dans les traverses bâties, sont à l'étude, inséparables les unes des autres, elles ne pourront être terminées que simultanément. 

Les plans généraux de chaque ligne demandés aux agents-voyers me sont indispensables pour contrôler ce travail d'une manière efficace, ces plans vont être livrés dans un très-bref délai, ce travail si important, si utile en même temps, recevra avant la fin de l'année une exécution presque complète.

 

Août 1867   -   Un suicide.   -   Le 26 de ce mois, vers six heures du soir, le nommé Bellec Yves, âgé de 20 ans, né à Lormargot (Côtes-du-Nord), demeurant à Clécy, s'est précipité volontairement dans l'Orne. Malgré les recherches les plus empressées, son corps n'a pu être trouvé que le lendemain à neuf heures du matin. Il a été transporté au domicile de sa sœur demeurant à Clécy.

La cause de ce suicide est attribuée à l'état d'aliénation mentale dont cet homme était atteint depuis trois semaines.

 

Février 1869   -   Un accident.   -   Le 4 de ce mois, vers 7 heures du soir, au puits n° 1 servant à la construction du tunnel des gouttes, territoire de la commune de Clécy, le nommé Arsène Lesage, âgé de 28 ans, manœuvre, employé au chemin de fer en construction, demeurant à Clécy est tombé accidentellement dans ce puits d'une profondeur de 66 mètres. La mort a été instantanée.  

 

Avril 1871   -  Fait divers.   -  Les listes communistes élaborées à Paris par le Père Duchesne gagnent en province.

Clécy, arrondissement de Falaise, Clécy, entendez-vous, veut prendre ses libres allures comme la grande capitale. C'est la 17 avril que les droits de l'homme et de la femme ont été proclamés dans cette cité communarde.

Cette journée, commencée par un grand combat entre le citoyen Tirepied, et maître Réséda, chantre le dimanche et jardinier le reste de la semaine….

S'est terminée par le divorce, selon les lois de la commune, de M. X... et de son épouse, à la grande satisfaction du citoyen Sapin, menuisier de la commune et partisan du libre échange.

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Malgré les bruits contraires qu'on a répandus dans la contrée, le tunnel des Gouttes, ligne du chemin de fer de Caen à Condé, ne tardera pas à être bientôt percé entièrement. En effet, une large pancarte clouée a chacune de ses embouchures promet aux ouvriers une somme de 2.000 fr., destinée à un banquet général, si les deux galeries se rencontrent le 4 septembre prochain à midi.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Des phénomènes atmosphériques singuliers se sont produits dans le département de la Seine-Inférieure et du Calvados. A Elbeuf, une pluie de fourmis ailées avait couvert de cette manne d'un nouveau genre les toits des maisons et le pavé des rues à Caudebec, des hirondelles ont été ramassées surchargées de ces insectes qui s'étaient attachées à elles et avaient entravé leur vol. Une véritable pluie de papillons s'est abattue aux environs de Paris.

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On nous signale le départ prématuré des hirondelles, malgré la température élevée à cette époque de la saison. Il en reste cependant encore, mais peu dans nos contrées. On peut voir dans ce phénomène un indice certain d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  Il paraît que nous sommes menacés pour le printemps prochain d'une invasion de chenilles plus redoutable encore que celle si dévastatrice de cette année, si l'autorité ne met sérieusement en vigueur les règlements relatifs à l'échenillage.

D'un autre côté, les cultivateurs en procédant au labourage des terres, découvrant des quantités considérables de mans.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  Samedi a eu lieu l'ouverture du tunnel des Gouttes. Les wagons traversent la voie. Tout fait donc espérer que la ligne de Flers à Caen sera terminée d'ici 15 à 18 mois.

 

Mars 1872   -  Le gel.   -  Les désastres occasionnés par les gelées des nuits dernières sont plus graves qu'on ne je suppose généralement. Les lettres que nous recevons de divers points de la Normandie sont unanimes pour le reconnaître.

 

Avril 1872   -  Incendie.   -  Un incendie présumé accidentel a éclaté le 1er de ce mois vers huit heures du soir, à Clécy, canton d'Harcourt, et a consumé deux corps de bâtiment appartenant aux sieurs Victor, Alexandre Lehéricy et Francois Suriray, propriétaires, ainsi que du mobilier leur appartenant, et aux nommés François Gencey et Victorine Morel.

 

Mars 1873   -   Incendie.   -  Un incendie a éclaté le 11 courant, vers sept heures du soir, à Clécy, et a consumé un corps de bâtiment et divers objets mobiliers, appartenant aux nommés Dudesert, propriétaire, et Eugène Suriray, fermier. La perte s'élève à 1.800 fr. On a tout lieu de croire que la malveillance n'est point étrangère à ce sinistre. La justice informe.

 

Novembre 1874   -   Incendies et incendiaires.  -  Depuis quelques numéros, nous enregistrons les nombreux incendies qui se succèdent sans interruption dans un périmètre assez restreint comprenant les communes de Clécy, la Villette et Saint-Pierre-la-Vieille.  

 Dans notre dernier numéro, nous parlions d'un incendie à Clécy, qui a coûté la vie à une malheureuse femme de 80 ans. D'un incendie à Saint-Pierre-la-Vieille, dans la toiture de la forge d'un sieur Allix.  D'un autre à la Villette, dans la ferme de M. Cantelou, détruisant pour 41 000 fr. de meubles et d'immeubles.

  Le 3 novembre, à 5 heures et demie, le feu a été mis dans la commune de la Vieille à un petit bâtiment couvert en chaume, attenant à l'ancienne maison d'école, L'élément destructeur a consumé la chambre et le grenier de la maison. Les secours ont été portés à temps. Enfin jeudi dernier, vers 6 heures du soir, le feu éclatait de nuit dans le comble d'une maison inhabitée, appartenant au sieur Launay, aubergiste, et détruisait la toiture et les gluis renfermés dans le grenier. La perte évaluée, à 1 500 fr., est couverte par ure assurance.

C'est donc le cinquième incendie qui éclate dans ces communes depuis le 30 octobre.

Ces incendies si rapprochés, quelques agressions nocturnes qui ont eu lieu en même temps, l'une auprès d'Orbigny, l'autre à la Croix-des-Saulces, auprès de la Vieille, d'autres ailleurs, des vols faits à la Vieille et à la Chapelle-Engerbold ont effrayé les populations, qui, toutes les nuits, montent la garde, fusil chargé, comme en 1830. Le dernier incendie, dénote une rare audace de la part du criminel, car il était presque jour lorsque le sinistre s'est manifesté. On présume qu'il a commencé par l'intérieur du petit bâtiment. Les brigades de gendarmerie d'Harcourt et de Condé font de nombreuses excursions dans les campagnes, et la justice poursuit activement ses enquêtes.

 

Novembre 1874   -   Les incendiaires.  -  Nous avons parlé des incendies qui désolent les communes de la Villette, Saint-Pierre-la-Vieille et Clécy. Ce n'est pas la première fois que le canton d'Harcourt est le théâtre de semblables crimes. Vers 1854, de nombreux sinistres ont également effrayé cette contrée. L'auteur de ces crimes, un habitant de Saint-Pierre-la-Vieille fut découvert, condamné à mort par les assises et exécuté sur les promenades Saint-Julien, à Caen.

 

Novembre 1874   -   L’hiver.  -  Les astrologues annoncent, comme chaque année du reste, que l'hiver sera des plus rigoureux. 

— La semaine dernière, il est tombé un peu de neige à Paris et dans, quelques-uns des départements voisins. Les oies sauvages et autres passent par bandes se rendant à leurs  quartiers d'hiver.

 

Décembre 1875   -  La neige.  -  Le froid est rigoureux partout, en France c'est la région du Midi qui est la plus éprouvée. Marseille, Agen, Nimes, Montpellier, Limoges sont sous la neige. 

Dans le Calvados, du côté de Bayeux, la neige a atteint dimanche, une épaisseur de 55 centimètres, région de Caen, 20 centimètres ; de Lisieux, 8 centimètres. Plus on avance vers Paris, plus la couche diminue, à partir de Serquigny, elle couvre à peine le sol. 

 

Décembre 1875   -  Un homme tué.  -  Le 8 courant, à 5 heures du soir, dans l'auberge tenue, à Clécy, par le sieur Marie, le fusil double du nommé Albert Louvel, boulanger à Clécy, étant déposé debout contre le mur de cette auberge, est tombé accidentellement. Le choc a fait partir les deux coups, qui ayant fait balle, ont atteint mortellement au côté le nommé Pierre-Henri Brisset, âgé de 19 ans. Ce malheureux est mort quelques heures après.  

 

Juillet 1876   -  Accident de voiture.  -  M. Desplanches, boulanger à Condé, revenait d'Harcourt dans sa voiture à quatre roues, en compagnie de trois personnes. Au bas de la côte de la Bruyère de Clécy, la voiture a versé. Des trois personnes qu'elle contenait, M. Desplanches, le conducteur, fut seul blessé. On le releva ayant une côte enfoncée et la figure fortement contusionnée. Grâce aux bons soins qu'il a reçus tout d'abord, l'état de M. Desplanches est assez satisfaisant.  

 

Mai 1878   -  Un veau phénoménal.  -  Un phénomène est né chez M Courvalet, cultivateur à Clécy. Cette animal a cinq pattes : deux devant et trois à l'arriére-train, celle qui se trouve placée au milieu est plus courte que les deux autres, mais elle remue fort bien. Le jeune phénomène est très bien portant.  

 

Août 1879  -  La Poste.  - Les bureaux de poste et les bureaux télégraphiques ont été fusionnés à Vire, Condé, Orbec, Dives, Livarot, Argences, Dozulé et Évrecy. La fusion sera bientôt à Honfleur un fait accompli.

Deux bureaux télégraphiques ont été ouverts à Ryes et à Crèvecœur. Un bureau permanent a été substitué au bureau temporaire de Cabourg. Le bureau de Deauville va être incessamment réouvert et transféré au bureau de poste.

Enfin, des études se poursuivent pour doter d'un bureau télégraphique les communes de Saint-Aubin, Morteaux-Coulibœuf, Clécy, Bonnebosq, Lison et Bonneville-la-Louvet. 

 

Mai 1880  -  Incendie.  -  Samedi dernier, dans l'après-midi, sur l'une des côtes de Clécy, des joncs marins et des bruyères ont été incendiés sur une étendue de trois hectares. On suppose que le feu s'est communiqué par des fourneaux qui se trouvaient allumés aux environs.  

 

Juillet 1880  -  Infanticide.  -  Le bruit d'un infanticide a couru à Clécy ces jours derniers. Les époux X... étaient accusés par la rumeur publique d'avoir laissé périr, faute de soins et de nourriture, leur jeune enfant âgé de neuf mois.

L'autopsie a eu lieu, et l'enquête qui se poursuit ne tardera pas à faire connaître ce qu'il y a de fondé dans l'accusation portée contre les époux X...  

 

Novembre 1880  -  Les victimes du travail.  -  Vendredi, à Clécy, un affreux malheur est arrivé dans la filature de la Bataille, appartenant à M. Jules Lecouturier, de Condé. Une pauvre femme, employée dans cette filature, s'est trouvée prise dans la cuirasse de la commande, qui tourne avec une vitesse vertigineuse, et, entraînée dans son mouvement de rotation, elle a été tuée sur le coup. Cette femme ne laisse pas d'enfant, et son mari est ouvrier de filature. 

— Le même jour, dans une filature voisine, située commune du Bô, et appartenant à M. Veniard, de Condé, un ouvrier a eu un doigt coupé.  

 

Mars 1882  -  Le télégraphe.  -   On va ouvrir un bureau télégraphique municipal à Clécy. Celui de Croissanville va être bientôt ouvert.  

 

Juillet 1882  -  Une fête interrompue.  -  Dimanche, c'était la fête de Clécy. Au moment où le public était le plus nombreux, survint un orage épouvantable. En un clin d’œil, tout est inondé. Les promeneurs se réfugient dans les auberges ou les maisons. Bientôt tout est plein, et ceux qui n'ont pu trouver d’asile songent à chercher un abri dans l'église. Mais sur le seuil, ils trouvent le custos, qui leur dit : « On n'entre pas ! » Ils veulent parlementer et supplient le custos inexorable de leur ouvrir la porte. Pour toute réponse, il va la leur fermer au   nez, quand le curé arrive et lui ordonne de laisser entrer tout le monde. Il obéit, mais en rechignant et en murmurant : Y’seraient pourtant mieux au café à bère, qu’ichin à dire « Notre Père. » 

Voilà un custos qui assurément préfère un bon Gloria, à tous les Pater du monde.

 

Mai 1883  -  La foudre. –  L'autre dimanche, la foudre est tombée à Clécy, sur la maison de Mme veuve Hubert. Le fluide a pénétré par la cheminée qu'il a détériorée, a fait le tour de la salle ,et est ressorti par un cabinet en brisant deux vitres. Les six personnes qui se trouvait à ce moment dans la maison de Mme veuve Hubert en ont été quittes pour la peur. Pendant le même orage, la foudre est tombée à St-Rémy, sur la maison de M. Bertaux.  

 

Septembre 1885  -  Encore un crime.  -  Une tentative criminelle a été commise à Clécy, canton de Thury-Harcourt, sur la personne d'une fille Madeleine. Cette fille, âgée de 81 ans, ancienne servante de curé, est domiciliée à Clécy depuis une dizaine d'années environ. Elle habite une petite maison située sur le bord du chemin vicinal au village du Poirier. Cette pauvre vieille, devenue sourde avec l'âge, vivait seule, avec la plus stricte économie, tout en disant, qu'elle possédait cinq ou six mille francs. Dans la nuit de mardi à mercredi, des malfaiteurs se sont introduits chez elle au moyen d'une échelle placée sous une petite fenêtre derrière la maison et dont ils ont brisé deux carreaux, se sont jetés sur la vieille fille et l'ont laissée pour morte. Le lendemain, vers 5 heures, les voisins et le cantonnier qui travaillait tout près n’apercevant pas la fille Madeleine, qu'ils avaient l'habitude de voir, tous les jours, demandèrent ce qu'elle était devenue. Inquiets, ils firent le tour de la maison, et aperçurent l'échelle dont nous avons parlé. Le cantonnier y monta aussitôt, et, arrivé à la fenêtre, vit la pauvre femme étendue sur le ventre, couverte de sang et ne donnant plus signe de vie. Elle avait le nez écrasé et le haut du corps meurtri à coups de talon. Cette malheureuse, à force de soins, est revenue à la vie, mais le médecin, parait-il, a peu d'espoir de la lui conserver. Elle a fait, à la justice, vendredi, des révélations qui, jusqu'ici, sont restées secrètes. On attribue ce crime à la vengeance, car rien n'a été fracturé ni dérangé dans l'appartement. On est sur la trace des coupables.

 

Février 1888  -  Enfant brûlé.  -   Le jeune garçon du sieur Paul Robert, demeurant à Clécy, entrant chez le sieur Lenormand, boulanger, s'approcha du fourneau pour se réchauffer. Le feu prit à ses vêtements, et, malgré la promptitude des secours, il reçut de graves blessures au bras et au côté gauche. On redoute les suites de cet accident. Robert a 13 ans.  -   Le jeune garçon du sieur Paul Robert, demeurant à Clécy, entrant chez le sieur Lenormand, boulanger, s'approcha du fourneau pour se réchauffer. Le feu prit à ses vêtements, et, malgré la promptitude des secours, il reçut de graves blessures au bras et au côté gauche. On redoute les suites de cet accident. Robert a 13 ans.

 

Avril 1888  -  Accident de voiture.  -  Mercredi à Honfleur, le sieur Martin, 23 ans, charretier à la ferme des Marronniers, descendait la route Neuve, conduisant une voiture contenant  deux fûts de cidre. Il avait commis l'imprudence de s'asseoir sur l'avant de sa voiture. Au bas de la route, il perdit l'équilibre et tomba. La roue lui passa sur la jambe gauche qui fut fracturée. 

— Samedi dernier, à Clècy, le sieur Constant Rogue, du Bosq, s'est brisé une cuisse en revenant de conduire un tonneau de cidre avec sa voiture.

 

Septembre 1888  -  Coup de feu.  -  Le sieur Roulier, employé au service d'omnibus à Condé, revenait samedi, vers une heure du matin, de Thury-Harcourt. En montant la bruyère de Clécy, il fut attaqué par un individu qui lui tira un coup de fusil. Roulier fouetta son cheval et asséna un vigoureux coup de manche de fouet à l'agresseur, qui se cramponnait à l'arrière de la voiture, et fut obligé de lâcher prise. Le fusil était chargé à plomb, quelques grains ont atteint le conducteur d'omnibus au sommet du crâne, en lui faisant de légères blessures.  

 

Décembre 1888  -  Le froid et l’ivresse.  -  La veuve Maurier, 43 ans, ouvrière de filature à Clécy, a été trouvée morte sur la route du Bô. Cette mort est due à une ingestion cérébrale occasionnée par le froid et l’ivresse. Cette femme avait l’attitude de s'enivrer.  

 

Juillet 1890  -  Mort accidentelle.  -  Le cadavre du sieur Jean Jouin dit Camboin, 64 ans, gardien de bestiaux, à été trouvé dans l'Orne, à Clécy, lieu du Ham. Il résulte de l'information que cette mort est le résultat d'un accident. Jouin sera tombé à l'eau en voulant couper une branche à un arbre bordant la rivière. Cet homme n'avait pas d'ennemis et jouissait d'une bonne considération. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1890  -   Ne touchez pas aux sonnettes d’alarme.  -  L'autre jour, un militaire en goguette se trouvait dans le train de Caen, il lui prit la fantaisie, entre Berjou et Clécy, de tirer sur la sonnette d'alarme, pour voir comme ça faisait. Le train s'arrêta aussitôt et le conducteur vint voir ce qu'il y avait. Tète du soldat quand il se vit dresser procès-verbal pour sa mauvaise plaisanterie.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1890  -  Vol important.  -  Dans la nuit de dimanche, des malfaiteurs se sont introduits dans une maison appartenant au sieur Victor Surirey, demeurant à Clécy. Après avoir forcé une armoire, ils se sont emparés de 50 chemises d'homme, 50 chemises de femme, 20 draps de fil, une certaine quantité de chanvre et 25 kilos de lard environ. Les voleurs ont  été dérangés sans doute, car ils ont laissé sur place un paquet de linge prêt à être emporté. La gendarmerie fait, en ce moment, une enquête.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1890  -  Noces d’or.  -  Les époux Frédéric Ragot, demeurant à Clécy, ont célébré leurs noces d'or. Les époux Ragot ont eu dix-huit enfants, dont beaucoup sont mariés et ont eux-mêmes plusieurs enfants. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1891  -  Incendie.  -  Un incendie de cause inconnue a éclaté jeudi soir, à Clécy, et a consumé un corps de bâtiments, ainsi que des objets mobiliers, un tonneau de cidre et divers outils, appartenant aux enfants Victor Roger, de la Fresnée, et aux sieurs Victor Heuzé, cultivateur à la Fontaine, et Lonel, cultivateur à Canteloup. 

— Jeudi soir, un incendie s'est déclaré à Maizet. Trois maisons ont été détruites. 

— Lundi, à Bretteville-l'Orgueilleuse, un incendie, attribué à la malveillance, a détruit une meule blé de 12 000 gerbes, au sieur Ernest Guilbert, on a pu heureusement préserver d'autres meules voisines et les bâtiments de la ferme peu éloignés.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1892  -  Fête.  -  Clécy.— Fête St-Pierre, le 3 juillet. Louerie de domestiques. Jeux divers, illutations, retraite aux flambeaux et feu d'artifice fourni par la maison du « Bonhomme  Normand ».   (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juillet 1892  -  Écrasé par un éboulement.  -  Le nommé Georges Mary, 25 ans, journalier à Putanges, qui travaillait au four à chaux de M. Pagny, à Clécy, était chargé d'abattre un talus mesurant environ trois mètres de large et deux mètres de haut. Au lieu de se tenir sur le côté, il se plaça au milieu. Un éboulement se produisit, Mary fut pris dessous et complètement écrasé. Les intestins et le cœur étaient sortis du corps, les bras et les jambes étaient brisés. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1893  -  Une mère comme on n’en voit peu.  -  Lors du tirage du canton de Harcourt, le jeune Jean Bourrey, de Clécy, avait accompagné son frère qui était conscrit et dépensé un peu d'argent à cette occasion. Sa mère, la femme Isidore Bourrey, en fut fort irritée et lui a témoigné sa colère en tirant un coup de pistolet sur lui, heureusement sans l'atteindre. Elle va dit-on, être poursuivie. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

 Juin 1893  -  A propos de sécheresse.  -  La plus grande que nous avions eue en Normandie est celle de 1559. De Pâques à la Toussaint la chaleur fut fort grande, dit M. de Bras. Le temps était toujours à l'orage et, pendant plus de six mois, il ne tomba pas, ou très peu d'eau. L'hiver qui suivit fut très doux et les violettes de mars parurent en janvier. Les arbres, trop avancés, donnèrent peu de fruits. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1893  -  Incendie.  -   Un incendie s'est déclaré la nuit, à Clécy, dans des bâtiments appartenant au sieur Démorieux, aux dames Théodore Pierre, François Foucault et veuve Guérin, exploités en partie par les sieurs Michel et Séguin L'eau manquant, tout a été brûlé. Pertes, 35 000 fr. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1894  - Incendie.   -  A St-Marc-d'Ouilly , un incendie a éclaté dans le tissage mécanique de MM. Pernelle frères, négociants à Flers. Les pertes sont évaluées : pour l'immeuble, à 60 000 francs ; pour le matériel et les marchandises, à 200 000 fr. Le tout assuré. Mais comme il arrive toujours en pareil cas, ce chiffre sera de beaucoup réduit au moment de l'expertise. 

— A Clécy, un incendie dont la cause est inconnue a consumé trois corps de bâtiments couverts en chaume, composés de trois maisons d'habitation, granges, écuries, étables et remise, le tout d'une longueur de 105 mètres, Pertes, 20 400 fr. 

— Le feu s'est déclaré chez M. Lepaon, cultivateur, côte Vassale, près Honfleur. Pertes, 10 000 fr. Ce sinistre est attribué à la fermentation du foin, accident malheureusement trop fréquent en cette saison. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1894  -  Les effets des orages.   -  Après quelques jours de beau, le temps s'est remis à l'orage. Dans la banlieue de Paris, notamment à Rueil, les dégâts sont considérables. Dans le Calvados, un domestique de Banville, Tanquerel, 81 ans, qui à cause de l'orage avait quitté la charrue et ramenait ses chevaux à la ferme de son maître, le sieur Hervot, a été tué par la foudre ainsi que les deux chevaux sur l'un desquels il était monté. Un tout jeune homme, qui suivait à pied, n'a eu aucun mal. 

— À Caumont, la foudre a allumé un incendie qui a détruit l'écurie, les étables et les greniers d'une ferme. 

— Du côté de Clécy et à Cesny-Bois-Halbout, les dégâts causés par la grêle ont été énormes. La foudre est tombée en maints endroits, ne causant que des dégâts matériels. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

 Septembre 1894  -  Trop de vacances.   -  Pour l'année scolaire 1893-1894, on arrive, dans les lycées et collèges, au total inouï de 201 jours de congé contre 164 de travail. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1894  -  Le vélo.   -  L'Académie a parlé. Tout compte fait, sauf de très rares exceptions, hommes et femmes peuvent, sans danger pour leur santé, monter en vélocipède, cet exercice n'est interdit qu'aux personnes atteintes d'une maladie de cœur. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1894  -  Le froid.   -  Il fait un froid glacial depuis quelques jours. Le temps est à la neige. A Paris, il en est tombé et le froid a déjà fait des victimes. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1894  -  Bien mal acquis ne profite pas.   -  Le sieur Cachelou, marchand ambulant à Falaise? était de passage à Clécy. Des malfaiteurs lui ont enlevé un tas de bibelots qu'ils vendaient sur la route en revenant sur Caen. Ce sont les nommés Paul Lecaudey dit Ravachol, 33 ans, né à Caen, et Paul Hée, 24 ans. Lecaudey a été arrêté à Caen. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1897  -  Incendie.  -  Un violent incendie s'est déclaré à Clécy, la nuit, chez la dame Lefrançois, veuve Dupont. Malgré les prompte secours, deux corps de bâtiments à usage d'habitation, étables, granges, cave et grenier, ont été complètement détruits. Pertes, 18 000 fr. Assuré. On croit à la malveillance.  (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1898  -  Incendiaire.  -  Un incendie s'est déclaré, à Clécy, dans une maison couverte en chaume, appartenant au nommé Percy, journalier, et habitée par le frère de celui-ci et le sieur Laplanche.

Le feu, qui avait pris dans la cuisine, ne tarda pas à gagner la toiture. Malgré les efforts des voisins, l'immeuble, comprenant deux maisons d'habitation, une grange et des greniers, était bientôt la proie des flammes. Les pertes sont évaluées à 2 000 fr. 

A la suite d'une enquête, rapidement menée, Percy, le propriétaire de la maison, qui était dans une situation très gênée, a été arrêté. Il a avoué être fauteur de l'incendie. Dans le pays, Percy passe pour avoir la tète dérangée. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1898  -  Incendie d’une filature.    Le feu s'est déclaré, à Clécy, dans la filature de coton, dite « la Bataille » appartenant à M. Lecouturier, de Condé-sur-Noireau. L'usine tout entière et ses dépendances ont été détruites. Un ouvrier a été blessé au bras. 50 ouvriers que cette filature occupait se trouvent sans travail. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1898  -  Renvoi de la classe.    Les hommes des classes 1894, 1895 et 1896, ainsi que les engagés volontaires qui doivent passer dans la réserve avant le 1er novembre prochain, seront envoyés en congé aux dates ci-après : à l'intérieur : le 17 septembre, dans les corps de troupe qui ne prennent pas part aux manœuvres, ou dans ceux qui seront rentrés en temps utile dans leurs garnisons pour exécuter, avant le 17, toutes les opérations de désarmement. Dans les autres corps, les hommes seront renvoyés après la rentrée des manœuvres aussi vite que possible. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1898  -  Mort d’insolation.   -   Le sieur Constant Gosselin, journalier à Clécy, moissonneur chez le sieur Piquart, cultivateur à Langrune, est mort frappé d'une insolation. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1899  -  Les débits de boissons.  -   Une loi est proposée au Sénat pour que les débits de boissons à consommer sur place soient réduits à un par 300 habitants.  En ce moment, il y a en France un débit par 85 habitants. L'écart est grand. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1899  -  Chute dans un puits.  -  La nommée Aline Couespel, 26 ans, servante à Clécy, est tombée dans un puits, en tirant de l'eau, et s'est tuée.  (Source : Le Bonhomme Normand)

Juin 1899  -  Suicide d’un enfant.   -   La femme Bertrand, demeurant à Clècy, ayant reçu la plainte d'un voisin au sujet d'un chou coupé dans son jardin, accusa son garçon de 12 ans d'avoir commis cette espièglerie. Le gamin s'en défendit. 

La mère le menaça de le dire à son père à sa rentrée du travail. L'enfant, qui avait une grande crainte de son père, quitta la maison paternelle et fut se pendre à un pommier. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juillet 1900 - Tentative de meurtre. - Le sieur Octave Ozerée, 42 ans, garde particulier à Clécy, faisait une ronde de surveillance dans les bois de Canteloup, lorsqu'arrivé au lieu dit « la Fouce », il aperçut à 50 mètres de lui, dans le milieu du sentier, un homme armé d'un fusil, qui lui cria, en le mettant en joue : « Si tu fais un pas de plus, tu es mort ».

Le garde saisit également son fusil, qu'il portait sur lui, et tout en avançant mit l'inconnu en joue. Au bout de quelques pas, l'inconnu tira, sans toutefois atteindre le garde, qui riposta par un coup de feu.

Au même instant, un autre individu venait rejoindre le braconnier, et tous deux prenaient la fuite sans pouvoir etre rejoints, ni reconnus par le garde, qui était mis à leur poursuite. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1900   -   Pêcheur noyé.  -  Léon Rémondin, âgé de 38 ans, pêchait dans la rivière de l'Orne avec un épervier, surpris par la gendarmerie de Clécy, il s'est noyé en traversant la rivière. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Juillet 1900   -   La chaleur.  -   La chaleur accablante que nous avons eue lundi et qui s'est élevée à 35° degrés à l'ombre s'est fait sentir partout ; à Paris et en Angleterre, il y a eu des cas d'insolation mortels. 

Par place, il y a eu des orages ; à Rouen, la foudre est tombée dans un café et a traversé la salle sans faire de dégâts.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

Clécy.   -   Vue générale du Bourg.

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