COLOMBELLES

Canton de Cabourg

Les habitants de la commune sont des Colombellois, Colombelloises


Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Un incendie, dont la cause est inconnue, a éclaté samedi, vers 8 heures 1/2 du soir, à Colombelles, et a consumé une meule de 2,024 gerbes de blé, appartenant au sieur Agenor Balière, cultivateur en cette commune. Les flammes s'apercevaient des abords du bassin, à Caen, où toute la soirée a stationné une foule nombreuse. La perte approximative est évaluée à 2,024 fr.  

 

Avril 1877   -  Infanticide.  -  Il y a quinze jours, on a découvert dans la rivière de l'Orne, sur le territoire de la commune de Colombelles, le cadavre d'un enfant nouveau-né, du sexe masculin, qui suivait le cours de l'eau et semblait venir du côté de Caen. L'autopsie a fait découvrir aux tempes et à la gorge des pressions qui permettent d'affirmer qu'il y a eu crime. Mais les recherches faites jusqu'à ce jour pour découvrir l'auteur de cet acte coupable sont restées sans résultat.

 

Avril 1877   -  Pêche.  -  La pèche fluviale sera prohibée depuis le I5 avril courant jusqu'au 15 juin. Le saumon, l’ombre-chevalier et la truite pourront seuls être péchés.  

 

Septembre 1884  -  Le concours de Troarn.    Dimanche au milieu des averses, a eu lieu le concours de Troarn. Les efforts et l'activité de la municipalité méritaient un ciel plus clément. La fête du soir, illuminations, retraits aux flambeaux, pièces d'artifice, a été très réussie. Réussi également le banquet, où le trou normand a été remplacé par six discours. Les lauréats, des médailles de bonne culture sont : MM. Ballière, à Colombelles ; Th. Joly, à St Pair ; Viel, d’Escoville ; Beaudouin , de St-Ouen-du-Mesnil-Oger ; Ricard, de Troarn ; de Vergnolles, à Brèville ; Renaud, de St-Ouen-du-Mesnil-Oger.  

 

Mai 1888  -  Élections.  -  A Colombelles, les électeurs veulent, paraît-il, écarter du conseil tous les candidats qui se laissent mener par leurs femmes. A ce compte Ià, ils ne pourront jamais mettre dix noms sur une liste.

 

Juillet 1888  -  Vol et élections municipales.  -  Vers le mois de décembre, Émile Bréville reçut de M. Monin, alors maire de Colombelles, l'autorisation d'arracher un pied d'arbre, Bréville reçut de M. Monin, alors maire de Colombelles, l'autorisation d'arracher un pied d'arbre, d'une valeur nulle, qui se trouvait sur le chemin. Le bois ne valait pas le travail nécessaire pour procéder à l'enlèvement. Aussi, Bréville ne fut-il pas très pressé de se mettre à l'ouvrage, il y procéda, toutefois, au bout de quelque temps. Se trompa-t-il, et, au lieu d'enlever l'arbre de la commune, arracha-t-il une racine appartenant à Mme Guenier, dont M.  Monin est le mandataire ? Peu importe, car personne ne se plaignit. Arrivèrent, les élections municipales. M. Monin ne fut pas réélu, faute d'une voix ! Celle de Bréville, sans doute. Toujours est-il que, quelques jours après, on envoyait au parquet une plainte pour le prévenir que Bréville, quelques mois auparavant, avait commis le vol d'une racine appartenant à Mme Guenier. Bréville a comparu en police correctionnelle, il a été acquitté. De son coté, M. Monin a été très heureux devant le conseil de préfecture, car il a fait annuler les élections municipales de Colombelles.  

 

Juillet 1888  -  Un drôle de maire.  -   M. le maire intérimaire de Colombelles, croyant avoir le droit de présider la distribution des prix de l'école municipale, en avait fixé la date à sa guise et sans consulter personne. De son côté, le préfet, selon son droit, nommait pour présider la distribution, M. Vieillot, secrétaire de l'inspection académique, et celui ci fixait la cérémonie au 30 juillet.

Fureur de M. Intérim, qui se mit d'abord à crier et à menacer, puis, se ravisant, il demanda les prix, sous prétexte de les faire voir aux conseillers municipaux. Sans défiance, on porta les livres à la mairie, mais à l'heure fixée, quand on fut les réclamer, le maire était absent. La distribution a eu lieu quand même, mais, au lieu de livres, les pauvres enfants sont rentrés chez eux avec un bulletin de prix.

Que va faire M. Intérim de ces livres qui ne lui appartiennent pas, puisqu'ils ont été votés par le conseil pour être distribués aux enfants ?  Va-t-il les donner aux enfants de l'école cléricale ?  Va-t-il en faire une bibliothèque à l'usage de ses favoris ? Voila ce qu'on se demande, tout en se disant que M. Intérim est un bien drôle de maire. 

Juin 1892  -  La foudre.  -  La semaine dernière, les époux Guilbert, dont le mari est âgé de 82 ans, propriétaires à Vasouy, montaient la rue des Capucins, à Honfleur, lorsqu'un coup de tonnerre effraya le cheval attelé à leur voiture. L'animal fit un écart et l'une des roues de la voiture heurta la borne qui protège la pompe située à l'encoignure des deux rues. Le choc fut si violent que la voiture fut renversée et brisée, le cheval continua son chemin avec l'avant-train, pendant que les époux Guilbert étaient projetés à terre, le mari sous la caisse de la voilure, Mme Guilbert sur la chaussée La dame Guilbert n'a reçu que des contusions légères, mais les blessures de son mari sont plus graves et on craint pour les suites. 

— Pendant le même orage, la foudre est tombée sur un arbre du parc du château de Colombelles, prés Caen, et l'a fendu dans toute sa longueur, Le taillis où se trouve l'arbre sur lequel la foudre est tombée est situé à 50 mètres d'un groupe de maisons, où il y a eu de légers dégât. Fort heureusement, personne n'a été atteint. 

— La foudre est aussi tombée sur un bâtiment dépendant d'une ferme située au-dessus du tunnel de la Motte, sur la ligne de Caen à Paris, et a causé des dégâts à la couverture.  (Source B.N.)

 

Juillet 1892  -  L’assassinat de Colombelles.  -  Dimanche soir, la religieuse institutrice de Colombelles, près Caen, rencontrant la dame Fremy, femme du jardinier du château de Mme de Laistre, lui demanda à aller cueillir des fraises dans le parc. Elle lui dit de demander la clef à son mari. En entrant chez le garde, la religieuse vit celui-ci étendu sur le sol et couvert de sang. Elle appela la dame Fremy. Celle-ci crut d'abord que son mari avait succombé à une congestion, mais, quand elle eut lavé le sang, on vit qu'il avait reçu deux coups très violents, l'un sur la tête, l'autre à la tempe.

L'enquête judiciaire a fait, dès le début, peser de graves soupçons sur le garde du château, Joseph Bordière, 35 ans. Il vivait en mauvaise intelligence avec Fremy et Mme Fremy a reconnu qu'ils s'étaient battus à propos du fumier de l'écurie. Fremy avait 62 ans. L'enquête continue.  (Source B.N.)

 

Octobre 1900  -  Accident mortel. -  Mardi, un employé des télégraphes, M. Helleux, était occupé à poser des lignes télégraphiques entre Clopée et Colombelles, quand le poteau sur lequel son échelle était appuyée c'est tout à coup rompu ; le malheureux est tombé d'une hauteur d'environ six mètres.

Transporté à son domicile, boulevard Leroy, il est mort quelques instants après. Helleux était marié et père de famille.  

 

Février 1891  -  Suicide.  -  Deux marins saisonniers ont retiré de la rivière l'Orne, territoire de Colombelles, le cadavre complètement nu du nommé Deburcy, facteur retraité, dont les effets avaient été trouvés, le 8 février, sur le bord de la rivière. Cet individu, qui avait fait une perte d'argent et qui avait été remercié de son emploi à la bibliothèque de la ville de Caen, ne jouissait pas depuis quelque temps de la plénitude de ses facultés mentales, Deburcy, qui, était célibataire, possédait une petite fortune.  

 

Janvier 1893  -  Coups et blessures volontaires.  -  Etienne Bourgais, 32 ans, né à Bures, ancien garde au château de Colombelles, appartenant à Mme de Laistre, et le sieur Frémy, jardinier de la même propriété, avaient, a raison de leurs services, de fréquentes discussions. A plusieurs reprises, Bourgais avait proféré des menaces de mort contre le jardinier. 

Le 10 juillet, vers 7 heures du soir, Frémy se rendit à la maison de Bourgais et lui transmit un ordre du régisseur.  Bourgais, étant sorti de chez lui, s'écria en réponse à la communication qui lui était faite : « Espèce de failli, est-ce toi qui commande ici ? Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi ! » Une lutte s'engagea entre les deux hommes, au cours de laquelle Bourgais porta, a Frémy des coups violents sur le sommet de la tête et sur la face. Frémy se retira et regagna sa demeure, distante de 150 mètres environ. Vers 7 heures 1/2 du soir, un témoin, entrant dans la maison de Frémy, trouva celui-ci gisant sur le sol et ne donnant plus signe de vie.

L'autopsie a établi que la mort était le résultat de lésions cérébrales et que ces lésions avaient été causées par les violences exercées sur le crâne de la victime à l’aide d'un instrument contondant et non résultant de coups donnés avec le poing, ainsi que l'a prétendu l'accusé. Bourgais n'a pas d'antécédents judiciaires. Très énergiquement et très habilement défendu par Me Lefêvre, il a été acquitté. (Source B.N.)

 

Octobre 1893  -  Chronique judiciaire.  -   Théodore Deliot, 47 ans, cultivateur à Lion-sur-Mer, chasse,16 f.

— Pierre Gillette, 68 ans, journalier, à Allemagne, coups et blessures à sa femme, 15 jours de prison,

— Albert Barbe, 15 ans, journalier à Bernières-sur-Mer, vol d'une somme d'argent au sieur Magniez, jusqu'à 20 ans dans une maison de correction.

— Auguste Lelièvre, 53 ans, domestique à la Délivrande, outrages à la gendarmerie, ivresse, tapage, 1 mois.

— Albertine Hepiegne,femme Beuron, 42 ans, journalière à Colombelles, vol de choux dans les champs au préjudice du sieur Cliquet, 1 mois et 16 fr. (Source B.N.)

 

Janvier 1906  -  Découverte d'un cadavre.  -  Lundi l'après-midi, on a retiré de l'Orne, près du pont de Colombelles, le cadavre d'une femme qui semblait avoir séjourné dans l'eau depuis un mois environ.

Le corps a été reconnu pour être celui de Mme Baptiste, demeurant à Caen. Cette mort paraît être le résultat d'un accident.  

 

Mai 1908  -  Accident.  -  Dimanche matin, vers 11 heures, M. Henri Moreau, propriétaire de l'auto-garage a Caen, se rendait en automobile a Bavent par la route de Cabourg. Lorsqu'à un tournant, et au moment où il marchait a une allure modérée, il aperçut deux voitures qui se rangèrent sur le côté droit. Au même instant, un cycliste sur marcher a gauche. Le malheureux cycliste se précipita sur la voiture automobile. Relevé aussitôt, on s'aperçut qu'heureusement il n'avait que la jambe droite facturée.

M. Moreau, dont la responsabilité n'est pas engagée dans cet accident, a ramené a Caen le blessé et l'a conduit à l'Hôtel-dieu. C'est un nommé Auguste Houteville, journalier à Mondeville. Il aura à subir du fait de cet accident, et une longue incapacité de travail.  

 

Janvier 1913  -  L'invasion allemande. -  Les habitants de Colombelles sont en émois. On veut leur supprimer leurs chemins ruraux et vicinaux pour les donner à la société des hauts-fourneaux. Le conseil municipal de la commune à, en effet, émis un avis favorable à la désaffectation et même à l'aliénation de chemins rejoignant la route de Caen à Trouville et communiquant avec les villages voisins.

La commune recevrait en compensation, un petit arrosage de 27.000 francs. Mais les Colombellois auraient pres d'une demi-lieue de plus à faire pour aller de chez eux vers l'intérieur.

Aussi ont-ils, comme un seul homme, signé une pétition protestant énergiquement contre la prise de possession de leurs chemins. Une enquête a été ordonné dont les conclusions ne  devraient être que défavorables à la désaffectation. Mais cette enquête n'a été faite qu'à Colombelles même.

Pourquoi ? Les communes voisines ne sont-elles pas atteintes, elle aussi ? Car s'il faut désormais faire une demi-lieue de plus pour aller de Colombelles à Giberville, il est probable qu'il en faudra autant pour aller de Giberville à Colombelles. Jusqu'où ira cette invasion industrielle ?

Va-t-on laisser embêter tour un coin de notre plaine caennaise par un tas de ..... fourneaux, même hauts ?

 

Mai 1913  -   Les Hauts-Fourneaux  -  Les travaux se poursuivent activement et sont déjà imposant quoique à leurs débuts puisqu'ils doivent durer deux bonnes années. Sur la colline dominant Clopée se détachent 3 groupes de vastes maisons : bureaux et habitations, au milieu de bois. La nouvelle route de Cabourg est percée. Elle est plus directe que la précédente. Pourtant nous regrettons que la très  dangereuse cours de Clopée non seulement n'ait pas été  corrigée au cours des derniers terrassements, mais qu'elle ait pas été aggravée. Il serait peut-être temps de réparer cette lacune. Près de l'Orne, il nous a été donné d'examiner une maisonnette d'un étage entièrement moulée en ciment : toit plat et cheminée. Une grue dresse les uns contre les autres les murs épais de quelques centimètres, et il n'y a plus qu'à meubler. Le premier pont métallique du chemin de fer sur l'Orne est près à être lancé, un peu en amont du lac de Colombelles.

 

Juillet 1913  -  Une cantine démolie  -  Furieux que le cantinier Verbesk, aux Hauts-fourneaux, refuse de leur servir à boire, les nommés Jean Loisel, dit Grosjean, 20 ans, et Joseph  David, 27 ans, terrassier, sans domicile fixe, allèrent le 26 juillet au soir, chercher une pioche et démolirent complètement cette cantine, qui mesure 24 mètres de long sur 2 m. 20 de haut. Dans un berceau, se trouvait l'enfant Massist, âgé de quelques mois, qui fut recouvert de nombreux bris de vitres. Loisel, un mois de prison. David, trois semaines.  

 

Mars 1917  -  Des toutous, S.V.P. !  -  On désirerait quelques bons chiens de garde au camp de prisonniers des Hauts Fourneaux. Il n'est pas nécessaire qu'ils mordent, pourvu qu'ils aboient. S'adresser à M. le capitaine commandant le camp, qui sera reconnaissant des offres qu’on lui fera.  

 

Mai 1917  -  Mort sur la route.  -  On a trouvé, sur la route, au lieu dit les Grands-Réservoirs, à Colombelles, près Caen, le cadavre du nommé François Heslot, 62 ans, journalier, originaire de la Mayenne. Cet homme était atteint de la jaunisse. Le médecin chargé de constater le décès a conclu à une mort naturelle.

 

Juin 1917  -  Découverte d'un cadavre.  -  On a trouvé, sur la route aux Grands-Réservoirs, le cadavre d'un nommé François Heslot, 62 ans, journalier, originaire de la Mayenne. L'enquête a démontré qu'il s'agissait d'une mort naturelle.  

 

Décembre 1917  -  Aux Hauts-Fourneaux.  -  En voulant traverser la voie de reprise, en construction, des Hauts-Fourneaux, et sur laquelle n'existe encore aucun passage à niveau, un manœuvre des chantiers Mercier-Limousin, à Colombelles, François Chatevaire, a été surpris par une locomotive en manœuvre et coupé en deux. Chatevaire, originaire de la Vendée, mais domicilié au Canada, était marié et père de quatre enfants.

 

Avril 1918  -  Un trio de voleurs.  -  Il y a quelque temps, la police mobile arrêtait, pour de nombreux vols commis dans les chantiers et sur les quais, les nommés Édouard Briand, 44 ans, chauffeur, Émile Sainty, 52 ans, ajusteur, Jean-Baptiste Mézières, journalier, tous les trois de Colombelles. Les deux premiers ont été condamnés récemment par le tribunal correctionnel de Caen. Mézières, qui était en sursis et au domicile duquel on a trouvé une quantité énorme de charbon, de matrices et d'outils, vient d'être déféré au général commandent la 3e Région.

 

Octobre 1918  -  Un champ mis au pillage.  -  M. Jules Delaunay, menuisier à Cuverville, constatait, il y a quelques jours, que 1.500 pieds de pommes de terre avaient été arrachés dans un champ lui appartenant, situé à Colombelles.

Il se mit en embuscade et ne tarda pas à surprendre, en flagrant délit de vol, le soldat Henri Goulka, du 52e territorial, détaché comme mouleur aux Hauts-Fourneaux, demeurant à Mondeville, rue des Roches.

Octobre 1918  -  Vol de pommes de terre.  -  Ces jours-ci les gendarmes rencontraient à Colombelles, deux individus employés à la société normande de Métallurgie et demeurant à Mondeville. Delescaut et Patron, qui portaient des sacs volumineux remplis de pommes de terre.
Delescaut, chercha à raconter des histoires, mais Patron entra immédiatement dans la voie des aveux. Ils revenaient tous les deux de Ranville, ils avaient volé les pommes de terre dans un champ appartenant à Mme Henri Lacour, cultivatrice, hameau de Longueval, et situé sur le bord de la route de Caen à Dives. Ils ont été arrêtés et mis à la disposition du
Parquet de Caen.

Depuis un mois environ, Mme Lacour a constaté la disparition de 500 kilos de pommes de terre. Elle éprouve un préjudice de 250 francs.

 

Mai 1919  -  Aux  Hauts-fourneaux, une explosion de mine tue un ouvrier.  - Hier un grave accident, qui a causé la mort d'un ouvrier, s'est produit sur les chantiers de la Société normande de métallurgie  à Colombelles. Des ouvriers sont occupés à creuser une tranchée derrière le grand bâtiment appelé « la Station centrale ». Pour activer le travail, ils emploient pour faire sauter des quartiers de terrain des mines de cheddite. Non loin de cet endroit travaillent d'autres ouvriers, à la démolition d'un bassin réfrigérant situé à environ 60 mètres du lieu de l'explosion. Le bruit des machines est tel qu'ils ne pouvaient entendre les détonations. Soudain, l'un des ouvriers. Alfred Favrel. terrassier de l'entreprise Givel, s'affaissa,  perdant son sang en abondance par une blessure à la tète. On se précipita à son secours et il fui porté à l'infirmerie par l'ambulance, où le docteur Emerich constata que Favrel était atteint d'une fracture à la base du crâne. Une pierre pesant plus de trois kilos avait été projetée sur lui par l'explosion de la mine. Favrel fut transporté immédiatement à l'hôpital, où il ne tarda pas à expirer. Il était né à Vimoutiers le 24 novembre 1866. marié, sans enfant, et habitait Caen.

 

Décembre 1922  -  Enlisé.  -  dans les marais de Colombelles, un ouvrier d'usine, le nommé Adrien Dujardin, passait la nuit dernière aux environs du hameau de Longueval lorsque, trom par l'obscurité, il s'engagea dans les marais qui bordent la rive gauche de l'Orne.

Le malheureux s'enlisa dans la vase et ne réussit à sortir du marais qu'après de longs effort. Il était couvert de boue et tomba inanimé sur la berge. On l'interrogea, mais il ne put pondre aux questions qui lui étaient posées.  M. le docteur de Blainville fit transporter l'ouvrier à l'hôpital.

 

Août 1924  -  Accident d’automobile.  -  Ces jours derniers, M. Pastucci, 27 ans, employé à la Société Normande de Métallurgie, demeurant route de Rouen à Mondeville, suivait à bicyclette, la route de Dives, lorsqu'une automobile sortit brusquement de la cour de la ferme exploitée par M. Travers. Le cycliste qui n'avait pu se garer à temps fut accroché par le véhicule. Sa machine fut mise en pièces. La gendarmerie a ouvert une enquête.

 

Février 1925  -  Les cambrioleurs du presbytère sont arrêtés. -  Nous avons relaté le cambriolage commis ces jours derniers au presbytère de Colombelles. La police municipale et la gendarmerie procédèrent à une double enquête qui ne devait pas tarder a aboutir. Les auteurs de cet exploit, deux étrangers, ont été arrêtés hier matin. Ce sont les nommés Alexis Sarkissof et Byamu Czepilowski. Ce dernier avait été reçu par M. l'abbé Bigard, curé de Colombelles. Il logeait dans la maison qu'il devait mettre au pillage avec, son complice.

Voici dans quelles circonstance les malfaiteurs ont pu être arrêtés.

Hier, dans la matinée, la police fut informée qu'un individu s'était présenté dans un café du quai Vendeuvre avec un colis de provenance suspecte, Il confia le colis à la garde du propriétaire de l'établissement. Sur l'ordre du Brigadier, le sous-brigadier Morin s’empressa aussitôt de rechercher l'arrivant, qu'il rejoignit Juste au moment celui-ci s'apprêtait à sortir, toujours porteur du colis mystérieux. La boite fut ouverte et on y retrouva la plupart des objets robés. Mais Sarkissof déclara qu'il ignorait la provenance des objets contenus dans la caisse, ajoutant que cette caisse lui avait été remise par un camarade tchécoslovaque.

On croit que la carabine volée dans le presbytère a été vendue, ainsi que d'autres objets volés par les cambrioleurs. Ils ont été incarcérés hier, après interrogatoire au parquet.

 

Mai 1925  -  Une tentative de meurtre  -  Ces jours derniers, alors que les pensionnaires de la cantine Capelle à Colombelles, prenaient en commun leur repas du soir, un Polonais s'empara de la vaisselle déposée sur une table et la brisa dans un accès de fureur. L'un de ses compatriotes, M. François Sosnoviski, 41 ans, ouvrier métallurgiste, s'étant interposé, il lui jeta une assiette au visage puis s'éloigna en proférant des menaces.

Peu après l'énergumène pénétrait de nouveau dans la cantine et s'approcha de l'ouvrier métallurgiste qu'il atteignit à la tête avec une lime qu'il avait dissimulée. Maîtrisé par les personnes présentes, le meurtrier était peu après mis en état d'arrestation. L'état de la victime parait assez grave.

 

Juin 1925  -  Ignoble personnage.  -  L'Algérien Boualem Ali Ben Saïd, 31 ans, manœuvre à Colombelles, avait fait de nombreuses stations dans les cafés de Mondeville, en compagnie du jeune Gazai, ajusteur. Vers 22 heures, les deux hommes regagnaient leur cantonnement à Colombelles, lorsque Boualem, arri près du château d'eau de la Société tallurgique, entraîna son camarade dans un champ voisin et voulut se livrer sur lui à des actes répugnantes. L'immonde personnage, irrité par la résistance de sa victime, recourut aux pires violences. Gazai aurait été étranglé sans l'intervention de deux ouvriers polonais accourus à ses cris.

A l'audience, le prévenu nie les faits. Il n'en est pas moins condamné à 3 mois de prison.

 

Décembre 1925  -  Double arrestation.  -  Ces jours derniers, les gendarmes de Colombelles surprirent deux individus en train de dérober des betteraves. Les rapineurs qui s'étaient empressés d'abandonner leurs sacs, furent rejoints par le brigadier Lemée, qui réussit à arrêter l'un d'eux un nommé Jaffre, 27 ans, manœuvre.

L'autre était un peu plus loin, rejoint par le gendarme Anne, au moment celui-ci procédait à l'arrestation, il reçut un violent coup de poing du malfaiteur, qui s'enfuit dans la direction de Mondeville. Jaffre interrogé, déclara que son complice se nommait Albert Besnard, maçon, demeurant à Mondeville. Ce dernier fut arrêté à son tour, et passa des aveux.

 

Janvier 1926  -  Pour abréger sa tournée un facteur jetait des lettres dans l’Orne.  -  M. André Foulon, ouvrier des Hauts-Fourneaux, demeurant à Colombelles, et son fils, âgé de 16 ans, suivaient la route qui borde l'Orne, lorsque, après avoir dépassé la voie ferrée de l'usine, ils remarquèrent dans des roseaux un paquet soigneusement ficelé qu'ils attirèrent sur la berge à l'aide d'un bâton. Ce paquet contenait une cinquantaine de lettres affranchies, au timbre oblitéré par la Poste, ils s'empressèrent de le remettre à M. Vanguis, maire de Colombelles, qui avisa de sa découverte M. Ciétot, facteur-receveur de la commune.

Ce dernier procéda aussitôt à une enquête. Ces lettres avaient été confiées le 30 décembre à un facteur auxiliaire, Joseph Maury. Il reconnut que les pièces avaient été jetées par lui dans la rivière, ne croyant pas pouvoir achever la distribution de ce courrier, destiné aux habitants des Cités de la Société Métallurgique.

Aucune des lettres abandonnées ne contenait de chargement. Une perquisition effectuée au domicile du facteur n'a pas donné de résultat.

 

Février 1926  -  Incendie à Colombelles.  -  Un incendie dont la cause n'a pu être établie s'est déclaré à Colombelles, dans une grange, située en bordure du chemin conduisant au campement russe.

Lorsque les pompiers avivèrent sur les lieux, le feu menaçait la ferme Bellanger, toute proche. On ne réussit à se rendre maître du sinistre qu'après 3 heures d'efforts. De grandes quantités de paille et de foin ont été la proie des flammes. Les dégâts sont évalués à 20.000 fr. 

 

Juillet 1926  -  Deux arrestations à Colombelles.  -   M. Mougins, maire socialiste de Colombelles s'efforce de réaliser dans sa commune le plan de la cité future, mais il préconise ailleurs l'égalité absolue entre tous les citoyens, la suppression de tout les privilèges et le droit de tutoyer ses administrés sans distinction de classes. Il n'entend pas être traité sur le même pied. Si un ouvrier en goguette se permet en sa présence des libertés trop grandes, M. Mougins le rappelle aussitôt à une attitude plus déférente, et lui fait dresser procès-verbal pour outrages.
Aucun maire bourgeois ne se montre d'une telle intransigeance sur le principe d'autorité et ne réclama si souvent l'intervention des gendarmes pour faire respecter sa personne et son écharpe. Les citoyens libres de Colombelles avaient une autre conception du parti socialiste et ne senent pas pour manifester leur dépit, lorsque le maire entend user de son titre.

L'après-midi du 14 juillet, deux ouvriers des hauts-fourneaux lui ayant manqué d’égards, M. Mougins fit signe au chef de brigade M. Lemé, qui arriva aussitôt avec les gendarmes Grenouillac et Anne.

Les deux individus, Paul Laurel, 25 ans, ajusteur et Michelet Joseph, chauffeur, bondirent sur M. Lemé et le terrassèrent. Le gendarme Grenouillac fut également envoyé à terre d'un formidable coup de poing. On ne réussi qu'après de longs efforts à s'emparer des deux hommes, qui ont été arrêtés pour rébellion.

Octobre 1926  -  Certificat d'immatriculation.  -  Le Russe Casimir Dontzoff, 24 ans, manœuvre à Colombelles, a outragé le contrôleur des chemins de fer de l'Etat, M. Vail. Il était, en outre, pourvu du certificat d'immatriculation. 15 jours de prison.

 

Mars 1927  -  L'horrible crime d'une mère.  -  Ayant découvert des traces de sang près de sa porcherie, Mme Raymond Hubert, cultivatrice à Colombelles près de Caen, avertit la gendarmerie. L'enquête amena rapidement à soupçonner d'un acte criminel une jeune servante, Suzanne Lelièvre, 16 ans, d'une déplorable moralité. Interrogée, elle se défendit  énergiquement mais, après perquisition dans sa chambre,  elle ne put plus continuer à nier et inventa plusieurs récits : elle prétendit d'abord avoir été souffrante, puis avoir mis au monde un enfant mort-né qu'elle avait été donner à manger à une truie.

L'examen médical ayant précisé que la fille Lelièvre avait mis au monde un enfant viable, elle entra enfin dans la voie des aveux; elle avait étranglé le pauvre bébé et avait été le déposer dans le clapier de la vieille ferme de ses patrons.

En effet, le cadavre du petit être devait y être trouvé sous la paille; il portait encore au cou, serré de deux nœuds, le ruban qui avait servi à l'étrangler. La mère infâme à été arrêté mais, son état de santé étant inquiétant, elle a été conduite à l'hôpital.

 

Février 1928  -  Un cordonnier est écrasé par un train.  -  M. Léopold Reynert, chef de manœuvre à la S.M.N., pilotait une rame de dix wagons qui était, refoulée vers le môle, des hauts fourneaux. Lorsqu'en quittant le poste 3 et alors que le convoi roulait à environ 12 km à l'heure, et se trouvant sur le dernier wagon, il aperçut un groupe de trois personnes devisant sur la voie, il siffla à plusieurs reprises pour les avertir. A son signal, les trois personnes se séparèrent. Deux se rangèrent sur la droite, une autre se mit sur le doté gauche , au moment ou le premier wagon arrivait, celle-ci voulut traverser la voie, mais elle fit un faux pas, et glissa sous le wagon.
Malgré les coups de sifflet de tresse de M. Reynèrt, qui s'était aperçu de l'accident, le mécanicien ne put arrêter sa locomotive que lorsque le convoi eut passé sur le corps du malheureux.
La victime, Alphonse Victoire, 50 ans, cordonnier, demeurant à Mondeville, était mort sur le coup. Le malheureux avait les deux jambes broyées, de nombreuses contusions sur le corps et des plaies profondes à la nuque et sur la tête.

Le docteur Pecker, de Mondeville, a constaté le décès. Ajoutons que cet accident s'est produit sur un terrain particulier de la S.M.N. interdit au public.

 

Février 1928  -  La triste série continue, encore un ouvrier écrasé par un train.  -   Un manœuvre employé à la S. M. N., Théophile Saquero, 48 ans, sujet espagnol, domicilié à Caen, place Saint-Gilles, a eu, au cours de son travail, la tête écrasée par un wagonnet chargé de scories qu'il poussait avec un autre manœuvre.
L'accident se serait produit dans les circonstances suivantes : Pour donner plus de facilité au démarrage du wagonnet, pesant environ deux tonnes, une des traverses posées tous les deux mètres pour soutenir la voie Decauville avait été retirée et placée au départ de façon à ce que la voie soit en déclivité. En arrivant à l'endroit la traverse manquait, un des rails, qui n'était plus soutenu, a fléchi sous le poids du wagonnet, et celui-ci s'est renversé, entraînant avec lui le malheureux Saquero qui a eu la tête prise dessous. Aux appels de son camarade de travail, des ouvriers travaillant aux alentours se sont portés à son secours pour le dégager, mais la mort avait déjà fait son œuvre. le docteur Pecker, de Mondeville, a constaté le décès.

 

Février 1928  -  Un ouvrier décapité par un train.  -  Un chauffeur de la S. M. N., Le cam, le 14 décembre 1862, à Pleyber-Christ (Finistère) a été trouvé couché sur la voie du chemin de fer reliant la gare à la S. M. N. au nouveau bassin de Caen.
Il avait les mains coupées au poignet et la tête séparée du tronc à hauteur des épaules.
On suppose que Le Bécam, en voulant se rendre à sa pension de la cantine, Capello, pour prendre son repas, aura pris un chemin de traverse au lieu de passer par le passage à niveau, et que descendant le talus haut de 4 ou 5 mètres qui borde la voie à l'endroit il a été trouvé, il aura glissé en raison du temps pluvieux et sera tombé sous un train.
Sa femme et sa fille qui habite Le Havre ont été prévenues.

Mars 1928  -  Scène tragique.  -  Au débit Tirrel, à Colombelles, un lituanien, Vimas Narkiavicus, 26 ans, ouvrier aux Hauts fourneaux, s'est soudain tiré un coup de revolver dans la bouche. La balle a perforé la langue et traversé le palais.

Néanmoins, la blessure ne paraît pas grave. On ignore les causes de cet acte de désespoir. Narkiavicus, qui a été transporté à l'hôpital de Caen, sera poursuivi à sa sortie pour port d'arme prohibée. Ça lui apprendra !  

 

Mai 1928  -  Un canot chavire.  -  Deux jeunes gens de Longueval, Victor Cornu, 15 ans, et le polonais Michel Juszezack, 26 ans, étaient allés en périssoire à Colombelles.

Au retour, au lieu-dit « Le Bac » , la légère embarcation, prise dans un remous provoqué par la marée montante, chavira.

Un témoin de l'accident s'empressa de tendre aux naufragés une perche que Juszezack put saisir, tout en essayant de sauver son camarade qui, bientôt, coula à pic. Son cadavre devait  être ramené par un marin de Ranville, M. Louis Léger.  

 

Juin 1928  -  Une odieuse mégère.  -  Comme Mme Asselin, ménagère à Colombelles, sortait de chez elle avec ses quatre enfants, la polonaise Sophie Meintzo, 39 ans, se jeta sur l'aîné, le petit René, 5 ans 1/2, et lui donna un croc-en-jambe qui lui brisa la jambe droite au dessus de la cheville. Mme Asselin a porté plainte contre la polonaise qui aurait la réputation de battre les enfants. Néanmoins, celle -ci nie avec énergie.

Août 1928  -  Arrestation d’étrangers.  -  La brigade de gendarmerie de Colombelles a arrêté un Polonais, Wincenty Flack, 29 ans, manœuvre à Mondeville, qui, se trouvant en état d'ivresse au bal Bartholoméo, cherchait querelle aux danseurs et a exercé des violences sur un gendarme qui l'invitait au calme.
La même brigade a arrêté Charles Rinson, sujet suisse, 22 ans, manœuvre à Mondeville, pour bris de clôture et outrage aux gendarmes.

 

Septembre 1930   -   Une baignade fatale.   -   Samedi soir, vers 19 heures, un sujet italien, Damenico Bissonlini, âgé de 20 ans, terrassier, employé à Colombelles, prenant pension chez M. Quetelle, à Mondeville, s'était rendu sur les bords du canal de Caen à la Mer, pour se baigner, il était accompagné d'un camarade de travail, sujet autrichien, Charles Petraschka, de deux ans plus jeune que lui.

Ne sachant pas nager, Bissonlini chercha un endroit où la berge du canal, en pente douce, lui permit de prendre un bain sans perdre pied. Il trouva ce coin à proximité du pont  d'Hérouville et se mit à l'eau.

À un moment donné, par suite d'un faux mouvement, les deux pieds lui manquèrent et il partit à la dérive. Son camarade, bien que ne sachant que très peu nager, se porta à son secours mais inutilement. Ce n'est que plusieurs heures après que son corps fut retiré de l'eau, par M. Houérou, qui sondait le canal à l'aide d'un grappin.  

 

Septembre 1930   -   Une querelle qui tourne mal.   -   Au cours d'une querelle restaurant Leglaz, le nommé Léon Cayrel, 28 ans, poseur à l'entreprise Barberi, a frappé d'un coup de couteau au poignet droit l'un de ses camarades de travail. Auguste Hervé, 24 ans, le blessant grièvement. Cayrel a été arrêté.

 

Janvier 1940  -  La manière forte.   -  Il y a quelques jours, en jouant avec un pistolet à flèches, le jeune Jacques Malinowski, âgé de 6 ans, demeurant chez sa grand'mére, 6 rue de la Coopérative, à Colombelles, atteignait à l'œil droit la fillette de Mme Haluszezak, qui est âgée de 4 ans et habite dans le même Immeuble. La petite fille fut blessée d'une manière insignifiante.

Mme Haluszezak apercevant l'auteur bien involontaire, et bien irresponsable de l'accident, qui jouait dans la rue, envoya son garçon Basile âgé de 12 ans, le chercher lui commandant de ramender de force si besoin était.

Malgré sa résistance, le pauvre petit fut traîné jusqu'aux pieds de la mère vengeresse, maintenu fortement cependant que, tour à tour, le fils et la mère lui portaient des gifles et des coups de poing. La grand'mère du jeune Jacques, Mme Douskow qui l'élève, a porté plainte.

 

Janvier 1940  -  Un terrible accident aux hauts-fourneaux de Colombelles.  -  Le 20 Janvier, un terrible accident s'est produit dans la fin de l'après-midi, à la Société Métallurgique de Normandie, à Colombelles. A l'atelier des aciéries, un groupe d'ouvriers était occupé à la manipulation d'une poche d'acier en fusion, d'un poids total de plus de 50.000 kilos en vue de son déversement dans les lingotières, pour passer les barres au laminoir.

Pour une cause qui n'a pas encore été établie, un des crochets maintenant la poche dans la position horizontale se brisa. L'énorme masse incandescente bascula aussitôt. Sous le poids énorme qui lui était imposé, le deuxième crochet se rompit à son tour et les cinquante tonnes d'acier en fusion se répandirent sur le sol.

Les ouvriers se trouvant à proximi furent tous atteints. L'un d'eux devait être entièrement carbonisé. Il s'agit de M. André Bateux, le 18 mai 1919 à La Vespière, demeurant à Orbec, marié et père de quatre enfants. Cinq autres furent grièvement blessés. Leur état est considéré comme désespéré. Les cinq blessés ont été transportés à l'hôpital de Caen.

Les gendarmes de Colombelles ont procédé à une enquête.

 

Janvier 1940  -  Le nombre des morts est porté à quatre.  -  Nous avons annoncé hier le terrible accident qui s'était produit samedi, dans la fin de l'après-midi, à l'atelier des aciéries de la Société Métallurgique de Normandie à Mondeville.

Les réserves que nous avions faites sur l'état de santé des blessés admis de toute urgence dans les cliniques de Caen se sont malheureusement trouvées confirmées puisque trois d'entre eux sont cèdés dans le journée de dimanche.

Les nouvelles victimes sont M. Pierre Mouillard, 10, rue Anatole-France, lotissement des Charmettes, à Mondeville, âgé de 33 ans marié, père de quatre enfants, décédé à la clinique des Oblates ; M. Alphonse Prosper, rue des Carrières de Vaucelles, à Caen, âgé de 30 ans,  marié et père de quatre enfants ; Mme Prosper attend un cinquième ; et enfin le contremaître, M. Raoul Marie, 61 ans, rue Pasteur, à Mondeville, décédé à la clinique de la Miséricorde.

L'état de santé de M. Claude Baduel, 54 ans, domicilié à Colombelles, soigné à la clinique de la Miséricorde, reste stationnaire et ne laisse que fort peu d'espoir de le sauver. Par contre, M. Valentin Foubert, 40 ans, demeurant Cagny, il est marié et père de six enfants, également soigné à la clinique de la Miséricorde, semble avoir plus heureusement réussi et il est possible que le malheureux, malgré les terribles brûlures dont il est  atteint et les souffrances qu'il endure, échappe à la mort.

 

Janvier 1940  -  L'accident des Hauts-Fourneaux, un nouveau décès porte à cinq le nombre des morts.  -  Ainsi que nous le faisions prévoir, M. Claude Baduel. l'une des victimes de l'accident survenu samedi après-midi à l'atelier des Aciéries de la Société Normande de Métallurgie de Mondeville-Colombelles, n'a pu survivre à ses graves brûlures malgré l'excellence des soins dont il était entouré, il est décédé hier matin à la clinique de la Miséricorde Il avait été transporté. Ce décès porte à cinq le nombre des morts occasionnées par ce terrible accident.

La sixième victime, M. Valentin Foubert continue à supporter aussi vaillamment que possible le choc consécutif à la terrible secousse qu'il a eu à subir. Les brûlures dont il est atteint intéressent tout particulièrement la région des Jambes et des bras.

 

Janvier 1940  -  La manière forte.  -  Il y a quelques jours, en jouant avec un pistolet â flèches, le Jeune Jacques Malinowski, âgé de 6 ans, demeurant chez sa grand’mère, 6, rue de la Coopérative, à Colombelles, atteignait à l'œil droit la fillette de Mme Haluszezak, qui est âgée de 4 ans et habite dans le même Immeuble.

La petite fille fut blessée d'une manière insignifiante. M Haluszezak apercevant l'auteur bien involontaire, et bien irresponsable de l'accident, qui jouait dans la rue, envoya son garçon Basile, âgé de 12 ans, le chercher lui commandant de l’amener de force si besoin était.

Malgré sa résistance, le pauvre petit fut traîné jusqu'aux pieds de la mère vengeresse, maintenu fortement cependant que tour à tour, le fils et la mère lui portaient des gifles et des coups de poing. La grand'mère du jeune Jacques, Mme Douskow qui l'élève, a porté plainte.

 

Mars 1940  -  Un ouvrier trouvé mort dans un atelier.  -  M. Laurent, 50 ans, demeurant à Colombelles, rue de la République, employé au service d'entretien des machines, aux Hauts-fourneaux, avait pris son travail vendredi soir dans des conditions normales.
Hier matin, vers 7 heures 30, un ouvrier, pénétrant dans l'atelier des fours Pitte, aperçut M. Laurent étendu près des machines. Pensant qu'il dormait, il s'approcha de lui et le secoua pour le veiller, mais, à sa grande stupéfaction constata que le malheureux était mort et déjà froid.
La direction, aussitôt prévenue, fit transporter le
corps à l'immeuble de l'usine le docteur Serre ne put se prononcer d'une façon exacte sur les causes ayant entraîné la mort de M. Laurent.
Pour les déterminer exactement, l’autopsie devra être pratiquée.

 

Mars 1940  -  Coups.  -  Les gendarmes de Colombelles ont à mettre au point une affaire de violences entre voisins, qui mit aux prises une femme Lenik, née Rosalie Kurzan, 36 ans, ménagère à Colombelles, 12, venelle de la Passerelle, et Alexandre Jorezaka, manœuvre, au 10 de la même venelle. Si l'on en croit les déclarations de la femme Lenik, déclarations qui se trouvent confirmées par plusieurs témoins, une querelle suivie d'un échange de coups, s'est produite entre les enfants des deux antagonistes.
Sous le prétexte d'obtenir des explications, Jorezaka s'est présenté au domicile de la femme Lenik et, après un échange d'injures s'est livré à des voies de fait sur l'occupante, lui
portant des coups de poings à la poitrine et à la tête, puis des coups de pied aux jambes. Pour se défendre, la femme Lenik se serait emparé d'un balai, dont elle aurait cassé le manche en frappant le chambranle de la porte de son logement en voulant porter des coups à son adversaire.

 

Juillet 1940  -  Deux jeunes gens sont blessés par une fusée.  -  Il y a un mois, M. Georges Piattier, 54 ans. surveillant, demeurant à Colombelles, 80, rue Jean-Jaurès, voyait son fils revenir avec deux fusées qu'il avait trouvées sur les bords de l'Orne, et que M. Piattier alla jeter aussitôt dans la rivière.
Quelque temps après, il trouvait encore plusieurs fusées qu'il cacha. Or, son fils et le jeune Leray Maxime les retrouvèrent et les manipulèrent.
Comment cela se passa-t-il, on l'ignore. Toujours est-il qu'une fusée éclata et que les deux jeunes gens furent blessés assez sérieusement. Marcel Piattier avait une plaie au bras gauche et Maxime Leray portait des blessures à la main et à la figure.
Ils furent transportés à l'hôpital de Caen, ils ont reçu les soins nécessaires.

 

Mai 1941    -    Encore un câble coupé !   -    Mardi, la garde des câbles sur la route de Falaise était levée à Caen.

Mercredi, entre Ranville et Colombelles, un autre câble a été coupé à environ 1800 mètres au sud-ouest de Ranville. La gendarmerie française qui a ouvert l'enquête fait un appel pressant à la population pour qu'elle lui donne, sans délai, les indications utiles pour la recherche du coupable. C'est la rapidité des renseignements recueillis qui peut permettre d'obtenir un résultat. Quiconque a fait des observations utiles doit les communiqués immédiatement à la brigade la plus proche.

Disons une fois encore combien ces actes anonymes de sabotage sont odieux et lâches ; combien aussi ils sont absurdes et inutiles, puisque le matériel de détection que possèdent  les troupes allemandes leur permet de découvrir rapidement le lieu de sectionnement. Bref, les seules victimes de ces méfaits sont les populations françaises frappées de sanctions collectives et de fatigues dont elles se passeraient bien. Or on arrive à se demander si le but profond de tant de sabotages n'est justement pas de rendre les français encore plus malheureux aigris et haineux...  

 

Mars 1943   -   Distribution de pâtes.  -   La mise en distribution des 750 grammes de pâtes alimentaires prévus au titre des suppléments nationaux pour le mois d e février, aura lieu à partir du lundi 15 mars.

Elle sera effectuée contre remise du ticket DW de février de la carte de denrées diverses (impression rouge) et aux seuls consommateurs de Caen, Mondeville, Colombelles, Giberville, Cormelles, Venoix et Saint-Germain-la-Blanche-Herbe.  

 

Janvier 1944    -   Ravitaillement.  -  Beurre. 1er quinzaine de janvier : 60 gr. pour Caen, Colombelles, Mondeville, Giberville, Venoix, Cormelles, St-Germain-la-Blanche-Herbe, Lisieux, St-Jacques, St-Désir, Petit-Bon-Dieu ; 40 gr pour les autres centres. Collectivités : bons honorés à 50 % , Malades, régimes, grossesse : rations honorées â 100 %. Un nouveau  communiqué fixera le taux pour la 2eme quinzaine. Les rations des travailleurs de force ne pourront être honorées qu'avec de la margarine et au fur et à mesure des arrivages.

Fromage  -  1er quinzaine de janvier : 60 gr pour Caen et les mêmes localités que ci-dessus ; 40 gr. pour les autres centres.   

 

Juillet 1944 -  Front de Normandie. -  Le territoire libéré a été élargi, hier, grâce à une série d'attaques menées par les anglais et les canadiens.

Après s'être emparés dans les journées de mercredi et de jeudi, des localités de Touffreville, Démouville, Giberville, Colombelles, Sannerville, Cagny, Grentheville, Louvigny, Fleury, Cormelles et Ifs les alliés ont formé un arc de cercle de Troarn à Bourguébus. On annonce la libération de Bourguébus et Frénouville. La menace pesant sur Troarn s'est accentuée, des combats de rue ont même commencé dans cette localité, 12 ponts ont été détruits sur l'Orne.

 

Janvier 1945  -  La réouverture de l’École d’apprentissage de la S.M.N.  -  La réouverture de l’École d’apprentissage de la Société métallurgique de Normandie, fonctionnant aux usines de Mondeville-Colombelles, a été fixée au lundi 15 janvier pour les nouveaux élèves.

Les candidats devront être âgés de 14 ans, révolus et peuvent se faire inscrire, dés à présent, au bureau du personnel de la S.M.N. Clôture des inscriptions le 10 janvier.  

 

Février 1945  -  L’école de la solidarité.    Le cours complémentaire de l’école de fille du groupe Laplace, à Arcueil (Seine), a adopté l’école de filles de Colombelles. Déjà deux colis de vêtements sont arrivés, d’autres envois sont annoncés.  

 

Mars 1945  -  Un bienfait n’est jamais perdu.  -  Le 22 mars 1942, le Conseil municipal de Colombelles mettait une somme de 10 000 francs à la disposition de la petite ville des Andelys, dans l’Eure, victime de bombardements aériens. A son tour, le Conseil municipal des Andelys vient de voter une subvention de 25 000 francs pour les œuvres d’Assistance de Colombelles, sinistrée à 90 %.  

 

Juin 1945  -  A l’honneur.  -  Le Comité Départemental de Libération a cité à l’ordre du jour de sa séance plénière, avec inscription au procès-verbal : Docteur Serre Henri de Collombelles, responsable de l’organisation médicale pour la clandestinité, s’est dévoué sans compter pendant la bataille de Caen. A assuré l’établissement et a sauvé un dépôt de médicaments très important destiné aux résistants et à la population civil ».

M. Gamat – Hebert de Collombelles. « Ont fait preuves du plus grand courage et d’une grande obéissance pour l’évacuation des blessés pendant la bataille de Caen ».

Ces vaillants honorent grandement notre patrie. (Source B.N.)

6   COLOMBELLES  -  Rue de la République

Café-Restaurant de la Poste  -  Meublé  -  A. LEYMONERIE  Propriétaire

COLOMBELLES (Calvados)

COLOMBELLES (Calvados)  -  Groupe Scolaire "Henri Sellier"

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