COLOMBIERS  s/ SEULLES

Canton de Ryes

Les habitants de Colombiers-sur-Seulles sont appelés les :


Juillet 1866   -   Furetages.   -   Il existe à Colombiers-sur-Seulles, une grosse ménagère que son arrogance et sa grossièreté ont fait surnommer Mme Cheval !

Lundi soir, de retour d'une excursion à Caen, notre commère entra dans l'église de sa commune, sans doute pour demander l'absolution des mots plus ou moins sacrés dont elle avait orné sa conversation durant son voyage.

Comme il faisait déjà nuit, au bout d'un instant le custos s'approcha d'elle :

  -  « dites donc ! Mère cheval....., j'allons fermer... »

  -  « Attend cor un brin....,  j'nons plus qu'un pater et un avé à dire, et pieux je f...ichons le camp !! ... »  

 

Août 1872   -  Enfant écrasé.  -  Le 30 août dernier, la nommés Marie-Clotide Dethan, âgée de 3 ans, fille de Pierre Dethan, tailleur de pierres, à Colombiers-sur-Seulles, canton de Ryes, a été tuée sous une voiture chargée de pierres, qui stationnait sur le chemin vicinal de cette commune. Un petit garçon de 4 ans jouait sous cette voiture avec cette petite fille ; ils ont tiré la chambrière, qui maintenait la voiture en équilibre, elle a tombé en arrière sur l'enfant. Sa mère accourut, et, aidée de plusieurs personnes, parvinrent à la retirer, mais malgré les soins qui lui ont été portés, elle a succombé quelques minutes après.  

 

Mai 1877   -  La pluie.  -  Il résulte d'observations faites que, dans l'espace de huit mois (du 28 septembre 1870 au 28 mai 1877), il y a eu dans nos contrées 131 jours de pluie.

 

Juin 1877   -  Disparition.  -  Un nommé Léon Marie, 31 ans, né à Putot-en-Bessin, domicilie à Colombiers-sur-Seulles, a quitté son domicile le 28 mai, pour se rendre à Bayeux, depuis il n'a pas reparu. La famille, inquiète, prie les personnes qui connaîtraient son nouveau domicile de l'en informer.  

 

Juillet 1877   -  Vacances.  -  Les vacances des lycées sont fixées au 6 août ; celles des écoles primaires commenceront le mardi 31 juillet et se termineront le dimanche 2 septembre.

 

Juillet 1877   -  Les loups.  -  Nous rappelons que l'État accorde des primes à ceux qui détruisent les animaux nuisibles. Il est donné : 80 fr. pour un loup ou une louve ; 40 fr. pour un  louveteau ; 100 fr. pour une louve pleine, et 200 f. pour un loup ou une louve ayant attaqué l'homme. 

 

Juillet 1877   -  Incendie.  -  Mardi matin, un incendie accidentel a éclaté à Colombiers-sur-Seulles et a consumé un corps de bâtiment, un hangar appartenant à M. Louis-François de Coulombiers. Perte, 10 000 fr., assurés. Le feu a aussi détruit du mobilier et des fourrages appartenant au sieur Aimable Dethan. Perte, 1 800 fr. environ, le tout assuré.  

 

Mars 1886  -  Laïcisation.  -  Le Sénat a voté l'instruction; primaire obligatoire et laïque, c'est-à-dire que dans un délai déterminé, les frères et les religieuses qui dirigent encore des écoles primaire seront remplacés par des instituteurs et des institutrices n'appartenant à aucune congrégation.

 

Avril 1886  -  Mort accidentelle.  -  Jeudi dernier, à Colombiers-sur-Seulles, le nommé Constant Dethan, 56 ans, journalier, a été trouvé noyé dans la Seulles. Il était disparu depuis le 21 mars dernier. On suppose qu'en revenant, le soir, d'Amblie, où il était allé, qu'il sera tombé dans la rivière. Il était veuf, avec quatre enfants.

 

Mai 1887  -  Les monuments historiques de l'arrondissement de Bayeux. -  Jeudi dernier, a paru au Journal Officiel, la loi nouvelle sur la conservation des monuments et objets d'art ayant un intérêt historique et artistique.

A la suite, figurait le tableau de ces monuments et objets. Nous en extrayons le relevé en ce qui concerne l'arrondissement de Bayeux :

Monuments du Moyen-age, de la Renaissance et des temps modernes :

Asnières. — Église. -  Bayeux. — Cathédrale Notre-Dame ; Chapelle du séminaire ; Tapisserie de la reine Mathilde dans la bibliothèque ; Maison dite du Gouverneur, rue Bourbesneur ; Maison rue Saint-Malo, n° 4 ; Maison rue des Cuisiniers, n° 1 ; Maison place de la cathédrale. -  Saint-Loup de Bayeux. — Église. -  Bricqueville. — Église. -  Campigny. — Tour de l'Église et tombeaux dans la chapelle sud. -  Colleville-sur-Mer. —  Église.

Colombiers-sur-Seulles. — Tour de l'église. Dans la partie de la loi concernant les monuments mégalithiques de la Basse-Normandie, on cite le Menhir de Colombiers-sur-Seulles.

Etréham. —  Église. -  Formigny. —  Église. -  Louvières. —  Église. Marigny. —  Église.Ryes. —  Église. -  Tour. —  Église. -  Ver-sur-Mer. — Tour de l'église.  

 

Mai 1888  -  Neuf suicide.  -  Jules-Albert Guénet, 28 ans, occupé chez ses parents, cultivateurs à Blonville, a été trouvé noyé dans une mare. L'enquête a fait connaître que la mort remontait à quelques minutes seulement et qu'elle était le résultât d'un suicide que l'on ne sait à quoi attribuer.

-   Émile Baudel, 19 ans, domestique à Glanville, a été trouvé pendu dans une haie sur le chemin d'Annebault à Bourgeauville. On ne sait pas pourquoi il s'est donné la mort.

-   Le sieur Jean-Louis Perette, 55 ans, demeurant à Cormolain, s'est pendu à l'aide d'une corde, à une poutre, dans la boulangerie de son père, propriétaire. On ignore la cause du suicide.

-   Le sieur Julien-Esprit Marais, 50 ans, charpentier de navire à Trouville, a été trouvé sans vie, pendu dans son bùcher. C'est encore un suicide que l'on ne sait à quoi attribuer.

-   Le sieur Louis Laville, 19 ans, domestique à Gavrus, a été trouvé pendu dans un bois de M. de Lavau, sis à Missy. Il s'était servi de son mouchoir de poche qu'il avait fixé à une branche de sapin, à 4 mètres de hauteur. C'était un bon sujet et l'on ne peut comprendre les motifs qui l'ont poussé à ce suicide.

-   Le sieur Gustave Dethan, 18 ans et demi, journalier chez ses parents, à Colombiers-sur-Seulles, a été retiré de la rivière la Seulles. Ce jeune homme avait été vu la Veille par des personnes qui n'ont pu le secourir, au moment où il se jetait à l'eau. Dethap était sobre et bon travailleur, rien ne faisait soupçonner qu'il était disposé à se donner la mort.

-   Un ouvrier, descendu depuis deux jours à l'hôtel d'Alençon, à Lisieux, s’est noyé en se jetant dans un fossé peu profond. Cet homme serait un breton qui a travaillé 20 ans chez M. Parent, couvreur à Vimoutiers, où il était connu sous le nom de Grand René.

-   Louis Bacon, 56 ans, arrêté pour vol, à Caen, avait été conduit à la chambre de sûreté, il s'y est pendu au moyen de ses bretelles. Cet individu, qui ne vivait que de vols, avait subi de nombreuses condamnations.

-   La nommée Marie Londais, veuve Foucher, 65 ans, demeurant à Périers-en-Auge, a été trouvée noyée dans une mare. Il résulte de l'enquête que la veuve Foucher, étant en état d'ivresse, a voulu puiser de l'eau dans la mare et s'y est noyée.

Juin 1891  -   Accident.  -  Une sorte de fatalité semble peser depuis quelques temps sur les carrières d'Orival, dont la population ouvrière appartient presque toute à la commune de Colombier-sur-Seulles. Déjà, il y a trois mois, le nommé Huard Auguste, avait le pied écraser, et devait subir une douloureuse opération, menée du reste à bonne fin, grâce à l'habilité du docteur Barette de Caen et du docteur Chotard de Creully.

Le 10 Juin, un nouvel accident survenait dans la même carrière appartenant à M. Binet. L'un de ses ouvriers, le sieur Victor Marette, était occupé avec plusieurs autres a soulever une énorme pierre. Soudain la pierre se brisa et le choc jeta violemment en arrière le sieur Marette qui tomba dans le vide et s'abattit sur un amas de pierres où il se mutila affreusement. Lorsqu'on le releva, il avait les deux jambes brisées en  plusieurs endroits, un bras et le côté gauche de la mâchoire fracturée. De nombreux voisins accoururent pour lui porter secours et sur les conseils de M. le curé qui s'était empressé de de venir, on transporta le blessé chez lui.

Le docteur Chotard appelé prodigua ses soins au blessé qui supporta avec le plus grand courage les nombreuses opérations que réclamait son lamentable état. Nous aimons à espérer que le bon dieu qui lui a donné la force de souffrir avec résignation, lui permettra de se rétablir promptement. C'est la cinquième fois depuis quatre ans que le malheur éprouve cette bonne et courageuse population de travailleurs, dont nous admirions il y a à peine quelques jours à La Délivrande la bonne tenue et l'esprit si profondément chrétien.  

 

Avril 1893  -  Accident de voitures.  -  Le sieur Alexandre Marie, domestique chez M. Jean Denize, propriétaire à Condé-sur-Seulles, conduisait un tonneau de cidre chez la dame Buhour, aubergiste à Creully. 

Sur le territoire de Colombiers, il abandonna un instant son attelage. Pendant ces quelques minutes, Prosper Geoffroy, de Tierceville, qui était sur la route, a été renversé et a eu une jambe écrasée. 

M. Denize, responsable de l'accident occasionné par l'imprudence de son domestique, a versé 200 fr. pour subvenir aux besoins de Geoffroy.  (Source B.N.)  

 

Mai 1893  -  La sécheresse.  -  Dimanche, dans toutes les églises du diocèse, on a donné lecture d’une lettre de l’évêque de Bayeux, prescrivant des prière pour obtenir la Cessation de la sécheresse. (Source B.N.)

 

Mai 1893  -  Victime du travail.  -  Vendredi l'après-midi, le sieur Poisson, ouvrier carrier chez M. Ameline, maître-carrier, à Colombiers-sur-Seulles, était occupé avec le sieur Frédéric Hamel, 71 ans, tailleur de pierre à Creully, à retirer deux grosses pierres d'une carrière profonde de 11 mètres environ, située sur le territoire d'Amblie. Ces pierres pesaient à elles deux environ 500 kilos. Tout à coup, l'une d'elles, que ces ouvriers enlevaient au moyen de deux rouleaux, ayant glissé plus promptement que le sieur Hamel ne le pensait, ce malheureux fut entraîné et tomba au fond de la carrière. 

Son camarade ne put le retenir. Il descendit dans la carrière, le pauvre Hamel respirait encore, mais il mourut pendant qu'on le transportait à son domicile. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Mort accidentelle.  -  Mercredi de la semaine dernière, le sieur Athanase Viel, 52 ans, cultivateur à Colombiers-sur-Seulles, partait le matin pour Caen en compagnie du sieur François Madelaine, de Sainte-Croix-sur-Mer, avec une voiture de foin appartenant à ce dernier. En quittant Caen, après avoir vendu son foin, le sieur Madelaine laissa Viel à la Folie et partit seul. Jeudi, le cheval de Viel rentra à la maison sans conducteur. La dame Viel se mit à la recherche de son mari et le découvrit sur le territoire de Colomby-sur-Thaon, étendu sur le côté de la route et rendant le dernier soupir. Plusieurs personnes étaient passées près de lui, à l'une d'elles qui lui demandait comment il se trouvait là, il répondit : « Je dors ». On le prit pour un homme ivre et on le laissa. 

Le cadavre portait une écorchure sur le bras gauche, paraissant produite par le fer de la roue de sa voiture, une autre écorchure sur le côté droit de la face, qui provenait probablement de sa chute de la voiture à terre, quatre côtes étaient fracturées et un poumon était perforé. Ce sont ces blessures qui ont déterminé la mort. On pense que Viel était ivre lorsqu'il est tombé. (Source B.N.)

 

Avril 1914  -  Les monuments historiques du Calvados. -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados : Bricqueville : Église ; Cagny : Choeur de l'église ; Campigny : Tour de l'église ; Cheux : Église ; Cintheaux : Église ; Colleville-sur-mer : Église ; Colombiers-sur-Seulles : Clocher de l'église, Menhir ; Condé-sur-Ifs : Église, Menhir dit " Pierre Cornue " ; Courseulles-sur-mer : Château, parties classées, le corps de logis principal, y compris la cheminée située au premier étage du pavillon de droite ; Creully : Église ; Cricqueville-en-Bessin : Église ; Dives : Église ; Douvres : Clocher de l'église ;  Ducy-Sainte-Marguerite : Clocher de l'église ; Ellon : Clocher de l'église ; Ernes : Clocher de l'église ;  Etreham : Église ; Falaise : Église Saint-Gervais, Église de la Trinité, Château ; Fontaine-Etoupefour : restes du Château ; Fontaine-Henri : Église (sauf la nef) ; Fontenay-le-Marmion : Clocher et Chœur de l'église ; Formigny : Église ; Fresnes-Camilly (le) : Église.

 

Mars 1915  -  Certificat d’études.  -  Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts a décidé, par une mesure exceptionnelle, d'ouvrir l'examen dans sa session normale à tous les enfants qui atteindront l'âge de 12 ans, le 31 décembre prochain.

 

Mars 1915  -  Le temps qu’il fait.  -  On ne dira pas que le Bonhomme Normand n'est pas un bon prophète, puisque son Almanach annonçait de la pluie et du vent pour les fêtes de Pâques. Malheureusement, ses pronostics pour la suite du mois ne sont pas non plus très bons. Heureusement que, suivant le vieux dicton : Jamais pluie de printemps n'a passé pour du mauvais temps.

 

Avril 1915  -  Les ressuscités.  -  Le Comité « Les Nouvelles du Soldat », dont la Bourse du Travail est la correspondante à Caen, a eu la bonne fortune, ces jours derniers, de donner à deux familles de notre département des nouvelles d'un des leurs, disparus depuis longtemps. Ce sont les soldats Arthur Gustave, de Caen, et Louis James, de Colombiers-sur-Seulles, qui n'avaient plus, tous deux, donné signe de vie depuis six mois, et qui sont internés au camp de prisonniers de Quedlinburg, dans la Saxe.

 

Mai 1915  -  Le temps qu’il fait.  -  Un maître orage s'est déchaîné mardi sur notre région. Les détonations électriques se succédaient avec une violence extraordinaire et la pluie tombait « d'abat ». En beaucoup d'endroits, la grêle a endommagé les fleurs des poiriers et autres arbres fruitiers. Cette perturbation un peu subite et inattendue est-elle causée par les commotions anormales que propagent, dans l'air, les canonnades et les explosions ?

 

Janvier 1926  -  Incendiaire par vengeance.  -  Dans la nuit de dimanche à lundi, M. Letellier, propriétaire à Colombiers, était réveillé par ses voisins qui l'informèrent qu'un incendie venait d'éclater dans une grange située à proximité de son habitation. Aidé par le personnel de la ferme, M. Letellier réussit à sortir le bétail et du matériel agricole, mais le bâtiment tout entier fut la proie des flammes.

Après le sinistre on constata avec surprise que la porte de la grange avait été ouverte la veille et qu'une clef, dissimulée dans le mur, à l'extérieur, avait disparu. Un journalier dont l'attitude parut assez suspecte fut interrogé le lendemain par les gendarmes.

Cet individu, qui habite la commune, s'était présenté le jour précédent chez M. Letellier, qui remplit les fonctions de secrétaire de mairie, demandant que la commune acceptât de prendre à sa charge le transport de sa mère à l'hospice de Bayeux. N'ayant pas obtenu satisfaction, le journalier en conçut un vif ressentiment et proféra des menaces contre M. Letellier.

Une perquisition a été faite à son domicile. On n'y retrouva pas la clef disparue. L'enquête est continuée activement par la gendarmerie.

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur propriété, ou de puits, sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le budget.

 2  -  Église de COLOMBIERS-sur-SEULLES      

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