CONDÉ  s/ SEULLES

Canton de Bayeux

Les habitants de Condé sur Seulles sont nommés les Condéens et les Condéennes.


Janvier 1893  -  Mauvaise mère.  -  Le 29 octobre, le parquet de Bayeux était informé que la fille Clémence Flottard, 23 ans, était accouchée clandestinement à Condé-sur-seulles. La justice découvrit le cadavre d’un enfant du sexe masculin sous un tas de paille de colza, tout prés de l’habitation de la fille Flottard Elle fut arrêtée sous l'inculpation d'infanticide. L'enquête a établi que la fille Flottard, sentant les premières douleurs de l'enfantement, avait éloigné sa mère, sa sœur et sa petite fille, et que, après être accouchée, elle avait déposé l’enfant à côté d'elle pendant trois heures, sans lui donner aucun soin. L'enfant, ainsi abandonné, expira. La fille Flottard porta alors le petit cadavre à l'endroit où on l'a retrouvé. Le corps ne présentait aucune trace de violences. La prévenue a raconté en outre que, peu de jours avant sa délivrance, elle avait tenté de se faire avorter. Cette fille a de mauvais antécédents. Elle a déjà eu une fille naturelle qui aurait eu probablement le même sort que le dernier enfant si des voisins, entendant ses vagissements, n'étaient entrés chez la mère et ne l'avaient forcée à donner des soins au petit être. Poursuivie pour homicide par imprudence, elle a été condamnée à deux ans de prison.  (Source B.N.)  

 

Avril 1893  -  Accident de voitures.  -  Le sieur Alexandre Marie, domestique chez M. Jean Denize, propriétaire à Condé-sur-Seulles, conduisait un tonneau de cidre chez la dame Buhour, aubergiste à Creully. 

Sur le territoire de Colombiers, il abandonna un instant son attelage. Pendant ces quelques minutes, Prosper Geoffroy, de Tierceville, qui était sur la route, a été renversé et a eu une jambe écrasée. 

M. Denize, responsable de l'accident occasionné par l'imprudence de son domestique, a versé 200 fr. pour subvenir aux besoins de Geoffroy.  (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Les suites d’un accident.  -  En avril, le nommé Alexandre Marie, 42 ans, alors domestique chez le sieur Jean Denize, cultivateur à Condé-sur-Seulles, conduisait un tonneau de cidre à Courseulles avec une charrette attelée de plusieurs chevaux. Ayant dû s'arrêter un instant sur le bord de la route, il commit l'imprudence de ne pas arrêter son attelage. Un sieur Godefroy, journalier à Tierceville, atteint de surdité, qui se trouvait un peu en avant sur la route, fut renversé et une roue lui passa sur la cuisse, le blessant grièvement qu'il succomba au bout de quelques jours. Il laissait une veuve et quatre enfants. Dés qu'il apprit l'accident, le sieur Denize fit remettre à la famille du blessé 200 fr. et, après la mort, 300 fr. L'imprudent domestique a été condamnée 56 fr. d'amende, son maître civilement responsable. (Source B.N.)

 

Avril 1903  -  Carême aux harengs.  -  Il y eut dans l'histoire de France une journée des harengs. Or, de Condé-sur-Seulles à Cristot et de Cristot à Saint-Gabriel, il n'est actuellement question que du carême aux harengs.

Une brave fermière de cette région eut, l'Avent écoulé, la géniale idée d'acheter une cargaison de harengs salés. Oh ! Les bons, les excellents harengs, valets et servantes s'en délectèrent pendant huit jours ; le neuvième jour, ils parurent. fades ; le dixième, ils devinrent insipides ; le onzième, exécrables. Malheureusement, sur une douzaine de barils, le premier était à peine entamé.

Les domestiques réfléchirent : il fallait faire contre mauvaise fortune bon cœur et il fut décidé que, jusqu'à nouvel ordre, il serait fait aux malencontreux harengs le meilleur accueil.

La digne cultivatrice se frotta les mains ; sa combinaison avait réussi dans la plus large mesure. Elle crut cependant remarquer que la consommation des harengs augmentait tous les jours et que les gens de la ferme en étaient devenus insatiables.

Sur ces entrefaites, il advint qu'un jour la fermière se penchant dans la cheminée reçut une trentaine de harengs saurs sur un coin de la figure..., non des harengs saurs, c’étaient tout au plus des harengs enfumés. Le lendemain, remplaçant sa servante, partie du matin, la maîtresse à traire les vaches. Là, de nouvelle surprise : sous la pression de chaque main, elle rencontra un poisson dûment cuit et dessalé. Le midi, elle aperçut dans la rue une quinzaine de gamins faisant un simulacre de défiler avec chacun une série de harengs liés au bout d'un bâton. Le soir, entendant violemment retentir la sonnette de l'entrée, la brave femme alla s'enquérir de la cause de ce vacarme : c'était tout simplement un misérable caniche qui mordait avec ardeur une collection de harengs attachée. au pied-de-biche.

 

Avril 1908  -  Découverte de cadavre. -  Le sieur Valentin Lubin, 52 ans, journalier, sans domicile fixe, a été trouvé mort lundi matin, dans un appentis situé au dessus d'un four appartenant à Mme Legris et dans lequel il avait l'habitude d'aller coucher.

Le docteur Dietz, appelé à la requête du maire de la commune, a constaté le décès qu'il a attribué à une congestion provoquée par l'alcool.

 

Novembre 1909  -  Terrible accident de chasse.  -  M. René Danjon, 24 ans, avocat à la Cour d'appel, fils de M. Danjon, professeur de droit à la Faculté de Caen, chassait, mardi, avec des amis, à Condé-sur-Seulles. En voulant aider son chien, pris dans les broussailles, le jeune homme fut atteint à bout portant par la décharge de son fusil, qui partit accidentellement. Il eut le foie perforé et mourut en vingt minutes, malgré les soins du docteur Moutier, qui chassait avec lui. 

René Danjon était un des membres les plus sympathiques de l'Association des Étudiants. Excellent violoncelliste amateur son concours était toujours assuré à toutes nos sociétés musicales. (Source B.N.)

 

Janvier 1913  -  Une terrible nuit.  -  Depuis longtemps déjà, le sieur Alfred Hubert, 48 ans, journalier à Condé-sur-Seulle, près de Bayeux, doutait de la fidélité de sa femme, Maria Morière, 42 ans, et la soupçonnait d'entretenir des relations avec un sieur Laurent Lesaulnier, 27 ans, terrassier, qui avait ete jadis domestique avec elle dans la même ferme. Le soir du premier de l'an, Hubert, ne trouvant pas sa femme à la maison, pensa qu'elle était allée rejoindre Lesaulnier. Il se rendit au logement de celui -ci, et y arrivera au moment où sa femme venait d'y entrer. Il frappa à la porte, Lesaulnier sortit et flanqua une raclée au mari, qui, fou de colère, courut chercher son fusil et revint roder est autour de la maison. Puis, n'y tenant  plus, Hubert cassa un carreau et déchargea son arme sur Lesaulnier, qui reçut une quarantaine de grains de plomb au côté droit. Le mari continua sa faction toute la nuit, cherchant à découvrir sa femme, pour laquelle il gardait le second coup. Celle -ci s'était prudemment cachée derrière un meuble. Enfin, pendant que Hubert causait avec un voisin, les deux amoureux, qui avaient passé une nuit terrible, purent s'enfuir. Hubert a été laissé en liberté provisoire. L'état de Lesaulnier, qu'on a porté à l'hôpital de Bayeux, n'est pas inquiétant.

 

Mars 1913 - Le mari, la femme et l'autre. - On se souvient qu'un sieur Alfred Hubert, 48 ans, journalier à Condé-sur-Seulles, près Bayeux, ayant vu entrer sa femme chez un sieur Laurent  Lesaulnier avec lequel il la soupçonnait d'entretenir de coupables relations, était allé chercher son fusil et, par la fenêtre, avait déchargé son arme sur Lesaulnier, qui avait été assez grièvement atteint. Pour ce fait, Hubert avait été condamné, par le tribunal correctionnel, à trois mois de prison, avec sursis. Ces jours -ci, Hubert, rencontrant sa femme avec Lesaulnier, lui demanda de reprendre la vie de commune ; mais Lesaulnier tomba sur Hubert et l'assomma à moitié. Déjà, la veille, il avait été frappé par sa femme à coups de bâton, parce qu'il avait touché de l'argent qu'elle espérait recevoir.

 

Avril 1913  Terrible accident  -  Un terrible accident est arrivé vendredi près de la gare d'Andrieux. Louis Février, 60 ans, ouvrier auxiliaire à l'Ouest-État, demeurant à Condé-sur-Seulles, qui passait en lori sur la voie descendante, a été tamponné par un train passant sur la voie montante et parti de Bayeux à 7 heures 20 sur Caen. Le malheureux ouvrier  a eu le crâne fracassé. La mort a été instantanée. On ignore les circonstances de cet accident.

 

Mai 1923  -  Bénédiction de cloches.  -  Demain 21 mai, sous la présidence du R. P. Exupère, abbé de Mondaye, aura lieu à Condé-sur-Seulles la bénédiction de trois nouvelles cloches. Cette cérémonie se fera l'après-midi.

 

Décembre 1930   -   La puis de boue sur la région de Bayeux.   -   Nous avons indiqué qu'une pluie de boue était tombée sur Paris. Le phénomène n'a pas été constaté qu'en la capitale. Il s'est manifesté également à Bayeux, un habitant de la rue Saint-Loup notamment fut tout étonné de trouver boueuse vendredi matin, de l'eau qu'il avait versée propre la veille dans des baquets. A Littry et à Condé-sur-Seulles le même phénomène a été observé. Il en a été de même dans les environs de Granville (Manche).

 

Janvier 1931  -  Délit de mouillage.  - Le 25 octobre 1930, un habitant de Condé avait trouvé deux poissons dans son lait. Informés, les gendarmes surprennent la cultivatrice en flagrant délit de mouillage (à 80 %) avec l'eau d'un ruisseau : 1 mois de prison ferme, 100 francs d'amende.

La Normandie Illustrée

La vente du Lait

Commentaires et informations : Facebook - @