CRESSERONS

Canton de Douvres

Les habitants de la commune de Cresserons sont des Cresseronnais, Cresseronnaises.


Juin 1867   -   Une condamnation.   -   Deux faits sont reprochés par Louise Clémence Girard, âgée de 30 ans, dentellière, demeurant à Cresserons : 

D'avoir à Cresserons, pendant le mois de mars dernier, outragé par paroles, gestes et menaces, l'adjoint de la commune, à l'occasion de l'exercice de ses fonctions.

D'avoir à Cresserons, le 7 avril 1867, publiquement diffamé l'adjoint de la commune.

Condamnation : 15 jours d'emprisonnement.  

 

Mai 1869   -  L'orage.   -   L'orage dont nous avons parlé dans notre dernier numéro, a causé des dégâts assez considérables, et même ce qui est plus grave, a frappé de mort une femme et blessé gravement un homme et une jeune fille. C'est à Cresserons que ce malheur est arrivé.

Le sieur Laurent, sa femme et sa fille travaillaient ensemble dans un champ. Ils ont été tous les trois atteints par le fluides électrique. La femme est morte sur le coup, l'état du sieur Laurent inspire les plus vives inquiétudes, la jeune fille a été blessée aux jambes.

Le même jour, la foudre est tombée sur l'église d'Amblie, elle a démoli le clocher et brisé la toiture, la perte est évaluée à 9 000 francs.

Presqu'au même instant, la foudre tombait sur un bâtiment appartenant à Mme Veuve Lemarinier, situé au Vieux-Luc.  

 

Février 1870   -   Fait divers.   -   Nous avions bien raison de dire dans notre dernier numéro que l'abbé Desclais curé de Cresserons, était un bon prêtre dans l'acceptation du mot. Voici ce que nous trouvons à propos de cet ecclésiastique, dans la Semaine religieuse :

Un jour, dans les premiers temps de son arrivée à Cresserons, une pauvre femme vint demander l'aumône à l'abbé Dasclais, il lui donna 10 c. Une autre femme se trouvant là, dit au curé « Savez-vous à qui vous avez fait l'aumône ? » - « Non ». – « C'est à une protestante ». – « Vraiment », dit le curé, « alors, rappelez-la vite ». Et la femme de courir après l'autre, d'un air triomphant, « Tenez, ma bonne amie, lui dit le pasteur, je m'étais trompé, je voulais vous donner une pièce de 50 centimes ».

Sa vie a été une longue suite d'actions généreuses. Les familles les plus riches comme les plus pauvres, lui doivent de très grands services. Il a été l'ami dévoué, non seulement de son troupeau, mais encore de tous ceux qu'il a pu obliger.

Un jour, passant devant une maison où l'on s'apprêtait à faire une vente sur saisie, il demande pour quelle somme on allait faire cette vente. On lui répondit que c'était pour 300 fr.

Il s'éloigna, mais il revint bientôt, et, entrant dans la maison, il conseilla aux pauvres saisis de mettre d'abord aux enchères ce qu'ils avaient de plus mauvais. Ils présentèrent alors un ustensile de ménage qui était cassé. Le curé en donna 300 fr., qu'il paya sur le champ, et il se retira, emportant son acquisition.

Possesseur, à son arrivée, d'un capital assez considérable, M. l'abbé Desclais a tout dépensé pour la restauration de son église et pour ses bonnes oeuvres, entre lesquelles il faut citer la fondation d'une école de filles. L'indemnité qu'il toucha en 1848 à titre de représentant du peuple, passa tout entière de ses mains dans celles de ses pauvres.

Il est mort pauvre lui-même et très pauvre, vivant du régime le plus austère, ne faisant aucune concession ni à l'âge, ni aux infirmités.  

 

Janvier 1872   -  Accident.   -   Une famille habitant la commune de Cresserons, composée du père, de la mère et d'un enfant de deux mois, traversaient imprudemment un enclos dans lequel se trouvait un taureau. Soudain, l'animal se précipita sur le groupe et terrassa la femme ainsi que l'enfant qu'elle portait, on nous assure que le mari, au lieu de se porter au secours des siens, ou au moins d'appeler à l'aide, se serait réfugié dans un arbre. La malheureuse mère et son enfant ont été assez grièvement blessés.

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de veiller avec un redoublement de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Pluies et récoltes.  -  Les pluies torrentielles tombées presque sans interruption depuis plus d'un mois ont produit dans notre pays de déplorables effets. Beaucoup de cultivateurs n'ont pu encore terminer leurs semailles de blé, ailleurs le blé n'a point levé, et on n'a plus d'espoir que dans les blés d'avril, qui sont loin de présenter les mêmes avantages. Les colzas, en général, ne paraissent pas trop se ressentir de cette submersion temporaire.

La plupart des pommes à cidre sont recueillies. On parle de prix assez élevés, se balançant généralement de 3 fr. 50 à 4 fr. le demi-hectolitre. On nous fait espérer des arrivages prochains des îles anglaises, qui, sans doute, feront tomber les prix ci-dessus mentionné.

Les pommes de terre sont loin de répondre pour la qualité, aux espérances qu'elles avaient fait concevoir, mais on nous assure que plusieurs départements voisins sont sous ce rapport beaucoup plus favorisés que le nôtre. Enfin, espérons n'est-il pas un pronostic campagnard qui dit : hiver pluvieux, été abondant ».

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circulerons en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service. 

 

Décembre 1872   -  Outrages et rébellion.   -   Le nommé Victor Harel, marchand, de son, né à Plumetot, âgé de 30 ans, demeurant à Cresserons, qui va être poursuivi pour outrages et rébellion envers les agents de la force publique. 

 

Janvier 1874   -   Vol.   -  La nommée Eugénie Allain, demeurant à Cresserons, canton de Douvres, trouva dans sa grange, à deux heures du matin: trois filles et deux garçons de la commune qu'elle fit déguerpir au plus vite. Ayant remarqué dans la journée la disparition d'une certaine quantité d'oignon estimée à 25 fr. elle ne manqua point d'imputer le vol à ces visiteurs nocturnes. Il parait cependant résulter de l'interrogatoire que ceux-ci sont complètement innocents, du moins en ce qui concerne le vol d'oignon, et accusent la demoiselle Allain d'avoir elle-même vendu ces légumes qui ne lui appartenaient pas.  

 

Décembre 1875   -  Incendie.  -  Un incendie a éclaté dans la nuit de samedi à dimanche, à Cresserons, et a consumé du linge et divers objets mobiliers, au préjudice du sieur Albert Lecerf, entrepreneur de maçonnerie. Perte 1 100 fr. en partie couverte par une assurance. Il résulte de l'information que la cause de cet incendie doit être attribuée à l'imprudence de la dame Lecerf, qui avait déposé dans une armoire un pot en terre avec du feu.

Décembre 1875   -  La neige.  -  Le froid est rigoureux partout, en France c'est la région du Midi qui est la plus éprouvée. Marseille, Agen, Nimes, Montpellier, Limoges sont sous la neige.

Dans le Calvados, du côté de Bayeux, la neige a atteint dimanche, une épaisseur de 55 centimètres, région de Caen, 20 centimètres ; de Lisieux, 8 centimètres. Plus on avance vers Paris, plus la couche diminue, à partir de Serquigny, elle couvre à peine le sol.  

 

Avril 1877   -  Une femme tuée par un taureau.  -  Vendredi, la dame Maurice Marescault, fermière à Cresserons, près la Délivrande, a été éventrée par un taureau. Les cornes, entrées par le côté droit, sont ressorties par le côté gauche, en crevant les intestins qui sortaient par les deux blessures. Cette malheureuse femme, qui était âgée d'environ 55 ans, a succombé le lendemain.

 

Juillet 1891  -  Un suicide.  -  Il y a quelques jours, une malheureuse fille, âgée de 30 ans, a voulu se suicider en se coupant la gorge. Elle ne paraît pas jouir de toutes ses facultés, et ses parents la surveillaient d'autant plus qu'elle avait déjà attenté à ses jours par divers moyens. Laissée seule un instant elle a pu s'emparer du rasoir de son père et s'en est porté plus de vingt coups à la gorge. Le docteur Desmasures l'a soigner et elle ne mourra sans doute pas encore cette fois -ci. (Source B.N.)  

 

Mai 1892  -  Pas si fou que ça !  -  La famille d'un sieur Cholet, habitant la commune de Cresserons, avait obtenu d'un médecin de la région un certificat constatant que cet homme ne jouissait pas de ses facultés. On allait le faire interdire, et peut-être enfermer au Bon-Sauveur, lorsque Cholet eut l'heureuse idée de s'adresser à un autre médecin, qui lui délivra un certificat attestant qu'il n'était pas fou, attestation appuyée par le maire et plusieurs conseillers de la commune. Encore un qui l'échappe belle. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Concurrence.  -  De la commune de Cresseron, arrondissement de Caen, on nous demande si un instituteur a le droit de vendre du cidre et de faire ainsi, sans être soumis aux règlements et patente, concurrence aux débitants de la commune. Non. (Source B.N.)  

 

Septembre 1893  -  18 maisons brûlées.   Mardi après-midi, incendie à Cresserons. 18 maisons de brûlées, 15 ménages sans asile, la moitié au moins sans ressources. La pompe de la commune n'a pas pu fonctionner : elle a été prise sous un effondrement. Ce sont les pompes de Douvres et de Lion qui ont fonctionné. Le feu a pris dans une grange, on ne sait comment. Les pertes seront de 18 à 20 000 francs, très peu d'assurance. Le maire, M. de Basly, a ouvert une souscription. Les offrandes sont reçues dans les bureaux du Journal de Caen. (Source B.N.)

 

Septembre 1893  -  L’Incendie de Cresserons.  -  Les souscriptions pour venir en aide aux malheureux sinistrés se montent déjà, sans compter les dons en nature, à plus de 2 000 fr. 

Le feu a couvé dans cinq à six maisons toute la journée du lendemain de l'incendie, tous les habitants se sont multipliés pour empêcher l'incendie de se propager. On a seulement remarqué l'absence de l'officier des pompiers de la commune probablement réduit à zéro par suite de l'embrasement de sa pompe. (Source B.N.)

Mars 1904  -  Découverte d'un cadavre.  -  On a trouvé, vendredi sur le bord de la route de Caen, près de Cresserons, le cadavre du nommé Launay charpentier à Lion-sur-mer. Le médecin, qui a examiné le corps, a conclu à un décès occasionné par une congestion.  

 

Mai 1908  -  Accident.  -  Mme Menildrey, boulangere à La Délivrande, se trouvait en voiture, sur la route de Cresserons. Son cheval, effrayé par une automobile, se cabra et projeta Mme Menildrey et son petit garçon, âgé de trois ans, dans un champ. La mère à une oreille arrachée et une épaule facturée ; l'enfant est indemne.

 

Juin 1908  -  Mari brutal.  -  Ses brutalités envers sa femme ont déjà valu à Armand Grujard, tondeur de chevaux à Cresserons, près Douvres, trois condamnations. Ça ne l'a pas corrigé, car il est revenu une quatrième fois devant le tribunal de Caen pour un fait semblable. Un des derniers jours de mai, Grujard lança à sa femme de si violents coups de pied dans le bas-ventre que la malheureuse fut atteinte d'une forte hémorragie. Ce quatrième exploit de Grujard lui rapporte trois mois de prison.

Mai 1913  -  Un infanticide à Cresserons  -  Les gendarmes de la Délivrande avaient été informés de vol commis dans une maison inhabitée de Cresserons. Ils s'y rendirent et trouvèrent étendue sur un lit une femme ivre morte. Tout à côté, dans les cabinets d'aisance, se  trouvait le cadavre d'un nouveau-né. Celui -ci paraissait avoir été étranglé et sa mort remontait à plusieurs jours. Revenue à elle, la femme ne voulut donner aucune explication. La femme se trouvait depuis plusieurs jours dans la maison inhabitée. Elle en avait profité pour vider plusieurs bouteilles et dérobé divers objets. Elle fut mise en état d'arrestation.

Juillet 1914  -  Incendie.  -   Une meule a été incendiée a Cresserons par la foudre.

 

Avril 1918  -  Outrages.  -  La veuve Aubert Augustine marchande de coquillages à Cresserons, qui n'a pas l'habitude de surveiller son langage et boit plus que de raison, a outragé au passage plusieurs officiers d'une escadrille voisine. Plainte a été portée à la gendarmerie de La Délivrande.

 

Janvier 1926  -  Brûlures accidentelles.  -  Ces jours derniers, Mme Riou, ménagère à Cresserons. se rendait au marché de la Délivrande. Elle laissa à la maison ses quatre enfants qui, après son départ, firent du feu pour se chauffer. Un maçon, M. Allain, qui travaillait en face de l'habitation, aperçut tout-à-coup l'un de ces enfants sortir brusquement en appelant au secours. Ses vêtements étaient en flammes. L'ouvrier s'empressa de couvrir le malheureux de sa pèlerine et réussit à éteindre le feu. Le jeune Riou, brûle sur différentes parties du corps, reçut les soins du docteur Aupoix.

 

Janvier 1940  -  Dissolution du Conseil Municipal.  -  M. Le Ministre de l'Intérieur a pris le décret suivant  : Considérant que, par suite des divisions existant au sein du Conseil Municipal de la commune de Cresserons, aucune des affaires soumises à cette assemblée n'est susceptible d'aboutir et que, notamment les budgets additionnels de 1938 et primitif de 1939 n'ont pu être votés.

Considérant que cette situation, en se prolongeant, serait de nature à compromettre gravement les intérêts communaux.

Décrète : Art. 1er  -  Le Conseil Municipal de Cresserons est dissous.

 

Mars 1940  -  Vol à l’église.  -  Hier, on s'est aperçu que les troncs de l'église de Cresserons avaient été fracturés par un inconnu. Les gendarmes de la Délivrande se sont rendus sur place pour l'enquête. Le montant du vol est encore inconnu.

 

Avril 1940  -  Un automobiliste blesse un piéton et s'enfuit.  -  M. Daniel Marie, mobilisé, actuellement en permission agricole chez M. Buhours, cultivateur à Cresserons, conduisait des bestiaux dans un herbage, accompagné de son fils, lorsque survint une automobile dont le bruit effraya les animaux. L'un d'eux ayant fait un brusque écart, M. Marie se trouva obligé de se rapprocher du milieu de la chaussée et fut heurté violemment par la voiture, qui le projeta sur le sol.

Le conducteur descendit de sa voiture en apostrophant M. Marie, et déclara qu'il était pressé et n'avait pas le temps de s'occuper de sa victime.

M. Marie, qui souffre de fortes contusions dans les reins, a porté plainte contre le conducteur inconnu dont la voiture porte le numéro 72-74 C.T.

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !

 

Août 1940   -    Déclaration des récoltes.  -   Tout détenteur, à quelque titre que ce soit, d'une quantité supérieure à cinq quintaux d'avoine, de maïs, d'orge ou de seigle, est tenu d'en faire la déclaration à la mairie de sa résidence, avant le 1er septembre 1940.

La libre circulation des céréales : avoine, maïs, orge et seigle, est interdite. Elle ne pourra être autorisée que dans les conditions qui seront fixées dans un arrêté ultérieur.

 

Août 1940   -   Interdiction des battages.   -   La Feldkommandantur du Calvados a changé la direction des services agricoles de faire connaître que l'autorité militaire allemande a décrété une interdiction générale des battages.

Les battages de la récolte de cette année ne commenceront qu'après un ordre formel des autorités militaires allemandes. Il est seulement permis actuellement de battre l'avoine nécessaire aux troupes d'occupation.

 

Octobre 1940   -   Incendie.   -   Dimanche matin, par suite d'un accident, un violent incendie pris à la ferme Hue, à Cresserons.

Les pompiers de Caen se sont rendus sur les lieux du sinistre, mais, malgré leurs efforts, ils n'ont pu maîtriser le feu. La ferme a été détruite avec ces bâtiments et tout ce qu'ils contenaient. Il n'y a pas d'accident de personne à déplorer.  

 

Juillet 1942   -   Pour les prisonniers.   -   A Cresserons, une grande kermesse sera organisée dimanche prochain 26 juillet au profit des prisonniers de guerre de la commune.

Les visiteurs pourront y trouver du ravitaillement sans tickets, de la gaieté et aussi l'occasion de contribuer à une oeuvre bienfaisante.  

 

Juin 1944   -   Bataille de Normandie   -   Des erreurs de bombardements alliés détruisent en partie le château dans la nuit du . La commune est libérée le par les soldats britanniques de la 1st South Lancashire.

En NORMANDIE   -   Distillerie de cidre

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