HIÉVILLE

Canton de Saint-Pierre-sur-Dives

Les habitants de Hiéville sont appelés les .


Décembre 1890  -  Vol important.  -  Le sieur Jules Plumey, marchand de fromages, à Hiéville. a été victime d'un vol de 1 188 fr., dont on recherche activement l'auteur. (Source B.N.)

 

Novembre 1892  -  Une nouvelle loi.  -  Il y a quelques jours, le Journal officiel a publié une nouvelle loi d'après laquelle, désormais, la détention préventive comptera au prévenu. Pierre Duclos-Laverge, 62 ans, né à Hiéville, vient d'en bénéficier; car, au moment où le tribunal de Falaise le condamnait à six jours pour mendicité, il y avait, juste six jours qu'il était détenu. (Source B.N.)

 

Janvier 1905  -  Tentative de meurtre.  -  Vendredi matin, M. Lecois, cultivateur, se rendait à son écurie, pour soigner ses chevaux, quand surgit tout à coup du corps du bâtiment un individu qui se jeta sur lui et lui porta dans le ventre un terrible coup de fourche américaine.

M. Lecois tomba sur le coup, mais malgré sa terrible blessure, il put se relever et entamer une courte lutte avec son agresseur. Rendu furieux par la résistance de sa victime, l'agresseur s'acharna sur elle lui porta de nouveaux coups de son arme terrible, la piétina avec rage et la laissa pour morte. M. Lecois, qui n'avait que perdu connaissance, put se relever après la fuite du criminel. Il gagna sa maison, appela au secours, et des soins empressés lui furent donnés.

Dans sa hâte de fuir, l'auteur de cette lâche agression, a oublié sa casquette devant l'écurie. Cette pièce à conviction a été recueillie par la gendarmerie : elle emmènera sans aucun doute l'arrestation du meurtrier.

 

Juin 1912  -  Un crime atroce à Hiéville.  La région de Saint-Pierre-sur-Dives est mise en rumeur par la découverte d'un épouvantable crime commis à Hiéville.  

Mardi matin 4 juin, vers 11 heure, un nommé Octave Aumont, journalier, qui s'en allait soigner des bestiaux, découvrit tout à coup dans un chemin d'herbage, à 150 mètres de la route de Livarot, le cadavre d'une femme presque complètement nu ; la tête était enveloppée d'une jupe et de la bouche sortait à moitié un tampon d'étoffe. La malheureuse avait été étouffée. Tout apeuré, Octave Aumont courut avertir M. Bardoult, maire de Hiéville, qui prévint la gendarmerie de Saint-Pierre-sur-Dives et M. Le docteur Madeleine, médecin en cette ville. Les gendarmes et le médecin arrivèrent aussitôt sur les lieux. Ils constatèrent que la femme, chaussée de bas noirs et de souliers jaunes, avait des boucles d'oreilles et une chevalière en or. Elle avait été étranglée puis violée. La mort remontait à quatre ou cinq jours. L'enquête ouverte fit connaître qu'il s'agissait d'une domestique de 24 ans, Mlle Marie Goupil. Son beau-frère déclara qu'elle était allée aux obsèques d'un petit neveu à Sainte-Marie-aux-Anglais, il y avait de cela une semaine, et que depuis elle avait disparu. On croit à un crime passionnel.

Mardi soir le parquet de Lisieux est arrivé à Lisieux et prit en main l'enquête. Hier, l'autopsie de la victime a été faite par M. Le docteur Loesnel, médecin légiste. La brigade mobile de  Caen bat le pays à la recherche de l'assassin. 

Les résultats de l'autopsie. L'autopsie pratiquée par le docteur Coisnel sur le cadavre de Mlle Goupil a démontré que la jeune domestique avait été étouffée, mais non violée. Le corps a été traîné par l'assassin ensuite dans les herbages ou on l'a trouvé. L'enquête a établi que Mlle Goupil placée en dernier lieu à Bonnières (S-et-O) était revenue, comme nous l'avons dit à Sainte-Marie-aux-Anglais ; elle avait disparu, il y a huit jours. On l'a vu pour la dernière fois à Saint-Pierre-sur-Dives quelque temps avant un rendez-vous qu'elle avait avec un jeune homme habitant près de livarot. La commission rogatoire étudiera à Bonnières la correspondance de la jeune fille pour savoir si elle n'avait de relations avec d'autres individus. Ce crime cause une sensation énorme dans la région.   

Le mystère de Hiéville  -  Nouveaux détails. Le mystère plane sur les mobiles et les circonstances de l'assassinat de Marie goupil. L'émotion causée n'est pas prêt d'être calmée. Comme nous le verrons plus loin, les constatations faites sont des plus troublantes et ouvrent le champ à toute les hypothèses.  

L'état des lieux  -  La commune de Hiéville est aux portes de Saint-Pierre-sur-Dives à l'entrée du pays d'auge, dans un pays d'herbage. Le cadavre de Marie Goupil fut trouvé dans le fossé bordant un pré situé le long d'un petit chemin longé lui-même par un ruisseau. Ce petit chemin borde la route à côté d'un vaste herbage limité à son extrémité par la grande route de Saint-Pierre-sur-Dives à Livarot. Dans ce grand herbage est situé une mare profonde de 2 m. 50. Des traces d'herbes foulées avaient été relevées dans ce lieu dit grand herbage et ont avait constaté qu'une racine fraîchement écorchée se trouvait à l'échalier donnant accès sur le petit chemin presque en face de la barrière couverte sur le pré du crime. On avait supposé d'abord que l'assassin avait traîné le cadavre à travers le grand herbage, l'avait posé sur l'échalier, avait traversé le ruisseau et pénétré dans le petit pré. Cette hypothèse a été écartée parce qu’il eut été plus vraisemblable que l'assassin passant près de la mare profonde, eut jeté le cadavre sans laisser de trace.  (Source O.-E.)

 

10 Juin 1912  -   Les révélations faites hier, au sujet de l'assassinat de Germaine Goupil, à Hiéville, ont fait et font un bruit énorme dans toute la région qui se passionne de plus en plus et de façon extraordinaire pour ce crime mystérieux. Les inspecteurs de la troisième brigade mobile poursuivent avec assiduité la plus louable leurs recherches. À l'heure où nous écrivons ces lignes ils suivent plusieurs pistes qui pourront peut-être amener le résultat attendu avec la plus vive et la plus légitime impatience par toute une population. On a  beaucoup jasé autour de l'arrestation d'un jeune homme faite il y a quelques jours, mais disons tout de suite que cette arrestation, résultat d'une contrainte par corps, n'a aucun rapport avec le crime de Hiéville.  

 

1er juin 1912. Nous publions ci-contre un intéressant document à propos du crime de Hiéville, qui fait tant de bruit dans notre région. Les photographies de la victime avant l'assassinat sont extrêmement rares ; il n'existe que cette carte postale prise alors que Germaine Goupil était placée chez un débitant de Suresnes, elle est indiquée par un X. Rappelons à ce propos qu'au cours des perquisitions faite après le crime, on a trouvé des lettres d'un amant que Germaine Goupil avait eu à Suresnes, et avec lequel elle était restée en correspondance. Derrière cette carte postale, adressée par la victime à l'une des soeurs, sont inscrits ces mots " Pas contente de tes nouvelles. G. Goupil".  

 

20 juin 1912  -  Deux arrestations.  -   La justice recherchait en vain l'assassin, lorsque, hier soir, la brigade mobile de Caen conduisait devant le procureur de la république de Lisieux, deux femmes, Léontine Goupil, femme Boisnard, 30 ans, ménagère à Sainte-Marie-aux-Anglais, sœur de la victime, et Marie Louis femme Piel, 50 ans, ménagère à Hiéville, sous l'inculpation d'avortement.

Après enquête, on supposerait que la femme Piel aurait accepté de faire avorter la fille Goupil de concert avec la sœur de celle -ci, et qu'au cours de l'opération, la malheureuse aurait succombé. Alors, perdant la tête les deux femmes auraient transporté le cadavre dans l'herbage, en simulant un crime par strangulation.

Les deux femmes ont été écrouées à la maison d'arrêt de Lisieux. Une perquisition au domicile de la femme Piel, qui habitait près d'herbage désigné, a eu lieu. On a découvert tout un attirail d'outils et de produits laissant supposer qu'elle se livrait fréquemment à ce métier.   

 

21 juin 1912  -  Détails nouveaux et macabres. Les aveux de la femme Boisnard. Nous avons annoncé hier la sensationnelle arrestation de la femme Léontine Boisnard, sœur de Germaine Goupil, et une femme Piel chez laquelle on a trouvé tout un attirail de faiseuse d'anges. Notre correspondant à Caen nous téléphone des détails complets sur les circonstances de cette arrestation et sur les aveux passés par la femme Léontine Boisnard. Ces aveux, comme on va le voir fonds enfin la lumière sur le mystère de Hiéville qui tenait en haleine l'opinion publique depuis la découverte, le 4 juin, dans l'herbage de M. Auvray, cultivateur, du cadavre de la fille Germaine Goupil.

On avait cru d'abord à un assassinat suivi de viol. La brigade mobile de Caen mandée par télégramme était venue prêter son concours au parquet de Lisieux. Saisi de l'affaire, dés le début, avant même que l'autopsie fut pratiquée, le commissaire divisionnaire et ses collaborateurs avaient, après un examen minutieux du cadavre, conclut qu'il n'y avait eu viol et que le désordre apparent des vêtements de la victime n'était qu'une mise en scène pour égarer la justice. L'autopsie révéla que la mort s'était produite par suffocation ; que sur le corps n'existait aucune ecchymose ni trace de violences, enfin que la victime, enceinte de six mois n'avait pas été violée.

C'est une affaire d'avortement. Une lettre saisie au domicile de la mère Goupil laissait entendre que sa fille Germaine avait l'intention de se faire avorter. Après entente avec le juge d'instruction, la brigade mobile orienta ses investigations dans le sens de l'avortement.  La femme Boisnard raconte la mort de sa sœur chez la femme Piel. Or, mardi dernier, 18 juin, en possession de documents obtenus à la suite d'une sérieuse enquête, le commissaire divisionnaire procédait à l'interrogatoire d'une des sœurs de la victime, la femme Léontine Boisnard, après avoir déjeuné ensemble, quittèrent Sainte-Marie-aux-Anglais pour se rendre par la côte de la justice chez la femme Louise Piel, habitant Hiéville. Par un chemin détourné elles pénétrèrent dans sa maison. La fille Goupil était étendue à terre sur un sac, dans la chambre à coucher de la femme Piel, lorsqu'elle lui fit une injection. Presque aussitôt une syncope se produisit chez l'opérée dont la figure devint toute noire et malgré les soins empressés pour la ranimer elle ne donna bientôt plus signe de vie.

Les deux femmes transportèrent la morte à travers les herbages. La femme Piel proposa alors à Léontine Boisnard de cacher le corps de la fille Goupil et de l'éloigner de la maison afin d'éviter des démêlés avec la justice. Léontine Boisnard accepta.  Alors se déroula en plein jour une scène macabre qui dénote chez ces deux femmes une énergie et un courage d'un genre tout particulier. Elles placèrent le corps de la malheureuse Germaine sur une brouette et la transportèrent pendant cent mètres environ jusqu'à l'extrémité d'un pré. Là, les deux femmes saisirent le corps l'une par la tête, l'autre par les pieds et après l'avoir traîné sur le dos pour lui faire franchir un petit ruisseau elle le placèrent pardessus la barrière d'un pré appartenant à M. Auvray, puis elles l'emportèrent jusqu'à un fossé au fond duquel elles l'étendirent.  La femme Piel allongea le cadavre pour faire croire à un assassinat suivi de viol. Elle quitta ensuite la femme Boisnard qui a 5 heures du soir était de retour à Sainte-Marie-aux-Anglais.   

Janvier 1913  -   Les faiseuses d'anges.  -   Les "faiseuses d'anges" de Hiéville en Cour d'Assises, pour un avortement qui a mal tourné et qu'elles ont tenté de déguiser en viol et meurtre: 6 ans de travaux forcés pour la "praticienne", 2 ans de prison pour sa complice, la propre sœur de la victime.  

 

Février 1914  -  Découverte d'un cadavre. -  On a trouvé à Hiéville, dans un bâtiment à usage de hangar, appartenant à M. Mouttier, maire de Mittois, le cadavre en état complet de décomposition d'un pauvre hère, que l'on croit être un nommé Marchand ou Lemarchand, âgé de 62 à 64 ans, ayant l'aspect d'un mendiant. Le décès semble remonter a plusieurs semaines, et l'on pense que le malheureux aura succombé des suites d'une congestion occasionnée par le froid. La gendarmerie de Saint-Pierre-sur-Dives a procédé aux constatations.

 

Juin 1926  -  Un cultivateur économe.   -  Un sieur Marcel Paviot, 24 ans, cultivateur à Hièville, avait résolu le problème de l'économie, en opérant de la façon suivante :

Les charretiers de M. Blet, propriétaire à Bù-sur-Rouvre, conduisaient chaque semaine des chargements de paille aux fromageries Roussel et Lebourgeois, à Boissey. Cette paille était pesée à la bascule publique de Saint-Pierre-sur-Dives, de sorte que les clients payaient selon la fiche de pesage qui leur était remise.

Mais les charretiers faisaient halte à la maison Paviot, à Hièville et posaient 8 à 20 bottes de paille à chacun de leur passage.

I,a gendarmerie, avisée de ces faits, survint au moment les époux Paviot transportaient des bottes de paille qu'un charretier avait jeté devant leur habitation. Cinq étaient mises en place et trois restaient encore sur la route. Les gendarmes demandèrent le prix de la paille. Surpris et embarrassés, les époux avouèrent les faits, le charretier, un nommé Gourdel Joseph, 19 ans, , au service de M. Blet depuis un mois, leur remettait, pour la troisième fois, une certaine quantité de paille, ce dernier opérait ainsi sur les conseils d'un camarade qui aurait pratiqué lui-même de cette façon. Les époux Paviot offraient la collation comme compensation. Gourel a été arrêté et conduit à la prison de Lisieux.

 

Avril 1927  -  Triste fin. -  En pénétrant l'autre matin dans une grange isolée ou il n'était pas entré depuis décembre, le propriétaire, M. Jules Simon d'Hiéville, canton de Saint-Pierre-sur-Dives, y découvrait un cadavre en décomposition. Aussitôt prévenus, les gendarmes ont trouvé dans les poches du défunt un billet signé Grimaud, dans lequel le malheureux s'excusait d'être entré, étant malade dans la grange, sans l'autorisation de M. Simon. Grimaud, d'origine Suisse, âgé de 63 ans, avait travaillé souvent dans la région. Il est mort alors qu'il se rendait à Bretteville-sur-Dives où il s'était fait embaucher.

 

Octobre 1944  -  Le château au pillage.  -  M. Mesnil, propriétaire du château de Hiéville, a porté plainte pour pillage. Son préjudice s’éleve à 500 000 fr. Parmi les auteurs du méfait, dont la gendarmerie s’efforce d’établir l’identité figure la famille H……  

 

Août 1947  -    L’érection du calvaire de Hiéville.    Mgr Fallaire évêque de Thmuis, présidera les cérémonies qui se dérouleront le 24 août à Hiéville, en présence de M. le chanoine Brault, vicaire général de Bayeux et de M. Denoly, conseiller général, à l’occasion de l’érection du calvaire. A 10 h. 30, réception du prélat par la municipalité et grand’messe pontificale. A 16 h., vêpres solennelles, procession, bénédiction du calvaire et sermon, au pied de la croix, par M. le chanoine Brault. Chant du Credo, salut solennel. Bénédiction des enfants. Les chants seront exécutés par la chorale de l’Abbatiale de St-Pierre-sur-Dives, accompagnée par Mlle Cossé, organiste, Mlle Bonnel, violoniste Triduum préparatoire, jeudi 21, vendredi 22 et samedi 23, chaque soir à 20 h. 30 réunion à l’église. (source B.-L.)   

 

Décembre 1947  -  Une grange est la proie des flammes.  -  Un incendie qui aurait été provoqué par des enfants jouant avec des allumettes a pris naissance, à Hiéville, dans une grange remplie de foin, dépendant de la ferme de Mme Vitrouil.

A l’arrivée des pompiers de Saint-Pierre-sur-Dives sous les ordres du capitaine Thierry, la toiture du bâtiment s’était déjà effondrée. Malgré l’éloignement d’un point d’eau distant de plus de 500 mètres, les soldats du feu combattirent énergiquement le sinistre et réussirent à préserver l’immeuble voisin.

Les dégâts sont évalués à 200 000 francs, rien que pour le fourrage. (source B. L.)

Environs de St-Pierre-sur-Dives.  -  HIEVILLE (Calvados).  -  La Grâce de Dieu

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