UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

1

HOULGATE

Canton de Dozulé

Les habitants de la commune sont des Houlgatais, Houlgataises

Février 1840   -   Assises du Calvados.  -   Au mois de mai et de novembre 1839, de l'eau-de-vie, du linge et autres effets mobiliers furent volés dans le domicile et au préjudice d'un sieur Ledanois, propriétaire à Beuzeval. L'auteur de ces vols était un locataire de la même maison, le nommé François Duval, menuisier, qui a été, pour ces faits, condamné à six ans de réclusion, sans exposition. (Source  : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1840 - Nouvelle local. - On ne se rappelle pas d'avoir vu une année aussi féconde en désastres que celle-ci. Depuis le commencement de l'hiver, les journaux de toutes les parties de la France sans nulle exception, signalent des sinistres de la plus cruelle gravité, causés par les ouragans et les tempêtes. Ce sont partout des fleuves débordés, des vaisseaux échoués, des bâtiments entiers renversés par l'orage, on dirait qu'une révolution physique s'opère sur notre globe. Des familles sont ruinées par ces événements, et l'on a déplorer un grand nombre de morts.

Un événement aussi effrayant qu'extraordinaire est arrivé près de Salins (Jura), dans la nuit du 29 au 30 janvier. Une montagne entière, celle dite de Cernans, est descendue en masse dans le précipice qui entourait sa base. L'éboulement a parcouru près de 200 mètres. Une partie de la route royale n‹ 72 de Dijon à Pontarlier, est descendue avec l'éboulement, et se trouve maintenant abaissée de plus de 50 mètres. Cette partie de route qui était connue sous le nom de rampe de Cernans, est devenue impraticable, et la circulation est tout-à-fait interrompue sur le point qui est entre Salins et la limite du Doubs.

Une maison située au bas du mont, et dans laquelle se trouvaient moulin à blé, scierie, huilerie, etc..., a été engloutie.

Personne n'a péri. On se perd en conjectures sur la cause de ce désastre. Les uns attribuent à des enlèvements de terres faits au pied de la montagne pour l'établissement d'une nouvelle route, les autres pensent qu'une fontaine, qui depuis vingt-cinq ans était arrêtée a dû prendre une direction souterraine et miner un partie de la montagne.

Dans la journée du 30, au départ du courrier, une nouvelle masse de terre et de roche se détachait encore et glissait assez vite pour que son mouvement fut sensible à l'œil à une assez grande distance. Une nouvelle portion de route, assise sur cette masse, était déjà déplacée de plusieurs mètres. Il était difficile le prévoir où s'arrêterait cet affreux sinistre. (Source  : L'Indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1845   -   Nouvelle local.  -  Le 4 du ce mois, la nommée Louise-Rosalie, née a Beuzeval, après avoir, en quelques jours seulement été au service de plusieurs personnes, entra chez la femme Cordier, d'où elle ressortit le lendemain, emportant, probablement par méprise, cinq chemises et une paire de bas et alla chez M. Andwers, anglais, sur la plainte portée par la femme Cordier, la gendarmerie se rendit au domicile de M. Andwers, où après perquisition faite dans la chambre occupée par la demoiselle Louise-Rosalie, elle découvrit les objets volés.

Cette fille a été arrêtée et conduite à la prison de Pont-l'Evêque où la peine correctionnelle qui lui sera infligée l'empêchera, sans doute, à l'avenir, de commettre des méprises, qui portent un si grand préjudice aux personnes chez lesquelles elle est employée. (Source  : Le Journal de Honfleur)  

 

Avril 1847   -  Nouvelles Locales.  -   Le mardi de pâques, les sieurs Texier et Lefebvre le beau-père et le gendre, se trouvant à Beuzeville, s'étaient mis dans un état tel qu'au lieu de prendre la route qui conduit de ce lieu à Honfleur, ils avaient suivi celle qui va à Pont-l’Évêque.

Cependant, après avoir cheminé quelque temps, ils ne retrouvaient pas divers lieux qu'ils avaient l'habitude de remarquer et reconnurent qu'ils s'étaient égarés, Mais où étaient-ils ? c'est ce qu'ils ne pouvaient deviner, ils aperçurent une lumière, le gendre se détacha pour aller aux informations, mais quand il vint rejoindre son beau-père, il ne le trouva plus, et les recherches auxquelles il se livra alors et les jours suivants, furent sans succès, On conçoit à quelles inquiétudes, le malheureux fut en proie. Il craignait que dans ce siècle de perversité, on ne l'accusât d'un crime bien loin de son intention, bien contraire à ses affections.

Heureusement le cadavre du beau père a été retrouvé !a semaine dernière dans la « Calonne ». II est à croire qu'il aura continué à marcher au lieu d'attendre son gendre, et que, dans l'état d'ivresse où il se trouvait et aussi à cause de l'obscurité de la nuit, il sera tombé dans la rivière, d'où il n'aura pu se retirer. Il a été inhumé à Pont-l’Évêque. ( source : Journal de Honfleur)

 

Août 1867   -   Un drame.   -   Mercredi soir, sur les 5 heures, le nommé Victor Roussel, domestique chez M. Léon Paris, se baignait seul au pied des falaises, à cinq ou six cents mètres de l'établissement des bains de Houlgate.

À leurs cris, les guides baigneurs de Houlgate quittèrent leur service, accoururent sur le lieu du sinistre et firent pendant une heure, d'inutiles efforts pour arriver à découvrir le malheureux garçon qui venait d'être foudroyé par une congestion cérébrale.

C'est ce qui a été constaté une heure après par le docteur Raoul Leroy, médecin de l'établissement de Houlgate, lorsque le corps, retrouvé à marée basse, a été porté chez M. Léon Paris.  

Mai 1868   -   Un incendie.   -   Le 13 de ce mois, vers les deux heures après midi, un incendie présumé accidentel, a consumé un corps de bâtiment à usage de boulangerie, Charretterie, appartenant au sieur Liégard Eugène, propriétaire à Beuzeval. Le mobilier a été sauvé.  

 

Août 1868   -   Les récoltes.   -   A cause de la chaleur exceptionnelle et persistante de cette année, les moissons sont avancées de quinze jours au moins, les vendanges le seront, dit-on, de trois semaines, la maturité des fruits de toutes espèces est extraordinairement précoce.

 

Août 1868   -   La récolte des pommes.   -   Il résulte des plus récentes communications faites à la Société centrale d'agriculture, que la récolte des pommes, dans les contrées à cidre, sera cette année, d'une abondance extraordinaire.

 

Août 1868   -   Les vols.   -   La semaine dernière, à Beuzeval, un grand nombre de cabanes ont été lacérées par malveillance ou par cupidité.

Procès-verbal de ces faits a été dressé, mais les auteurs sont restés inconnus.

 

Août 1868   -   Un rappel.   -   Nous croyons le moment opportun pour appeler que le 23 juillet, la Cour impériale d'Aix a décidé que le fait de se baigner sans vêtement constitue non pas seulement une contravention de police, mais bel et bien un outrage public à la pudeur prévue par l'art. 330 du Code pénal et puni, sauf l'admission de circonstances atténuantes, d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 16 à 200 fr.

 

Mars 1869   -  Un ouragan.   -  L'ouragan du 2 mars a occasionné des dégâts assez importants sur divers points de notre département.

A Luc, le clocheton de la chapelle du Nouveau-Luc a été renversé dans la matinée par une violente rafale. En tombant, l'une des pierres de ce clocheton après avoir défoncé la toiture, le  plafond et brisé la balustrade, a pénétré dans la chapelle, où elle a creusé dans le pavé un trou d'une profondeur de 20 centimètres environ. Il n'y avait personne dans la chapelle en ce moment. Les autres pierres sont tombées ça et là sur le mur d'enceinte du monument et en ont démoli une vingtaine de mètres. La couverture en ardoises et les enduits en plâtre ont éprouvé des détériorations importantes. L'orgue a également souffert. On évalue la perte totale a près de 3000 francs.

A Lion, la mer, poussée par le vent, à défoncé le mur de soutènement situé en face du Casino. Dans la direction de Luc, elle a submergé une certaine quantité de terrains, et amené des  éboulements de la dune.

A Langrune, la mer a également envahi le jardin de M. de Franquenet sur une longueur de plus de 20 mètres.

Aux environs de Bayeux et de Pont-l'Evêque, bon nombre des pommiers ont été arrachés par le vent.

A Bayeux même, l'ouragan a renversé la partie supérieure de pinacle sur le côté méridional du portail de la cathédrale.

A Trouville, la mer était tellement grosse qu'elle a submergé les quais à l'heure de la marée, et que ses lames ont déferlé jusque par-dessus le pont qui traverse la Touques.

Près de Honfleur, la tempête a fait éprouver quelques dégâts aux propriétés longeant la mer, mais sans pertes considérable.

A Cabourg, la tempête s'est élevée avec une telle impétuosité, que la mer a remporté la digne des bains de Cabourg, passé par-dessus la route et envahi des maisons qui se trouvent à la descente de Caumont, au pied de la falaise, le long du chemin du Mauvais-Pas.

La mer a également fait sentir ses ravages à Houlgate, où elle a démoli la digue de Mlle Dupont de l'Eure.  

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Un malheureux événement a failli attrister les nombreux baigneurs de Beuzeval.

Une mère et sa fille, âgée de seize ans, ayant eu l'imprudence de trop s'avancer en mer, se sont senties tout à coup entraîner par les vagues. Elles se débattaient au milieu des flots, luttant contre la mort, et poussant des cris déchirants.

M. le pasteur Bercier et M. Vincent Rinaldi se promenaient en ce moment sur la plage avec d'autres baigneurs. Mais personne ne se doutait du drame qui s'accomplissait alors. En entendant des cris de désespoir, ils n'hésitèrent pas un instant. Se détachant des promeneurs saisis d'effroi, ils s'élancèrent au secours des deux infortunées qui déjà étaient à bout de lutte et disparaissaient sous, les flots. Nageant avec force, ils parvinrent à les atteindre, à les saisir mais elles se cramponnèrent convulsivement à eux, et, en paralysant ainsi les mouvements des sauveteurs, compromirent le salut commun. Ce n'est que par de suprêmes efforts et en déployant un sang-froid et une énergie remarquables, que MM. Bercier et Rinaldi réussirent à maintenir les deux baigneuses au-dessus des flots et à les ramener sur la plage. Il était temps ! Elles étaient évanouies, et il fallut employer de prompts remèdes pour les ranimer.

 

Septembre 1870   -  Fait divers.   -   L'ex-reine d'Espagne, partant de Beuzeval, où elle a séjourné durant la saison d'été, est passée avant-hier par la gare de Caen, avec sa suite  composée de 57 personnes. Trois fourgons ont été nécessaires pour contenir les bagages. Isabelle se rend à Tours, on suppose qu'elle passera en Suisse.

 

Août 1872   -  Loi sur les boissons.   -  Tout détenteur d'appareils propres à la distillation d'eaux-de-vie ou d'esprits est ténu d'en faire, au bureau de la régie, une déclaration énonçant le nombre et la capacité de ses appareils.

 

Août 1872   -  La fin du monde.   -  On sait que la fin du monde avait été prévue pour le 5 de ce mois, elle n'a pas eu lieu, parce qu'elle a été, paraît-il, remise au 12 août, selon les uns, et selon les autres, au 15 août, fête de l'ex-empereur.

 

Août 1872   -  Les bains de mer.   -  Nos côtes commencent à se peupler de baigneurs. Les locations, pour le mois d'août, se sont faites à des prix assez élevés, quoique inférieurs aux  années précédentes.

M. Thiers est arrivé lundi à Trouville, où il a été reçu avec acclamations.

Trente douaniers font un service d'honneur à l'entrée du chalet. Deux petits camps microscopiques sont installés à côté de la résidence présidentielle. Un fil télégraphique met le chalet en communication avec l'hôtel de la présidence à Versailles. M. Rampont, directeur des postes, vient d'organiser un service entre Versailles et Trouville.

Le Ministre de la guerre est attendu à Houlgate, où se trouve l’ex-reine d'Espagne. A Villers, M. Say, le préfet de la Seine. A Cabourg, Georges Sand. A Villers-sur-Mer, M. le duc de Nemours est arrivé lundi.

 

Avril 1873   -   Pêche miraculeuse.   -   La pêche du maquereau est miraculeuse en ce moment sur nos côtés de Normandie. Cinq bateaux sont entrés, rapportent 105 800 Maquereaux, 9 700 avaient été salés en route.

 

Mai 1873   -  Les Événements.   -   Samedi soir, M. THIERS a donné sa démission, de Président de la République française. Il a été remplacé par le maréchal DE MAC-MAHON, duc DE MAGENTA. Le maréchal-Président est âgé de 65 ans.

 

Juin 1873   -  Le Maréchal Mac-Mahon en Normandie.   -   On s'attend sur la côte normande, pour la fin du mois, à la visite du maréchal président de la République. Les préfets du  Calvados et de la Seine-Inférieure ont été prévenus.

 

Juin 1873   -  Saison des bains.   -  Il se confirme que le maréchal de Mac-Mahon viendrait passer quelques semaines à Houlgate. —  M. Thiers, de son côté, reviendrait à Trouville, au chalet Cordier.  —  Enfin, la princesse Mathilde viendrait séjourner à Villers-sur-Mer.

 

Décembre 1873   -   Visites du premier janvier.   -  C’est le moment, ou jamais, de s’occuper des cartes qu’il est dans l’usage d’échanger à l’occasion du premier de l’an. C’est seulement à l’époque du 1er  janvier qu’on peut envoyer des cartes par la poste, c’est-à-dire sous enveloppe. Les cartes envoyées sous enveloppe doivent être affranchies à 5 cent, pour le rayon du bureau de distribution, en dehors du bureau de distribution, l’affranchissement est de 10 cent. Les cartes ne doivent porter que le nom, la profession et l’adresse. On peut en mettre deux sous la même enveloppe.  Une dame ne peut envoyer sa carte à un homme non marié, une demoiselle, quel que soit son âge, n’envoie jamais de carte.

 

Décembre 1873   -   Vol.   -  Dans la soirée de mardi, un fusil système Lefaucheux et divers engins de chasse ont été volés dans un gabion appartenant au sieur Jouvet, propriétaire à Beuzeval. Ce fusil, d’une valeur de 250 fr., porte sur une des platines l’inscription Le Baron.

 

Juillet 1874   -   Le réchauffement climatique.   -  La comète n'est pas étrangère aux grandes chaleurs que nous subissons. En 1811, une comète fut visible, et les chaleurs et la sécheresse furent telles qu'un grand nombre de rivière tarirent, en 1846, nouvelle comète, nouvelle sécheresse, l'eau devint tellement rare dans certains endroits que des bestiaux périrent de soif. En 1811 comme en 1846, le vin fut abondant et d'une qualité supérieure, on espère qu'il en sera de même en 1874, aussi les cours des vins sont-ils en baisse de 10 fr. par hectolitre. A Marseille, le thermomètre a marqué, à l'ombre, 40 degrés, à Paris, au soleil, 44 degrés. De nombreux cas d'insolation sont signalés.

 

Septembre 1874   -   Effet de foudre.   -  Pendant le dernier orage, la foudre est tombée sur un poirier situé dans un herbage de Mme veuve Langlois, cultivatrice à Beuzeval. Une vache, qui était couchée sous cet arbre, a été tuée sur le coup, une autre, qui se trouvait près de là, est restée étourdie et a refusé de manger pendant deux jours, enfin, une troisième vache a avorté le lendemain.  

74  -  HOULGATE   -  La Rue du Moulin

363.    HOULGATE-BEUZEVAL (Calvados)  -  Avenue Alexandra Feodorowna

HOULGATE  -  L'Eau qui Court

 BEUZEVAL-HOULGATE  -  La Gare, vue à vol d'oiseau

92.    HOULGATE-SUR-MER (Calvados)  -  L'Église

9     HOULGATE  -  Les Villas et le Bois de Boulogne

134.   BEUZEVAL-HOULGATE (Calvados)  -  Le Drochon.

BEUZEVAL-HOULGATE  -  La Plage   -   L.D.

Commentaires et informations : Facebook @