LISORES

Canton de Livarot

Les habitants de la commune sont des Lisorais et les Lisoraises


Mars 1869   -   Un suicide.   -   Mardi, un individu, reconnu depuis pour être le sieur Dutheil, boulanger à Lisores, a été trouvé pendu dans un hangar attenant à l'auberge du sieur Papillon, à Glos.

Ce malheureux, âgé de 45 ans environ, ne jouissait pas entièrement de ses facultés mentales.

On présume qu'il se serait suicidé au retour d'une consultation qu'il était venue demander à une femme de Glos, la veuve Marie, pour qu'elle essayat, disait-il, d'éloigner de lui le diable qui le poursuivait sans cesse. Cette femme, après lui avoir tiré son horoscope, lui avait remis une longue prière, en lui ordonnant de la réciter pendant qu'elle, de son côté, ferait tous ses efforts pour le délivrer des obsessions de l'esprit malin.

En apprenant de semblables choses, ne se croirait-on pas transporté tout à coup en plein moyen-âge ?  

 

Octobre 1872   -  Avis aux cultivateurs.  -  Prière présente est faite aux cultivateurs qui auraient à se plaindre des ravages des campagnols, de ne pas employer l'acide arsénieux pour détruire ces rongeurs. Quelques cultivateurs s'étant servis de cette matière vénéneuse pour chauler du grain qu'ils introduisaient ensuite dans des trous à souris, il en est advenu ceci : des perdrix ont becqueté ce grain et sont mortes empoisonnées. En une seule journée, plus de trente perdrix ont ainsi succombé, et l'autopsie n'a laissé aucun doute sur les causes de l'empoisonnement.

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de veiller avec un redoublement de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Pluies et récoltes.  -  Les pluies torrentielles tombées presque sans interruption depuis plus d'un mois ont produit dans notre pays de déplorables effets. Beaucoup de cultivateurs n'ont pu encore terminer leurs semailles de blé, ailleurs le blé n'a point levé, et on n'a plus d'espoir que dans les blés d'avril, qui sont loin de présenter les mêmes avantages. Les colzas, en  général, ne paraissent pas trop se ressentir de cette submersion temporaire.

La plupart des pommes à cidre sont recueillies. On parle de prix assez élevés, se balançant généralement de 3 fr. 50 à 4 fr. le demi-hectolitre. On nous fait espérer des arrivages prochains des îles anglaises, qui, sans doute, feront tomber les prix ci-dessus mentionné.

Les pommes de terre sont loin de répondre pour la qualité, aux espérances qu'elles avaient fait concevoir, mais on nous assure que plusieurs départements voisins sont sous ce rapport beaucoup plus favorisés que le nôtre. Enfin, espérons n'est-il pas un pronostic campagnard qui dit : hiver pluvieux, été abondant ».

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circulerons en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service. 

 

Décembre 1872   -  Récompenses.  -  La Société pour l'instruction élémentaire (siège à Paris), dans sa séance annuelle, a récompensé les instituteurs du Calvados dont les noms suivent : Rappels de médailles de bronze : MM. Gaugain, instituteur à Louvigny, et Marie, instituteur à Campandré-Valcongrain.    Médaille de bronze : M. Lavolley, instituteur à Ranville.      Mentions honorables : MM. Leboucher, instituteur à Jort, et Marie, instituteur à Lisores

 

Juillet 1890  -  Les récoltes.  -  Les pluies persistantes de ces derniers temps ont compromis les récoltes dont les apparences étaient des plus belles. La plupart des foins ne sont pas rentrés et l'eau a pénétré dans les meulons, Les blés et les avoines sont versés et, comme roulés, sur certains points. On craint aussi que l'humidité n'atteigne les pommes de terre. La récolte de pommes à cidre sera encore moindre que l'an dernier.

 

Août 1890  -  Les voleurs de vaches.  -   Dans la nuit du 8 au 9 courant, une vache a été prise dans un herbage au sieur César Clémence, propriétaire à Lisores. Cette vache, comme la précédente, était prête pour la boucherie.  

 

Avril 1897  -  Brûlé vive.  -  Vendredi, à Lisores, pendant l'absence de ses domestiques, Mme Lemonnier, 61 ans, a été prise d'une congestion et est tombée dans le feu de sa cheminée. A leur retour, les domestiques l'ont trouvée sans vie, un côté du corps carbonisé. (source B. N.)  

 

Juin 1897  -  Mort d’insolation.  -  Le fils Besnard, 17 ans, demeurant chez ses parents à Lisores, sortait dans son jardin, en plein soleil, la tête imprudemment découverte. Il a été frappé d'insolation et a succombé quelques heures après. Ses parents ne possédaient que lui. (source B. N.)  

 

Juillet 1897  -  L’immoralité à la campagne.  -  Un vieillard de 70 ans, Pierre Aumont, menuisier à Lisores, près Livarot, était poursuivi pour outrage public à la pudeur. Cette affaire, jugée à huis clos, a révélé des mœurs épouvantables. Dix jeunes femmes et quatre gamines étaient citées comme témoins. Les quatre gamines ont seules chargé Aumont, qui nie du reste, aussi, en raison de leur perversité et de leurs tergiversations, le tribunal a acquitté le prévenu, qui n'en reste pas moins pour tous un être des plus méprisables. (source B. N.)  

 

Juin 1898  -  Noces d’or.     Les époux Lannier, demeurant à Lisores, viennent de célébrer leurs noces d'or. Ces vieillards sont âgés, le mari de 72 ans, la femme de 68.  (source le B. N.)

 

Décembre 1924  -  Une tentative de meurtre.  -  Une tentative de meurtre a été commise au environs du hameau Gosselinaie, commune de Lisores.

A la suite d'une discussion et d'un échange de coups avec son mari Jean Heront, 27 ans, ouvrier de scierie, sa  femme, née Marie Grall, 31 ans, repasseuse, se réfugia avec ses trois enfants chez des voisins. Le désaccord n’avait d’ailleurs cessé de régner dans le ménage depuis le jour après avoir vécu maritalement pendant deux ans, loin de son époux, la femme Heront avait consenti à reprendre la vie commune. Cette dernière, qui avait dit-elle, peur de son mari se rendit chez un armurier de Livarot et acheta un revolver et une boite de 25 cartouches.

En rentrant, elle se dirigea vers sa maison pour reprendre des effets pour ses enfants, mais elle trouva la porte fermée et la serrure changée. Elle parvint cependant à se glisser par la fenêtre et se trouvait dans sa chambre depuis une demi-heure, quand elle aperçut son mari qui rentrait. Saisissant son revolver, elle approcha de la fenêtre et tira dans la direction de Heront, deux coup de revolver sans toutefois l'atteindre. Il s'enfuit, mais reçut malgré tout une troisième balle dans la jambe gauche. La blessure ne paraît pas extrêmement grave. La meurtrière a été néanmoins arrêtée.  

 

Janvier 1925  -  Une garde-barrière tuée par une auto.  -  Un grave accident d'automobile s'est produit sur le territoire de la commune de Lisores. M. Edgard Duvieu, 50 ans, boucher à Montpinçon, accompagné de M. Hédier, propriétaire à Tortisambert, se rendait à la foire de Gacé, quand au moment de traverser le passage à niveau, il s'aperçut que les barrières étaient fermées. Il ralentit et voulut bloquer ses freins, mais ceux-ci ne fonctionnant pas, la voiture vint heurter les barrières qui s'ouvrirent sous la poussée et l'automobile obliquant à droite, traversa la ligne.

Au même moment, la garde-barrière, Mme Eugénie Tahot, 50 ans, fut happée au passage par le véhicule et traînée sur un parcours de plusieurs mètres. Relevée aussitôt, la malheureuse femme était sans connaissance et portait de nombreuses blessures au visage, aux jambes et à l'abdomen.

Le docteur Dentu, de Vimoutiers, appelé d'urgence, fit transporter la blessée grave à la clinique de Lisieux, elle succomba peu de temps après.

 

Mars 1927 - Tragiques exploits d'une brute. - Pendant une discussion provoquée par l'annonce une maternité prochaine, Alexandre Deslandes, 47 ans, journalier à Lisores, a menacé de mort et frappé brutalement sa maîtresse, Germaine Poisson, 37 ans, gardienne d'herbages. Aux cris de celle -ci, son fils, Bernard Vivien, 17 ans, est accouru, Deslandes, tournant sa fureur contre le jeune homme, lui a apporté plusieurs coups de couteau dans le dos. Perdant son sang, Vivien, suivi de sa mère, s'est réfugié dans une  ferme voisine d'où il a dû être transporté à l'hôpital de Lisieux où son état a été jugée très grave.

Quand les gendarmes avertis sont venus arrêter le coupable, ils l'ont trouvé pendu dans la chambre de son amie. La mort avait déjà fait son oeuvre.

 

Mai 1929  -  Un enfant malheureux.  -  Les époux Leclerc Clément, cultivateurs, sont actuellement l'objet de poursuites pour mauvais traitements à leur enfant.

Le pauvre petit, vêtu seulement d'une chemise, vivait constamment dans un berceau sur des vieux vêtements qui servaient de paillasse. Il était d'une saleté repoussante et avait le corps couvert de boutons. Quoique âgé de 5 ans, l'enfant en parait à peine trois et il est tout recroquevillé.

La mère prétend que son mari l'obligeant à travailler sans arrêt, elle ne peut s'occuper de son enfant.

 

Février 1944  -  Un trafiquant devait expédier dix bovins à un boucher de Paris.  -  Mercredi, vers 14 heures, quand les agents du contrôle économique firent irruption dans la ferme de M Maurice Morin, cultivateur à Lisores, ils aperçurent plusieurs individus qui prirent la fuite et se dissimulèrent dans le bois voisin. Ils remarquèrent alors des peaux de bovine dans la remise de la ferme et de nombreux quartiers de viande fraîchement abattus. Six bovins venaient d'être sacrifiés et quatre autres attendaient leur tour. Les inspecteurs réussirent à arrêter un représentant de commerce, Louis Maury, 42 ans, de Ballet (S-et-0.). Celui-ci leur déclara que le commerce des moteurs électriques étant par trop restreint, il s'était mis en rapports par l'intermédiaire de son beau-frère boucher aux halles avec un patron boucher de la capitale « Raymond », qui1'avait chargé de lui, trouvée une dizaine de bœufs contre une commission de 5.000 fr.
Maury s'était mis en rapports avec Maurice Morn qui avait accepté de fournir les dix bêtes
au prix de 60 fr le kilo. Maury était revenu lundi dernier à Lisores chez le cultivateur, lui apportant un acompte de 100 000 fr exigé par lui « Raymond » avait fait envoyer de Paris un camion pour prendre livraison de la viande. Déféré au Parquet, Maury a été laissé en liberté. 

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