UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

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LOUVIGNY

Canton de Caen

Les habitants de la commune sont des Loupiaciens et Loupaciennes


Septembre 1868   -   Un incendie.   -   Un violent incendie a éclaté lundi, vers une heure de l'après-midi, à Louvigny, 19 maisons sont devenues en quelques instants la proie des flammes.

Tout ce que l'on appelle vulgairement le planitre de Louvigny, composé d'habitations contiguës, est détruit, sauf une maison, la seule qui fut couverte en ardoises, appartenant à M. Mondehare. Les autres étaient couvertes en chaume.

C'est par la maison du sieur Lépicier, restaurateur, que le feu a commencé, la cause en est tout à fait accidentelle. On nous rapporte que la flamme du foyer, destinée à faire rôtir un canard, avait jailli tout à coup jusque dans la cheminée, où se trouvaient des jambons entourés de papier.

Le feu, trouvant dans ce papier et dans la graisse des jambons des matières éminemment inflammables, aurait envahi toute la maison et gagné bientôt la toiture en paille.

À peine le feu a-t-il eu dévoré une partie de la toiture du restaurant, qu'il s'est communiqué avec une grande rapidité à une maison voisine, située à gauche, vers la rivière, appartenant par moitié aux frères Blin et habitée seulement par l'un d'eux. De cette maison, achevée depuis peu, et , comme celle de Lépicier, couverte en chaume, des flammèches se sont élancées sur les habitations placées du côté opposé, c'est à dire à droite du restaurant, et il en est résulté l'embrasement simultané de presque toutes les maisons rangées à la suite.

La pompe de Louvigny, peu solide, ne rendit que de faibles services, mais celle d'Allemagne, et surtout les pompes et les pompiers de Caen, prêtèrent un secours efficace. La plupart des mobiliers purent être sauvés, cependant ils y a eu beaucoup de dégâts, ainsi que le constate la liste que nous publions plus loin.

C'est vers trois heures et demie que sont partis, pour Louvigny, les pompiers de Caen, ayant à leur tête leur capitaine, M. A. Paisant. Un détachement de 200 hommes du 19e de ligne y est allé aussi, mais seulement vers cinq heures.

Quelques instants, auparavant arrivaient le commissaire de police du quartier Saint-Jean, M. Esnault, substitut de M. le procureur impérial, et de M. Prémont, juge d'instruction.

M. Flandin, secrétaire général, était aussi sur le lieu du sinistre, ainsi que M. le commandant et M. le capitaine de la gendarmerie. Nous devons citer aussi le courageux dévouement de M. le curé de Louvigny, des premiers à l'œuvre, on l'a vu, pendant un temps assez long, combattre le fléau sur le haut d'une toiture enflammée. On a été maître du feu vers six heures.

La maison d'école des filles est comprise dans les maisons incendiées. La distribution des prix y avait eu lieu dimanche dernier, l'institutrice, Mlle Lucas, venait de partir en vacances, une ou deux heures auparavant, lorsque, prévenue par une personne de sa connaissance, elle s'est hâtée de revenir sur ses pas. Ça n'a été que pour voir sa demeure en flammes. Des valeurs en  argent et papiers, renfermés dans une boîte et formant 10 000 francs environ, ont été consumées, et toute les recherches faites pour en retrouver quelque trace sont restées jusqu'ici infructueuses. M. le curé de Louvigny a donné asile à Mlle Lucas.

La veuve Duvey, en s'efforçant de sauver quelques meubles, a été cruellement brûlée aux bras et au visage.

En compte huit ménages complètement sans asile, sur lesquels quatre au moins n'ont d'autre ressource que leur travail journalier, et se trouvent par conséquent dans une situation très précaire.

Singulière coïncidence, l'an dernier, à peu prés à pareille époque, vers le 26 septembre, le feu s'était déclaré dans la cheminée de ce même restaurant, et c'est à grand peine qu'on avait pu éteindre.

Chacun s'accorde à blâmer les habitants de Louvigny, qui ont mis très peu d'empressement à porter secours aux incendiés, quelques-uns ont même quitté le travail dès huit heures du soir, alors que tout le monde a travaillé jusqu'à dix heures et demie. L'un de nos confrères a même remarqué, dans un champ très rapproché du lieu de l'incendie, quatre charretiers occupés à labourer, sans se préoccuper de ce qui se passait à quelques distance d'eux.  

 

Novembre 1869   -   Fait divers.   -  Dans sa dernière séance, le Conseil municipal de Caen a rejeté une prétention élevée par la commune de Louvigny, pour obtenir une voie de communication traversant la prairie et partant du pont de Louvigny, pour gagner, en ligne directe, le pont du chemin de fer, et aller, en longeant la Noë, aboutir à la place de la Préfecture. 

 

Mai 1870   -   Fait divers.  -  Le cadavre d'un individu resté inconnu, âgé de 40 à 45 ans, a été retiré, le 20 de ce mois de la rivière l'Orne, au lieu dit les Quatre-Carabines, commune de Louvigny, où il paraissait avoir séjourné dix à douze jours, il ne portait aucune trace de violences. On n'a trouvé sur lui aucun papier pouvant faire connaître son identité.  

 

Juin 1870   -  Fait divers.   -   En 1803, les chaleurs furent aussi excessives que persistantes. Dans la Normandie, 95 jours s'écoulèrent sans pluie.

La sécheresse exceptionnelle de cette année démontre l'extrême urgence qu'il y aurait pour notre localité, à ce que l'administration, d'accord avec le génie, fit remédier au plus tôt à l'état de choses désastreux résultant de la destruction entière du barrage de Montaigu pour toutes les prairies longeant la rivière de l'Orne en amont de Caen.

La sécheresse est bien pour quelque chose dans la stérilité presque complète de ces prairies, mais personne n'ignore que la destruction entière du barrage de Montaigu est la cause  principale du préjudice qu'éprouvent depuis plusieurs années les propriétaires et habitants des communes d'Allemagne, Louvigny, Feuguerolles et autres longeant l'Orne.

Le conseil municipal ayant reconnu la nécessité d'un nouveau barrage avec une passerelle, et dans de nouvelles conditions satisfaisantes, en a décidé, en mars dernier.

 Rien n’est donc plus urgent que ce barrage soit fait au plus tôt : d'abord pour la salubrité de la ville, mais surtout pour le dommage que cet état de choses cause aux propriétaires des prairies riveraines.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Heureux et satisfaits doivent être les pompiers de Louvigny. Pour les récompenser du zèle avec lequel ils ont éteint l'incendie qui a dernièrement éclaté dans sa propriété, Mme Planquette leur a offert 120 fr. pour être bus et mangés à sa santé. 

Pas un pompier ne manquait à l'appel, et quand le rappel a battu, c'est au pas de course que les invités sont venus prendre place autour de la table du banquet. 

Le repas a été plein d'entrain et de gaieté, l'ordre le plus parfait n'a cessé de régner, et la bienséance n'a pas été outragée. 

A minuit, le gros de la compagnie s'est retiré pédestrement, après avoir hissé les éclopés dans une charrette à gerbes amenée, en cas d'accident, sur le lieu du banquet. Toujours prévoyants, messieurs les pompiers de Louvigny.

 

Octobre 1872   -  Avis aux cultivateurs.  -  Prière présente est faite aux cultivateurs qui auraient à se plaindre des ravages des campagnols, de ne pas employer l'acide arsénieux pour détruire ces rongeurs. Quelques cultivateurs s'étant servis de cette matière vénéneuse pour chauler du grain qu'ils introduisaient ensuite dans des trous à souris, il en est advenu ceci : des perdrix ont becqueté ce grain et sont mortes empoisonnées. En une seule journée, plus de trente perdrix ont ainsi succombé, et l'autopsie n'a laissé aucun doute sur les causes de l'empoisonnement.

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de  veiller avec un redoublement de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Pluies et récoltes.  -  Les pluies torrentielles tombées presque sans interruption depuis plus d'un mois ont produit dans notre pays de déplorables effets. Beaucoup de cultivateurs n'ont pu encore terminer leurs semailles de blé, ailleurs le blé n'a point levé, et on n'a plus d'espoir que dans les blés d'avril, qui sont loin de présenter les mêmes avantages. Les colzas, en général, ne paraissent pas trop se ressentir de cette submersion temporaire.

La plupart des pommes à cidre sont recueillies. On parle de prix assez élevés, se balançant généralement de 3 fr. 50 à 4 fr. le demi-hectolitre. On nous fait espérer des arrivages prochains des îles anglaises, qui, sans doute, feront tomber les prix ci-dessus mentionné.

Les pommes de terre sont loin de répondre pour la qualité, aux espérances qu'elles avaient fait concevoir, mais on nous assure que plusieurs départements voisins sont sous ce rapport beaucoup plus favorisés que le nôtre. Enfin, espérons n'est-il pas un pronostic campagnard qui dit : hiver pluvieux, été abondant ».

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circuleron en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service. 

 

Décembre 1872   -  Récompenses.  -  La Société pour l'instruction élémentaire (siège à Paris), dans sa séance annuelle, a récompensé les instituteurs du Calvados dont les noms suivent : Rappels de médailles de bronze : MM. Gaugain, instituteur à Louvigny, et Marie, instituteur à Campandré-Valcongrain.    Médaille de bronze : M. Lavolley, instituteur à Ranville.      Mentions honorables : MM. Leboucher, instituteur à Jort, et Marie, instituteur à Lisores. 

 

Août 1875   -   Incendies.  -  Un incendie, attribué à l'imprudence d'un enfant, a consumé trois mulons composés de paille de colza, de 500 gerbes d'orge et de 1 340 gerbes de blé,  appartenant à M. Alexis Guillot, à Louvigny. 

— Un incendie, dont la cause est restée inconnue, a éclaté dans les dunes de Merville, appartenant à M. Albert Desmarais, propriétaire à Honfleur. Des herbes sèches et quelques bourrées, ont été brûlées.  

 

Juin 1879   -  Le dénichage des oiseaux.  -  A cette époque de l'année, nous ne saurions trop engager MM. les instituteurs à rappeler aux enfants qu'il y a une loi qui interdit le dénichage des oiseaux. Ils éviteront ainsi à leurs élèves les pénalités qui pourraient les atteindre et rendront un véritable service à l'agriculture. 

 

Juillet 1879   -  Écoles primaires.  -  Les vacances des écoles primaires commenceront le 1er  août pour finir le 1er  septembre.

 

Août 1879   -  Une commune qui demande son chemin.  -  Depuis plus de trente ans la commune de Louvigny demande qu'il soit établi à travers la prairie, non pas une route, mais une simple chaussée empierrée permettant aux piétons de venir à Caen par cette voie, ce qui n'est pas possible après les grandes pluies qui transforment le sentier du milieu de la prairie de Caen en une véritable fondrière. La commune de Louvigny serait, si nous sommes bien informé, disposée à faire les frais de cette chaussée.

C'est là, en effet, une question importante pour elle, puisque les jours de mauvais temps elle ne peut accéder à Caen que par Bretteville, ce qui allonge considérablement son parcours. La ville de Caen, qui pourtant n'aurait pas un sou à dépenser, s'est longtemps montrée hostile à ce projet. On nous assure qu'aujourd'hui encore certains membres de notre conseil municipal, le combattent, parce que, disent-ils, cela diminuerait la beauté et le pittoresque de la prairie. Il nous semble que la ligne de Cherbourg et celle de Condé n'ont pas ajouté à cette beauté, et que les flaques de boue dans lesquelles on enfonce jusqu'aux genoux les jours de grandes pluies, n'ont rien de bien pittoresque. 

Il est vrai qu'au projet de chemin de la prairie on en oppose un autre qui passerait par la planche au Prêtre et Venoix. Ce dernier chemin ne serait d'aucune utilité aux ouvriers, aux cultivateurs et aux propriétaires de parcelles dans la prairie. En revanche, il augmenterait de 60 000 à 80 000 fr. la valeur du domaine d'un grand propriétaire, qui à cause de cela est très hostile au chemin de la prairie, quoiqu'il possède la clef de la barrière du Grand-Cours, en vertu, dit-il, d'un droit féodal attaché à sa propriété. II y a donc à choisir entre l'intérêt de tons et l'intérêt d'un seul. Pour donner plus de valeur à un domaine « féodal » refusera-t-on d'écouter les justes réclamations que les cultivateurs, les petits propriétaires et les ouvriers viennent de renouveler une fois encore dans une pétition déposée à la mairie de Caen le 8 août.

 

Février 1880  -  Attention, Messieurs des Ponts et Chaussées.  -  Cette administration fera bien de ne pas choisir un temps de pluie pour retenir les eaux. Jeudi soir, elle avait abaissé les aiguilles du barrage de l'Orne, afin d'opérer, le lendemain une chasse destinée à déblayer les vases qui gênent l'entrée du port de Ouistreham. Dans la nuit de jeudi une crue subite s'est  produite et, vendredi matin, Louvigny et les prairies en aval étaient inondées. Et voilà comme quoi le barrage de l'Orne, établi pour prévenir les inondations, s'est trouvé être un peu la cause de celle que nous avons subie pendant 24 heures. A propos de cette crue, des aiguilles du cours et des vannes du pont de la Préfecture, M. l'ingénieur en chef Leblanc a eu chiffe-tirée non seulement avec les hommes, mais aussi avec les dames, et on assure même qu'avec l'une d'elles il n'aurait pas eu le dessus.  

 

Octobre 1880  -  Inondation.  -  Qu'a donc fait notre pauvre France ? Toutes les calamités semblent accumulées sur elle. Presque toute;notre région est sous l'eau, plus loin, nos lecteurs trouveront les désastreux détails de cette crue que nous n'avions pas vue aussi forte depuis vingt ans. L'été a été déplorable. Il n'y a pas de pommes, les récoltes ont été faites dans les conditions déplorables, et si le temps continue, on se demande comment on arrivera à faire, le blé. Les pluies qui ont tombé pendant toute la semaine dernière ont considérablement grossi les cours d'eau de notre département. 

A Louvigny, jamais, de mémoire d'homme, les eaux ne s'étaient élevées à une telle hauteur. Les habitants ont été surpris, vendredi pendant la nuit par l'inondation. Un grand nombre ont déménagé le lendemain à l'aide de barques, d'autres se sont réfugiés dans leurs chambres. Plusieurs familles sont restées toute la journée de samedi sans pain et sans feu.  

 

Décembre 1880  -  Tirage au sort.  -  Les opérations du tirage au sort des conscrits de la classe 1880 commenceront le 24 janvier.

 

Décembre 1880  -  Recensement de la population.  -  Le recensement quinquennal de la population commencera le 15 janvier prochain.

 

Décembre 1880  -  Une série de désastres.  -  On commence à connaître l'étendue des dégâts causés dans notre département par les inondations. La commune de Louvigny a été des plus  éprouvées. Soixante maisons ont été envahies par les eaux. Dans deux d'entre elles, un tassement des murs s'est produit et les planchers se sont écroulés, détruisant complètement les petits ménages des ouvriers qui les habitaient. Un d'eux, qui venait de recevoir l'argent de sa quinzaine et l'avait ramassé dans sa commode, n’a pu encore le retrouver au milieu des décombres. C'était sa seule ressource. Il a fallu étayer et faire évacuer d'autres maisons qui menaçaient ruine. Pendant trois jours, les inondés sont restés enfermés dans leurs chambres, n'ayant d'autre nourriture que celle que  leur apportait le garde champêtre, à l'aide d'une barque requise par le maire. Une toute jeune fille, Mlle Guillot, au péril de sa vie, a traversé le planître de Louvigny, ayant de l'eau jusqu'aux épaules, pour aller porter du pain à son grand-père, resté enfermé dans une chambre.

 

Janvier 1881  -  L’eau, la neige, le froid.  -  Pour la troisième fois depuis cinq mois, la commune de Louvigny a été inondée. Jamais la crue ne s'était élevée si haut. Heureusement que les secours ont été organisés à temps. On a pu évacuer les maisons les plus menacées et le service de la distribution des vivres aux inondés restés chez eux a été assurée avec activité par les sieurs Deschamps père et fils. Le nombre des personnes inondées dépasse trois cents, sur une population de cinq cents. La Basse-Allemagne a été aussi envahie par les eaux. 

 

Juin 1881  -  Les jeteurs de sort.  -  Un cultivateur de la commune de Louvigny, ayant perdu dernièrement deux chevaux, on lui a conseillé d'appeler un sorcier, et c'est ce qu'il a fait. Le sorcier est venu et a déclaré au cultivateur, qui l'a cru, qu'un individu avait, par vengeance, jeté un sort sur ses chevaux.

Malgré les condamnations prononcées si fréquemment par les tribunaux contre ces prétendus sorciers, qui ne sont que d'impudents escrocs, il se trouve encore, on le voit, des gens assez naïfs pour se laisser  duper par eux. Celui dont il est question ici habite la plaine de Caen, c'est un homme d'une cinquantaine d'années, qui se vantait autrefois de « marcher dans l'eau sans se mouiller. » Mais toute sa science ne l'a pas empêché d'avoir maille à partir avec la justice, et de devenir plusieurs fois grand-père sans avoir de gendre.  

 

Octobre 1881  -  Un préfet dans l’embarras.  -  Un rapport demandant la révocation du buraliste de Louvigny pour mauvaise tenue de son débit, a été adressé à la préfecture. S'il s'agissait d'un pauvre diable, nous n'eussions soufflé mot de ceci. Mais le titulaire a de 1 500 à 2 000 francs de rente, son bureau ferait donc bien mieux l'affaire d'un ancien militaire sans fortune. Le  préfet hésite, dit-on, à signer l'arrêté de révocation, et voici pourquoi. Le buraliste de Louvigny est l'oncle de ce maître Guillot, dans le champ ensemencé duquel le préfet a été dernièrement pincé, et il ne veut pas le révoquer dans la crainte qu'on ne l'accuse de vouloir faire payer à l'oncle les frais du procès-verbal que lui a fait dresser le neveu.  

 

Mars 1883  -  Une méchante farce. –   II y a eu dimanche huit jours, un cabaretier de Louvigny était prévenu que le 36e de ligne ferait une promenade le mardi suivant et s'arrêterait chez lui, il était invité à préparer des vivres, pour deux cents hommes. Flairant une bonne aubaine, il fit d'amples provisions, mais le mardi personne ne vint. Il n'avait, parait-il, jamais été question de rien de semblable. De mauvais plaisants avaient joué ce tour à l'aubergiste, qui n'a vraiment pas de chance avec ses opérations commerciales. Témoin le jour où, il a acheté un tonneau de vieux cidre pour du nouveau.  

 

Octobre 1883  -  Jument tuée d’un coup de fourche.    Un nommé Alfred Lecoq, né à Troismonts, étais domestique chez Mme veuve Cingal, propriétaire à Louvigny. Dans un moment de colère cet individu a donné un coup de fourche américaine à une jument estimée 2 000 fr., l’une des branches a percé le ventre de la pauvre bête, qui est morte à la suite de cette blessure. 

Plaint a été portée, une enquête, a eu lieu, Lecoq comparaîtra sans, doute en police correctionnelle, il est à désirer qu’une répression sévère vienne mettre un terme à ces brutalités qui n’ont le plus souvent que la vengeance pour mobile. 

 

Octobre 1884  -  Profanation.  -  Une nuit de la semaine dernière, des coups de fusil ont été tirés, à Louvigny, sur le calvaire, situé chemin du Mesnil. Le socle en pierre et le bas de la croix ont été criblés de plomb. La même nuit, une aubergiste de Louvigny ayant refusé de donner à boire à plusieurs individus ivres, ceux-ci se retirèrent en tirant des coups de fusil. Ces individus, dont deux habitent Louvigny, et deux autres Caen, sont les auteurs de la profanation du calvaire.

 

Août 1886  -  Les chemins de fer.  -   la commune fut reliée à la gare de Caen par une ligne de chemin de fer qui allait à l'origine jusqu'à Aunay-sur-Odon et qui fut ensuite prolongée en 1891 jusqu'à la gare de Vire. 

 

Avril 1891  -  Incendie.  -  Dans la nuit de vendredi, le feu s'est déclaré à Louvigny, dans une maison inhabitée depuis deux ans, qui fut longtemps un restaurant tenu par le sieur Panama. Malgré les prompts secours apportés et la proximité de l'Orne, l'immeuble, appartenant à M. Lépicier père, à Caen, a été détruit, les maisons voisines ont pu être préservées. L'enquête qui se poursuit fera connaître la cause de cet incendie.  

 

Juillet 1891  -  Tentative de suicide.  -  Lundi l'après-midi, à Louvigny, la fille Gautier, 19 ans, à la suite d'une scène fort vive avec sa mère, s'est jetée dans l'Orne. Quelques personnes qui l'avaient aperçue donnèrent l'alarme. L'abbé Lemullois, curé de Louvigny, sauta dans une barque avec les sieurs Numa Planquette et Jules Guillot. Ils rejoignirent la fille Gautier au moment où elle allait disparaître, entraînée par le courant. L'abbé Lemullois la saisit et elle put être sauvée, car l'asphyxie n'était pas complète. Son état est assez grave.  

 

Juillet 1892  -  Découverte de cadavre.  -  Le 14 juillet on a aperçu flottant sur l'Orne, à Louvigny, un peu au-dessus du Planitre, un cadavre qui été ramené immédiatement à terre. 

Celait celui d'un homme vêtu d'un pantalon de drap, d'une blouse bleue et d'une casquette qu'il tenait encore à la main. Il portait une plaie déjà ancienne à la jambe droite. Dans une poche, on a trouvé un billet d'aller et retour de Frénouville et quelques flacons de médicaments. La mort remontait à 18 heures environ. L'enquête a fait découvrir que ce cadavre était, celui de Louis Couture, 33 ans, journalier à Émiéville. On croit à un suicide  (Source B.N.)  

 

 Septembre 1893  -  Baigneurs.   -  Est-ce qu'aux portes de Caen, le long du canal, sur le cours Cafarelli, par exemple, où se trouvent de nombreux promeneurs, on ne pourrait pas surveiller les baigneurs qui sont là en état complet de nudité ? 

— Même observation au sujet de la commune de Louvigny.  (Source B.N.)  

 

Octobre 1893  -  Attaque nocturne.  -  Vendredi, le nommé Jean Planquette, Maçon à Louvigny, revenant de travailler à Mondeville, a, d'après sa déclaration à la gendarmerie, été attaqué à I'improviste par deux individus, à l'entrée des chasses du château de Louvigny. Il n'a pu les reconnaître à cause de l'obscurité. Ils l'ont terrassé, contusionné au visage et fouillé sans trouver l'argent qu'il avait sur lui. (Source B.N.)  

 

Janvier 1894  -  La crue de l’Orne.  -  Par suite des pluies torrentielles tombées près de Sées, l'Orne a cru subitement dans la nuit de jeudi à vendredi. Les prairies de Caen, d'Allemagne et de Louvigny ont été couvertes pendant deux jours. Il n'y a eu aucun accident de personnes. Mais la crue a emporté beaucoup de bois dans les coupes récemment faites. 

A ce propos, pourquoi, quand une crue est annoncée, ne prévient-on pas les communes riveraines. ? On pourrait prendre aussitôt les mesures nécessaires pour éviter les pertes et les accidents. (Source B.N.)

 

Janvier 1894  -  L’influenza.  -  Dans tout le département, ce mal fait des victimes. Les morts sont plus nombreux que lors de la précédente épidémie. (Source B.N.)  

 

Juin 1894  -  Mort subite.   -  Dimanche, le sieur Constant Guillot, 57 ans, propriétaire à Louvigny, était allé au concours régional. En revenant, il fut pris de malaise par suite de la chaleur et tomba dans un des fossés des chasses de Louvigny où des passants le trouvèrent mort dans la soirée. (Source B.N.)  

 

Juin 1894  -  Les suites d’un accident.   -  Il y a une quinzaine de jours, le sieur Alphonse Lecornu, 56 ans, cultivateur à Louvigny, tombait sous sa voiture et avait la main écrasée. Il fut transporté à I'hôtel-Dieu où il est mort samedi du tétanos. (Source B.N.)  

 

Septembre 1894  -  Une vilaine rencontre.   -   Certain beau jour, en revenant de Louvigny, la dame Dorne, 59 ans, fit la rencontre d'Alexandre Cauchard, 23 ans, journalier à Venoix. Il parait qu'en chemin le jeune gars aurait voulu rouler la vieille dame sur un tas de foin. Mme Dorne résista, cela se comprend, à son âge. Le garnement se fâcha et, n'arrivant pas à ses fins, il frappa la pauvre femme. 

L'affaire est venue devant le tribunal correctionnel de Caen, mais, l'outrage public à la pudeur de la dame Dorne n'ayant pas pu être établi, Cauchard n'a été condamné que pour coups, à un mois de prison. (source B. N.)  

 

Octobre 1894  -  Victime du travail.   -  Samedi l'après-midi, le sieur Hue, maçon à la Maladrerie, qui travaillait à l’église de Louvigny, est tombé d'une hauteur de six mètres. Il a eu une jambe brisée en deux endroits et de graves lésions internes. Transporté à l’hôtel-Dieu, il y est mort dimanche matin, Hue était âgé d'une quarantaine d'années. Il laisse une veuve et deux enfants en bas âge. (source B. N.)  

 

Novembre 1894  -  Incendie.   -  Samedi, à 2 heures 1/2 du matin, un incendie de cause inconnue a éclaté dans le grenier du sieur Lelièvre, débitant à Louvigny. Les flammes poussées pour le vent ont gagné les toits de chaume voisins. Malgré l'activité des pompes de Louvigny et Bretteville, cinq maisons et une grange ont été rapidement détruites. Les incendiés ont dû se sauver à peine vêtus sans rien emporter. Le sieur Poidevin, octogénaire, allait périr sans le sieur Albert Lequest, un des incendiés qui l'a sauvé. 

Les pertes dépassent 30 000 francs. Plusieurs des incendiés se trouvent sans aucune ressource. Une souscription est ouverte au Journal de Caen en leur faveur. Il serait urgent surtout de leur procurer du linge, des effets et de la literie. Mardi, M. Bouffard secrétaire général, a visité le théâtre de l'incendie et promis des secours. Mme A. Boissée, dont on connaît le dévouement pour toutes les misères, s'est entendue avec la municipalité pour l'achat des objets de première nécessité. (source B. N.)

 

Mai 1895  -  Adultère.  -  Albertine Hiram , femme Brion, 31 ans, perlière à Louvigny, avait profité que son mari était en prison pour enlever tout du domicile conjugal et entretenir des relations avec Ferdinand Malherbe, 28 ans, couvreur à Mutrécy. Ce dernier a été condamné à quinze jours de prison et sa complice à un mois, pour adultère et outrages à un maire. (source B. N.)  

 

Mai 1895  -  Les hannetons.  -  Le conseil général du Calvados a décidé d'accorder des primes de dix centimes par kilogramme de hannetons ramassés dans le département pour être détruits. Ces hannetons devront être apportés à la personne déléguée par le maire, pour être détruits. (source B. N.)

 

Mai 1895  -  Fuyez les arbres pendant l’orage.  -  Nous sommes menacés d'orages. Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs de ne jamais se mettre à l'abri sous les arbres pendant la tourmente. Quatre malheureux ont été victimes de cette imprudence la semaine dernière. Deux à Chaudoir et deux à Chambles. (source B. N.)

 

Juin 1895  -  Banc à 40 francs la place.  -  Sur la proposition du secrétaire de la mairie de M. Chéron, de Lisieux, le conseil municipal de Louvigny, dont il fait partie, a émis un avis favorable à l'installation de nouveaux bancs dans l'église. Le coût sera d'environ 5 000 fr., c'est-à-dire quelque chose comme 40 fr. par « assié-sas ». 

À l'issue de la séance, le maire a réuni à dîner tous les conseillers et, comme entremets, il leur a servi sa démission, non seulement de maire, mais de conseiller municipal aussi. (source B. N.)  

 

Décembre 1895  -  Bureau de Poste.  -  Lundi dernier, a eu lieu l'ouverture du nouveau bureau de poste, installé dans la commune de Louvigny. Ce bureau dessert, outre ladite commune, celles de Maltot et de Vieux. (source B. N.)

 

Juillet 1897  -  Lugubre découverte.  -  Ou a trouvé dans le fossé dit des Quatre-Carabines, prairie de Louvigny, le cadavre de la demoiselle Victorine Lemarchand, 17 ans, née à Banneville-sur-Ajon. Son père est cordonnier à St-Georges-d'Aunay. La jeune fille était servante chez le sieur Maris, négociant, rue du Havre, et remplissait bien son service. On croit à un suicide déterminé par un état de surexcitation nerveuse dans lequel elle se trouvait depuis quelque temps. (source B. N.)  

 

Août 1897  -  Sauvage agression.  -  Mardi l'après-midi, les époux Deschamps, demeurant à Louvigny, lieu de la Maison-Moisson, ont injurié et attaqué la dame Boulanger, leur voisine, et son jeune fils. Celui-ci a pu arracher à la femme Deschamps une fourche en fer avec laquelle elle menaçait sa mère. La dame Boulanger et son fils s'étant enfermés dans leur maison, les époux Deschamps ont brisé plusieurs carreaux et essayé d'enfoncer une porte. Mais, en entendant venir quelqu'un, ils se sont retirés. Une enquête est ouverte. (source B.N.)

 

Septembre 1897  -  Sauvé malgré lui.  -  Mardi l'après-midi, un jeune homme portant à sa casquette un galon bleu et disant se nommer Fontaine était venu en barque de Caen à Louvigny avec un camarade. Comme ils avaient trop bien collationné, celui-ci voulut s'en retourner à pied et enleva les systèmes de la barque pour empêcher son compagnon de la prendre. Rien n'y fit. Fontaine monta dans la barque et partit avec elle à la dérive. En gesticulant, il tomba à l'eau. Louis Lecornu, 18 ans, demeurant à Louvigny, se jeta à son secours et le rehissa dans la barque. Le sauvé, prétendant qu'il se serait bien retiré tout seul, se jeta de nouveau dans l'Orne. Cette fois, il allait se noyer et boire sa dernière tasse, si Lecornu ne l'avait sauvé encore et ramené à terre. Louis Lecornu a déjà fait plusieurs sauvetages. (source B.N.)  

 

Novembre 1897  -  Enfant noyé.  -  Pendant que sa mère, habitant Louvigny, causait avec une voisine , le jeune Hérier, 23 mois, se dirigea vers le bord de la rivière et tomba à l'eau. Quand la dame Hérier s'aperçut de l'absence de son petit garçon, il était trop tard. L'enfant était déjà mort au moment où on le retira. Il est surprenant que des accidents de ce genre n'arrivent pas plus souvent à Louvigny où les enfants en bas âge sont trop fréquemment à jouer au bord de l’eau. (Source B.-N.)  

 

Février 1898  -  Pincé.  -  Le sieur Guillet, cultivateur à Louvigny, a surpris, la nuit, deux individus en train de fracturer la porte de son poulailler. Les coupables ont été arrêtés, ce sont les nommés Ferdinand Tillard, marchand ambulant, et Paul Marguerie, domestique à Bretteville-sur-Odon. (source B. N.)  

 

Mars 1898  -  Accident dans un cimetière.  -  Le sieur Clérembault, garde champêtre et fossoyeur à Louvigny, est mort presque subitement. Lundi, comme le sieur Denain , sacristain, creusait sa fosse, un éboulement s'est produit et le sieur Denain s'est trouvé enterré jusqu'à mi-corps sans pouvoir se dégager. On est venu à son secours et on l'a délivré. (source B. N.)

 

Juin 1898  -  Réservistes et territoriaux.    Les réservistes et territoriaux d'infanterie, convoqués pour accomplir une période d'instruction en 1898, sont invités à retirer dans la première quinzaine de juin leurs ordres d'appel qui sont déposés à la gendarmerie de leur résidence. (source le B. N.)

 

Juin 1898  -  Découverte de cadavre.    Mercredi l'après-midi, on a découvert dans le canal du château de Louvigny, à 100 mètres de l'Odon, le cadavre d'une femme d'une cinquantaine d'années. Le corps a été transporté à la morgue de Louvigny. Aucune pièce, pouvant établir son identité, n'a été trouvée sur la noyée. (source le B. N.)  

 

Août 1898  -  Suicide d’un soldat.   -   Vendredi matin à Caen, Victor Jouen, 23 ans, soldat à la 8e compagnie du 36e de ligne, s'est suicidé en se tirant un coup de feu dans la bouche. La mort a été instantanée. Jouen était sous le coup d'une poursuite en conseil de guerre. Le dimanche précèdent, à Louvigny, un de ses camarades et lui avaient voulu forcer un cultivateur à leur donner à boire. Comme il refusait, ils l'avaient bousculé et frappé. (source le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1899  -  La tempête.  -   Durant la tempête qui a sévi par toute la France ces jours-ci. il y a eu des sinistres en mer et de grands dégâts sur terre. Dans notre région, il y a eu des inondations et quantité d'arbres ont été déracinés. A Lisieux et à Pont-l'Evêque, certains quartiers ont été couverts d'eau. A Caen, l'eau a couvert la prairie, inondé le quartier Grusse et envahi le planitre de Louvigny. 

Lundi soir, le cocher Adrien Féret se rendait au presbytère de Louvigny d'où il devait ramener à Caen deux personnes qu'il avait conduites le matin. Il voulut traverser la prairie déjà couverte par les eaux, mais à 10 mètres de l'entrée, par la barrière en face l'abreuvoir, il appuya trop à droite et la voiture culbuta dans le fossé. Féret parvint à dételer le cheval, et la voiture, seule, resta abandonnée sous l'eau. 

Le paquebot « Angers », faisant le service entre Dieppe et Newhaven, a sombré à l'extrémité de la jetée ouest du port de Dieppe. Treize hommes sur dix-huit s’étaient sauvés sur un musoir formé de bois et de fer. Ces malheureux ont passé la nuit dans cette périlleuse situation. Ce n'est qu'au petit jour qu'on a pu les recueillir à i'aide de bouées de sauvetage. L'un d'eux était mort de froid. Ce sinistre fait cinq veuves et onze orphelins. 

On considère comme perdue la chaloupe « Saint-Joseph » de Quimper, montée par deux matelots et trois voyageurs. (source le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1899  -  Bureau télégraphique.   -   L'ouverture du service télégraphique au bureau de Louvigny est fixée au 10 septembre courant. (source le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899  -  Fête de bienfaisance.  -  La te de bienfaisance, aura lieu le dimanche 8 octobre, avec le concours de la Société de Gymnastique de Caen : jeux et divertissements, bal, retraite aux flambeaux, et feu d'artifice de la maison du Bonhomme Normand.  (source le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899   -   Grand incendie.   -   Samedi matin, à Louvigny, un incendie s'est déclaré dans une grange appartenant à M. Guillot, ancien maire, et a gagné immédiatement la maison d'habitation et les bâtiments d'exploitation de Mme veuve Blin, cultivatrice.

Les secours ont été immédiatement apportés par les pompiers de Louvigny, mais, comme ils disposaient d'un matériel complètement insuffisant, on a télégraphié à Caen et une pompe en a été amenée sous la conduite du capitaine.

Par suite de l'enlèvement du barrage de Vaucelles, l'Orne était très basse, et il fallait aller chercher l'eau avec des tonneaux d'arrosage.

Cet incendie parait dû à la malveillance. Depuis plus d’une semaine, personne n'était entré dans la grange. Samedi matin, à cinq heures, des ouvriers n'y ont vu ni feu ni fumée. A six heures, un autre ouvrier passant devant la grange aperçut des flammes à travers le trou au chat. Il donna l'alarme, on accourut, et, dès qu'on ouvrit la porte, la grange entière s'embrasa.

La veuve Blin avait déjà été éprouvée par un incendie au mois de juillet dernier. Le feu avait détruit un champ d'orge sur pied lui appartenant.

Les pertes s'élèvent pour M. Guillot à près de 10 000 francs ; pour Mme Blin à environ 20 000 francs. Le tout est assuré.  (source le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1899   -   Congé forcé.   -   Sur la plainte des débitants de l'endroit, l'instituteur de Louvigny vient d'être invité à prendre un congé pour avoir, sans l'autorisation de ses supérieurs, établi sa femme marchande de sicasse dans la commune. (source : le Bonhomme Normand) 

 

Novembre 1899   -   Le bulletin des parlers normands.   -   Langue et littérature populaire normande est entré dans sa troisième année.

Grâce à l'impulsion que lui a donnée son directeur, M. Ch.Guerlin de Guer, les collaborateurs y affluent de tous les points du département.

Abonnement : 3 fr. par an. Le numéro, 6 fr. 50. Conditions spéciales pour MM. les instituteurs. On s'abonne, à Caen, 111, rue Saint-Pierre. (source : le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1900   -   Mauvais présage.  -  Jeudi matin, vers 10 heures, à Bretteville-sur-Odon et à Louvigny, le soleil s'est trouvé tout à coup escorté de deux autres soleils plus petits, de forme un peu ovale, mais fort Brillants. 

Ce phénomène de mirage atmosphérique a duré un quart d'heure environ. Le même fait s'étant déjà produit en 1848 et en 1870, les bonnes femmes du pays disent que c'est présage de guerre ou de révolution. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1900   -   Inondations et bourrasques.  -   Les pluies abondantes de ces dernières semaines ont amené une crue générale des cours d'eau.

L'Orne a inondé toute la prairie de Caen, une partie de la commune de Louvigny et le village de Clopée à Mondeville.

La fermeture des vannes de l'abreuvoir de la préfecture a comme d'habitude, augmenté la hauteur des eaux. Tous les ponts de la société des courses ont été emportés.

On redoutes crues à Lisieux et à Pont-l'Evêque.

Des bourrasques de vent ont causé de grands dégâts sur nos côtes. A Cherbourg, un ouragan a enlevé complètement le toit du chœur de l'église Sainte-Trinité. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juillet 1900 - Deux forcenés. - La semaine dernière, à Louvigny, le sieur Jean Guillot, propriétaire, et le garde champêtre ont été violemment frappés par les nommés Gaucher père et fils, qu'ils voulaient empêcher d'emporter des gaules coupées dans le bois du sieur Guillot.

Ce dernier et le garde champêtre, que les forcenés voulaient étrangler, couraient le plus grand danger quand une trentaine de personnes sont accourues à leur secours.

Ces deux forcenés, après avoir été rudement malmenés, ont été arrêtés et conduits à la gendarmerie qui les a fait écrouer. Ces malfaiteurs venaient de sortir récemment de prison.(Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1901  -  La rosière de Louvigny, 23 ans, avait un fiancé. Ses parents en préféraient un autre. Pour la faire céder, ils l'ont battue et traînée par les cheveux. Enquête du Parquet sur la  vertu de la demoiselle.  Louvigny s'enflamme pour et contre. Deux mannequins représentant les parents sont brûlés publiquement le soir du Carnaval. Mais le curé prend parti pour eux en chair : Le père de la rosière est conseiller municipal et marguillier (trésorier de la paroisse). 

 En correctionnelle, la mère prétend que sa fille, en fait de rosière est une dévergondée. Mais la rosière produit un certificat médical de virginité : 100 francs d'amende pour maman, 50  francs d'amende pour papa, 25  francs pour une tante qui avait participé à la rossée. Les gendarmes devront patrouiller toute la nuit à Louvigny.

 

Mars 1901   -   La rosière de Louvigny.  -  Une affaire qui passionne en ce moment Louvigny a pour point de départ une question de sentiment. La demoiselle Marie Guillot, 23 ans, qui a droit au titre de rosière, avait un préféré. Ses parents voulaient lui en imposer un autre. La jeune fille résista. Les parents usèrent à son égard de violences telles que le parquet ordonna une enquête.

La mère, pour s'excuser, prétendit que sa fille se conduisait mal. Une visite médicale réduisit à néant cette accusation, qu'une mère devrait être la dernière à porter contre sa fille.

Le soir du mercredi des Cendres, au lieu du traditionnel mardi-gras, on brûla deux mannequins qui étaient censés représenter les époux Guillot. Plus de deux cents personnes y assistaient en chantant une chanson de circonstance. Le dimanche suivant, le curé eut le tort de s'en occuper au prône, car au lieu d'apaiser les esprits, cette intervention les a excités.

A propos de cette affaire, une pluie de lettres anonymes s'est abattue sur Louvigny. Toutes sont de la même main et, malgré les grossièretés qu'elles renferment, il est facile de voir qu'elles émanent de quelqu'un qui a reçu une, certaine éducation. C'est évidemment un mauvais farceur ou un déséquilibré qui se livre à ces fumisteries.

C'est aujourd'hui que les époux Jules Guillot comparaissent devant le tribunal correctionnel de Caen. Seront-ils acquittés, comme l'a prédit le curé ?...  (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1901   -   Hier et aujourd’hui.  -   « Mardi-Gras n' t'en va pas, Nous ferons des crêpes, T'en mangeras, Et tu r'viendras... » Ainsi chantaient nos pères, qui fêtaient joyeusement le Mardi-Gras et la Mi-Carême et mangeaient volontiers des crêpes.

Mardi-Gras revient depuis, chaque année, et, plus tard, la Mi-Carême, mais on chante moins. On boit plutôt qu’on ne mange. Aussi voit-on beaucoup plus de  femmes se crêper le chignon et moins de gens avaler des crêpes. L'esprit court toujours les rues sous des formes diverses, mais ces blocs enfarinés n'ont pas toujours la verve endiablée des « pézoux » et la gaieté capricieuse des arlequins d'autrefois. Le temps change, les masques aussi. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1901   -   Affaire Guillot.  -   Jeudi, est venue, devant la police correctionnelle de Caen, l'affaire des époux Jules Guillot, cultivateurs à Louvigny, inculpés de mauvais traitements envers Ieur fille, Marie Guillot, qu'ils voulaient contraindre à rompre avec un jeune homme qu'elle aime depuis l'enfance.

Tout Louvigny était là. La femme Guillot, dans son interrogatoire, a reconnu qu'elle avait battu sa fille, qu'elle l'avait même un jour renversée et traînée par les cheveux. Mais, pour s'excuser, elle a de nouveau soutenu que c'était parce que sa fille se conduisait mal et qu'un soir on l'avait surprise près du calvaire de la commune. Le président a relevé énergiquement cette mensongère accusation, car, au cours de l'instruction, Marie Guillot, pour mettre un terme à ces calomnies, a demandé à être visitée par un médecin qui l'a reconnue digne d'être rosière. Après cette déclaration, tout ce que pouvaient dire les témoins était sans importance. Les époux Guillot en avaient cité quatorze à décharge. La plupart ne savaient rien, quelques-uns se sont contredits. Un autre, au contraire, a déclaré que les époux Guillot maltraitaient leur fille.

Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé une peine sévère contre la femme Guillot, « cette dernière des marâtres », a-t-il dit, et des peines moindres contre Guillot et la veuve Bieuron, tante de la jeune fille, comprise dans la poursuite.

— Me  Burnouf, le défenseur, visiblement ennuyé par l'attitude de la femme Guillot, a essayé d'un dérivatif et de faire rire en lisant une chanson où les époux Guillot et le curé de la paroisse aussi sont assez malmenés.

Le tribunal a condamné la femme Guillot à 100 fr. d'amende ; Jules Guillot, à 50 fr., et la femme Bieuron, à 25 f.

Jeudi soir, comme on craignait un charivari, des gendarmes sont venus à Louvigny. Mais tout le monde a été sage, et la force publique en a été quitte pour une promenade hygiénique. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1901   -   Réduction de la durée du service militaire.  -   Il est sérieusement question de réduire la durée du service militaire à deux ans. Cette loi serait précédée d'une autre sur les engagements et les réengagements des sous-officiers et soldats, afin de former des cadres avec des soldats ayant cinq ans de service. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1901   -   Tous mécontents.  -   Le jugement condamnant la femme Guillot à 100 fr. d'amende ; son mari à 50 fr. et la veuve Bieuron à 25 fr. pour mauvais traitements envers leur fille et nièce, parce qu'elle veut se marier à son gré, n'a satisfait ni les condamnés, ni le ministère public.

Confiants dans la prédiction du curé de Louvigny, qui avait dit au prône qu'ils seraient acquittés, les époux Guillot espéraient s'en tirer les bragues nettes. Quant au ministère public, comme il réclamait de la prison contre la femme Guillot, il se pourrait qu'il portât l'appel, surtout en raison de l'attitude de cette mère incroyable, car, à l'audience et malgré le certificat de médecin attestant la pureté de sa fille, elle a continué à prétendre qu'elle avait une mauvaise conduite, qu'elle découchait même, et que le maire de Louvigny l'avait surprise avec un jeune homme. Le maire, entendu comme témoin, a déclaré n'avoir jamais vu rien de semblable.

En présence des affirmations mensongères et des procédés de la femme Guillot, qui a tenu vingt minutes sa fille par les cheveux devant témoins sous prétexte de l'humilier, il est permis de supposer qu'elle n'a pas toujours sa raison. Le mari, lui, est sourd et frappe comme tel, le plus joli, c'est qu'il est conseiller municipal et marguillier. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1901   -   Maître brutal et chiens méchants.  -   L'importante ferme d'Athis, située sur Louvigny, près Caen, est tenue par les frères Thouroude. Un de leurs domestiques, Eugène Leroy, 26 ans, né à Maizet, refusa de travailler l'après-midi du lundi de Pâques sous prétexte que c'était jour férié et il alla se promener. Lorsqu'il rentra le soir, vers sept heures, un des frères Thouroude lui fit des reproches et le frappa. Leroy se défendit. C'est alors que les chiens de la ferme, excités par leur maître, se jetèrent sur le malheureux domestique et le mordirent si profondément qu'il fallut le transporter à l'hospice. Voilà ce que raconte Leroy.

D'un autre côté, on dit que le domestique se serait mis dans son tort en voulant forcer une porte pour entrer dans la maison. Ces faits n'ont été connus que jeudi dernier, lorsque les gendarmes sont venus pour faire une enquête, qui sera délicate, car, quoi qu'on dise, personne d'étranger à la ferme n'a assisté à la scène. Ajoutons que les chiens de la ferme d'Athis sont fort dangereux. Le facteur-receveur de Louvigny a été assailli plusieurs fois par eux et l'administration des postes a dû intervenir. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1901   -   Profanation ignoble.   -  Par deux fois, un ignoble personnage a souillé une tombe dans le cimetière de Louvigny. Nous espérons qu'une enquête sérieuse va être faite afin de découvrir le misérable qui s’est rendu coupable de cette sale profanation. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1901   -   Mines.   -   Le comte de Bourmont demande une concession de mines de fer sur le territoire des communes de Louvigny, Éterville, Maltot et Feuguerolles. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juillet 1901   -   Un noyé qui se porte bien.  -   Dimanche, plusieurs jeunes gens de Louvigny se baignaient dans l'Orne. L'un d'eux, Jules Berteaux, pris de fatigue, coula tout à coup.

Ses camarades se portèrent à son secours et, peu après, il rentrait chez lui. C'est donc à tort que l'on a dit qu'il s'était noyé. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1901   -   Sus aux nomades.  -  Dernièrement, aux portes de Bayeux, des nomades dévalisaient les fleurs d'un jardin. Le propriétaire, M. Le Privey, ayant protesté, fut frappé violemment. Il porta plainte, mais, pour obtenir justice, il devra supporter les frais de procédure, sans compter les 10 francs versés au médecin chargé de constater la trace des coups reçus.

— C'est sans doute la même bande de nomades, la plupart Allemands, qui s'est abattue dimanche sur Louvigny, où ils se sont installés comme chez eux, barrant même l'Orne avec une corde pour y établir un tir. Un brave ouvrier, ayant été uriner derrière l'une de leurs voitures, plusieurs hommes de la bande se sont rués sur lui et l'ont frappé et renversé en lui abîmant la mâchoire d'un coup de talon de soulier. La population s'est ameutée, et si l'autorité n'avait pas protégé ces misérables, il leur en eût cuit.

Puisque certains maires, par peur, laissent leurs communes à la discrétion de ces nomades, puisqu'il faut avoir l'argent à la main pour obtenir justice, que les habitants de la campagne se la fassent eux-mêmes et secouent ces malandrins de façon à leur enlever l'envie de revenir. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1901    -   Récompenses honorifiques.  -   Un témoignage officiel de satisfaction vient d'être accordé à Eugène Marie, 18 ans, demeurant à Louvigny, qui a sauvé, la 21 juillet un jeune homme qui se noyait dans l'Orne.

— Au banquet de l'Union des Présidents des Sociétés de Secours mutuels de France, le Ministre de l'Intérieur a remis à M. Alphonse Chatel, président de la Prévoyance, des ouvriers des chemins de fer de l'Ouest, le ruban de la mutualité avec la médaille d'argent. M. Chatel, officier d'académie, est originaire de Parfouru-l'Eclin, arrondissement de Bayeux. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1902  -  Fête.  -  Dimanche 21 septembre, fête St Côme. Régates sur l'Orne, mât de cocagne, jeux divers, illuminations. Bal gratuit.

 

Mars 1903   -   Fraudeurs pincés.  -  Vendredi matin, vers 3 heures, des employés de la régie de Caen, en observation au bout des chasses de Louvigny, virent passer, allant vers Caen, deux voitures qui leur parurent contenir de l'eau-de-vie de fraude. Ils les suivirent et, quand elles arrivèrent près du passage à niveau de la prairie, ils tirèrent des coups de revolver en l'air.

Là conducteur de la seconde voiture nommé Prével, 30 ans, déjà condamné d'eux fois pour fraude en 1901, fût effrayé, il s’arrêta et laissa les employés saisir son chargement. Les Carrières du passage à niveau étant ouvertes le conducteur de la première voiture fit prendre le galop à son cheval, mais il le dirigea mal et la voiture tomba sur le côté. Le conducteur ainsi qu'un homme qui était avec lui s'enfuirent.

Prével, arrêté, refusa de donner le nom de son maître, mais on sait qu'il travaille pour un fraudeur bien, connu, le nommé Gastebled, dont nous nous sommes occupés à plusieurs reprises, et qui transporte de l'eau-de-vie en fraude pour un marchand de l’arrondissement de Lisieux. Les deux voitures saisies contenaient sept fûts de trois-six à 96° et un petit baril d'eau-de-vie de cidre de trois litres, en tout 873 litres, passibles, d'un droit de; 2 469 fr.

La femme Gastebled précédait les fraudeurs pour s'assurer qu'aucun danger n'était à redouter. C'était elle qui avait fait ouvrir les barrières. Elle était allée jusqu'à l'octroi du Grand-Cours, mais y ayant aperçu des employés en observation elle revenait pour faire rebrousser chemin aux fraudeurs quand les fuyards lui apprirent que leur chargement était pris. Les voitures avaient de fausses plaques, mais on croit connaître le nom de leur propriétaire.

— Près de la gare de Jort, les employés de la régie aperçurent deux individus dans une voiture qui filait bon train. Ils la perdirent de vue. Des gendarmes en tournée les accompagnèrent et bientôt, dans une côte, ils trouvèrent la voiture arrêtée. Le cheval était fourbu.

Les individus s'enfuirent et abandonnèrent la voiture qui portait une plaque au nom de Pierre et contenait 400 litres d'eau-de-vie. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1903    -   Maman ! les petits bateaux…  -  Il y avait une fois, sur notre rivière, un petit bateau qui allait sur l'eau. Or, ce bateau portait à Louvigny des voyageurs, le dimanche, et quelquefois sous semaine, quand il faisait beau.

Mais il paraît que, pour canoter les gens moyennant rétribution, il faut en payer une assez forte aux contributions. Le propriétaire du petit bateau ignorait ce détail (on ne peut pas tout savoir), et il avait négligé de faire la déclaration obligatoire. Il allait donc écoper d'un bel et bon procès, lorsqu'il eut vent de la chose et joua aux employés, venus pour le prendre en flagrant délit, le bon tour de les embarquer à son bord et de les promener gratis, alors qu'ils espéraient bien qu'on allait leur demander un droit de passage. Le capitaine avait donc, ainsi paré adroitement le procès. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1903   -   Malveillances stupides.   -   Un individu a coupé, la nuit, les crins de la queue à six poulains au piquet dans les champs, appartenant au sieur Alfred Thouroude, à Louvigny, c'est un préjudice, de 1 000 fr.

— Même commune, le sieur Jean Guillot a constaté que l'on avait coupé les crins de la queue de sa jument. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1904  -   La crue de l’Orne.   -   Les pluies de ces derniers jours ont amené une forte crue de l'Orne. La prairie de Caen, les prés de Venoix et d'Allemagne sont envahis par les eaux.

Une partie de la commune de Louvigny est inondée. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1904  -   Politique et alcool.   -   Dans la nuit de dimanche, vers 2 heures, le sieur Alphonse Lecornu, 32 ans, journalier à Louvigny, près Caen, marié et père de cinq enfants, était à boire avec des camarades chez le sieur Faucon, propriétaire, qui leur annonça son intention de se porter au conseil municipal. On se mit à parler politique et bientôt la discussion s'envenima. Lequest, Othon et Bertheaume père et fils se jetèrent tous ensemble sur Lecornu, qu'ils rouèrent de coups. Puis, l'entraînant sur la route, ils l'y laissèrent presque assommé.

Entendant crier « au secours ! » le garde champêtre et le curé accoururent, relevèrent Lecornu évanoui et on le transporta chez lui. Son état actuel est très grave, il a trois trous à la tête, un autre, très profond, au front, et une grave blessure au bas-ventre. Il a pu déclarer qu'il n'était pas ivre.

Quant à ses agresseurs, ils paraissent ne se rappeler de rien. Dans la bagarre, ils se sont frappés entre eux. Un nommé Letavernier, qui assistait à la scène ; mais n'y a pas pris part, a reçu un coup sur l'œil gauche, et, Lequest dit que Faucon l'a frappé.

Au cours de l'enquête, Faucon aurait outragé le garde champêtre. Lecornu est bien connu des canotiers de l'Orne, il a été maître nageur dans une école de natation. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1904  -   La tempête.   -   Depuis bientôt dix jours une tempête épouvantable désole notre région. Le veut souffle en bourrasque, la pluie, la grêle et la neige tombent en cataractes. Partout les rivières débordent.

 L'Orne et l'Odon sortent de leur lit et inondent les prairies. Celles de Caen, Mondeville, Hérouville et Ranville sont sous l'eau. Les habitants de Louvigny et du bas Venoix sont bloqués chez eux.

 A Pont-l’Évêque on aurait pu aller en bateau dans certaines rues et la municipalité a dû organiser un service de voitures. Une voie de garage s'est affaissée et devra être refaite.

La crue de la Touques et de l'Orbiquet a été une des plus fortes qu'on ait vues.

Pourtant Lisieux a été épargne, grâce à ses récents travaux de protection.

 A Orbois, canton de Caumont, un champ de pommiers a été dévasté, quarante-trois ont été arrachés par le vent.

— A Feuguerol!es, un gros sapin, rompu, a été transporté dix mètres plus loin.

— A Mesnil-Mauger, la Viette a inondé les chemins sur plus d'un kilomètre et arrêté complètement la circulation.

 A Saint-Pierre-sur-Dives, il y a eu 0,50 centimètres d'eau dans les prés ; on n'avait pas vu pareille crue depuis celle de 1881.

 Sur la cote, la mer charrie des épaves nombreuses. En outre du naufrage de l’ « Etienne-Maurice » dont nous parlons plus haut, de nombreux navires ont été on perdition.

— L'Espérance, de Trouville a été sauvée par le canot de sauvetage de Honfleur.

 La « Rose-Marguerite » de Grandcamp, montée par sept hommes, a été rasée comme un ponton et l'équipage, enfermé dans la chambre et attendant la mort, a été sauvé par un autre bateau, le « Noël », qui, avec une peine inouïe, l'a ramené au port.

 La tempête dure encore et ne paraît pas devoir cesser de sitôt. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1904  -   Une noyée.   -   La veuve Durville, née Rose Cauvet, 67 ans, demeurant à Louvigny, donnait, depuis longtemps, des signes d'affaiblissement

d'esprit, et sa famille la surveillait étroitement, mais à plusieurs reprises elle avait pu échapper à cette surveillance.

Lundi dernier elle y échappa encore et mardi matin on trouvait son cadavre à Venoix, dans le bras de l'Odon qui longe le chemin conduisant au Pont-Créon, sous le pont du chemin de fer de la Mer.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1904  -   Coup malheureux.   -   L'autre soir, Octave Hue, domestique à Louvigny, près Caen, était gris et tomba en voulant sortir. Son maître, le sieur Thouroude, pour le faire se relever, le poussa du pied. Malheureusement, il blessa assez sérieusement le pochard à l'œil. Hue a été envoyé à l'hôtel-Dieu. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Septembre 1904  -   Accident du travail.    -    Jeudi soir, à Louvigny, en aidant au déménagement de l'abbé Lemullois, ancien curé de cette commune, nommé à Bretteville-sur-Laize, le sieur Baugé, camionneur chez M. Blochon, à Caen, est tombé du haut d'une voiture en mettant une bâche et s'est cassé les deux poignets. Baugé est veuf et père de deux enfants. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1907  -  Mérite agricole.   -  L'Officiel d'hier publie les décrets de nominations dans l'ordre du Mérite agricole rendus dans le courant du mois de décembre. Voici les noms des  nouveaux promus qui appartiennent à notre région et dont nous avons annoncé à son temps les nominations.

Et nommé commandeur : M. du Pontavice de Heussey, directeur du Haras du Pin.

Sont nommés officiers :  MM. Godefroy, marchand de beurre et de fromage à Caen ; Guesdon, agriculteur à Louvigny.

Sont nommés chevaliers : MM. Cautru, négociant à Caen ; Burin, éleveur à St-Germain-de-Clairefeuille (Orne) ; Cadiou, brigadier retraité des haras à La Cochère (Orne) ; Cassigneul, cultivateur à Démouville ; Cavoy, éleveur à La Cochère (Orne) ; Delaunay, brigadier au dépôt d'étalons du Pin (Orne) ; Forcinal, éleveur à Nonant-le-Pin.

MM. Le More, professeur à l'école des Haras du Pin (Orne) ; Mauger, agriculteur, de St-Jacques de Lisieux ; Morice,

agriculteur, d'Ouilly-le-Vicomte ; Renault, agriculteur, de Livarot ; Robert, brigadier retraité des haras, au Merlerault ; Tribout, éleveur, de Château d'Almenèches (Orne) ; Vieillot, palefrenier  de première classe au dépôt du Pin. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1907  -  Mort du maire.  -  On annonce la mort de Pierre Ozanne, maire de Louvigny, décès dans sa 62e année, après une courte maladie. Ses obsèques ont eu lieu lundi.

 

Juin 1913  -  Une brute  -  François Aline, 28 ans, maçon,  est marié depuis 11 mois seulement à Marie Hélène, 21 ans, ménagère. Il a rendu presqu'aussitot la vie impossible, à sa femme.  Chaque fois qu'il était ivre. La dernière fois, alors que la malheureuse, qui est bien considérée, était enceinte de 8 mois, il l'a jeté trois fois a terre et l'a traînée par les cheveux. Il est revenu  ensuite faire du scandale chez sa belle-mère,  dont le mari venait de mourir, puis a quitté Louvigny pour aller habiter à Rennes, en emportant le mobilier, et en laissant sa femme sans ressources avec l'enfant. Par défaut, Aline est condamné à 15 jours de  prison.

 

Octobre 1913  Un Noyé  -  On a trouvé lundi matin dans l'Orne, en face le débarcadère de Louvigny, a six mètres de la rive, un noyé qui a été reconnu pour être le nommé Eugène Faliard,  45 ans, marchand de peaux de lapins, connu dans la région. Alcoolique invétéré, il a dû tomber accidentellement dans la rivière. 

 

Août 1915  -  Attention aux chiens !  -  L'épidémie de rage, déchaînée cet été, n'est pas encore terminés. Ces jours ci un chien, qu'on croit enragé a parcouru la banlieue de Caen. il a dû  passer à Louvigny et, à Bretteville-sur-Odon, il a mordu une fillette de 14 ans qui a été envoyée à l'Institut Pasteur. Cette bête dangereuse a été abattue ainsi que plusieurs chiens mordus par elle. A Venoix, le chien de M. Tostain, propriétaire, a dû être tué aussi. A Bricqueville, près de Trévières, on a abattu le chien de Mme Basley, épicière. Cet animal a été autopsié. Il était bien hydrophobe et il a mordu d'autres animaux, chiens et chats qu'il a fallu occire de même.  

 

Septembre 1917  -  Sauvages déprédations. -  Plusieurs lecteurs nous avertissent que des individus, parmi lesquels des mobilisés, ravagent presque chaque jour la rivière au-dessus de  Louvigny. Ils y prennent un bateau et jettent au fond des cartouches de dynamite, prenant quelques poissons et en détruisant des quantités. Même ils risquent de blesser des passants. Les gardes-Champêtres ? il n’y en a pas. Les gardes-Champêtres ? Ils sont occupés à demander leurs papiers aux permissionnaires.

 

Mars 1923  -  Crue de l’Orne.  -  Par suite des pluies  persistantes des jours derniers, l'Orne a envahi les prairies de Louvigny, et une grande partie de la prairie des courses est inondée.  

 

Juillet 1923  -  Pour sauver son enfant une femme tue son mari.  -  Le 24 juin dernier, un jeune ménage s'installait dans la coquette et paisible bourgade de Louvigny, cette fraîche oasis aux forêts de peupliers et aux vertes prairies, promenade bien connue de nos pêcheurs à la ligne qui le dimanche vont planter leurs gaules sur les berges de l'Orne. C'est  paysage reposant,  éloigné du bruit de la ville et bien fait pour les petits retraités ou rentiers d'âge mûr, qui vont fixer leur demeure.  

Le jeune ménage dont nous parlons avait élu domicile dans la rue principale et occupait depuis la Saint-Jean une modeste habitation de trois pièces pour quatre personnes : le mari, 29 ans, chauffeur d'auto, la femme, âgée de 22 ans, la mère de celle-ci et un ravissant petit garçon aux boucles blondes et aux yeux bleus, dont le sourire fut accueilli avec tendresse par les bonnes vieilles du quartier.
Cependant, dès le premier Jour, on s'aperçut dans le voisinage que le bonheur ne hantait pas le nouveau foyer. Les époux Viel avaient des discussions fréquentes.
Depuis une quinzaine, le mari, employé précédemment aux établissements Salle, route de Falaise à Caen, était sans travail, les ressources communes s'épuisaient, les scènes devinrent plus violentes, une vie d'enfer commença.  

Douce et résignée, Mme Viel, par peur du scandale, et par affection pour son enfant, supporta sans proférer une plainte, les brutalités dont elle était victime. Seuls, les proches voisins connaissaient le secret douloureux de son martyre.
La jeune femme avait été occupée pendant quelques semaines à l'hôtel de Falaise, mais les incartades du chauffeur parurent intolérables au propriétaire. C'est qu'en plus de ses nombreux défauts. Marcel Viel était animé d'une jalousie féroce. Ses agissements dans l'hôtel et la surveillance qu'il exerçait auprès de la clientèle, avaient rendu impossible le séjour de sa compagne dans la maison. La malheureuse rentrée à Louvigny, continua à subvenir aux besoins du ménage par des travaux de couture, pendant que le mari dévoyé errait à travers les rues  de la ville, en quête d'un emploi, mais surtout pour satisfaire son intempérance.
Le prélude du drame.  -  Jeudi matin, avant de partir pour Caen, l'ex.chauffeur eut une vive altercation avec sa femme. Cependant, comme elle en avait l'habitude, Mme Viel lui porta vers midi, son déjeuner, sur le Grand Cour. Le couple se rencontra en face de l'école de natation.

 - « Sais-tu que j'en ai soupé de cette vie, s'écria le chauffeur en abordant, sa compagne. Il faut en finir une bonne fois. Je retourne avec toi à Louvigny.».

M. Viel reprocha à sa femme ses prétendues relations avec des amis dont il citait les noms. L'homme, à peu près ivre, eut même un geste de violence. Frappée au visage, sa femme trébucha. Cependant elle s'efforça de rappeler a plus de raison, le chauffeur, qui menaçait d'assouvir sa rage sur elle. Lorsqu'ils eurent franchi le seuil de leur humble logement, la scène recommença plus tragique.
En chemin, Marcel Viel avait bu un litre de vin rouge rapporté de la ville. Devenu fou furieux, il ferma la porte à clé. se dirigea vers une commode et sortit d'un tiroir un revolver.
« Au revoir, la vieille ».  -  Mme Viel comprit à se geste que ses jours étaient en danger. En poussant un cri, la malheureuse sortit précipitamment par la porte de la cuisine et courut se réfugier à l'extrémité du village, chez Mme Mauban.
    - « Cachez-moi, cachez-moi, je vous supplie, dit-elle à cette dernière mon mari veut me tuer ».
Déconcerté un instant par le départ de celle qu'il venait de terroriser, le chauffeur, toujours armé, pénétra dans la cour pour menacer sa belle-mère, Mme Onfroy.
 - «  est-elle, ou est-elle,  dites-le-moi, ou je vous « zigouille » vous et le petit, hurlait le misérable ».
Mme Onfroy rappela au calme l’énergumène. Elle réussit à, lui enlever des mains le revolver qu'elle dissimula quelques instants après sur une planchette du poulailler.
Cependant le chauffeur, au comble de la surexcitation réclamait toujours la fugitive. S'imaginant que, de désespoir, l'infortunée était allée se jeter dans l'Orne, il prit par la main son enfant, Robert, âgé de 3 ans  « Suis-moi, lui dit-il, c'est le jour de la baignade. Au revoir la vieille et bonne chance. Comme cela tout le monde y passera ».̃

L'enfant accompagna en sanglotant le père dénaturé. On les vit s'éloigner dans la direction de la rivière. Mme Viel, avertie par une voisine, rejoignit la maison. Elle eut une crise de larmes en apprenant que son pauvre petit Robert avait été entraîné par le chauffeur. Au moment elle se disposait à sortir pour arracher l'enfant à une mort qu'elle croyait certaine, Marcel Viel reparut ses yeux exorbités.
Comme la malheureuse mère couvrant de baisers, en l'attirant vers elle, l’enfant, sa seule consolation dans une telle détresse, le chauffeur ouvrit de nouveau le tiroir de la commode, mais le revolver n'était plus là.
Une inspiration criminelle lui monta alors au cerveau. Une seconde après, il brandit un rasoir.
Le dénouement tragique.  -  Effrayée, affolée en présence de cette nouvelle menace, Mme Viel, dans un mouvement instinctif, s'empara du revolver revint vers le monstre qui s'était assis à boire un verre de cidre.

Avant que le chauffeur ait deviné la terrible menace, elle s'approcha et tira à bout portant à trois reprises. Blessé mortellement, à la tempe droite. Marcel Viel s'écroula sans un cri. Une mare de sang inondait le plancher.

L’épouse justicière déposa l’arme sur une table, annonça le tragique événement à sa mère, s'habilla rapidement et, après avoir recommandé de veiller sur son fils, elle alla se constituer prisonnière à la gendarmerie de Caen. Là, elle relata avec des sanglots toutes les circonstances du meurtre, en clarant qu'elle avait tiré pour sauver l'enfant.
Dans la soirée même, le gendarme Druoton procédait à une rapide enquête sur les lieux, en recueillant les témoignages des habitants du quartier.
Le Parquet s'est transporté à Louvigny, hier; à 11 heures, assisté de M. le docteur Aumont, médecin légiste, et de M. le capitaine Wiart. La meurtrière fut conduite en auto à la maison s'était déroulé le drame.
Une scène extrêmement poignante se produisit lorsqu'elle fut mise en présence du cadavre.
L'Instruction a établi que la victime de cette émouvante tragédie avait déjà plusieurs fois eu maille à partir avec la Justice, notamment dans une affaire de coups et blessures.

Les époux Viel étaient mariés depuis quatre ans. C'est à Juvigny-sur-Orne que le chauffeur connut celle qui devait être l'héroïne de ce drame. La meurtrière qui a passée la nuit au Commissariat central, a refusé toute nourriture.

 

Octobre 1923  -  Acquittée  -  La femme Viel qui comparait devant la cour, jouissait d'une excellents réputation. Elle n'a jamais été condamnée. Après plaidoirie de Me Bourlier, le jury est revenu avec un verdict négatif et la Cour a acquitté la femme Viel.

 

Juillet 1924 -  Incendiaire pour se venger de sa Belle-mère.  -  René Vermont, ouvrier télégraphiste, âgé de 42 ans, habitait depuis quelque temps à Louvigny, un immeuble appartenant à sa belle-mère, Mme Trelly. Les discussions étaient fréquentes dans le ménage. Vermont avait des habitudes d'intempérance qui firent regretter à la belle-mère sa généreuse hospitalité. Elle s'efforça, vainement avec sa fille de ramener dans le droit chemin l'alcoolique incorrigible dont les appointements étaient en majeure partie dépensés dans les auberges. Sous l'empire de la boisson, l'ouvrier télégraphiste menaça plusieurs fois de mettre le feu à la maison de Mme Trelly. Le 20 avril dernier, il rentra chez lui complètement ivre. Pendant que sa femme, était occupée à certains travaux dans le jardin, Vermont entassa des fagots dans la cheminée et y mit le feu. Lorsqu'ils aperçurent les flammes, deux de ses enfants, âgés de 13 et 15 ans, s'écrièrent effrayés : - « Maman, viens vite, papa vient de mettre le feu ».
Un voisin, M. Lesaulnier, accourut et réussit, à éteindre le brasier, mais au même moment le télégraphiste escaladait, une échelle conduisant au grenier. Bientôt, après une fumée, épaisse traversait la toiture de l'immeuble. Vermont, pour empêcher les secours, s'était empressé d'enlever l'échelle. Son attentat accompli, et tandis que les habitants du quartie
r combattaient l'incendie, l'ivrogne vite redescendit s'enfermer dans la cave. Après avoir bu deux bouteilles de vin, il avait ouvert les robinets de toutes les futailles. - « Tu ne profiteras toujours pas du jus, dit-il à sa femme… »
L'incendie avait pris de rapides proportions. La toiture fut détruite et tous les objets mobiliers contenus dans le grenier avaient été la, proie des flammes. Vermont, arrêté dans la soirée par les gendarmes, était dans un tel état d'ivresse qu'il ne put être interrogé que le lendemain.

A l'instruction, il se défendit d'avoir voulu provoquer un sinistre, prétendant que l'incendie qui s'était déclaré avait été occasionné par un feu de cheminée. Les divers témoins entendus protestent contre cette allégation.
Vermont appartenait depuis longtemps au service des P. T. T. et il s'y était fait apprécier par son travail, on lui reprochait seulement de s'adonner à la boisson.
 L'accusé a été examiné au point de vue mental par le docteur Tissot, mais il a été reconnu entièrement responsable de ses actes.
Après interrogatoire et plaidoirie, l'accusé a été acquitté.

 

Juillet 1924  -  Mort atroce d'une cultivatrice.  -  Un accident cruel s'est produit mardi soir, dans une ferme de Louvigny. Mme Anne, cultivatrice, s'était rendue vers 19 heures dans un herbage, pour rentrer une vache à l'étable. Elle commit l'imprudence d'enrouler autour de son poignet, la corde du licol. Mme Anne se trouvait depuis un moment sur la route qui borde l'herbage, lorsque la vache devenue furieuse, la renversa et la traîna sur une certaine distance. Des passants se portèrent au secours de la malheureuse fermière qui fut trouver inanimée à l'entrée d'un champ de blé. Elle avait toujours autour du poignet, la corde fatale. La vache, à bout de souffle, s'était arrêtée et se laissa docilement reconduire à l'étable. Tous les soins prodigués à Mme Anne, furent inutiles, la mort avait fait son œuvre.

 

Janvier 1925  -  La crue de l’Orne.  -  Nous avons signalé la situation particulièrement critique des habitants de Louvigny. Cernée par la rivière dont le courant impétueux a transformé en canaux navigables ses rues étroites et ses jardins, la petite agglomération  flottante présentait hier, sous le soleil, un paysage pittoresque. Grimpés dans les étages avec ce qu'ils ont pu sauver de mobilier, les sinistrés qui ont connu semblables avaries en 1910 et en 1916, semblent avoir bon moral et attendent patiemment la fin de la crue.

Nous étant rendu sur les lieux pour constater les progrès de la crue qui sévit dans ses parages, le sympathique et dévoué maire de la commune, M. Lesaulnier, nous propose de l'accompagner en barque à travers les voies submergées de la petite localité. M. Lesaulnier n'a voulu céder à personne la tâche parfois périlleuse du ravitaillement à domicile, et le service de distribution postale s'effectue régulièrement par ses soins deux fois par jour. Le plus adroit rameur du pays, M. Lesaulnier, accède partout avec son embarcation, il prend et repasse paniers et filets à provisions l'aide d'une perche qui arrive jusqu'aux lucarnes des greniers.

Malgré la soudaineté du débordement de l'Orne dans la nuit de samedi, les dommages éprouvés par la population de Louvigny sont relativement peu élevés en raison de la rapidité avec laquelle furent organisés les secours.

 

Janvier 1929  -  La question de l'autobus. -  Samedi dernier, M. le docteur Gosselin, conseiller général du canton, avait convoqué à la mairie d'Evrecy les maires intéressés à la question de  l'autobus. Tous avaient répondu à son appel. M. Gosselin d'accord avec M. Dagorn, conseiller d'arrondissement, avait étudié la situation et il l'exposa simplement à son auditoire.

L'autobus partirait de Hamars, suivrait la grande route jusqu’à Sainte-Honorine, puis par Évrecy, le Bon-Repos, Esquay, Vieux, Maltot, Eterville et Louvigny. MM. les maires furent enchantés  de l'initiative prise par  leur conseiller général. Ils l'en félicitèrent et prirent l'engagement de faire voter par leurs conseils municipaux les subventions demandées.

Voilà donc enfin cette contrée si dépourvue de moyens de communication bientôt dotée d'un service d'autobus qui rendra les plus grands services aux laborieuses populations de la région.  Le canton, si délaissé depuis de nombreuses années, va-t-il retrouver sa prospérité et son bon renom d'autrefois ?

 

Juillet 1936  -  Mentalité rouge.  -  Des incidents qui dénotent chez leurs auteurs une dangereuse mentalité se sont produits, hier, à la fête patronale de Louvigny. 

Une quinzaine de jeunes gens de 15 à 18 ans, arborant la cravate ou la pochette rouge, ont, à différentes reprises, troublé la fête en manifestant bruyamment leur idéal révolutionnaire,  notamment par le chant de « l'Internationale », qu'ils accompagnaient du salut du « Front Populaire ». 

Cette bande de gamins a également arrêté sur la route un automobiliste portant à la boutonnière une cocarde tricolore et a prétendu lui interdire de poursuivre son chemin. Après avoir témoigné d'une forte dose de patience, l'automobiliste, n'a pu se débarrasser de la clique qu'en la menaçant de lui foncer dedans. 

Une jeune femme qui reprochait, à l'un des meneurs son attitude intolérable fut, par l'individu, grossièrement injuriée. La riposte ne se fit pas attendre et le voyou reçut une magistrale paire de gifles. Rendons-lui d'ailleurs cette justice qu'il n'insista pas et déguerpit. 

...En attendant la correction plus sérieuse qui ne manquera pas de lui être infligée s'il renouvelle ses provocations. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Janvier 1937  -   Une automobile tombe dans l’Odon.  -   Au cours de la nuit dernière, vers 21 heures, M. Henri Volf, 34 ans, ouvrier d'usine, demeurant à Caen, rue Edmond-Boca, venant de la direction d'Évrecy, regagnait son domicile, pilotant une automobile dans laquelle se trouvaient, également sa femme, un ami, M. Léon Catherine, domicilié avenue Charlotte-Corday, à Caen, et la fille de ce dernier, Denise, âgée de 18 ans. 

Au Mesnil de Louvigny, M. Volf, qui se disposait à rejoindre la route de Villers, prit mal son virage et précipita sa voiture dans l'Odon, heureusement peu profond à cet endroit. 

Aux cris des occupants du véhicule, des habitants du hameau accoururent et parvinrent à retirer ceux-ci de leur fâcheuse position. 

Légèrement blessés, les uns et les autres, les automobilistes ont été ramenés à Caen par M. Hollier-Larousse, maire de Louvigny..  (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Mars 1937  -  Empêchée une première fois, une vente sur saisie a eu lieu.  -  Il y a quelques semaines, une vente sur saisie, ordonnée au domicile de M. Huet, cultivateur à Louvigny,  n'avait pu avoir lieu, en présence de l'hostilité manifestée par l'assistance. Me Courieult, huissier à Caen, chargé d'instrumenter, avait du se retirer, après avoir entendu une protestation de M. Dagorn, conseiller d'arrondissement et de M. Hollier-Larousse, maire de Louvigny. 

A la suite de cet incident, le propriétaire intenta à ces deux derniers une action en paiement de 25 000 francs de dommages-intérêts et demandé au Parquet de faire exécuter la décision de  justice, ce qui, malgré l'avis contraire de la Préfecture, eut lieu hier. 

Un important service d'ordre, assuré par les gendarmes, sous le commandement de l'adjudant-chef Durand, et dirigé par M. Salzmann, commissaire spécial de Caen, assisté de son inspecteur, M. Touchard, n'eut pas à intervenir. Les enchères, qui furent normales, se déroulèrent sans le moindre incident. 

Au cours de la vente, l'officier ministériel prit  l'initiative d'une collecte en faveur de la famille Huet, qui comprend cinq enfants et en attend un sixième. M. Hollier-Larousse avait déclaré  avant l'ouverture des enchères que l'application de la loi était inévitable, mais qu'il était souhaitable qu'en l'absence d'une garderie à Louvigny, l'expulsion n'ait pas lieu. (Source : Le  Moniteur du Calvados)  

 

Mars 1937  -  Abaissement du plan d’eau de l’Orne.  -  Les habitants des communes de Ouistreham, Sallenelles, Ranville, Bénouville, Blainville, Hérouville, Colombelles, Mondeville, Caen, Venoix, Fleury-sur-Ome, Louvigny, Maltot, St-André-sur-Orne, Feuguerolles-sur-Orne, Bully, May-sur Orne, sont informés qu'un abaissement du plan d'eau de l'Orne aura lieu du 25 mars inclus au 27 mars inclus pour permettre aux riverains d'exécuter les travaux nécessaires à leurs ouvrages établis en bordure de cette rivière. 

Si cette opération ne peut être effectuée par suite des circonstances atmosphériques elle sera reportée à la période s’étendant du 12 avril inclus au 14 avril inclus. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Août 1937  -  Louvigny en fête.  -  Cette année aura lieu le 15 août, la fête de Louvigny. Cette commune, par suite de sa proximité de Caen et de sa position privilégiée sur les rives de  l'Orne, est en quelque sorte le Saint Cloud des Caennais. 

Aussi, les organisateurs de la fête se sont-ils appliqués à réaliser un programme nautique particulièrement intéressant. C'est ainsi qu'à côté du traditionnel lâcher de canards, l'on a prévu cette année, un match de Water-polo et des régates. Le Club des Nageurs de Caen et la Société Nautique ont bien voulu prêter leur concours pour ces deux épreuves. 

La journée débutera par une messe en musique où l'on appréciera le talent de M. Arthur Marye, toujours prêt à payer de sa personne lorsqu'il s'agit de Louvigny. Le soir, une retraite aux  flambeaux et un feu d'artifice sur l'Orne clôtureront la journée. 

Souhaitons que cette fête soit marquée par le beau temps et que l'on n'ait pas à déplorer le retour de ces manifestations tapageuses, à caractère politique, analogues à celles qui se sont  déroulées l'an passé. Des incidents de ce genre, de la part des gens de Moscou, sont aussi absurdes que déplacés dans une fête villageoise qui doit avant tout se dérouler sous le signe de  la franche et saine gaieté et de la bonne humeur. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1938   -   Une voiture capote dans une collision.    -   Hier, vers 19 h., au carrefour de la route de Maltot et du chemin du Mesnil, une automobile pilotée par M. Joncour, demeurant  rue de Falaise, 59, à Caen, qui venait du Bas-Venoix, est entrée en collision avec une autre voiture conduite par M. Laurent, cultivateur à Mesnil-Germain. Sous la violence du choc, l'auto de M. Joncour fut renversée. Sur les cinq personnes qu'elle transportait, seule, un fillette de 12 ans, a été blessée.

L'enfant a été emmenée à l'hôpital par un automobiliste de passage sur les lieux de l'accident. Les deux autos ont subi d'importants dégâts. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1938   -   Le temps du mois de mars.    -   Le mois de mars 1938 a battu les records pour la moyenne de température et a failli s'adjuger celui de la sécheresse. Depuis 1874, aucun mois de mars n'a été aussi beau et aussi chaud que celui de cette année. La normale de température pour le mois est établie à 8° 5, cette année, la moyenne à Caen s'élève 9° 67, dépassant les moyennes précédentes de 9°52 en 1880 et de 9° 45 en 1393. Les températures sont d'ailleurs élevées dans l'ensemble du département, puisqu'on note 9° 57 à Lisieux.

Le mois doit être caractérisé comme exceptionnellement beau et chaud.

Une anomalie de cette nature n'est pas faite pour déplaire, il n'en est pas de même de celle qui s'applique à la pluviosité du mois. L'observatoire de  Sainte-Honorine-du-Fay a enregistré 5  m/m de pluie, au lieu des 55 qu'il devrait avoir normalement. Seul le mois de mars de 1929 a fourni une quantité un peu moindre, avec un total de 4,8, encore était-il normal pour la  température. Le mois de mars 1938 est extraordinaire à tous points de vue.

La sécheresse a régné dans tout le Calvados, comme dans toute la France d'ailleurs. A Caen, le total n'atteint pas 2 m/m. On note 9 à la forêt de Balleroy, 11 à Brémoy, 15 à Lisieux, 20 à Saint-Sever.

La période de sécheresse que nous continuons de subir actuellement ressemble à celle de 1893, avec cette aggravation qu'elle a commencé cette année un mois plus tôt.

En 1893, le printemps fut très sec : 7 m/m en mars, 2 en avril, 25 en mai. Reverrons nous, en 1938, le retour d'une pareille calamité ? Rien ne permet de l'affirmer. L'hypothèse doit quand même être envisagée.(Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Juin 1938   -   Résultats du Certificat d’étude.   -   École de Louvigny.   -   Benard André Clémentine René, Delaunay Georges, Dugoulet Robert, Malfilatre Georges. (Source : Le Moniteur du  Calvados)  

 

Juillet 1938   -   Le jeune disparu, de Louvigny s’était noyé.   -   Nous avons annoncé hier la disparition du jeune Marcel Lepelletier, âgé de 10 ans et demi, qui avait quitté le domicile de son oncle, M. Lacour, mardi midi, pour aller jouer sur l'Orne, et qu'on n'avait pas revu depuis. 

On avait cru d'abord à une fugue. Il était possible, en effet, que le garçonnet soit reparti à pied pour rentrer chez ses parents, à Biéville-sur-Orne et que, fatigué, il se soit couché sur le bord  de la route, dans une meule de paille ou de foin. 

Malheureusement la vérité était tout autre et le cadavre du pauvre gamin a été retiré de l'Orne ce matin, par le maître baigneur de Louvigny. M. Cornu, qui avait aperçu le cadavre flottant entre deux eaux. 

On suppose que dans la soirée Marcel Lepelletier sera revenu jouer dans les barques et que, perdant l'équilibre à un moment donné, il sera tombé à l'eau entre la barque dans laquelle il se trouvait, et la berge de la rivière. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Juillet 1938   -   Les dégoûtants.   -   Pour délit d'outrage public à la pudeur en 1938, à Sainte-Honorine-du-Fay, Lemonnier Maurice, 73 ans, menuisier à Ste-Honorine-du-Fay, a été condamné à 1 mois d'emprisonnement. 

— Pour outrages publics à la pudeur, à Louvigny, les 14 et 28 avril 1938, Courant Camille, 60 ans, concierge, 8, route de Paris, à Caen, a été condamné à 1 an d'emprisonnement. Défenseur  : Me  Tréhet.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1940  -  Une voleuse qui ne manque pas d'audace.  -   Mme Langlois, née Louise Bonvoisin, 38 ans, demeurant à Louvigny, avait pris l'habitude de cacher une certaine somme d'argent entre les matelas des lits de sa fille et de son fils. C'est ainsi qu'entre les matelas du lit de sa fille, Mme Langlois avait placé un porte-monnaie renfermant une somme de 113 francs, tandis que sous le matelas du lit de son garçon, elle avait caché 230 francs.  
L'autre jour, Mme Langlois voulut s'assurer que
l'argent était toujours bien à sa place mais, sa grande déception, elle constata que le porte-monnaie et les 113 fr. qu'il contenait avaient disparu.
Elle alla immédiatement à la cachette du lit de son fils et ne retrouva que 120 francs sur les 240 qu'elle y avait mis.
Mme Langlois alerta alors la gendarmerie de Caen, elle porta plainte. Le gendarme André Marie se rendit sur les lieux pour procéder à l'enquête. C'est ainsi qu'il fut amené à entendre une voisine, Mme Léon Boulland, née Marie Dagobert, 30 ans, ménagère. Habilement interrogée, celle-ci finit par reconnaître être l'auteur du vol. Connaissant les endroits Mme Langlois cachait son argent, elle avait profité de l'absence de cette dernière pour pénétrer chez elle à deux reprises différentes et voler les sommes que l'on sait.
En veine de confidences, la femme Boulland ajouta qu'elle avait un autre vol sur la conscience, celui d'un collier d'une valeur de 100 francs environ commis au préjudice de Mme Alida
Percot, habitant également Louvigny.

 

Décembre 1941   -   Avis à la population.   -   Le chef des Services régionaux de transmission des troupes d'occupation a pris l'arrêté suivant : « Des aviateurs anglais lancent depuis quelque temps au-dessus des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche des pigeons-voyageurs et invitent la population française à renvoyer ces pigeons avec des nouvelles.

Nous espérons que la population française, songeant aux graves conséquences de son geste, ne se prêtera pas à cette manœuvre, mais livrera ces pigeons et tous leurs accessoires au bureau militaire allemand le plus proche ou à la mairie.

A l'avenir, toute personne qui livrera des pigeons-voyageurs ou le matériel servant à la transmission des nouvelles ou au lancement à terre du pigeon recevra une récompense par l'intermédiaire des Feldkommandanturs des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche.

Je compte sur la loyauté de la population et j'attends de toute personne qui découvrira des pigeons-voyageurs, etc., qu'elle les remette sans délai aux autorités allemandes ».

 

Janvier 1942   -   Révocation et démission d'office.   -   Par arrêté paru à l' « officiel », M. Frémont, adjoint au maire de Louvigny, est déclaré démissionnaire d'office de ses fonctions.

 

Avril 1942   -   Louvigny se distingue !   -   M. Hollier-Larousse, maire de la charmante petite commune de Louvigny, a adressé aux cultivateurs un appel pressant pour obtenir des terrains  de jardinage.

Ils y ont répondu en offrant plus de 5000 mètres carrés propres à la culture familiale. En outre, un pré de plus d'un hectare de superficie, et touchant la rivière sera offert au Comité des  Familles Nombreuses de Caen pour être réparti selon ses directives. Bravo ! En voilà un bel exemple à suivre !  

 

Mai 1942   -   Fait divers.   -   Une nuit, des malfaiteurs se sont emparés, à Louvigny, d'une vache à Mme Leroy, cultivatrice. Ayant attaché la bête à la barrière d'un herbage à Mme Papin, ils ont tenté de l'abattre d'un coup de pioche dans la tête.

Mais dérangés ou surpris, ils se sont enfuis sans prendre même le temps de retirer la pioche du crâne de la pauvre vache. Celles -ci, retrouvée ainsi le lendemain matin, a été amenée à Caen où un vétérinaire a constaté que la blessure, quoique profonde de 10 centimètres, n'était pas mortelle.  

 

Septembre 1942   -   Pour les prisonniers.    -   A Louvigny, dimanche 27 septembre, kermesse au profit des prisonniers. Grande tombola, vente aux enchères de denrées rares. Stands  nombreux. Distractions saines. Théâtre (troupe du Club de la route d'Harcourt). Musée historicomique. Promenades avec ânes, poneys et voiturette. Garage pour bicyclettes.

Cette fête qui coïncide avec la fête patronale Saint-Côme attirera dans cette jolie petite commune un public nombreux et désireux de faire une bonne action.  

 

Mai 1943   -   Faits divers.   -    A la suite de la disparition, la nuit, d'une vache à M. André Tapin, boucher, rue de Vaucelles, à Caen, vache qui avait été abattue et dépecée dans l’herbage  où elle se trouvait à Louvigny, et d'un veau à M. Lepeltier, cultivateur au bourg. Les gendarmes furent amenés à se présenter chez Roger Le………, 25 ans, peintre, rue de Vaucelles, individu  suspect, déjà condamné.  Là, ils découvrirent Le……… faisant ripaille avec des amis, tandis que dans une pièce voisine, il y avait un tas de viande de 100 kilos, des gants ensanglantés, des  outils à dépecer et une balance. Il a été écroué.

 

Juillet 1943   -   Fait divers.   -   M. et Mme Lepeltier, fermiers à Louvigny, avaient recueilli chez eux, à la suite des bombardements de Caen, leur petit neveu qui habitait à la Demi-Lune.  Lundi après-midi, le garçonnet, qui est âgé de 7 ans, était allé acheter des allumettes à l'épicerie et s'amusait à les faire flamber dans la bergerie. A un moment, sa tante le vit arriver à la maison, saisir un seau plein d'eau et sortir en le traînant péniblement, « Où vas-tu avec ça ? » lui demanda-t-elle et elle le suivit dans la cour. Mais déjà les flammes sortaient par les fenêtres du grenier.

Toute la récolte de foin de l'année, 5.000 bottes, flambaient comme une torche. Mme Lepeltier appela vite au secours et un voisin se chargea de prévenir les pompiers. Ceux-ci arrivèrent à  peine un quart d'heure plus tard, ainsi que les gendarmes de Caen. Les sauveteurs, aidés de nombreux voisins et du personnel de la ferme, réussirent à faire sortir le bétail, ainsi qu'à  mettre en sécurité le matériel. Mais tous les bâtiments qui formaient en angle droit deux côtés de la cour, sur 40 m. de long, ont été détruits, ainsi que la récolte qu'ils contenaient. Les  dégâts, qui s'élèvent à plusieurs centaines de mille francs, sont assurés. Les bâtiments de la ferme appartiennent à la comtesse de l'Aubespin.  

 

Mai 1943   -   Faits divers.   -    A la suite de la disparition, la nuit, d'une vache à M. André Tapin, boucher, rue de Vaucelles, à Caen, vache qui avait été abattue et dépecée dans l’herbage où elle se trouvait à Louvigny, et d'un veau à M. Lepeltier, cultivateur au bourg. Les gendarmes furent amenés à se présenter chez Roger Le………, 25 ans, peintre, rue de Vaucelles, individu  suspect, déjà condamné. Là, ils découvrirent Le……… faisant ripaille avec des amis, tandis que dans une pièce voisine, il y avait un tas de viande de 100 kilos, des gants ensanglantés, des outils à dépecer et une balance. Il a été écroué. 

 

Février 1944  -  Trois individus armés se font remettre 9 kilogrammes de tabac chez la buraliste.  -  Mardi, entre 21 h. et 21 h. 30, trois hommes jeunes entraient au débit de tabac tenu à Louvigny par Mme Grenu. Après avoir commandé trois verres de cidre, ils demandèrent à la débitante si le téléphone était installé chez elle. Sur sa réponse négative, ils sortirent de leurs poches des revolvers qu'ils posèrent sur la table en exigeant de Mme Grenu qu'elle leur remette tout le tabac en sa possession.

La buraliste ne put que s'exécuter et les trois individus, sur la réclamation de Mme Grenu, payèrent le tabac 3.700 francs. Puis ils sortirent tranquillement, enfourchèrent leurs bicyclettes et s'enfuirent dans une direction qui n'a pu être déterminée. Ils paraissent âgés de 20 à 25 ans, de taille moyenne, deux d'entre eux portent un chapeau mou gris foncé et tous sont vêtus de complets gris. Le plus jeune était coiffé d'un ret basque, et un de ses complices portait des lunettes aux verres fumés.

 

Juillet 1947  -    Un commencement d’incendie à Louvigny.    Un sinistre s’est déclaré dans une maison habitée par Mme Chenet et les époux Guérin. Avec l’aide de voisins, les occupants de l’immeuble sont parvenus à conjurer le fléau qui n’a causé que des dégâts peu importants. (Source : Le Bonhomme Libre)

  138   Environs de CAEN (Calvados)   -  L'Orne à Louvigny

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