Édition de Luc-sur-Mer                                                                                                                                                                                                                                   Édition du 10 mars 2019

LUC s/ MER

Canton de Douvres-la-Délivrande

Les habitants de la commune sont des Lutins, Lutines


Septembre 1901 -  Accident. -  Le 9 septembre vers 3 heures après midi, Mme La comtesse de Maleyssie, accompagnée de Mme Veuve Lecreps, toutes deux propriétaires à Mathieu, était en promenade en voiture à Luc. Arrivées devant l'hôtel du " Petit Enfer ", ces dames se disposaient à descendre lorsque passèrent, à une vitesse exagérée, deux tricycles à pétrole, montés par M. Étienne Oger, et M. Georges Labey demeurant à Paris, qui se dirigeaient vers  Lion à une vitesse d'au moins 30 kilomètres à l'heure. 

Ces deux cyclistes semblaient faire une course. Effrayés, les chevaux se cabrèrent et la flèche de la voiture fut brisée.  Plusieurs personnes aidèrent le cocher à se rendre maître des chevaux, qui ont été blessés assez grièvement. Procès-verbal a été dressé. M. Oger a été en outre, l'objet d'une seconde contravention pour défaut de plaque.

 

Novembre 1901  -  Le moulin maudit.  -  Luc-sur-Mer, tout près de la mer, il y avait autrefois un moulin. Un soir d'hiver un homme se présenta chez le meunier pour se reposer. Pendant la nuit, on le dévalisa, et afin d'éviter toute réclamation, l'homme fut précipité dans la fosse où tournait la roue. Accroché par ses vêtements, il resta suspendu au-dessus de la roue, qui le broyait petit à petit. 
L'homme souffrait cruellement et criait : « Agève-mé, agève-mè ! » 
Achève-moi, achève-moi. Depuis ce moment, à la place où s'élevait le moulin et dans les nuits d'orage, on entend au milieu du vent la voix du malheureux qui répète : « Agève-mé ! agève-mé !"

 

Février 1902  -  Jeté à la côte.  -  Un bateau de pêche a été jeté à la côte de Luc-sur-mer. La tempête du N. E., qui a duré pendant quatre jours consécutifs, a dû être la cause de cet accident.

L'équipage a été recueilli sain et sauf par un remorqueur de Dives-sur-mer. Ce bateau contenait une grande quantité de harengs.  

 

Septembre 1902  -  Fermeture de l'école libre.  -  Par suite de la fermeture de l'école libre, plus de 70 enfants vont se retrouver privés de l'instruction que les religieuses leurs donnaient  avec tant de soins.

L'école laïque peut donner asile à 80 élèves ; or, à Luc-sur-mer,  on compte au moins 150 enfants qui suivaient des cours un l'une ou l'autre de ces deux écoles. Joli résultat, qui témoigne encore trop bien de l'imprévoyance gouvernementale.

Est-ce bien la peine de décréter obligatoire l'instruction laïque, dés l'instant qu'on est sur de ne pouvoir la donner à tous les enfants. En admettant qu'on se décide à construire une autre école, qui paiera les frais ? Le contribuable, comme toujours .

 

Novembre 1903  -  Découverte d'un blessé. -  On a trouvé couché le long de la route de Langrune le nommé More, âgé de 63 ans, maître d'hôtel à Langrune. Le malheureux rentrait chez lui nuitamment. Ne connaissant pas très bien le pays, il est tombé dans une carrière d'une hauteur de sept mètres environ et dans sa chute il s'est cassé le bras droit ; il portait plusieurs blessures à la tête il s'est plaint de douleurs internes.

 

Octobre 1904  -  Échouement. -  Le sloop " Sirène ", commandé par le patron Laroute, a été jeté à la côte jeudi matin près de la digue de Luc. L'on essaye de le renflouer à la marée du soir. Il n'y a pas eu d'accident de personnes.

 

Octobre 1904  -  Coup de vent Violent.  -  A Luc sur mer, la chaloupe "Maurice-Françoise" est secourue de justesse grâce au canon lance-amarre, mais le sloop "La Sirène" est jeté à la cote près de la digue. Les marins sont sauvés.

 

Octobre 1905  -  Emporté par le flot. -  Samedi dernier, M. Léopold Eugène Lair, âgé de 62 ans, pêcheur à Luc-sur-mer, en parti, vers 3 heures du matin, avec une fouine et un panier, pour aller pêcher sur les grèves de Luc. Depuis ce jour, il n'a pas reparu et toutes les recherches faites pour le retrouver sont restées sans résultat. On suppose qu'il a dû être surpris par la marée montante et emporté par le flot.

 

Janvier 1907  -  Location du presbytère.  -  Le presbytère de Luc vient d'être loué par l'administration municipale à M. le curé de la commune pour la somme de 1 fr. 50. Il en sera ainsi presque partout, quand le maire et le curé comprendront bien leurs intérêts respectifs. 

 

Juillet 1907  -  Un enfant mort. -  Hier soir, vendredi, des passants ont trouvé dans les hautes herbes, Brèche du petit enfer, le cadavre d'un enfant nouveau-né soigneusement enveloppé d'une serviette marquée à des initiales qui pourront peut-être éclairer la justice.

La gendarmerie aussitôt prévenue a ouvert une enquête.

 

Août 1907  -  Accident de voiture.  -  Samedi dernier, M. Louis Malherbe, garçon boucher, chez M. Knigt, boucher à Lion, revenant en voiture de Saint-Aubin, s'arrêtait, en passant à Luc, devant son habitation. Sa petite fille âgée de 10 ans, sortit pour tenir cheval.

Une autre voiture, venant à passer, entra en collision avec celle de M. Knigt, l'enfant fut renversée et assez sérieusement contusionnée. Les deux brancards de la voiture furent briser.

 

Mars 1908  -  Laboratoire maritime.  -  Par décision du doyen de la Faculté des sciences de Caen, M. Arsène Letellier a été délégué dans les fonctions de gardien du laboratoire maritime de Luc-sur-mer, annexé à la Faculté.

 

Août 1908  -  Une noyade.  -  Léon Ernouf, 19 ans, jardinier à Mathieu, était venu samedi matin à Luc voir son oncle, M. Regnault, commis principal des douanes à Caen, en villégiature actuellement sur cette plage ; le jeune homme qui avait fait le trajet à bicyclette avait chaud, il voulut cependant se baigner de suite, mais à peine dans l'eau il disparut ; il fut retiré 10 minutes plus tard, mais tous les soins pour le rappeler à la vie furent inutiles.

 

Avril 1912  -  Un amateur de poireaux.  -   Les gendarmes, dans une battue nocturne, ont pincé un nommé Raphaël Lecoq, journalier, à Luc, qui venait de voler 50 poireaux. Il a avoué en avoir volé plusieurs centaines, poussé dit-il, à commettre ses délits par la misère.

 

Mai 1912  -  Un incendie  -  Le 17, un incendie a détruit deux corps de bâtiments à  usage d'habitation à Luc-sur-mer, au préjudice de MM. Albert Mauger, 56 ans, cultivateur ; Désiré Quinquemelle, en traitement au Bon-Sauveur, et Achille le Pelley, 52 ans, propriétaire, et Charles Hue, 41 ans,  journalier, Les pertes, couvertes en partie par des assurances, sont estimées à 2650 francs. Le sinistre doit être imputé au mauvais état d'une cheminée.

 

Janvier 1913  -  Tous deux bouchers, tous deux conseillers municipaux, et de plus beaux-frères, deux commerçants de Luc-sur-Mer refusent de payer la taxe municipale d'inspection sanitaire, trop élevée. Le maire les fait saisir, pour des dettes de 40 et 60 francs (105 euros, et 156 euros). Pour animer la vente aux enchères, ils invitent la population, embauchent un orchestre et organisent une tombola. La " vendue " tourne à la kermesse, avec 7 à 800 badauds: une vieille chaise défoncée s'arrache pour 129,85 francs (338,05 euros). 

 

Septembre 1913  -  Terrible accident de voiture  -  Une voiture conduite par M. François Delisle, 37 ans, journalier à Bretteville-sur-Odon, qui venait passer avec sa famille la journée à Luc, a passé sur la poitrine d'un enfant, le jeune Paul Paysan, âgé de 10 ans, dont les parents sont journalier à Luc et qui jouait avec de petits camarades sur la place Lacroix. Le malheureux enfant put être relevé mais quelques mètres plus loin il s'affala sur le sol et bientôt succombait. L'auteur de l'accident dit que son cheval avait eu peur soudain et qu'il n'avait pu l'arrêter.

 

Octobre 1913  -  Un cadavre sur la grève  -  On a découvert mercredi matin sur la plage de Luc-sur-mer, du côté Est, le cadavre d'un homme habillé en ouvrier. Le médecin a conclu à une mort par asphyxie par submersion. On recherche l'identité du défunt.  

 

Avril 1914  - Les monuments historiques du Calvados.  -  Voici, d'après le officiel, la liste des immeubles classés parmi les monuments historiques avant la promulgation de la loi du 31 décembre 1913, pour le département du Calvados :

Langrune : Église ; Lion-sur-mer : Clocher de l'église ; Lisieux : Église Saint-Pierre, Église Saint-Jacques, Maison dite " le Manoir de François 1er ", rue aux Féves, Maison dite " le manoir de salamandre ", rue aux Féves. Maison dite " le manoir du pâtissier ", dans l'ancienne rue Basse-Boucherie ; Longues : Église de Marigny ; Louvières : Église ; Luc-sur-mer : Clocher de  l'église, Croix en Pierre (1662) dans le cimetière ; Maizières : Église ; Maltot : Chœur de l'église ; Mèzidon : Église du Breuil ; Mondeville : Église ; Mosles : Église ; Mouen : Église ; Mutrecy : Portail nord de l'église ; Norrey : Église ; Ouistreham : Église ; Ouville-la-bien-Tournée : Église ; Parfouru-l'Eclin, Clocher et pignon oriental du chœur de l'église ; Rosel : Clocher de l'église ; Rots : Église ; Rouvres : Église, Etc...

 

Juin 1914  -  Goudronnage des routes.  -   On procède depuis lundi 29 juin jusqu'au dimanche 5 juillet au goudronnage du chemin de grande communication de Courseulles à Ouistreham, dans les communes de Luc, Langrune, Saint-Aubin et Bernières.

 

Juillet 1914  -  Grave accident de la foudre. - Un pêcheur était en barque et péchait en haute mer, lorsqu'il fut foudroyé par la foudre. Tout d'abord on le crut mort ; il est resté seulement paralysé. La mère de cet homme est domestique chez M. Contard, pharmacien à Luc.

 

Juin 1915  -  Sur le littoral.  -  La guerre nous amene avec les sous-marins et leurs tristes exploits des détritus et des animaux morts de toute espèces.

A St-Aubin-sur-Mer, à Langrune, on a fait enterrer ces épaves funèbres.

A Luc, on va les brûler.

Qu’on se hâte, car avec les chaleurs ça ne sentirait pas la rose, au contraire.  

 

Juin 1915  -  La situation agricole au 1er mai dans le Calvados.  -  Le mois d’avril a été favorable à l’exécution des travaux agricoles. On a achevé les semailles d’avoine et commencé celles d’orges et de betteraves. La végétation n’a pas été favorisée par la température dans la seconde quinzaine du mois. Néanmoins l’aspect général des cultures en terre reste satisfaisant.

 

Juin 1915  -  On réclame.  -  L’enlèvement des animaux morts et autres détritus, véritables foyers d’infection qu’on trouve encore sur nos plages. C’est la marée qui nous apporte trop souvent ces victimes de sous-marins allemands.

Quand la mer se retire, autrement dit à la marée descendante, c’est une insupportable puanteur, et ces émanations peuvent produire des épidémies. Il importe donc de les enlever au plus vite et le plus tôt sera le mieux.

 

Juin 1915  -  Une lettre du Préfet.  -  A la préfecture, on s’est ému des nouvelles que nous avions données, au sujet des détritus de toute sorte et principalement des morceaux de viande pourrie rejetés par la marée sur le sable à proximité des cabines.

Une lettre a été de suite adressée par M. le préfet aux maires des régions que nous avons indiquées, pour les prier de faire enlever ou brûler ces épaves pestilentielles.

Malheureusement, la main-d’œuvre fait défaut : Le garde-champêtre, malgré toute sa vigilance et sa bonne volonté, ne peut faire cette besogne à lui seul, il finirait par y perdre le boire et le manger et il risquerait de tomber asphyxié, tout comme les membres du Conseil d’hygiène publique à Caen, dont la fin tragique explique l’apathie forcée.

 

Juin 1915  -  Sur le littoral.  -  Le monde arrive un peu partout sur nos plages, lentement au dire des gens qui ne sont jamais contents de rien, et assez vite en égard aux circonstances.

D’ordinaire, à cette époque, on entendait dire « les arrivages sont rares, il faut attendre le 14 », comme cette année la fête est supprimée, les gens voudraient voir les parisiens venir nous apporter leur galette, mais il ne faut pas oublier qu’elle est rare, ne pas se montrer trop avide et se garder d’oublier que personne n’est à la fête avec la guerre.

 

Juillet 1915  -  Échos balnéaires.  -  Le croira-t-on, c’est pourtant la vérité, la saison malgré les moments d’angoisse que nous traversons, promet d’être bonne et, d’ores et déjà sur presque tout le littoral, elle s’annonce sous les meilleurs auspices.

A Luc-sur-Mer, à Langrune, à Saint-Aubin-sur-Mer : Les difficulté dont nous avons parlé, ne sont apaisées généralement entre les propriétaires et les réfugiés. Suivant les conseils donnés  par l’excellent curé du haut de la chaire, des deux cotés on y a mis du sien et à très rares exceptions près chacun est resté sur ses positions.

Aussi, le nombre des maisons à louer pour peu que cela continue, sera sans doute inférieur à celui des autres années.

C’est le cas de suivre l’avis qu’on trouve aux annonces à la 4e page des journaux « Ne pas attendre se presser ».

 

Juillet 1915   -   Le nu en pleine air.  -   Certains baigneurs et baigneuses semblent ignorer qu'il y a sur la digue de Luc-sur-Mer un nombre extraordinaire de cabines disponibles et vont faire sans souci de la pudeur, leur toilette de bain dans les anfractuosités des falaises du côté de Lion. On dit, à ce sujet, que des mères de famille ont adressé une réclamation à M. Qui de droit, mais on raconte aussi que certaines demoiselles, dont la curiosité n'a pas d'égale, vont souvent de ce côté pour tâcher de voir se renouveler une des scènes du Paradis terrestre.

 

Juillet 1915   -   Un sauvetage sur la cote.  -   A Luc-sur-Mer, un baigneur, le jeune Lécuyer, invita deux de ses camarades à faire une excursion en mer sur une périssoire de son invention. Tout alla bien au début, mais, quand il s'agit de regagner le rivage un vent violent venant de la terre les entraîna au large. Ils auraient infailliblement péri sans le secours de l'un des pêcheurs de la localité qui, après une lutte très vive contre les courants, put recueillir les deux apprentis naufragés et les ramener dans son canot. Inutile de dire que le vaillant sauveteur a dû être chaleureusement félicité et largement récompensé par la famille.  

 

Juillet 1915  -  Échos balnéaires.  -  Moins de monde que de coutume, il faut bien le reconnaître. Cependant, le soir, la digue est arpentée par des groupes de promeneurs et l’on se croirait revenu, s’il en était ainsi chaque soir, aux saisons privilégiées. Malheureusement comme sur toutes les plages à la mode les locations ont été faites généralement jusqu’au mois de septembre prochain. Ce sera le cas de répéter : Que les beaux jours sont courts.

Et les mœurs !

A entendre un de nos confrères, elles seraient choquées à chaque instant par le sans-gêne de certains baigneurs qui sans prendre la peine d’éviter les regards indiscrets apparaissent en moins de temps qu’il n’en faut pour l‘écrire « Dans le simple appareil d’une jeune beauté qu’on arrache au sommeil ».

Heureusement pour eux, n’en déplaise à notre confrère si facilement offusqué, les falaises forment à la base un amas de rochers et de grottes obscures qui remplacent avantageusement les cabines dans lesquelles on étouffe en se déshabillant, et puisque la vertu n’est pas timide au lieu de baisser les yeux, elle peut les tourner d’un autre côté.

La route est belle, la plage aussi… les pauvres gens vont-ils être privés du bain de mer parce qu’ils n’ont pas le moyen de se payer une cabine ? Je sais bien qu’elles ont baissé de prix comme tout le reste, c’est heureux, car plusieurs étaient louées aussi cher que des maisons. N’importe, elles ne sont pas encore à la portée de toutes les bourses et la mer comme le soleil doit être bienfaisante pour tout le monde.

 

Juillet 1915  -  Le royal cinéma sur nos côtes.  -  Ce cinéma fait la joie de nos côtes. On se croirait sur le front. Hier, à Luc, on a refusé du monde. Demain dimanche, deuxième et dernière représentation.

 

Août 1915  -  Le nu en pleine air.  -  Certains baigneurs et baigneuses semblent ignorer qu’il y a sur la digue de Luc-sur-Mer un nombre extraordinaire de cabines disponibles et vont faire, sans souci de la pudeur, leur toilette de bain dans les anfractuosités des falaises du côté de Lion. On dit, à ce sujet, que des mères de famille ont adressé une réclamation à M. de qui de droit, mais on raconte aussi certaines demoiselles, dont la curiosité n’a pas d’égale, vont souvent de ce côté pour tacher de voir se renouveler une des scènes du paradis terrestre.  

 

Mars 1916  -  Des navets pour tirer une carotte.  -  M. Émile Quiquemelle, 56 ans, marchand de légumes en gros à Luc-sur-Mer, avait expédié dernièrement à Paris vingt sacs de carottes, qui lui avaient été livrés par le sieur Athanase Greffin, cultivateur à Lion-sur-Mer. A l'arrivée, son mandataire constata que les sacs contenaient deux tiers de navets et un tiers seulement de carottes. Voulant prendre son vendeur la main dans le sac, c'est le cas le dire, M. Quiquemelle lui passa une nouvelle commande à livrer gare de Luc. Là, devant témoins, M. Quiquemelle fit ouvrir trois sacs, ils étaient, remplis de navets recouverts deux d'une légère couche de carottes. On allait continuer l'opération quand Greffin, qui était présent, dit : « Inutile de continuer, ils sont tous pareils ». Greffin donna comme excuse que, n'ayant pas eu le temps d'arracher des carottas à cause du mauvais temps, il les avait remplacées par des navets. Ce n'est pas tout à fait la même chose, car les navets valent juste moitié moins. Greffin eût mieux fait, semble-t-il, de ne rien livrer du tout. Ajoutons que ces légumes étaient destinés au ravitaillement.

 

Juin 1917  -  L'enlèvement des ordures sur les plages.  -  A Luc, un seul bannelier ne peut suffire à la tâche, ainsi s'explique la situation. Mais peut-être, parmi tant de gens inoccupés, pourrait-on trouver à faire faire cette besogne, utile entre toutes, principalement a cette époque de l'année. C'est l'intérêt des habitants mêmes que nous défendons, d'accord avec eux et les étrangers.

 

Juin 1917  -  Les étrangers.  -  L'exode des étrangers a commencé. Quelques-uns de marque. Citons : Mme de Jackson, dont le mari simple fonctionnaire dans une commune voisine, est un descendant de Jeanne-d'Arc. Mme de Jackson, dont les compositions musicales et aussi les chants patriotiques, sont autant de merveilles artistiques et est en outre une virtuose bien connue du piano.

Mme de Jackson est à Luc-sur-mer, où elle doit passer la saison toute entière avec son jeune fils, dont la santé chancelante a dicté le choix de cette plage hygiénique et réconfortante entre toutes.

 

Juillet 1917  -  L'orage.  -  Le tonnerre est tombé chez M. Boutard, pharmacien, dans une chambre occupée par sa petite-fille, ordinairement, mais dans laquelle, heureusement, elle se trouvait pas ce soir-là. Pas d'accident de personnes, mais des dégâts importants à la toiture.

 

Août 1917   -  L'écho des plages.  -  Les baigneurs sont de plus en plus nombreux et se plaisent beaucoup sur ce qu'on charmant du littoral où ils trouvent tout à souhait et à des prix  modérés. On a pour eux et les autres, toutes les complaisances, à la poste particulièrement, pourtant surchargée.

Ne pourrait-on, nous demandent-ils approprier la brèche au carrefour de la route de Langrune. Le personnel est restreint, très restreint, mais les maires voisins réclament des auxiliaires et on leur en donne.

 

Décembre 1917  -  La Poste.  -  On annonce l'apparition prochaine d'une boucherie départementale, qui serait tenue par M. Quiquemelle, le boucher et conseiller municipal bien connu.

- On parle du déplacement du bureau de poste, qui serait transféré rue de la mer. La poste gagnerait-elle au change ? Peut-être pendant le jour, car boulevard de la République, où elle est située, les arbres empêchent d'y voir clair. Mais, est-elle sûre d'avoir le gaz dans sa nouvelle résidence ? Alors, l'hiver, comment pourra-t-elle s'éclairer ? Pas au pétrole, puisqu'il fait défaut partout.

 

Septembre 1920  -  Réunion du Conseil Municipal.  -  Le conseil municipal de Luc donne le nom de Guynemer à la rue où l'aviateur habitait, lorsqu'il venait avant guerre passer la saison d'été chez ses grands-parents.

 

Août 1923  -  Une voiture automotrice sur la ligne de Caen à Luc.  -  Une voiture automotrice entrera en service sur la ligne de Caen - Luc à partir de mardi prochain 21.
Elle effectuent chaque jour deux voyages entre Caen et Luc, plus un voyage aller et retour entre Riva-Bella et Luc. Enfin un voyage supplémentaire entre ces deux dernières gares est prévu les jeudis, dimanches et fêtes jusqu'au 2 septembre. Les trains Automoteurs ne comprendront que le transport des voyageurs de 2e classe en no
mbre limité. Ceux en provenance ou à destination de Caen-État et munis de billets directs de ou pour Paris ont la priorité, ils n'assureront pas le transport des bagages, toutefois ces derniers seront acheminés par le train à vapeur suivant ou par celui précédent s'ils ont été remis assez tôt à la gare de départ.  

 

Août 1923  -  Un sauvetage mouvementé.  -  Avant-hier, un baigneur en villégiature à Luc, s'était élancé dans un champ de varech à une certaine distance du rivage. Ligoté par les herbes marines, il courait le risque d'être enseveli dans cette zone mouvante, lorsque, témoin de l'accident, M. Lemanissier, avocat au conseil d'État, adjoint au maire de Luc, n'hésita pas à se jeter à la mer pour porter secours au malheureux, qui put être ramené sain et sauf. Nos félicitations au courageux sauveteur.  

 

Août 1923  -  Un attentat sur la ligne de Luc.  -  Un attentat qui aurait pu déterminer une terrible catastrophe, a été commis ces jours derniers sur la ligne de chemin de fer de Caen à la mer, entre les stations de Courseulles et de Luc sur-Mer.
Au moment le train qui arrive à cette station à 10 h. 40 croisait la voie des tram-départementaux, un choc des plus violent, se produisit. Les voyageurs bousculés et renversés dans les compartiments crurent que le convoi avait été tamponné. Ce fut une véritable panique. M. Panhaleux fit stopper le train, se rendit à l'aiguille et constata que le levier au lieu d'être horizontal était vertical, maintenu dans cette position par un tirefond placé sous la tige du levier de manœuvre. Le cadenas qui ferme l'aiguille avait été brisé. L'auteur de cette manœuvre criminelle n'avait pas heureusement réussi à neutraliser le jeu de l'aiguille. Cette circonstance seule explique pourquoi il ne s'est pas produit de déraillement. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie et la brigade mobile.

 

Février 1924  -  Un drame de la jalousie.  -  Presque sexagénaire, Etienne Paret, débitant à Luc-sur-Mer, épousait en 1919, une de ses servantes, Suzanne Dennetière, jolie brunette qui comptait alors 21 printemps. L'entente ne régna pas longtemps dans le nouveau ménage. Des scènes orageuses éclatèrent. On parlait même d'une instance en divorce lorsque la naissance d'un enfant apporta un trêve passagère aux ressentiments réciproques des époux mal assortis.  Samedi dernier, un voyageur de commerce caennais, M. Duval, entra dans l'établissement pour commander un déjeuner comme il en avait l'habitude à chacun de ses passages dans la localité. Au cours du repas, le mari méfiant surveilla les agissements de sa femme et comme elle avait tutoyé le représentant, il intervint, furieux : « Je ne veux pas de ses familiarités avec les clients du restaurant », s'écria-t-il. Quelques instants après, se trouvant seul avec celle qu'il venait de morigéner, Paret entra dans une violente colère. Soudain, il se précipita sur la jeune femme et la coucha sur une table du débit, la serrant à la gorge. Sous l’étreinte  convulsive du forcené, la malheureuse dont le visage bleuissait, perdit     connaissance et elle aurait certainement succombé à cette tentative d'étranglement, si un voisin ne s'était empressé de la secourir. « Vous aurez beau faire, elle ne m'échappera pas cette fois »,  proféra l'énergumène.  Dans la soirée, après la fermeture du débit, Paret resta seul au rez-de-chaussée. Bientôt après, une domestique, Mme Ragaut, le vit manipuler un fusil de chasse et prendre quatre cartouches. Elle monta précipitamment au premier étage prévenir sa patronne qui descendit par la fenêtre dans la cour pendant que le misérable essayait d'enfoncer la porte de la chambre. Mme Paret, accompagnée par une amie, alla passer le reste de la nuit à l'hôtel Guiguet, de la Délivrande. Le débitant, furieux de voir sa victime lui échapper, résolut de se rendre le lendemain chez les parents de la jeune femme, domiciliés rue de Bras, a Caen. « Les quatre cartouches auront leur emploi », avait-il dit à Mme Ragaut, « deux pour les vieux, une pour elle et la dernière pour moi. » Mais la gendarmerie de Caen avait été informée de l'intention du meurtrier. Paret fut arrêté ce matin, rue Saint-Laurent, à Caen , au moment où il s'apprêtait a entrer chez ses beaux-parents. Le débitant était accompagné de son petit garçon, âgé de six ans. Après l'Incarcération de Paret, le Parquet a fait remettre l'enfant à sa mère qui s'était présentée, à la gendarmerie dans la matinée.

 

Août 1924  -  Bien mal acquis.  -  II y a quelques jours, en sortant de Hôtel Normandy à Luc-sur-Mer. M. Edgar Pâtisson, le photographe bien connu de la rue des Carmélites, déposait sur son automobile garée dans la cour de l'établissement, une gabardine avec un sac de dame contenant une somme de 1.000 francs, deux chèques de 360 et 103 francs, un récépissé du Comptoir d'Escompte pour versement d'une somme de 10.000 francs. 

N'ayant pas retrouvé le vêtement et le sac, il porta plainte à la gendarmerie qui apprit, en cours de son enquête, que les deux objets avaient été emportés par le sieur Paul Hue, dit La Baleine, demeurant à Luc-sur-Mer. Interrogé, ce dernier déclara que la gabardine et le sac étaient tombés sur la route peu de temps après le départ de l'auto. Il s'était emparé de l’argent dont la plus grande partie fut aussitôt dépensée. Paul Hue et sa compagne, la fille Vilard, achetèrent des vêtements, des chaussures et réglèrent plusieurs dettes en souffrance. Ils brûlèrent les titres et le sac croyant échapper ainsi aux soupçons. Lorsqu'on arrêta le couple, il ne restait plus un sou de la somme de 1000 francs qu"il s'était appropriée.

 

Août 1924  -  Une bonne se suicide.  -  Arrivée depuis le 2 juillet à Luc-sur-Mer, M. Letestier, greffier de Justice de Paix à Poissy, avait remarqué que sa bonne, Lucienne Lesage, depuis dix-huit mois à son service, et jusque d'une conduite irréprochable, s'était singulièrement émancipée dans cette villégiature. Fréquentant assidûment les dancings de la station, elle ne rentrait souvent qu'a l'aube pour reprendre son travail. M. Letestier admonesta, sur un ton assez sévère, la jeune dévergondée, qui promit de s'amender, mais n'en continua pas moins ses escapades nocturnes. De nouvelles remontrances furent faites à Lucienne Lesage qui en parut très affectée.

   - Oui, je sais que ce n'est pas bien, dit-elle à ses maîtres. 
On crut que cette fois la leçon avait porte ses fruits.
Avant-hier la belle-mère de M. Letestier, Mme Bichard rentrait de la plage, voulut faire chauffer du lait pour son Petit-fils. Elle fut très surprise en se dirigeant vers la cuisine, de trouver fermé, la porte du local, et des émanations, de gaz s'échappaient de la cuisine. En pénétrait dans la cuisine, on aperçut la jeune fille étendue sans vie sur le plancher. Le tuyau du fourneau à gaz était retiré est le robinet grand ouvert. Lucienne Lesage, très impressionnée par les reproches dont elle avait été l'objet,  s'était décidée à mettre fin à ses jours. Les docteurs Saussol et Para, mandés en toute hâte, donnèrent donnèrent leurs soins à la désespérée, mais tout fut inutile la mort avait fait son œuvre. Lucienne Lesage, était âgée de 18 ans. On trouva prés, d'elle deux lettres sur l'une d'elles, elle avait écrit « A remettre à ma
man ».  

 

Janvier 1925  -  Un cadavre sur la plage.  -  Dans la nuit du 10 janvier vers une heure du matin, deux pécheurs découvrirent sur la plage, a peu de distance du bourg de Luc-sur-Mer, le corps d'une femme étrangère au pays, paraissant âgée d'une soixantaine d'années, ses vêlements ruisselaient d'eau et les jambes étaient recouvertes de sable. On essaya vainement de ranimer la malheureuse.

Le garde-champêtre de Lion, après avoir fait transporter l'inconnue dans le local de la mairie, avertit les gendarmes. On ne trouva sur le cadavre aucune pièce permettant d'identifier la victime, elle avait un anneau à l'intérieur duquel on lisait : Brière Dudouy, 4 juin 1883, Lisieux.

Le chef de la brigade de la Délivrande léphona aux brigades de Caen et Lisieux qui enquêtèrent.
Quelque temps après il était avisé qu'une dame Dudouy. veuve Brière, entrée à la clinique Saint-Joseph, rue de l'Enganerie, à Caen, le 8 janvier, avait quitté le lendemain l'établissement pour n'y plus reparaître. La brigade de Lisieux fit connaître qu'une personne du même nom, domiciliée quartier du Bouloir, s'était rendue le 8 courant à Caen, chez les sœurs Oblates pour suivre un traitement d'une quinzaine de jours.

Mise en présence du cadavre, Mlle Robin, domestique de Mme Veuve Brière, reconnut dans la noyée sa maîtresse qu'elle avait accompagnée trois jours plus tôt à Caen.

 

Mai 1925  -  Frères ennemis.  -  Vivant depuis un certain temps en mésintelligence avec son frère cultivateur à Luc-sur-Mer, le nommé Victor Letellier, 50 ans, après une discussion violente, se rendit dans un champ appartenant à son ennemi et mit le feu à une meule de paille de blé représentant environ 800 bottes. Victor Letellier a été arrêté par les gendarmes de La Délivrande.  

 

Mai 1925  -  Un électeur irascible.  -  M. Fernand Lemarchand, cultivateur à Luc-sur-mer, assistait, dimanche soir au dépouillement. Il fit un beau scandale dans la cour de la mairie. Le garde-champêtre M. Célestin Jeanne, ayant voulu le faire taire, fut frap et injurié. Poursuit pour outrages et violences, M. Lemarchand a été condamné à 8 jours de prison et 5 francs d'amende.

 

Juillet 1925  -  Un agression au Casino.   -  Samedi, dans la soirée, M. Marcel Piquet, propriétaire du Casino de I.uc-sur-Mer. était informé par son personnel que des pierres avaient été lancée contre les fenêtres de l’établissement.

On sortit aussitôt pour retrouver les auteurs de cet acte de malveillance. Accompagné de M. Lafont, garçon de café et de M. Delarme, concierge du Casino, M. Piquet se trouva quelques instante après en présence de plusieurs jeunes gens de la localité qui en s'éloignant, tirèrent dans sa direction plusieurs coups de revolver sans l'atteindre. L'un des agresseurs, Eugène Detey, 16 ans, dont les parents sont jardiniers à Luc-sur-Mer, fut bientôt rejoint et mis en lieu
sûr, en attendant l'arrivée des gendarmes. Ses complices, Jules Testard, 17 ans, Lemarchand et Bachelot Alexandre, ont été arrêtés le même jour.
Ils nient énergiquement l'agression qui leur est reprochés, mais ils ont été parfaitement reconnus par plusieurs témoins.

 

Janvier 1926  -  Un acte de sabotage.  -  Dans la nuit du 27 au 28 janvier, des inconnus ont jeté des fils de fer barbelés sur le réseau électrique du Vieux-Luc, près de l'école paroissiale des filles. Les auteurs de cet acte de sabotage avaient pris soin de couder aux deux bouts les fils de fer barbelés pour les mieux accrocher sur le seau. Leur présence détermina aussitôt un court circuit provoquant, en outre, l'allumage intermittent de l'éclairage public. Les lampes furent rendues inutilisables sous la tension de 200 volts, alors que la tension normale doit être de 115 volts. La gendarmerie de la Délivrande informée par M. Caillat, directeur de l'usine à gaz de Saint-Aubin-sur-Mer, a procé à une enquête.

 

Juillet 1926  -  Un bébé se noie.  -  Un pénible accident s'est produit hier matin, rue des Quatre-Vents. Pendant que sa mère était occupée aux soins du ménage, la petite Gilberte Massé, âgée de 13 mois, dont les parents sont marchands de chiffons en gros, s'amusait dans la cour. Sa mère, ne l'entendant plus, se mit à sa recherche et s'aperçut avec terreur que le corps du bébé était à demi enfoncé dans un seau d'eau.

On courut chercher le docteur Saussof, mais tous les efforts pour ranimer l'enfant furent inutiles. L'asphyxie avait fait son œuvre.

 

Août 1926  -  La Côte de Nacre réclame des trains électriques de Caen à Luc.  -  Ces jours derniers, les membres du syndicat de la Côte de Nacre se réunissaient à leur siège social.

L'ordre du jour comportait une grave question, il s'agissait d'émettre un vœu relatif à l'amélioration des communications sur le réseau desservi par les Chemins de fer du Calvados et tendant au remplacement de la ligne actuelle par une ligne à voie élargie et électrifiée, susceptible d'assurer un trafic plus important et des départs plus fréquents.

La discussion fut animée. Certains parurent hésitants devant la hardiesse de l'entreprise, mais les fondateurs du Syndicat de la Côte de Nacre, ont la foi qui soulève les montagnes, et ils comptent bien obtenir satisfaction.

M. Thomas, maire de Ouistreham, auteur du vœu, fit observer qu'il convenait tout d'abord de mettre hors de cause, le distingué directeur de la Compagnie, au zèle et à la courtoisie duquel chacun se plait à rendre hommage. C'est le matériel, c'est la formule actuelle qui ne répondent plus aux besoins de la Côte et qu'il faut changer.

M. Thomas ajouta qu'au point de vue financier, une transformation se justifiait au même titre. Les bénéfices réalisés sur les lignes, Caen-Luc et Caen-Dives, servent d'abord à diminuer le déficit causé par l'exploitation des autres lignes, au lieu d'être consacrés à l'amélioration du service.

Et cependant le déficit pour l'ensemble du réseau va croissant. Il cessitera cette année, le vote par le Conseil général d'une subvention de 1.200.000 francs. M. Tesnières, conseiller général de Douvres et président d'honneur du syndicat confirma ces dernières clarations et fit un intéressant exposé de la situation des Chemins de fer de Caen à la Côte.

Il crut pouvoir indiquer que la majorité du Conseil général, était acquise aux vues du syndicat et que l'Assemblée départementale serait amenée à reprendre la question des Chemins de fer dans son entier et à rechercher le meilleur moyen d'assurer dans des conditions satisfaisantes les relations entre Caen et la Côte.

Finalement, il fut décidé que le vœu approuvé à l'unanimité des membres présents, serait transmis aux maires des communes terriennes desservies par les Chemins de fer du Calvados, pour être soumis à l'approbation des Conseils municipaux.

 

Août 1926  -  Sur la Côte de Nacre.  -  Depuis quelques jours, les fêtes se succèdent sur le littoral de la côte de Nacre. La gracieuse Reine, récemment. élue, visite une à une toutes les cités de son joli royaume. Après Saint-Aubin, Courseulles et Riva-Bella, la station de Luc-sur-Mer a offert, à cette occasion, à ses tes, une soirée qui obtint le plus brillant succès.

Reçue au Casino par M. Lemanissier, maire de Luc, la jeune Majesté assista au couronnement de sa jolie vice-reine, Mlle Néel.

Après un discours très spirituel de M. le Maire, les deux souveraines passèrent en revue les pompiers de la commune libre de Luc et gagnèrent la salle du spectacle elles furent accueillies par des ovations.

Entouré de son garde-champêtre, du capitaine des pompiers et des autorités, le premier magistrat de la commune libre, M. Torelli, harangua les illustres visiteurs.

Sur la scène, d'amusants intermèdes furent donnés par MM. Watson, Torelli, Mauger et Gombault.

Citons parmi les personnalités présentes, MM. Thomas, maire de Ouistreham, Desaunais, maire de Langrune, Caillat, secrétaire général de la côte de Nacre, Mary, directeur de l'Agence Havas, et le représentant de la presse caennaise.

 

Novembre 1926  -  Coups réciproques.  -  Léon Debée, chef de train aux chemins de fer du Calvados, à Luc-sur-Mer, et Jules Lenoir, 32 ans, mécanicien à la même Compagnie, sont poursuivis pour coups réciproques. Le Tribunal condamne le premier à 5 francs d'amende et le second à 10 francs.

 

 Juillet  1928  -  Coups et blessures.  -  M. Émile Cocherel, 20 ans, garçon de courses chez M. Georges Cernou, tissier à Luc-sur-Mer, a porté plainte pour coups et blessures contre Constant Samson, 31 ans, journalier, demeurant à Lion-sur-Mer, contre son frère Gustave, 18 ans, et contre Paul Lépy.
Ces personnages, après l'avoir fait tomber à terre, lui ont porté plusieurs coups de poing et de pied. Une enquête est ouverte. 

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température  torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et l'orage semblait proche.  Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur propriété, ou de puits, sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très  grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le  budget.

 

Septembre 1929  -  Pour s'offrir une impression de fraîcheur.  -  Vous ne devinerez jamais ce que fait ce petit paysan ! .. il a l'air de se boucher les oreilles ! .. Il est en train de se rafraîchir ! .. Pendant les chaudes journées d'été, quand vous faites de longues promenades, en pleine campagne, sous un soleil ardent, loin du petit ruisseau, ou de toute fontaine, vous désireriez certainement vous offrir au moins l'illusion d'un peu de fraîcheur ?

Voici un moyen très simple qui vous procurera facilement une agréable impression momentanée. Amenez au bout de votre langue le plus de salive possible, et avec ce liquide, humectez fortement l'index de vos de mains, sans attendre, posez l'extrémité humide de vos index sur les lobes de vos oreilles. Retirez vivement vos mains. À ce moment vous éprouverez une sensation de fraîcheur très nette qui s'explique facilement.

Elle est produite tout simplement par l'évaporation de la salive qu'on vient de déposer sur les lobes des oreilles très sensibles au moindre variation de température. A vous de profiter de cet excellent tuyau et de l'utiliser quand besoin s'en fera sentir !

 

Octobre 1929  -  L'heure d'hiver.  -  Conformément à la loi du 24 mai 1923, c'est dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 octobre que l'heure d'été fera place à l'heure d'hiver, c'est à dire que les pendules devront être retardées de 60 minutes.

 

Novembre 1929  -  Les projets du service vicinal en 1930.  -  Le service vicinal du Calvados projette pour l'année 1930 une amélioration considérable de certains des chemins de grande communication soumis à un trafic intense.

Parmi les principaux travaux signalons la construction de trottoirs et de caniveaux entre Villers-sur-Mer et Deauville ; la rectification du tournant de Vieux-Fumé ; la construction de caniveaux à Saint-Martin-des-Besaces ; la construction de trottoirs à Luc-sur-Mer ; celle d'un caniveau pavé à Cully ; les travaux d'élargissement dans la traversée d'Ouilly-le-Tesson ; les travaux de défense contre la mer, à Bernières et Courseulles-sur-Mer ; la construction d'un aqueduc sur le chemin n° 11, etc...

 

Juillet 1930   -   Une collision.   -   A l'entrée du bourg de Luc, au lieu-dit  « La Brêche Marais », une collision s'est produite entre deux Geôle, à Caen, d'autre par M. Guesnet, miroiter à Saint-Mandé (Seine). Sous le choc, la voiture de M. Brisemure fut renversée et son conducteur blessé au bras droit et au côté gauche. Projeté sur le sol, le fils de M. Brisemure se releva sans aucun mal.  

 

Juillet 1930   -   Une barque de pêche chavire au large chargée de six personnes.   -   Dimanche matin, une des barques de pêche attachées au port de Lion-sur-mer, prenant la mer, emmenait trois marins de la localité : MM. Louis Hérissy, 36 ans ; Alphonse Flambard, 52 ans, et Blin. A ces habitués de la mer, s'étaient joints deux jeunes baigneurs, M. et Mme Clergeon, de Paris et leur neveu, un garçonnet d'une quinzaine d'années.

La voile mise, l'embarcation qui voguait déjà loin au large se trouvait entre les plages de Lion et de Luc, en face des falaises, quand un brusque coup de vent fit tourner la voile. Sous le choc ainsi provoqué, la barque chavira, projetant ses six occupants à la mer. L'un des marins, M. Louis Hérissy, pris dans la voile, ne put se dégager à temps et coula avec elle.

Par malheur, il ne se trouvait que peu de monde sur la plage à cette heure-là, et les secours ne purent être organisés assez rapidement. C'est une périssoire de Luc-sur-Mer qui, la première, fut sur les lieux où la barque s'était retournée et put recueillir, en pleine mer, un des marins, M. Blin, au comment où, exténué, il allait se laisser couler. Ramené à terre, il fut ranimé et c'est lui qui donna les détails de la catastrophe. Tous les autres passagers ont péri. La mer n'a pas encore rendu leurs cadavres.

 

Juillet 1930   -   Un marin se noie volontairement.   -   L'autre après-midi, le nommé Aquilin Lemarchand, marin-pêcheur à Luc-sur-Mer, s'est noyé à courte distance du rivage. On a tout lieu de croire que Lemarchand, qui jouissait d'une considération des plus médiocres, s'est donné la mort volontairement. Les recherches effectuées pour retrouver son cadavre sont restées infructueuses.

 

Août 1930   -   L'Union Amicale des Propriétaires, Commerçants.   -   L'Union Amicale des Propriétaires, Commerçants et Amis de la plage, avait organisé le samedi 16 courant une  retraite aux flambeaux avec le concours de la musique-fanfare de la Société de Gymnastique de Caen et la Société des Bigophones de Luc-sur-Mer.

L'organisation que cette manifestation populaire était de tout premier ordre et le Comité de l'Union Amicale a été si l'on peut dire à la hauteur de sa tâche. Une foule immense de baigneurs et d'habitants étaient venus apporter leur concours bénévole avec lanternes et lampions multicolores. Un char décoré de feuillages et illuminé à giorno, dans lequel on faisait partir, pétards, chandelles-romaines et feux de Bengale, suivait la retraite. Sur tout le parcours, de nombreuses maisons étaient éliminées et les musiques ont fait entendre les meilleurs morceaux de leurs répertoires.

De longtemps on n'avait eu à Luc-sur-Mer une retraite aussi grandiose et réussie sous tous les rapports, où chacun avait apporté une bonne volonté. C'est par ces sortes de distraction que l'on arrive à retenir et amener toujours de plus en plus nombreux les baigneurs qui ne demandent qu'à s'amuser sainement, aussi se sont-ils donné rendez-vous pour l'année prochaine afin de recommencer, et l'Union Amicale s'est promise de faire mieux encore, pour leur donner satisfaction, puisqu'elle a eu l'approbation générale. Encore une fois bravo.

 

Septembre 1930   -   Intelligentes plaisanteries.   -   Le soir du 16 août, vers 22 heures, alors que la retraite passait devant le café Beaudier, rue du Grand-Orient, un mauvais plaisant, saisissant un pinceau  et un pot de peinture laissés sur la terrasse de ce café par des marins qui venait de peindre leur bateau se mit à asperger la foule qui suivait la retraite. Plusieurs personnes et notamment Mme Fouilleul, en villégiature à Luc, et Mlle Beaudier ont eu leurs vêtements tachés.

L'enquête de gendarmerie de La Délivrande, a établi que l'auteur de cette farce stupide était un jeune homme de 18 ans, Albert Lemarchand, domicilié chez sa mère, rue du Maréchal-Foch.

 

Septembre 1930   -   Malveillance.   -   Au moment d'éclairer la digue-promenade de Luc-sur-Mer, le garde-champêtre de la localité constatait que la plupart des lampes ne s'allumaient pas. Examinant chaque candélabre, ils s'apercevait que les fusibles des lampes avaient été enlevés. Le fait s'étant déjà produit, il avertissait la gendarmerie. Celle -ci a pu établir que l'on  se trouvait en présence d'exploits d'un groupe de jeunes gens et de jeunes filles, en villégiature sur la plage. Procès-verbal a été dressé.

 

Octobre 1930   -   Sans gêne.   -  Sur le chemin de grande communication n° 84, deux jeunes filles, Mlles Madeleine et Lucie Lemarchand, demeurant rue des jardins, qui circulaient en bicyclette, ont été renversées par un jeune cycliste qui a pris la fuite comme le camarade qui l'accompagnait. Mlle Madeleine Lemarchand a été contusionnée à l’œil gauche et sa sœur au front. 

 

Janvier 1931  -  les aides aux jeunes filles.  -  Dots attribuées en 1930 aux jeunes filles de familles nombreuses. La Commission départementale, chargée de l’attribution des dots y a donc eu à se prononcer pour cinquante attributions sur soixante et onze dossiers constitués.

Luc-sur-Mer. — Mlle Guillaume Louise, âgée de 19 ans, d'une famille de 12 enfants vivants. Le père est pêcheur et, pendant la période d'hiver, il travaille comme ouvrier maçon. L'intéressée a été placée comme domestique chez divers patrons qui ont tous été satisfaits de ses services. Elle a contracté mariage, le 16 octobre dernier, avec M. Fortécu Maurice, ouvrier maréchal, d'une famille de 6 enfants.

 

Juillet 1931   -   Un sauvetage.   -   M. Louis Grard, 17 ans, demeurant à Luc-sur-Mer, prenant son bain sur la plage s'aventura trop au large et, à un moment, se trouva en danger de mort.
Un baigneur parisien, M. Léon Bacq, demeurant 201. rue des Pyrénées, qui se trouvait également sur la plage, s'aperçut du danger que courait l'imprudent, il se jeta à la mer et fut assez
heureux pour le ramener sain et sauf après de longs efforts.
M. Bacq, qui est âgé de 40 ans est père de six enfants. Nos compliments au courageux sauveteur.

 

Janvier 1932   -   Vols sacrilèges.   -    Quatre églises de la région ont reçu la visite de cambrioleurs au cours des fêles de Noël : A Mathieu, pour la troisième fois cette année, un tronc a été fracturé, un autre a subi des pesées. M. l'abbé Boisne estime son préjudice à 50 fr.   -   A Anisy, M. l'abbé Trillest, de Bény-sur-Mer, qui dessert la paroisse, a été avisé par M. de Morel, que les troncs de l'église, pouvant contenir 250 fr. environ, avaient été vidés de leur contenu.  -   A la Délivrande, le jeune André Forget, 14 ans, a trouvé dans un champ le tronc, dit des journaux, dont le R. P. Bottin, missionnaire à la Basilique, avait constaté la disparition. Bien entendu, le tronc était vide.    -  A Luc-sur-Mer, la chapelle des Pèlerins a aussi reçu la visite des malfaiteurs.  -  Enfin, à Hérouville-St- Clair, M. l'abbé Alix a constaté que les troncs de l'église avaient été fracturés et vidés. Le voleur, un gamin de 15 ans, élève de l'Ecole pratique industrielle de Douvres, en vacances chez Mme Davet, à Hérouville-Saint-Clair, a avoué.

Enfin, les troncs de l'église de Thaon ont été fracturés et délestés de leur contenu : 250 fr. environ. Le coupable serait ce même gamin de 15 ans, pupille de l'Assistance publique, arrêté à Hérouville-Saint-Clair pour faits identiques. Quatre de ses camarades qui l'accompagnaient ont déclaré avoir visité le clocher et que, pendant ce temps, leur ami s'était absenté, mais ils ignoraient ce qu'il avait fait.  

 

Février 1932   -   Méfaits de vandales.  -  Des inconnus se sont livrés, à Luc, à des actes stupides de vandalisme en détériorant trois cabines de bains à M. Rigaux, agent de location (100 francs de dégâts), Mme Barbier, également de Luc (100 fr.) et Mme Courbot, de La Délivrande (300 fr.). Les chenapans, que la gendarmerie recherche, ont arraché les portes de ces cabines et brisé le mobilier se trouvant à l'intérieur.

 

1933  -  Travaux de défense du littoral.  -  Commune de Luc-sur-Mer. -  Cette commune projette la construction de trois épis en maçonnerie.  (Source R. du C.G.)

 

Août 1935  -  Inauguration.  -  Le 25, le nouveau maire de Luc-sur-mer, le bâtonnier Pierre Laurent Inaugure le nouvel hôtel de ville et son parc.

 

Février 1936  -  Les usagers demandent le maintient de la ligne Caen-Courseulles.  -   A l'issue de nombreuses réunions tenues dans les localités de la Côte de Nacre, desservies par la ligne de chemin de fer de Caen à Courseulles, ligne qui doit être prochainement supprimée, un ordre du jour de protestation a été pris, qui dit notamment :

« Considérant que l'exploitation de la ligne ferrée de Caen à Courseulles est indispensable à la vie et au développement des commîmes traversées par cette ligne.

Considérant notamment que les stations balnéaires doivent une bonne part de leur prospérité au fait qu'elles sont directement reliées.

« Considérant que la suppression entraînerait la ruine des commerçants, cultivateurs, propriétaires de villas et une diminution très notable des impôts et des ressources, tant communales que départementales, que des emprunts destinés à l'amélioration des gares et de leurs abords ont été gagés sur le produit des billets de chemin de fer.

« Considérant que le maintien de la voie ferrée est indispensable non seulement au commerce local, mais également aux cultivateurs qui peuvent par elle expédier à de grandes distances les produits du sol et de leur travail, que ce maintien s'impose d'autant plus que les difficultés agricoles sont plus graves.

« Considérant que si la ligne était supprimée ou si le trafic était diminué les municipalités se verraient sans aucun doute, par suite de la diminution considérable des ressources communales dans 'impossibilité d'équilibrer leur budget et de continuer à administrer leur commune.

« Considérant enfin qu'il parait inadmissible que le Comité créé pour coordonner les transports par route et par voie ferrée ne comprend que les représentants des réseaux et des services automobiles, que d'une part les usagers c'est-à-dire tous ceux qui utilisent ces moyens de transport, et qui font vivre ces services par leur argent et d'autre part les délégués du personnel de ces moyens de transport, qui mieux que tout autre en connaissant l'utilisation et l'importance devraient faire partie du Comité de coordination puisque en définitive ce sont eux qui paient et qui supportent les conséquences des décisions du Comité.

Émettent le vœu :

« 1° Que quelque soit le mode employé, l'exploitation de la ligne ferrée de Caen à Courseulles continue à être assurée.

« 2° Que des représentants des usagers et du personnel des services de transports fassent partie du Comité de coordination où ils auront voix délibérative. (source M.-C.)

 

Mars 1936  -  On met à jour une nécropole romaine.   -  Les ouvriers qui travaillent à la construction d'une canalisation d'égouts, à Luc-sur-Mer, ont mis à jour trois sarcophages, à un mètre de profondeur, à l'angle de la rue du Parc et du boulevard de la République. 

M. le bâtonnier Laurent, maire de Luc-sur-Mer, a pris toutes les mesures pour en assurer la conservation. Il les a fait exhumer et transporter au Musée à l'Hôtel île Ville, où leur élude archéologique et anatomique pourra être entreprise en toute tranquillité. 

D'après les archives de 1492, le lieu dit, quoique déformé dans sa prononciation, indiquait un Champ des Morts, et les grands travaux d'assainissement que la municipalité poursuit activement, ont poussé leurs tranchées en plein dans la nécropole romaine. 

L'auteur de la découverte du Four à briques romain à la Brèche du Corps de Garde, en 1905, avait raison de prévoir que le Luc actuel était une superposition archéologique, dont notre pays donne tant d'exemples. Tout près du lieu de cette découverte, existe l'ancienne Delle de la Pierre, qui avait déjà, fourni le Menhir, la Pierre de Luc, les restes humains de six sujets néolithiques et des poteries gauloises. (source M. C.)  

 

Juillet 1936  -  Ouverture des débits de boissons à l’occasion du 14 juillet.  -  Le préfet du Calvados a l'honneur de faire connaître qu'à l'occasion de la fête nationale, il autorise les débits de boissons et autres établissements publics du département, à rester ouverts pendant les nuits du 13 au 14 et du 14 au 15 juillet courant. (source M.-C.)

 

Juillet 1936  -  Un motocycliste grièvement blessé.  -  Vers 14 h. 30, une collision s'est produite, place La Croix, entre une automobile pilotée par M. Henri Clerembault, cultivateur à Pont-Erepin (Orne) et un motocycliste. M. Jacques Favereau, 28 ans, de Saint-Germain-en-Laye, en villégiature à Luc, qui a eu la jambe droite fracturée. 

M. Clerembault déclare que le motocycliste, qui lui masquait une voiture en stationnement, n'a pas averti de son approche. M. Favereau fait le même grief à l'automobiliste, et affirme avoir klaxonné. 

Dur d'oreille et atteint de mutilé, M. Favereau n'était que depuis un mois en possession de son permis de conduire. (source M.-C.)  

 

Août 1936  -  Luc-sur-Mer s’embellit.  -  Les amis de Luc que l'été a ramenés sur la « Plage des Caennais », y ont trouvé (comme disent les bonnes gens) du changement !

Aux charmes de ce coin ravissant de notre littoral, la Municipalité, sous l'énergique impulsion de son Maire, M. le Bâtonnier Laurent, a, au cours de ces derniers mois, ajouté, par l'exécution de travaux d'urbanisme heureusement réalisés, un attrait nouveau. Travaux importants qui témoignent chez les édiles « lutins » d'un souci très vif de faire de leur toute petite ville l'une des stations balnéaires les plus accueillantes de la Côte de Nacre.

M. Laurent a eu l'aimable pensée de nous convier à une visite des nouveaux aménagements de Luc. En sa compagnie, et avec MM. Paul Hue et Quiquemelle, adjoints, et Martineau, Président du Syndicat d'Initiative, nous avons d'abord parcouru le magnifique Hôtel de Ville dont la Municipalité s'enorgueillit à juste titre. Nous nous sommes attardé plus longuement dans la salle du Musée en voie d'installation où un savant distingué, M. Hue. ancien Président de la Société Préhistorique de Paris, reconstituait les squelettes découverts dans les sarcophages gallo-romains mis à jour, il y a quelques mois, dans l'ancien « Champ des Morts ». Deux de ces sarcophages ont été déposés sous un abri construit à l'entrée du Parc Municipal : l'un recevra un squelette complet que l'on pourra examiner à loisir (pour peu que l'on ait les idées folâtres) à travers la plaque de verre remplaçant la lourde pierre plate qui fermait cette bière impressionnante.

En dépit d'une pluie fine et pénétrante, nous avons parcouru ensuite, avec nos cicérones, le splendide jardin public étalant sous de superbes frondaisons, d'impeccables pelouses, méticuleusement entretenues, que traverse un cours d'eau en miniature sur lequel des canards du plus beau blanc jouent les cygnes avec une étonnante majesté. Dans le parc a été transporté l'ancien « abri de la pierre à poisson », transformé en kiosque, ainsi que la pierre elle-même utilisée maintenant comme table d'orientation.

Nous quittâmes le jardin public par la porte ouvrant sur la rue du Parc : ainsi se nomme désormais la sordide rue des Quatre-Vents, aujourd'hui large et moderne chaussée.

Le Marché, dont la Municipalité a décidé la création, a donné son nom à la voie qui prolonge la rue du Parc et qui rejoint la rue du Grand-Orient. Sur la gauche, disposés en carré ouvert, s'élèvent les bâtiments mis à la disposition des marchands, chacun de ces derniers dispose d'une boutique individuelle, close, le soir, par un rideau de fer. L'emplacement central est réservé aux étalages mobiles et aux hallettes, démontables. C'est fort bien.

Notre visite s'est poursuivie par les aménagements de la plage. M. Laurent nous conduisit d'abord sur la digue qui, sur soixante mètres, à son extrémité vers Lion, fut emportée par la mer lors de la tempête d'avril dernier. Les dégâts ont été réparés et si parfaitement que, de ceux-ci, il ne reste plus trace. Le flot, qui gagne dangereusement et de plus en plus sur les falaises, pose la question du prolongement de la digue-promenade. Hélas ! il en coûterait 500 000 francs, dont Luc ne peut naturellement faire seule les frais... Luc, cependant, a remporté une première victoire sur la mer, grâce aux travaux entrepris les années précédentes, la grève a été sauvegardée, et le sable est revenu. La construction d'un nouvel épi, sur la droite achèvera l’œuvre de préservation.

Les abords de la plage ont subi, eux aussi, une transformation qui a modifié fort heureusement leur aspect d'autrefois. Parcs à voitures, terrains de jeux, pelouses bordées de petites barrières blanches, ont remplacé les dunes peu engageantes et l'ancien marché de tumultueuse mémoire. Frais, et pimpant, le pavillon du Syndicat d'Initiative, meublé de clair, complète  le coup d’œil.

Nous en avons terminé par une « excursion » au  Vieux Luc que l'édilité n'a eu garde d'oublier. La place de la Gare a été aménagée. Sur la route de Langrune, là où s'étalait un immonde marécage, un lavoir, utilisant les eaux de « La Capricieuse » a été créé. Enfin, au Point du Jour, l'ingénieuse construction d'un bassin de décantation et d'évacuation des eaux usées, a permis de débarrasser ce quartier de ses cloaques pestilentiels.

Pour mériter le titre de « Ville », il restait à Luc à posséder ses armes parlantes ! C'est fait. L'édilité (qui a l’œil à tout et que nul détail ne laisse indifférente) l'a dotée d'un riche blason qui a été soumis à l'approbation du Garde des Sceaux de France. Luc pourra bientôt s'enorgueillir de son écu taillé « au premier, de gueules à l'L d'or et au lion léopardé de même, au deuxième, d'azur à la nef d'argent et à la coquille de pèlerin en pointe de même ».

On avouera qu'en un an de mandat, il était impossible à la Municipalité de Luc de faire mieux ! Olivier ADELINE  (source M. du C.)

 

Août 1936  -  Un motocycliste renverse deux piétons.  -  Revenant de Lion, à pied, la famille de M. Edgar Dardenne, receveur de l'Enregistrement à Château-du-Loir, en villégiature à Luc passait au lieu dit : « La Brèche Marée », lorsqu'un motocycliste, roulant à vive allure, voulut doubler, à droite, une automobile au moment où celle-ci croisait une autre voiture. En appuyant sur le bas-côté de la chaussée, il heurta M. Dardenne et sa fille Paulette, âgée de 13 ans, qui furent renversés. La fillette a été blessée aux reins et au pied droit.

Le motocycliste a refusé de donner son nom. Il avait, à l'avant de sa machine un bébé qui a dû être blessé dans l'accident. La gendarmerie enquête. (source M. du C.)

 

Septembre 1936  -   Une auto monte sur un trottoir.  -  Venant de langrune, un automobiliste, M. René Delavergne, 32 ans, ingénieur à Paris, abordait le carrefour central lorsqu'il se trouva brusquement en présence d'un enfant. Afin d'éviter celui-ci, M. Delavergne obliqua à gauche, monta sur un trottoir et la voiture alla s'arrêter contre le mur d'un hôtel, renversant au passage une passante, Mme Andrée Delahousse, 45 ans, demeurant à Rouen, en villégiature à Luc. 

Blessée à la tête, Mme Delahousse fut transportée chez M. le docteur Saussol, où elle reçut les soins que comportait son état. (source M. du C.)  

 

Octobre 1936  -   Une rue du docteur Charcot à Ouistreham et Luc-sur-Mer .  -  Le Conseil municipal de Ouistreham a décidé à l'unanimité de donner à l'un des quais du port de sa coquette station, le nom de « Quai Jean-Charcot ».

La municipalité de Ouistreham a voulu ainsi témoigner à la mémoire du grand savant disparu, le souvenir qu'elle conserve vivace des nombreuses visites que l'infatigable explorateur fit au port normand le long des quais duquel le « Pourquoi-Pas ? » vint à plusieurs reprises accoster.

Si le Dr Jean Charcot n'était pas un inconnu à Ouistreham, son père, le docteur Charcot, y vint aussi en compagnie du docteur Blanche, alors que la station balnéaire en était encore à sa naissance. A son tour, le Conseil municipal de Luc-sur-Mer, sur l'initiative de son dévoué maire, M. le bâtonnier Pierre Laurent, a décidé que la rue dite du Grand-Orient, allant du Petit-Enfer au carrefour de la Brèche-Marais, portera le nom de « rue Docteur Jean-Baptiste-Charcot, membre de l'Institut, Luc 1920, « Pourquoi-Pas ? 1936 ».

Le Conseil, désirant associer à la mémoire du docteur Charcot un de ses compagnons d'exploration, M. Clovis Jacquiert, docteur es Sciences, qui avait fait ses études au Laboratoire de Luc en 1935, a décidé à l'unanimité que la rue longeant le laboratoire allant de la rue Général-Dubail à la rue actuelle du Grand-Orient, portera le nom de « rue Clovis-Jacquiert, docteur es Sciences, Laboratoire de Luc 1935, «Pourquoi-Pas ? 1936 ». (source M. du C.)

 

Novembre 1936  -   La tempête sur nos cotes.  -  La tempête qui s'est soudainement élevée sur les côtes du Calvados dans la nuit de samedi à dimanche, n'a pas été sans occasionner de très graves dégâts sur nombre de plages du Calvados.

Sur la Côte de Nacre : De Ouistreham à Courseulles, toutes les plages ont eu à souffrir de la violence des lames dont la force était encore décuplée par le vent, extrêmement violent qui fit rage toute la nuit.

La tempête monta avec la marée et eut son point culminant entre 22 et 23 h. Un peu partout, des villas, érigées en bordure de la mer ou même derrière les digues et boulevards longeant les plage, ont subi les atteintes des vagues déchaînées.

Les dégâts les plus importants sont signalés à Luc-sur-Mer où en plus d'un nombre considérable de cabines détériorées la digue a été défoncée sur une longueur de 20 mètres.

Dès hier, M. Laurent, le sympathique et actif maire, a pris toutes dispositions pour limiter au minimum possible les dégâts et empêcher qu'à la prochaine marée de nouvelles détériorations soient à redouter.

A Bernières-sur-Mer toute la partie droite de la jetée en direction de Riva-Bella, a eu à souffrir de la tempête et tout particulièrement l'extrémité qui, sur une longueur supérieure à 120 mètres, est entièrement effondrée. Les dégâts sont considérables.

A Courseulles-sur-Mer, la violence des vagues fut telle que les lourds madriers de chêne qui servaient à l'assemblage de la base de la jetée ont été arrachés comme fétus de paille et ballottés par les flots. Sous les coups répétés des lames et de ces madriers faisant office de béliers, un certain nombre de cabines montées tout en bordure du mur de soutènement de la route ont été défoncées. (source M. du C.)  

 

Novembre 1936  -   Pour faire la fête, il avait cambriolé ses voisins.  -  La gendarmerie a arrêté un certain Pierre Lepy, 17 ans journalier, rue de la Fontaine, à Luc qui, profilant de l'absence de ses voisins, les époux Lecarpentier, s'était introduit chez ses derniers dont il était le familier, et s'était emparé d'une somme de 400 francs sur 1600 francs déposés dans une armoire. 

Le jeune malfaiteur avait dépensé le montant du vol dans des maisons hospitalières de Caen, sauf 45 francs qu'il avait jetés dans la mer lorsqu'il avait appris que les gendarmes le recherchaient 

Un camarade de Lepy, Rémi Amiot, 16 ans, domestique à Lion, qui profita du vol, a été également arrêté pour complicité. (source le M. du C.)  

 

Décembre 1936  -   Le feu dans la plaine.  - Au cours de la nuit, un incendie a détruit, dans un champ situé en bordure du chemin allant de Cesserons à Luc-sur-Mer, une meule de blé appartenant à M. Buhours, 52 ans, cultivateur à Cresserons. 

La meule était assurée pour une valeur de 15 000 francs. 

On ignore les causes du sinistre que l'on attribue toutefois à l'imprudence d'un fumeur.  (source M. du C.)  

 

Février 1937  -  Salle Foch.  -  Au profit des oeuvres paroissiales, le film « GOLGOTHA » passera à la Salle Foch, les jeudi 18 et dimanche 21 février, les deux jours en matinées à 14 heures et à 16 heures, en soirée, avec un complément de programme, à 20 h. 30. 

En raison de l'affluence prévue, il est prudent de retenir ses places à l'avance : Agence Lebourgeois, à Luc-sur-Mer, 22, rue de la Mer. Téléphone 54. Pour les deux soirées, les Courriers Normands assurent des services spéciaux : départ de Ver-sur-Mer, à 19 h. 30 ; de Ouistreham, à 19 h. 45. (source M. du C.)  

 

Mars 1937  -  Deux caennais fêtent leurs noces de diamant.  -  Ce matin, en l'église Saint-Jean, au milieu d'une assistance sympathique de parents et d'amis, a été célébrée une messe anniversaire des 60 ans de mariage de M. et Mme Paul Letellier, qui habitent à Caen, rue Guilbert, n° 31. 

C'est en effet le 18 mars 1877 qu'en l'église de Luc-sur-Mer, était bénie l'Union de M. Paul Letellier, alors habitant de Langrune, avec Mlle Eugénie Aubey, une paroissienne de Luc. Deux ans après, les deux époux venaient s'installer à Caen. 

M. Letellier est retraité des Chemins de fer de Caen à la Mer, où il compte 47 ans de bons et loyaux services. Il habite maintenant avec sa femme, de deux ans plus jeune que lui, chez sa fille, Mme Cléreau, la seule qui lui reste des trois enfants que le ménage a eus. 

Nous nous associons à la joie des parents et des amis des vénérables jubilaires et nous souhaitons qu'ils jouissent longtemps encore, au milieu des leurs, de l'estime et de l'affection qui entoure leur souriante vieillesse. (source B.N.)

 

Avril 1937  -  Alignement du chemin de la Bréche-Marais à Luc.  -  Une enquête est ouverte, dans la commune de Luc-sur-Mer, sur le projet de modification des alignements du chemin de petite communication n° 6, dit « de la Brèche Marais » de la commune de Luc-sur-Mer. 

A cet effet, le projet sera déposé à la Mairie du 19 au 28 avril 3937 inclusivement pour que chaque habitant puisse en prendre connaissance, de 10 à 12 heures et de 16 à 18 heures. (source M. du C.)  

 

Avril 1937  -  La baleine émigre à Luc.  -  A l'unanimité, et sur un spirituel rapport de M. Dyvrande, le Conseil, répondant à une demande de M. Laurent, maire de Luc, fait don à cette ville du squelette de la baleine présentement abrité au Jardin Botanique et qui a déjà causé maints soucis à l’édilité. On sait que cette baleine vint s’échouer sur la plage de Langrune au cours de l'hiver de 1885. (source M. du C.)  

 

Mai 1937  -  La semaine de 40 heures dans l’hôtellerie des stations balnéaires.  -  Une délibération du Conseil Municipal de Luc-sur-Mer

Le Conseil municipal de Luc-sur-Mer a pris la délibération suivante en date du 5 mai :

« Le Conseil considérant que, la prospérité des stations climatiques, hydrothermales uvales et balnéaires serait irrémédiablement compromise sans une marche normale des exploitations hôtelières.

Que la mise en vigueur de la semaine de quarante heures risque d'apporter de graves modifications dans les prix de revient hôtelière, de profondes perturbations dans l'organisation de leur travail et une aggravation dangereuse de leur situation financière déjà difficile à équilibrer.

Qu'il sera pratiquement impossible à l'Hôtellerie saisonnière de trouver et de loger aux périodes de pointe le personnel supplémentaire nécessaire.

Que pour les stations concurrentes de Belgique, Suisse, Italie, Allemagne, Angleterre, les Pouvoirs publics se sont raisonnablement abstenus d'étendre la loi de la semaine de 40 heures aux employés et ouvriers de l'Hôtellerie dont le travail effectif est loin de se confondre avec les heures de présence, comme dans une usine ou un magasin.

Donne son adhésion au vœu voté le 24 avril 1937 par la Commission permanente des stations hydrominérales, climatiques et uvales, et le 27 avril par le Conseil d'administration de l'Association Nationale des Maires et des délégués des Chambres d'industrie climatique et aussi par de nombreuses stations telles que Vichy, et le Conseil général de l'Allier, demandent que le statu quo soit maintenu en ce qui concerne le régime du travail dans l'Hôtellerie des stations françaises et qu'en tous cas, vu l'urgence, la réglementation ne soit pas appliquée pendant la maison de 1937.

Décide de faire soumettre ce vœu au vote du Conseil général et prie M. le Préfet de vouloir bien le transmettre à MM. les ministres du Travail et de la Santé Publique. (source M. du C.)  

 

Mai 1937  -  Construction de trottoirs à Luc-sur-Mer.     Par arrêté préfectoral du 26 mai 1937, une enquête est ouverte dans la commune de Luc-sur-Mer, sur le projet de construction de trottoirs avec caniveaux sur le chemin de grande communication n° 84. 

A cet effet, le projet sera déposé à la Mairie du 31 mai au 9 juin 1937 inclusivement pour que chaque habitant puisse en prendre connaissance, de 10 heures à 12 heures et de 16 à 13 heures. (source M.-C.)

 

Juin 1937  -    Les chemins de fer du Calvados et les dimanches à la Mer.    Les services des Chemins de Fer du Calvados de la ligue Caen-Luc, connaissent depuis quelque temps une vitalité qui ne s'était pas vue depuis fort longtemps.

Il faut remonter aux années florissantes d'avant-guerre pour constater des affluences de voyageurs comme celles qui se sont produites les dimanches 30 mai et 6 juin 1937.

En effet, nous avons relevé 1967 voyageurs transportés, le 30 mai et 2 147 le 6 juin, et ceci dans d'excellentes conditions.

Il est agréable de voir les habitants le Caen se rendre joyeusement tous les dimanches vers les belles plages d'Ouistreham, Riva-Bella, Hermanville, Lion et Luc:sur-Mer par l'intermédiaire du démocratique « Tacot » qui rend ainsi des services considérables et qu'aucun autre mode de transport ne pourra remplacer convenablement.

Tant que la ligne de chemin de fer Caen-Riva-Lion-Luc subsistera, les Caennais auront toujours la faculté d’aller passer économiquement d'agréables journées au bord de la mer.

Les causes inaccoutumées de ces afflux de voyageurs nous paraissent diverses.

Il y a d'abord le beau temps, qui incite le public à utiliser le mode de locomotion qui malgré ses trente années d'existence est toujours le plus commode et le moins cher, et permet de goûter le charme du voyage.

D'autre part, nous croyons savoir que la Compagnie fait tous ses efforts pour ramener au chemin de fer la plus grosse partie du trafic qui s'était momentanément détourné.

Après la mise en service d'automotrices rapides et confortables l'application de différents tarifs réduits permettront, nous n'en doutons pas, de donner satisfaction aux plus difficiles dans l'intérêt de Caen et de la Côte de Nacre. (source M. du C.)

 

Juin 1937  -    Le service téléphonique d’été du dimanche.    Du 6 juin au 31 octobre 1937 inclus, le service téléphonique sera prolongé jusqu'à 21 heures pour les abonnés, jusqu'à 19 heures pour la cabine, tous les dimanches et jours fériés :

1° Dans tous les bureaux à service municipal situés au siège d'un chef-lieu de canton.

2° Dans tous les bureaux à service municipal desservant au moins 50 abonnés. Ce second point vise, dans, le département du Calvados, les bureaux de Lion-sur-Mer, Littry, Luc-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer.

En ce qui concerne les réseaux dotés de l'automatique, le service de la cabine ne sera pas prolongé, si un poste à pré-paiement existe sur la façade du bureau, ou si un abonné du réseau a accepté de mettre son poste à la disposition du public. Dans ce dernier cas, un avis placé sur la porte du bureau indiquera le nom et l'adresse de cet abonné. (source M. du C.)

 

Février 1938  -  Inauguration. Le dimanche 20, inauguration de la baleine de Langrune, revenue à Luc dans le parc municipal.

 

Août 1938  -  Inauguration.  -  Inauguration du nouvel établissement thermal de Luc-sur-mer, doté d'une chaufferie automatisée.

 

Février 1940  -  Toujours les vandales.  -   Nous avons déjà signalé les nombreux actes de vandalisme commis à Luc-sur-Mer, au préjudice de divers propriétaires de cabines de bain.
Un nouvel acte identique vient d'être commis au préjudice de M. Fréville, ancien restaurateur à Caen, qui possède, à Luc-sur-Mer, une cabine de bain.
Des malfaiteurs ont, au cour
s de la nuit, brisé et arraché la porte de cette cabine, sans toutefois dérober quoi que ce soit à l'intérieur. M. Fréville a porté plainte à la gendarmerie de La Délivrande qui a ouvert une enquête.

 
Février 1940  -  Des vols à l’église.  -  Ayant appris les nombreux vols commis dans diverses églises de la région par un certain Jaulin, qui a d'ailleurs été arrêté à Soliers, M. l'abbé Prieur, curé de Luc-sur-Mer, a fait savoir à la gendarmerie de Douvres la Délivrande qu'un des troncs de son église et un tronc de la chapelle de la Mer, l'un et l'autre en acier, avaient été fracturés il y a déjà un certain temps, dans les mêmes conditions que ceux des autres églises.  Ce méfait est à ajouter à la liste, déjà longue, de ceux commis par Jaulin.

Février 1940  -  Étrangers en défaut.  -  Au cours d'une tournée de surveillance et de vérification de la situation des étrangers, les gendarmes de Douvres ont été amenés à dresser
contravention à Mme Rossignon, demeurant rue du Docteur-Charcot, et à M de la Fuenta, demeurant également à Luc, pour défaut de carte de circulation,

 

Février 1940  -  On découvre l'auteur des actes de vandalisme commis sur la plage.  -   Nous avons longuement relaté en leur temps les actes de vandalisme commis au préjudice de plusieurs propriétaire de cabines de bois édifiées sur la plage. C'est ainsi que plusieurs de ces cabines eurent leurs portes arrachées et qu'à l'intérieur des objets furent brisés ou volés.
Saisis de plaintes, les gendarmes de Douvres-la-Délivrande ouvrirent une enquête, pour identifier l'auteur de ces actes répétés.
Celle-ci vient d'aboutir puisque, hier vendredi après-midi, les enquêteurs ont pu établir de façon indiscutable que l'auteur de ces actes de vandalisme n'était autre que le jeune Jacques R…, â de 16 ans, étudiant, demeurant chez Mme Logie à Langrune-sur-Mer, dont les parents habitent à Paris, rue d'Alsace.

Le jeune garnement a volontiers reconnu les faits qui lui sont reprochés et a déclaré aux gendarmes que ses parents paieraient la casse.

 

Février 1940  -  Amusement stupide.  -  Le 15 février, les lampadaires installés sur la digue avaient été lapidés par des inconnus et l'un d'eux avait été détérioré, un globe et une lampe brisée, préjudice, 100 fr.

Les gendarmes de Douvres enquêtant sur les cambriolages de cabines commis récemment ont réussi à découvrir, en plus de l'auteur du cambriolage, le responsable du bris du lampadaire. Ce dernier est un jeune écolier de Langrune, Jean L..., 14 ans, qui a été sérieusement admonesté et qui devra rembourser les dégâts.

 

Mars 1940  -  La digue de Luc cède en plusieurs endroits.  -  A Luc et Rive-Plage, les dégâts sont importants. Les populations de la côte redoutent chaque année le retour de la marée d’équinoxe de printemps, dont le coefficient varie de 3 à 4 1/2. et qui amène des hauteurs d'eau presque jamais égalées.

Ce premier assaut de la mer ne parait avoir été qu'une répétition. Cette nuit, c'est la digue de Luc qui fut attaquée. Les épie défendirent toute la partie est de cet important ouvrage, mais devant le Casino une brèche large et profonde fut creusée.
Vers minuit, inlassablement, la mer donnait des coups de bélier sur la balustrade de fer scellée dans des dalles de granit et l'arrachait, entraînant ensuite les blocs et le sable du remblai. Tout un morceau de digue se trouva ainsi véritablement « aspiré » par la mer sur une longueur de 80 mètres. En Arrière, six cabines ont été durement touchées.
Entre le Casino et la brèche du Moulin, deux autres bouts de digue ont souffert. Sur 20 mètres, toute la rambarde a été arrachée et le revêtement a été mis en miettes, mais le mur a tenu. A un autre endroit, l'asphalte et la peinture ont été endommagés sur une dizaine de mètres.
La brèche du Moulin elle-même a été démolie.
Toute la descente à la mer, établie avec de la terre de remblai, en face de la rue Carnot, a été rasée. Il n'y a plus qu'une excavation impraticable et coupée en arête non loin du bord de la route nationale vers Langrune.
Si l'on additionne les divers gâts, on arrive à environ 200.000 francs, quoique, dès les premières heures de la matinée, M. Laurent, le sympathique maire de Luc, ait fait le nécessaire pour organiser à la fois la récupération des matériaux, le déblaiement et la première protection. Des ouvriers ont dressé des murs de fortune, consolidé les cabines malmenées et mis de côté les fers de la balustrade, tandis que d'autres cimentaient d'urgence des lézardes menaçantes.
Quoique encore forte, la mer ne semble pas, lors de prochaines marées, devoir témoigner une force semblable à celle qui faisait cette nuit jeter contre la rive des gerbes d'eau atteignant plusieurs dizaines de mètres et des lames qui creusaient de véritables mines dans les obstacles qu'elles rencontraient.
Comme nous le disons plus haut, la partie de digue protégée par les épis fut indemne et cette constatation amène une fois de plus à regretter qu'un vaste plan d'ensemble pour la défense du littoral du Calvados n'ait pas été adopté et réalisé avec le concours nécessaire de l'État et de toutes les collectivités intéressées. Enfin, soulignons le danger qui menace à
chaque fois la route nationale qui va de Deauville à Bayeux et l'urgence des travaux de protection.

 

Mars 1940  -  Ies relations nocturnes entre le train de Paris et la Cote de nacre sont assurées.  -  La Société « Les Courriers Normands » effectue à titre d'essai pendant les mois de mars et d'avril 1940, des services spéciaux de nuit relevant la correspondance de l'express venant de Paris et arrivant à Caen à 21 h. 35.
Ces services spéciaux qui ont lieu les Jeudis, samedis et dimanches partent de Caen à 21 h. 50 pour Riva et Courseulles par Blainville, Bénouville, Ouistreham, Riva-Bella, Colleville, Hermanville, Lion-sur-Mer, Luc-sur-Mer, Langrune, Saint-Aubin, Bernières et Courseulles et pour Sallenelles et Cabourg par Mondeville, Colombelles, Ranville, Amfreville, Franceville, le Home-Varaville, Cabourg et Dives.

 

Mai 1940   -   La protection de la Côte de Nacre.   -  Pour procéder à l'examen des dégâts causés par sur notre littoral par les dernières tempêtes, l'assemblée départementale avait désigné une Commission qui s'est rendue la semaine dernière sur place. Arrivée à Ver, elle a parcouru  d'abord la route de Ver, Asnelles. Dans la première partie de ce chemin se trouve la  limite même du niveau des marées. Les ouvrages de défense érigés dans la partie proche d' Asnelles et en bordure de la route ont été attaqués sur plusieurs points. La visite de cette  partie de la côte n'avait qu'un intérêt documentaire, puisque l'abandon de la route a été antérieurement décidé.

De Courseulles à Bernières, les dégâts causés par la mer sont considérables et l'organisation de la défense présente un intérêt incontestable. Cette défense doit d'ailleurs être entreprise d'urgence si le Conseil général veut éviter la destruction de la voie ferrée dans un avenir qui pourrait être proche. La Commission a pu constater l'efficacité de certains travaux entrepris  antérieurement. C'est ainsi que la plage de Bernières se trouve très bien protégée par des épis empierrés, à l'aide desquels l'ensablement se refait régulièrement.

A Luc-sur-mer, les dégâts sont moins importants quoique encore sérieux. à Ouistreham, enfin, la Pointe du Siège est menacée particulièrement dans les ouvrages appartenant à l'État, qui  se doit d'intervenir le premier.

à l'issue de la visite, la Commission a décidé de demander au Conseil général le vote d'un crédit important, permettant d'entreprendre, des maintenant et sans attendre, les travaux nécessaires. à cet effet, M. Anne a  présenté à l'assemblée un rapport précisant qu'il s'agissait de protéger de nombreux hectares menacés dont d'importants terrains bâtis et d'une partie  de la voie ferrée de Courseulles. Il a donc demandé qu'on mit à la disposition du Syndicat des Propriétaires de Bernières un crédit provisionnel pour entreprendre des travaux de défense  immédiate qui comprendront surtout la construction d'épis dont l'efficacité a été reconnue sur place par la commission spéciale. On a voté aussi un crédit provisionnel pour les  travaux de protection de la ligne de Caen la mer, entre Bernières et Courseulles. On a décidé en outre d'accorder une subvention à la commune de Luc-sur-mer, pour les travaux nécessaires à la réparation de sa digue. Enfin, une subvention a été accordée à la commune de Grandcamp pour la construction d'un épi prolongeant la jetée est du port.  

 

Juin 1940   -   Appel aux automobilistes volontaires.   -   Prière aux propriétaires d'autos, voitures de tourisme, camions et camionnettes pouvant éventuellement aider au service de l'armée, de se faire connaître à la 3ème compagnie régionale du Train, quartier Claude Decaen, à Caen, téléphone 37 67. Indemnité journalière et essence fournie par l'armée.

 

Juin 1940   -   Couvre-feu à 21 heures.   -   Le Calvados étant désormais, avec toute la Normandie, dans la zone des Armées, le Préfet du Calvados après instructions ministérielles et décisions du général  commandant la 3ème Région, a pris un arrêté au terme duquel : Les cafés sont consignés jusqu'à 18 heures aux officiers et à la troupe, à quelque nationalité  qu'ils appartiennent ; Les établissements publics, cafés, restaurants, théâtres, cinémas sont fermés à 21 heures dans toute l'étendue du département.  

 

Juin 1940   -   Un bavard.  -   Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, et qui ne fait plus actuellement partie du gouvernement, n'avait aucune mission pour faire des communications en public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l'ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme nulles et non avenues.

Ce trop grave général et « jusqu'au-boutiste » et il engageait les spécialistes et les soldats qui le pouvaient à gagner l'Angleterre pour continuer la lutte. On assure même que malgré l'ordre de rentrer au quartier que lui avait donné le maréchal Pétain, le général de Gaulle est resté en Angleterre. Tout cela est vraiment bien regrettable.

 

Juin 1940   -   L'heure allemande.  -   On sait que l'Allemagne est à l'Est de la France et que, par conséquent, le soleil  s'y lève plus tôt. La différence est assez grande pour faire un écart  d'une heure entre Paris et Berlin. Aussi nous a-t-on invités à avancer nos montres et nos horloges dans la nuit de lundi à mardi. Nous étions déjà pourtant à l'heure d'été ! Qu'importe, en  cette belle saison que nous lever une heure plus tôt !  

 

Août 1940   -    Déclaration des récoltes.  -   Tout détenteur, à quelque titre que ce soit, d'une quantité supérieure à cinq quintaux d'avoine, de maïs, d'orge ou de seigle, est tenu d'en faire la déclaration à la mairie de sa résidence, avant le 1er septembre 1940.

La libre circulation des céréales : avoine, maïs, orge et seigle, est interdite. Elle ne pourra être autorisée que dans les conditions qui seront fixées dans un arrêté ultérieur.  

 

Septembre 1940   -   Un incendie.   -   Lundi après-midi, un violent incendie provoqué par la foudre, éclatait dans les combles des dépendances situées dans le parc du château de Mathan, rue Guynemer à Luc, et occupé actuellement par le concierge, M. Julien. C'est ce dernier qui donna l'alerte mais malgré la rapidité des secours apportés notamment par les pompiers de Caen, sous les ordres du capitaine Bonza, toute la partie supérieure et le 1er étage du pavillon furent la proie des flammes.

Il fallut trois heures pour maîtriser le sinistre qui, avec la tempête, aurait pu s'étendre et atteindre le château lui-même. Les dégâts, très important, ne sont pas encore évalués.

 

Octobre 1940  -  Le recensement des Juifs est ordonné.  -  Les autorités allemandes  interdisent formellement d'écouter la radio anglaise. La police française est chargée de faire respecter cet arrêté (jamais un ordre allemand n'a été aussi peu respecté).Les autorités  allemandes  interdisent formellement d'écouter la radio anglaise. La police française est chargée de faire respecter cet arrêté (jamais un ordre allemand n'a été aussi peu respecté).

 

Décembre 1940  -  Les pigeons.  -  Il est formellement interdit de posséder des pigeons chez soi. En conséquence, tous les pigeons devront être sacrifiés.

 

Janvier 1941   -   Avis important aux possesseurs de postes émetteurs de T. S. F.   -   Les postes émetteurs de T. S. F. installés dans les automobiles françaises doivent être, nous le rappelons, démontés entièrement. Les propriétaires de ces postes doivent en faire, sans délai, la claration à la préfecture du Calvados, 4éme  Division, service automobile.
Et de postes récepteurs : D'autre part, les propriétaires de voitures dans lesquelles sont installés des postes récepteurs de T. S. F. doivent également en faire connaître immédiatement à la préfecture du Calvados, 4éme Division, service automobile.

 

Mars 1941    -   Avis à la population côtière.   -   Le commandant en chef des troupes d'occupation en France communique ce qui suit :

« Des actes dirigés contre les intérêts des forces d'occupation ont été commis dans les régions côtières. Les coupables ont été punis ou attendent leur punition, selon les droits de guerre qui prévoient la peine de mort. Je préviens catégoriquement la population de la côte de ne pas se laisser  provoquer à des activités qui entraîneraient la peine de mort, tant pour leurs auteurs comme pour toutes leurs complicités.

L'interdiction de la pêche a été relevée, tenant compte de la situation économique de votre région et du ravitaillement de la France, mais si ce geste reste mal compris, ou si les actes précités se répétaient, la population entière aurait à subir selon le droit de la guerre, les représailles les plus dures.

Méfiez-vous des provocateurs irresponsables, qui ne sont pas des français, votre sort et celui de votre pays est entre vos mains. Ne vous livrez pas à des intêrets qui ne sont pas les nôtres, ne vous laissez pas entraîner et proposez-vous à tous les actes dont vous auriez à regretter les conséquences ».

 

Avril 1941  -  Tempête sur les côtes du Calvados.  -  Un bateau de pêche de Luc coule dans une mer en furie noyant les 4 pêcheurs, tous habitants de Luc.

 

Avril 1941   -   Attention aux engins explosifs !   -   Le commandant du port de Caen vient de faire savoir que plusieurs personnes ont trouvé la mort à la suite de manipulations imprudentes avec des mines ou des engins de barrages flottants ou jetés contre la côte.

Il met donc en garde contre le danger qu'il y a à toucher ou même approcher des objets en forme de mines ou de bouées même d'apparence inoffensive, flottant en mer, rivières et canaux, ou jetés contre le rivage. Rien qu'à l'approche une explosion peut se produire. La manipulation de ces objets doit être réservé aux autorités militaires préposés.  

 

Mai 1941   -   Quatre pêcheurs lutins se noient...   -   Un drame de la mer vient d'endeuiller la station balnéaire de Luc-sur-Mer et de jeter la consternation dans toute la population.

Quatre pêcheurs, MM. Georges Mauger, Constant Samson, Émile Jeanne et Raymond Talent, ayant pu obtenir l'autorisation d'aller tendre quelques filets au large, étaient montés dans la  même barque. Vers 10 h., Ils quittaient le rivage malgré la mer démontée. Le fragile esquif se trouvait à peine à 200 mètres de la digue, quand une vague de fond le retourna  complètement. Du rivage, des témoins, impuissants, virent deux des marins s'agripper à la coque retournée pendant quelques instants, et les secours s'organisant rapidement, on pensait les sauver.

Hélas ! engourdis par le froid, ils lâchèrent prise et furent entraînés loin de l'embarcation. une heure et demie après le corps de M. Georges Mauger, marié et père d'un enfant de quelques mois, put être repêché.

Le flot le ramenait au rivage, au lieu-dit « le Moulin de Luc ». La mort avait fait son oeuvre. Vers 13 h., sur le territoire de Langrune, furent retirés les cadavres de M. Constant Samson, marié et père de trois enfants, et de M. Émile Jeanne, également marié, père de deux enfants.

Enfin, entre 15 et 16 h., également sur la plage de Langrune était rejeté le corps de M. Raymond Talent. En cette si douloureuse circonstance, nous nous inclinons devant les victimes de ce drame navrant et adressons à leurs familles éplorées nos douloureuses condoléances.

 

Mai 1941   -  Avis à la Population.   -   La Feldkommandantur du Calvados rappelle à la population que toute personne découvrant soit sur la voie publique, soit dans une propriété privée  des objets ou imprimés suspects, tels, par exemple, que des tracts jetés par avion, doit en faire la remise à l'autorité militaire allemande la plus proche. 

 

Juin 1941  -  Pas de saison balnéaire.  -  Ce printemps, craintif et frileux, s'affranchit difficilement des derniers froids de l'hiver. Pourtant, contrairement à la tradition, il a fait beau le jour de la Pentecôte. Et puis, voici bientôt l'été, mais sans saison balnéaire.

En effet, le séjour des estivants et des colonies de vacances est interdit, cette année, dans les stations côtières pendant l'été 1941. Telle est la décision qui vient d'être adressée, aux maires intéressés. Les hôtels non réquisitionnés ne pourrons recevoir les voyageurs que pour un séjour de cinq jours consécutifs au maximum et à condition que le voyage ait un motif d'affaires.

Colonies de vacances et estivants ne pourront demeurer également au-delà de 5 jours. La location des villas est interdite. Les hôtels sont autorisés à héberger, pour le week-end les voyageurs pendant la nuit du samedi au dimanche seulement. Les propriétaires de villas et leur famille pourront résider dans leurs habitations, à moins qu'elles n'aient été  réquisitionnées. 

 

Novembre 1941  - La Plage interdite.  -   La Kommandantur décrète qu'une zone côtière sur le Calvados sera interdite aux estivants même s'ils possèdent une maison. Seuls les Français habitants cette zone pourront y circuler.

 

Décembre 1941   -   Avis à la population.   -   Le chef des Services régionaux de transmission des troupes d'occupation a pris l'arrêté suivant : « Des aviateurs anglais lancent depuis quelque temps au-dessus des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche des pigeons-voyageurs et invitent la population française à renvoyer ces pigeons avec des nouvelles.

Nous espérons que la population française, songeant aux graves conséquences de son geste, ne se prêtera pas à cette manœuvre, mais livrera ces pigeons et tous leurs accessoires au  bureau militaire allemand le plus proche ou à la mairie.

A l'avenir, toute personne qui livrera des pigeons-voyageurs ou le matériel servant à la transmission des nouvelles ou au lancement à terre du pigeon recevra une récompense par l'intermédiaire des Feldkommandanturs des départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche.

Je compte sur la loyauté de la population et j'attends de toute personne qui découvrira des pigeons-voyageurs, etc., qu'elle les remette sans délai aux autorités allemandes ».

 

Janvier 1942   -   L'entrée en zone interdite.    -  La préfecture rappelle que toutes les demandes d'autorisation d'entrée ou de séjour dans la zone côtière interdite du Calvados doivent être adressées par l'intermédiaire du maire de la commune, aux Kreiskmmandant compétentes. Par conséquent, les intéressés ne doivent en aucun cas s'adresser directement ou se présenter à la Feldkommandantur.

 

Janvier 1942   -   Tickets de sucre.   -   Les tickets spéciaux de sucre de 50 gr. du 4e trimestre 1941 (titre C. 185) ont leur validité prorogée jusqu'à nouvel ordre, et seront employés pour les régimes concurremment avec les nouveaux tickets de 500 gr. du Premier trimestre 1942 (titre C. 205).

 

Janvier 1942   -   Les tickets de charcuterie.   -   Le Préfet a arrêté que les tickets BA et BB de la feuille de viande du mois de janvier 1942 auront chacune une valeur de 90 gr. Ils seront  utilisés en principe pour la charcuterie.

Les tickets-lettres, BC, BD et BE de cette même feuille sont provisoirement sans valeur.

 

Janvier 1942   -   Démissions d'office.   -   Par arrêté préfectoral, MM. Alexandre Derou et Georges Flambard, conseillers municipaux de Luc, ont été déclarés démissionnaires d'office.

Les intéressés ont pas pris part aux délibérations concernant le budget de 1938, 39, 40 et 41. En outre, depuis le 25 février 1939, ils n'ont assisté qu'à deux réunions  sur dix qui ont eu lieu.

 

Janvier 1942   -   Grande pêche et pêche côtière.    -    L'exercice de la grande pêche et de la pêche côtière est soumis à l'autorisation écrite des Marinebefehlshaber Kanalkuste und  Westfrankreich (Commandant en chef de la Marine allemande sur la côte de la Manche et de la France occidentale), qui, chacun pour sa circonscription, établiront les permis de pêche par les soins des services désignés par eux à cet effet.

  Ce permis entraînera les obligations suivantes : a) les patrons des bâtiments doivent annoncer auprès du Service de surveillance compétent ; le départ, en temps opportun et aussitôt  rentrés, le retour de leur bâtiment, en spécifiant le résultat de la pêche. b) il est interdit de le garder à bord d'un bâtiment de pêche des postes émetteurs de T. S. F.. c) La pêche ne peut être exercée que pendant les heures fixées et au dedans des rayons délimités par les  « Marinebefehlshaber Kanalkuste und Westfrankreich ».

   Les Marinebefehlshaber Kanalkuste und Westfrankreich donneront les ordres détaillés pour leurs circonscriptions après s'être mis d'accord avec le Militaerbeflshaber in Frankreich.  

 

Mai 1942   -   Plus de cyclistes la nuit.   -   Par ordre de la Feldkommandantur, la circulation des bicyclettes est interdite, depuis le 8 mai, dans le Calvados, de 21 h. 30 à 6 h. du matin.

Il est également interdit de pousser les bicyclettes à la main. Aucun vélo ne doit se trouver sur la voie publique entre les heures ci-dessus indiquées.

Un contrôle rigoureux est effectué et les infractions constatées seront sévèrement réprimées.

 

Mai 1942 - Aux habitants de la zone côtière. - Le Préfet du Calvados a fait connaître que toutes les personnes résidant en zone côtière interdite, doivent être pourvues d'une attestation de résidence. La vérification de ces permis de circuler est souvent effectuée.

De plus, une nouvelle mesure est appliquée depuis le 20 mai : Apposition d'une affiche sur le côté intérieur de la porte d'entrée de chaque maison indiquant : Le nombre total de ses  habitants ; Leurs noms et prénoms ; leur profession ; La date et le lieu de leur naissance ; Leur domicile antérieur. Ces affiches doivent être tenues au fur et à mesure des changements de domicile.

 

Août 1942   -    Les fortifications.   -   Au cours d'une importante inspection des fortifications côtières allemandes sur l'Atlantique, la Manche la mer du Nord, il a été démontré que ce système de défense doublé d'une série de nouveaux aérodromes, est le plus perfectionné et le plus puissant qui ait été constitué jusqu'ici.

Un exercice d'alerte de nuit dans un port de la Manche, auquel ont pris part les unités de la marine de guerre, de l'armée de terre et de l'aviation, a prouvé, en outre, l'efficacité de ce  gigantesque réseau de défense et la perfection de l'entraînement des soldats qui en assurent la garde.  

 

Septembre 1942  -  Pour les prisonniers.  -  A Luc-sur-Mer, dimanche prochain, le 27 septembre, journée des prisonniers dans le parc municipal ouvert à cette occasion.

10 h. 30, messe en plein air, en musique, avec allocution et absoute. L'après-midi, à 15 h. 30, concert vocal et instrumental, au cours duquel on réunira les enfants des prisonniers.

 

Octobre 1942   -  Nos rations d'octobre.    -   L' « officiel » vient de publier le taux des rations alimentaires pour octobre. Une modification est apportée à la délivrance du riz des  catégories E et J1.

Désormais, les rations de riz seront perçues en échange du coupon n° 3 de la feuille semestrielle.

 

Octobre 1942   -   Des suppléments.    -   Le ticket 38 de la feuille spécial de pommes de terre (titre 359) est valable pour les pommes de terre. La valeur de ce ticket est fixé à 2 kilos.

Le ticket-lettre BH de la feuille de viande, catégorie U, de septembre, aura une valeur de 30 gr.

 

Octobre 1942   -   Destruction des pigeons.   -   Conformément à l'ordre donné par les autorités allemandes, il est rappelé aux propriétaires de pigeons que tous les pigeons de toutes  espèces (pigeons domestiques, pigeons d'agrément et pigeons voyageurs) doivent être sacrifiés. Faute de déférer à cet ordre les possesseurs de pigeons s'exposeraient à des sanctions très sévères.

 

Octobre 1942   -   Et ça continue.   -   En raison de la situation difficile de notre approvisionnement en beurre pour le mois de novembre, le ravitaillement général réformes que les rations ne pourront être honorées en une seule fois.

En conséquence, les détaillants sont priés de ne livrer à leurs consommateurs inscrits, que 80 gramme de beurre à valoir sur la ration de 125 grammes. Le complément sera satisfait au cours du mois. Espérons-le !

 

Novembre 1942   -   L'heure du couvre-feu.   -   A partir du 1er novembre et jusqu'au 31 mars prochain, l'heure de fermeture des débits et l'heure du couvre-feu sont fixées pour la Normandie comme suit, par les autorités d'occupation : Heure de fermeture des débits, 22 h. 30 ; heures du couvre-feu, 23 h. 00 à 5 h. 00

 

Avril 1943   -   Franchissement de la zone côtière.  -  Il est rappelé que le franchissement irrégulier des limites de la zone entière interdite est puni de peines sévères par les Autorités allemandes. Tout voyageur est tenu, en partant en voyage, de se renseigner si la localité où il se rend se trouve en zone côtière interdite. 

 

Avril 1943   -   AVIS.  -   Les recommandations qui suivent sont de nouveau  à l'attention de la population :

« II est défendu de cacher, d'héberger ou d'aider de quelque façon que ce soit, tout membre d'un équipage d'avion ennemi ou tout parachutiste ennemi.

Toute contravention est punie de mort. Quiconque trouve du matériel d'aviation, ou n'importe quel objet jeté d'un avion est obligé d'informer immédiatement le service de l'armée allemande le plus proche et de lui fournir les renseignements exacts relatifs à l'endroit et au moment, de la découverte. Tout matériel d'aviation, et tout objet jeté d'un avion doit être laissé intact à l'endroit où il a été trouvé.

Quiconque se sera approprié du matériel d'aviation, ou tout autre objet quelconque lancé d'un avion, ou provenant d'avions abattus, ou d'avions faisant un atterrissage forcé, sera traduit devant un consei l de guerre allemand ; Il en sera de même pour quiconque aura négligé d'avertir immédiatement le service de l'armée allemande le plus proche, ou aura détruit ledit matériel ou lesdits objets.

Quiconque aura indiqué immédiatement, à l'autorité militaire allemande la plus proche avec tous les renseignements relatifs à l'endroit et à l'heure de sa découverte, la présence d'avions abattus ou ayant fait un atterrissage forcé, ou de pièces d'avions, permettant de conclure avec certitude à la chute d'un avion, sera récompensé dans la mesure où l'avion aura pu être localisé grâce à ces renseignements. De même, sera récompensé quiconque se sera assuré de la personne de tout parachutiste ou de tout membre d'un équipage d'avion ennemi ou aura contribué à leur arrestation par son attitude. »

Der Militaerhefehlshaber in Frankreich. 

 

Avril 1943   -   Pêcheurs à pied.   -   Avis aux pêcheur s à pied, professionnels, en vue de l’intégration dans la Corporation maritime des Pêches : « Les pêcheurs à pied se livrant à la  pêche aux coquillages (moules, coques, couteaux, clams) dans la zone comprise entre Dives et Courseulles, ne pourront exercer leur profession que sur présentation de la carte professionnelle qui' est délivrée par M. A. Tribouillard, 82. rue de la Grève, Ouistreham.

Le montant de la carte est de 96 fr. pour l'année. Les agents de la répartition ne devront accepter les coquillages qu'aux personnes munies de leurs cartes. Entrée en application : 20 avril 1943.

 

Février 1944    -   Fait divers.   -   Deux individus, dont l'un se disait policier, se sont présentés chez Mme Sustendal à Luc, sous prétexte d'interroger la servante. Mais ce sont eux qui ont  du répondre aux gendarmes de La Délivrande, venus les appréhender. Le faux policier, qui exhibait une carte de membre honoraire d'une association de Police, est un habitant de Luc. Marcel L……….., 42 ans, chauffeur. Il a été écroué. 

 

Mars 1944    -   Dépôt des postes de T.S.F.  -  La Préfecture Régionale communique : Les Autorités allemandes viennent décider que, dans toute la région de Normandie, les appareils de TSF détenus par la population devront être déposés dans les mairies pour autant qu'ils ne se trouvent pas entre les mains de ressortissant allemands. Cette mesure, qui est édictée par la nécessité d'assurer la sauvegarde des troupes d'occupation dans une région menacée d'invasion éventuelle doit être exécutée immédiatement et terminée le 31 murs 1344, délai de rigueur. Les appareils seront conservés avec le plus grand soin dans les mairies ou dans un local municipal et resteront la propriété des déposants. Il sera délivré à ceux-ci un reçu détaillé dont le double restera à l'intérieur de l'appareil. Ceux qui ne se soumettraient pas à cette mesure seront poursuivie par les autorisées allemandes, qui utiliseront à cet effet tous les moyens de police à leur disposition.

 

Avril 1944  -  Les vols étaient commis par la femme de ménage.  -  Les gendarmes de La Délivrande, enquêtant au sujet d'un vol commis chez Mme Sustendal, à Luc-sur-Mer qui avait constaté la disparition d'une montre avec sa chaîne, d'une robe et d'une paire de souliers, ont interrogé Yvonne B…., 27 ans, femme de ménage, rue du Parc. Celle-ci a passé des aveux. 

En outre, elle a reconnaître également avoir volé une somme de 12.000 francs, ainsi que deux douzaines de torchons au préjudice de son employeur, M. Bartalini, contremaître, rue de l'Est. Ajoutons que le mari, Roger B…., 29 ans, jardinier, qui prétend ignorer les vols commis par sa femme, a lui aussi, été gratifié d'un procès-verbal pour avoir soustrait une fourche à Mme Sustendal et du bois à M. nault.

 

Mai 1944    -   Lignes Caen-Luc-Courseulles et Caen-Riva-Lion-Luc-sur-Mer.  -  Plusieurs accidents mortels étant récemment survenus à des voyageurs stationnés sur les marchepieds ou ayant tenté de monter dans les trains en marche, la Société « Les Courriers Normands » rappelle au public le danger auquel il s'expose ainsi : la Société n'étant pas responsable des accidents pouvant survenir dans ces conditions. 

La Société rappelle également qu'outre le risque encouru des poursuites judiciaires peuvent être engagées contre les voyageurs qui stationnent sur les marchepieds, montent ou descendent des voitures lorsque le train n'est pas complètement, arrêté, contrevenant ainsi aux dispositions sur la Police, la Sûreté et l'Exploitation des Chemins de Fer.

 

Décembre 1944   -   Le débarquement.  -   Le 46e commando au matin du 7 juin, devait s'emparer du blockauss allemand du Petit-Enfer. A 9 heures du matin, le 46 ème commando débarquait, soutenu par l'artillerie de marine et un cape détachement blindé du Royal Marine. Il s'emparait du poste allemand et marchait vers le sud, occupant bientôt le village de la Délivrande.

Lorsque le 48e et le 41e commandos firent leur jonction, la défense allemande comprenait une casemate pour pièce de 50 à l'entrée de la cité, barrant la route côtière, et deux pièces battant la plage.

 

Décembre 1944   -   Le déminage des zones côtières.  -   Les populations côtières sont invitées à donner aux agents de l'Inscription Maritime dans les ports tous les détails sur les zones  minées par les allemands ainsi que sur l'emplacement des mines isolées qu'elles peuvent connaître afin que des mesures de déminage soient entreprises.  

 

Janvier 1945  -  Des meules flambent.  -  Deux meules de paille appartenant à M. Flambard, de Luc ont été la proie des flammes. L’incendie serait dû à l’imprudence d’un fumeur.  (Source B.L.)

 

Janvier 1945  -  Automobiliste et motocyclistes, attention !  -  Sur proposition de la commission spéciale, le préfet du Calvados a prononcé la réquisition de 2 motocyclettes et de 5 voitures dont les conducteurs ont fait l’objet de procès-verbaux pour infractions à la circulation.   (Source B.L.)

 

Janvier 1945  -  La circulation sur la R.N. 13.   -   Il est rappelé aux cyclistes empruntant la route nationale n° 13 (Cherbourg à Paris), classée route militaire, que la circulation n’y est tolérée qu’à leurs risques et périls. (source B. L.)

 

Février 1945  -  Chi va piano…...  -  Le fameux train ouvrier Caen-Luc-Courseulles a de nouveau pulvérisé tous ses records !  En effet le départ de vendredi soir (18 h. 15 de la Gare-Etat)  eut lieu…. Samedi 2h. du matin ! Avec passage à la station de l’avenue de Creully à 4 h.,  à Douvres à 5 h. et arrivée à Courseulles vers 5 h. 45 ! Tout simplement ! Sinistrés caennais,  relogez-vous sur la Côte de Nacre : tout confort, ravitaillement surabondant et surtout, transports rapides !…..  (Source B.L.)

 

Mars 1945  -  Les zones de relogement.  -  Un arrêté préfectoral dispose que dans les communes de Courseulles, Bernières-sur-Mer, St-Aubin-sur-Mer, Langrune, Douvres, Luc, Lion, Hermanville, Colleville, Ouistreham-Riva-Bella, Merville-Franceville, Cabourg, Dives, Houlgate, les immeubles à usage d’habitation actuellement vacants et ceux qui viendront à l’être sont  réservés, en priorité, pour le logement des réfugiés et sinistrés du département, des services publics, des employés et ouvriers devant participer aux travaux de reconstruction.

Tant que ce but n’est pas atteint, il est interdit aux personnes domiciliées hors du département d’occuper, même temporairement, un immeuble dans l’une quelconque des localités ci-dessus visées si leur profession ou leur fonction n’exige pas leur présence dans cette commune.    (Source B.L.)

 

Juin 1945  -  Plus d’autocars sur la digue Caen-Courseulles.  -  En raison de la pénurie de pneumatiques, un train vapeur est substitué au service Caen-Luc-Courseulles par autocar , à partir d’aujourd’hui vendredi 15 juin. Tous les services de la ligne Caen-Luc-Courseulles seront donc exclusivement assurés par trains vapeur à partir de cette date.     (Source B.L.)  

 

Juin 1945  -  Un chaleureux accueil.  -  Luc-sur-Mer a accueilli solennellement le docteur Sustendal ancien chef de la Résistance dans la région, retour d’Allemagne ou il fut déporté  pendant de longs mois. Le docteur Sustendal, que MM. Les adjoints Quiquemelle et Durand étaient allés chercher à son domicile, fut reçu à la mairie par M. Pierre Laurent entouré des  membres du Conseil municipal, du Comité de Libération, des organisations de Résistance et des prisonniers, déportés et requis, cependant que retentissait « La Marseillaise » et que  s’élevaient les acclamations d’une foule nombreuse massée dans le parc de l’hôtel de ville. 

Dans une allocution très applaudie, la maire apporta au vaillant médecin les félicitations de tous les lutins qui le voient reprendre sa place parmi eux avec infiniment de joie et rendit hommage aux victimes locales de la lutte clandestine contre l’Allemagne, notamment M. Péan, conseiller municipal, qui fut interné par l’ennemi et n’échappa que de justesse à la déportation, M. Laurent évoqua également le souvenir de M. Camille Blaisot, député  de Caen, qui  en qualité de sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil, inaugura l’Hôtel de  ville  en 1935, et qui est mort pour la France au camp de Dachau. Un prisonnier rapatrié, E. Quiquemelle souligna  ensuite le rôle courageux joué dans la clandestinité par le docteur Sustendal a qui un déporté offrit des fleurs.

Le héros de la journée remercia en termes émus. Un vin d’honneur fut ensuite servi au cours duquel, au nom des membres du Comité de Libération et de la Résistance, M. Durand remit  un souvenir au rescapé des bagnes nazis. Le bon poète local, M. Dauven, célébra enfin le retour du proscrit.   (Source B.L.)  

 

Septembre 1945  -  L’heure des comptes.   -   La chambre civiques a infligé les peines ci-après aux individus dont les noms suivent, pour faits de collaboration :

Dégradation nationale à vie et interdiction de résider dans le Calvados, confiscation totale de ses biens à Marc B….., commerçant à La Délivrande.

Dégradation nationale à vie et interdiction de résider dans le Calvados à M. Henri B………, 32 ans, jardinier à Luc-sur-Mer.

Dégradation nationale à vie et interdiction de résider dans le Calvados à Andrée M…., femme de ménage à Vaux-sur-Aure.

Dégradation nationale à vie et interdiction de résider dans le Calvados à Paulette G……., 26 ans, ménagère à Cricqueville-en-Bessin.

Dégradation nationale à vie et confiscation des trois quarts de ses biens, à M. Ferdinand Buhour, cultivateur, à Cresserons.

Dégradation nationale à vie et interdiction de résider dans le Calvados, à Suzanne H………., 22 ans, ménagère à Billy.

Vingt ans de dégradation nationale à vie et confiscation totale de ses biens à Albert L………., cultivateur à Sept-Frères. (source B. L.)  

 

Septembre 1945  -  le charbon.  -  Le coupon n° 2 de la carte de charbon « chauffage » 1945-1946 pour foyers domestiques sera mis en vigueur dans les communes bénéficiaires, à compter du 24 septembre. Chacun de ces coupons n° 2 donnera droit à l’achat des quantités ci-après : Carte S (1 personne), 50 kgs ; carte A (2-3 personnes) 100 kgs ; carte B (4-5 personnes) 150 kgs ; carte C ( 6-7 personnes), 200 kgs ; carte D (8-9 personnes), 250 kgs ; carte E (10-11 personnes), 300 kgs ; carte F (12 personnes et plus), 350 kgs.

Ces quantités seront également accordées aux communes suivantes : Ouistreham-Riva-Bella, Colleville-sur-Orne, Hermanville, Lion, Luc, Langrune, St-Aubin, Bernières, Courseulles, ainsi qu’aux sinistrés des grandes agglomérations réfugiés dans des communes n’ayant pas droit à la carte de charbon. La clôture de cette distribution est fixée au 23 novembre 1945. La  durée  de validité des coupons n° 1 de la carte de chauffage est réduite d’un mois, soit du 1er août au 31 octobre 1945 inclus.   (source La B. L.)  

 

Octobre 1945  -  Un beau coup de filet.   -   Après une action habilement menée, les gendarmes de La Délivande ont arrêté une bande de pilleurs d’automobiles qui opérait dans la  région de Luc-sur-Mer.

Il s’agit des nommés Ulm, Duval, Fleury qui recelait les accessoires volés. L’enquête se poursuit. Elle pourrait encore révéler quelques surprises. (source B.L.)  

 

Février 1946  -  Un ruban bleu gagné.  -  La Croix de guerre vient d’être décernée au docteur Sustendal, de Luc-sur-Mer, qui, arrêté par la Gestapo, se refusa, malgré la torture, à livrer les  noms de ses camarades de la Résistance, et qui après la libération du camp de Mauthausen où il avait été interné, demeura volontairement sur place pour soigner les déportés intransportables. Nos plus vives félicitations. (source B. L.)  

 

Mars 1946  -  Les pilleurs d’épaves.  -  Les gendarmes de La Délivrande viennent de mettre un terme aux exploits d’une bande de malfaiteurs qui se livraient durant la nuit a un pillage en  règle des navires échoué au large d’Hermanville. En deux coups de filets ; ils ont arrêté Jean V……., 32 ans ; Gilbert J….. tous deux marins-pêcheurs à Luc-sur-Mer. Constant M….., 60 ans, retraité et J. L…., 17 ans, qui ont reconnu s’être emparé de 800 kilos de cuivre. Eugène C….. et son fils Pierre, ainsi que Jean F……., marins-pêcheurs dans la même localité, ont été rejoindre leurs camarades à la prison de Caen, pour s’être rendus coupables d’une opération semblable. Cette affaire pourrait bien réservé d’autres surprises. (Source B. L.)

 

Mars 1946  -  Une coopérative des sinistrés réfugiés sur la Cote de Nacre.  -  En vue de faciliter les achats à des prix raisonnables pour tous articles de bonne qualité, une coopérative groupant tous les sinistrés réfugiés sur la Cote de Nacre, est en formation à Luc-sur-Mer. Pour tous renseignements, s’adresser à M. Brotot, rue de la Fontaine, à Luc-sur-Mer, qui est d’ores et déjà en mesure de faire une offre intéressante. (Source B. L.)  

 

Juillet 1946  -  Où l’on retrouve les doryphores.  -  Pour améliorer leur ordinaire, deux démineurs boches du kommando de Luc ont volé 350 kilos de pommes de terre dans le jardin de M. Marin. Les pillards ont été ramenés au camps de Fleury. (Source B. L.)  

 

Janvier 1947  -  Toutes les terres exploitables doivent être utilisées.     Toutes terres incultes ou abandonnées peuvent faire l’objet d’une demande de concession pour être remises en exploitation. Bien qu’en dehors des terrains pas encore déminés ou non remis en état, les terres incultes soient rares dans le Calvados, il est possible que certaines parcelles ne soient pas utilisées. Les demandes de concessions doivent être adressées à la Préfecture du Calvados, 4e division. (Source B.-L.) 

 

Janvier 1947  -  Un bazar cambriolé.     Après avoir démastiqué une vitre de la porte d’entrée, des malfaiteurs se sont introduits dans le bazar « Au Petit Paradis », exploité à Luc-sur-Mer par Mlle Petit, et se sont emparés d’un certain nombre d’articles de maroquinerie évalués à plus de 30 000fr.  

 

Juillet 1947  -    L’équipe de bras cassés.    Deux prisonniers boches du commando de Luc se sont présentés aux gendarmes de Douvres, demandant leur réintégration au camp de Fleury.. (Source B.-L.)

 

Septembre 1947  -    Les Courriers Normands réduisent leurs services.    Leurs contingents de carburant étant diminués dans de notables proportions, les Courriers Normands se trouvent dans l’obligation d’appliquer prématurément une partie des réductions de service prévues pour le début du mois d’octobre seulement et de limiter les services supplémentaires effectués les jours d’affluence. (source B.-L.)

 

Septembre 1947  -    Rideau !  -  La salle Foch, à Luc-sur-Mer n’ayant pas reçu les modifications et révisions importantes ordonnées il y a plus d’un an par la Commission de Sécurité communale et départementale, le maire, par arrêté approuvé par le Préfet du Calvados, a ordonné la fermeture de la salle tant que les travaux ne seront pas effectués. (source B.-L.)

 

Février 1966  -  Un incendie.  -  Dans la nuit du 12 au13, un incendie ravage l'hôtel du Petit-Enfer, l'un des plus anciens établissements de Luc-sur-mer.Dans la nuit du 12 au13, un incendie ravage l'hôtel du Petit-Enfer, l'un des plus anciens établissements de Luc-sur-mer.

 

Février 1968  -  Après l'incendie.  -   A Luc-sur-mer , dans la nuit, la démolition de l'hôtel du Petit-Enfer, incendié en 1965, provoque l'écroulement de l'immeuble contigu, heureusement inoccupé.

 

Octobre 1969  -  Les falaises.  -   A l'Est de la plage, les falaises de Luc-sur-mer reculent de 3 à 5 m par an. Pour stopper cette érosion, la municipalité négocie la construction d'une digue-promenade.

 

Juin 1971  -  La nouvelle jetée.  -   A Luc-sur-mer, construction de la 1er travée (75 m) de la jetée des pêcheurs, avec les poutres récupérées de l'ancienne jetée de Ouistreham.

50.  LUC-SUR-MER.  -  Hôtel des familles et Pierre à Poissons.  -  LL.

493.  LUC-SUR-MER (Calvados)  -  Le Grand Orient

49.  LUC-SUR-MER.  -  Rue de la Plage.  -  LL.

39.  LUC-SUR-MER   -   La rue de la Plage

34.  LUC-sur-MER

La Descente du Quihot

28.  Luc-sur-Mer  -  Récolte du Varech

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